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Accueil du site > Tribune Libre > Les Gilets Jaunes et l’incohérence démocratique

Les Gilets Jaunes et l’incohérence démocratique

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Je ne suis pas un gilet jaune. Pourtant, je ne peux être considéré comme une personne privilégiée. Je ne me reconnais pas, tout simplement, dans ce mouvement, ni par la forme de ses émotions soudaines, qu’elles soient pacifiques ou violentes, ni dans le fond, à travers ses réclamations à la fois contradictoires et fondamentalement incomplètes, même si certaines s’avèrent naturellement légitimes…

Que penser de la couleur jaune ?

En Chine, seul l’Empereur pouvait porter du jaune. En France, cette couleur souffre d’un certain manque d’estime, en dépit du maillot jauneque porte le vainqueur du Tour de France. Le jaune, notamment au théâtre, représente les maris cocus. Dans le monde syndical, les Jaunes sont les briseurs de grève alliés du gouvernement et du patronat. Encore aujourd’hui, les syndicalistes appellent jaunes les syndicats traîtres à leurs yeux. Rappelons que le 1er avril 1902, ce n’est pas un poisson, fut créée une Fédération des Jaunes de France. Elle entendait s'opposer aux syndicats rouges répondant aux ordres de l’étranger. D’un point de vue religieux ou même culturel, le jaune est une couleur méprisable, car il symbolise les pièces que Judas a acceptées après avoir trahi Jésus. Le jaune renvoie également aux flammes de l’enfer éternel ou à la couleur des pommes du jardin des Hespérides qui sont au commencement de la guerre de Troie…

Ces précisions rappelées, j’écris sans détour que je saisis parfaitement la détresse humaine exprimée par ces Français de la France d’en bas ou de cette France périphérique (1), dont les médias et les politiques parlent si peu. Effectivement, quand les premiers les évoquent, dans une large mesure, il ne s’agit pas de proposer des analyses pertinentes mais plutôt de vendre du papier et des espaces publicitaires télévisés pour promouvoir du Coca-Cola (2). Quand les seconds les mentionnent, inutile de se poser des questions : des élections se dressent à l’horizon. Et là, nous les voyons au marché, sourire aux lèvres, clins d'œil malicieux, le tout en serrant les mains de ceux qu’ils méprisent le reste du temps.

Je suis du peuple et je n’ai jamais prétendu le contraire. Je ne veux ni ne désire aucun titre de noblesse. Je ne ressens pas l’envie de revendiquer une épithète que je ne mérite guère. Jamais, je ne quémanderai mon rattachement au peuple car j’en suis. Je comprends parfaitement le dessein des bonimenteurs désirant ardemment se couvrir du titre respecté de défenseur du peuple. Toutefois, j’ai toujours trouvé ridicule que certaines personnes non issues de nos rangs aspirent à parler en notre nom. C’est ainsi depuis bien trop longtemps. Cela doit cesser ! Mon père était un ouvrier, ma mère femme au foyer. Elle préférait m’élever que d’occuper un emploi aliénant. Ceux qui me connaissent et suivent mes travaux savent pertinemment que je défends la France et ses intérêts vitaux.

Fiscalité et politique

Il convient donc de protéger tous les Français. Certains de nos compatriotes, les plus faibles, ont rappelé aux dominants - la classe médiatico-politique - que la démocratie en France naquît de cette volonté de contrôler le prélèvement et l’usage des impôts par l’Etat royal, tout en marquant une volonté farouche de refuser les taxations jugées arbitraires. Cela renvoie à l’exemple récent des Bonnets Rouges (3), dont je reparlerai. Les Gilets Jaunes soulèvent, entre autres, la question du consentement structurel ou conjoncturel des électeurs à l’endroit des élus. L’économie politique nous apprend que l’origine de la chute de la royauté en France relève d’un sujet fiscal et non d’un problème politique. Permettez-moi une incise, Al Capone, personnage emblématique du crime organisé dans les Etats-Unis de la Prohibition, n’est pas tombé pour meurtres ou pour coups et blessures. Il fut inculpé pour fraude fiscale à dix-sept années de prison dont onze ans ferme.

Je n’entrerai pas dans des considérations économiques poussées. Cette taxe sur le diesel est profondément injuste et inefficace, à la fois sur le plan écologique mais également au niveau comptable, contrairement à ce que laisse entendre le gouvernement. Il me paraît évident que prélever à chaque Français le même pourcentage sur des produits de consommation grand public et de la vie de tous les jours, dont il est pour le moment difficile de se passer, sans tenir compte du revenu et de la situation - notamment en milieu rural - de ceux qui les utilisent constitue pour moi une véritable escroquerie.

La pauvreté en France

Nul ne peut contester que la paupérisation des Français est réelle et inquiétante. Il convient de la combattre par le bon sens et le génie français. La dette contractée par la République depuis des décennies atteint des sommets inégalés. Cette monstrueuse créance résulte à la fois d’absurdités économiques et d’inconséquences politiques dont j’ai déjà maintes fois parlé. Il faut vraiment vivre dans une tour d’argent pour ne pas se rendre compte de l’extrême pauvreté touchant nos nombreux compatriotes. Avec cette affaire des Gilets Jaunes, certains oligarques ont, semble-t-il, découvert qu’en France des millions de Français n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Jamais les dominants, pouvoir politique et médiatique, n’ont voulu prendre sérieusement la mesure de ce phénomène extrêmement grave et angoissant pour l’avenir. Il a fallu une révolte des sans-grade pour que les privilégiés jettent un oeil angoissé et méprisant sur cette France agonisante.

Les Gilets Jaunes manipulés de l'étranger ?

