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Accueil du site > Tribune Libre > Les attentats du 13 novembre et la boule de cristal de Thierry (...)

Les attentats du 13 novembre et la boule de cristal de Thierry Meyssan

avec la participation de Charles Onana [1]

En mars 2017, Thierry Meyssan a fait paraître aux éditions Demi-Lune un ouvrage de synthèse sur les relations internationales des 15 dernières années intitulé « Sous nos yeux, du 11 septembre à Donald Trump ». Il ne figurait pas dans mes projets de lecture. Mais je me suis résolu à le lire par correction, son éditeur m’ayant contacté en juillet dernier, me proposant de me l’envoyer gracieusement.

Des problèmes de méthodologie criants m’ont immédiatement sauté aux yeux, comme l’absence d’introduction digne de ce nom, de notes de bas de page, de sources, de bibliographie, de renvois aux travaux (foisonnants sur les sujets qu’il traite) de confrères, ainsi qu’une tendance hyper-narcissique à se donner à la moindre occasion un rôle extraordinaire de super (et unique) héros de la réinformation. Puis j’ai tiqué sur des extraits qui me semblaient difficiles à croire, sinon franchement douteux. En vérifiant certains faits présentés et articulés par Meyssan, je me suis rendu compte que cet ouvrage comportait non seulement quantité d’inexactitudes et de déformations, mais encore ce qu’il faut bien appeler des mensonges : Meyssan joue en réalité une partition bien différente de celle qu’il prétend jouer sous nos yeux.

J’ai contacté dans la foulée des personnes qui soit avaient lu l’ouvrage, soit avaient côtoyé son auteur par le passé (en Libye fin 2011 par exemple), chacun de ces entretiens ne faisant que me confirmer dans mes doutes.

Franck Pucciariellii a récemment révélé que la façon dont Meyssan présente son rôle de premier plan comme ministre de Mouammar Kadhafi dans les derniers jours de la Jamahiriya libyenne était une fable destinée à renforcer sa légende de héros dissident, et l’occasion pour lui de diffamer feu le dirigeant libyen, en le présentant comme un allié d’Israël jusqu’au dernier moment. Les assertions de Franck Pucciarelli sur cette imposture libyenne sont confirmées par d’autres témoins directs ou indirects, ce qui sera expliqué plus tard dans un article de synthèse à ce propos.

Une proposition de débat a été adressée par M. Pucciarelli à M. Meyssan, dans le cadre du direct de Meta TV animé par Tepa, dont tous deux sont des contributeurs réguliers. Aux dernières nouvelles, M. Meyssan a décliné la proposition. Les déclarations de M. Pucciarelli sont sans concession, mais ne comportent pas la moindre insulte.

En attendant, souhaitant donner un aperçu exemplaire des méthodes de Thierry Meyssan dans Sous nos yeux, je propose ici au lecteur une démystification de l’interprétation qu’il y fait des attentats de Paris du 13 novembre 2015, dont nous approchons le deuxième anniversaire.

Les méthodes que je dénonce ici ne concernent pas seulement les attentats du 13 novembre mais quantité d’autres faits, événements, et analyses que l’on peut relever du début à la fin de cet ouvrage, qui constitue sans doute une des plus grosses impostures intellectuelles de ces quinze dernières années.

J’ai décidé de faire paraître de façon un peu anticipée ce morceau d’ouvrage, en constatant l’audience naïve et accrue dont Meyssan continue à jouir auprès du public non averti, et parce que certaines figures de la réinformation ont produit de son ouvrage des recensions à mon sens beaucoup trop molles, contribuant plutôt à assurer une légitimité indue à un personnage dont les méthodes et le comportement sont dénoncés par tous ceux qui l’ont côtoyé de près ou de loin.

Je remercie l’historien Charles Onana d’avoir accepté de contribuer à cet article en apportant son éclairage sur l’analyse faite par Meyssan page 43 du rôle d’Alain Juppé dans le génocide rwandais en 1994.

Si ma démarche peut a priori inspirer la méfiance auprès de certains admirateurs encore inconditionnels, j’espère que la lecture de cet article permettra de lever la plupart des réticences.

La révélation sans doute la plus stupéfiante que produit Meyssan dans son ouvrage concerne les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, dont il prétend donner une explication définitive. Plusieurs interprétations alternatives à la thèse officielle incriminant l’organisation État Islamique (alias Daech) circulent depuis longtemps, suscitées par certaines incohérences de la thèse officielle, cependant Meyssan prend pour le coup tout le monde à contre-pied, mainstream [2] et underground inclus, en accusant, sans la moindre nuance, et sur le ton de la certitude absolue, la Turquie du président Erdogan d’avoir commandité cette série d’attentats qui ont fait 130 morts et 413 blessés.

Commençons par résumer sa thèse : les attentats de Paris du 13 novembre 2015 ont été commandités par le président Erdogan qui voulait se venger de la rupture par la France, en février 2015, d’un accord secret conclu début 2011 entre Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères français, et son homologue turc Ahmet Davutoglu. Selon les termes de cet accord, la Turquie acceptait d’entrer en guerre contre la Libye puis contre la Syrie, à condition qu’après la victoire, toute un secteur du nord de la Syrie soit consacré à la déportation d’une partie des 10 millions de Kurdes présents sur le territoire de la Turquie : Erdogan et ses sbires en auraient ainsi fini avec le problème kurde dans le cadre de cette sorte de solution finale territoriale.

Cette thèse soulève en elle-même de nombreuses objections, mais plus encore dans la façon dont elle est amenée et étayée par Meyssan.
C’est aux pages 42 et 43 que Meyssan évoque pour la première fois « l’accord secret Juppé Davutoglu ». Pour diverses raisons, ces deux pages comptent parmi les plus hallucinantes de l’ouvrage, ce pourquoi il faut en citer de larges extraits.
Voici selon l’auteur l’origine de l’accord : « Fin mars 2011, une polémique oppose le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant, et le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, sur la nature de la guerre contre la Libye que le Français avait comparée à une « Croisade ». C’est l’occasion pour le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, de négocier un rapprochement avec son homologue truc, Ahmet Davutoglu. » Meyssan ne donne aucune précision sur les circonstances de la rencontre entre les deux hommes (lieu, date, différentes étapes des tractations), et n’explique à aucun moment comment lui, primus inter pares, a été mis au courant de l’existence de cet accord. Enfin voici en quoi l’accord consiste : « L’accord prévoit la participation turque à la guerre qui vient de débuter en Libye et à celle qui n’a pas encore commencé en Syrie. La Turquie s’engage à mobiliser les habitants de Misrata – majoritairement des descendants de soldats juifs de l’Empire Ottoman, les Adghams, et de nomades marchands d’esclaves noirs – afin d’aider la coalition à renverser la Jamahariya arabe libyenne. Elle mobilisera également les populations turkmènes du nord de la Syrie pour renverser la République arabe syrienne. En échange, la France s’engage à soutenir l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne bien que le président Sarkozy ait promis le contraire aux Français lors de sa campagne électorale. Surtout les deux pays régleront la question kurde sans porter atteinte à l’intégralité territoriale turque. En d’autres termes, on créera en Syrie un État indépendant qu’on appellera « Kurdistan », puis on y expulsera une partie des Kurdes turcs. Ce projet défie l’entendement car le Kurdistan historique se trouve exclusivement en Turquie. »

En effet, ce projet « défie l’entendement », mais pas seulement pour la raison avancée par Meyssan. Les objections de bon sens que l’on peut faire à ce sujet ne manquent pas, par exemple :

  • Si la France, seule dans son coin, et sans prévenir personne, par l’intermédiaire d’Alain Juppé, promet à Erdogan de lui donner carte blanche pour organiser une telle solution du problème kurde, cela veut dire qu’elle est en mesure, seule, de garantir l’application de cet accord. C’est évidemment de la géopolitique fiction ; car comment imaginer que deux membres de l’OTAN puissent conclure ce genre d’accord sans prévenir la grande puissance chapeautrice que sont les USA ? Et comment imaginer qu’une fois mis en branle après la défaite de la Syrie, ce plan ne suscite pas des réserves, voire des oppositions farouches de la part, non seulement des autres membres de l’Otan, mais de tout le reste de la « communauté internationale » ?
  • La Turquie étant déjà régulièrement attaquée sur son passé génocidaire avec la question arménienne, a-t-elle intérêt, aux yeux de la « communauté internationale », à renforcer cette réputation avec la déportation de millions de Kurdes de Turquie ?
  • La population kurde de Turquie compte 10 millions d’habitants, et le nord de la Syrie est déjà peuplé, notamment de Kurdes. Comment organiser un tel transfert ? Les Turcs ont-ils les moyens de déporter par la force des millions de gens qui leur sont hostiles, comptant des combattants aguerris dans leurs rangs, évoluant dans un milieu très montagneux (le Kurdistan historique, au sud-est de la Turquie), et difficile à assiéger ?
  • Une telle solution finale territoriale du problème des Kurdes de Turquie ne risque-t-elle pas de compromettre les chances de cette dernière de convaincre les États membres de l’Union Européenne d’accepter son adhésion, ce qui selon Meyssan fait partie de l’accord secret Juppé-Davutoglu ? Ce à quoi l’on doit ajouter : la France peut-elle, à elle seule, forcer l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne ?
  • Encore plus simplement, remarquons qu’on voit mal Erdogan contribuer à l’émergence d’un État kurde à sa frontière, la Turquie étant historiquement l’opposant le plus farouche à un tel projet.

