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Accueil du site > Tribune Libre > Les provocateurs staliniens infiltrés chez les trotskystes

Les provocateurs staliniens infiltrés chez les trotskystes

Staline pense depuis 1923 à l’élimination physique de Trotsky. Mais, si Trotsky avait été assassiné dans les années 20 tout le monde aurait compris qui avait guidé la main du tueur et cela se serait retourné contre Staline car Trotsky était très populaire surtout en Russie. Cependant Staline n’abandonne pas ce projet. Il compte bien que la situation évolue en sa faveur. Il mène d’ailleurs toute une campagne de calomnie visant à discréditer Trotsky et les trotskystes. Il veut donc infiltrer les organisations trotskystes avec ses agents pour préparer des assassinats. Il vise dès lors la tête du trotskisme, c’est-à-dire Trotsky lui-même et son fils Léon Sedov qui est son principal collaborateur déjà en Russie, puis à Alma Ata à partir de 1928 et ensuite à Prinkipo à partir de 1929. Mais, ce n’est pas seulement dans la perspective d’organiser des assassinats que Staline veut que ses agents infiltrent les organisations trotskystes. Il a bien d’autres raisons. Il veut aussi tout simplement organiser de l’espionnage. Il veut suivre l’évolution de l’opposition de gauche dans tous les pays. Des agents infiltrés pourraient aussi servir de provocateurs pour affaiblir les organisations en semant des discordes et des conflits, en envenimant les relations entre les militants au besoin en faisant circuler des calomnies, tout cela pour pousser à des scissions et des découragements.

Le phénomène général de l’infiltration des organisations révolutionnaires est connu de longue date. Le cas de Roman Malinovski, provocateur au service du tsar infiltré chez les bolchéviks, est en particulier connu des trotskystes. J’ai personnellement connu un provocateur-flic qui a trainé, pendant des décennies, autour des organisations « lambertistes » (FER, AJS, PT, POI…) avant et après leurs capitulations. J’ai participé une seule fois dans la ville universitaire où il œuvrait à une réunion avec Daniel Gluckstein, dirigeant actuel du POID, que j’ai averti de cette présence policière. Gluckstein ne se gênait pas de donner publiquement des consignes sur l’activité syndicale que ses militants instituteurs devaient lancer. Le lendemain l’inspecteur d’académie était averti. Cet indicateur que j’appellerai ici MD donnait parfois des renseignements fantaisistes. La directrice du labo d’informatique de cette ville universitaire m’a un jour déclaré : « On sait pour qui tu travailles. Tu travailles pour Stéphane Just ». Les expressions « pour qui tu travailles  » et « Tu travailles pour… » sont d’autant plus farfelues que Stéphane Just était déjà décédé depuis quelques temps. Je ne doute pas que l’information venait de MD. Mais ce provocateur avait aussi pour mission de pousser à la démission des étudiants révolutionnaires qui commençaient à obtenir des garanties sur des emplois de fonctionnaires. Le but était de les marginaliser. Il a parfois réussi. Il prêtait volontiers une chambre truffée de micros à des militants en manque de moyens pour leurs ébats amoureux. Il lui est arrivé aussi d’en inciter à traficoter du cannabis… Bref ! Tout ce qui permet d’obtenir des renseignements et tout ce qui pourrait nuire à une organisation révolutionnaire est bon pour les provocateurs.

Je crois d’ailleurs que la surveillance policière s’exerce maintenant pour n’importe quelle petite situation conflictuelle. J’ai encore subi récemment une attaque informatique, sans grande conséquence, quand j’ai divulgué mon dossier montrant que « Walter Hallstein » était un nazi. L’examen sur AgoraVox des commentaires que j’ai alors reçu fait d’ailleurs ressortir des menaces. La surveillance des conversations téléphoniques est aussi courante. Dans les moments où j’ai gagné des procès devant un tribunal administratif, je me suis particulièrement méfié. Un directeur adjoint de l’IUFM qui s’en était aperçu (comment ?) avait déclaré à mon sujet : « Il est complètement parano. Il ne veut rien dire au téléphone ». Le Directeur de l’IUFM lui avait fort justement répliqué : « En l’occurrence, il est plutôt conscient de la réalité ».

Cette petite digression permet de faire ressortir toute la question qui se pose aux militants : trop de précautions bloque l’activité militante et pas assez de précautions expose les militants.

Revenons aux trotskystes. Les services secrets russes chargés d’organiser l’infiltration des organisations trotskistes et les assassinats s’appelle, depuis février 1922, le GPU (Glavnoïe polititcheskoïe oupravlenie : Direction politique principale) qui est souvent appelé le Guépéou ou la Guépéou, par transcription phonétique des trois initiales. Le GPU est dissous en 1934 et remplacé par le NKVD (Commissariat du peuple aux Affaires intérieures) mais nombreux sont ceux qui continueront à parler du GPU. Ce sera notamment le cas pour Trotsky.

