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Les élites politiques et … Ferdinand LOP ( * )

Les élites politiques et … Ferdinand LOP ( * )

Beaucoup de discours que les élites gouvernementales ( les premiers-premiers de cordée) adressent aux citoyens, selon le problème qui surgit et la catégorie de citoyens qui y est confrontée, peuvent se résumer par cette phrase empruntée à Ferdinand LOP :

« J’ai un plan : il faut remédier à la situation par des moyens appropriés ».

Les moyens étant soit des moyens à venir, soit des moyens déjà arrêtés, qui « n’ont pas encore produit leurs effets ».

Avec, quand les propos sont tenus par des seconds de la cordée (ministres ou parlementaires), une allusion à leur chef : moyens … « imaginés par président de la République » … « président de la République qui veillera à … continuera à … » (1)

Ce qui invite, dans l’inspiration de Ferdinand Lot, à aider les gouvernants à compléter leurs idées et à enrichir leurs propositions et leurs projets. Dans quelques domaines fournis par l’actualité.

Les jeunes, les incivilités, la violence.

Pour endiguer l’incivilité voire la violence qui s’installe à l’Ecole, des membres de l’ élite politique se sont présentés en groupe devant les caméras pour dévoiler leurs plans (2).

Ces premiers de cordée envisagent de remplacer les surveillants que leurs prédécesseurs ont fait disparaître, par des policiers. C’est une idée qui n’est pas nouvelle, mais qui est en réalité, sans qu’on s’en rende toujours compte, originale : puisqu’elle conduit à associer des métiers très différents (policiers, enseignants) pour l’accomplissement d’une tâche qui est le propre de l’un des métiers.

Cette idée pourrait être transposée.

Lorsqu’un plombier n’arrive pas à colmater les fuites d’une baignoire, on pourrait demander au professionnel d’une autre spécialité (par ex. à M. BHL, à M . Kouchner, ou à tout autre premier de cordée de la pensée), d’aller se poster à la porte de la salle de bains. Et l’on verrait si les bondes deviennent étanches quand les plombiers ne disposent plus de joints ou de filasse.

L’idée de couper les allocations familiales aux parents des jeunes à problème pourrait être complétée.

Car si les parents n’arrivent pas à maîtriser leurs enfants en touchant les allocations familiales, il n’est pas certain que la suppression des allocations familiales aux parents change les habitudes des enfants. Lesquels, au moins certains d’entre eux, seront obligés d’augmenter leur chiffre d’affaires tiré de la vente de stupéfiants pour compenser le manque à gagner de leurs parents du fait des mesures des premiers de cordée.

D’où la nécessité théorique de légaliser la vente des drogues (douces et dures).

Le négoce se faisant désormais en toute légalité, les jeunes n’auront plus besoin de chasser les policiers qui s’aventurent dans leurs cités. Ce qui permettra d’alléger les effectifs des policiers et des gendarmes ( diminution de la dette).

A moins, évidemment, pour plus de simplicité, que l’on fasse distribuer les enseignements dans les commissariats de police.

En construisant, si besoin est, de nouveaux commissariats selon la technique éprouvée des partenariats publics-privés. Constructions qui permettraient de faire d’une pierre deux coups : on règle les problèmes d’incivilité des jeunes, et l’on garnit le compte en banque des constructeurs-loueurs.

S’agissant la légalisation de la vente des drogues, elle permettra également aux banques qui recyclent l’argent du trafic ( devenu … « l’ancien » trafic) de le faire sans rien risquer. Là où elles ne risquaient pas beaucoup dans les faits, elles ne risqueraient plus rien au regard de la loi.

Pour remédier à la violence des bandes de jeunes qui se battent et qui se tuent, les premiers de cordée ont l’idée de ne plus s’intéresser aux bandes, mais de s’intéresser aux jeunes qui les composent.

Ce qui, évidemment, implique un fichage desdits jeunes.

Fichage réalisable aisément à partir de la construction d’un portrait idéal-typique (inspiré de celui du criminel-né forgé par Lombroso) du jeune porteur de barre de fer ou utilisateur de couteau.

