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Le Tumulte des Sexes : féminisme et performances

Elles se font appeler les ’’Tumultueuses’’. Une quinzaine, tout au plus, de femmes d’une trentaine d’années qui font entendre la nécessité d’un certain féminisme au gré d’actions et de performances légèrement hors des cadres sociaux. La dernière en date : enlever le haut à la piscine.

Natacha, l’une des militantes, tient à peu près ce discours :
« C’est une action pour dénoncer la différence de traitement entre hommes et femmes, le corps des femmes étant systématiquement considéré comme plus sexuel que celui des hommes, et soumis à des normes de beauté. » "Mon corps si je veux, quand je veux, tel qu’il est". "Torse nu à la piscine parce que nous ne voulons plus nous faire contrôler !" "Il faut être belle (féminine et hétérosexuelle) et malheur à celles qui ont l’audace de montrer un corps gros, ridé ou poilu". Natacha conclut : "personne ne s’offusque des seins exposés sur les kiosques, qui sont pourtant souvent des images dégradantes, alors qu’au naturel, cela pose problème, et ça entraîne même le déploiement de policiers".
Pour autant que l’on puisse en juger, à l’écoute de ces quelques bribes, l’argumentation des Tumultueuses est pour le moins étrange... Il est vrai que le mâle, en général, n’est guère intelligent, et qu’il peine à percevoir les nuances argumentatives de la sensibilité féminine, ses faisceaux multiples, dansants et bigarrés... Sa nature le porte, quand il pense, aux idées séparatrices, et aux enchaînements tout clairs, nets et précis. En général, il martèle et il enchaîne, l’animal testiculé.
Essayons tout de même, faute de mieux, la tronçonneuse théorique :
1.Natacha dénonce une différence de traitement. Le corps des femmes est a) plus sexualisé que celui des hommes b) soumis à des normes.
2.En conséquence, Natacha revendique le droit à exposer son corps indépendamment de tout critère esthétique ou érotique. On doit pouvoir exposer un corps gros, ridé, poilu, et de lesbienne tout comme un corps plaisant.
3.Il y aurait des figures dégradantes de la femme, style playmate, dont le spectacle est omniprésent dans une société comme la nôtre, tandis que cette même société interdit à des femmes de nager seins nus, sainement...

