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Léonard de Vinci a-t-il mis des sens cachés dans sa Cène du réfectoire de Milan ? (suite)

La Cène de Léonard de Vinci est l'une des peintures les plus célèbres du monde. Réalisée entre 1494 et 1498 sous le gouvernement de Ludovic le More, elle représente le dernier repas entre Jésus-Christ et ses apôtres...https://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=220358

Dans mon précédent article, j'ai expliqué les sens cachés que Léonard de Vinci y avait mis, notamment cette "inclusion" tellement incroyable qu'aucun expert ne l'a remarquée. Car c'est bien une "inclusion" qu'il a représentée dans le groupe en bout de table ; il s'y montre, au centre, en train de débattre avec saint Augustin et son protégé Salaï. De quel sujet débat-il avec saint Augustin sinon de l'interprétation qu'il faut se faire des textes évangéliques ? C'est une façon de dire qu'en tant que peintre, il représente bien la scène de l'évangile qui lui est commandée, mais que cela ne l'engage pas personnellement et qu'en ce qui le concerne, il est dans une réflexion. Il n'y a que Salaï qui ne se pose pas de question. Mangeant à la cuisine en compagnie de la cuisinière, il en a reçu la foi du charbonnier, d'où son geste vers ce qui est pour lui, non seulement une certitude, mais une évidence.

Dans mon précédent article, j'expliquais que Léonard de Vinci s'était inspiré d'une sculpture de l'église de Mont-Saint-Vincent, là où je situe Bibracte, près de Chalon-sur-Saône ; et en effet, les deux oeuvres se recouvrent d'une façon étonnante quant à la disposition des groupes et des personnages. En réalité, après mures réflexions, l'affaire s'avère beaucoup plus compliquée. Ma thèse est que Léonard de Vinci s'est inspiré d'un bas-relief qui décore l'autel d'une église de Saintes, lequel bas-relief s'inspire du bas-relief qui se trouve dans l'église de Mont-Saint-Vincent, là ou je situe l'antique Bibracte gauloise. Voyez ci-dessous l'étonnante similitude qui existent entre les trois oeuvres, mais aussi des différences qui ne peuvent s'expliquer que parce que leurs auteurs veulent nous dire, chacun, un message qui lui est propre.

J'en veux pour preuve l'attitude de Marie-Madeleine.

Le premier bas-relief, celui de Mont-Saint-Vincent/Bibracte est le maintien de la croyance en un Christ essénien à venir et le refus de la croyance en un Christ venu dans les évangiles. La Marie-Madeleine évangélique présente un sac de cueillette vide, sans fruits, sans légumes, ou autre nourriture. L'identification des personnages nous dit que nous sommes à l'époque de l'empereur gaulois Postumus (260-269). 

Dans le bas-relief suivant, celui de l'église de Saintes, Marie-Madeleine est repentante. L'évangéliste qui faisait le geste de refus vers le christ essénien s'est assis. Le codex des évangiles est absent. Les trois évangélistes débattent entre eux. J'en déduis que le christ des évangiles n'est plus condamné, ni ceux qui croient en lui. Le Christ qui préside est, peut-être, à la fois celui qui doit venir et celui qui est venu. Devant lui, les quatre pains évoquent peut-être les quatre évangiles et l'oeuf, le symbole de la renaissance. Judas est présent avec sa bourse. Je fais l'hypothèse que nous sommes à l'époque de l'empereur gaulois Tétricus (271-274).

Dans la peinture de Léonard de Vinci, c'est la Madeleine repentante de Saintes qui est reproduite, ce n'est pas celle de Mont-Saint-Vincent.

Je résume : primo, bas-relief de Mont-Saint-Vincent/Bibracte, secundo, copié par le bas-relief de Saintes pour y donner un autre sens, tertio, lui-même copié par Léonard de Vinci avec sa propre interprétation.

Les sculpteurs de Saintes se sont donc bien inspirés de la sculpture de Mont-Saint-Vincent... de même que le maître-autel de Saintes, ci-dessous, s'est inspiré de celui de Mont-Saint-Vincent.

Les deux sculptures qui figurent au-dessus du maître-autel de l'église de Saintes, en évoquant des scènes de l'évangile, ici "la multiplication des pains", confirment le ralliement de la cité - et de l'Acquitaine - à l'Évangile. Le message politique est clair : Saintes réfute l'accusation du bas-relief de Mont-Saint-Vincent/Bibracte qui pronostiquait la misère évangélique ; au contraire, elle promet l'abondance aux peuples qui se rallieront à elle et à l'Évangile. La suite, on la devine...

Dynamisés par Victoria, cette véritable Jeanne d'Arc gauloise, les Eduens ont défendu avec un héroïsme digne de leurs ancêtres leur cité assiégée par les Gaulois de Trèves et les Bagaudes. Bibracte ne s'est pas rendue. Pendant sept longs mois, les Eduens ont veillé du haut des tours, attendant le secours providentiel que les messagers de Victoria avaient sollicités. On attendait Claude II le Gothique, c'est Tétricus qui arriva... C'est en empereur, à la tête d'une armée de secours, qu'il vint délivrer Bibracte. C'est en empereur qu'il essaya de reprendre en mains une armée tiraillée de tous côtés, divisée en clans opposés et qui finalement avait sombré dans l'anarchie. Il dut faire face sans arrêt à de nombreux soulèvements militaires... Ainsi s'écroula aux champs catalauniques le rêve d'un empire gaulois dont la fin reste encore entourée d'un voile de mystère. Ce champ de bataille des champs catalauniques, était-ce celui où Attila mordra la poussière cent soixante-dix ans plus tard ? Que diable Tétricus serait-il allé faire en Champagne ? Il y a là quelque chose d'illogique. Ces célèbres champs catalauniques ne sont pas ceux de Châlons-sur-Marne mais ceux de Chalon-sur-Saône : campus fereoli, Champforgeuil. C'est là que Tétricus se rencontra avec Valérien qui revenait du limes rhénan après y avoir rétabli l'ordre et pris des renforts. L'enjeu de la bataille, c'était Cabillo, Chalon-sur-Saône. (Histoire de Bibracte, l'épée flamboyante, chapitre 10, page 212, publié en 1995, cela fait 15 ans).

 Une armée tiraillée de tous côtés, divisée en clans opposés et qui finalement avait sombré dans l'anarchie ? Pourquoi "tiraillée de tous côtés ?"

Mon explication : parce que cette armée éduenne était partagée entre deux croyances, une croyance en un Christ à venir et une croyance en un Christ venu.

En 1498, Dans sa Cène de Milan, Léonard de Vinci s'entretenait encore avec saint Augustin sur l'énigme du Christ.

Emile Mourey, lundi 6 janvier 2020. Les photos peuvent être soumises à des droits d'auteur.

À MMe les élus de Chalon-sur-Saône etc...

Au mont Beuvray, fausse Bibracte, les fouilles continuent...


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2 réactions à cet article    



    • zglorg 9 janvier 13:27

      Pauvre Monsieur

      Vos articles, m’amusent toujours, avec vos estimations de dates complètement foireuses.. (ces bas reliefs ne sont pas du III eme siècle ) , avec vos pérégrinations imaginaires infondées, , avec le détournements des analyses des artefacts :)

      c’est poétique, .. même si c’est délirant

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