Les sociologues, en s’appuyant sur l’origine sociale, le domicile, la profession et les revenus des parents, pourront donner de précieux conseils sur le profit du jeune né ou à naître.

Le problème, c’est que le fait que les bagarreurs potentiels aient leur fiche, ne renseigne pas toujours sur le point de savoir où et quand ils auront l’idée de sévir. Et comme un bagarreur est habillé comme un non bagarreur, il est difficile sur le terrain, de prédire ce qui va se passer.

C’est la raison pour laquelle on pourrait imposer aux parents de coudre, sur instruction des teneurs de fichiers, une vignette sur les vêtements de leurs enfants. (Et là, la menace de la coupure des allocations familiales aux parents qui se refuseraient à manier l’aiguille, aurait un fondement indiscutable). Comme cela se fait pour les véhicules automobiles.

Ainsi, la concentration sur la voie publique de vignettes d’une certaine couleur, permettrait à tout le monde de se douter que le sang peut couler. Resterait alors simplement à espérer que des patrouilles de policiers et de gendarmes, si elles sont alertées, arrivent, si elles en ont les moyens, à temps (3). Au moins avant le médecin légiste.

Et puis, comme les voyous sévissent actuellement à l’intérieur de certains quartiers et à la périphérie des grandes villes, on peut aussi les mettre … ailleurs.

De nombreuses solutions de confinement existent à cet égard (4). Qui dispensent ipso facto de tourner en rond avec la question de la majorité pénale. Laquelle, avec le développement de la précocité, devrait être continuellement abaissée (4).

L’environnement .

La préoccupation des élites actuellement aux commandes de sauvegarder l’environnement a pris la forme d’une première mesure : la taxation des carburants.

Mais comme les citoyens ont besoin de leur voiture et vont continuer à l’utiliser, surtout à la campagne, pour aller travailler, on pourrait envisager de mettre la ville à la campagne (v. Alphonse Allais, et v. Ferdinand LOP qui suggérait d’installer Paris à la campagne pour que les Parisiens respirent un air pur).

On raccourcirait ainsi les distances. Et l’usage du métro remplacerait celui de la voiture.

Certes, le métro serait bondé.

Mais pour éviter ce désagrément, on pourrait d’une part accélérer les ventes d’entreprises aux étrangers ainsi que leur délocalisation : Plus de chômeurs, égale moins d’utilisateurs du métro aux heures d’affluence.

D’autre part ( en allant au delà de la proposition de Ferdinand Lot de supprimer la voiture de queue) on pourrait supprimer le métro.

On convertirait les tunnels en champignonnières. Ce qui engendrerait la création de quelques dizaines d’emploi et permettrait aux médias d’annoncer que le nombre d’emplois créés progresse, donc de faire penser que le chômage régresse. Et permettrait au gouvernement d’annoncer qu’il va développer la formation professionnelle dans ce secteur, et ce faisant qu’il va éradiquer tôt ou tard, mais très certainement, le chômage.

La dette.

On doit à MM. Pompidou et Giscard d’Estaing, élites dans leur temps, la lumineuse idée d’interdire à l’Etat d’emprunter à la banque centrale. Les élites d’aujourd’hui tiennent beaucoup à l’application et au maintien de cette règle. Si bien que l’Etat est toujours contraint de combler ses déficits par des emprunts auprès des banques privées et des marchés financiers.

Dans cette situation, l’administration des finances récupère auprès des contribuables l’argent des intérêts (et éventuellement, un jour, au moins en théorie, le montant du capital emprunté).

C’est la raison pour laquelle les banquiers privés devraient être habilités (réduction du nombre de fonctionnaires des impôts, donc de la dette) à opérer des prélèvements à la source sur les comptes des citoyens. Surtout que les contribuables ont été transformés par les élites politiques en clients (forcés) des banques.

Les banquiers seraient autorisés à annoncer de temps à autres à leurs « clients », le montant du taux (puisqu’il est variable pour l’Etat, donc pour les contribuables) qu’ils décident de leur appliquer.

