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Accueil du site > Tribune Libre > « Le style Matzneff ? Une éternelle répétition » : démontage d’une (...)

« Le style Matzneff ? Une éternelle répétition » : démontage d’une analyse de Cécile Dutheil de la Rochère dans « Libération »

La critique Cécile Dutheil de la Rochère règle son compte critique à l'écrivain Gabriel Matzneff dans une tribune publiée par Libération le 17 février 2020, en en ayant lu seulement 3 livres (sur près d'une cinquantaine publiés) ; démontage critique et dialectique.

Le journal Libération, après avoir fait une couverture titrée « Pédophilie : la cas Matzneff » (titre bien racoleur s'il en est) avec une photographie pleine page de Gabriel Matzneff symboliquement déjà décapité, a publié dans son édition du 17 février un texte de Cécile Dutheil de la Rochère qui se présente comme « éditrice et critique ». On ne voit pas très bien à quels livres elle a donné naissance comme « éditrice » (depuis quand être employée d’édition (chez Gallimard, pendant 11 ans et 5 mois selon Linkedin — pas spécialement une « petite maison d’édition » (j’y reviendrai)) fait de vous un éditeur ?), mais, passons… Ce texte, « Le style Matzneff ? Une éternelle répétition », se veut un contrepoint « critique » au monceau d’insultes qui s’est accumulé quant à la vie privée de l’écrivain, devenu le plus grand lynché littéraire du XXIsiècle pour la littérature française. Après l’affaire de mœurs déjà amplement commentée (inutile d’en rajouter ici ; tout le monde est au courant et « croit savoir »), la critique a voulu sonner l’hallali de la postérité critique de l’auteur en en faisant l’analyse stylistique et formelle : « L’écrivain veut la postérité. Je crains qu’il n’ait que l’actualité.  » Le problème est que sa connaissance de l’œuvre est fort courte, et son analyse très incomplète et partisane. Comment juger d’une œuvre qui compte « près d’une cinquantaine d’ouvrages  » en en ayant lu seulement trois ? Flagrant amateurisme. Elle s’est d’ailleurs très mal renseignée : elle aurait dû lire le site des lecteurs de Philippe Sollers, « Pile Face », où elle aurait « appris » alors que l’ogre des Lettres françaises, qui est tout de même le meilleur lecteur en France depuis un bon demi-siècle maintenant (60 ans, exactement), défendit dans le journal Le Monde, en 1981, Ivre du vin perdu (éd. La Table ronde, 1981), que quelques connaisseurs de l’œuvre tiennent pour son meilleur livre, dans un texte titré «  Le libertin métaphysique ». Elle aurait alors lu déjà au moins un très bon livre !…

« Nous n’aborderons donc pas Matzneff par la morale, mais par la littérature ou le style  » : je passe sur ce « nous » ridicule (au nom de qui parle-t-elle ? Des victimes de #MeToo ? De toutes les lycéennes de France et de Navarre ? voire de toutes les femmes ? Ou de tous les bobos de Paris (dont elle est une très bonne représentante) ?), et constate tout de même ceci, très gênant : il n’y a qu’une très courte et assez insignifiante citation de l’écrivain dans cette « analyse » ! Or comment parler d’un écrivain sans le citer ? C’est du sophisme ! Jamais, au grand jamais, Sollers n’a commis cette erreur philologique.

« Il faut avouer que nous ne l’avions pas lu. Nous sommes comme l’écrasante majorité des lecteurs français, le nom nous était connu de loin, comme une lumière affadie  » : nous voici collectivement rassurés ! « Nous » faisons partie de « l’écrasante majorité » morale des Français ; « nous » sommes le Peuple, et à ce titre ne sommes pas si vicieux et avons toujours raison en matière de goût : « nous » faisons autorité…

