• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Les îles, de la réalité à l’imaginaire des hommes

Les îles, de la réalité à l’imaginaire des hommes

Qui n'a rêvé dans son enfance d'îles lointaines, petits morceaux de terre essaimés sur les océans ? De Robinson Crusoé, naufragé sur la sienne, à celles fantastiques de Jules Verne, en passant par l'île au trésor de Stevenson, ces récits ont marqué notre imaginaire, inspiré nos rêves et motivé certaines de nos interrogations.

Tant de choses incitent au départ, tant de choses suscitent le désir de partance. Mais qu'évoque le mot en lui-même ? S'agit-il d'un mythe enfoui dans notre inconscient ou d'une réalité universelle ancrée au plus profond de notre être ? N'ont-elles été découvertes que pour être oubliées ou sont-elles davantage le prétexte d'une conquête qui sommeillait en nous et n'attendait qu'une occasion pour devenir projet ? Sont-ce des thébaïdes secrètes et inaccessibles, îlots d'intimité à préserver, ou une aventure à vivre pour ceux qui portent leur regard par delà l'horizon ? Pour atteindre ce but, point de bâton de pèlerin, mais un esquif à armer, une voie d'eau à ouvrir, pour cette quête de l'impatience et du désir que représente un embarquement.

Qu'est-ce qu'une île ? Le dictionnaire en donne une froide définition : " Etendue de terre entièrement entourée d'eau, émergeant dans un océan, une mer, un lac ou un cours d'eau." La démonstration est tellement succincte qu'il ne faut pas s'étonner si rares, voire même inexistants, sont les ouvrages qui ont abordé le sujet. A part le dictionnaire des îles de Christian Nau, remarquable travail de documentation, peu d'écrivains se sont penchés sur la question. Antoine, le chanteur- navigateur, amoureux des îles du Pacifique, mérite d'être cité, mais ses livres valent surtout pour la qualité des images. Et, cependant, ne sont-elles pas des milliers parsemées sur les océans ? Il est intéressant de noter que près de 71% de notre globe terrestre est entouré, ceinturé, recouvert d'eau. Il est significatif, par ailleurs, à l'aube du troisième millénaire, que plus de 90% du trafic international se pratique par la mer. Depuis le commencement du monde, les îles étaient silencieuses, discrètes, isolées, comme perdues dans l'immensité marine, attendant que l'ingéniosité des hommes leur mérite d'être découvertes, peut-être même conquises.

Quels motifs ont incité nos ancêtres à s'engager dans de telles expéditions dont certains ne revinrent jamais ? Dès l'origine, l'eau fut source de vie. Elle permit à des peuples de se fixer naturellement le long des rivières et des fleuves. Ces peuples prirent vite conscience de l'avantage qu'ils pouvaient en tirer et ne tardèrent pas à réaliser que la rivière allait au fleuve et le fleuve à l'océan. Ils en déduisirent logiquement que l'élément liquide ouvrait des espaces qui rendaient possible l'utilisation de voies navigables. Alors ils inventèrent les premières constructions flottantes destinées à la navigation. Les techniques, qu'ils mirent en oeuvre, développèrent en eux débrouillardise, habileté, sens du calcul et de l'observation. Ils surent bientôt exploiter l'élément fluide et, grâce à ces évolutions, passèrent du frêle esquif aux goélettes et caravelles, des clippers aux transatlantiques, afin de conquérir des terres nouvelles, qu'ils nommèrent "les nouveaux mondes".

Chevaliers de la mer, ces peuples de pionniers ont pris la mesure du globe, établi sa topographie, fondé des comptoirs commerciaux sur tous les continents. Pour mener à bien de tels voyages, encore fallait-il chercher des lieux d'étapes pour le repos des équipages, souvent fourbus, parfois malades, qui avaient eu à affronter les tempêtes et la dureté des éléments, dans des conditions inconfortables. Havres de repos, les îles s'offraient à eux. Elles permettaient aux hommes de reconstituer leurs forces, aux navires endommagés d'être réparés et remis à flot.

