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Accueil du site > Tribune Libre > Les diplomates « Marly » : pourquoi l’anonymat ?

Les diplomates « Marly » : pourquoi l’anonymat ?

Henri Guaino, le conseiller spécial du président de la République, a eu beau jeu, mercredi matin 23 février 2011 sur France Info . Le collectif « Marly » qui a signé anonymement, mardi 22 février, dans Le Monde, un réquisitoire contre la politique étrangère française lui avait ouvert un boulevard : il ne s’est pas privé de s’y engouffrer et de dénoncer d’entrée l’anonymat de ses signataires :« Je suis toujours gêné, s’est-il écrié, d’avoir à répondre, non pas à une tribune, mais à un tract politique anonyme. Je ne sais pas à qui je parle, je ne sais pas qui parle, avouez que c’est très gênant, si tant est que ces gens-là soient des diplomates. Alors qui sont-ils ? De jeunes ambitieux qui cherchent des places, des diplomates retraités aigris ?  » (1)

Les deux raisons du choix de l’anonymat en pseudonyme collectif
 
Le choix de la tribune anonyme signée d’un pseudonyme collectif n’affaiblit-il pas, en effet, la portée d’une dénonciation jugée assez capitale et urgente pour être publiée dans un journal ? L’usage certes n’est pas nouveau : des militaires se sont récemment abrités sous le pseudonyme tutélaire de « Surcouf » pour exprimer aussi leurs désaccords en matière de Défense. Deux raisons expliquent, cependant, le recours à cette stratégie de l’anonymat en pseudonyme collectif.
 
1- Les obligations de discrétion et de réserve du fonctionnaire
 
L’une est que les fonctionnaires, militaires, diplomates ou professeurs, sont tenus à une obligation de réserve. Leur mission est d’appliquer les directives que le pouvoir politique adresse aux diverses administrations. Ils ne peuvent donc exprimer leurs désaccords sur les mesures qu’ils sont chargés d’appliquer. Cette obligation de réserve est le corollaire du devoir d’obéissance du fonctionnaire.
 
« On distingue en général, écrit un avocat, l’obligation de réserve et l’obligation de discrétion, en retenant que le manquement à la réserve consiste dans la manifestation d’une opinion, alors que le manquement à la discrétion se produit lors de la révélation d’un fait  » (2). Cette obligation de réserve n’exclut pas pour autant l’exercice d’un droit à la liberté d’expression. Il le cantonne seulement dans les limites qu’exige la loyauté attendue des fonctionnaires dans l’accomplissement des missions confiées.
 
2- Une appréciation élastique du manquement au devoir de réserve
 
Tout le problème est là. Et c’est sans doute la deuxième raison qui peut expliquer ce choix du pseudonyme collectif. La jurisprudence en matière de devoir de réserve est élastique. Autant le manquement à l’obligation de discrétion est aisé à identifier, car « la discrétion est l’impossibilité pour un fonctionnaire de donner des documents, des informations, des opinions sur l’action administrative  » (2). Autant le manquement à l’obligation de réserve est difficile à évaluer : imprécise, elle impose « une certaine mesure  » dans l’expression de l’opinion ou de la critique. 
 
Une grande liberté est donc donnée à l’administration ou éventuellement au juge pour apprécier son respect ou non, et ouvre la porte à l’arbitraire. « Un amiral qui viole le principe de neutralité et l’obligation de réserve en polémiquant violemment avec les évêques opposés à l’arme nucléaire » n’est pas sanctionné, mais « un général qui prend position contre les essais nucléaires est mis à la retraite anticipée » (2). On comprend dès lors que les signataires regroupés sous le pseudonyme « Marly » n’aient pas voulu prendre de risques selon le principe qui régit la relation d’information : nul être sain ne livre volontairement à visage découvert une information susceptible de lui nuire. Des carrières sont en jeu ! Dans la République de Venise écumée par les délateurs du Conseil des Dix, on aimait prolonger le Carnaval pour porter plus longtemps le masque.
 