Bref, comme les problèmes qui se posent sont, pour beaucoup d’entre eux, la résultante de choix politico- économiques arrêtés par les prédécesseurs des gouvernants actuels (lesquels continuent (5) sur la lancée), les « solutions » auxdits problèmes appartiennent nécessairement à la catégorie des remèdes du type « cataplasme sur une jambe de bois ».

C’est la raison pour laquelle, il est « normal » que les gouvernants qui y sont obligés pour la pérennité du système , disent parfois … des choses surprenantes. Pour (essayer de) faire oublier … et le cataplasme, et la jambe de bois.

Et qu’il est tentant pour ceux qui ont l’impression que l’ « on » se moque d’eux, d’en « rajouter » . Ces derniers pour le plaisir.

Marcel-M.MONIN

m. de conf. hon. des universités.

(*) avertissement. Ce qui est dit ci-dessous, surtout ce qui est « proposé » comme « mesures » pouvant ou devant être prises, doit être lu au second degré. Néanmoins, si des lecteurs ne s’en rendent pas compte, rien ne les empêche évidemment d’avoir entre eux des échanges animés et vigoureux.

Ferdinand LOP était un personnage haut en couleur, qui était jadis fort connu au Quartier Latin. Il s’est rendu célèbre en bâtissant des programmes électoraux dans lesquels il proposait des mesures comme l’extension du boulevard Saint Michel jusqu’à la mer, l’aménagement de trottoirs roulants pour faciliter le labeur des péripatéticiennes, la suppression du wagon de queue des métros. Cependant, ce n’est pas lui qui a proposé que l’on donne à certaines voies et à certains édifices publics, le nom d’un premier de cordée qui contribua à interdire à l’Etat d’emprunter à la banque centrale (v. ci-dessous) avec les conséquences que l’on sait, ou de tel autre qui signa des traités qui firent perdre le pouvoir de décision à ses successeurs (qui ne s’en offusquèrent pas).

(1) ce type de référence était moins en usage au Quartier Latin avec Ferdinand LOP, qu’il ne l’est aujourd’hui en Corée du Nord avec, toutes choses égales évidemment, la révérence mécanique de ses sbires au bon et éclairé dirigeant Kim Jong-Il.

(2) Mesuré au nombre et à l’originalité des mesures annoncées, le degré d’imagination de chacun de ces premiers de cordée est peut-être un peu modeste. Les aider à compléter leurs idées et à préciser le contenu de mesures allant dans la même logique est une entreprise dont certains malveillants diront que ce n’est pas du luxe.

(3) Les premiers de cordée peuvent raccourcir le délai d’attente en confiant cette tâche aux polices municipales. Avec comme avantage secondaire que la prise en charge par les impôts locaux de ce service, permettra aux premiers de cordée de réduire les impôts perçus par l’Etat, dont l’assiette est différente, comme l’impôt sur les sociétés ou l’IRPP (qui par son caractère progressif, devient « confiscatoire » pour les hauts revenus).

A moins, bien évidemment qu’ils ne reproduisent pour les établissements du secondaire et du primaire, ce qu’ils ont fait pour les universités. On leur donne la propriété de leurs locaux, on leur fait gérer leur masse salariale et… ils se débrouillent. Comme se débrouiller implique que les droits d’inscription soient augmentés, les établissements pourront se débrouiller pour avoir leurs vigiles. Cette solution comprend elles aussi plusieurs avantages. Elle s’insère dans la transformation actuelle du service public de l’enseignement. Actuellement service public « administratif » au sens des conceptions françaises. Mais qui est un service « marchand » au sens des conceptions économico financières imposées sur le continent européen.

L’augmentation des droits d’inscription dans le secondaire, aura elle même deux autres effets positifs : elle permettra aux banques de diversifier leurs produits, tout en habituant les élèves à emprunter pour étudier. Surtout que les emprunts à contracter pour les études supérieures seront plus importants.

