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Les grandes invasions continuent

J'use souvent du terme paradigme, car il signifie que nous déroulons les mêmes structures sous des aspects différents, et que nous ne les reconnaissons pas comme telle, plus attaché à leurs représentations qu'à leurs fondements. 
Ce n'est bien évidemment pas facile quand des siècles d'évolutions les séparent et que l'on n'a pas eu accès à l'instruction de leurs histoires. Celles qui rapportent nos comportements de différentes couleurs sociales posées par le même pinceau.
De plus il n'y a aucune obligation à les connaître, cela n'empêchera personne de vivre heureux. 

Les esclaves égyptiens, Grecs, noirs, les serfs de toutes les monarchies, les asservis de tous les dominants furent heureux. 
Seule notre vision erronée imaginait qu'ils vivaient dans la souffrance permanente.
Si tel eut été le cas, ils s'eussent tous suicidés. 
Or ils ont joué, chanté, baisé, promené, dansé bref vécu dans la limite de la liberté permise par la domination de leurs maîtres.
Ainsi chaque descendance devait penser que sa vie était meilleure que celle de ses prédécesseurs. N'ayant comme référence que l'histoire ou des souvenirs contés ou écrits de leur PASSÉ.

Certains pensaient que telle était leurs conditions humaines. 
D'autres considéraient normale leurs appartenances "proprietale" à un maître ou seigneur. 
D'autres être des outils achetés (noirs). 
D'autres courbaient l'échine face à leurs destinées et servaient les dictateurs. 
Enfin les Salariés contemporains. Ils n'échappent pas à ce principe, considèrant qu'ils sont libres de louer leur force de travail. 
Ils entretiennent ainsi un lien de subordination et ils se louent sur le marché du travail. 
Ils disposent de la liberté se louer, se vendre et être dominé. 
Également d'entreprendre et être un dominant de deuxième zone coopter en fonction de la limite de liberté que lui laisse le dominant systémique (alpha culturel) développé au fil des âges par tous les hommes qui s'y sont succédés. 
C'est à dire plus de 10 000 ans

Qui est ce dominant est la question ?

Le lien constant qui réunit tous ces paradigmes demeure l'acceptation d'une soumission perçu comme allant de soi. 
Nous trouvons là l'atavisme (le dominant animalier alpha), distordu par la culture en dominant systémique culturel alpha (tabou totem) qui s'impose par le poids du mimétisme social de classe, bien qu'il ait existé des ascenseurs sociaux (élargissement et autres) pour glisser vers de meilleures conditions à toutes les époques, voire au statut de dominant bêta coopté par l'organisation culturelle.

Cela n'écarte pas tous les sévisses et les droits, dits souverains, que s'accordaient les dominants bêta (dictateur, tyran, roi, parlement) avec l'assentiment admis ou forcé par ceux qui les subissaient.

Ainsi, à chaque époque des liens ont uni un dominant et un dominé, revêtant tous les aspects que j'ai cité. 
Chacun a bénéficié d'un espace de liberté accordé par le maître. 
Ils ont donc vécu, enfanté, bénéfcié d'un bien être au regard des moyens de leurs époques.

Ce sont rarement les peuples soumis à l'acceptabilité de leurs conditions humaines qui se sont révoltés à quelques jacqueries près.
Notre monde est leurs descendances structurelles adaptées ou modelées par les résultats de la mémorisation et de l'enchaînement exponentiel de ceux ci.

Chacun de nous peut donc comprendre qu'élevé dans une prison l'on trouve normal les barreaux. 
Il ne viendra guère à l'esprit de ceux qui y vivent de s'en échapper. Nous comprenons dès lors que ces barreaux sont ceux de la culture de chaque civilisation.
 Aucune personne ne les sciera en se déplacant vers d'autres civilisations. 
 Si des hommes n'avaient pas eu la conscience de l'unicité de notre espèce et son humanité.
 Ce sont nos problèmes d'intégration et d'identité que nous avons tant de mal à comprendre.
Pourtant nous avons quelques choses en commun même dans les âges.

C'est l'exploitation de l'homme par l'homme.

N'étant qu'un paradigme d'un comportement instinctif distordu par la rareté, nous le retrouvons développé sous différents aspects civilisationnels, LÀ où il y a des hommes qui TRAVAILLENT.

Ainsi dans un monde où la rareté a contraint les hommes au travail s'en est suivi une représentation du dominant qui est une transposition culturelle du dominant animalier en PIRE pour affirmer sa position de domination.

C'est donc à tort, que nous voyant commettre des actes barbares ou cruels nous les attribuons à nos instincts animaliers.