Un réquisitoire implacable sur la faillite de la diplomatie française
 
Mais en prenant le risque de l’anonymat le groupe des signataires a permis de jeter le discrédit sur leur critique de la diplomatie française. M. Guaino ne s’est pas privé de le faire : il a fustigé « un tract politique anonyme  » et, par une attaque personnelle, soupçonné ses signataires d’être « de jeunes ambitieux qui cherchent des places, des diplomates retraités aigris », au détriment des accusations présentées.
 
Car peut-on trouver réquisitoire plus implacable de la politique étrangère française ? « À l'encontre des annonces claironnées depuis trois ans, lit-on dans cette tribune, l'Europe est impuissante, l'Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous a domptés et Washington nous ignore ! (…) La politique suivie à l'égard de la Tunisie ou de l'Egypte a été définie à la présidence de la République sans tenir compte des analyses de nos ambassades. C'est elle qui a choisi MM. Ben Ali et Moubarak comme "piliers sud" de la Méditerranée. Un WikiLeaks à la française permettrait de vérifier que les diplomates français ont rédigé, comme leurs collègues américains, des textes aussi critiques que sans concessions. Or, à l'écoute des diplomates, bien des erreurs auraient pu être évitées, imputables à l'amateurisme, à l'impulsivité et aux préoccupations médiatiques à court terme (…)
 
L’impossible désobéissance autorisée par l’article 28 de la loi du 13 juillet 1983
 
À ce degré d’opposition radicale et vu l’enjeu national, la voie d’une tribune anonyme était-elle la plus appropriée ? L’article 28 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, ne s’applique-t-il pas ? : « Tout fonctionnaire, stipule-t-il, quel que soit son rang dans la hiérarchie est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public.  » Le constat de faillite de la diplomatie française qu’établissent les signataires anonymes, ne les autorise-t-il pas à se réclamer de cet article 28 pour se délier de l’obligation de réserve ?
 
Il semble que non ! Des experts en démocratie savent rédiger de belles lois protectrices des libertés en apparence, mais inapplicables en réalité. Comme dans « Le mariage de Figaro » de Beaumarchais, où une promesse de mariage du héros est suspendue au remboursement d’une dette , « la conjonction copulative » ET n’est pas « la conjonction alternative » OU : la désobéissance autorisée par l’article 28 implique deux conditions cumulatives : il faut que l’ordre soit illégal ET qu’il soit de nature à compromettre gravement un intérêt public. Or, si l’atteinte grave à un intérêt public peut être démontrée par nombres d’exemples signant la faillite de la diplomatie française, sur quoi fonder l’illégalité d’un ordre quelconque ? L’article 28 est inapplicable !
 
Vu la gravité de la situation aux yeux des signataires, la seule voie n’était-elle donc pas la dénonciation collective à visage découvert, à leurs risques et périls ? Leur nombre ne les mettait-il pas à l’abri des sanctions ? Et quand bien même, celles-ci tomberaient, ne prendraient-ils pas date pour l’avenir face au champ de ruines de la diplomatie française qu’ils décrivent ? La démarche anonyme tend, en effet, à nuire à la dénonciation : garder l’anonymat ne revient-il pas à jeter le soupçon d’une possible exagération dans la description de l’état des lieux dont on ne veut pas assumer la responsabilité ? On le voit tous les jours dans les commentaires sur AgoraVox : l’anonymat donne du courage aux matamores qui s’autorisent toutes les outrances puisqu’ils n’ont pas à en répondre. Si, en revanche, la diplomatie française est à ce point sinistrée, le dénoncer à visage découvert à ses riques et périls n’est-ce pas donner plus de crédit à sa critique ? Est-ce trop de le demander à des diplomates ? Paul Villach 
 
(1) Marly, La voix de la France a disparu dans le monde" Le Monde.fr, 22.02.2011
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/22/on-ne-s-improvise-pas-diplomate_1483517_3232.html
(2) Me Denis Gentilin, « L’obligation de réserve du fonctionnaire  », Le Regard, n° 2, octobre 1991. 