Il n’est guère difficile d’infiltrer une organisation politique. Il suffit de singer les militants, d’adopter leur discours, de fréquenter leurs locaux, participer à leurs réunions… Il est plus difficile de monter dans l’appareil d’une organisation jusqu’à se trouver près de la direction. Cependant, chez les trotskistes plusieurs agents des services secrets russes y parvinrent. Le plus connu est Ramon Mercader, l’assassin de Trotsky, mais nous n’aborderons pas son cas ici. Nous nous limiterons à faire la connaissance des provocateurs infiltrés chez les trotskystes avant que les assassinats décidés par Staline commencent.

Deux agents staliniens, ont été repéré dans l’entourage immédiat de Trotsky : les frères Sobolevicius Abraham et Ruvin, connus dans l'organisation trotskiste sous les noms d’Adolf Sénine et Roman Well. Ils seront connus plus tard sous leurs noms américains, Jack Soble et Robert Soblen. Les deux frères sont nés en Lituanie dans une famille d’industriels et de commerçants de fourrures. Ils rendent visite à Trotsky à Prinkipo à l’été 1931. Nous les voyons sur des photos prises lors de leur visite en compagnie de Trotsky et sa fille Zina, dont le vrai prénom est Zinaïda, ainsi que Jeanne Molinier, née Martin des Pallières, qui était la compagne de Raymond Molinier militant français connu. Elle fut, à Prinkipo, pendant quelque temps la secrétaire de Léon Trotsky et elle deviendra l’amante puis la compagne de son fils Léon Sedov.

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Ces photos ont été prises entre le 8 janvier 1931, date de l’arrivée de Zina et le 18 février 1931 date du départ de Jeanne avec Léon Sedov, le fils de Trotsky.

Laissons le soin à Pierre Broué de présenter les deux frères (« Trotsky », p. 621.)

« Ruvin Soboleviciu (Roman Well né en 1900), le plus âgé des deux qui avait alors 32 ans (à l’été 1931 lorsqu’il était à Prinkipo), avait quitté Kovno où leur père était industriel en cuirs et peaux pour se fixer à Leipzig où ce dernier possédait une usine que dirigeait son fils aîné Beras (Le troisième frère). Il y avait fait des études d’agronomie, était parti faire un séjour prolongé en URSS. A son retour, il avait adhéré en même temps au KPD (Parti communiste allemand) et au groupe « L’Unité bolchévique » dont il était rapidement devenu le dirigeant. Depuis, sous les noms de Schmidt, de Sobolev et finalement de Roman Well, il était devenu le principal dirigeant de l’opposition d’abord en Saxe, puis, en 1931, en Allemagne : il s’était alors établi à Berlin où il avait commencé des études de médecine. Il avait longuement et fréquemment correspondu avec Trotsky avant cette visite.

Son frère plus jeune, Abraham Sobolevicius (Adolf Sénine né le 15 mars 1903), étudiant en Allemagne, avait séjourné en même temps que lui en URSS puis, à la suite, disait-il, d’une brouille avec lui, était allé habiter Paris où il militait au « groupe juif » du Parti communiste, lequel devait en majorité se rallier à l’Opposition de gauche peu après la naissance de « La Vérité ».

Les deux hommes étaient à cette époque au centre de difficultés renouvelées sous les pas de l’Opposition allemande et internationale. Malgré une correspondance suivie, un échange à leur sujet avec Léon Sedov et d’autres camarades allemands ; Trotsky souhaitait vivement connaître personnellement les deux hommes. Le résultat important de ce séjour fut de familiariser Trotsky avec la situation allemande, caractérisée par la montée du nazisme et la politique de division du mouvement ouvrier du KPD face à ce danger mortel. »

Nous savons maintenant que les deux frères étaient des agents du GPU dès cette époque. Trotsky a donc pris d’énormes risques mais avoir une activité militante l’obligeait à en prendre. Fort heureusement ces deux agents n’étaient pas des tueurs. Par ailleurs, Trotsky prenait des précautions. Dans son « Trotsky, p. 422 », Robert Service note que « tout le monde dans l’entourage de Trotsky (…) portait un révolver. Natalia elle-même se tenait prête à tirer sur d’éventuels assaillants ». Ils ont surtout réussi à infiltrer les groupes trotskistes français et allemands et à y semer la zizanie. S’agissait-il de leur seule mission ? Quand les deux frères avaient-ils été recrutés par le GPU ? Nul ne peut répondre avec certitude à ces questions. Parmi, toutes les hypothèses avancées, il serait possible que leur séjour en URSS ait été un stage de formation au GPU. Laissons encore à ce sujet s’exprimer Pierre Broué (« Trotsky » p. 622).