« L’homme a écrit près d’une cinquantaine d’ouvrages, une production qui s’explique par le besoin d’argent, compréhensible […], la tentation de la confession liée à l’illusion d’être un réprouvé  » (c’est moi qui souligne) : 1/ cet écrivain a écrit pour l’argent, c’est donc un minable de droite (ce qui explique d’ailleurs « un penchant pour les plumes droitières  ») qui doit être délégitimé à ce titre. Étonnant comme en France, dès qu’on veut disqualifier un artiste ou un écrivain, on le qualifie « de droite », non ? Si on le peut qualifier « d’antisémite », c’est quand même le « summum »… Et voilà pourquoi notre « critique » doit souligner comme une évidence que Matzneff aime Rebatet… Un goût pour Lucien Rebatet, il n’y a pas mieux pour vous disqualifier un artiste… (Et tout cela, dans une France globalement raciste qui d’ailleurs a largement consacré et encouragé un écrivain islamophobe revendiqué et assumé, Michel Houellebecq… On notera ici que notre « critique » a d’ailleurs défendu son dernier livre chez un « petit éditeur », Flammarion, dans En attendant Nadeau (pourtant un très bon site de critique littéraire auquel votre serviteur collabore régulièrement…) : « L’impuissance et la gloire ».) Être « de droite » ou « de gauche », en littérature (ainsi qu’en art), ne signifie rien  : Proust, Nietzsche, Laurence Sterne, Rabelais, Dante, Joyce (soit certains des plus grands écrivains de tous les temps), peuvent-ils être qualifiés « de gauche » et progressistes ? Ne me faites pas rire… 2/ Je ne crois pas être victime d’une illusion si j’affirme ici que « l’affaire Gabriel Mazneff » est le plus grand lynchage littéraire depuis au moins 35 ans (disons depuis la première apparition de Marc-Édouard Nabe à Apostrophes en 1985 — émission restée fameuse)… Si ? Prouvez-moi le contraire ! Avouez que comme réprouvé intégral, « Gab la rafale » (titre de l’un des volumes de son Journal (pas lu par votre serviteur)) est déjà très très bien parti… Son épuration de la vie littéraire française n'a d'égale que la tonte des femmes françaises accusées de collaboration après la Seconde Guerre mondiale... Non ?

« Trois livres ont suffi pour mettre en valeur une caractéristique chez l’écrivain : la répétition  » : le problème, avec ce genre d’affirmation intempestive, c’est qu’on est proche alors d’éliminer certaines des plus grandes œuvres littéraires françaises : Sade ? Répétitif ! Pierre Guyotat ? Répétitif ! (« Les très grands artistes sont souvent très répétitifs », disait ce dernier écrivain, l’un des plus subversifs du dernier demi-siècle français.) Claude Simon ? Répétitif à l’envi ! Beckett ? Idem. Ce problème de la répétition en Art ne veut tout simplement rien dire ! Claude Monet et Cézanne aussi furent très répétitifs…

« La vie des lettres est toujours en friche. Les petits éditeurs indépendants, eux, sont plus louables quand ils déterrent des nouvelles voix que quand ils se contentent des miettes refusées par les grands  » : on ne peut qu’être d’accord, comme éditeur, avec une si velléitaire affirmation ; le problème étant que notre « critique » défend très peu ces nouvelles voix, se précipitant le plus souvent, dans les sites critiques auxquels elle collabore, sur les noms déjà très connus (au lieu de servir la littérature, comme un Ernest Hello l’appelait de ses vœux dans son texte « La critique » in L’homme — La vie, la science, l’art, Cécile Dutheil de la Rochère semble se servir de la littérature pour rehausser son statut dans les Lettres… c’est un « péché » d’orgueil fort répandu dans le milieu, où il n’y a pas assez de place pour tout le monde (notons qu’il n’existe pas de milieu moins solidaire que celui-là, fort peu gauchiste en vérité, et même totalement droitier (chacun pour soi, et Dieu pour tous !…), ainsi que sur les titres à scandale (et succès espéré) du moment (ainsi, elle ne put s’empêcher de défendre l’horrible et revanchard titre Céline, la race, les Juifs de Annick Duraffour et Pierre-André Taguieff dans En attendant Nadeau) chez les très grands éditeurs. Quand l’hôpital se fiche de la charité… ce n’est pas joli-joli à voir !…