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29 réactions à cet article    


  • wesson wesson 24 février 2011 11:03

    bonjour l’auteur,

    le collectif Marly a exposé un problème qui ne fait pas grand doute.

    Il fallait le reconnaitre pour pouvoir le corriger, ou le nier !

    La solution choisi a bien entendu été de le nier. Que voulez-vous rajouter à un type qui lorsque on lui dit « y’a un problème » réponds « circulez, il n’y a rien à voir »


    • colza 24 février 2011 11:32

      Bon, en même temps, Henri Guaino lui-même est l’anonymat.
      Il n’existe que par l’onction de son maître Sarkozy et par l’attention que lui portent les médias inféodés à leur actionnaire majoritaire.
      Ce type n’a jamais connu une élection et lorsque Sarko sera viré, il n’existera plus.


      • pens4sy pensesy 24 février 2011 13:01

        @Colza

        Effectivement, sauf si tout tourne mal (on ne sait jamais ) Guaino pourra prendre sa retraite et ne plus « exister » mais avec les poches pleines... et continuer a avoir des revenus en tout anonymat. La belle vie, quoi ! Et c’est sur, il y croit.


      • pastori 24 février 2011 12:40

        nous sommes gouvernés par les valets du prince, pas élus et sans aucune légitimité. 

        il n’y a que les français pour accepter ça.

        • pastori 24 février 2011 12:58
          peut être patrick, mais comme ça...

          depuis quand des « conseillers » payés au prix forts par les contribuables se permettent d’intervenir en lieu et place d’un gouvernement élu et ramener leur fraise en permanence dans les médiats ?? 

          et ce premier ministre nul qui se laisse marcher sur le ventre ? il sert à quoi ?

          • Bulgroz 24 février 2011 13:00

            Sur mon blog Bulgroz.org, lisez le manifeste des 120 diplomates anonymes qui adhèrent sans réserve à la politique de Sarkozy.


            • pastori 24 février 2011 20:53

              pourquoi tu croyait être tout seul à adhérer à la politique de sarkosy ?

              vous devez bien être un millier au moins . c’est bien !

              les dizainnes de millions qui sont contre doivent certainement être des ânes incapables de comprendre ses bienfaits..

            • dawei dawei 28 février 2011 14:55

              vive Sarko !!!    Bulgroz le dernier des mohican !!


            • MKT 24 février 2011 13:12

              Monsieur l’auteur de l’article,

              Vous écrivez « Tout fonctionnaire, stipule-t-il, quel que soit son rang ...
              Une loi ne peut stipuler.
              Les stipulations sont d’ordre contractuel et la loi n’est jamais contractuelle. Ce sont des dispositions que l’on trouve dans les textes législatifs et réglementaires.

              Vous trouverez peut-être cette remarque pédante mais je pense que les citoyens ont le droit que l’on s’adresse à eux de manière précise.

              Pour les approximations, la presse classique suffit largement.


              • Paul Villach Paul Villach 24 février 2011 16:24

                @ MKT

                « les citoyens ont le droit que l’on s’adresse à eux de manière précise », stipulez-vous !

                1- Vous avez raison, dans son sens juridique, le verbe « stipuler » s’applique à un contrat.
                2- Mais ignorez vous que le mot a pris un sens courant qui m’autorise à l’employer dans ce contexte ? Voyez le Petit Robert. Paul Villach


              • le poulpe entartré 25 février 2011 15:39

                «  » garder l’anonymat ne revient-il pas à jeter le soupçon d’une possible exagération dans la description de l’état des lieux dont on ne veut pas assumer la responsabilité ? «  » (P.V.)

                C’est certainement la raison avancé par vous même pour publier sous le pseudonyme de Pierre Yves Chereuil aux éditions Terradou Digne :  : « Cher collègue », 1989, la vie quotidienne dans l’Éducation nationale à travers une cabale qui révèle l’indignité de ses auteurs, chef d’établissement et « chers collègues ». 

                «  »On le voit tous les jours dans les commentaires sur AgoraVox : l’anonymat donne du courage aux matamores qui s’autorisent toutes les outrances puisqu’ils n’ont pas à en répondre«  ». (P.V.)