« Les frères Sobolevicius, dits Roman Well et Adolf Sénine, étaient bien des agents de Staline. Déjà, en 1936, sur la base des éléments accumulés contre eux depuis 1929, Trotsky était arrivé sur ce point à une sorte de certitude morale concernant leur appartenance aux services et le rôle provocateur qu’ils avaient délibérément joué. »

Pierre Broué ajoute (p. 623)

« Il paraît (cependant) vraisemblable que c’est en Union Soviétique que les deux frères avaient été recrutés et formés, avant 1927. L’histoire de leur brouille fraternelle, à leur retour, avait seulement servi à expliquer leur séparation, rendue nécessaire par leur intervention dans deux pays différents. Attentifs à aggraver les conflits, à envenimer les relations personnelles, poussant à la scission, calomniant volontiers leurs adversaires du moment, les deux hommes ont fini en 1933 par tenter d’imposer une auto-dissolution de l’opposition allemande et sa capitulation devant le KPD au moment même où ce dernier s’inclinait sans combat devant la victoire des nazis »

C’est sur la base de l’analyse de leurs actions que Trotsky a compris que les deux frères agissaient au bénéfice de Staline. Sans aucune preuve matérielle de leur appartenance au GPU, Trotsky avait donc décidé de rompre les relations avec eux dès la fin de 1932. Comme le dit Pierre Broué « Trotsky était arrivé sur ce point à une sorte de certitude morale concernant leur appartenance aux services » L’autre agent du GPU connu qui a joué un rôle encore plus dévastateur s’appelle Zborowski. Sa cible était Léon Sedov, le fils de Trotsky. Il a probablement été recruté, en France, en 1934. Il entre en scène, comme pour assurer le relai, au moment où les frères Sobolevicius se font griller. A ce moment, c’était Yagoda qui dirigeait les services secrets russes. C’est sous sa direction que ces services secrets deviendront le NKVD (Commissariat du peuple aux Affaires intérieures). C’est donc maintenant ainsi que nous les appellerons. Nous avons sur Zborowski des renseignements assez flous qui viennent de ses demi-aveux de 1956 quand il a été démasqué et interrogé par les autorités américaines. Il a en effet été accusé d’espionnage au profit de la Russie après avoir été démasqué en 1954. Il est venu plusieurs fois à Paris. Son séjour le plus long est celui qui nous intéresse. Il commence en 1933 ou 1934 et s’achève en 1940.

Mark Zborowski est né à Ouman, dans le « goubernija » de Kiev, en Ukraine polonaise le 20 janvier 1908. Ses parents étaient des bourgeois qui se sont réfugiés en Pologne, à Lodz, en 1921 après avoir probablement soutenus les blancs pendant la guerre civile. Il prétend avoir été membre du PC en Pologne ce qui ne cadre pas bien avec le personnage. Il a passé son enfance dans la partie russe de la Pologne. La langue russe est donc sa langue maternelle. Il a émigré en France pour y faire des études supérieures. Il s’installe d’abord à Grenoble où il travaille comme polisseur de pierres tombales, puis dans un hôtel où il est homme à tout faire. Il affirme que ce serait en 1934 qu’il aurait été recruté à Grenoble par un individu nommé Afanassiev (les archives du KGB mentionnent « l’agent B-18, Aleksandr Sevastianovitch Adler). Celui-ci lui aurait conseillé de revenir en Union soviétique pour y faire des études dans de meilleures conditions. Nous ne savons pas si Zborowski s’est adressé à l’ambassade de l’URSS à Paris ou à « l’Union pour le rapatriement des Russes ». Cette organisation de russes blancs abrite en fait une quantité d’agents du GPU. Elle a ses locaux rue de Buci, dans le VIe arrondissement. Quoi qu’il en soit, il s’est entendu dire que cette permission au retour devait être méritée et qu’il faudrait pour cela qu’il rende des services lesquels seraient d’ailleurs rémunérés. Il aurait été ainsi mis en contact avec un responsable des services secrets – un communiste polonais – qui lui aurait prescrit d’adhérer à la Ligue Communiste à Paris où il s’installe et milite obscurément en fournissant régulièrement des rapports généraux sur l’activité des trotskystes français pendant l’année 1934.

Sa mission était d’entrer dans le groupe de trotskystes de Paris et vers 1935, probablement sur la consigne de ses chefs, il tente de s’approcher de Léon Sedov. Il se fait appeler « Etienne » chez les trotskystes.