La force de frappe des Tumultueuses est vraiment relative. Elles pourraient, au lieu de faire commando, aller cet été à la plage, où l’exhibition des poitrines est un fait des plus banals...
Évidemment, il y a un savoureux paradoxe à dénoncer la sexualisation normée du corps féminin en enlevant le haut dans les piscines parisiennes. N’est-ce pas d’emblée constituer un commando sexualisé que de s’exhiber ainsi ? Mais Natacha et ses copines ne sont pas si naïves... L’action du groupuscule touche juste, en même temps, car elle met tout un chacun face à l’ambiguïté de la représentation corporelle. Elle peut signifier, au-delà du paradoxe apparent, des énoncés de ce genre :
« Même à moitié à poil, je ne suis pas un objet sexuel. Je suis torse nu, comme vous, messieurs. Pourquoi devrais-je outre mesure dissimuler mon corps ? Mon haut est encore une inégalité, voyez-vous. C’est votre regard, messieurs, qui est en cause, et qui me sexualise, non pas mon corps en lui-même, pour lequel je réclame un droit semblable au vôtre. C’est votre regard qui doit être réformé, messieurs. »
Reformer le regard des gars, faut dire à Natacha que c’est pas gagné... L’être de testostérone, on le sait, est totalement déterminé par sa nature animale ; il serait plutôt une victime, de ce point de vue ; et sa racine instinctive le condamne à ne pouvoir jamais faire usage d’un esprit... pénétrant. C’est pourquoi il relèvera l’apparente contradiction qu’il y avait à dénoncer la sexualisation du corps féminin en enlevant le haut. Sa pensée, en conséquence, ne pouvait guère s’élever au-delà d’une appréciation pré-historique : « Eh bien, ma Salope tu montres tes miches...Tu me cherches. »
Il n’avait rien compris, de fait... Car le mâle vaut zéro dès qu’il s’agit des ambiguïtés, des entrelacs, des diagonales, des implicites, des subtilités interprétatives, etc., etc. Il a besoin de repères manichéens, style « C’est oui ou c’est non. Tu veux ou tu veux pas ? »Il n’est pas, que voulez-vous ?, l’être des peut-être, ni celui des vérités paradoxales.
Seulement, cela, sa propre bêtise, le mâle, malin comme un singe, le sait quand même depuis longtemps... Que le corps des femmes soit plus sexualisé que celui des hommes, il s’en doute. Qu’il en soit autrement constituerait pour lui un désastre libidinal... Un monde atone et désertique à traverser, où le charme qu’il éprouve à rencontrer l’autre sexe au détour d’un regard lui serait violemment interdit. Un cauchemar : un monde sans femmes. De manière symétrique, on peut exiger pour les femmes une existence sans charmes : qu’il n’y ait plus d’agréments, aucun : ni bijoux, ni robes, ni décolletés, ni mascara. On pourra ensuite interdire les mouvements naturels et inconscients par lesquels une femme séduira, fût-ce un instant, un homme, au détour d’un geste, d’un regard ou d’une remarque. Et faire honte, pendant que l’on y est, à l’attraction soudain ressentie par un tel mâle : « c’est mal, mon gars, là, ton désir. Crève toi donc les yeux de toute urgence. » « Quant à toi, femme, n’use jamais de tes charmes, même inconsciemment. »
La Burka mentale, ça en impose...
La différence sexuelle n’est pas l’inégalité. Et tout féminisme a raison de soutenir cet axiome ; mais le féminisme se fourvoie dès lors qu’il perd de vue la différence même entre la différence et l’inégalité. Paradoxalement, il nie hommes et femmes en niant cette différence. Nier la différence est absurde, aussi absurde dans le domaine mental que dans le domaine biologique. C’est cette différence qui constitue depuis toujours le Jeu du Désir, et le Désir s’évanouirait à l’instant même où cette différence cesserait d’exister.
Une telle différence n’a rien à voir avec les soi-disant capacités intellectuelles ou sensibles des sexes respectifs. Il est aussi absurde de penser que les hommes sont insensibles que de penser que les femmes sont inintelligentes. La deuxième proposition est celle des machistes ; la première peut parfois être celle de son envers, d’un certain féminisme outré, qui ne vaut pas mieux.
La différence n’est pas non plus une sorte de déterminisme des sexes. Que vous preniez référence, par exemple, chez Jung ou chez Deleuze, mieux encore à partir de votre propre expérience, il vous apparaîtra que ça ne cesse, d’un côté comme de l’autre, masculin/féminin, d’être traversé par des ’’contraires’’, des devenirs-femme ou des pulsions-mâles. L’Humanité, en effet, c’est ce qui se joue à la rencontre, dans l’ambivalence. Nulle part ailleurs. Chacun occupe biologiquement et mentalement un pôle initial, qui est son destin d’être ’’de’’ l’homme ou ’’de la’’ femme ; mais les ressources de sa vie spirituelle se tiennent dans la manière dont cette identité préalable sera à la fois assumée et transformée par la rencontre de l’autre sexe, et la manière dont il l’intériorise. Et il y aura donc autant d’individus qu’il y aura de manière de vivre à la fois l’identité et l’ambivalence. En ce sens, si LA Femme n’existe pas, L’ Homme non plus. Mais l’Humanité, oui.
Rien n’interdit, cependant, de considérer les pôles initiaux. Ils ont une réalité. Chacun explore une structure qu’il constate, la sienne, de mâle ou de femelle. On ne voit pas pourquoi, sinon, l’homme-mâle serait systématiquement pourvu de seins atrophiés et inutiles, et la femme d’un autre organe sexuel que le célèbre phallus, fort heureusement pour ce dernier. D’un autre orgasme, en définitive. Différence qu’il est possible d’observer au niveau cérébral, tout aussi bien.
Le Jeu du Désir, chacun en a un savoir plus ou moins conscient. Plus ou moins, car un tel Jeu ne requiert pas la lucidité, qui peut même être obstacle à son bon déroulement. C’est en toute innocence qu’on y jouera le mieux.
En tout cas, Natacha et ses copines n’aiment guère le Jeu...
Dommage pour elles ; car il y a fort à parier qu’elles auraient été bien plus sexy dans leur deux-pièces, offertes à l’imagination dévoilante et à la pulsion visuelle des hommes.
Cette même pulsion qui les poussera, les cochons, à y aller voir de plus près, constituant en Objet de Désir le Gang des Tumultueuses (un exploit à vrai dire). Natacha et ses copines furent bien gentilles. Mais les voilà prêtes à entamer une carrière de porno-star sur le Net.
Le mâle dégénéré et dégoûtant, je n’en doute pas un instant, cliquera donc ici avec allégresse
Le saint s’abstiendra, et retournera à la lecture édifiante des oeuvres complètes de Sade – qu’il copiera cent fois.
Les lectrices, que j’allais oublier, de toute évidence, n’étant guère galant,se rabattront éventuellement, au choix, sur le dernier numéro de Glamour ou de Madame Figaro

