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Le sempiternel malentendu masculin-féminin

Masculinistes et féministes s'assaillent. La question est : qui de l'homme ou de la femme a raison ? Et y a-t-il une attitude particulière à adopter vis-à-vis de l'un ou de l'autre dès lors que, avertis, il est temps de faire bouger les choses ? Au fond, que serait-ce si tout ce conflit n'était qu'un gros malentendu (dans lequel la succession des événements auraient hasardément ajouté une couche) ? Il faut comprendre, non pas pour dissiper le malentendu, mais pour déjà l'entendre (le malentendu) – comprendre, disais-je, l'intérêt d'un tel conflit entre sexes.

Les femmes et les hommes ne s'entendent pas parce qu'ils ne veulent pas s'entendre. 

S'ils s'entendaient, imaginez les troubles : non seulement les relations hommes-femmes deviendraient « propres » et « lisses » et, ce faisant, perdraient leur valeur spéciologique (laquelle consiste à complexifier la relation afin de performer) mais aussi leur valeur psychologique (laquelle consiste en un long parcours d'initiation).

Car, il faut le comprendre, si les hommes ne comprennent pas les femmes, et si les femmes ne comprennent pas les hommes, c'est que la compréhension mutuelle annulerait d'office, tout d'un coup, le dynamisme des relations.

Or, qu'est qu'un amour sans dynamisme ? Un mariage forcé... Forcé en quoi ? En l'amour. Mais un mariage forcé n'est jamais un mariage d'amour. Le mariage forcé force tout pour que l'amour ne jaillit pas, car l'amour détruirait de proche en proche, à cause de la complexité qu'il engendre, le tissu familial. D'où vient que les mariages forcés sont des mariages d'affaire : les affaires nécessitent de la stabilité. 

Donc, il est bien évident qu'à tout prendre, c'est pour le mieux. 

Plus encore : la complexité des relations hommes-femmes induit à davantage de conscience. D'ailleurs, si on valorise désormais le mariage d'amour, c'est qu'on est imprégné de la conscience amené par l'amour, lequel tient du mal pour un bien. Autrement dit : on aime l'amour car l'amour, s'il déstabilise, et qu'il est donc franchement mauvais en définitive pour la société, reste qu'il nous amène à la conscience de son importance, et de son caractère nouveau. Eût-on pu comprendre l'amour s'il n'y avait pas eu de changement, de progrès fondamental de la (in)conscience collective ? Les valeurs n'ont-elles pas dû profondément changer ? Le mal ne s'est-il pas révélé autrement où l'on crut qu'il était autrefois ?

Voilà ce qu'est l'amour : la prise de conscience de sa valeur. Mais rien de moins naturel. 

Les sociétés archaïques encore aujourd'hui à travers le monde juge (à bon droit) que l'amour est un nuisible, dont l'analogue serait une entité vipérine inoculant une anarchie insidieuse...

L'amour est toujours une hainamoration. 

Mais comment avons-nous pris conscience de sa valeur suprême ? Serait-ce par le biais d'une évolution continuelle de la conscience moyennant l'amour qu'elle expérimente sans cesse ? Oui et non.

Car l'amour, une fois expérimenté, doit être exprimé. Il faut dire sa valeur. Tout reste à faire. 

Ainsi donc, l'amour ne peut pas « parler » autrement que par un tiers qui le formule. L'Émotion doit passer à travers le prisme de la Raison. L'amour ressenti est unilatéral ; sa conscience signifie qu'il y a jonction entre l'expérimentateur (celui qui a conscience) et l'expérimenté (celui qui ressent), lesquels se nourrissent incessamment. Il s'agit dès lors de passer de l'inconscient à la conscience de l'amour. Et qu'est-ce que le prophète sinon celui qui intuitionne la force de l'amour et délivre à la conscience humaine l'ampleur de sa puissance ? Le prophète est le pont, le Tiers sacré. Or pour avoir un Tiers sacré formulant l'amour il ne peut pas par conséquent y avoir de productions humaines absolument semblables. Au contraire : il doit y avoir un décalage entre les antécédentes et les précédentes. C'est-à-dire que nous arrivons à connaître la valeur de l'amour par-delà sa nuisance pour la société (nuisance connaturelle à beaucoup d'autres instincts) parce que des prophètes, à savoir des hommes intuitionnants, ont fini par avoir des expériences grâce auxquelles ils ont pu formuler leur pensée. 