                Quatre ans plus tard et toujours avec le même pseudo, vous réitérez avec : Construire la Démocratie : le contrat démocratique » (1993), un essai sur les fondations de la Démocratie.aux éditions Chronique Sociale, Lyon. Vous restez derrière votre paravent et c’est tout à fait compréhensible : il faut bien gagner sa vie d’une part et rester masqué pour ne pas essuyer les critiques. L’anonymat dans ce cas, c’est bien pragmatique, isnt ’it ?

                A partir de 2003, vous sortiriez du bois en commettant trois ouvrages sous votre pseudo actuel ou votre véritable patronyme. Le premier : « Les infortunes du Savoir sous la cravache du Pouvoir » (2003), une analyse de l’Éducation nationale où le savoir est maltraité et le professeur asservi. Ce serait méritoire qu’une charge contre le système de l’éducation nationale (si c’est effectivement le cas) soit faite à visage découvert si ce n’était la preuve d’une inconscience (croire que le système restera sans réagir) dans le meilleur des cas ; d’une irresponsabilité dans le pire (perte des moyens financiers pour subvenir aux besoins de son ménage).

                Le second et le troisième respectivement en 2005 et 2010, sont d’ailleurs des romans. Le format est plus pratique l’auteur étant libre des constructions de son imaginaire.

                Dès 2006 cependant, , vous utilisez de nouveau le pseudo de Pierre Yves Chereuil pour votre livre : Les médias, la manipulation des esprits, leurres et illusions » (2006), une application de « Le Code de l’information » à l’image avec près de 300 photos. Sujet toujours d’actualité avec lequel il faut prendre un minimum de précaution en France. Réseaux d’influence, paniers de crabe, circuits des écoles de formation, connivences avec des partis politiques ou des syndicats, cercles de la mentalité bobo, écologiste est une description de ce milieu (terme très approprié) non exhaustive. L’affairisme de la belge C. Okrent et de Bernard K illustre d’une manière magistrale tout ce beau monde.
                Votre prudence est toujours de mise aux Marquises ? Pas encore mais pour vos trois autres ouvrages en 2007, 2008 et 2009 cela reste apparemment constant. On peut le comprendre.
                Un blâme académique flatteur", (2008) récit d’une trentaine d’années d’expérience à l’Éducation nationale, où la violation de la loi par l’administration est un mode de gestion comme un autre dans l’indifférence générale, aux éditions Golias, Lyon/VilleurbanneLe système s’est vraisemblablement réveillé et commençait son travail de sape comme il sait si bien le faire.
                Parmi nos chers diplomates d’active ou à la retraite, il existe de très bon analystes, de remarquables négociateurs et même d’excellent managers. Il y a malheureusement aussi, des gens (quelques uns) dont la nomination correspond à un lot de consolation ou a un bannissement. Les terrains sur lesquels ils évoluent sont bien plus minés que celui de l’enseignement où vous avez pu découvrir à quel point certaines personnes peuvent avoir l’esprit tordu, sont hypocrites et lâches. Auriez vous déjà oublié comment vous en avez fait les frais ?

                Autrement dit, déplorer que ce groupe de diplomates ne décline pas les identités de chacun de ses éléments c’est manquer de bon sens. C’est insinuer également qu’il n’a pas la qualité de ce qu’il se prévaut. La nostalgique du mandarinat n’est pas autre chose.

                C’est la validité ou non, du texte qu’il a publié qui devrait suscité l’intérêt. Les descriptions correspondent elles à l’état actuel des actions, de la perception (même fausse) de ses actes par les autres états ? Autrement dit, connaître la situation exacte et les évolutions les plus probables. Le fait qu’il soit ou serait rédigé par des diplomates est un plus, pas davantage. Le recoupement des informations françaises et étrangères et votre esprit critique devrait vous permettre de le vérifier à moins que vous ayez une flemme permanente. Cela m’étonne d’ailleurs de votre part.

                ps : «  » Si, en revanche, la diplomatie française est à ce point sinistrée, le dénoncer à visage découvert à ses riques et périls n’est-ce pas donner plus de crédit à sa critique ?«  »(P.V.) 
                C’est se mettre dans l’incapacité avec application, de toutes actions futures pour faire face aux dérives du système et visiblement votre souhait.