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Le Tumulte des Sexes : féminisme et performances

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108 réactions à cet article    


  • docdory docdory 14 mai 2009 10:02

    @ Fabien Tardy


    Vers le fin des années 70 , la moitié des femmes étaient sein nus à la piscine sans que personne n’y trouve rien à redire . 
    Sous l’influence de l’ obscurantisme religieux , les forces de la bigoterie sont en train d’essayer de faire disparaître des libertés que l’on croyait définitivement acquises ( Parfois avec la complicité de « socialistes » comme dans les piscines de Lille ! ) .
    En cela , le combat de ces femmes qui font des opérations sein nus à la piscine est tout à fait indispensable et salutaire .

    • docdory docdory 14 mai 2009 10:04

      Oups , coquille : c’est bien évidemment « seins nus » que je voulais écrire !


    • jondegre jondegre 14 mai 2009 10:12

      J’ai cru comprendre que ca ne dérange pas l’auteur de voir des femmes nues à la piscine, ce qui dérange c’est de reprocher aux hommes que cela puisse leur susciter du désir ....ce qui est la démarche des femmes en question.


    • Gazi BORAT 14 mai 2009 12:03

      Ségrégation sexuelle à la piscine : évidemment rejetée par les Agoravoxiens (dont moi-même).

      Par contre, l’annonce par la SNCF de la mise en place de wagons « familles » dans certains TGV ne provoque guère de vague..

      gAZi bORAt


    • La mouche du coche La mouche du coche 14 mai 2009 13:23

      Article supra-débile.

      Les enjeux des féministes françaises :

      1 - aller au Fouquet’s
      2 - montrer ses seins à la piscine.

      Les féministes sont la honte des vraies femmes.


    • Gazi BORAT 14 mai 2009 13:27

      « Aller au Fouquet’s »

      Dans un lieu si mal famé ?

      On y rencontre pourtant certains soirs de bien repossants personnages..

      gAZi bORAt


    • Gazi BORAT 14 mai 2009 13:28

      Oups !

      « Repoussants »..

      gAZi B


    • Shaytan666 Shaytan666 14 mai 2009 13:57

      C’est quoi un wagon « familles » ?


    • masuyer masuyer 14 mai 2009 16:44

      Salut Gazi,

      pour les wagons familles, Guillon a fait un sketch qui m’a bien fait marré (je voulais dire poilé mais c’est mal vu sur Avox smiley )

      http://www.dailymotion.com/relevance/search/guillon+pantacourt/video/x99dfs_la-connasse-en-pantacourts-qui-fait_fun


    • JL JL 14 mai 2009 10:23

      Excellente formule : « La différence sexuelle n’est pas l’inégalité. » En revanche, l’obligation de cacher sa poitrine peut être considérée comme une discrimination.