« Aujourd’hui, Gabriel Matzneff, ainsi que Vanessa Springora, nous apprennent que l’écrivain a déposé ses archives à l’Institut de la mémoire de l’édition contemporaine. La démarche est logique quand on a si peur de la fin » : encore une fois, et pour finir, une telle affirmation ne signifie rien  : Jacques Henric (dont je suis le premier exégète, jusqu’à preuve du contraire (voir Jacques Henric entre image et texte, éd. Tinbad, 2015)) a aussi déposé ses archives à l’IMEC… et alors ? Quant à Pierre Guyotat, certainement l’écrivain le plus révolutionnaire en France de ce dernier demi-siècle, il avait aussi déposé ses archives, mais à la BNF, lui. Ces dépôts ne présument de rien ; et il est bien trop tôt pour poser un calme pronostic sur la postérité de Matzneff, Gabriel. L’hystérie actuelle retombera. À bon entendeur, salut !


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41 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 20 février 10:40

    « Cécile Dutheil de la Rochère qui se présente comme « éditrice et critique ».  »

    .Moi j’ai connu un gars qui se présentait comme « banquier » ; il était guichetier à la BNP.

    Cela dit, une réplique en contre-points n’est pas un « démontage ». Pour ça, il faut creuser plus profond, jusqu’au mécanisme d’intox lui-même, et pas seulemnt montrer les défauts de quelques pièces.


    • Guillaume Basquin Guillaume Basquin 20 février 10:43

      @Séraphin Lampion Le mécanisme d’intox s’appelle, par exemple, Libération... Mais creuser ce « sujet » demanderait une grande place...


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 20 février 10:52

      @Guillaume Basquin

      le sujet en vaudrait la peine : « comment un organe de presse affichant un titre hérité d’une période de luttes est devenu un support de l’idéologie dominante fardée. »


    • Guillaume Basquin Guillaume Basquin 20 février 10:58

      @Séraphin Lampion exact... ce journal ne défend plus que les nouvelles idées reçues, façon « Bouvard & Pécuchet »... ainsi que les industries du livre et du disque... Etonnant, pour un média « de gauche » ? (mais possédé en partie par celui qui possède BFM-TV...)


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 10:49

      Modiano est apparemment aussi répétitif et pourtant, c’est toujours différent. 


      • Guillaume Basquin Guillaume Basquin 20 février 10:59

        @Mélusine ou la Robe de Saphir. Beethoven est très répétitif, à sa façon...


      • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 10:52

        La répétition du même est effectivement une modalité de « création » perverse. Une espèce de fétichisme (une chaussure vaut une autre chaussure pour un adepte de ce type de perversion). Je ne développerai pas plus. 


        • Robin Guilloux Robin Guilloux 20 février 11:01

          J’ai écrit ici même un compte-rendu du livre de Vanessa Springora qui ne fait pas preuve de complaisance  c’est le moins que l’on puisse dire  envers Gabriel Matzneff, mais je suis d’accord avec vous. Ça tourne au lynchage et je n’aime pas ça du tout et puis venant de Libération quand on connaît sa complaisance passée. Ca devient vraiment écœurant. George Steiner qui vient denous quitter et que l’on ne peut pas qualifier d’antisémite (sauf ignorance crasse) aimait bien Lucien Rebatet en tant qu’écrivain (et aussi Heidegger). On peut critiquer une oeuvre et des idées sans insulter la personne et vouloir la tuer socialement.


          • Guillaume Basquin Guillaume Basquin 20 février 11:04

            @Robin Guilloux D’accord avec vous à 100%. Rebatet a aussi écrit une somme sur la musique qui fait encore autorité, ainsi qu’un magnifique roman, Les Deux étendards... Le reste est idéologie publiable etc.


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 11:01

            Différence entre Modiano et Sade ou Matzneff/ Modiano, le style est le même mais le scénario est différent. Sade, le scénario est toujours le même mais enveloppé d’une écriture différente. Un petit garçon (pédophilie) en vaut bien un autre. Comme une ado pré-pubère aussi. On prend et on jette. A la différence de Modiano dont chaque livre est une perle qui s’enfile avec le précédent livre formant un tout ;


            • Francis JL 20 février 11:11

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.
               