Outre que ce projet « défie l’entendement », il faut ajouter qu’on ne trouve trace de cet accord secret nulle part ailleurs que dans les écrits de Meyssan.
On doute encore plus de l’existence d’un tel accord si l’on considère deux arguments de nature historique que mobilise Meyssan dans ces pages 42 et 43 pour donner consistance à sa démonstration.

Le premier suggère que la démarche d’Alain Juppé s’inscrit naturellement dans une tradition de la politique étrangère de la France qui remonte au roi François 1er : « Depuis François 1er, il existe une longue tradition d’alliance entre la France et les Ottomans. Au XVIe siècle, Paris, bousculant les clivages religieux, se laissa séduire par les « cadeaux » du musulman Soliman le Magnifique. Corrompu à souhait, François premier accepta de s’allier à son « père » contre le Saint-Empire Romain Germanique. Dans ses correspondances, Soliman l’humilia en l’appelant son « wali de France ». Les armées ottomanes s’installèrent dans le midi et François 1er transforma temporairement la cathédrale de Toulon en mosquée pour les accueillir. »
Voilà un excellent spécimen de ce qu’on pourrait appeler de « l’Histoire pour les Nuls ». En effet, et pas besoin d’être historien de la période pour le savoir : si François 1er a conclu une alliance avec Soliman le Magnifique, ce n’est pas parce que, à l’instar de ces dictateurs de Républiques bananières se constituant d’immenses fortunes sur le dos de leur peuple, il était « corrompu à souhait », mais parce qu’en homme politique intelligent et réaliste, il avait compris que pour briser l’encerclement de la France à l’époque – menacée par l’Empire de Charles Quint qui comprenait l’Espagne, le Saint-Empire Romain Germanique, et toute une partie de l’Italie, Empire allié avec l’Angleterre d’Henry VIII, plaçant ainsi la France dans un étau mortel – il n’avait d’autre choix que de conclure une alliance de revers, fût-ce avec un prince musulman. Du reste, c’est au nom de ce même principe de realpolitik que François 1er, roi catholique, signa en 1531 une alliance avec les princes protestants de la ligue de Smalkalde. Et puisque Meyssan évoque la transformation de la cathédrale de Toulon en mosquée, pourquoi ne pas préciser que ce fut pour le seul hiver 1543/1544 à l’intention de corsaires musulmans d’une flotte ottomane en station temporaire ; et que Soliman, dans le cadre de l’accord d’alliance, accepta de restituer aux chrétiens, à Jérusalem, une église qui avait été transformée en mosquée ?

C’est en allant fouiller dans le passé de ce pauvre Alain Juppé – qui a incontestablement joué un rôle condamnable dans le début de la guerre en Libye et en Syrie [3], mais qu’on prendrait presque en pitié en lisant ce qui en est dit dans ces deux pages de « Sous nos yeux » – que Meyssan a déniché un second argument visant à éclairer l’engagement du ministre français aux côtés du déportateur en puissance de la population kurde vivant en Turquie : Le soutien aux « génocidaires » serait chez lui une forme d’habitude. « Pour rappel, Alain Juppé n’a jamais rechigné à aider des génocidaires lorsque cela lui paraissait utile. En juin 1994, il organisa avec François Mitterrand l’opération Turquoise durant les massacres du Rwanda. Il s’agissait de créer une « zone humanitaire sûre » pour les populations en danger, mais aussi et surtout, sous cette couverture et à l’insu des armées, d’utiliser la DGSE pour exfiltrer leurs amis. »

Cette grave accusation peut se comprendre si l’on se souvient que le Réseau Voltaire a participé, au milieu des années 1990, à la campagne de diffamation menée contre les dirigeants français et l’armée française, les accusant d’avoir été complices, de différentes façons, du génocide rwandais. Parmi ces accusations, celle d’avoir organisé l’Opération Turquoise, pour « exfiltrer leurs amis » génocidaires. Meyssan, qui n’apporte, à l’évidence, pas beaucoup de soin dans la vérification des différentes informations dont il nourrit son récit (on a vu ce que ça donnait dans un cas aussi simple que celui de l’alliance franco-ottomane au XVIe siècle), n’a peut-être fait que reprendre les assertions d’articles écrits par lui-même et par d’autres sur le site du Réseau Voltaire au milieu des années 90 [4].

Cette reprise devient problématique si l’on considère tout ce qui a été publié depuis au sujet des fameux génocidaires exfiltrés, et plus généralement sur la mise au jour du caractère frauduleux de la version officielle du génocide rwandaisi. Je transmets ici le relais à l’historien Charles Onana, qui a consacré plusieurs ouvrages à la question, et a étudié en particulier ce dossier des prétendus « génocidaires exfiltrés ». La lecture du paragraphe que Meyssan y consacre l’a convaincu de rédiger, pour les besoins de cette mise au point, la réponse suivante :
« Les déclarations de Thierry Meyssan sur le rôle d’Alain Juppé sur l’exfiltration de « leurs amis » avec l’aide la DGSE dans le cadre de l’Opération Turquoise sont complètement loufoques. Premièrement, les membres du gouvernement intérimaire [5] n’ont eu aucune relation de proximité avec le gouvernement français. Aucun d’eux n’a été exfiltré par l’armée française. D’ailleurs le ministre des Affaires étrangères rwandais, Jérôme Bicamumpaka, qui avait été reçu au quai d’Orsay fin avril 1994, n’a jamais rencontré Alain Juppé. Il faut rappeler que le ministre rwandais a été acquitté de tous les chefs d’accusations qui pesaient contre lui devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR). Donc, non seulement il n’est pas « génocidaire » mais en plus il n’a jamais été ni un proche ni un ami d’Alain Juppé, pas plus que d’autres membres de son gouvernement.

Deuxièmement, monsieur Meyssan n’est pas très au fait de la position de la DGSE dans ce dossier car, à la différence des militaires français qui avaient formé des soldats des FAR (Forces Armées Rwandaises) entre 1990 et 1993 et qui avaient pu nouer des rapports professionnels et quelquefois amicaux avec leurs collègues rwandais, la DGSE n’avait pas la moindre considération ni le moindre rapport avec les dirigeants du gouvernement intérimaire. D’ailleurs elle les traitait abusivement de « génocidaires » comme une grande partie de la presse et des associations françaises anti-Turquoise. Ce n’est donc pas avec la DGSE que monsieur Juppé pouvait prendre la moindre initiative en faveur d’un gouvernement que la France (et surtout son Premier ministre) ne soutenait pas. Comment aurait-il pu conduire une telle action sans accord du premier ministre Édouard Balladur ?

En définitive, l’obsession des accusations contre les dirigeants français dans les événements du Rwanda omet un seul point essentiel : une fois Habyarimana assassiné et la cohabitation installée à Paris, les rapports entre la France et le Rwanda n’étaient plus les mêmes et Édouard Balladur a opéré un virage sans précédent dans la politique française au Rwanda. Autrement dit, toutes les accusations qui portent sur un quelconque soutien de la France au gouvernement intérimaire en 1994 sont chimériques et relèvent, soit de l’ignorance, soit de la mauvaise foi, soit de la propagande obsessionnelle. En dehors des allusions, des supputations ou de déductions diverses, aucun élément de preuve ne permet de soutenir rigoureusement ces affirmations. »

Bref, une thèse « loufoque », pour ne pas dire plus… Disposant encore de quelques mèches, Meyssan imperturbable, enchaîne :
« Joignant l’utile à l’agréable, le gouvernement Erdogan fait offrir par le patronat turc « cadeau » à XXXXX » (passage biffé).

« Parallèlement à l’accord avec la Turquie, Alain Juppé confie au sénateur gaulliste Adrien Gouteyron une mission sur la situation des communautés chrétiennes d’Orient. Celui-ci visite longuement les communautés du Proche-Orient, sauf celle de Syrie, et conclut sans surprise qu’il faut aider les chrétiens à rester chez eux et mieux les accueillir lorsqu’ils émigrent en France. À son insu, le parlementaire pave la voie du transfert des maronites. »

Les passages biffés abondent dans Sous nos yeux, surtout dans la première partie de l’ouvrage, suggèrent que Meyssan ou son éditeur veulent se soustraire à des poursuites judiciaires que leur attireraient des accusations trop radicales ou attentatoires à la sécurité nationale. Il nous est impossible de vérifier cette assertion qui donne l’impression que Meyssan est le dépositaire privilégié d’un nouvel incroyable secret. Quant à la mission du parlementaire français qui paverait la voie à la déportation des maronites, il s’agit d’une supposition gratuite et invérifiable qui accentue le caractère spectaculaire des différentes révélations dont le lecteur a été submergé dans les paragraphes précédents, tout en contribuant à rendre encore plus douteux tout l’ensemble.
On aimerait en apprendre plus, mais Meyssan aussitôt change de sujet, passant aux relations entre Nicolas Sarkozy et le Qatar.