      Le libéralisme économique permet, dans de nombreux domaines, de s’affranchir des différences naturelles, si l’on a de l’argent. Je prendrai pour exemple un couple homosexuel qui désire avoir un enfant, et qui le peut aujourd’hui, grâce à des moyens disponibles et coûteux, mis à sa disposition.

      Je suppose que si l’on trouvait un moyen de faire du profit sur la revendication des tumultueuses, alors, au nom de la liberté du commerce, ce droit naturel d’aller nues ne leur serait pas contesté par la pensée unique. En attendant, le principe de précaution protège ici le commerce des maillots de bain.


      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 14 mai 2009 10:29

        Avec le politiquement correct, toute différence de traitement est désormais perçue comme une inégalité, et toute inégalité comme une injustice.

        Voir la revendication d’un « droit au mariage » par le lobby homosexuel.


      • plancherDesVaches 14 mai 2009 14:06

        JL : c’est déjà fait.

        En effet, les centres de vacances naturistes coûtent beaucoup plus chers que les textiles. Ils ont tous été rachetés par des sociétés purement financières ne se souciant ABSOLUMENT pas des valeurs de base qui ont lancé le mouvement.


      • Relladyant icare 14 mai 2009 19:49

        En revanche, l’obligation de cacher sa poitrine peut être considérée comme une discrimination.

        >> Devoir aller aux WC féminin est aussi une discrimination, tant qu’on y est... Chez les folles, ça ne s’arrange vraiment pas.

        Qu’elles se mettent les miches à l’air si elles veulent, mais qu’elles ne pleurnichent pas si les gens regardent. Si ça les dérange tant que ça de ressembler à une femme, la modernité permet de corriger ca et de devenir un homme.


      • Fergus fergus 14 mai 2009 10:28

        Excellent article, écrit avec un indéniable talent.
        Je n’en suis pas moins d’accord avec Docdory pour soutenir l’action de ces dames.

        Cela dit, mieux vaut quand même être belle et rebelle que moche et remoche. Mais je soutiens ces dernières : mêmes velues ou affligées de vilains plis abdominaux, je leur reconnais le droit de s’exposer comme bon leur semble. Qui sommes-nous après tout, avec notre morale parfois étriquée ou nos propres disgrâces physiques pour dicter des règles ? 


        • Rounga roungalashinga 14 mai 2009 10:30

          Bravo mesdames les Tumultueuses ! Enfin des vraies progressistes !

          Quand donc l’Humanité comprendra enfin qu’il n’y a AUCUNE différence entre un homme et une femme ? Et toute personne affirmant le contraire est un hérétique, je le déclare haut et fort. Il est profondément injuste d’imposer aux femmes de se couvrir les seins. On critique (avec raison) les musulmans de voiler leurs femmes, mais le haut du bikini n’est-il pas lui aussi un dernier oripeau de cette violence faite aux femmes, de cette injonction autoritaire, brutale, et moyennageuse : couvrir leur corps ? Le combat des Tumultueuses n’est qu’un début, puisque j’espère bien qu’un jour toutes les femmes se proméneront intégralement nues, et pas seulement dans les piscines, dans la rue aussi, partout. On sera alors au stade ultime du progrès, le peuple aura enfin pris conscience que RIEN n’est sexuel dans le corps de la femme, et qu’affirmer une telle chose c’est rabaisser la femme. Je propose également qu’il soit interdit de faire l’amour à une femme car le simple fait de bander devant un corps féminin, c’est encore affirmer cette hérésie. Toutes les inséminations seront artificielles, les hommes n’auront qu’à recourir à l’homosexualité pour assouvir leurs rustres besoins, et les femmes auront à leur dispositions ce que les récents progrès techniques auront su apporter aux sex-toys. On vivra alors dans un monde merveilleux de tolérance (plus d’homophobie ), sans tension sexuelle (puisqu’on n’aura plus besoin de passer la frontière des sexes, qui de toute façon n’existe pas je le répète, pour l’assouvir), bref une époque merveilleuse, un âge d’or de l’Humanité. Un progressiste tel que moi ne peut qu’aller dans le sens des Tumultueuses, qui posent la première pierre de cet édifice étincelant.