Très rapidement, une des réactions officielles du gouvernement fut de répliquer que les Gilets Jaunes étaient manipulés par l’étranger. Cette vielle rengaine ressort souvent quand un mouvement spontané émerge face à une autorité politique. Déjà, lors de la Révolution, en 1793, certains révolutionnaires parlaient d’un complot des nobles et de l’Eglise quand une part non négligeable du peuple, sur l’ensemble du territoire national, se rebella naturellement contre les autorités républicaines à cause de la levée en masse, la déchristianisation, la hausse du pain et des grains. En mai 68, les gaullistes expliquaient que le mouvement, qu’il soit ouvrier ou étudiant, était manipulé soit par l’Allemagne de l’Est, soit par les Américains. Certes, ces derniers devaient se frotter les mains de voir De Gaulle dans l’embarras, mais de là à dire qu’ils manigançaient tout, on frôle la ridicule théorie du complot ultime et total.

Il ne faut pas être naïf : il est indéniable que Trump et Poutine se ravissent des difficultés de Macron, mais contrairement aux révolutions colorées, les dollars - à ce jour et personne ne saurait prédire l’avenir -, ni les roubles ne coulent à flot sur les Gilets Jaunes. Ne soyons pas non plus crédules et béni oui-oui. Une fois que la spontanéité du mouvement est passée, il y a bien évidemment des professionnels de l’agit-proprequi prennent les choses en main. On n’organise pas différentes manifestations en France sur plusieurs semaines, sans un minimum de concertations et d’organisation. Cependant, imaginer que la main de l’Oncle Sam ou les héritiers du KGB agitent les Gilets Jaunes tel Geppetto avec sa marionnette n’est vraiment pas sérieux pour ne pas dire plus…

De même, les tentatives grossières de récupération des partis politiques officiels ou de ceux en marge nous renseignent sur le caractère si peu représentatif de ces organisations. Ils tentent de récupérer le mouvement des Gilets Jaunes à leur profit en voulant le phagocyter. S’ils l’avaient construit, ils n’auraient nullement besoin d’être à sa remorque pour se l’approprier. Les Gilets Jaunes ne sont pas de gauche, ni de droite, ni des extrêmes. Ils crient tout simplement leur colère après des années de difficultés et de galères. Ils comprennent enfin que les élections ne servent à rien pour améliorer leurs conditions d’existence, si ce n’est à justifier la domination des puissants.

Il est tout de même important d’écrire que la taxe sur le diesel ne semble être qu’un prétexte à la révolte contre cette société satisfaisant, en définitive, de moins en moins de personnes. Beaucoup n’en peuvent plus. Une minorité seule l’exprime mais de manière illisible sur le plan politique. Les Gilets Jaunes regroupent de nombreux Français laissés sur le bord de la route : retraités, pensionnaires, étudiants, chômeurs, indépendants, agriculteurs, infirmières, auto-entrepreneurs, etc. Différentes revendications politiques sont apparues : Macron démission, démocratie participative ou populaire, référendum d’initiative citoyenne, arrêt de l’immigration, suspension des taxes, etc. Tout bien considéré, les Gilets Jaunes remettent sur le tapis la question de la légitimité en politique.

Quelle légitimité politique ?

En effet, des interrogations se posent : Macron est-il légitime (la pertinence ou non de son action politique relève d’un autre sujet) quand il applique des mesures non inscrites dans son programme présidentiel ? De même, quelle est sa légitimité étant donné que ses promesses de campagne ne sont aujourd’hui pas respectées ? Et surtout, quelle est la légitimité d’un président de la République élu par une minorité d’électeurs donc par une minorité de Français ? Dois-je rappeler qu’au premier tour de l’élection présidentielle de 2017 moins d’un quart de la population française a choisi l’ancien employé de la Banque Rothschild ? Avez-vous oublié que son élection tient essentiellement au mécanisme du système démocratique français, à savoir ce fameux deuxième tour obligeant non pas à choisir un candidat mais à éliminer celui que les électeurs considèrent comme le plus nocif et le moins bon ? Les Gilets Jaunes, ultra-minoritaires, sont-ils légitimes pour représenter les Français ? Leur désespoir et leur violence valident-ils leur position ?

Les Gilets Jaunes, mais également les différentes manifestations se tenant sous le régime républicain, rappellent l’incohérence de ce système érigeant le peuple en souverain, mais un souverain bien falot. Ce dernier doit déléguer sa souveraineté à un individu ne rassemblant jamais sur sa personne la moitié des Français plus un. La démocratie représentative, sur le plan du concept peut présenter aux yeux de certains quelques atouts, encore que, à titre personnel, je la considère, même sur le plan purement intellectuel, comme totalement incohérente. Quoiqu’il en soit, qu’on lui reconnaisse ou non des vertus d’un point de vue théorique, elle montre de manière factuelle son incapacité à diriger le pays et à surmonter ses diverses discordances.

Objectivement, sont-ils nombreux les Français à se reconnaître dans un Chirac, un Sarkozy, un Hollande ou même un Macron ? Nous pouvons également poser la question en ajoutant Mitterand, Giscard d’Estaing, Pompidou ? Il existe une hypothèque concernant De Gaulle, encore que, comme chacun sait, celui-ci bénéficia d’un contexte très particulier sur lequel beaucoup reste à écrire (4). Concrètement, alors que les nombreux théoriciens de la République, inspirés par les théories de Montesquieu (5), ont combattu l’absolutisme et la monarchie en posant le principe de la séparation des pouvoirs, que constatons-nous depuis des lustres ? Tout le contraire : l’exécutif décide de tout, des lois, des projets, des décrets d’application, des arbitrages, de la conduite des affaires de la France, sans aucun contrôle effectif du peuple, censé être à la fois souverain et représenté par ses élus.

Viol politique ?