              • Paul Villach Paul Villach 25 février 2011 16:03

                @ le poulpe entarté

                Vous êtes à ce point aveuglé que vous ne voyez pas combien mon pseudonyme que vous croyez me retourner comme un argument ad hominem est lui au contraire d’une grande transparence.
                La preuve, il suffit de voir ma biographie sur AgoraVox comme vous le faites !

                Difficile de discuter avec un entarté ! Car moi, en revanche, j’ignore quel est le courageux matamore qui écrit derrière son pseudonyme ! Les deux seules certitudes qu’on peut déduire, sont cependant les suivantes  : il ne peut s’agir que d’un imbécile et d’un lâche ! C’est exactement ce que je déplore en conclusion de mon article quand on pratique l’anonymat ! Paul Villach


              • le poulpe entartré 25 février 2011 17:54

                Le poulpe entartré et non entarté, s’il vous plaît, la précieuse ridicule devrait comprendre.

                Par contre l’entartage vous va à merveille, il n’y a qu’à lire votre surprenante réaction. Vous basculez immédiatement dans l’insulte (mais je n’en tiens aucun compte). Plus surprenant encore, vous n’avancez pas argument recevable qui pourrait soutenir le bien fondé de votre désir de connaître les noms des diplomates qui ont rédigé le texte. Rien, le vide sidéral ou bien c’est l’envie forcenée de les inviter à se taire. Alors, quels sont ils, plus sérieusement ?

                Quant à la mise en ligne de votre parcours professionnel, aviez vous l’obligation de le faire ? Est ce là également pour donner plus de poids à vos posts ? Quel intérêt de faire l’étalage de vos ouvrages ? Vos écrits ne se suffisent ils pas à eux mêmes ? Ne sont ils pas assez élaborés, construits et appuyés ?

                Vous étiez enseignant pourtant.


              • goc goc 24 février 2011 13:14

                je suis un peu surpris par la prise de position actuelle des diplomates

                Il leur a fallu 3 ans pour se rendre compte que le nabot ne pouvait que détruire notre image dans le monde et que jouer la lavette avec les ricains

                Déjà alors qu’il n’était que candidat, il avait critiqué la politique étrangère de Chirac (alors qu’il en était le ministre d’état, donc le plus important), et ce en « oubliant » un des principes fondamentaux à savoir ne jamais parler de politique interne quand on est à l’étranger. D’ailleurs cet oubli a été passager, puisque des que cela l’arrangeait, il retrouvait la mémoire et se cachait derrière ce principe pour éviter d’avoir à répondre aux questions gênantes. Et puis surtout, n’importe quel diplomate, un tant soit peu au courant savait que le nain avait informé les ricains qu’il serait candidat en 2007, c’est à dire bien avant d’en informer ses propres concitoyens

                alors quand on a a faire a ce genre d’individu, on ne peut pas croire un seul instant qu’il pourrait être autre chose qu’un valet des usionistes, et qu’il puisse œuvrer pour la France dans le monde


                • ladicilete ladicilete 24 février 2011 13:43

                  Raconte il reste toujours quelques chose ou il n’y a pas de fumée sans feu à vous de choisir.


                  • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 24 février 2011 15:21

                    La France finira pare être isolée dans le monde entier. A force de cultiver les intrigues politques et de ne croire qu’en « l’influence de la France » sur les autres peuples et surtout sur les « pays arabes » il y’aura une sorte de rejet de tout ce qui est français ! 


                    Mohammed MADJOUR.