Elle éloignera des établissements scolaires les jeunes violents et mal polis, dont les statistiques montrent qu’ils ne viennent pas des milieux aisés. Les parents de leur côté pourront donc aider leurs enfants à intérioriser « qu’ils ne sont pas faits pour les études » et, par voie de conséquence, à admettre par avance qu’ils n’auront pas d’emploi. Acceptation et résignation bien utiles qui évitent que les jeunes concernés ne descendent dans la rue, pour grossir, de manière inquiétante, le rang des « rouges », des « populistes », des « souverainistes », des « anti-européens » …

(4) Pour surmonter les difficultés liées à l’âge, on peut abaisser l’âge de la majorité pénale. Certains premiers de cordée ont pensé à abaisser cette majorité à 16 ans. Mais ce n’est pas suffisant puisque des enfants de 12 ou 13 ans tuent aussi facilement que des adultes.

Puisque la majorité pénale risque, avec l’évolution des esprits et de la précocité, de devoir être abaissée continuellement, les porteurs de badge d’une certaine couleur (v. ci-dessus) pourraient être assujettis d’office à des mesures éducatives en milieu ouvert ou fermé … toujours selon la couleur du badge.

S’agissant de la prison, les premiers de cordée ont souvent donné le sentiment qu’ils avaient du mal à se sortir d’un dilemme. Il faut condamner ces jeunes à de la prison, mais comme les prisons sont surpeuplées, il ne faut pas que ces jeunes y aillent. Ce qui fait que si les jeunes en question ne vont pas en prison, ou si l’on considère que la prison est pire que tout, il faudrait supprimer cette peine pour certaines infractions. Mais comme on fait attention à l’opinion publique … on tourne en rond.

Que des « responsables » tournent en rond comme les derviches tourneurs, ne s’inscrit pas dans la logique de responsables qui seraient en marche. C’est la raison pour laquelle les premiers de cordée pourraient s’éviter le tournis, en annonçant la « pénitentiarisation » d’un canton ( à choisir parmi les départements non tenus par des élus LREM). Autour du canton, on mettrait des barbelés et on déverserait les délinquants ( il ne s’agit pas ici de la théorie du ruissellement) qu’on ne mettrait pas dans les prisons. Et ils se débrouilleraient. Comme ils se débrouillaient dans leurs cités . On regarderait la quantité de nourriture consommée par les personnes se trouvant au dessous du seuil de pauvreté (question d’équité), et l’on organiserait de temps en temps un parachutage (question de morale).

A moins que ces camps ne soient construits et gérés selon les modalités des partenariats publics-privés ( évoqués par ailleurs).

(5). Les raisons pour lesquelles ils le peuvent techniquement ont fait l’objet d’autres hypothèses. V. notamment « gouverner … c’est manipuler ».


Moyenne des avis sur cet article :  4.5/5   (12 votes)




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6 réactions à cet article    


  • Arthur S NEMO 28 octobre 2018 17:43

    c’est tellement vrai qu’il faut lire les notes de bas de page indispensables pour comprendre qu’il s’agit d’humour...

    heureusement, le sens de l’humour n’est pas encore un sens interdit...

    • Sergio Sergio 29 octobre 2018 09:49

      Mr Monin


      De l’humour bien senti ne fait pas de mal, parait-il qu’un homme sans humour serait un homme dangereux. Au passage vous nous faites découvrir un personnage qui me fait penser à Pierre Dac, Alphonse Allais, quelque part aux sur-réalistes. Il nous manque une figure de cette ampleur, dans le paysage politique et ici-même.

      • baldis30 29 octobre 2018 11:26

        bonjour à l’auteur !

        Après cette lecture édifiante .....

        JE SUIS Z’EMU !

        ..... VIVE ZEMU !


        • baldis30 29 octobre 2018 12:02

          @baldis30
           

          ET SI JE SUIS Z’ELU

          ..... VIVE ZELU !


        • finael finael 29 octobre 2018 16:25

          Miam !

          Au fait, faites vous partie des pro-Lop ou des Anti-Lop ?


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 29 octobre 2018 16:39

            Moi je pense que pour tout problème, il faut faire une grande ou petite commission,et ce dans tous les cabinets ministériels .

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