          • Fergus fergus 14 mai 2009 10:41

            Amusant commentaire !
            Cela dit, écrire « rien n’est sexuel dans le corps » revient à écrire « tout est sexuel dans le corps ».
            La vie est décidément très compliquée !


          • Rounga roungalashinga 14 mai 2009 11:01

            Donc « rien n’est sexuel dans un chausse-pied » revient à dire « tout est sexuel dans un chausse-pied ». Ca ouvre des perspectives ce que vous dites.


          • Terre d’Adélie 15 mai 2009 04:44

            Tant qu’il reste l’humour, et la dérision, l’espoir peut survivre.


          • Marianne Marianne 17 mai 2009 22:26

            « Enfin des vraies progressistes ! »

            Oui enfin si le combat féministe et progressiste se réduit à revendiquer de pouvoir enlever le haut à la piscine... il est un peu étriqué, non ?

            Il y a quelque temps déjà qu’on l’enlève au bord de la mer et cela n’a pas fait progresser le salaire des femmes (toujours 30% inférieur à celui des hommes) ni leur nombre sur les bancs de l’Assemblée Nationale !

             « J’espère bien qu’un jour toutes les femmes se proméneront intégralement nues, et pas seulement dans les piscines, dans la rue aussi, partout. »

            Avec Sarko, c’est sûr, on va très vite se retrouver à poil !


          • Topaloff Topaloff 14 mai 2009 10:58

            Ce sujet va partir en couille ! 


            J’aime votre style et votre argumentation. +1


            Je ne suis pas d’accord avec roungalashinga, l’auteur précise bien et de manière juste : « La différence sexuelle n’est pas l’inégalité. »

            Notre nature de l’homme (à poils et à testicules) nous stiumule d’autant plus face à un corps dénudé. Le bikini, est effectivement une sorte de « voile » au sens archaïque du terme, mais contrairement à son homologue musulman, il est également générateur de désir.


            Un corps complètement nue n’a plus de surprise, alors qu’un corps légèrement vétu est source d’imagination. 

            Sans celà il n’y aurait plus de rêves, et la vie serait bien triste... pour nous les hommes.

            • rodomont 14 mai 2009 11:03

              On pourrait aussi écrire sous le sceau de l’Amérique que tout est sexuel sauf le sexe. mais après la lecture de l’article je ne retiens que cette dernière phrase "En tout cas, Natacha et ses copines n’aiment guère le Jeu...
              Dommage pour elles ; car il y a fort à parier qu’elles auraient été bien plus sexy dans leur deux-pièces, offertes à l’imagination dévoilante et à la pulsion visuelle des hommes."
              Parce qu’elle exprime à mon sens toute l’incompréhension de la démarche de Natacha et de ses copines. Je ne crois pas un seul instant que leur but soit précisément d’être sexy. car ce n’est jamais le corps qui est sexy mais ce qui le voile et dévoile du même coup. Le sexy est un dispositif culturel, un schème virtuel et ontologiquement psychologique qui pousse à la curiosité. La nudité du corps le met en défaut en supprimant la différence au profit d’une différance des pulsions associées à des codes culturels ceux-là même qui s’étalent sur les affiches publicitaires de nos villes, cette imagination dévoilante... frustrée.


              • Patrick 14 mai 2009 11:13

                Enfin !

                Merci pour cet article. Si les hommes ont, par peur, réduit les femmes à de simples corps objet de désir, il est affligeant de voir les femmes (certaines en tout cas) se comporter de même en rabaissant l’homme à un pénis gorgé de testostérone.

