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Les mollahs iraniens et les élections américaines

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Depuis quelques temps, les mollahs d’Iran ne cessent de dénoncer qu’on utilise leur pays comme une carte dans les prochaines élections présidentielles américaines. Mais en même temps, ils font entendre haut et fort qu’ils ont fait faillite à la stratégie de sanctions menée par l’administration Trump.

La stratégie aurait provoqué un isolement international sans précédent pour les États-Unis, ils estiment, en particulier au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. Normalement, si l’on veut éviter l’ambiance de l’élection présidentielle américaine, il faut éviter de s’engager dans ce combat acharné.

Mais les mollahs d’Iran font tout le contraire. Pour eux, le problème n’est pas que le dossier iranien se trouve dans une case de débat entre les candidats, le président républicain sortant Donald Trump et le démocrate Joe Biden.

Ils veulent plutôt influencer négativement les chances du président Trump d’obtenir un second mandat. Cherchant à fausser sa politique étrangère, ils se servent du lobby politique et médiatique iranien dans les cercles décisionnels américains.

Les mollahs estiment que leur seule chance de rester au pouvoir et de poursuivre leur expansion régionale est que Trump ne remporte pas les prochaines élections et que le candidat démocrate Joe Biden soit élu. Le vice président s’est engagé à reprendre la voie de l’accord nucléaire dès son entrée en fonction.

Une victoire de Trump pour un second mandat représenterait un scénario désastreux pour les mollahs iraniens. La victoire signifie que le processus de sanctions sera poursuivi ; l’économie iranienne sera asphyxiée davantage.

Mais surtout, l’administration Trump a récemment réussi à réorganiser le paysage stratégique du Moyen-Orient. Sa médiation a abouti à un accord sur les relations officielles entre les EAU et le Bahreïn, d’une part, et Israël, d’autre part. Comme ça, les calculs régionaux de l’Iran vont certainement s’embrouiller.

L’établissement de la paix, de la sécurité et de la stabilité entre Israël et les pays arabes sape toutes les ambitions de l’Iran, le place dans un état de blocus régional sans précédent et fait doublement sentir les sanctions américaines. Outre la peur des mollahs face à la coopération militaire entre les pays du Golfe et Israël, la simple existence de cette possibilité place les mollahs dans un état de crainte permanente.

Tous leurs investissements illicites dans la mise en place d’armes régionales, afin de menacer Israël au Liban et en Syrie au moyen de la milice libanaise du Hezbollah et d’autres milices sectaires que l’Iran a amenées sur le territoire syrien, vont être réduits en cendres.

La vérité est que l’exercice du droit souverain d’EAU et de Bahreïn à établir des relations officielles avec Israël relève de l’intelligence dans l’emploi de cartes de pression, ou un corrélatif objectif, réduisant le risque de menaces existantes et potentielles. La démarche est brillante compte tenu de la marge de manoeuvre politique dont disposent les diplomates des deux pays.

Pourtant, les deux pays ont officiellement assuré que cette mesure ne viserait aucune autre partie régionale. Le simple fait qu’elle soit annoncée crée une pression stratégique insupportable sur les mollahs iraniens.

En effet, ils ont longtemps parié sur les stéréotypes de la diplomatie arabe. Ils n’ont pas vu venir une possibilité de briser le silence, de sortir des sentiers battus et de développer de nouveaux diagnostics sur des vieux dilemmes.

Désormais, la scène régionale devient le lieu d’un match stratégique entre de acteurs novateurs et des acteurs stéréotypés. Le ballon est donc plutôt placé sur le terrain iranien.

Mais les mollahs parient souvent sur des notions futiles et absurdes, autour de ce que l’on appelle l’axe de la résistance et d’autres clichés fondés sur des solutions violentes de l’action militaire et rejettent totalement tout choix politique, même s’il est fondé sur la raison et le réalisme.

Au fond, les mollahs ne cherchent pas de solutions aux problèmes et aux crises. Ils veulent plutôt assurer leur pérennité. C’est de quoi dépend leur soi-disant légitimité à l’intérieur et parmi leurs partisans et leurs admirateurs à l’étranger.


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2 réactions à cet article    


  • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 8 octobre 19:01

    lobby politique et médiatique iranien dans les cercles décisionnels américains

    Cher docteur Salem, depuis la désaffection du public pour Gad Elmaleh, surpris les doigts dans le pot de confiture du plagiat, et l’élimination de Dieudonné pour incompatibilité d’humeur avec le likoud, la France n’a plus de comique. Merci de nous faire rire à nouveau, en même temps que de nous instruire sur le puissant et nocif lobby iranien dans les médias.


    • phan 9 octobre 14:14
      Bonne nouvelle : Dingo Trump, assassin de Soleimani, n’a pas reçu le prix Nobel de la Paix .
      Mauvaise nouvelle : Le Programme alimentaire mondial des Nations unies n’arrive pas à briser le blocus surtout alimentaire contre le Yémen établie par les Wahhabites saoudiens et émiratis avec le soutien sans faille de la Communauté internationale.

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