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Les Etats-Unis : 52 prix Nobel d’économie et 40 ans de déclin du capitalisme-salariat

Les chercheurs américains en sciences physiques, chimiques, en médecine,etc. ont rendu d'immenses services à la communauté scientifique mondiale avec leurs découvertes récompensés par de nombreux prix (Nobel, Fields,etc.).Mais dans le domaine économique, la subtilité scientifique des chercheurs consiste à chercher pour ne jamais trouver. De Herbert Simon en 1978 à Robert Wilson et Paul Milgrom, les Etats-Unis ont eu 52 prix Nobel et occupent la première place devant les autres pays occidentaux. A quoi sert réellement ses prix Nobel si l'économie des Etats-Unis est en déclin avec les emplois industriels qui s'évaporent et la population américaine qui s'aupauvrit d'année en année depuis plus de 40 ans ? 

Le pic de l'emploi industriel en 1979

En 1948, l'emploi industriel était d'un peu plus de 14 millions, en 1958 il augmente et s'approche de 16 millions. A la décennie suivante, il s'accélère et atteint 18 millions.Cette longue croissance de l'emploi industriel s'achève en 1979 où il atteint son pic à plus de 19 millions(source Bureau of Labor Statistics). Après cette date, la chute de l'emploi industriel est ininterompue et s'aggrave d'année en année. Durant les années 1980, l'industrie américaine était fortement concurrencé par les nouveaux pays industrialisés d'Asie(surtout le Japon). Et puis au cours de la décennie 1990, la Chine s'est reveillée sur le marché mondial et accéléra le déficit commercial des Etats-Unis et la chute de leurs emplois industriels. Enfin, plusieurs années de délocalisations dans les maquiladoras mexicains à bas coûts salariaux ne sont pas négligeables dans le déclin industriel américain.

Le pic de la consommation d'énergie par habitant en 1978

Dans les économies très développées et même moyennement développées comme la Chine(si on ramène son économie à sa population sinon en absolue c'est la 1ère puissance économie mondiale), la consommation d'énergie est étroitement liée à l'évolution économique. De sorte que lors des crises économiques notamment celle de 2008-2009, toutes les grandes économies de la planète ont vu, simultanement, leur consommation d'énergie baisser. Dans le temps,si on prend un pays isolé, à chaque grande crise économique, la consommation énergétique baisse. Cela ne signifie pas que le changement climatique ou l'éfficacité énergetique n'ont pas d'influence mais que, sur une longue période l'influence économique détermine la consommation d'énergie de la population.

La consommation d'énergie est très importante pour se faire une idée de l'évolution de l'économie d'une nation et avant tout du niveau de vie de la population : les logements, les transports, l'agriculture, l'industrie sans oublier les services. Aux Etats-Unis(mais aussi Union Européenne, Japon) la population consomme de moins en moins d'énergie bien que sa consommation est très au dessus de la moyenne mondiale. Parallèlement à la chute l'emploi industriel américain, la consommation d'énergie par la population américaine est en chute depuis plus de 40 ans.

La consommation d'énergie(Kg de pétrole par habitant) Etats-Unis

Le pic de la consommation d'automobiles en 1978

Annuellement le record de la consommation d'automobiles neufs par les américains était en 1978 : 66,96 véhicules neufs pour 1000 habitants soit une baisse de -22,19% par rapport à 2019. Si les américains avaient le même pouvoir d'achat qu'en 1978, le marché automobile américain en 2019 serait, au lieu de 17 100 000, 21.976.272 soit une différence de 4.876.272 véhicules neufs partis en fumée : l'équivalent du marché français et italien réunis..

Vente annuelle de véhicules neufs pour 1000 habitants

Considérons la même dynamique sur plusieurs décennies (grapique ci-dessous) .A la décennie 1920-1929, la vente d'automobiles neufs pour 1000 habitants était de 24,833. La décennie 1930-1939 étant marquée par la Grande dépression, le nombre d'immatriculations moyen de véhicules neufs chute à 21,129. Après cette crise, la consommation d'automobile neufs par la population américaine s'accroit de façon ininterrompue sur quatre décennie passant de 21,129 en 1920-1929 à 58,251 à la décennie 1970-1979.

Les années 1970 correspondent au zénith de la consommation d'automobile par la population américaine. Après cette période, on observe une décroissance sur trois décennies passant de 58,251 en moyenne dans les années 70 à 48,348 dans les années 2010 soit une baisse de -17% en 40 ans.