                    • Le vénérable du sommet Le vénérable du sommet 24 février 2011 16:55

                      L’article 28 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, ne s’applique-t-il pas ? : « Tout fonctionnaire, stipule-t-il, quel que soit son rang dans la hiérarchie est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public. »

                      Voir où on en est !!
                      Un texte de loi pour rappeler aux fonctionnaires qu’ils faut respecter la loi. C’est affligeant. smiley
                      Non seulement ce texte devrait être considéré comme une incongruité mais en plus il semble être méconnu de beaucoup. En commençant par un certain nombre de préfet ... Mais bon.


                      • herbe herbe 24 février 2011 17:59

                        Un première chose il faut savoir distinguer anonymat et pseudonymat :

                        http://lasociologiesedebat.blogspot.com/2010/05/anonymat-et-pseudonymat.html

                        Une deuxième chose le pseudonymat n’a jamais empêché la responsabilité et il a l’immense vertu de pouvoir sortir de l’ego (et donc du nombrilisme n’est ce pas ?)


                        • herbe herbe 24 février 2011 18:03

                          extraits remarquables de mon lien précédent pour ceux qui n’auront pas le temps de lire :

                          "Sur la blogosphère et sur internet en général, on confond souvent l’anonymat qui consiste à ne pas révéler son identité et le pseudonymat qui consiste à créer une identité alternative.

                          Utiliser un pseudonyme pour communiquer c’est garantir au lecteur une certaine impartialité de lecture (on ignore qui écrit vraiment) et une certaine discrétion pour l’auteur (on ne peut pas l’interpeller ad nominem).

                          D’une manière générale, ce type de communication permet un débat sur le fond sans référence aux identités propres des personnes qui s’expriment, autrement dit un débat d’autant plus démocratique que l’on n’attaque ou ne critique pas l’individu mais ses idées.

                          Le pseudonymat n’est pas une innovation ou un nouveau risque d’internet, il existe depuis des centaines d’années dans la littérature et la politique.
                          « 

                           »La question que pose la blogosphère n’est pas « Mais qui est ce Maître Eolas ? », mais plutôt : « Que dit-il ? ».


                        • Paul Villach Paul Villach 24 février 2011 19:09

                          @ Herbe

                          Je suis plus réservé que vous au sujet du « pseudonymat » !

                          1- Le pseudonymat littéraire n’est pas comparable au pseudonymat qui sévit par exemple sur Internet, ne serait-ce que parce qu’il dure dans le temps (Voltaire, Stendhal) et devient quasiment un patronyme, tandis que sur Internet, des voyous s’affublent d’un pseudonyme un jour, puis d’un autre le lendemain pour brouiller les pistes et vomir leurs fiel sans avoir à en répondre.

                          2- Le pseudonymat permet aussi à une ultra-minorité de se faire passer pour une majorité ou une unanimité. Je déplore ainsi un jugement de la Cour Européenne des droits de l’homme qui a osé qualifier une lettre signée « Les parents d’élèves de la 2de B » - sans la moindre signature manuscrite - de « lettre collective non signée » et non de « lettre anonyme ». Or, on sait que ces ruses minables permettent à deux ou trois voyous courageux de faire croire à l’unanimité d’un groupe pour faire tout le mal qu’ils peuvent ! Paul Villach

                           


                        • herbe herbe 24 février 2011 19:24

                          A chacun de se forger sa propre opinion.

                          Je vous ai donné la mienne avec de solides arguments.

                          Vous déplorez le voyou anonyme, certes il y en a et il y en aura, c’est le propre de l’humanité.
                          La vertu dans ce domaine me semble plus grande que le vice

                          Mais au vu du spectacle affligeant que nous présentent tous ces grands voyous décomplexés et qui s’affichent au grand jour avec un égo démesuré (de plus en plus), je pense que ça suffit à relativiser ....et en plus ils se défendent, s’accordent des récompenses et paradent tel des paons mais en plus nocif (ce serait plutôt des têtes de l’hydre plutôt)


                        • Paul Villach Paul Villach 24 février 2011 18:22

                          @ Liberté

                          1- C’est exact ! Le Code pénal militaire de l’armée allemande (du 10 octobre 1940) prévoit le droit à la désobéissance !
                          Mais malheur à celui qui se réclamait de ce droit ! L’exemple de Klaus Hornig est terrifiant :
                          - sa désobéissance lui a valu l’internement en camp de concentration nazi.
                          - Et quand les Alliés ont ouvert le camp et libéré les prisonniers, il a été soupçonné d’être un indicateur nazi et donc il a été à nouveau interné.