L'amour a amené à sa conscience moyennant un miracle – i. e. une singularité. 

Ce qu'on ignore davantage, c'est que tous les sentiments sont sujets à la conscience. La conscience est une excroissance formée par les hommes à partir du moment où, se penchant sur eux-mêmes, germent dans l'esprit de quelques-uns d'entre eux (des Tiers) une conscience plus raffinée. Et chacune de ces intuitions relève du miracle de l'homme en perpétuelle évolution, définition du miraculeux n'ayant rien de miraculeux « en soi » (c'est-à-dire de religieux). Car le miracle ainsi définit pourrait être également définit comme la singularité par laquelle germe la conscience approfondie. 

Or toutefois comment communique-t-on l'incommunicable ? La question se pose légitimement.

La difficulté s'estompe cependant lors même qu'on envisage, à travers, les moyens de communication du prophète : l'image. L'image résolve le problème puisque, en substance, elle délivre une information multivalente qu'on ne saurait réduire à une formule fixe.

Donc, nous sentions le sempiternel malentendu. Les mythes le formulèrent par le symbole. Et l'inoculation progressive du symbole dans l'âme humaine a infiniment complexifié nos relations. 

Par conséquent les geignements de certaines femmes ont un bon côté : celui de mettre au jour l'évolution de la conscience humaine, en évolution toujours. 


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11 réactions à cet article    


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er décembre 2018 11:37

    Merci pour ce beau sujet...si complexe. EROS ET ANTEROS. L’amour est TOUJOURS un scandale. Tant pour les institutions que le groupe. Lire l’Etat amoureux de Christian David. Le problème, ce sont les enfants dont les besoins vont à l’encontre des émois de l’amour et de la passion : stabilité, structuration, repères. Seuls les humains aptes à l’ubiquité sont capables d’assumer les deux versants d’une certaine harmonie « tempêtueuse ». Mais parfois : l’amor fati a le dernier maux.... Toutes les grandes Révolution sont des histoires d’amour et de haines. https://www.youtube.com/watch?v=7vMXF7S8WbY&list=PLpwUqL0q8iXXtyZHlu_hBk2Tpfx7VJVyX. Gilet jaunes. Eluard : le soleil est bleu comme une orange....


    • Étirév 1er décembre 2018 12:43

      Se connaître soi c’est connaître l’autre, et cela créé un lien : l’Amour.
      L’Amour, c’est le lien moral qui unit l’homme à l’Esprit féminin, et c’est ce lien qui est la Religion.
      L’Amour, c’est ce que l’humanité a toujours cherché, il est le but de l’homme et le rêve idéal de la Femme. Il est la source de mille préjugés religieux ou sociaux qui, presque toujours, résultent du malentendu qui règne sur cette question entre les hommes et les femmes, acteurs indispensables de cette idylle, mais qui ne la comprennent pas de la même manière.
      L’homme, malgré l’expérience de l’histoire, n’a pas encore compris que l’amour de la femme est un phénomène qui a une réaction spirituelle : c’est ce qui le sanctifie.
      La femme, malgré les désillusions de ses aïeules, ne veut pas encore savoir que l’amour masculin est un phénomène qui a une réaction brutale : c’est ce qui le condamne.
      Rappelons que la conséquence première de ce que la religion appelle la « chute » (péché originel ou premier acte sexuel), a provoqué la diminution de la valeur morale de l’homme. Aussi, les effets accumulées par la répétition de cette action dans chaque individu, à travers les générations, ont pris des proportions effroyables et mené les races à la dégénérescence finale.
      Par conséquent, le mystère de la « chute » a une importance capitale.
      C’est le problème fondamental, le problème humain et divin. C’est le dogme intérieur de l’humanité. Une crise terrible fermente en ce moment, parce que le dogme de la chute masque les plus grands problèmes philosophiques.
      Faire luire sur cette question la lumière définitive de la science, c’est donner à l’humanité le moyen de sortir de l’état de malaise général que le malentendu sexuel a causé dans le monde. Il faut, une bonne fois, que chaque sexe sache comment l’autre aime et pense, afin d’éviter les heurts qui blessent l’amour-propre et finissent toujours par faire de deux amoureux deux ennemis irréconciliables.
      L’Amour, considéré comme phénomène physico-chimique, est la tension qui existe entre deux corps qui s’attirent. C’est le rayonnement de l’influx nerveux mâle, constitué par un courant d’oxygène à l’état radiant, qui cherche le principe albuminoïde pour lequel il a une violente affinité. La tension s’établit entre les individus différemment sexués, lorsque le principe qui détermine l’attraction s’accumule dans le système ganglionnaire ; la tension cesse momentanément lorsque ce principe est éliminé.
      Mais comme le principe mis en jeu pour produire le phénomène est différent dans l’homme et dans la femme, il en résulte que l’Amour masculin et l’Amour féminin se manifestent de façon toutes différentes.
      Il faut donc les étudier séparément.