Habitées ou inhabitées, moins envahies que conquises, le féminin les justifie. Sauvages, arides, mystérieuses, exubérantes, fières, dolentes, elles se méritent. On y aborde ou on s'y échoue. Filles des brumes ou filles du soleil, l'homme les a qualifiées selon les époques et les circonstances. Ile de beauté, mais aussi de désolation, refuge et bannissement, quand ils se les approprient, elles deviennent îles prison pour galériens et bagnards, repères d'exilés et d'exclus, de pirates et de flibustiers, pièges à embuscade pour corsaires et boucaniers. Grands navires encalminés, ne voient-elles pas défiler le monde, sphinx des éléments liquides, les siècles ont eu peu de prise. Ces îles constituent des univers à elles seules, forgent des mentalités à part, engendrent des populations qui aspirent à vivre en dehors des grandes nations, auxquelles elles ne sont pas forcément rattachées. L'insularité n'est pas un vain mot.

Néanmoins l'histoire ne les a pas épargnées, puisqu'elles sont à jamais inscrites dans les mémoires et les récits que nous ont rapporté les explorateurs d'antan, les Marco Polo, Vasco de Gama, Magellan, Gonzalvo Cabral, Christophe Colomb, Jacques Cartier, Samuel Wallis, James Cook, Bougainville, William de Shouten, Gonneville et quelques autres ; qu'elles soient ou non répertoriées sur les cartes ou restées captives de leur isolement. Soudain, ces navigateurs les ont nommées, décrites, situées et elles se sont mises à hanter nos rêves, à peupler notre imaginaire, à susciter nos désirs. Selon leur latitude, on les savait hautes et volcaniques, basses et coralliennes, déchiquetées et balayées par les vents, mieux encore cernées par les glaces.

Amas de roches déchiquetées aux abords des détroits, des caps et des continents, elles se perdent en mer sous l'oeil des frégates et des albatros. Dans le grand nord, celles des 50° au pôle, elles expriment la poignante solitude des terres hostiles, paradis des oiseaux migrateurs et domaine d'élection des manchots, des phoques et des ours. Ici règne un monde minéral, animal, glacé et superbe. Si nous poursuivons notre navigation en deçà du continent blanc, nous laissons au large la Finlande, la Suède, la Norvège, le Danemark, labyrinthe d'archipels que sillonnèrent leurs ancêtres Vikings. Cap plus au Sud, nous croiserons quelques pêcheurs rudes, accrochés à leurs barques, galériens des brumes, venant des bancs de Terre-Neuve, laboureurs des océans, leurs étraves fendant les vagues avec audace.

Sous les latitudes tropicales, le contraste est saisissant. Les îliens qui les peuplèrent eurent noms : Maoris, Polynésiens, Antillais, Caraïbes, Arawaks, Amérindiens, Moluques, Canaques, Aborigènes. A la suite de grands malheurs, certains d'eux disparurent à jamais. Alors que dans les pays insulaires, nous apercevrons, au hasard des rencontres, des Japonais, des Fidgiens, des Néo-Zélandais, des Réunionnais, des Mauriciens, des Javanais, des Tahitiens, des Hawaïens. Parfois les cyclones rappellent la colère et la puissance des dieux, mais lumière, lumière... Là tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Quelle est la plus belle ? Comment répondre à cette question ? Pour les uns, ce sera toujours la dernière abordée, pour les autres la prochaine à découvrir, pour quelques amoureux, ayant posé leur sac à terre, celle-ci sera l'élue.