Le consentement est le nouveau mot à la mode, depuis l’apparition de toutes ces affaires - réelles ou supposées - gâtant les relations entre les hommes et les femmes. Or cette convenance ne se pratique guère en politique et c’est peu de le dire. Un élu (maire, député, président) ne rend jamais vraiment compte à ses électeurs de son action. Pendant son mandat et dans l’écrasante majorité des cas, l’élu n’attend pas l’assentiment des électeurs, pas plus qu’il ne les consulte pour mener ses différentes actions non inscrites dans son programme de campagne. Faut-il parler de viol politique puisque les élus agissent sans l’approbation de leurs électeurs et de ceux qui n’ont pas voté pour eux ? Certains nous rétorquerons que la future élection permet aux citoyens de valider ou non les réalisations et les projets des élus. Cependant, en cas de mauvais choix répétés et avec les dégâts (politiques, économiques, sociaux) provoqués, est-il raisonnable de laisser un édile aller au terme de sa mandature ? Je ne suis pas démocrate, ni républicain. J’écris ces questions afin de dévoiler les paradoxes de la République.

Liberté ? Egalité ? Fraternité ?

Je remarque donc que tous les théoriciens de l’Egalité prétendant imposer la volonté du peuple et la souveraineté populaire, agissent comme des manichéens. Lors des Guerres de Vendée, les paysans et maraîchers de l’Ouest de la France, de basse extraction sociale, n’étaient pas considérés comme appartenant au peuple par les Conventionnels parce qu’ils défendaient le catholicisme et le royalisme. Les révolutionnaires les qualifiaient même d’ennemis du peuple. C’est dire ! Les bourgeois républicains et libéraux, qu’ils soient issus du XVIIIème ou du XIXème siècle, n’ont pas agi différemment avec le vote censitaire : seuls ceux payant le cens participaient aux élections. Le fermier travaillant dur sans pouvoir s’acquitter d’un impôt assez élevé n’était-il pas du peuple ? Et que dire de la position de la femme dont la position sociale a énormément reculé grâce au Code Civil. Dans l’esprit des rédacteurs de ce monument juridique, les femmes ne devaient-elles pas être comprises comme appartenant au peuple ? Et si elles en étaient à part entière, pour quelles raisons avoir attendu 1944 pour leur accorder le droit de vote ?

La démocratie incarne, dans l’esprit de nombreux Français, le pouvoir du peuple par le peuple. Mais comment est-ce possible si des membres sont écartés, méprisés ou mis de côté en fonction de leur statut social, de leur sexe, voire de leur âge ? Un adolescent de 16 ans n’appartient-il pas au peuple ? De fait, les penseurs démocrates et républicains considèrent qu’ils ne peuvent pas faire confiance à la masse dans les choix décisifs pour le pays. D’où les différentes barrières établies depuis l’avènement de la Première République pour empêcher un nombre important de Français de participer directement à la vie politique. Et que dire de la pratique quasi inexistante du référendum ? Pour quelles raisons est-il si peu usité en France, alors que depuis 1958 il est reconnu, avec le mode représentatif, comme l'une des deux modalités d'expression de la souveraineté nationale ? Tout simplement parce que les dominants se méfient comme de la peste des gens ne leur ressemblant pas.

D’aucuns nous répondront que les barrières sont tombées et que tout Français majeur a aujourd’hui le droit de vote sans distinction de sexe, d'origine, de religion ou d'idéaux politiques. Sur le papier c’est bien joli, mais dans les faits leur système affiche une structure très bien ficelée. Le peuple est présenté comme souverain, mais il délègue sa souveraineté à un individu (président) ou à un groupe d’individus (députés), ne représentant qu’à de rares exceptions près la majorité, pour conduire les affaires politiques du pays. De plus, les journalistes, véritables alliés et alibis des politiques, justifient leur existence en expliquant au bonpeuple bêteet méchant pour qui et pour quelles raisons il doit voter. L’infrastructure sociale permet simultanément la domination des élites sur le peuple et le renouvellement perpétuel de la classe supérieure. Pour faire simple, les têtes changent mais l’esprit demeure. En conséquence, il n’est guère étonnant de retrouver dans des proportions infimes des fils de manutentionnaires parmi les représentants de la Nation ou des Français des classes sociales inférieures occuper les plus hauts postes de l’administration. Cet état de fait persiste depuis de nombreuses décennies. L’Egalité vantée par les idéologues se brisent sur le mur implacable de la réalité.

Vérité politique versus mensonge démocratique

Je constate le mensonge des théoriciens de la démocratie quand ils expriment l’idée que les individus formant la population d’un pays puissent être capables de choix rationnels et objectifs. Ce subterfuge idéologique ne peut être nié, vu que cette souveraineté populaire - comme écrit plus haut - n’agit que par délégation, et encore de manière très encadrée au gré des élections. Les citoyens votent pour d’autres citoyens qu’ils estiment - à tort - plus compétents pour exercer les fonctions politiques. De la sorte, la démocratie représentative loin d’être le pouvoir du peuple par le peuple, établit une véritable césure entre élus et électeurs. Les premiers ayant moults avantages dont certains me paraissent réellement excessifs, pendant que les seconds se contentent des miettes qu’on leur donne… Pour combien de temps ?

Soyons clairs et dévoilons une nouvelle ambiguïté démocratique : si le peuple se montre assez mature pour désigner le magistrat suprême, pour quelles raisons ne serait-il pas capable de gérer directement les affaires du pays sans aucune intermédiation ? Précisons que les élus sont supposés être les meilleurs représentants d’un peuple, d’un pays ou d’une nation. Détrompez-vous, la démocratie ne devient pas une espèce d’aristocratie (6) - le gouvernement des meilleurs - car les mandatés sont le plus souvent ceux disposant du plus gros budget de campagne. La démocratie matérialise le règne des argentiers. Dans ces conditions était-il vraiment nécessaire de mettre la France à feu et à sang pendant des années à partir de 1789, si l’objectif ne visait que la prise du pouvoir pour le confisquer au profit d’une minorité ?