Voyons donc où en est sa cible. Léon Sedov a suivi son père dans son exil jusqu’à Prinkipo. Il est certes « le fiston », comme le disait le NKVD, mais il est aussi l’ami, le confident, l’homme de confiance, le camarade de combat. Il exerce de lourdes responsabilités dans l’opposition de gauche. Il est chargé de l’organisation technique des liens avec l’opposition en URSS. Ceux-ci se distendent sous le coup de la répression alors même que les sentiments d’opposition au régime ne font que croître en URSS du fait d’une situation de crise économique. C’est en grande partie son travail qui permet que le « Bulletin de l’Opposition » soit diffusé dans la Russie soviétique. A Prinkipo, il a connu Jeanne Martin (Jeanne Molinier) que le trotskyste Raymond Molinier avait laissée pour aider Natalia dans les tâches ménagères et pour assurer provisoirement le secrétariat. Ils vivent maintenant ensemble.

En février 1931, il va s’installer à Berlin pour diverses raisons, notamment pour reprendre des études. Le SI (Secrétariat International de l’opposition de gauche) est également transféré à Berlin et Léon Sedov y représente la « section russe ». Mais, l’opposition de gauche allemande est un groupuscule. Léon Sedov recrute d’anciens militants communistes et sociaux-démocrates de gauche avec un certain succès. L’opposition finit par compter 700 militants. Mais les frères Sobolevicius déploient tout leur zèle pour semer la zizanie chez les trotskystes avec un certain succès. Ils sont pour beaucoup dans une première scission en 1931 alors que Léon Sedov vient d’arriver. Mais, en décembre 1932, les deux provocateurs provoquent une seconde scission qui démantèle l’opposition. Le 22 janvier 1933, ils publient un faux numéro du journal de l’opposition intitulé « Die permanente revolution ». Ils y annoncent « La faillite des perspectives de Trotsky sur l’Allemagne et l’Union soviétique » et un prétendu ralliement de l’Opposition russe à la politique de Staline. Ils alignent au bas du texte les noms de plusieurs centaines de prétendus signataires qui se trouvent ainsi désignés aux nazis mais n’ont en réalité rien signé. (Voir à ce sujet « Le trotskysme et les trotskystes  » de Jean-Jacques Marie p. 35 & 36). Pierre Broué précise : « les deux hommes ont fini en 1933 par tenter d’imposer une auto-dissolution de l’opposition allemande et sa capitulation devant le KPD au moment même où ce dernier s’inclinait sans combat devant la victoire des nazis » 

Léon Sédov rentre à Paris le 5 mars 1933 au moment où Hitler prend le pouvoir. Le départ de Berlin est le signe d’une tragédie. Ce qui reste du réseau de militants est détruit par les bandes nazies. En URSS, le « bloc des oppositions » a été démantelé. En outre, les contacts de Léon Sedov sont définitivement perdus. Il n’a plus de contact organisé avec l’Opposition de gauche agissante. Toutefois, il n’abandonne pas le « travail russe ».

Le couple récupère, peu de temps après son retour en France, Siéva le petit garçon (7 ans à l’époque) de sa demi-sœur, Zina, qui s’est suicidée à la suite de bien des problèmes : tuberculose mal soignée, état dépressif et maladie mentale. Deux ans auparavant, ils s’étaient vus à Prinkipo. Léon Sedov, Jeanne et Siéva se trouvent dès lors réunis à Paris.

Quelques mois plus tard, Trotsky est contraint de quitter la Turquie et il arrive en France le 24 juillet 1933. Léon Sedov et quelques camarades se chargent de l’accueillir et de l’installer à Saint-Palais en prenant des précautions pour échapper à toute filature tout en respectant les procédures légales. Le NKVD ne connaîtra jamais l’adresse où Trotsky s’est installé en arrivant en France. Léon Sédov séjourne pendant plusieurs semaines avec son père puis il rentre à Paris le 19 septembre 1933.

Revenons à Zborowski. Cela fait déjà un moment qu’il fréquente régulièrement le local des trotskistes à Paris. Il a adhéré à leur groupe. Il assiste à leurs réunions et diffuse « La Vérité » pendant toute l’année 1934. Il envoie au NKVD des rapports qu’il juge inintéressant. Il remplit tant bien que mal son rôle d’informateur du NKVD ayant infiltré le milieu des trotskistes parisien.