Face aux Antilles parfumées de rhum et de vanille, n'est-ce pas enfin notre vieux continent qui se profile, n'est-ce pas l'Europe ceinte, entourée de ses filles rebelles, véritable patchwork de beauté elle aussi ? Des îles Féroé à l'Islande, des Scilly aux belles Anglo-Normandes où Herm la douce côtoie Sark la fière, des Chausey annonçant Tombelaine, de Sézembre à Bréhat parée de granit rouge, effluves de bruyère et senteurs d'ajonc, voilà la côte des vents où la terre finit. Faut-il s'arrêter au Golfe du Morbihan, parmi un chapelet d'îlots dans lequel s'engouffrent les courants, certes l'étape sera périlleuse. Se poser à Houat ou s'ancrer à Houedic, poursuivre son itinéraire jusqu'à la perle, l'unique : Belle-Ile. Trop de superlatifs pour décrire sa splendeur. Après ce long voyage, pourquoi pas Noirmoutier et Ré, plus bas Madère, les Canaries... Mais même en cent ans, nous n'aurons pas le temps, nous n'aurons pas le temps !

Puisque ces îles innombrables nous donnent le tournis, pourquoi ne reviendrions-nous pas à nous-même ? Chacun n'a-t-il pas son île intérieure ? Chacun ne possède-t-il pas son insularité ? Comme l'île s'abrite derrière ses plans d'eau, nous préservons notre intimité derrière des apparences souvent trompeuses. L'île est un monde de silence et le silence est notre île. Alors reprenons le cours de nos rêves, reprenons la voie de nos songes. La plus belle île restera toujours inaccessible, car lieu d'un ultime voyage, car destinée imprévue, désir de transgression, terre toujours espérée et jamais atteinte. Oiseaux migrateurs dans le temps qui voit défiler nos jours comme des paysages, nous sommes en attente et en espérance de cette ultime étape où reposer nos ailes.

 

Armelle BARGUILLET 

 


Moyenne des avis sur cet article :  3.83/5   (6 votes)




Réagissez à l'article

33 réactions à cet article    


  • Bec à foin Carabosse 10 août 10:00

    Super Rosemar


    • S.B. S.B. 10 août 10:20

      Il ne devrait y avoir que des articles comme ça...


      • AlLusion AlLusion 10 août 10:31

        Bonjour Armelle,

         Pas uniquement des articles comme ça, mais plus qu’il n’y en a actuellement alors que tout prête à voyager en été.

         Peut-être trop toujours au même endroit et il faut alors contingenter comme on l’a fait ce we .

          Comment est-il possible de se payer moins de cinq mètres carrés de plages ?

         Nous avons 66 kms de côtes et c’est à Ostende, Blankenberge et Knocke que tous se rassemblent.

         Comme vous dites pour être en dehors des attaques potentiels du Covid, une île déserte en solitaire....

         Mais comme vous dites, il faut être débrouillard.

        https://www.youtube.com/watch?v=SS4h4BjKfp0

         

         