Néanmoins, l’ambiguïté entre les élus et le reste ne s’arrête pas là. La République s’enferme dans des antagonismes nécessairement fatal à plus ou moins long terme. Dans l’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (7), nous lisons : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression  ». Dans le corpus intellectuel de la philosophie des Lumières et de la Révolution française, cette résistance à l’oppressionest vue comme une réaction de défense légitime des gouvernés contre les excès commis par leurs gouvernants. Considérant ce point de vue, la République peut-elle reprocher aux fameux Gilets Jaunes, de manifester afin de lutter contre cet asservissement social, fiscal, économique et politique ? Non ! Sinon la République foulerait allègrement un de ses principes constitutifs qu’elle a gravé dans le marbre. En même temps, l’incohérence ne la dérange pas pourvu qu’elle garde le pouvoir.

Posons clairement le débat : les représentants du gouvernement (Président, Premier Ministre, porte-parole, Ministres) et tous les officiels de l’état peuvent-ils sérieusement reprocher aux Gilets Jaunes le saccage de certaines rues, l’agression des forces chargées du maintien de l’ordre et les dégradations commises à l’Arc de Triomphe ? Bien évidemment que non ! S’ils condamnent ces violences, je leur rappellerai que leur République est née du démontage de la Bastille pierre par pierre et que le sang de Bernard René Jourdan, marquis de Launay (8) et de ses hommes a cimenté ce bel édifice républicain.

Macron face aux Gilets Jaunes

De fait, Macron se trouve face un véritable choix cornélien. Ne pas écouter les Gilets Jaunes signifierait se les mettre à dos. Chacun sera libre de considérer que les manifestations, même violentes, ne donnent rien. Ecouter les Gilets Jaunes, c’est-à-dire accepter leurs revendications les plus communes, signalerait à tous les Français que la violence devient le seul moyen de se faire respecter et entendre du pouvoir politique en place. Ce jeu dangereux finit toujours par se retourner contre tout le monde, adeptes compris. Si la rue devient le seul terrain d’expression politique libre, nous quitterons pour de bon le débat des idées pour rejoindre le rapport de force permanent. La séquence historique qui s’est déroulée à Paris de 1789 (Ouverture des Etats-Généraux) à 1799 (Coup d’Etat de Bonaparte) révèle la dangerosité de cette option…

Ajoutons également que tout geste présidentiel ostentatoire en faveur des Gilets Jaunes sera perçu comme un aveu de faiblesse et comme le symbole des erreurs passées (9). Toute action visant à maintenir le cap fixé par le gouvernement fera de Macron un dictateur (10)(au sens moderne du terme) se drapant dans son orgueil. Il sera alors accusé de ne pas comprendre le peuple en souffrance. La tentation de donner un peu mais pas trop, en somme de faire le grand écart entre fermeté et compréhension, s’apparente à une voie de compromis que le Président de la République emprunte sur la pointe des pieds. Sur le long terme cette stratégie risque de s’avérer perdante.

Pour faire écho au dernier soubresaut populaire d’une certaine ampleur, rappelons brièvement l’historique des Bonnets rouges. Il s’agit d’un mouvement de protestation apparu en Bretagne en octobre 2013, en réaction aux mesures fiscales relatives à la pollution des véhicules de transport de marchandises et aux nombreux plans sociaux de l'agroalimentaire. Cette mobilisation massive en Bretagne s’est traduite par l’occupation de ponts, l’endommagement et la destruction des portiques écotaxes. Cette action d’ampleur et violente, cristallisée en plus par un fort sentiment identitaire face à un pouvoir central jacobin, a déstabilisé le gouvernement. Cela a conduit le Premier ministre de l’époque, Jean-Marc Ayrault, à annoncer en moins de deux mois, une grande réforme fiscale et un « Pacte d'avenir pour la Bretagne ». Conclusion : la violence peut obtenir des résultats à condition de frapper au bon endroit et de maintenir la mobilisation durant assez longtemps.

Dès le début de son mandat et même au cours de la campagne présidentielle, Macron proclamait tout haut ce que la haute bourgeoisie pense tout bas : il avait parlé des fainéants, des illettrés, des réfractaires au changement, de ceux manquant de moyens pour s’acheter un costume, de ceux portant un bleu de travail, qu’il était facile de trouver un métier puisqu’il suffisait de traverser la rue, etc. Il se plaçait dans la droite ligne de son prédécesseur. Hollande avait osé parler avec morgue des « sans dents » (11). Ce mépris macronien envers les plus faibles, l’affaire Benalla, les choix de sa politique pèseront très lourd en 2022…

Que les choses soient claires, Macron ne tire pas sa légitimité des urnes, du peuple ou de ses réussites en tant que Ministre. Sa place à l’Elysée, il la doit à une propagande savamment orchestrée par l’oligarchie médiatique et financière. Malheureusement, les Gilets Jaunes, pour la plupart, ne saisissent pas cette réalité politique. Macron ne personnifie en fin de compte qu’une des faces visibles de cette nomenklatura détruisant les emplois et pillant les richesses de la France. S’en prendre à lui ou à Edouard Philippe revient à arracher la mauvaise herbe, sans détruire les racines. Je ne crois pas possible, en l’état actuel des choses, que les Gilets Jaunes puissent bâtir une profonde réflexion politique consacrée aux institutions ou aux problèmes majeurs nous accablant. Ils sont trop dans l’émotion, trop dans le malheur, trop dans le désarroi pour mener à bien cet exercice intellectuel. Lénine disait : « on ne fait pas la révolution avec des têtes pleines mais avec des ventres vides ».

Demain la guerre civile ? La révolution ?