Passons à présent à la seconde partie de la démonstration. Comment Meyssan va-t-il faire le lien entre l’accord secret Juppé/Davutoglu et les attentats du 13 novembre 2015 ? Rendons-nous à la page 91. Meyssan consacre au préalable un long paragraphe à la tuerie de Charlie Hebdo du 7 janvier 2015 et à son exploitation politique et médiatique, occasion pour lui, comme à son habitude, de se mettre en avant : « Comme je conteste cette mise en scène et que de nombreuses personnes refusent d’« être Charlie », la directrice de l’information de France 2 Nathalie Saint-Criq intervient au journal télévisé pour fustiger les complotistes qu’il faut « repérer, traiter, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale » ».

Sans transition, Meyssan revient à l’accord secret Juppé/Davutoglu : « En application du traité Juppé-Davutoglu, François Hollande envisage la création d’un « Kurdistan » en dehors des territoires kurdes historiques, il organise une entrevue secrète à l’Élysée, le 31 octobre 2014, entre son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan et le coprésident des Kurdes de Syrie, Salih Muslim, auquel il promet la présidence du futur État. Cependant lorsque début 2015, l’autre représentante des Kurdes de Syrie, Asya Abdullah, remporte la victoire de Kobané et est encensée par les États-uniens, Hollande la reçoit publiquement, le 8 février 2015, accompagnée d’une autre femme en uniforme.

Ce retournement de circonstance provoque la fureur d’Erdogan qui commandite les attentats du 13 novembre à Paris. Au second étage du Bataclan, des otages sont torturés et mutilés ; d’autres décapités. Penaud, François Hollande interdit la publication de cette information pourtant attestée par des policiers devant une commission d’enquête. Patrick Calvar, le directeur central du contre-espionnage, témoignera devant une commission parlementaire que ses services ont identifié l’État donneur d’ordre. Fuyant ses responsabilités, le Président organisera de larmoyantes cérémonies de commémoration et persuadera ses concitoyens que le terrorisme est un inévitable fléau. Il instituera une médaille de « reconnaissance aux victimes du terrorisme », et indemnisera le « préjudice d’angoisse de mort imminente ». Mais il n’entreprendra aucune action contre la Turquie. Celle-ci commanditera un autre crime, cinq mois plus tard, contre la Belgique à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem et devant le siège de la commission européenne, à l’endroit exact où le PKK devait manifester.

Loin de masquer sa responsabilité, Recep Tayyip Erdogan prononce un discours retentissant lors des cérémonies du 101e anniversaire de la bataille de Canakkale (« la bataille des Dardanelles »), soit quatre jours avant les attentats contre la Belgique. Il y accuse les Européens de soutenir le PKK et annonce ce qui va se passer à Bruxelles. Le lendemain de l’attentat, la presse de l’AKP clame que les Européens n’ont que ce qu’ils méritent. »

On en saliverait presque… mais la page 91 se termine ici. On la tourne et… c’est terminé. Meyssan, sans transition, passe à autre chose. Il évoquera une dernière fois, dans la troisième partie de l’ouvrage, l’accord secret Juppé/Davutoglu (p. 226), et la responsabilité de la Turquie d’Erdogan dans les attentats du 13 novembre (p. 231), mais de façon encore plus concise et sans apporter un élément nouveau susceptible de convaincre le lecteur incrédule.
Pour une révélation d’aussi grande portée, on s’attendrait à une étude un tant soit peu approfondie, étayée par tout un ensemble d’éléments factuels entrecroisés ; quelque chose de solide, fouillé, sourcé, inattaquable. Or, non seulement le lecteur doit se contenter de cette étique « démonstration », mais, si l’on y regarde au plus près, cette démonstration est vide : il n’y a… rien, et moins que rien.
Prenons le temps de disséquer phrase à phrase.

1) En application du traité Juppé Davutoglu, François Hollande envisage la création d’un « Kurdistan » en dehors des territoires kurdes historiques, il organise une entrevue secrète à l’Élysée, le 31 octobre 2014, entre son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan et le coprésident des Kurdes de Syrie, Salih Muslim, auquel il promet la présidence du futur État.
Après l’accord secret Juppé Davutoglu, voici le rendez-vous secret à l’Élysée entre Erdogan et Muslim sous le patronage de François Hollande [6]. Notons que lors d’une conférence de presse à l’Élysée tenue le même jour 31 octobre 2014 – que chacun peut consulter en ligne [7] – M. Erdogan insiste lourdement sur son incompréhension de ce que les avions de la coalition se concentrent sur la ville située à la frontière syro-turque de Kobané [8]. Cette méfiance franche et affichée est incompatible avec le genre de promesse faite à Salih Muslim en coulisses évoquée par Meyssan, qui suppose une confiance totale entre les différentes parties.

2) Cependant lorsque début 2015, l’autre représentante des Kurdes de Syrie, Asya Abdullah, remporte la victoire de Kobané et est encensée par les États-uniens, Hollande la reçoit publiquement, le 8 février 2015, accompagnée d’une autre femme en uniforme.
Dans le cadre de la conférence de presse du 31 octobre 2014, Hollande fait comprendre, en termes diplomatiques, le soutien massif et privilégié de la coalition à Kobané, et répond sur ce point de façon extrêmement évasive aux questions méfiantes d’Erdogan : « même si Kobané a été vidée de ses habitants, elle a besoin de renforts, et nous avons besoin de la Turquie pour que ces soutiens puissent se faire » ; tout comme il demeure extrêmement évasif quand il répond aux instantes demandes d’Erdogan d’accélérer la procédure d’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne. Hollande ayant avoué publiquement lors de cette conférence de presse le soutien prioritaire de la coalition aux combattants kurdes YPG (c’est implicite) de Kobané, il est cohérent qu’il reçoive la commandante de la ville qui a remporté la victoire. Cela a pu évidemment susciter la colère d’Erdogan, qui voit dans le YPG un frère jumeau du PKK qu’il combat sur le territoire turc, mais cette rencontre de février 2015 ne peut constituer une surprise pour lui. Imagine-t-on François Hollande organisant sous les projecteurs une rencontre qui compromettrait des « accords secrets » aux conséquences aussi capitales que celles que suggère Meyssan ?

3) Ce retournement de circonstance provoque la fureur d’Erdogan qui commandite les attentats du 13 novembre à Paris.
Voici la thèse. Concédons qu’elle pourrait ne pas être complètement absurde. Si l’on s’en tient au mobile, Erdogan, comme on pouvait le sentir pendant la conférence de presse du 31 octobre 2014, ne voyait pas de signaux clairs d’une volonté de la France d’appuyer franchement l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne (argument que Meyssan aurait pu aussi utiliser), et voyait se profiler dans la bataille de Kobané un coup de poignard dans le dos de la part de ses alliés de la coalition anti-EI, qui après l’avoir utilisé jusque-là pour semer le chaos dans le nord de la Syrie [9] , assisteraient militairement ses ennemis kurdes du YPG dans cette même région. Maintenant ce mobile s’applique tout autant aux autres pays de la coalition comme la Grande Bretagne ou les États-Unis et, rappelons-le : il est impensable que Juppé et Davutoglu aient conclu le fameux accord secret sans consulter auparavant les États-Unis ; tout comme il est impensable d’imaginer qu’ils puissent vouloir l’appliquer comme si la France et la Turquie étaient les seules puissances décisionnaires sur ce dossier ; et qu’ils soient en mesure d’appliquer un plan d’une envergure aussi impressionnante que la déportation en Syrie d’une partie des Kurdes de Turquie. Il a fallu quatre ans au général de Gaulle pour mettre en place le « dégagement » de l’Algérie ; Juppé aurait-il eu les épaules et des latitudes plus larges encore pour entreprendre une telle transhumance ?

4) Au second étage du Bataclan, des otages sont torturés et mutilés ; d’autres décapités. Penaud, François Hollande interdit la publication de cette information pourtant attestée par des policiers devant une commission d’enquête.
Après l’énoncé de la thèse, on s’attendrait à ce que Meyssan se mette à l’étayer, en expliquant comment l’opération a été montée, en nous submergeant d’une myriade de noms, même biffés, comme il se plaît souvent à le faire. Au contraire, il enchaîne avec l’une des révélations de la commission d’enquête. La façon dont il rend compte de cette information est inexacte. Alors qu’il évoque « une information attestée par des policiers », on se rend compte en lisant le compte-rendu de l’audition des fonctionnaires de la BAC intervenu le 13 novembre, qu’il n’y a qu’un seul témoignage de cette nature, et que celui-ci est indirect. Ainsi quand on demande au brigadier-chef M-T-P, qui est le seul à rapporter ce fait horrible, comment il en a eu connaissance, il répond : « Après l’assaut, nous étions avec des collègues au niveau du passage Saint-Pierre Amelot lorsque j’ai vu sortir un enquêteur en pleurs qui est allé vomir. Il nous a dit ce qu’il avait vu. Je ne connaissais pas ce collègue, mais il a été tellement choqué que c’est sorti naturellement ». Et quand on lui demande si ces actes de torture se sont déroulés au deuxième étage : « Je pense, car je suis entré au niveau du rez-de chaussée où il n’y avait rien de tel, seulement des personnes touchées par balles. » Dans une autre audition, questionnés à ce sujet, le préfet de police de Paris Michel Cadot et le patron de la police judiciaire de Paris déclareront n’avoir jamais entendu parler d’actes de barbarie commis sur des victimes au second étage du bataclan. Discuter de la réalité de ce fait, qui a suscité une controverse à l’époque de la parution du rapport de la commission d’enquête, prendrait trop de place dans cette analyse. Remarquons simplement qu’en plus d’invoquer un non-argument à l’appui de son accusation contre Erdogan, il prétend la renforcer en citant un fait médiocrement étayé (mais polémique) qu’il rapporte sur le ton de la certitude absolue, en l’amplifiant à plaisir.