                Ainsi que l’écrit Fabien, lutter contre le sexisme en niant les différences, surtout physique, est dangereux. Parce que ça revient à nier la réalité. Ainsi qu’il le rappelle, la séduction chez les humains se déroule comme suit : la femme séduit l’homme, souvent de manière inconsciente et involontaire, simplement parce qu’elle est. Cela passe aussi son apparence et son comportement. Et nous savons, nous qui aimons les femmes, que ceux-ci sont aussi variés que magnifiques. Lorsque la séduction a opéré, l’homme s’emploie alors à faire la cour à l’élue de son coeur. Oui, faut-il le rappeler, l’homme est capable de sentiments, de sensibilité et si son désir est présent, il sert de support à l’amour.

                Ainsi donc, voiler légèrement consiste à stimuler le désir et l’imagination, et non à rabaisser comme le martèle certaines femmes. C’est le principe même de l’érotisme. Essayer de mettre sur un pied d’égalité physique les hommes et les femmes est complètement aberrant. Ainsi, aussi sûrement qu’un homme ne sera jamais capable d’allaiter, la vue d’une poitrine féminine déclenchera toujours son désir. Même si celle-ci s’affiche avec la brutalité d’un étal de boucherie.

                Sortir d’un rapport de force imbécile visant la domination est urgent. Femmes et hommes sont différents et complémentaires. Et on le sait tous . . .


                • Gazi BORAT 14 mai 2009 12:08

                  @ Le Furtif..

                  Si elles se présentent sur les plages réservées aux femmes.. cela ne provoquera guêre de scandale..

                  Par contre, je serais curieux de savoir ce qu’il en est actuellement de ce qui constitua un « buzz » dans les cercles obsédés par les questions périphériques à l’immigration.

                  Cette plage horaire demandées par des groupes de femmes musulmanes mais aussi juives a-t-elle réellement été mise en place ? Si oui, combien de temps ? Existe-t-elle encore ?

                  gAZi bORAt


                • Relladyant icare 14 mai 2009 19:53

                  A Borat le négationniste : si ce sujet t’intéresse, sache qu’il existe aussi un nombre croissant de mairies contraintes de modifier les menus des cantines scolaires, les horaires de piscine, que de plus en plus d’hopitaux sont perturbés par des Ben Machin qui amènent leurs femmes mais refusent qu’un homme les osculte, que de plus en plus de prof de banlieues ne peuvent plus faire cours quand ca touche à Darwin, à la Shoah, ou à Voltaire...

                  Mais bon, on préfère s’indigner de 3 créationnistes à l’autre bout de la terre, ca permet d’éviter de s’inquièter de ce qui se passe sous nos fenêtres de façon bien plus significative et inquiétante. Si c’étaient des cathos, on n’en tolérerait pas 1/10. Mais tolérance, « chance pour la France », diversité, etc... smiley


                • Gazi BORAT 15 mai 2009 07:22

                  Pas très précis comme information...

                  Cela fait penser aux crocodiles des égouts de New York, tout le monde là-bas connait connait quelqu’un qui en a vu.. mais on n’en a jamais atrappé un !

                  Pour les cantines : la possibilité d’un menu sans viande est une excellente idée.. et cela aussi bien pour la diététique que pour éviter les concurrences obscurantistes..

                  Quant aux piscines non mixtes : c’est curieux, jamais d’infos prévises sur le sujet..

                  gAZi bORAt



                  • Gazi BORAT 14 mai 2009 11:50

                    Sur l’acceptation de l’exhibition du corps féminin dans les lieux publics, avait été écrit un ouvrage, à la fois léger et très sérieux de Jean Claude Kaufman, sur le phénomène des seins nus sur les plages.

                    « Corps de femmes, regards d’homme. Sociologie des seins nus »

                    http://www.decitre.fr/livres/Corps-de-femmes-regards-d-hommes.aspx/9782266109802

                    On y apprenait, entre autres, que la chose était tolérée à condition que la femme soit jeune, qu’elle ne dépasse un certain rapport poids/taille, que la poitrine ne soit pas en mouvement.