Nous ne sommes pas à la veille d’une révolution ou d’une guerre civile. Dire cela c’est mentir, ou prendre ses rêves et ses craintes pour la réalité. Les Gilets Jaunes ne proposent pas de véritable programme, ils n’ont pas de relais crédibles et sérieux dans les médias, pas de structure, pas de moyens financiers conséquents, pas de relations diplomatiques, pas de messages clairs. Peut-être que cela changera ? L’avenir le dira. Pour le moment, leur motivation, leur sincérité et leur naïveté les accompagnent. Ils réussissent à entretenir une petite étincelle. Cette dernière se transformera-t-elle en incendie ? Je ne le pense pas. Il y a encore trop d’écrans plats et de consoles de jeux à acheter, trop de crédits à souscrire pour s’offrir des objets de consommation souvent futiles et surtout les réfrigérateurs sont encore pleins pour de nombreuses familles françaises…

Dans notre pays républicain et profondément jacobin, nous entendons depuis quelques temps des comparaisons douteuses émanant des Gilets Jaunes mais pas seulement. Macron serait un nouveau Louis XVI (12) et le système républicain en déliquescence cet Ancien Régimeen perte de vitesse. Il n’y a rien de commun entre l’héritier d’une tradition remontant au Sacre de Reims et un chef d’Etat républicain tirant sa légitimé du jour d’avant grâce à l’onction cathodique. Je n’en dirai pas plus concernant cette idée niant les spécificités historiques et politiques de la monarchie (13). Il me semble important de ne jamais verser dans les idées fausses et les caricatures outrancières surtout si l’on croit défendre une idée juste.

Les Gilets Jaunes se rebellent contre l’ordre établi parce qu’ils n’en peuvent plus de ces taxes, du chômage, de la précarité, de l’insécurité financière permanente, de ne pas pouvoir vivre décemment de leur emploi s’ils ont en un, de ces injustices sociales et du dédain des dominants. Cependant, les Gilets Jaunes en particulier et les Français en général ne se sont malheureusement pas levés en masse contre cette caste médiatico-politique vendant littéralement la France. Ils n’ont pas protesté vigoureusement, lorsque la France a perdu sa souveraineté, sa liberté, sa monnaie, son drapeau. Face au libre-échange, au libéralisme économique et moral, aux délocalisations, à l’immigration de masse, peu se sont révoltés. Quand les hommes au pouvoir bradent notre savoir-faire et nos fleurons industriels, dilapident les richesses créées par les Français, imposent des programmes scolaires en dépit du bon sens et prennent des mesures contre la loi naturelle, où sont les Français épris de justice et de liberté ?

Une seule alternative possible

La politique sérieuse, juste et équitable demande, que dis-je, exige de la continuité, seule capable de préserver la France de dislocation. Nos intérêts vitaux commandent que le chef de l’Etat soit libre, non soumis au clientélisme financier et à l’affreux régime des partis qui plonge littéralement notre pays dans une guerre civile politique permanente. En France, la République reste synonyme de division. Chaque élection présidentielle résonne comme une défaite pour la France, car elle concrétise la victoire d’une partie de la population sur une autre. Que les Gilets Jaunes et leurs suiveurs ne tombent pas dans ce piège illusoire et grotesque de vouloir gagner quelque chose au dépend d’autrui. Rien de bon ne sortira de cette tambouille politicienne. Qu’ils comprennent que la légitimité politique ne provient pas de la rue, de la violence, des médias ou de la finance…

La France a besoin de retrouver son régime naturel. Louis XIII avait dit : « La France a bien fait voir qu’étant unie elle est invincible, et que de son union dépend sa grandeur, comme sa ruine de sa division  ». Nous avons tous une part de responsabilité dans le redressement de notre pays. Le monde de demain, celui que nous léguerons à nos enfants et petits-enfants, peut et doit se construire dès aujourd’hui.

                                        Franck ABED

Franck ABED costume.jpg

 

(1) La France périphérique : Comment on a sacrifié les classes populairesest un essai du géographe français Christophe Guilluy, paru en septembre 2014 chez Flammarion.

(2) Patrick Le Lay, ancien président directeur général de TF1 avait déclaré en 2004 que le métier des télévisions privées était de vendre « du temps de cerveau humain disponible » aux annonceurs.

(3) Le mouvement des Bonnets rouges est un mouvement de protestation apparu en Bretagne en octobre 2013, en réaction aux mesures fiscales relatives à la pollution des véhicules de transport de marchandises et aux nombreux plans sociaux de l'agroalimentaire.

(4) De Gaulle, un mythe infondé, article publié par l’auteur en novembre 2010

(5) De l’esprit des loispublié en 1748 à Genève

(6) Le terme aristocratievient des racines grecques aristoi(άριστοι), les meilleurs, et kratos(κράτος), pouvoir, autorité, gouvernement.

(7) https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789

(8) Commandant de garnison à la Bastille. Après la chute de la forteresse royale, il est poignardé à plusieurs reprises avec des baïonnettes et reçoit un coup de feu. Après le meurtre, sa tête est sciée par un boucher, Mathieu Jouve Jourdan. Elle est fixée au bout d'une pique et promenée dans les rues de la capitale. De Launay est l’une des premières victimes de la Révolution française, aux côtés d'autres défenseurs de la Bastille, également lynchés.

(9) Edouard Philippe reconnaît déjà des erreurs : https://www.lepoint.fr/politique/gilets-jaunes-edouard-philippe-reconnait-des-erreurs-16-12-2018-2279678_20.php

(10) Dans la Rome antique, le dictateur est un magistrat détenant les pleins pouvoirs, nommé en situation de crise.

(11) Valérie Trierweiler dans son livre Merci pour le momentécrit qu’« en réalité, le président n'aime pas les pauvres » et qu'il parle des « sans-dents » pour les qualifier.

(12) Louis XVI, un homme, un roi, essai politico-historique publié en janvier 2016, à l’occasion des commémorations pour le Roi Martyr.