                          Je vous renvoie à mon livre, « Construire la démocratie : le contrat démocratique » où je développe la question, pages 62 et 63...

                          2- Quant à l’appellation d’administration-voyou pour qualifier l’administration de l’Éducation nationale qui viole la loi chaque fois qu’elle y a intérêt, sans que ses représentants condamnés en justice soient exclus de leurs fonctions qu’ils ont déshonorées, quelle autre expression est plus appropriée ? Il y a bien des états-voyous (Voyez Kaddhafi actuellement) et des patrons-voyous. Une administration-voyou est celle qui ne respecte pas la loi chaque fois qu’elle y a intérêt ! Et ça peut être assez fréquent, d’après ce que j’ai pu voir en 34 ans de service ! Paul Villach


                        • Reflexions 24 février 2011 19:06

                          Ce que fait Kadhafi a son peuple est inadmissible.

                          Pour autant, toute intervention doit se faire sous controle de l’O N U pour avoir la légitimité internationale.
                          La tentation est grande d’intervenir sous la bannière de l’ OTAN, mais c’est prendre le risque de donner corps a ce « choc des civilisations » que certains appellent de leur voeux.

                          Il faut soutenir le peuple lybien ; l’aider ; lui fournir les moyens de son combat.

                          Mais nous devons nous garder d’entreprendre des opérations militaires qui n’auraient pas la légitimité Onusienne.

                          il ne faut pas se retrouver dans la même situation qu’en Irak ou en Afganistan.

                          Si nous aidons le Peuple Lybien, il réussira a faire tomber Kadhafi ; quelque soit le prix a payer.

                          Intervenir militairement en dehors de l’ONU serait une atteinte à sa dignité.


                          • sonearlia sonearlia 24 février 2011 22:02

                            Si il y avait une véritable liberté d’expression, il n’aurait pas forcement besoin d’annonyma.


                            • galien 24 février 2011 22:49

                              Finalement, le groupe Marly sort de son silence, avec probablement un soutien implicite de Surcouf, pour dénoncer la liquidation des intérêts de la France dans la région.
                              L’anonymat se justifie car c’est tout un corps d’état qui s’exprime.
                              Alors pour les question institutionnelles...


                              • vinvin 25 février 2011 02:55

                                D’ après la photo qui alimente l’ article, on voit bien la ressemblance avec ses deux compères !.....


                                (Aucun des deux ne vaut plus que l’ autre).



                                VINVIN.

                                • TOHT 25 février 2011 11:37

                                  Les risques pour ces défenseurs « d’une certaine idée de la France » sont toujours là. Vous faites référence au groupe Surcouf, rappelez vous les moyens des services spéciaux, perquisitions pour mettre la main aux signataires. Je crains que ces diplomates courageux en seront malheuresement pour leur frais, mais il nous faut des combattants de l’idéal.


                                  • eric 27 février 2011 10:51

                                    Je suis très favorable a l’initiative des Marly.
                                    D’abord par identification car je me considère moi aussi comme un collectif de diplomates anonyme. Très diplomate dans la vie quotidienne, j’ai souvent le sentiment que, trouble de la personnalité ou réalité, je represente des tas de gens et que j’ai donc une forte legitimite a m’exprimer et pour des raisons bien compréhensibles, je tiens a mon anonymat. En revanche, c’est sur que si j’étais en désaccord profond avec le boulot que me fait faire mon employeur, j’aurai tendance a aller voir ailleurs. D’autant que l’offre d’emploi pour des specialistes polyglottes a l’international reste soutenue.
                                    Évidemment, je suis un peu gêné par des spécialistes appointes qui au nom de leur compétence supposée, appliquent une politique qu’ils dénoncent et veulent imposer leurs choix et jugement aux élus du peuple. Par ce qu’en terme techniques, cela s’appelle de la technocratie. C’est un peu comme si des chefs d’entreprise voulaient imposer une politique économique a la nation au motif que de toute évidence, ils ont plus de compétence en économie et en gestion que la plus part des autres citoyens.
                                    Mais si ils ont moins de légitimité que les élus a définir notre politique internationale, il est vrai que leur opinion en tant que professionnels présente a priori un intérêt particulier.