C’est donc au début de 1935, qu’il reçoit comme mission de surveiller le fils de Trotsky dont il aurait jusque-là ignoré l’existence. Il rencontre d’abord Jeanne Martin (Jeanne Molinier), la compagne de Liova qui remarque qu’il parle le russe et que c’est même sa langue maternelle. Liova est un des diminutifs affectueux utilisé notamment par Trotsky pour désigner son fils. Nous l’utiliserons donc aussi sans confondre Liova, le fils, et Siéva, le petit-fils. Liova est toujours responsable de la section russe de l’opposition de gauche. Il lui revient de publier le bulletin de l’Opposition et il a besoin d’aide. Jeanne le sait. Elle en parle à Etienne c’est-à-dire Zborowski. Finalement Jeanne présente Zborowski à Liova lors d’une rencontre à la Sorbonne. Au début, elle ne lui dit pas que c’est le fils de Trotsky. Elle lui donne même un faux nom : « Durand ». A partir de ce moment, Zborowski va gagner peu à peu la confiance de Liova et rentrer dans la section russe en qualité de « secrétaire personnel » de son dirigeant. Il aide en effet Liova, sans connaître ni son adresse ni celle de ses correspondants, traduisant pour lui des textes ou des lettres dont il ne sait rien par ailleurs. Celui-ci l’embauche volontiers car il n’a pas de grosses exigences financières.

Mais, la principale collaboratrice de Liova est Lilia Ya Ginzberg (1898‑1981), appelée Lola (Lilia Estrin Dallin, alias Lola Estrine, Paulsen, Lilya Ginzberg). Elle était l’épouse du menchevik David Dallin. Laissons la se présenter avec des extraits d’un article publié dans le N° 13 des « Cahiers Léon Trotsky ».

« Au cours de l’été 1934 (Il s’agit en fait de l’été 1933), un de mes amis Boris Nikolaievsky (Historien menchévique pour lequel elle travaillait), me présenta à Léon Sedov qui cherchait une dactylo russe. (…) Un jour, il me demanda si je pouvais travailler pour son père qui vivait à cette époque pas loin de Paris (Il vivait à Barbizon entre octobre 1933 et avril 1934). J’acceptai (…) Sedov me dit d’un coup que l’affaire ne se ferait pas. J’étais furieuse et ce n’est que bien plus tard que j’en découvris la véritable raison. Liova avait décidé que je n’étais pas assez sérieuse. (…)

Peu à peu nous en vînmes à nous connaître mieux l’un l’autre et une amitié se développa entre nous trois : Liova, moi et « Etienne ». Etienne était le nom de parti de Mark Zborowski dans le groupe trotskyste français. Ce n’est qu’en 1954 que je découvris qu’il était agent du NKVD.

Tous deux – Etienne et moi – aidions Sedov dans son travail, Etienne travaillait avec Sedov le matin et moi l’après-midi (Remarquons qu’elle appelle indifféremment Léon Sedov par son pseudo « Liova » ou par son nom « Sedov » d’une manière quasiment aussi affectueuse dans les deux cas). C’est vraiment étonnant à quel point on peut être aveugle. Quand je demandai à Etienne quels étaient ses moyens d’existence, comment il arrivait à passer toutes ses matinées avec Sedov, il me racontait toutes sortes d’histoires louches et je le croyais. J’étais même préoccupée qu’il n’ait pas suffisamment d’argent et je le payais de ma poche (j’avais à l’époque à Paris un travail bien payé). (…)

Pendant les années où je l'ai connu, la vie de Sedov était épuisante. Il travaillait très dur, sa situation financière était mauvaise. Très souvent il manquait d'argent et il leur fallait vivre sur le salaire plutôt mince de Jeanne, et Trotsky ne pouvait que rarement l'aider. Le temps était loin où on lui avait payé des droits importants pour ses articles et interviews. II est intéressant que la seule détente de Ljova ait été les mathématiques Supérieures. 11 n'avait pu continuer ses études en Sorbonne, mais après une dure journée de travail, quand il était épuisé, il se détendait en résolvant des problèmes mathématiques très complexes »

Lola, qui a huit ans de plus que Liova, n’était pas seulement pour lui une secrétaire dévouée. Elle l’entourait aussi d’une affection quasiment maternelle. Mais c’est à Sieva qu’elle réservait « toutes ses économies de caresses » (comme disait Brassens). Elle était particulièrement attentionnée à l’égard du petit qui était souvent seul le soir et manquait assurément d’une mère. Pierre Broué écrit (« Léon Sedov, fils de Trotsky, victime de Staline », p. 124) :

« Sieva vit avec eux (Le petit fils de Trotsky vit avec Liova et Jeanne) et la tension est telle qu’il (Sieva) peine des heures à s’endormir et rêve de la visite d’une dame très douce qui vient le voir parfois et dont les caresses et la voix endorment son angoisse : Lola Estrine dont la promesse de garder le silence sur ces visites maternelles a été rendue caduque par sa mort. »

Pierre Broué écrit encore dans « Liova, le fiston » (Cahiers Léon Trotsky n°13 p. 19) :

« On se demande encore comment cette jeune femme nourrie au sérail menchévique a pu consacrer des années au militantisme « bolchevik-léniniste » aux côtés du fils de Trotsky, à qui elle apporta souvent son calme et ses attentions maternelles. »

Le cas de Zborowski est différent. Il est facile, après coup, de se dire que Liova a été bien imprudent de l’admettre ainsi sans difficulté auprès de lui. Mais, il n’est pas facile de trouver quelqu’un qui maitrise la langue russe et qui, de plus, n’a pas d’exigence financière. Certes Liova aurait dû s’en inquiéter et se demandait comment il faisait pour vivre. Remarquons, cependant que Liova prenait des précautions. Il ne lui a pas donné son adresse personnelle et il cloisonnait le travail. Lola a expliqué qu’elle n’a jamais su quelles tâches étaient confiées à Etienne et, réciproquement, Etienne ne savait pas sur quoi Lola travaillait.