Pour en savoir plus : https://louisxvimartyr.wordpress.com

(13) Pourquoi être royaliste ?, essai politico-historique publié en juin 2016. Pour approfondir le sujet : https://pourquoietreroyaliste.wordpress.com


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34 réactions à cet article    


  • Arthur S NEMO 22 décembre 2018 09:48

    La France a besoin de retrouver son régime naturel.

    Vous voulez dire une monarchie absolue fondée sur une aristocratie (noblesses), une bureaucratie juridico-religieuse (clergé), et un troupeau consulté lors d’états généraux (tiers-état) ?

    Non, merci, très peu pour moi.


    • JL JL 22 décembre 2018 10:12

      ’’ Louis XIII avait dit  : « La France a bien fait voir qu’étant unie elle est invincible, et que de son union dépend sa grandeur, comme sa ruine de sa division  ». ’’

       

       Et depuis, un autre grand homme a dit : « Français, ne séparez jamais l’égalité de la liberté  »

       

       Le régime naturel qu’évoque l’auteur n’est autre que ce que l’histoire appelle l’Ancien Régime, un système inégalitaire dont nous ne voulons plus. Ce qu’il se passe en ce moment et que les GJ rendent visible, c’est la révolte contre les inégalités grandissantes de revenus et de patrimoines.

       

      Ces inégalités sont le nouveau Talon de fer qui nous écrase.

       

      « Les Oligarques avaient réussi à inventer une machine gouvernementale aussi compliquée que vaste, mais qui fonctionnait, en dépit de tous nos efforts pour l’entraver et la saboter. » Jack London, « Le Talon de fer »


    • Durand Durand 22 décembre 2018 10:20

      @NEMO

      .

      Pour moi, ce n’est pas du tout ce que sous-entend cette formule...

      Le « régime naturel de la France » est en tout premier lieu son indépendance politique et sa souveraineté, garante de notre démocratie. Et il me semble absurde, de croire que l’on peut restaurer notre démocratie sans récupérer notre souveraineté, égarée entre Bruxelles et Washington en raison de notre adhésion à l’UE...

      Le RIC que l’on pourrait obtenir maintenant ne nous rendrait notre souveraineté – et il ne peut exister de démocratie sans souveraineté – qu’à la seule condition que ses modalité nous permettent, seulement dans un second temps, de l’utiliser pour poser la question du Frexit... D’ici là, Macron arrivera en 2022 et les poules auront des dents...

      Alors que si les Français optaient pour le Frexit dès maintenant, via un référendum qu’exigerait la pression populaire, l’Union Européenne exploserait immédiatement et de nouvelles élections générales nous permettraient de choisir un programme comportant le RIC et d’autres mesures – prise en compte du vote blanc, etc...– dans un contexte dûment expurgé des contingences communautaires et dans un entre-soi national indispensable à sa mise en application.

      Un débat intéressant :

      https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201812211039391197-gilets-jaunes-contre-bruxelles/

      .


    • JL JL 22 décembre 2018 13:55

      @Durand
       
       ’’Le « régime naturel de la France » est en tout premier lieu son indépendance politique et sa souveraineté, ’’
       
      La souveraineté n’est pas un régime, c’est une profession de foi.


    • JL JL 22 décembre 2018 13:58

      @JL
       
      La souveraineté n’est pas un régime, c’est une profession de foi.

       
      Par opposition, je dirais que l’adhésion à l’UE est une confession de foi.


    • Arthur S NEMO 22 décembre 2018 16:37

      @JL

      ... et la préparation des réveillons une confection de foie (gras)


    • JL JL 22 décembre 2018 18:01

      @NEMO
       
       et le lendemain, régime !


    • JulietFox 24 décembre 2018 17:10

      @Durand
      Vu le boxon du Brexit, très peu pour moi.
      L’effondrement des retraites complémentaires qui en découleraient, idem.
      Revenir au franc, au « serpent monétaire », alors que notre industrie est inexistante ou délocalisée, idem.
      Revenir à une Europe Fédérale : oui !


    • Franck ABED Franck ABED 26 décembre 2018 20:21

      @NEMO
      Si votre vision de l’histoire se résume à des caricatures historiques, je ne peux que vous inviter à vous former intellectuellement sur l’Ancien Régime. Par ailleurs, j’en profite pour vous recommander la lecture suivante :

      https://pourquoietreroyaliste.wordpress.com

      Comment pouvez-vous penser qu’un français issue de la classe moyenne basse (avec un père ouvrier et une mère femme au foyer), épris de justice, de paix et de liberté puisse se battre pour un régime aussi détestable que celui décrit par vos soins ? Si je suis royaliste c’est que l’histoire m’a appris le lien très fort unissant le Roi et son peuple. Le meilleur défenseur du peuple c’est le Roi !


    • Franck ABED Franck ABED 26 décembre 2018 20:22

      @JL
      L’égalité est une utopie républicaine/démocratique. Le but d’un système politique n’est pas d’être égalitaire, mais d’être JUSTE ! Or, objectivement, la république ne l’est pas. 


    • Franck ABED Franck ABED 26 décembre 2018 20:23

      @Durand

      Merci de votre commentaire pertinent et très intéressant !


    • cevennevive cevennevive 22 décembre 2018 10:00

      Bonjour Franck,

      Le jeune ne vous plaît pas ? Il représente plein de choses désagréables de par le monde ?

      Avez-vous entendu parler des sans culottes ? Ils n’allaient pas cul nu, mais c’était un terme de ralliement.

      Quant à votre article, j’y lis avec plaisir beaucoup de choses sensées, mais tout de même une légère acrimonie qui sourd à travers vos termes.

      Dommage que vous n’ayez pas compris que ce mouvement des Gilets Jaune est une prise de conscience du « bas peuple » qui sait maintenant qu’il est sacrifié sur l’autel des oligarchies.