        • Étirév 10 août 10:50

          Ile, lieu de refuge des femmes, lieux fortifiés par la nature que la Providence semblait offrir comme un asile aux femmes traquées ; cette espèce de continent défendu par des remparts d’eau était le grand objet des vœux de l’homme ; c’est de là que ces demeures isolées ont été la scène de tant de grands événements de l’antiquité. C’est dans une île que nous trouvons le palais de Circé ; c’est dans une île que Pluton exerce son empire. Le chef-lieu des Atlantes était une île. La République des Champs Elysées s’étendait sur plusieurs îles. Bailly en demande la raison à Voltaire :
          « N’êtes-vous pas étonné de voir que tout ce qu’il y a de plus intéressant dans l’antiquité se passe dans les îles ? »
          Les îles étaient tellement en vénération qu’on les appelle : Terres sacrées, pays de salut. Leur nom « Eiland », ou, avec un H, ; Heiland est formé du mot « Heil » qui signifie salut et saint. Lieu de sûreté divine, « as-île » (1) (asile contre la terreur). Et on appelle « ex-il » le bannissement des hommes injustes ou impies.
          Mais on alla plus loin. On construisit des villes au milieu des lacs.
          Le lac Mœris en Egypte serait un exemple de ces cités de refuge des féministes.
          En Irlande, on a découvert des débris de cités lacustres dans lesquelles on a trouvé des armes et des ustensiles de l’âge de bronze.
          Ballinlough recèle dans ses abîmes le « Thier-na-oge », terre de l’éternelle jeunesse, paradis païen, dit-on, analogue au Walhalla de la mythologie scandinave.
          Le Lough Drine est peuplé d’îles fées qui, chaque été, une certaine nuit, dansent une sarabande folle, dira la mythologie masculine.
          On construisit jusque dans les lacs de véritables hameaux posés sur des pilotis et auxquels on arrivait du rivage par une trappe (« subbelen », être pris dans une trappe). De « Pyl » (pilotis) et « Huyske » (maisonnette) on a fait « Pélasge », nom générique donné aux peuples qui avaient, à cette ancienne époque, leurs Mystères dans ces îles factices, et surtout aux habitants du lac Togolia en Grèce.
          Le mot « stæch » (pieu fiché en terre) a également prêté un nom aux îles Stœchades (îles d’Hyères) où se célébraient les Mystères phocéens de Marseille.
          Notre mot « pieu », en celtique « Pyche », a fait nommer « Pictes » différents peuples, ceux, par exemple, qui avaient leurs cités lacustres dans les lacs d’Ecosse, ceux qui les avaient à l’embouchure de la Somme ou de la Loire (Picardie, « Pick Erd », terre des Pictes).
          Hérodote, parlant d’une de ces constructions insulaires établies dans le lac Prasias, en Thrace, dit qu’elles avaient été élevées par les Péoniens, ce qui montre l’ancienneté de notre mot « pionnier ». (« Peon », en espagnol, veut dire terrassier, et « Pion », en français, surveillant.)
          (1) le « As » scandinave, l’un absolu (l’unité centrale, l’axe), dérive de « Is ». Nous retrouvons la racine « Is » dans Is-is, Isthar, Istacar, Is-ra-el, Isa-ac, Ish-wara.
          La vie féminine était représentée comme le symbole de la vertu et du bonheur. La femme est celle qui porte en elle le bonheur. Chez les Scaldes ou Celtes du Nord, on trouve des villes sacrées et fermées appelées « Asgard ». C’est là que les Valkyries distillent tous les plaisirs, disent les légendes masculines, qui ne voient dans le bonheur spirituel que des plaisirs.
          Asgard, c’est la ville des « Ases ». C’est de ce mot ancien, très ancien, que dérive le nom donné à l’Asie et à la Femme, Asha ou Aïsha.
          Les Romains se servaient du mot As pour exprimer une unité de mesure ou de poids. Nous l’appliquons encore aujourd’hui au premier nombre des dés ou des cartes.


          • binary 10 août 13:02

            Quelle est la différence entre une ile et un continent ?


            • Fergus Fergus 10 août 13:20

              Bonjour, binary

              Le continent est aux îles ce qu’est le catholicisme aux sectes ! smiley 


            • Bec à foin Carabosse 10 août 15:01

              @Fergus

              tempête sur la Manche !
              le continent est isolé !


            • Fergus Fergus 10 août 16:30

              Bonjour, Carabosse

              Voilà qui me rappelle l’action d’éclat d’André Dupond, alias Mouna Aguigui, le tribun des restos U que j’ai un peu connu naguère au Quartier Latin : un jour, il est parti à l’assaut d’un cuirassé américain au mouillage à Golfe Juan ; juché sur un pédalo avec quelques amis, il criait aux Ricains dans son haut-parleur : « Rendez-vous, vous êtes cernés ! »


            • AlLusion AlLusion 10 août 18:04

              @binary & Fergus,
                IL y a aussi les « incontinents » ceux qui ont des fuites et qui, stressés, n’ont plus le temps de se demander quelle est la différence... smiley


            • Fergus Fergus 10 août 13:17

              Bonjour, Armelle

              Très intéressant tour d’horizon, si je puis dire.

              « Sauvages, arides, mystérieuses, exubérantes, fières, dolentes, elles se méritent. »

              C’est notamment vrai des îles bretonnes :

              Qui voit Groix voit sa croix.

              Qui voit Molène voit sa peine.

              Qui voit Ouessant voit son sang.

              Qui voit Sein voit sa fin.