              ’’Modiano dont chaque livre est une perle qui s’enfile avec le précédent’’
               

              Attention, ne vous prenez pas les pieds dans le tapis !
               
               smiley


            • velosolex velosolex 20 février 15:42

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.
              Je ne parlerai pas de Matzneff, le sujet me débecte .Il est lié à une époque où les prédateurs bénéficiaient d’étranges compréhension en bande organisée, oserai je dire. On peut sans doute parler de la réputation surfaite. Celle ci est lié à l’esprit de corps et plus à la qualité de démarchage et de copinage qu’à la qualité des hommes. On trouve ces gens inamovibles, des « Bel-Ami » passant toute leur vie d’un plateau tv à une radio en nombre, de la politique au arts, l’art contemporain ayant permis à quelques idiots de s’autoproclamer génie, bien plus facilement qu’à l’époque de Rembrandt.
              Ceci avec la complicité d’un public ne voulant pas passer pour des ballots, propres à applaudir ceux qu’on leur dit d’applaudir. Le monde du spectacle est maintenant lui aussi prêt à craquer de tous ces opportunistes, souvent fis et filles de...Ayant même le culot d’affirmer que c’est plus difficile pour eux, car on les attend au tournant….Rien n’était plus énervant à Romain Gary de voir ses bouquins acceptés par son éditeur, sans même que le comité de lecture ne l’approuve. Il s’est vu comme un mort vivant, et c’est pour cela qu’il a crée son double,, cet Emile Ajar inconnu du public, des critiques. Restait pour lui de faire ses preuves, mais il avouera tout de même s’être servi de ses appuis pour être édité sous ce nouveau nom. La suite je pense que vous la connaissez. Mais ce qui me semble salvateur, c’est cette révolte de l’homme qui refuse les bénéfices liés à son passé, trop mortifères, refusant de se faire enterrer vivant sous les ors et les louanges. 


            • blablablietblabla blablablietblabla 20 février 17:12

              @velosolex
              " On trouve ces gens inamovibles, des « Bel-Ami »

              « 
              Justement je suis entrain de le lire, très bon écrivain ce Maupassant. Une critique acerbe sur le journalisme à travers ce »saligaud et gredin" de Georges du roy . Pour être journaliste y a pas besoin de talents particulier , ni même des études. Lébération n’est plus un journal de caniveau mais la fosse sceptique du journalisme.


            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 11:03

              Ce qui fait un grand créateur, sa patte, son style. Même s’il reproduit chaque fois le même sujet. Exemple Rembrandt et ses auto-portrait.


              • Francis JL 20 février 11:12

                @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                 
                Cézanne, et la Montagne Sainte Victoire..


              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 11:12

                La répétition est toujours dans le temps présent (il nie l’évolution, ne progresse pas). Il est dans le même, le double, la non-différenciation, la fusion de l’immédiateté. MORT.


                • rogal 20 février 11:21

                  @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                  Confusion du cercle et de l’hélice, crains-je.


                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 13:03

                  La répétition, c’est ce qui se passe en Belgique avec les informateur et formateurs qui se succèdent. On s’imagine faire différent (du neuf dans du vieux) alors que c’est chaque fois le même scénario. ON reste au point MORT. 


                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 11:15

                  Attention, loin de moi l’idée de défendre Libé,... Lire le fameux portrait de Siné sur ce journal bon pour les chiottes. Commencent-ils à voir le vent qui tourne,....


                  • Guillaume Basquin Guillaume Basquin 20 février 11:18

                    @Mélusine ou la Robe de Saphir. Hélas, oui... (Quand on pense et se souvient qu’il y eut là, autrefois, il y a très longtemps, les textes et rebonds de l’immense Serge Daney... ô rage, ô désespoir !...)


                  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 11:27

                    Le même journal avait défendu le fameux PLUG ANAL qui est l’exemple type de l’art répétitif. Libé, faudrait savoir,...


                    • Guillaume Basquin Guillaume Basquin 20 février 11:42

                      @Mélusine ou la Robe de Saphir. Oui... mais l’Art contemporain, c’est très tendance ! (Voir plus haut à « idées reçues nouvelles » et « Bouvard & Pécuchet »...)