5) Patrick Calvar, le directeur central du contre-espionnage, témoignera devant une commission parlementaire que ses services ont identifié l’état donneur d’ordre.
Patrick Calvar, directeur de la DGSI, n’a témoigné qu’à deux reprises devant une commission au sujet des attentats du 13 novembre 2015 : le 10 mai 2016, devant la commission de la défense nationale des forces armées, et le 24 mai 2016 devant la « commission d’enquête relative aux moyens mis en œuvre par l’État pour lutter contre le terrorisme depuis le 7 janvier 2015 ». Le compte rendu de ces deux auditions longues et très détaillées est consultable en ligne ( [10] ; [11]), et on n’y trouve non seulement aucune mention d’« État donneur d’ordre » ou quoi que ce soit d’approchant, mais strictement rien dans les déclarations de M. Calvar ne ressemblant à une telle révélation. Le discours du directeur de la DGSI est à peu près le même devant les deux commissions : il s’y félicite des grands progrès effectués depuis 2007 dans la réorganisation des services de renseignement français, tout en expliquant qu’il demeure très difficile, pour des raisons que ce n’est pas le lieu de détailler, de prévenir les attentats terroristes ; et, au risque de me répéter, rien, même sous forme allusive, ne ressemble aux révélations que Meyssan lui prête, en particulier sur le rôle d’un quelconque État.

6) Fuyant ses responsabilités, le Président organisera de larmoyantes cérémonies de commémoration et persuadera ses concitoyens que le terrorisme est un inévitable fléau. Il instituera une médaille de « reconnaissance aux victimes du terrorisme », et indemnisera le « préjudice d’angoisse de mort imminente ». Mais il n’entreprendra aucune action contre la Turquie.
L’expression « fuyant ses responsabilités » suggère que François Hollande a refusé d’écouter les avertissements de Patrick Calvar (et au passage, si ce dernier a pointé la responsabilité d’un État, pourquoi serait-ce forcément la Turquie ?). Mais puisqu’on a vu que cet avertissement n’existe pas, pourquoi aurait-il fui ? Ou alors, s’il a pu fuir ses responsabilités, c’est pour une autre raison qui mérite d’être énoncée ; quelle est-elle ? Quant aux mesurettes évoquées, elles sont en effet ridicules ; sont-elles pour autant constitutives d’un argument étayant la thèse de Meyssan ? Le « mais » qui commence la dernière phrase suggère une relation logique entre ce qui précède et le refus de Hollande d’entreprendre des représailles contre la Turquie, mais pourquoi entreprendrait-il une telle action, puisqu’il n’y a rien, ni faits ni arguments existants, qui pourraient l’y pousser ?

7) Celle-ci commanditera un autre crime, cinq mois plus tard, contre la Belgique à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem et devant le siège de la commission européenne, à l’endroit exact où le PKK devait manifester.
Cette nouvelle accusation a pour but de placer le 13 novembre dans une série cohérente de représailles turques. Dans les articles qu’il consacre à cet attentat sur son site voltairenet.org, Meyssan, comme pour le 13 novembre, n’avance aucun élément factuel. Et nous relevons une nouvelle déformation, puisque si les attentats de Bruxelles du 22 mars 2015 ont bien touché l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, le second lieu ciblé ne se situait pas devant le siège de la Commission européenne, mais dans une rame de métro roulant dans un tunnel proche de la station Maelbeck. En effet, comme nous le dit Meyssan avec son aplomb ordinaire, il s’agit exactement du même endroit. Examinons pour finir l’argument censé étayer ce fait :

8) Loin de masquer sa responsabilité, Recep Tayyip Erdogan prononce un discours retentissant lors des cérémonies du 101e anniversaire de la bataille de Canakkale (« la bataille des Dardanelles »), soit quatre jours avant les attentats contre la Belgique. Il y accuse les Européens de soutenir le PKK et annonce ce qui va se passer à Bruxelles. Le lendemain de l’attentat, la presse de l’AKP clame que les Européens n’ont que ce qu’ils méritent.
Cet argument a une allure plus solide – ce qui n’est pas très difficile – que les précédents. En effet Erdogan a proféré des déclarations menaçantes à l’occasion de ce discours, et en effet la presse de l’AKP a eu beau jeu après l’attentat de pointer la complaisance de l’Union européenne envers le PKK. Pour autant, Meyssan nous présente la chose comme si Erdogan avait revendiqué les attentats de Bruxelles ; non seulement c’est faux, mais il n’avance, comme pour les attentats de Paris, aucun élément factuel étayant son accusation.
On peut postuler qu’avec ce dernier et seul argument, Meyssan veut instiller dans l’esprit du lecteur que pour les attentats du 13 novembre, Erdogan est également « loin de masquer sa responsabilité ».

Conclusion : Nous pouvons tirer une conclusion quant à la pertinence de cette articulation que Meyssan opère entre l’accord secret Juppé-Davutoglu et les attentats du 13 novembre 2015. Tel qu’il est présenté l’accord secret Juppé Davutoglu est invraisemblable, aucun élément factuel ni aucune source ne vient étayer son existence, et aucun spécialiste des relations internationales n’y fait référence ou ne le reprend ; à part Meyssan, lequel n’avance aucun élément factuel probant à l’appui de sa thèse que l’on ne peut qualifier qu’avec l’adjectif employé par Charles Onana : « loufoque ». Les deux arguments pour expliquer les motivations de la France d’Alain Juppé, à savoir l’inscription dans une tradition remontant au roi François 1er, et le soutien du même Alain Juppé aux génocidaires exfiltrés du Rwanda à l’occasion de l’opération Turquoise, viennent renforcer l’impression que cet accord secret n’existe pas, même si Meyssan dans un article du 26 mars 2016 intitulé « le mobile des attentats de Paris et de Bruxelles », nous avance le seul élément factuel en béton armé suivant : « ce document a été consulté par un diplomate. » [12]
L’ensemble des éléments avancés à la page 91 pour expliquer comment Erdogan aurait fomenté les attentats du 13 novembre en représailles à la rupture de l’accord secret Juppé-Davutoglu, sont émaillés d’erreurs, d’approximations, et d’inventions toutes plus grossières les unes que les autres. Aucun de ces « arguments » du reste ne mérite cette dénomination.

Nous pouvons conclure que dans une telle démonstration, si c’en était une, dans ces pages 42, 43, et 90, 91, de Sous nos yeux, Meyssan s’est livré à une opération d’enfumage, destinée à polluer le débat sur les attentats du 13 novembre 2015, pour embarquer délibérément ses lecteurs et son public sur une fausse piste. Toutes les étapes de sa démonstration, sans aucune exception, apparentent celle-ci à une fraude grave et caractérisée qui mérite d’être dénoncée comme telle, sans tenir compte de l’aura qui est encore la sienne auprès de nombreux « désenchantés ». J’invite les complaisants envers Meyssan à se mettre à la place d’un lecteur encore « confiant » dans l’univers dans lequel il évolue, qui tomberait par hasard sur une telle « démonstration » : ne serait-il pas fondé à en tirer une justification pour se détourner en éclatant de rire des vérités dérangeantes que les médias institutionnels ont beau jeu de taxer de « théories du complot » ? Meyssan leur offre là la verge rêvée avec laquelle ils ne se gêneront pas, mettant tout le monde dans le même sac, de battre les quêteurs honnêtes de l’information vraie, courageuse, qui ébranle les courants dominants.

Nous réservons le droit à M. Meyssan de répondre aux différentes objections ici soulevées par son scoop issu de sa boule de cristal. Ainsi nous lui ouvrons nos pages pour qu’il nous précise ou s’explique sur les différents points suivants :

  • La qualité du diplomate qui a vu sous ses yeux à lui et pas ceux de Meyssan le texte de l’accord Juppé Davutoglu, les circonstances (lieu, date) dans lesquelles il l’a rencontré.
  • La raison pour laquelle il a été jugé inutile de prendre en compte le point de vue des autres acteurs de la crise en particulier les États-Unis.
  • Le livre d’histoire dans lequel il puisé son interprétation de l’alliance franco-ottomane du XVIe siècle.
  • Les preuves de la complicité d’Alain Juppé dans l’exfiltration des « génocidaires » rwandais, et les preuves que l’opération Turquoise avait pour objectif principal cette exfiltration.
  • La connexion entre les actes de barbarie commis au bataclan et la responsabilité de la Turquie dans le 13 novembre.
  • L’endroit des comptes rendus d’audition où M. Calvar pointe la responsabilité « d’un état ».
  • La référence de l’attentat qui a frappé le siège de la commission européenne le 22 mars, « à l’endroit exact » où les kurdes devaient manifester.