Vente décennale de véhicules neufs pour 1000 habitants

On observe que parallèlement la vente de véhicules d'occasion explose et représente plus de 2 fois le marché d'automobile neufs. De ce fait, l'âge du parc automobile américain devient de plus en plus vieillissant.

Petite comparaison : lors de la Grande Dépression des années 1930, la consommation d'automobile par la population américaine baissa de 14,92% mais cette fois-ci depuis 1980 c'est -17%. La baisse du pouvoir d'achat, du niveau de vie depuis 40 ans sont donc sans précédent dans l'histoire économique américaine. La hausse du chômage à travers la précarisation de l'emploi tire sans cesse les revenus de la population vers le bas.

Au lieu de la philosopie de la recherche pour ne rien trouver les nombreux prix Nobel américains devraient se poser cette question essentielle : Pourquoi l'économie se met à décroitre, le taux de chômage à hausser depuis quatres décennies ?

Sur ces quatres décennies plusieurs présidents démocrates et républicains se sont succédés sans pouvoir enrayer ce déclin. C'est la preuve que la solution se trouve ailleurs dans un nouveau parti révolutionnaire radicalement opposé au capitalisme-salariat.


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8 réactions à cet article    


  • sylvain sylvain 13 octobre 2020 14:01

    je m’attendais pas à un article sur l’industrie automobile


    • Parrhesia Parrhesia 13 octobre 2020 14:02

      Rien de bien nouveau !

      Sauf en ce qui concerne la respectabilité contestée de certaines attributions du Nobel qui ne font même plus rire !!!


      • binary 13 octobre 2020 14:10

        vous comparez la consommation d une américaine d il y a 40 ans avec celle maintenant ? Idem pour la longévité ? Et après vous comparez des baisses totales de consommation, sans tenir compte du nombre de voitures.

        Et on s étonne que l économie ne trouve jamais rien.


        • Buzzcocks 13 octobre 2020 14:10

          Quel est le rapport entre économistes et croissance ou décroissance de l’industrie ? Un économiste, ce n’est pas un magicien qui décrète que si on fait ça ou ci alors, ça sera le bonheur sur terre. Tout au plus, il a étudié que dans le passé, si dans telle situation, le gouvernement fait telle action, alors, il peut dire que ça sera la catastrophe car le Zoulouland ou l’empire Klingon se sont plantés en agissant de la sorte. Et encore, on trouvera toujours un autre économiste pour dire qu’à l’époque des Klingons, la situation était légèrement différente, car le coefficient de marée était autre, ou que les cultures klingons étaient envahies de criquets.
          Un économiste, c’est juste un historien et un statisticien, voire un philosophe. Il peut dire que si on enlève le smig, alors le chomage diminuera, mais que potentiellement, il y aura un paquet de travailleurs pauvres voire très pauvres. Ce qui engendre des troubles sociaux etc... Et donc il peut dire qu’économiquement, ne pas avoir de smig, c’est optimum, mais socialement, ça peut engendrer des troubles qui peuvent finalement être pire que de ne pas en avoir. Au final, personne ne sait si un smig, c’est optimum ou pas, et à quelle valeur ?

          Et tout n’est pas binaire, telle mesure va produire tels effets positifs mais aussi des effets négatifs. Ainsi si on parle de désindutrialisation ? Est ce bien ? mal ? Si on regarde les temps modernes, on peut dire que demander à Charlot de visser 8 heures par jour un écrou alors il devient fou. Donc une machine peut faire l’affaire et libérer l’homme de ce travail peu passionnant, qui génère des dépenses de santé (TMS par exemple). Mais d’un autre côté que fait on des peu qualifiés qui ne sont bons qu’à serrer des écrous ? 


          • eddofr eddofr 13 octobre 2020 14:56

            C’est très marrant de lire la liste des prix noble par pays ...

            Les états unis ont effectivement la liste la plus longue.

            Mais le nombre de mentions (né à l’étranger) est tout aussi impressionnant.

            Les Etats Unis savent attirer les meilleurs, formés dans d’autres pays, avec des paquets de dollars.


            • titi 13 octobre 2020 20:45

              @eddofr

              C’est pas qu’une question de dollars.

              En France la « réussite » d’un chercheur se mesure à son point d’indice.
              Il doit publier pour « grader ». Il n’est pas obligé de trouver.
              J’irai même jusqu’à dire qu’il n’a aucun intérêt à trouver : s’il trouve il a intérêt à distiller ses découvertes sur plusieurs années, pour faire plein de publications.


            • rogal 14 octobre 2020 04:19

              Le prix Nobel d’économie n’existe pas.

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M’bafo Pian


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