              Les îles ont toujours exercé une fascination sur les hommes, et engendré un imaginaire particulier que nombre d’entre nous alimentent, chacun à sa manière. Personnellement, de toutes celles que je connais, ce sont les îles d’Aran  en Irlande  qui m’ont le plus impressionné :

              Extraordinaires îles d’Aran.

              Cela dit, je garde un faible chez nous pour la plus grande des îles du Ponant :

              Superbe et sauvage : l’île d’Ouessant.


              • Fergus Fergus 10 août 13:53

                A toutes fins utiles, le recueil des actes du colloque du Centre Culturel International de Cerisy consacré à l’imaginaire des îles (1993)  lien  comporte des textes très intéressants.


              • xana 10 août 14:04

                Un peu meilleur que les écrits quotidiens de Rosemar.

                Maintenant pour savoir si c’est (ou non) Rosemar qui a décidé de se payer un autre pseudo, attendons de voir le prochain article de Armelle Barguillet sur les masques/muselières...


                • Bec à foin Carabosse 10 août 15:06

                  @xana

                  pas besoin d’attendre
                  vous ne pensez quand même pas qu’une pouliche percheron pourrait tenir un trot attelé aussi longtemps que l’élégante jument qui a écrit cet article, scolaire certes, mais de bon niveau ?
                  les pur-sangs sont en vacances, on dirait


                • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 10 août 15:27

                  Bel écrit...forgent des mentalités a part...oui tout à fait exact et je peux en témoigner. (18 ans en Polynésie) .


                  • Surya Surya 10 août 15:31

                    Lorsque nous étions enfants, notre père nous organisait de temps en temps des concours d’îles désertes du Pacifique. Il nous achetait de très grandes feuilles Canson blanches, et on devait dessiner, comme une carte, l’île déserte parfaite, avec tout ce qu’on voulait mettre dessus (rivière d’eau douce, volcans, plages, hutte, grenier...) mais on n’avait droit d’y emmener que six objets, et il fallait qu’ils soient utiles à la survie. C’était un concours où on ne gagnait rien, en fait, juste une opinion sur la meilleure carte et les objets les plus utiles, et c’était très amusant.

                    Alors évidemment il y avait les grands classiques,les allumettes pour faire le feu, la machette pour couper les noix de coco (parce qu’il y a des noix de coco sur une île déserte, forcément)... et moi, sur mon île, j’emmenais systématiquement... ma pince à ongles. C’est vrai, quoi, vous imaginez vivre sur une île déserte sans jamais pouvoir vous couper les ongles ? 

                    J’ai rarement gagné le concours, ha ha  smiley

                    Mais vous savez, tout objet, sur une île déserte, peut devenir l’objet le plus utile et le plus important. Souvenez vous du film avec Tom Hanks (quel génie, cet acteur !) prisonnier de son île avec un ballon de foot...

                    Je ne sais pas si c’est de là que vient ma passion pour les îles du Pacifique et pour les cultures océaniennes (surtout les sculptures polynésiennes, qu’est-ce que c’est beau !).

                    Merci pour ce très joli texte.

                    Ps : je l’ai toujours, cette pince à ongles, et bien entendu je l’ai prise avec moi quand je suis partie vivre en Grande Bretagne, pourtant pas tellement déserte comme île...

                     smiley


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 10 août 15:53

                      @Surya

                      A Ua Pou iles Marquises au début des 80 nous avions « papa noël » comme voisin ...un sculpteur sur bois incroyable de maîtrise.Il ne vivait pas de son art mais chacun de lui donner des outils pour qu’il continue.


                    • Surya Surya 10 août 16:20

                      @Aita Pea Pea
                      C’est tellement fin, tellement délicat, ces sculptures, qu’on dirait presque de la dentelle (un peu comme les bas reliefs d’Angkor Wat qui sont de vraies merveilles).
                      C’est dommage s’il ne vivait pas de son art, mais peut-être était-ce un choix et préférait-il garder ça comme loisir ? De quoi vivait-il, alors ? 