                    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 12:07

                      @Guillaume Basquin

                      C’est surtout une question de FIAC et de fric. Ne pas confondre art contemporain et abstrait. Exemple WHAROL par rapport à Lismonde. https://www.google.com/search?q=Lismonde&oq=Lismonde&aqs=chrome..69i57.5082j0j7&sourceid=chrome&ie=UTF-8. Libé ménage" ses financiers...


                    • jymb 20 février 13:12

                      A ce jour, je pense que 99 % des zozos qui vociférent sur les réseaux ou sur les commentaires d’articles de presse n’ont pas ouvert un libre de Matzneff et se contentent de braire avec la foule 

                      Critiquer, critiquer vertement, oui, ce droit doit être puissamment défendu, mais de manière éclairée et documentée 

                      Cette pseudo affaire nous montre simplement que chaque époque a ses tondeurs de femmes, ses résistants de la 25 ème heure et ses chevaliers blancs de pacotille. 

                      Par ailleurs, même dans les articles écrits par des personnes censées être lettrées, je n’ai pas trouvé une seule étude comparative des deux livres ( « La Prunelle de mes yeux » et« Le Consentement » ) pour rechercher les points de convergence, de divergence, vérifier, recouper avec les témoins de l’époque. Rien, néant. 

                      La « Prunelle de mes yeux » est ( était) disponible en livre de poche depuis plusieurs décennies, on est trés, trés loin d’une publication sous le manteau, les commentaires outrés des découvreurs incultes de 2020 sont ainsi d’un parfait ridicule

                      A l’inverse on porte au pinacle un livre, par mouvement d’humeur, ou par manipulation sociétale, sans se poser une seconde la question de sa véracité ou de son degré d’artifice

                      GM a désormais un statut de victime ? 

                      PS : Faut-il embastiller F.Lucchini qui déclame du Céline ? 


                      • Francis JL 20 février 13:22

                        @jymb
                         
                         ’’ je pense que 99 % des zozos qui vociférent sur les réseaux ou sur les commentaires d’articles de presse n’ont pas ouvert un libre de Matzneff et se contentent de braire avec la foule ’’
                         
                        En même temps, si c’est vrai ce qu’on en dit, ce ne sont pas ceux qui s’en sont régalés qui vont lui jeter la pierre, hein !
                         
                        Ps. Si je comprends bien, on n’est pas zozo parce qu’on n’a pas lu mais seulement parce qu’on n’aime pas ? Belle mentalité !
                         


                      • velosolex velosolex 20 février 15:28

                        @jymb
                        Un peu léger de jouer aux esthètes dénonçant la foule ignare, dans un surjoue pompeux, amalgamant les détracteurs aux tondeurs de femmes lors de la libération. Faut le faire quand même...Votre héros a réussi en tous domaines, mais sans doute pas en littérature ; Il a réussi à créer des réseaux qui ne sont pas de résistance, mais de collaboration, bénéficiant d’étranges appuis, ayant même débouché sur le bénéfice d’un appartement parisien, et d’une allocation d’état destiné aux écrivains diligents et méritoires…. Ces notions ont été battu en brèche. Apparemment notre homme n’exerçait pas son charme que sur les gamines. Beidberger a battu sa coulpe sur le prix renaudot accordé à l’homme il y a quelques années, était du à une forme de compassion
                        Super pour les autres candidats au prix qui n’ont pas su surfer sur la compassion…. : ( extrait le point) : Frédéric Beigbeder prend la parole. Jeudi 2 janvier, il a estimé que l’attribution du prix Renaudot essai en 2013 à l’écrivain Gabriel Matzneff, mis en cause pour ses relations avec des partenaires mineurs des deux sexes, « était maladroit[e] ». Le livre récompensé, « un recueil d’articles sur la politique internationale, sur Schopenhauer, Kadhafi, etc. », « nous avait paru brillant », se défend l’écrivain Frédéric Beigbeder, membre du jury. « C’est clair qu’il n’aurait jamais eu le prix pour un de ses journaux intimes », poursuit-il, assurant que le jury avait « voulu aussi faire preuve de compassion » à l’égard de Gabriel Matzneff.