Zborowski ne savait pas que Staline en personne le considérait comme un homme très important mais il était conscient que son « travail » était très apprécié par ses supérieurs. Il a notamment déclaré :

« J'étais pour eux un agent très important. Ils me faisaient pleine confiance. Je leur communiquais des choses importantes. Le plus important pour eux était d'avoir la possibilité de faire à Moscou des rapports détaillés sur tout ce que je leur communiquais. A partir de chacune de mes informations, ils faisaient apparemment à Moscou des rapports très détaillés. C'est pour cette raison que, non seulement ils ne me soupçonnaient pas de les trahir, mais, au contraire, m'appréciaient énormément. »

Ce provocateur va faire beaucoup de dégâts chez les trotskystes. Il va en effet fournir des renseignements qui serviront à assassiner plusieurs dirigeants et militants importants. Nous reparlerons donc de lui.

 


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36 réactions à cet article    


  • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 11 novembre 2021 13:00

     la surveillance policière s’exerce maintenant pour n’importe quelle petite situation conflictuelle

    Tu peux retirer le « maintenant ». Le flicage, mouchardage généralisé, l’infiltration systématique, remonte, pour la France, à Louis XIV. C’est une partie intégrante de l’état, voir l’institution la plus stable de l’état. On trouve des témoignages intéressants au fil de l’Histoire, en particulier les mémoires du préfet Andrieux « Souvenirs d ’ un préfet de police » (consultable sur gallica)...


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 11 novembre 2021 13:31

      @Opposition contrôlée
      Bonjour,
      Merci pour ce renseignement. Je télécharge en PDF et je regarderai plus tard. Je profite de l’occasion pour parler d’autre chose. Je ne sais pas exactement quelles options tu défends mais j’ai remarqué que nous avons des points communs notamment au sujet de l’opposition syrienne.
      Je profite de l’occasion pour te proposer de participer à des séances de visio-conférences sur des thèmes à définir. Nous ne sommes que trois ou quatre à chaque fois. Tous les thèmes peuvent être abordés. J’envisage prochainement le thème d’un de mes articles : « Il n’y a plus de trotskystes en France ». J’écris actuellement un livre « Défense du trotskysme III ». Mes derniers articles en seront des chapitres.
      La démarche consiste à donner une adresse email. Cela est possible à partir de la page « Contact » du site web de l’AGIMO. Tu peux aussi m’envoyer directement un mail. Mon adresse email consiste à concaténer mon prénom puis mon nom sans rien mettre entre les deux. Ensuite il faut mettre le caractère arobas suivi de ce qu’il faut pour la messagerie gmail.


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 11 novembre 2021 20:04

      @Jean Dugenêt
      Vérifie tes spam, j’ai une boite mail « hétérodoxe »


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 12 novembre 2021 14:15

      @Opposition contrôlée
      J’ai perdu ton message. Il est effectivement arrivé dans mes spams. J’ai voulu l’envoyer dans la « boite de réception » et il a disparu. J’ai probablement fait une mauvaise manœuvre.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 12 novembre 2021 14:30

      @Opposition contrôlée
      Message retrouvé. J’ai répondu.


    • Captain Marlo Captain Marlo 13 novembre 2021 19:04

      @Jean Dugenêt
      Salut Jean ! Tu peux inviter « Opposition contrôlé » sur tous les sujets qui concernent la censure !! Il m’a interdite sur son dernier billet .

      C’est la première fois que je suis censurée sur Avox depuis 2016 ! Voici ses arguments, genre procès de Moscou : « C’est un spammer compulsif notoire, c’est à dire un troll, donc qu’il aille au diable, lui et ses certitudes. »

      Lui, des certitudes, il n’en n’a pas, évidemment !
      Il prépare un programme pour la France dans un système supranational...
      Heureusement que le ridicule ne tue pas.

      Tu me connais, je passe mon temps à informer sur l’UE, ce que la Gauche devrait faire et ne fait pas. D’où parle-t-il ? Plutôt PCF version euro nouille, si tu veux mon avis. Lis ses billets, jamais un seul sur l’Union européenne, le déni complet.
      Il a un certain niveau de culture, mais pour moi, c’est de la graine de stal.
      Je te le laisse volontiers !
      Bien à toi.