Nous trouvons cruels et barbares les groupes d'humains qui ont conduit les grandes invasions à la recherche de nourriture et de butins pour assoir leurs puissances. 
Nous avons condamné les colonisations qui poursuivaient les mêmes fins. Seuls les moyens les différencient.
Si la marche à pied, l'arme blanche, les chevaux étaient les moyens des égyptiens, des Romains, des ostrogoth, des Huns, et autres envahisseurs pour assoir leur puissance, plus tard d'autres disposaient de vaisseaux, de canons, d'avions pour mener leurs colonisations. Nous comprenons que l'objectif était identique. S'approprier par la contrainte des sources nourricières et un butin correspondant aux valeurs qu'accordaient les hommes aux choses par lesquelles l'on obtenait la puissance.

Aujourd'hui que faisons-nous, si ce n'est la même chose avec les valeurs qui sont celles du moment. 
Depuis l'arme nucléaire plus personne ne part les armes à la main pour conquérir des territoires. Israël, Sadam, la Serbie, Daesh etc. sont des exceptions, ce ne sont pas de grandes invasions, ce sont des conflits locaux.

Il n'y a personne à juger.

Nous ne développons suivant les époques ce que nous pensons découler de nos Savoirs absolus, hier plus qu'aujourd'hui.

Je fais mesurer cela avec l'histoire d'une ordalie.

Un évêque ne peut trancher le différends entre deux manants. Il charge chacun d'un poids de 50 kg avant de les jeter à l'eau, en disant celui qui remontera sera innocenté par la main de dieu. Et un des manants de s'écrier mettez en 100 kg je suis innocent dieu me sauvera.
Une jolie petite histoire pour démontrer comment quand nous sommes dans l'ignorance, que ce soit le dominant ou le dominé chacun vit avec les lois et les usages qui en ont résulté.
Mais celui qui en supporte les conséquences, c'est le dominé.

Dans nos sociétés c'est ; la Déclaration des droits de l'homme qui est devenu un nouveau dominant systémique alpha culurel. 
En son nom, il ne peut plus y avoir en dehors de Ses règles que des dominants bêta.

Pour tant ils ne faut pas imaginer que cela est exceptionnel. 
Toutes les autres civilisations avaient leurs droits de l'homme. Elle définissaient toutes les formes de soumission d'un dominé aux dominants bêta dans les relations humaines suivant la loi du dominant systémique culturel alpha (essentiellement toutes les croyances définies par les humains qu'ils ont expliquer detenir des dieux, pour avoir l'assurance qu'elle ne puisse être contester et donner le pouvoir à ceux qui les represente).

Aujourd'hui en Occident les droits de l'homme ont précédé la religion, dans d'autres pays ils restent au deuxième rang.

Ainsi, nous ne pouvons JUGER le passé avec les SAVOIRS et les CONCEPTS qui n'existaient pas à leurs époques, parce que nous rerouvons, reconnaissons de mêmes structures.

Ex : le génocide, mot défini en 1944 qualifiant des comportements spécifiques du Nazismes. 
Les Arméniens ont vécu en 1915 la même chose.
Les Amérindiens du nord et du sud ont vécu la même chose par l'immigration européenne du 15ème au 18ème siècle.
En 1915 cela a été nommé un crime contre la civilisation.
Au 15/18 siècle nous désignons cela la découverte du nouveau monde, et les USA la conquête de l'ouest.
Nous pouvons qualifier les comportements antérieurs identiques de génocide, mais c'est un jugement émotionnel qui déforme l'histoire car il ne peut être rétroactif.

Sans nous en rendre compte nous faisons souvent cela.
Le réel que nous avons vécu dans la micro seconde, s'installe dans la mémoire pour créer l'image du passé. 
La mémoire est bien réelle et génère ses effets, seule l'histoire racontée est passé.

Cette mémorisation n'est pas faite pour juger les actes du passé.

Elle nous sert d'étalon de mesure, de comparaison pour nous aider à faire nos choix avenir et écarter ce qui nous tue ou nous fait souffrir pour ne conserver que ce qui aide à la vie.

Il ne peut pas y avoir de réalité rétroactive, et nos jugement sur des évènements passés les sortent de leurs réalités car ils n'existent plus. 

Nous ne savons pas encore marquer cette différence dans les faits. 
Car tout ce que nous aurons gardé en mémoire des réalités vécues, est distordu par le langage et l'écrit pour ne raconter que notre passé et seulement cela, nous affecte.
Je mets au défi quiconque de raconter sa réalité qui ne dure même pas de micros secondes.
Nous vivons au réel avec l'histoire de notre passé, il y a jamais de retour en arrière possible.

Quel est donc aujourd'hui ce dominant bêta et quelles armes il utilise.