      Il se peut que ce soit éphémère. Cependant cette vague risque de devenir un tsunami dans de nombreux pays. « Nous » serons peut-être anéantis, mais nous aurons existé et nul ne peut affirmer que nous ne soyons pas pris en exemple un jour, avec des chances de succès cette fois.

      Moi, mon gilet est orange. Trouverait-il grâce à vos yeux ?

      Bien à vous.


      • Franck ABED Franck ABED 26 décembre 2018 20:24

        @cevennevive
        Comme écrit dans mon article : prise de conscience incomplète et solutions proposées incohérentes... car elles ne posent pas le fond du problème.


      • pierrerc30 22 décembre 2018 10:27

        Dès votre propos sur l’empereur de Chine et la couleur jaune j’ai compris qu’une forme de boursouflure élitiste étouffait votre réflexion.

        Peu impressionné par cette tentative de bluff intellectuel et culturel, j’ai préféré lire autre chose.

        désolé.


        • microf 22 décembre 2018 11:46


          Á l´auteur @Frank BED,

          Bonjour,

          J´aimerai connaitre votre opinion sur le point de vue de cet africain.

          Gilets Jaunes point de vue d’Afrique par Tatsinda Bertrand.

          https://youtu.be/O7E8oJ_BUJ0

          Joyeux Noel et Bonne Année 2019.


          • velosolex velosolex 22 décembre 2018 12:15

            Un article long et intéressant, qu’on soit d’accord ou non.. Le jaune n’est pas un malentendu, mais une opportunité, celui de retourner justement le symbole de la honte, du cocu et de l’exclusion, en son exhibition. Ce qui est révolutionnaire. De la même façon que les F-men. Quand les gens n’ont plus honte de leurs plaies, de leur objet de relégation, et qu’ils l’exhibent, nous sommes dans quelque chose de nouveau et de révolutionnaire. De même le déplacement du champ de la contestation sur les ronds points ; Les culs de sac d’hier se retrouvent au centre du pays dans un bel exercice de retournement. Peut être est il venu le temps de se mettre la tête à l’envers !

            Cette révolution n’a pas été vu par son soi disant élites, comme toutes celles qui ont compté. Au delà du mouvement, il montre plusieurs choses, qui ne s’éteindront pas avec quelques aumônes. Que le pouvoir parisien, dépendant des lobbys, et des copains, représentant d’une France marginale, celles des riches, est totalement déconnecté. Que ses antennes, qui ont rompu avec la méritocratie républicaine d’antan, pour ne plus être que des courtisans ne font plus la transmission des problématiques, mais qu’a contraire elles cherchent à les anesthésier. C’est la crise médiatique, se rengorgeant maintenant de « populisme », comme ultime exorcisme, pour nier le problème. C’est un trop plein, un syndrome d’inondation. Tout est a repensé : Libéralisme, partage, sens….Nous sommes un petit pays, sans doute, mais avec toujours une voix et une histoire qui porte. Retrouver la fierté n’est pas mineur !


            • Franck ABED Franck ABED 26 décembre 2018 20:26

              @velosolex
              Merci de votre commentaire pertinent et très intéressant.


            • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 22 décembre 2018 12:38

              @Franck ABED 

              «  »Je ne suis pas un gilet jaune. Pourtant, je ne peux être considéré comme une personne privilégiée. Je ne me reconnais pas, tout simplement, dans ce mouvement, ni par la forme de ses émotions soudaines, qu’elles soient pacifiques ou violentes, ni dans le fond, à travers ses réclamations à la fois contradictoires et fondamentalement incomplètes, même si certaines s’avèrent naturellement légitimes…«  »


              Facile à comprendre votre répugnance ! Il suffit de bien comprendre ce que je ne cesse d’expliquer depuis longtemps ! Vous ne comprenez pas ce qu’est la démocratie, vous ne savez même pas ce que cela veut dire, vous vous croyez intellectuel !!! J’ai bien expliqué que le démocratie était une « chose totale », elle est une et indivisible, elle est l’intelligence nationale d’un peuple donné ! 


              Personnellement en voyant la révolte des Gilets jaunes, je n’ai oublié aucune catégorie de Français sinistrés, j’ai même immédiatement pensé au SDF dont les habits sont tellement usés qu’ils ont perdu leurs couleurs ! Vous... Franck ABED, vous avez un compte multicolore mais multinational, normal que la sueur des « prolétaires de France » vous répugne !!! 

              Vous êtes de ceux que j’accuse (de trahison dans mes écrits), c’est-à-dire tous les faux intellectuels qui n’essaient pas de comprendre la détresse de la France d’en Bas mais veulent au contraire recycler la revendication en quelques Euros de prime de fin et de début d’années ...

              Je ne vous dis pas Joyeux Noel !


              • Alex Alex 22 décembre 2018 13:45

                Un auteur qui parle de lui à la 3e personne, qui utilise 50 fois le mot « je » et signe par une magnifique photo de lui-même, est de toute évidence très content de lui (peut-être un peu trop).


                • velosolex velosolex 22 décembre 2018 14:42

                  @Alex
                  Ah bon, un selfi de l’auteur de l’article ?
                  Je pensais que c’était un photomaton de Benalla….
                  Tiens où il est celui là ?
                  Console t’il Macron, l’autiste de l’Elysée ? 


                • JulietFox 24 décembre 2018 17:14

                  @Alex
                  Il existe un mot dans la langue Française : infatué.


                • Gollum Gollum 22 décembre 2018 14:26

                  Sa place à l’Elysée, il la doit à une propagande savamment orchestrée par l’oligarchie médiatique et financière. Malheureusement, les Gilets Jaunes, pour la plupart, ne saisissent pas cette réalité politique.


                  Bien sûr que si. Ce qui frappe c’est, pour beaucoup (pas tous, il y a aussi un bon paquet de frappa-dingues) leur grande maturité politique d’où d’ailleurs leur rejet massif des politiques comme des syndicats. Et des médias. Car ils ont bien compris qu’ils étaient tous pro-Système.