François Belliot, octobre 2017

Notes

[1] Charles Onana est journaliste d’investigation, auteur de nombreux ouvrages sur le rôle des Africains dans la libération de la France et sur le conflit de Grands Lacs. Il compte parmi les meilleurs connaisseurs de la crise rwandaise et de l’invasion du Congo. Ses travaux font désormais autorité au niveau international. Il a écrit entre autres : Les secrets du génocide rwandais (2002), Les secrets de la justice internationale (2005), un ouvrage de référence sur le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR). Il a animé un colloque à Paris sur l’attentat réunissant un groupe d’experts internationaux dont les actes ont été publiés sous le titre Silence sur un attentat (2005). Il a publié en 2014 La France dans la terreur rwandaise. Sollicité plusieurs fois comme expert auprès du TPIR, il a décliné toutes les offres pour ne pas cautionner l’injustice, le mensonge, et le parti pris.

[2] Il est à signaler que l’ouvrage n’a été évoqué (et donc dénoncé) à aucun moment nulle part dans le mainstream, y compris dans les sites spécialisés dans la chasse aux « conspirationnistes » comme Conspiracy Watch, alors que Meyssan y est régulièrement exhibé comme un épouvantail effrayant. Il y avait pourtant dans ce livre une occasion en or pour exposer au grand public les dérives de la littérature dite « conspirationniste », et ainsi stigmatiser par ricochet toute la littérature de réinformation.

[3] Rôle toutefois moins important que celui d’un certain BHL, que l’on pourrait présenter comme le décideur principal de la politique étrangère de la France, détournée au profit du pays pour lequel bat véritablement son cœur, état le plus raciste du monde, c’est-à-dire Israël.

[4] Une liste d’articles sur ce lien : http://www.voltairenet.org/rubrique.... Notons qu’y sont relayés les articles de certaines des principales figures de la désinformation sur le génocide rwandais, comme Jean Carbonare, Colette Breackman, ou Jean-Pierre Chrétien. On relève aussi de nombreux articles du trésorier et principal financier de l’association à l’époque, le militant sioniste Michel Sitbon qui finançait à l’époque le Réseau Voltaire grâce à la fortune qu’il avait amassée grâce au minitel rose et à la presse en grande partie pornographique.

[5] Le gouvernement mis en place 3 jours après l’assassinat du président rwandais Juvénal Habyarimana. Pour plus de détails sur cette entité, consulter par exemple : http://www.france-rwanda.info/artic...

[6] Meyssan aurait pu préciser ici ou ailleurs dans son livre qu’Erdogan émettra en novembre 2016 un mandat d’arrêt contre cet homme

[8] Lors de la bataille de Kobané (23 septembre 2014 - 26 janvier 2015), les forces de la coalition ont apporté un soutien aérien massif et décisif aux combattants YPG assiégés par Daech. C’est à juste titre que le président Erdogan manifeste sa méfiance lors de cette conférence de presse puisque cette victoire contre Daech constitue une étape décisive de la constitution d’une entité kurde à la frontière syro turque. Voici les propos du président turc en cette occasion : « On ne parle que de Kobané qui est à la frontière turque, où il n’y a déjà presque plus personne, car nous avons accueilli presque 200 000 personnes qui ont quitté Kobané, et actuellement à Kobané, puisqu’il n’y a personne, il n’y a que 2000 combattants et pourquoi bombarder continuellement cette ville de Kobané, il est difficile de comprendre cette approche. Pourquoi jusqu’à maintenant les forces de la coalition n’ont pas voulu agir dans les autres territoires syriens ? Pourquoi il n’y a pas eu de réaction de la coalition dans d’autres territoires ? Nous l’avons toujours dit, nous avons attiré l’attention de l’opinion publique sur cette question, malheureusement nous n’avons pas été écoutés. » Cette déclaration est tout simplement incompatible avec cette rencontre secrète avec Saleh Muslim.

[9] A ce sujet on peut consulter Syriana de Bahar Kimyongür, paru fin 2011 aux éditions Investig’action.


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46 réactions à cet article    


  • ysengrin ysengrin 17 novembre 20:14

    bonsoir 


    « Outre que ce projet « défie l’entendement », il faut ajouter qu’on ne trouve trace de cet accord secret nulle part ailleurs que dans les écrits de Meyssan.... »

    une hypothèse :

    meyssan est très lié au régime Iranien, il peut bénéficier des informations de leurs services.....

    • Mmarvinbear Mmarvinbear 19 novembre 12:32

      @ysengrin

      Ou alors c’est affabulateur complet. Ce type prétend être pourchassé par la CIA depuis 2001 mais depuis le temps même le plus con des espions l’aurait eu...

    • ysengrin ysengrin 19 novembre 13:57

      @Mmarvinbear



      Ou alors c’est affabulateur complet....


      peut être un peu des deux .......


      qui sait ?

    • Mmarvinbear Mmarvinbear 20 novembre 23:52

      @ysengrin

      Meyssan est l’archétype du pamphlétaire qui est devenu ce qu’il disait combattre.

      Sa lente évolution vers l’extrême-droite est complète depuis un moment mais le plus frappant n’est pas tant cela ( après tout il est libre de ses opinions ) mais le fait que de journaliste il est devenu un mythomane complet qui prends tous ses désirs pour des réalités.

      Il n’hésite pas non plus à charger le trait en en rajoutant sur ses cibles du moment pour mieux les dénigrer, quitte à franchir toutes les limites. Dans un de ses articles sur le 11 septembre, il décrivait par exemple un Sarkozy et sa femme ayant nommément Rachida Dati « pour maitresse commune »...

      A sa décharge (!), l’ancienne garde des sots :) tournait si proche autour du président que cela en était gênant à l’époque.

      Je me suis toujours dit que pour trouver le père de l’enfant à Dati, il n’y avait pas loin à regarder...

      Mais bon, je ne suis pas généticien. 

    • JMBerniolles 17 novembre 21:02
      Tout ce long baratin, fait de beaucoup d’affirmations, n’a absolument rien de convaincant non plus.

      Je ne suis pas un inconditionnel de Thierry Meyssan, mais je pense qu’il a le mérite de s’attaquer à des versions officielles qui prennent les auditeurs, lecteurs et autres pour des imbéciles. Comme le fait de trouver un passeport intact dans les décombres d’une des tours du Word trade center, ou bien une carte d’identité oubliée opportunément dans la voiture de terroristes qui agissent comme des membres aguerris de commandos....  

      J’ai lu par exemple ses analyses sur l’attentat meurtrier contre le père de Saad Hariri, Rafic Hariri.
      Il est clair qu’en voyant le cratère profond et totalement symétrique laissé dans la chaussée sous la voiture par une charge explosive, la thèse d’une explosion provenant d’une camionnette latéralement est complètement à écarter. Il fallait à toute force attribuer cet acte terroriste à la Syrie de Bachar El Assad. La presse rapporte le fait suivant, Le Figaro :
      ///Mais lorsque les experts arrivent sur place, la scène de crime est saccagée. La nuit suivant l’attentat, les bulldozers ont commencé à boucher le cratère creusé par l’explosion///
      Quand on sait que cela a permis de vider les syriens du Liban, où ils étaient venus pour mettre fin à une guerre civile sanglante, et que peu après Israël a attaqué le Liban... avec le recul tout parait clair et l’on est un peu plus enclin à suivre Thierry Meyssan.

      Les liens de Juppé, par ailleurs membre du lobby sioniste, avec les frères musulmans sont bien documentés. Ils lui ont coûté la primaire des républicains. Erdogan est un frère musulman actif.
      C’est Juppé qui a mis sur pied le conseil national syrien, organe de représentation de l’ « opposition » syrienne, à Paris d’abord. Puis il l’a laissé émigrer en Turquie et être pris en main par les frères musulmans précisément. C’est la France avec le Qatar, protecteur et sponsor des frères musulmans qui ont carte blanche dans notre pays, qui a monté l’affaire Libyenne. D’ailleurs le pétrole libyen est maintenant entre les mains du Qatar et de Total. Ce qui est aussi documenté et évident, c’est que ces deux pays ont fait venir des mercenaires d’Al Qaeda, pour enflammer les événements à Bengazi.

      Depuis l’assassinat de trois femmes responsables kurdes à Paris le 9 janvier 2013, on sait que les services secrets turcs agissent à leur guise en France. Leur responsabilité dans ce crime a été établie. Le Monde du 23/07/2015 : La justice souligne l’implication des services secrets turcs dans l’assassinat des trois militantes kurdes.

      Ayant suivi en direct sur internet toutes les incohérences des attentats liés à Charlie Hebdo, qui rentrent d’une manière évidente, en fonction de l’exploitation de masse qui en été faites, dans la catégorie des « false flag », attentats sous fausse bannière, je pense qu’une explication de ce genre pour les attentats de novembre 2013 n’est pas claire. D’une manière évidente, il est invraisemblable que ces actes terroristes aient été planifiés depuis la Syrie. Erdogan est coutumier de l’organisation de « false flag » en Turquie. A tel point que l’on a pu croire que la tentative d’assassinat à son égard, vraisemblablement monté par la CIA, était précisément une de ses manœuvres destinées à éliminer l’opposition. Donc la théorie de Thierry Meyssan est loin d’être idiote.