                    Une femme vieille et obèse jouant au volley ball déclenchant ainsi quasi unanimement le rejet.

                    gAZi bORAt



                    • Gazi BORAT 15 mai 2009 07:29

                      @ Yohan..

                      Incommentable...

                      Encore quelques-unes comme ça et je vais faire une crise mystique, genre « j’ai les preuves de l’existence de Dieu ! »

                      gAZi bORAt


                    • Ramila Parks Ramila 14 mai 2009 12:22

                      On se demande quand même pourqoi tant de femmes se refont les nichons, pourquoi elles sont de plus en plus nombreuses à vouloir maintenir cet ...organe en état perpétuel état de séduction...Le combat des tumultueuses n’est pas gagné
                      L’autre chose qui me rend un peu perplexe c’est d’entendre ces tumultueuses dire qu’il est dégradant pour une belle femme de montrer ses seins dans un magazine, mais pas dans une piscine, à fortiori si on est moche...Après tout ça se défend du point de vue des moches que nous sommes toutes en comparaison de ces belles-là...Tout est question de culture
                      En Afrique subsaharienne où les gens, hommes et femmes, vivent torses nus, la différence de statut n’est pas empêchée, et chez les musulmans, lorsqu’une femme allaite son petit, elle peut exhiber son sein sans que cela choque quiconque ou ne provoque une décharge de testo., alors qu’il lui est vivement conseillé de le cacher le reste du temps
                      Je pense aussi que la majorité des hommes peuvent contrôler leurs émotions en public et que la galanterie est ce qu’il reste lorsqu’ils ont tout oublié de nos caractères génitaux externes...Une discrimination valorisée et pour ma part, appréciée...
                      Mais ce n’est qu’un avis personnel
                       smiley


                      • Gazi BORAT 14 mai 2009 12:47

                        @ RAMILA

                        En Afrique ou en général dans les cultures où l’on se meut dévêtus dans l’espace public, il existe quand même des codes et une forme de pudeur.

                        Celle ci réside souvent dans l’élégance de l’attitude.

                        A comparer avec nos naturistes occidentaux, souvent gauches et patauds, même s’ils affectent d’être « à l’aise » dépourvus de vêtements.

                        A voir également les fabuleuses photographies de Diane Arbus sur les naturistes américains dans les années soixante..

                        gAZi bORAt



                      • tchoo 14 mai 2009 13:23

                        Ben voilà, on retournera un peu à la fin des années 70, où comme le dit Docdory, les « torses nues » fréquentaient la piscine !
                        c’est un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre :

                        en ce temps là, on aimait bien les piscines municipales !


                        • Gazi BORAT 14 mai 2009 13:33

                          Un peu exagéré, tout de même..

                          Si les « seins nus » abondaient sur les plages, dans les piscines (surtout couvertes) cela restait exceptionnel.. De nombreux maires, de droite, pondaient souvent des arrêtés municipaux le prohibant, pour complaire à leur électorat traditionnaliste.

                          « Je me souviens » d’un Jean Royer, maire de Tours et bigot de service, à qui une militante présenta sa poitrine découverte lors d’un meeting..

                          gAZi bORAt


                        • Gazi BORAT 14 mai 2009 13:35

                          Si tout le monde ici semble approuver l’action des « Tumultueuses », je me demande si le port du string vaguement apparent dans les lycées, traditionnel sujet de polémique, rencontrerait la même adhésion consensuelle..

                          gAZi bORAt


                          • masuyer masuyer 14 mai 2009 14:02

                            Pas facile comme sujet, qui pourrait paraitre tout à fait futile.

                            En tout cas, bien vu l’idée de « burqa mentale », c’est un rapprochement audacieux mais qui souligne bien toute la complexité et l’ambiguité du rapport au corps et de la sexualité.

                            Et accepter la vision de corps nus (ou demi-nus) n’est pas l’acceptation de tous les corps nus : quid des vieillards, de ceux ne correspondant pas aux critères de l’époque.