                                    Surtout, il sont a gauche a n’en a pas douter, et pour la premiere fois depuis longtemps, des gens marques a gauche s’engagent dans un debat un peu politique. Il est tellement rare qu’on sorte du TSNNN ( tous sauf Sarkozy le nuisible nabot nauseabond) que cela merite d’être souligne.

                                    Que retenir de leur texte en terme de propositions constructives ? l’Europe est impuissante, l’Afrique nous échappe, la Méditerranée nous boude, la Chine nous a domptés et Washington nous ignore !

                                    Bref, il faut que la France ait a nouveau l’ambition d’imposer ses vues aux autres européens. On va encore se faire des copains....
                                    Ils regrettent que , dixit, nous perdions l’Afrique. En d’autre terme, les diplomates anonymes de gauche regrettent la fin de la France Afrique. Ils nous promettent implicitement que leurs amis une fois au pouvoir, nous la récupèrerons.
                                    La méditerranée nous boude ? Qui.l’Espagne. la Turquie. l’Italie ou la Tunisie. A ma connaissance,nous sommes du dernier mieux avec Berlusconi. On souhaiterait que leur connaissances géographiques et politiques soient a la hauteur de leurs ambitions diplomatiques. La chine, je ne sais pas trop comment on va inverser les rôles. En revanche je me rejouis tout en etant un peu inquiet de leur volonte resolument atlantiste. Parce que pour que Washington cesse de nous ignorer, il faut a l’evidence que nous lui soyons plus utile. Si nous n’arrivons pas a nous tenir debout contre la Chine qui est pauvre et avec de faibles moyens, notamment militaire a l’international, au combien plus sera-t-il difficile de nous imposer contre l’Amérique et qui est riche et vraiment puissante sauf a prendre des postures. sans conséquences pratiques. Il va donc falloir en faire des tonnes avec les ricains, Le vieux gaulliste qui sommeille en moi se pose quand même quelques questions. D’accord, c’est nos copains, mais est il vraiment nécessaire de quêter ainsi leur approbation a tout prix ?

                                    Donc, on va être plus présent en Afrique en etant moins présent en france afrique, on va tenter de plus séduire le américains en étant moins atlantistes, on va expliquer a nos freres européens qu’ils sont impuissant mais que nous sommes prêt a tirer les coups a leur place, et si possible a leurs frais ( parce que n’oublions pas que nous n’avons pas les moyens de notre politique internationale).
                                    Tous cela, parfaitement réaliste et constructif. Il n’y a que sur la Chine que je sois un peu dubitatif. Devenez une vraie democratie SINON ! Sinon quoi ? pas clair. Mais ils sauront trouver. Après tout, ce sont des professionnels.

                                    Bon, la gauche approuve bruyamment ce programme anonyme, on sait a peu prêt ce que propose Sarko et ce qu’il fait et cela tombe bien, il y a bientôt des elections. En matiere de politique internationale, on a maitenant deux projets bien definis. Aux electeurs de se prononcer sur leur realisme respectif.


                                    • Thucydide Thucydide 27 février 2011 11:28

                                      Guaino se désole de l’anonymat des diplomates du groupe Marly, mais ne semble absolument pas être du tout gêné par l’anonymat des diplomates du Groupe Rostand ?

                                      parce que ceux-là prennent la défense de son boss ?

                                      Mais Guaino peut faire et dire ce qu’il veut, ça ne compte pas.
                                      Ce qui compte c’est ce que nos interlocuteurs étrangers pensent de notre diplomatie.
                                      Et c’est vraiment triste...

                                      Nous sommes mondialement reconnus comme minables.

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