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 10 août 17:26

                      @Surya

                      Lorsque je l’ai connu ado il était déjà très vieux. C’est un monsieur qui a perpétue la tradition de sculpture marquisienne.D’ailleurs le renouveau culturel marquisien lui doit beaucoup. Sinon il était boulanger...ses firi-firi étaient une tuerie.


                    • Surya Surya 10 août 17:54

                      @Aita Pea Pea
                      Je viens de trouver sur internet une recette de firi-firi au lait de coco, je vais essayer, sans espérer, bien sûr, faire la moindre concurrence à votre ancien voisin qui, en plus d’être un excellent boulanger, était apparemment aussi un véritable « sculptueur »  smiley


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 10 août 18:10

                      @Surya

                      Sinon en Polynésie un autre grand style : Statuette de A’A ...iles australes .


                    • Fergus Fergus 10 août 19:11

                      Bonsoir, Aita Pea Pea

                      A propos de sculpture, extrait de l’un de mes précédents textes :

                      « Lorsqu’il ne fait pas la sieste ou ne trait pas ses vaches à bosse azawak, Ousmane sculpte en effet des statuettes en bois d’ébène ou de kola pour le compte de Lassana, son cousin du Kremlin-Bicêtre, importateur pour la France de curiosités africaines vendues par des compatriotes sur les marchés. Rien qui puisse intéresser les galeries « ethniques » des grands musées : Ousmane travaille plus modestement pour les gogos parisiens désireux de donner à la décoration de leur loft une coloration exotique et quelque peu égrillarde. Ousmane sculpte toujours le même personnage : un grand Noir dégingandé dont le pagne en paille de riz ne peut dissimuler l’impressionnante érection. Au fil des ans, le membre s’est démesurément allongé, et Ousmane s’est attaché à fignoler le poli du gland. »


                    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 10 août 19:20

                      @Fergus

                      Papa noël travaillait pour lui ...pour le plaisir.


                    • In Bruges In Bruges 10 août 16:19

                      Mouais...

                      Là aussi, ce sont des iles.

                      Mais pas trop paradisiaques.

                      https://www.youtube.com/watch?v=LqNeBg98LnE

                      ou encore :

                      https://www.youtube.com/watch?v=XV5uJEVnw-Y

                      Bref, méfions-nous des idées toutes faites....


                      • AlLusion AlLusion 10 août 18:06

                        @In Bruges
                         Merci pour les vidéos...
                         Je les regarde pour le moment.


                      • paco 10 août 19:02

                         Merci, Madame, pour cette lecture poétique.

                         Ce site est ainsi fait... des auteurs quasi quotidiens qui soliloquent leurs platitudes évidentes, des auteurs furieusement propagandistes, des commentaires bruts de décoffrage, et parfois, trop rarement, des pépites...


                        • saint louis 10 août 20:21

                          Étant môme, je prenais un pied pas possible à la lecture des aventures de Jules Vernes ou autres avec les histoires fantastiques se déroulants dans des îles lointaines des tropiques.

                          Ce coté extraordinaire est atténué avec les années, mais reste le coté magique enfouis quelque part dans la mémoire.


                          • velosolex velosolex 10 août 23:02

                            Mais y a t’il encore des ïles ?

                            L’isolement, pendant longtemps lié à ces endroits dangereux, où il fallait être né là pour y vivre, supporter l’intranquillité, tant des endroits étaient prisés des pirates et des frères de la côte, des débarquements des troupes anglaises et avant cela des Vikings, ne donnaient à personne envie d’y vivre.

                            L’ile fut aussi lié à l’enfermement. Réfugiés espagnols consignés à Belle ile, où était aussi cette « maison de correction » ou Prévert s’inspira d’un triste fait désert pour écrire « la chasse à l’enfant »..... Pétain exilé à l’ile d’Yeu…. Du conte de monte Cristo au mythe de Napo qui passa d’une ïle à une autre, un première pour naitre, la dernière pour y mourir !