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er décembre 2018 12:57

        Tout est bien représenté dans ce superbe film. « PAS MON GENRE ». C’est de l’impossibilité d’aimer que naît l’amour. Une histoire qui se termine est toujours une autre qui commence. Un film qui illustre si bien comme une prophétie le conflit actuel. https://www.youtube.com/watch?v=0rKI5AhdtBY&t=10s. Nous sentons que l’histoire n’est pas finie. Emilie a changé de route....lui a perdu la sienne. 


        • arthes arthes 1er décembre 2018 16:33

          Eh bien, je trouve que justement, c’est de se comprendre qui permet la création, la fécondation de l’esprit, l’harmonie.

          Tout en faisant qu’on accepte nos différences et qu’on s’y intéresse.

          On se comprend pourquoi ? Parce que nous sommes des êtres humains !, hommes et femmes sont des hommes, au sens humain..

          La guerre des sexes, mais c’est chiant et improductif.

          Par conséquent, autant les geignements des femmes que celles des hommes (parce que il y en a) ça gonfle !


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 1er décembre 2018 16:38

            @arthes

            Bises . Continue jolie Arthes .


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er décembre 2018 17:04

            @arthes

            Quand l’homme con prend, la femme de perdre le con pour gagner la bite, mais pour comprendre la femme il doit la garder,....c’est un peu compliqué. Ce n’est pas la guerre des sexe, c’est la victoire sur la soumission qui elle seule est la vraie porte d’entrée vers la co-création. Onspir-expir. Mort-vie. 


          • arthes arthes 1er décembre 2018 23:20

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.
            C est degueulasse votre truc !


          • Balkanicus 1er décembre 2018 23:28

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            Vous avez tout compris

            Mais pour une femme c est naturel, pour un homme c est le graal....


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er décembre 2018 17:05

            INSPIR-EXPIR. 


            • Olivier MONTULET Olivier MONTULET 2 décembre 2018 21:49

              C’est la rencontre de l’autre, ce moi différent qui est intéressant.

              L’égalité commence par la reconnaissance de la différence. A quoi bon l’égalité si tout est pareil.

              On s’enrichit que par ce qui nous est étranger.

              C’est ce qui à de plus beau dans la relation homme-femme êtres semblables, alter-ego mais si différents. Là est la richesse.

              Sus à ceux qui veulent niveler toutes les différences.

              Vive(nt) la confrontation, le débat, le métissage...les différences... l’autre.


              • placide21 3 décembre 2018 11:21

                Pour 80% des femmes les hommes sont un moyen (enfant, subsistence), pour 80%. des hommes la femme est un but (l’objet même du désir ), et j’en conclus que les proxénètes ne font que se conduire comme des femmes.

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