Il faut le chercher dans le paradigme moderne du dominant dominé.
Dans nos démocraties où l'homme est l'égal d'un autre, il est un domaine où ce paradigme a toujours cours.
C'est dans la relation des hommes au travail où se fabrique les besoins nourricièrs et l'arme qui permet d'avoir le butin, la richesse qui donne la puissance, c'est à dire la monnaie. Ceci depuis les accords de Bretton Woods et l'abandon du pouvoir régalien des peuples européen (BCE).
Nous pouvons le traduire comme cela.
Les dominants bêta anciens disposaient du droit et de la richesse.
La révolution les a transféré aux peuples.
Ceux qui ont accédé au pouvoir par le peuple, l'on depossédé de la richesse pour la transférer à une classe de dominants bêta qui soumet l'autre à qui il ne reste que le droit sans puissance.

Je reconnais avoir déroulé en quelques phrases 5000 ans d'histoires pour nous faire comprendre que nous n'avons pas beaucoup évolué dans nos rapports sociaux.
Tout cela caché par la modernité de nos moyens technologiques.
5000 ans n'est rien à côté des 2 millions d'années d'existence de notre espèce, et des 4,5 milliards de celle de la planète qui reste. 
Nous avons donc du temps pour évoluer et abolir ce qui nous maintient au fil des siècles dans un rapport atavique distordu par la culture, l'exploitation de l'Homme par l'Homme, ce que maintient le capitalisme.
 C'est lui qui donne le capital à des particulier bêta pour conduire la nouvelle invasion monétaire dite financière. 
 La Chine l'a si bien compris qu'elle veut que sa monnaie devienne une référence internationale pour conduire une grande invasion. Certains disent l'Afrique.
 Nous savons ce qu'il reste à changer qui détient la monnaie.
 


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7 réactions à cet article    


  • Doume65 19 juin 23:46

    « la grande invasion continue »

    Oui, et ils osent tout, surtout sur AV, c’est à ça qu’on les reconnait.


    • ddacoudre ddacoudre 20 juin 22:01

      @Doume65

      Bonjour

      Moi je n’en connais qu’une, celle qui soumet d’où qu’elle vienne. Cordialement ddacoudre overblog


    • HELIOS HELIOS 20 juin 00:15

      ... c’est tout le discours qu’on connait depuis longtemps sur l’absolu et le relatif.

      ... oui, mais, quand on vous coupe la tête est-ce un acte absolu ou relatif ?

      Ok, je sais, on ne coupe pas la tête de tout le monde, d’abord parce que l’étêté se défend et qu’on a trouvé une autre solution.

      Cette solution s’appelle la « démocratie »... au nom d’une organisation très minoritaire où le verbe permet de déguiser la réalité, l’absolu s’est transformé en dogme politique induisant la domination de « l’Organisation » avec un grand O, sorte de faux nez qu’on pourrait affubler à la « civilisation » si celle-là se laissait faire.

      Avec la peinture de la science et des technologies, le relatif est devenu un règlement pour lequel tout le monde est soumis. Et comme une maladie, on sait que la force de l’habitude permet toutes les acceptations au point d’en faire disparaitre la réalité.

      Alors, le dominant, celui qui est le maitre de la démocratie, celui qui au final va décider d’où qu’il soit issus... des urnes ou de la performance sociale, .. il va être obliger de serrer la vis, chaque fois un peu pour que l’absolu ne succombe pas au relatif. Peu importe le domaine, le sujet, l’objet, l’essentiel est d’appliquer une contrainte pour que le soumis puisse le rester et ne profite pas de son habitude pour s’échapper.

      Vous voulez un exemple.... impôts, lois, règlements... tout y est : avez vous vu, sérieusement je veux dire... une contrainte quelle que soit son domaine d’action, s’allège ou disparaisse ? la taxe d’habitation est un faux exemple, sa disparition est sectorielle... mais, le 90 km/h est passé a 80 (et non pas le 90 passé a 100) et la myriade d’obligations ne cesse de s’agrandir....

      que dire de plus.... vous avez compris j’espère, et comme pour le syndrome« de Stockholm, il y a des »soumis" non seulement qui acceptent, mais défendent le maitre.

      Tenez, comme pour notre vieil ami africain qui n’avait pas pensé a cela.... au nom de la sécurité (l’absolu) vous acceptez une limitation de votre liberté (le relatif).... vous n’aurez ni l’un ni l’autre... j’ai bien adapté hein ???

      Bye, bye


      • HELIOS HELIOS 20 juin 00:17

        @HELIOS

        euh... déconnez pas, hein... je ne suis pas philosophe, je suis juste une technicien... je vous ai écrit ce que j’ai compris. 
        Expliquez-moi votre vision des choses, sinon.


      • ddacoudre ddacoudre 20 juin 22:14

        @HELIOS

        Bonjour Il n’y a pas de choix à faire. L’absolu ne nous est pas accessible. Ce désir de se sécuriser avec ne permet que de développer la mort que l’on porte. Mais le relatif c’est savoir que chacun est un et qu’il faut donc savoir mesurer les nuances. Or en voulant tout mathématiser car ça offre cette illusion d’absolue cette satisfaction de ne pas se tromper nous en devenons inhumains. Cordialement ddacoudre overblog


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