                            Hugo à Guernesey, et Sarah Bernard à Belle Ile promulguèrent l’attrait de ces terres entourées d’eau, où l’on se démarquait en quelques heures du continent. Mais chic au départ, le tourisme est devenu aussi mortel que les troupes d’Attila, qui laissaient des déserts derrière eux 

                            L’ile de Ré, Belle Ile, et même Ouessant, sont maintenant infestées de touristes, cherchant je ne sais quoi d’exotique à ramener en supplément d’âme. Objectivement ces endroits sont beaux, pas plus souvent toutefois que le continent en face, et surtout deviennent dénaturés, et n’existent plus en temps qu’ïle que par le miracle de l’auto persuasion. Moralité, il faut aller chercher ses iles ailleurs, sans forcément qu’il ne soit question d’histoire d’eau autour….

                            L’eau monte. Patiente ! De nouvelles ïles vont apparaitre, même si d’autres vont couler. Autre chose, la beauté des iles dépendent de la qualité de la mer qu’il y a autour. On peut se faire du souci sur les mythes. Bientôt on marchera sur l’océan de plastique ou d’algues vertes pour relier le continent.

                            Je sais c’est pas glamour. Désolé. J’ai pourtant pas mal d’anecdotes sur les iles bretonnes, ou je suis passé, ou j’ai travaillé. Mais pas question de vous donner envie d’y aller. Relisez plutôt « les ¨¨iles » de jean Grenier. Un grand livre. Grenier, c’était le prof de Camus


                            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 11 août 09:32

                              @velosolex

                              Uun des plus vieux rêves de l’homme est réalisé aujourd’hui avec le smartphone et les hubs des grandes compagnies d’aviation : le don d’ubiquité.
                              En se dotant de ces baguettes magiques qui ont peuplé les mythes et les contes de fées, Sapiens sans le savoir, a mis en oeuvre un autre mythe : celui du paradis perdu. Morde dans le fruit de l’arbre de la connaissance, c’est se condamner soi-mêmes à être exilé du jardin d’Eden, à jamais.


                            • ticotico ticotico 11 août 09:31

                              Merci, ça fait voyager...

                              Cela fait aussi remonter quelques souvenirs de « mes » îles... 

                              Pourquoi les îles sont plus belles que les continents ?

                              Une île, c’est féminin, bien moins pesant qu’un continent...

                              La Corse, bien sûr, ses parfums, ses lumières, mais aussi Harris et Lewis où les rares arbres poussent à l’horizontale, Panarea, une mer d’azur et le Stromboli fumant au bout de la terrasse, Skye, où l’on s’attend à croiser des hobbits, Marie-Galante, son rhum chargé de saveurs et de soleil...

                              Et, de l’Irlande à la Jamaïque, on ne les conçoit pas sans leurs musiques. Certaines ont donné le mojito et la salsa, d’autres le fish & chips et les Beatles...

                              Un monde sans île serait bien plus terne...


                              • cevennevive cevennevive 11 août 09:52

                                Merci Armelle !

                                J’aime les îles, je voudrais les connaître toutes... Et ma grande et vieille maison est comme une île pour moi, il n’y manque que la mer et les lagons.

                                Aujourd’hui je pleure la pollution aux carburants que subissent les rivages de l’île Maurice, si belle si parfumée, si pleine de gens adorables...

                                Si je ferme les yeux, j’en sens encore les parfums.

                                Et ma chère Sicile !

                                Bien entendu, Maurice, Sicile, Seychelles, ne sont pas des îles désertes, mais elles ont autour d’elles, de petits « satellites » qui me les rendent encore plus chères.


                                • Fergus Fergus 11 août 11:21

                                  Bonjour, cevennevive

                                  Les îles les plus fascinantes sont, à mes yeux, en Irlande, en Ecosse et en Scandinavie.
                                  Les goûts et les couleurs...  smiley


                                •  Les îles c’est souvent un mythe , aux Iles Canaries y’a pas de canaris !

                                   Aux îles Vierges c’est pareil y’a pas de... canaris smiley 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité




Palmarès



Publicité