                      • jymb 21 février 14:11

                        @velosolex

                        Vous n’avez pas lu mon commentaire...
                        Je n’attaque pas le fond mais la forme
                        Rien ne dit que je ne suis pas répugné par la plume de GM, ou à l’inverse admiratif
                        Simplement j’ai lu « Séraphin c’est la fin » et autre de ses livres...comme beaucoup d’auteurs...et je pense que beaucoup de commentateurs pontifiants n’ont rien lu du tout ! 


                      • velosolex velosolex 20 février 15:16

                        Pas même besoin de lire trois bouquins de sade pour connaitre le motif de l’œuvre de tapisserie qui se développe besogneusement, de livre en livre jusqu’à la nausée dépassée

                        Cet écrivain a fait d’ailleurs lui aussi l’objet d’un culte étrange, venant de tous milieux. Mais je conçois difficilement comment on peut être de gauche et défendre Sade. Son pauvre étayage philosophique ressemble à une sorte de darwinisme social, dans lequel le prédateur explique qu’il ne fait que d’illustrer le droit des plus forts à abuser les plus faibles, présent dans toute la nature, nous dit il...

                        Je ne connaissais pas Matzneff, et je ne lirais pas. Quelques extraits de sa soupe m’ont suffi. Il y a trop de bons bouquins pour perdre son temps avec les mauvais. J’ai entendu dire qu’il fait un bœuf en ce moment. Plus rien ne m’étonne sur les choses humaines, comme dirait l’autre


                        • Francis JL 20 février 15:39

                          @velosolex
                           
                           ’’Mais je conçois difficilement comment on peut être de gauche et défendre Sade’’
                           
                          Pour ceux qui méprisent le prolétariat, pour les bobos autant que pour l’extrême droite, gauche = cul.


                        • velosolex velosolex 20 février 15:55

                          @JL
                          50 nuances de Matzneff, non merci. Je relis dernièrement tous les bouquins de Leo Perutz. Il en n’a pas écrit autant, peut être dix, mais pas grand chose à jeter.
                          Relire un livre est un grand plaisir, parfois une déception. On revoit les paysages d’hier, les éléments qui nous ont passionné, comparativement à des nouveaux, plus profonds peut être, que nous n’avions pas vus, que nous ne pouvions voir. 
                          Lisez « le cavalier suédois » ou « Le judas de léonard », qui s’attache précisément à Vinci, et au modèle qu’il dut trouver, afin de peindre la vilénie et la trahison. 
                          De belles mécaniques d’horlogerie construites par ce mathématicien et théoricien des probabilités, s’étant mis à la littérature.
                          Il y parle du bien du mal, de la destinée, de l’histoire, et de la force du destin, avec un talent de conteur assuré.

                          Un adolescent ( e) peut les lire, sans se faire abuser. 
                          La possession du lecteur est un art qui n’est pas donné à tout le monde.

                          Et aucun n’a encore porté plainte pour voie de fait, pour ce genre de fascination, qui est l’apanage des grands auteurs. 


                        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 16:00

                          @velosolex

                          C’est à cela que ce reconnaît la mrd. Elle se reproduit à l’infini,....


                        • Francis JL 20 février 16:10

                          @velosolex
                           
                          ’’50 nuances de Matzneff,’’
                           
                           ?


                        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 16:12

                          @JL. Sade a été porté au rang de fétiche par la gauche (surtout bobo) quand elle a commencé à perdre du terrain sur le plan des idées....Il fallait cacher l’échec. Pourtant Hugo était proche des idées socialistes comme Tocquecville.


                        • Guillaume Basquin Guillaume Basquin 21 février 01:36

                          @velosolex
                          Votre intervention démontre, par l’absurde, la « nullité » de toute position idéologique en matière de critique d’art, car, ne vous en déplaise, tout ce que la France a compté de grands critiques éclairés a pourtant défendu (comme il se devait) Sade : Barthes, Bataille, Deleuze, Sollers époque Mao, Breton, Apollinaire, Klossowski, etc. Beaucoup de ces écrivains furent proches, par ailleurs, à un moment de leur carrière, du Front gauche de l’art. Preuve que la Littérature dépasse de loin ces divisions politiques. Elle est ailleurs... bien plus dans un étrange rapport avec le Mal qu’avec le « progrès » (ou « bien », notion qu’on laissera aux écrivaillons-journalistes-nés)...