                  PS : vous auriez pu nous épargner votre photo, de surcroit à une bonne table, en ces temps de pauvreté sociale, d’autant plus que vous souriez autant qu’un dépressif genre Droopy..


                  • aimable 22 décembre 2018 14:31

                    A l’auteur.

                    pour vous le jaune du gilet est la preuve que ceux qui le porte sont des cocus , je pense que vous avez raison , ils sont fais cocus par une société qui ne pense qu’a les exploiter en faisant vivre en permanence a la limite de la mendicité .

                    mais aujourd’hui s’ils y mettent le paquet le divorce sera consommé .


                    • Franck ABED Franck ABED 26 décembre 2018 20:18

                      @aimable
                      Je perçois bien leur détresse, comprends leur révolte, mais pour les raisons développées dans l’article, je ne pense pas qu’à terme le divorce sera consommé...


                    • yapadekkoaqba yapadekkoaqba 22 décembre 2018 14:44

                      Le jaune couleur criarde et agaçante est aussi la couleur de l’éclair, de la lumière.

                      Elle rend visibles ceux que la caste dirigeante voulait ignorer. Les assemblées de GJ partout en France fraternisent et discutent ensemble, non plus de merghèz ou de saucissons mais maintenant des institutions, de la démocratie.

                      C’est très bien !


                      • sls0 sls0 22 décembre 2018 16:55

                        Pénible à lire l’article.

                        De la part de quelqu’un qui se croit ou se dit intellectuel c’est normal.

                        Ce n’est pas le premier article où je me pose la question si l’auteur ne serait pas déconnecté de la réalité.


                        • baldis30 22 décembre 2018 19:51

                          à l’auteur,

                           Si vous aviez le ventre vide, si vos enfants n’allaient pas à l’école sans avoir quelque chose de consistant dans le ventre, si vos fins de mois commencez le dix vous auriez une autre opinion de ce qui se passe !

                          VENTRE AFFAME N’A PAS D’OREILLE .. mais vous, repu, belle cravate rose, montre bracelet bien visible avez-vous le sens .... de l’honneur des pauvres ? C’est tout ce qui leur reste ... et la décence impose au moins le silence !

                          Lorsqu’un pourvoir brade le patrimoine de la Nation comme il le fait actuellement, en rendant le vol légal que diriez-vous si cela vous arrivez ?

                           


                          • QAmonBra QAmonBra 22 décembre 2018 23:07

                            @ l’auteur

                            C’est la France profonde qui s’est mise en branle, celle qui a force de labeur et de sacrifices, générations après générations, a fait de ce pays ce qu’il est et, pourtant, « qui ne possède en or que ses nuits blanches », celle dont :

                            (. . .)

                            Cet air de liberté au-delà des frontières
                            Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige
                            Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige
                            Elle répond toujours du nom de Robespierre
                            Ma France

                            Celle du vieil Hugo tonnant de son exil
                            Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines
                            Celle qui construisit de ses mains vos usines
                            Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille
                            Ma France

                            (. . .)

                            Comme le poète, le Peuple a toujours raison et honnit soit qui mal y pense. . .


                            • machin 23 décembre 2018 07:59

                              les syndicalistes appellent jaunes les syndicats traîtres à leurs yeux.

                              Comme maintenant la cfdt vendue au patronnat par Nicole Notat...


                              • JulietFox 24 décembre 2018 17:17

                                @machin
                                Et comme Madame Mouraud, qui veut créer son parti à elle.
                                Elle est d’ailleurs très satisfaite des miettes de Micron, et prête à la poignée de main de Montoire.
                                Une Edouard Martin bis ?


                              • Franck ABED Franck ABED 26 décembre 2018 20:14

                                @machin
                                Si c’était la seule... Bernard Thibault et compagnie. Tous dans le même panier...


                              • toyet 23 décembre 2018 09:04

                                Comme Macron vous ne vous reconnaissez pas dans les gilets jaune, comme Macron vous ne voulez rien changer, si l’on ne s’occupe pas de politique la politique s’occupe de vous.Les gilets jaunes s’occupent de politique à leurs manière, vous et votre pouvoir avez peur,c’est bon signe, gilets jaunes ne lâchez rien.


                                • Franck ABED Franck ABED 26 décembre 2018 20:10

                                  @toyet
                                  Vous avez vraiment mal lu l’article...

                                  Je ne défends pas Macron ni l’oligarchie qui va avec, bien au contraire.

                                  C’est dommage de commenter mon analyse sans avoir saisi la teneur de celle-ci.


                                • Hervé Hum Hervé Hum 23 décembre 2018 10:24

                                  les Jaunes sont les briseurs de grève alliés du gouvernement et du patronat. Encore aujourd’hui,

                                  Les jaunes n’étaient pas alliés du gouvernement et du patronat, c’étaient des gens encore plus dans le besoin et qui acceptaient une plus grande soumission et exploitation.

                                  Surtout, l’auteur fait mine de ne pas voir qu’il milite pour un durcissement du pouvoir politique et la répression féroce, sanglante qui va avec, sous le fallacieux argument de l’unité nationale. Autrement dit, admettant que les revendications des gilets jaunes sont fondées, sa solution est de faire sortir la troupe pour résoudre le problème, puisque une fois réduit au silence, les revendications seront de facto satisfaites !!!

                                  Et ne parlons pas de sa pseudo démonstration des contradictions du système actuel où, reconnaissant qu’il ne s’agit pas de démocratie, récuse cette dernière sous ce même motif que le système se réclame de la démocratie. Autrement dit, pour l’auteur, l’habit fait le moine !

                                  On est dans l’absurde et le niveau zéro de la cohérence du raisonnement.

                                  Du pur sophisme ou bêtise humaine, allez savoir !

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