      Le projet d’un Kurdistan indépendant, est officiellement soutenu par les sionistes dont Barzani est une marionnette. Dans le cadre d’une Syrie qui aurait été éclatée, il est très possible qu’Erdogan ait planifié d’y envoyer une bonne partie de ses kurdes turcs qui pèsent beaucoup chez lui, 20% environ.

      Une des derniers articles de Thierry Meyssan est consacré au camouflet subi par Macron en Arabie saoudite. C’est clair net et juste (Macron n’est pas venu en Arabie saoudite pour discuter de l’Iran de manière impromptue, mais récupérer Saad Hariri . Et c’est sans doute ce que l’auteur de ce discours tortueux cherche à discréditer.














      • Meyssandebunqué 18 novembre 09:32

        @JMBerniolles

        Dans votre long baratin, vous oubliez de commenter les faits avancés et analysés dans cet article. Pourtant à la fin je fais un récapitulatif pédagogique. Allez, c’est pour vous, je recommence. Le problème n’est pas que la thèse de Meyssan n’est pas complètement idiote (je le reconnais moi-même, allo, il faut lire), le problème c’est que Meyssan ment de façon flagrante pour la prouver.

        "Nous réservons le droit à M. Meyssan de répondre aux différentes objections ici soulevées par son scoop issu de sa boule de cristal. Ainsi nous lui ouvrons nos pages pour qu’il nous précise ou s’explique sur les différents points suivants :

        • La qualité du diplomate qui a vu sous ses yeux à lui et pas ceux de Meyssan le texte de l’accord Juppé Davutoglu, les circonstances (lieu, date) dans lesquelles il l’a rencontré.

        • La raison pour laquelle il a été jugé inutile de prendre en compte le point de vue des autres acteurs de la crise en particulier les États-Unis.

        • Le livre d’histoire dans lequel il puisé son interprétation de l’alliance franco-ottomane du XVIe siècle.

        • Les preuves de la complicité d’Alain Juppé dans l’exfiltration des « génocidaires » rwandais, et les preuves que l’opération Turquoise avait pour objectif principal cette exfiltration.

        • La connexion entre les actes de barbarie commis au bataclan et la responsabilité de la Turquie dans le 13 novembre.

        • L’endroit des comptes rendus d’audition où M. Calvar pointe la responsabilité « d’un état ».

        • La référence de l’attentat qui a frappé le siège de la commission européenne le 22 mars, « à l’endroit exact » où les kurdes devaient manifester"

        Il est là le problème, pas ailleurs. Cette théorie ne sort pas d’un esprit structuré et honnête mais d’une boule de cristal de charlatan.


      • Aurevoiràjamais Aurevoiràjamais 18 novembre 13:20

        @Meyssandebunqué

        Bonjour.

        Pour commencer, votre pseudo est exagérément pompeux. Mais je vous reconnais le courage de tenter un SAV de votre « long baratin » !!!

        Vous commencer par transformer l’essayiste engagé Charles Onana en historien, c’est mal parti.

        Ensuite vous opposez Mr Pucciarelli avec Mr Meyssan alors que globalement les deux dénoncent le coup d’état de l’ OTAN en Lybie. Notez tout de même que seul Mr Meyssan était sur place (Hotel Rixos) avant la fin du putch sanglant !

        Si les publications de Mr Meyssan sont lues par autant de personnes c’est qu’elles rejoignent leurs intimes convictions. Ces lecteurs, dont je fais occasionnellement parti ne passent pas leurs journées à regarder des émissions de téléréalité ou des matchs de foot truqués mais sont des personnes ayant un minimum de bases géopolitiques pour en comprendre une partie des arcanes.

        Par définitions, un accord secret n’est connu que par les personnes qui y ont contribués, c’est la raison pour laquelle Mr Meyssan n’est pas en mesure de vous en donner plus de détails. Seuls les effets d’un accord secret sont visibles et permettent la déduction d’accords masqués.

        J’ai pas trop envie de perdre mon temps à vous répondre car la manière dont vous traitez vos contradicteurs et assez symptomatique. Votre note suffit à me réconforter. Les lecteurs vous ont débunqué...


      • JMBerniolles 18 novembre 14:38

        @Meyssandebunqué

        La prise en compte du point de vue des Usa. Vous plaisantez là ? Lequel d’ailleurs ? Celui de La CIA ou d’une des autres agences de renseignements ?

        Vous reconnaissez vous _même que la responsabilité des services secrets turcs est plausible. Beaucoup plus que l’organisation de ces attentats depuis la Syrie. Pourquoi ne réclamez vous pas des preuves sur cette version officielle ? et de propagande.

        Je ne vais pas prétendre que tout ce que dit Thierry Meyssan est vrai. Je ne suis d’ailleurs pas toujours d’accord avec lui sur ses analyses.

        Si vous appliquez votre méthode aux versions officielles vous allez trouver beaucoup plus d’affirmations sans preuves et de mensonges.

        Enfin, il est clair que des analystes connus internationalement ont des informations sous le manteau. C’est le cas d’Assange de Pépé Escobar, de Bassam Tahhan....


      • Alren Alren 18 novembre 15:07

        @JMBerniolles

        Vous faites un plaidoyer en faveur de Meyssan hors-sujet : la question est de savoir si, oui ou non, Alain Juppé aurait pu signer un accord secret avec Erdogan pour arracher à leur domicile dix millions de personnes dont des femmes, des enfants, des vieillards afin les déporter (à pied, sans leurs biens meubles ?) dans un territoire où rien n’aurait été fait pour leur permettre une nouvelle vie.

        Je suis France Insoumise et Juppé est LR, mais j’ai la certitude qu’il aurait refusé un tel accord et c’est lui faire gravement injure de penser qu’il pourrait en avoir été autrement !


      • leypanou 18 novembre 16:55

        @Alren
        Je suis France Insoumise et Juppé est LR, mais j’ai la certitude qu’il aurait refusé un tel accord : la certitude avec un politicien, un vieux de la vieille, bilderbergien en plus ? Vous avez là une certitude bien incompréhensible pour ma petite tête.

        Cela étant, JLM était bien convaincu qu’il y avait une révolution populaire en Libye, alors ...


      • JMBerniolles 18 novembre 18:26
        @Alren

        Je souligne seulement qu’il faut écouter ce que dit Thierry Meyssan qui a été injustement diabolisé en France. On n’ai pas obligé de croire tout ce qu’il dit, mais on peut réfléchir sur les thèses qu’il défend.

        Vous êtes un inconditionnel de Jean-Luc Mélenchon donc je dirai que vous êtes un peu naïf. Excusez moi, mais c’est une réalité que vous ignorez vous même, mais que des personnes qui suivent la politique depuis longtemps trouveront évidente.

        Tout cela pour dire que vous ignorez beaucoup de choses sur le parcours de Juppé.

        Est ce que le génocide arménien vous dit quelque chose ? c’est de l’ordre d’un million et demi de morts au minimum. Les auteurs en ont été le jeunes turcs et les kurdes. Beaucoup d’arméniens ont été déportés en Syrie vers les zones désertiques, notamment à Deir Ezzor en passant par Alep. 

        En ce moment même, les kurdes qui occupent des régions plutôt occupés par des arabes, pratiquent le nettoyage ethnique. 

        Donc le déplacement de populations dans le cadre de nettoyages ethniques n’est pas une nouveauté, malheureusement, dans ces régions du Moyen Orient.

        Il ne s’agissait sans doute pas de tous les kurdes de Turquie, mais de ceux qui résistent, à Diyarbakir notamment. Si le Kurdistan indépendant avait vu le jour, les israéliens y auraient envoyé 200.000 kurdes de leur pays. Enfin la guerre en Syrie a déplacé de l’ordre de 6 millions de personnes.... 

        Et à propos de la Libye posez vous la question de savoir pour JLM a approuvé le couloir d’exclusion dit humanitaire. C’est un vieux politicien, il sait ce que signifie un couloir aérien d’exclusion « humanitaire » avec l’exemple de l’ex Yougoslavie qui a permis d’écraser les serbes sous les bombes.














      • Ouallonsnous ? 18 novembre 19:32

        @Meyssandebunqué

        Quant à vous, le roi du bashing anti-meyssan, nous n’avons pas besoin de boule de cristal pour connaîïtre le provenance de votre article !


      • Meyssandebunqué 19 novembre 09:40

        @JMBerniolles

        Ce n’est pas parce que l’implication des services turcs est plausible que ce sont eux qui ont commis le forfait. Encore plus « plausible », pour d’autres raisons, serait la piste israélienne. Le problème c’est que pour démontrer cette culpabilité, Meyssan produit une démonstration truffée d’erreurs et de mensonges tous plus grosiers les uns que les autres que l’on peut aisément retracer si l’on s’en donne la peine. Cette somme d’erreurs de mensonges permet d’expliquer l’absence de sources et de notes de bas de page dans l’ensemble du livre : ces notes et sources permettraient de retracer ses déformations volontaires et mensonges beaucoup plus plus facilement.