                        • velosolex velosolex 21 février 10:16

                          @Guillaume Basquin
                          Vous parlez donc de l’esprit de corps, et du suivisme, en invitant les pékins moyens à prendre la file courante. Exit l’esprit critique, vive le pas de l’oie au son du clairon ! Peut me chaux que ces grands visionnaires ayant pour certains trouvé du génie à Mao,et à son petit livre rouge lénifiant, et proclamé que les khmers rouges étaient des libérateurs, ont admiré soi disant Sade.
                          Apollinaire a trouvé aussi que la guerre était joli, Eluard a fait ses odes à Staline. Doit on les suivre, se mettre au garde à vous ?.. Leur avis tient il du divin ?
                          On peut s’égarer, ces foirades n’ont pas nuit au talent de ces deux grands poètes. L’art n’a pas d’appellation contrôlée, sauf pour les imbéciles, mais les opportunistes s’en servent pour impressionner. Comme les anciens combattants montrant leurs médailles pour exiger le respect. 
                          Ecrivain un jour, écrivaillon le lendemain. Criminel de droit commun, et manipulateur le troisième jour. La bonne littérature ne se décrète pas dans les salons, et les cercles. Quant les masques tombent, il arrive que la parole se libère, alors on s’aperçoit que le roi est bien nu.


                        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 16:03

                          Lire Murielle Gagnebin. L’authenticité du faux. Un bon roman ( ou oeuvre d’art) est toujours inscrit dans une historicité ou destinée : Victor Hugo.


                          • eddofr eddofr 20 février 16:20

                            Gabriel Matzneff,

                            Un « tellement grand écrivain » que je ne savais même pas qu’il existait avant que le ’scandale« n’éclabousse mon paysage audiovisuel.

                            Un, »tellement grand écrivain« que, je cite, »le 14ème volume de son journal avait péniblement atteint les 1000 exemplaires« .

                            Un écrivain dont le 15ème volume de son journal atteint des sommets (3485ème rang des ventes de livres sur Amazon) depuis que le scandale a éclaté.

                            Un écrivain dont l’ouvrage, je cite »ouvertement pédophile« , »les moins de seize ans«  »s’arrachait littéralement« sur les sites de ventes en ligne avant d’être retiré de la vente.

                            Un pédophile encensé et protégé pendant des années par le »milieu littéraire médiatique« .

                            Un pédophile qui devrait être en prison, tout simplement.

                            Je n’ai lu aucune de ses livres.

                            J’aurais pu, par accident. Je lis beaucoup et n’importe quoi (je dors très peu, et la nuit, si je lis pas, je m’emmerde).

                            Les bibliothécaires de la bibliothèque municipale me connaissent bien, je suis le type bizarre qui prend 5 livres par semaine, dans l’ordre de la cotation (généralement un numéro attribué en fonction de la date d’acquisition) sans se soucier ni de genre, ni de critique, ni de »prix littéraires", ni d’actualité ...

                            Mais là, c’est sur, je n’en lirais aucun.


                            • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 20 février 16:24

                              A propos de répétition. Appel à article d’Agora.vox et le fameux carnaval d’Alost avec le char clairement antisémite.


                              • sophie 20 février 18:24

                                @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                                HS


                              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 21 février 08:50

                                @sophie Pas tout à fait. L’antisémitisme est la forme la plus aboutie de la perversion et le pervers se caractérise par le répétition infinie du même scénario (fétiche) mortifère (la chaussure ou la petite culotte pour le fétichiste, le prépubère pour le pédophile, la caricature antisémite toujours la même...).


                              • yvesduc 20 février 19:28

                                Visiblement, vous avez choisi votre camp. Je crois que si on écoutait plus souvent les victimes de ces monstres, il y aurait moins de gens comme vous.

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