                            Quid de la pilosité tant masculine que fémimine. Les poils pubiens peuvent-ils dépasser du maillot sans susciter le rejet ?


                            • docdory docdory 14 mai 2009 14:33

                              @ Masuyer


                              Tu fais bien de soulever ce problème de la pilosité pubienne . En 1986 , quand je me suis installé comme médecin généraliste , il était archi exceptionnel qu’une femme se rase les poils pubiens . Dans les années 70 beaucoup de femmes gardaient aussi leur pilosité axillaire, ce qui était plaisant . Sur les plages des années 70, les poils pubiens sortaient en abondance de part et d’autre du slip de bain , ce qui était une charmante vision .
                              Vers le milieu des années 90 est apparue la consternante mode qui consiste , pour les femmes , à se raser les poils pubiens . Je me rappelle de l’étonnement, et du vague dégoût, que j’éprouvais lorsque je vis ces premiers cas au cours d’examens gynécologiques ! Malheureusement , en 2009 , je dirais que 90 % des jeunes filles de moins de 25 ans auxquelles je fais des examens gynécologiques ont les poils pubiens entièrement ou au trois quart rasés . Je me demande comment les hommes jeunes peuvent , à moins d’avoir des tendances pédophiles prononcées, supporter le navrant et maladif spectacle de ces sexes féminins rasés , ou pire , avec quelques poils clairsemés et rêches en cours de repousse ! Rien ne fait plus pitié qu’un sexe féminin aux poils rasés ...
                              Il est à noter que cette mode des poils rasés est à l’origine de fortes dépenses supplémentaires par la sécurité sociale : en effet le phénomène du pili recurvatum provoque des abcès au niveau de poils incarnés lors de la repousse de ceux-ci , ce qui occasionne de nombreuses prescriptions d’antibiotiques , voire même parfois des interventions chirurgicales pour un problème qui était inexistant en 1986 ! 
                              Ce phénomène va s’accentuer , car l’on constate de plus en plus de jeunes hommes se rasant le torse depuis le milieu des années 90 , et l’on commence à voir maintenant des rasages pubiens masculins, qui restent heureusement très rares !!!

                            • masuyer masuyer 14 mai 2009 14:47

                              Bonjour Doc,

                              je ne l’ai pas lancé au hasard. Je dois avouer que les poils dépassant des maillots des « grandes » activaient ma libido prépubère. Mais je me satisfait de tous les choix en la matière. Dans les années 80, un Tom Selleck arborait dans « Magnum » une pilosité fort luxuriante. Il me semble que c’est plus rare aujourd’hui

                              Mais c’est un sujet complexe. On pourrait évoquer l’épilation d’autres parties du corps . les aisselles, les jambes (les poils plaqués sous les bas ou les collants pour ou contre ?).


                            • LE CHAT LE CHAT 14 mai 2009 15:06

                              @DOC

                              bien d’accord avec toi , cette mode est débile ! c’était aussi le cas chez les egyptiens au temps jadis et je crois savoir que les japonais ont aussi cette phobie des poils .
                              Faut vraiment que les jeunes aient rien d’autre à foutre que de s’épiler le torse ! ils veulent faire partie d’un boy’s band ou quoi ? parait que c’est la mode des métro sexuels , ceux qui passent leur temps à se parfumer comme des chochottes et à se regarder devant la glace à se mettre du gel pendant des plombes ! peuh ! où va t on ?


                            • masuyer masuyer 14 mai 2009 15:07

                              Au fait Doc,

                              votre histoire d’examen gynécologique me fait penser au rôle de JP Marielle dans « Calmos » de Blier, un gynéco totalement blasé. Ca a un peu vieilli, mais je trouve ce film plutôt marrant, je sais pas si vous l’avez vu. Avec un Pieplu chef d’une bande de « mâles » fuyards poursuivis par une armée de femmes bien décidées à voir honorer le « devoir conjugal ».

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