        Non seulement il ne suffit pas qu’une thèse soit plausible pour être vraie, mais si en plus celui qui la défend recourt à des procédés réthoriques systématiquement malhonnête, alors c’est la volonté d’enfumer qui devient beaucoup plus plausible.

        Quand à votre dernier argument sur Escobar et Tahhan je ne le trouve pas très solide. Je traduis : « certains analystes internationalement reconnus sont dépositaires de secrets étonnants, Meyssan en est un (encore faudrait-il préciser qu’à haut niveau il est très majoritairement déconsidéré), donc il a connaissance de tels secrets, et puisqu’il connaît ces secrets ces secrets sont authentiques et pas besoin pour le lecteur d’aller vérifier. On doit y adhérer « à la confiance ». Un peu léger comme explication...


      • Meyssandebunqué 19 novembre 09:42

        @Ouallonsnous ?
        L’article est signé en bas : François Belliot. Je vous renvoie par exemple à ma fiche auteur sur Arrêt sur info : http://arretsurinfo.ch/authors/francois-belliot/


      • Meyssandebunqué 19 novembre 09:58

        @Aurevoiràjamais

        Ne vous en déplaise le travail de M. Onana est celui d’un historien. Il suffit d’ouvrir l’un de ses ouvrages pour s’en convaincre, et respecté par tous ceux qui connaissent bien le sujet du génocide rwandais. Il soutient cette année sa thèse sur l’opération Turquoise. Si vous connaissez les milieux universitaires, vous savez que certaines thèses sont plus difficiles à pouvoir soutenir que d’autres.

        Vous dites : « Si les publications de Mr Meyssan sont lues par autant de personnes c’est qu’elles rejoignent leurs intimes convictions. » On pourrait dire exactement la même chose du journal de TF1, de 20 minutes, du Point , de l’Express, de tous les organes du mainstream. Ce n’est en rien un argument. Ce qui est sans doute vrai, maintenant, c’est que nombreux parmi les désenchantés sont ceux qui ont été habitué à ce personnage de héros dissident de la première heure, auréolé en particulier de ses révélations précoces sur le 11 septembre (qui sont de fait une opération sous faux drapeau, là n’est pas le problème). Beaucoup de sceptiques continuent de croire à Meyssan par habitude et, il faut le dire, une forme de paresse intelectuelle.

        Pourquoi accordez-vous une confiance aveugle à Meyssan concernant l’accord secret Juppé Davutoglu. S’il ne donne pas de détails (il déclare dans un article en avoir eu connaissance via un diplomate qui l’a lu), c’est peut-être plus simplement parce que cet accord n’existe pas, ce qui est suggéré par la quantité monstrueuse de déformations et de mensonges que l’on peut relever dans l’espace de ces quatres pages seules. Je vous renvoie par ailleurs aux remarques de bon sens que l’on peut émettre concernant un tel accord.

        Concernant la Libye, vous vous avancez très imprudemment. Meyssan n’étais pas seul, loin de là à l’hôtel Rixos, des témoins directs . Il y avait notamment M. Pucciarelli qui a dénoncé Meyssan aux autoritéss libyenes, ce qui a amené ces dernières à la placer sous survaillance. D’autres témoins directs présents sur place confirment que son histoire libyenne (dernier ministre de la Jamahiriya libyenne), constituent un fieffé mensonge.

        Vous n’avez rien débunqué du tout ! Votre commentaire est simplement l’expression d’une certaine foi du charbonnier malheureusement encore trop répandue envers certaines figures de la réinformation.


      • JMBerniolles 19 novembre 10:20
        @Meyssandebunqué

        Vous avez tendance à multiplier les lignes de commentaires pour ne rien dire et noyer le poisson.

        A partir du moment où il y a, notamment de la part de la France, une entente tacite, avec fourniture d’armes, pour laisser l’Arabie saoudite pratiquer un génocide par les bombardements et les blocus sanitaire et alimentaire au Yémen, beaucoup de choses horribles sont possibles au Moyen Orient.
        Le fait qu’Erdogan veuille se débarrasser de ses kurdes, ceux qui résistent, est plus que documenté.


      • Mmarvinbear Mmarvinbear 19 novembre 12:37

        @JMBerniolles
         Comme le fait de trouver un passeport intact dans les décombres d’une des tours du Word trade center, ou bien une carte d’identité oubliée opportunément dans la voiture de terroristes qui agissent comme des membres aguerris de commandos....


        Contrairement à une idée reçue, il n’est pas rare de trouver des papiers et des documents plus ou moins abimés dans un crash aérien. Le souffle d’une explosion est plus rapide que la vague de feu qui peut détruire facilement des papiers.

        Ensuite, non, les terroristes n’oublient pas « opportunément » leurs papiers dans les voitures. Ils le font sciemment, pour que leurs noms se diffusent le plus vite possible. Ce qu’ils recherchent en plus de la tuerie c’est de donner le maximum de publicité à leurs actes et cela passe par la diffusion rapide de leurs noms.

      • JMBerniolles 19 novembre 14:25
        @Mmarvinbear

        Excusez moi mais c’est très maladroit comme explication.
        Ce n’est pas un crash aérien ordinaire. Il ne vous a pas échappé que la version officielle de l’écroulement des tours (dont la démolition contrôlées est maintenant un secret de polichinelle) implique qu’il y ait eu un feu intense provoqué par les avions encastrés dans les tours, tels qu’ils auraient fait fondre les armatures d’acier de celles-ci (de l’ordre de 1600 °c ce qui est bien au-delà d’un feu d’hydrocarbure). Il faut mettre des passeports comme armature dans ce genre de tour alors !!


        Oui.. De toute manière c’est une constante dans tous ces attentats que les auteurs soient très connus des services de police et de contre espionnage. De même qu’ils soient systématiquement tués aussi... 



      • Meyssandebunqué 19 novembre 15:49

        @JMBerniolles

        Si il y a plusieurs réactions de ma part, c’est parce qu’il y a plusieurs personnes qui réagissent. Chaque réaction correspondant à une réaction. Vous savez c’est comme cela que ça se passe quand doit répondre à plusieurs réactions, à réactions multiples réponses multiples, et j’essaye de répondre précisément à chacune d’elle

        Maintenant dans la mesures où les réactions indignées ne s’appuient pas sur mon texte, n’en reprennent aucun fait ni aucune analyse, en un mot relèvent de la réaction pavlovienne de croyance émotionnelle, je n’ai aucune raison de me justifier sur quoi qu ce soit. Vous êtes rigolo, vous. smiley

        Purquoi noierais-je le poisson puisque personne sur ce fil ne préente de poisson à noyer ? C’est comme la phrae de Patrick Calvar qui n’existe pas à laquelle Hollande selon Meyssan aurait dû réagir.


      • Alren Alren 19 novembre 16:18

        @JMBerniolles

        « Vous êtes un inconditionnel de Jean-Luc Mélenchon »

        Je ne suis un inconditionnel de personne. Je suis certain et ne peut le démontrer dans le cadre étroit d’un commentaire, qu’il « n’y a pas d’autre alternative » que l’application urgente de L’Avenir en Commun, programme politique extensif porté par les 580 000 personnes de la France Insoumise, dont des experts dans tous les domaines.

        Mais il y a un chapitre que je compléterais, c’est celui de l’énergie.
        On ne pourra pas se passer du nucléaire et de la formidable énergie (E =mc²) contenue dans la désintégration des noyaux atomiques lourds. Mais il faut abandonner la filière uranium pour y substituer rapidement la filière thorium.

        Vous voyez que je ne suis pas un inconditionnel de celui qui impulsé avec d’autres ce formidable mouvement d’espoir.

        Je ne répondrai pas à ceux qui peuvent croire que Juppé ait approuvé le plan de déportation des Kurdes de Turquie en Syrie, ne serait-ce que parce que ce plan est délirant ... et a été inventé par un esprit délirant !


      • JMBerniolles 19 novembre 20:59
        @Alren

        C’est bien, il faut surtout garder son libre arbitre en ce moment.

        L’Hiver qui vient va montrer le rôle incontournable de notre nucléaire électrogène.

        Mettre au niveau industriel une filière à Thorium qui a de l’intérêt, c’est de 30 à 40 ans.
        Les réacteurs nucléaires de IVème génération les plus accessibles sont les rapides à sodium. Et cela fait plus de 40 ans que cela dure. Le temps pour les russes de démontrer le niveau industriel avec BN600 ; puis BN800..... et de conquérir le futur marché mondial.

        J’ai regardé de près l’Avenir en commun. Je suis sur la diffusion de la commission énergie cornaquée par Jean-Marie Brom, un anti nucléaire savant mais peu convaincant.

        Il y a des choses bien sur le plan social. Mais la colonne vertébrale du projet est la transition écologique. Très mal définie. Et dont je doute totalement de sa capacité à déclencher une dynamique économique positive, ce qui n’est d’ailleurs pas démontré dans ce programme.

        Mais je n’ai aucun mépris pour des gens qui cherchent vraiment d’en sortir sur le plan social et plus globalement. 












      • JMBerniolles 19 novembre 21:06
        @Meyssandebunqué

        Il y a un moment, où il faut que vous admettiez que vous n’êtes pas convaincant.

        Si vous n’appelez pas noyage de poisson votre défense de Juppé.....

        Je sais bien que c’est une grande entreprise médiatique de couvrir les crimes de la France au Moyen Orient et en Libye.... Donc vous n’êtes pas le seul

      • Mmarvinbear Mmarvinbear 21 novembre 00:02

        @JMBerniolles

        Ah, cela me ramène 16 ans en arrière ici quand j’alignais les commentaires pour démonter les arguments des complotistes...

        Au fait, ils vont comment à Reopen 9/11 ? Je me suis fait virer du site. Trop de contestation de la Vérité Officielle des Complotistes.

        Mais bon je garde toujours un oeil vague sur le sujet ce qui me permet de préciser que

        - Non, il n’y a pas eu de démolition controlée pour aucune des tours du complexe. Aucun argument valable n’a jamais été apporté par Reopen ou similaires et personne ou presque ne conteste les arguments architecturaux qui expliquent la chute du WTC7

        - La température des feux des Tours n’a jamais dépassé les 900 degrés. Insuffisant pour faire fondre l’acier, mais assez pour faire perdre aux poutres leurs portances ( leur capacité de support de charges ). A 900 degrés, une poutre d’acier n’est plus capable que de soutenir la moitié de sa charge initiale. Ajoutez y les destructions d’une partie des poutres par les avions et il est clair que cela suffit pour provoquer l’effondrement des immeubles.

        Ah et puis non, ils ne sont pas tous tués, les terroristes, ils en ont attrapé un et il est toujours en vie.

        Deux ans de retard pour l’empêcher de parler et dénoncer la complicité des Etats, quand même. Sacrée épine dans le pied des complotistes, non ?

        Putain, 16 ans déjà...

      • Shawford Shawford 21 novembre 00:19

        @Mmarvinbear

        Salut, putain wow, 16 ans en arrière ici même sur AV ? smiley

        Vu que cela a été créé en mars 2005, t’étais dans les starting-block 4 ans en avance, joli !

        Et pour Reopen, cela été créé en 2006 apparemment, encore mieux !

        T’as donc bien eu le temps de bichonner TA VO avant de passer aux plats de résistance ! ^^ smiley smiley


      • Mmarvinbear Mmarvinbear 22 novembre 13:04

        @Shawford

        Je généralise un peu, oui...

        Mais je me souviens que les premières contestations de la chronologie des événements a débuté peu de temps après les attentats.

      • Shawford Shawford 22 novembre 13:26

        @Mmarvinbear

        C’est clair.

        Ça veut peut-être dire qu’il y avait quelque chose qui ne tournait vraiment pas rond ou bien à tout le moins, le fait d’aller plus vite que la musique sanctuariser les champs de pavot en Afhganistan plutôt que de diligenter une enquête de justice indépendante en bonne et due forme sur le terrain y est sans doute pas étranger. smiley

        Pour la présence de Marvinbear sur Agoravox dès l’origine en tout cas, on ne trouve a priori aucun acte de présence sur l’article de Revelli de 2006, ou alors sous un autre pseudo ?


      • Ouallonsnous ? 22 novembre 19:42

        @Meyssandebunqué

        Tout cela n’empêche pas que vous soyez un « négre » du propaganda-staffel de l’UE/OTAN sioniste, qui ne s’arrête qu’aux images, surtout pas de réflexion, du mensonge et du « bashing » en veux tu en voilà comme arguments !


      • Ouallonsnous ? 22 novembre 19:49

        @Alren

        "Je ne répondrai pas à ceux qui peuvent croire que Juppé ait approuvé le plan de déportation des Kurdes de Turquie en Syrie, ne serait-ce que parce que ce plan est délirant ... et a été inventé par un esprit délirant !« 

        Moi, j’y répond, l’invention de ce plan délirant est à mettre au »discrédit« ,( un de plus) des tarés sionistes de Tel Aviv, dont les »zélites" politiques françaises actuelles sont les supporters !


      • troletbuse troletbuse 17 novembre 21:34

        Je me suis vite arrêter de lire cet article digne du Decodex. D’ailleurs votre pseudo est révélateur. Vous auriez du commencer par le Boeing du Pentagone.
        Allez circulez


        • Meyssandebunqué 18 novembre 09:25

          @troletbuse

          Si vous vous êtes vite arrêté de lire cet article, cela veut dire que vous ne l’avez pas lu dans son ensemble, et donc que vous n’avez aucun moyen d’estimer correctement s’il s’agit d’un équivalent du décodex. Au passage, c’est à votre vitesse de lecture que le décodex estime ce qui est dans le bien et dans le mal. Allez, circulez...


        • troletbuse troletbuse 18 novembre 13:16

          @Meyssandebunqué
          Mais il est inutile de lire votre article, le pseudo que vous avez choisi suffit. Avez vous lu « l’effroyable imposture » ? Même Rumsfeld a dit que c’était un missile, par inadvertance. Il était bien placé pour le savoir. C’est Ben Laden qui l’a lancé ?
          Vous n’êtes qu’un rigolo payé pour désinformer.


        • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 18 novembre 13:53

          @troletbuse
           
          On est bien d’accord. ça pue l’agent de désinformation stipendié qui est juste là pour faire du bruit comme les chimpanzés tapent sur des bidons pour monter en hiérarchie. C’est une perte de temps que d’accorder la moindre attention à ce baratin, oui, c’est le mot.


        • Lugsama Lugsama 18 novembre 19:46

          @Luc-Laurent Salvador

          Entrz un débile qui commente ce qu’il ne lit pas et un gogol qui parle d’agent de désinformation, Meyssan n’a pas de soucie à se faire pour son business, ils y aura toujours des veaux pour manger son foin. Merci de nous amuser. 

        • troletbuse troletbuse 18 novembre 23:56

          @Luc-Laurent Salvador
          Tu as raison.
          Pour le suivant, ma devise est :
          Je ne parle pas aux cons, ca les instruit. smiley


        • Meyssandebunqué 19 novembre 09:27

          @troletbuse et Luc-Laurent Salvador

          Il y a un malentendu. Ce pseudo est un peu arbitraire et n’est pas destiné à servir pour plus qu’une série d’articles assez espacés (un peu comme un certain Donald Forestier). Il sera inutile au bout de plusieurs articles. Le véritable auteur de l’article a pour nom, signé en bas de l’article François Belliot, auteur d’un ouvrage en deux volumes sur la guerre en Syrie récemment paru aux éditions Sigest. Article écrit avec la collaboration de Charles Onana.

          Volume 1 : « Guerre en Syrie : le mensonge organisé des médias et des politiques français » : http://editions.sigest.net/page00010171.html

          Volume 2 : « Guerre en Syrie : quand médias et politiques instrumentalisent les massacres » http://editions.sigest.net/page00010179.html

          Je ne touche évidemment rien pour ce genre de travail. Vous rigolez !… Meyssan par contre avec son enfumage en gagne. Des gens payés pour descendre ce livre et son auteur, c’est dans le mainstream qu’il faudrait aller les chercher. Si l’on fait la recherche, on se rend compte qu’absolument personne dans le mainstream n’a fait référence à Sous nos yeux depuis sa parution. Meyssan continue d’y être régulièrement agité comme un épouvantail, mais de son livre, pas un mot (ce qui suggère que Meyssan n’a rien à craindre de quelconques poursuites). Fait notable, même un anticonspi extrémiste, et pour le coup rémunéré, comme Rudy Reichstadt, n’en dit pas un mot sur son site Conspiracy.watch, alors que d’habitude le moindre papillon sceptique le fait sortir du bois en hurlant. Il y a pourtant une matière extraordinaire dans ce livre pour tourner en dérision les dérives d’une certaine pensée abusivement qualifiée de conspirationniste. Les 4 pages que j’ai analysés dans cet article ne sont qu’un échantillon. Je pourrais en remplir un livre.


        • Lugsama Lugsama 18 novembre 12:34

          Et oui mais ce genre de charlatan trouvera toujours des cons suffisament niais pour croire de tels fables, on en trouve bien en 2017 pour croire qu’ils auront des vierges en asssassinants des enfants, les cons n’ont pas de limite..


          Meyssan en profite pour leur soutirer de l’argent, tant qu’ils y aura des cons pour payer il y aura des Meyssans, ainsi va le monde.

          • agent ananas agent ananas 18 novembre 13:07

            @Lugsama
            Tant que la propagande officielle nous sortira des mensonges éhontés comme les « couveuses de Koweit City », « de passeports indestructibles retrouvés intacts dans les décombres du WTC », « des papiers d’identité de terroristes retrouvés sur les lieux du crime » et j’en passe et des meilleures, oui il y aura toujours un public pour croire aux Meyssans. Ainsi va le monde !


          • leypanou 18 novembre 17:02

            @agent ananas
            si vous rajoutez une répétition de sauvetage par les services d’urgence le jour même de l’attentat comme lors du Bataclan et de celui du Marathon Boston, vous serez encore plus près de la vérité !


          • Lugsama Lugsama 18 novembre 19:44

            @leypanou

            Et bien voilà deux spécimens, des cas d’école smiley 

          • frugeky 18 novembre 14:22

            Convaincu par l’article, surtout depuis la parution sur voltairenet des noms biffés dans le livre.

            Pour qui roule Meyssan ?

            Le plus visible serait pour l’Etat français.

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