    • Captain Marlo Captain Marlo 13 novembre 2021 19:09

      @Opposition contrôlée
      Le flicage, mouchardage généralisé, l’infiltration systématique,

      Je vois que nous avons affaire à un spécialiste ...
      Vous avez oublié la censure et le Goulag, un oubli sans doute...
      Bisous !


    • Marengo 11 novembre 2021 20:21

      Et toi, camarade Dugenêt, tu es trotskyste ou stalinien ? 

      (Je le saurais peut-être en lisant ton article, mais il est trop long pour moi)


      • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ 11 novembre 2021 21:03

        @Marengo

        Domage tu aurais appris pas mal de chose au lieux de te vautrer dans tout les domaines avec l’ elegance d’ un albatross mongolien alcoolisé ....


      • Marengo 11 novembre 2021 21:13

        @ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ
        .
        Un pot de colle comme toi, c’est l’hommage du vice à la vertu. 


      • Marengo 11 novembre 2021 21:18

        En qualité de pilote j’ai beaucoup d’admiration pour l’albatros, le planeur le plus fin du monde animal avec une finesse max de 20.
        Pour la finesse d’un planeur tu chercheras dans Wiki. 


      • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ 11 novembre 2021 21:28

        @Marengo

        maitrise le vol en montagne , on parlera de tes sorties loisir en planeur une autre fois ... il faut vraiment être une bite pour se planter en planeur smiley 

        https://www.aeroclub-beaujolais.fr/formation-montagne


      • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ 11 novembre 2021 21:38

        @Marengo

        25 heure de vol dont la moitié sur simulateur et ca vient craner comme un TOP GUN smiley

        https://www.ffvp.fr/la-formation

        y en as qu’ on pas peur du ridicule ....


      • Marengo 11 novembre 2021 21:58

        @ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ
        .
        Plutôt 1600 heures et quelques, mais dont 150 seulement en planeur. 
        Le planeur me casse les oreilles. On n’entend que le sifflement de l’air sur la verrière, et ça m’énerve.


      • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ 11 novembre 2021 22:09

        @Marengo

        Mais bien sur smiley ....

        J’ imgine qu’ on vera jamais ton brevet de pilote smiley

        Et je suis persuadé que tu part en weekend sur l’ ISS et que c’est toi qui pilotes la dragon smiley

        ca doit te changer de la vostock et de la navette ou la aussi bien sur tu est un expêrt...

        quel domage que tu fasse pas les OVNI j’ aurais adorer faire un tour pour aller voir ET smiley


      • Marengo 11 novembre 2021 22:23

        @ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ
        .
        Je n’ai en effet aucune idée de la façon de montrer un brevet sur Agoravox. 
        Qui n’indiquerait pas le nombre d’heures. Pour ça c’est le carnet de vol. J’en suis à la moitié du remplissage du troisième. 


      • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ 11 novembre 2021 22:43

        @Marengo

        Et ton concorde privée t’attend dans le garage .... 
        T’as passé ta certification falcon 50 avec Dassault lui-même smiley

        Comment tu veux qu’on ne se moque pas de toi puisque qu’on n’as que ta parole smiley , et vu ton agression de dugennet , on sait bien a quel type de troll fier et sur de lui on as affaire , comme quand tu donne des cours de math a rosemar et que tu te vautre smiley

        Arrête de craner les atterrissages en crabe serons plus souple smiley


      • Marengo 11 novembre 2021 22:47

        @ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ
        .
        Je suis trop vieux maintenant pour voler par vent de travers. 


      • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ 11 novembre 2021 22:50

        @Marengo

        surtout sans roue orientable smiley
        tout les deambulateur n’ ont pas l’ option smiley


      • Marengo 11 novembre 2021 22:52

        @ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ
        .
        Sur mon train classique j’ai incorporé la roulette de queue à la dérive, selon le principe imaginé par Croses sur ses formules Mignet. 



      • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ 11 novembre 2021 22:58

        @Marengo

        aller va te coucher il est tard tu risque d’ avoi encore des halluciation demain ...
        ca m’ embeterais que tu fasse planner la deux chevaux du haut de la coline  smiley 



      • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ 11 novembre 2021 23:36

        @Opposition contrôlée

        des sans article fixe smiley
        y aurais pas de squatteur si chacun avais ses articles et si les nouveaux auteurs n’était pas censurés politiquement au lieu de l’être sur un point de légalité ou de charte .... 


      • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 12 novembre 2021 00:02

        @ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ
        Il faut aussi que le site maintienne un certain niveau de qualité, c’est une question de crédibilité. Il faut se plier à une certaine discipline pour ça, qui n’exige pas de renier le fond mais de bien calculer la forme.


      • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ 12 novembre 2021 00:11

        @Opposition contrôlée

        ca serais bien sur l’ ideal , un veritable agora philosophique ou chacun fait de son mieux pour echanger ...mais comme sur le sujet politique tu voit bien que la nature de l’ homme se met en barriere entre la bestialité , et l’ evolution des conscience .


      • Marengo 12 novembre 2021 09:13

        @ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ a écrit : tu vois bien que la nature de l’homme........
        .
        Heureusement. Comment sans cela aurais-tu la possibilité de t’abandonner à tes instincts que tu prends pour un comportement justicier ? Tu t’embêterais comme un rat mort dans ton « agora philosophique ».
        Agora vox est une plaisanterie. 


      • Marengo 12 novembre 2021 09:16

        @Opposition contrôlée a écrit : il faut aussi que le site maintienne un certain niveau de qualité.
        .
         smiley


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 12 novembre 2021 10:39

        @Marengo

        Je suis trotskyste.

        Je ne pourrai pas t’en convaincre avec un message de twitter.
        Si tu ne veux pas lire, je me demande ce que tu cherches sur AgoraVox.


      • Captain Marlo Captain Marlo 13 novembre 2021 19:29

        @Jean Dugenêt
        J’ai lu ton billet, je savais déjà tout cela. Par contre, j’ai appris beaucoup de choses sur les dessous du PCF, et sur les erreurs stratégiques innombrables de Staline, en lisant : « Eugen Fried- Le grand secret du PCF ». Tu l’as lu ?
        PS : les archives ont été ouvertes en 1992.

        «  Camarade clément ». Derrière ce pseudonyme s’est caché, pendant plus de dix ans, l’homme le plus secret du communisme français : Eugen Fried. Ce jeune révolutionnaire professionnel fut, à partir de 1931, le représentant permanent de l’Internationale communiste à Paris et le véritable chef du Parti communiste français dans les années trente. Œil et bras de Moscou, Fried forme et dirige Maurice Thorez, suit l’activité quotidienne, impulse la politique du PCF et rend compte en permanence au Komintern.

        Après treize années d’enquête et en s’appuyant sur d’innombrables documents inédits découverts dans les archives de Moscou, Annie Kriegel et Stéphane Courtois retracent l’itinéraire de cet aventurier de la révolution communiste, assassiné par les nazis en 1943. a travers ce grand document, plein de surprises et de révélations, les auteurs proposent une nouvelle lecture du communisme français et international, éclairant la part d’ombre et de secret, soulignant la relation organique entre les appareils communistes français et soviétique, et interrogeant le lecteur sur la nature réelle du PCF."


      • Captain Marlo Captain Marlo 13 novembre 2021 19:49

        @ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ
        un veritable agora philosophique ou chacun fait de son mieux pour echanger ...mais comme sur le sujet politique tu voit bien que la nature de l’ homme se met en barriere entre la bestialité , et l’ evolution des conscience .

        La nature de l’homme, je ne sais pas, mais la nature des soutiens de Zemmour, ça craint ! Tu devrais chercher d’où viennent les fortunes de tous ces milliardaires qui le soutiennent, Bolloré & Dassault . Et les autres, du CAC 40 !?
        De l’argent public, of corse !
        A tous ceux qui ne l’ont pas lu, lisez-le, vous allez en tomber de l’armoire !

        « Argent public, fortunes privées » Histoire du favoritisme d’Etat« , d’Olivier Toscer.
         »(...) Sur le théâtre d’ombres du favoritisme d’État, la
        règle est donc de privatiser les gains et de socialiser
        les pertes.etc"


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 13 novembre 2021 20:38

        @Captain Marlo

        C’est certainement intéressant mais, comme toujours, avant de lire un livre je me renseigne sur les auteurs : Annie Kriegel et Stéphane Courtois.

        Annie Kriegel fut longtemps une stalinienne de choc. Elle a assumé et glorifié le stalinisme y compris jusqu’à la répression de la république des conseils en 1956 en Hongrie. C’est seulement ensuite qu’elle a pris ses distances avec le stalinisme en devenant gaulliste.

        Stéphane Courtois est depuis longtemps payé pour dénigrer toutes les révolutions.

        Il vaut mieux savoir cela avant de lire ce livre qui traite assurément d’un sujet très intéressant.

        Le véritable chef du PCF était Staline qui utilisait pour cela quelques pions. Eugen Freid a joué son rôle mais Thorez a pris ses ordres directement à Moscou où il a séjourné pendant toute la guerre avec sa femme autre stalinienne de choc. Les deux autres pions de Staline étaient Duclos et Tillon.

        Dans un prochain article je parlerai des tueurs aux services de Staline en Europe. C’était assez gratiné aussi.

        Merci pour ta contribution.


      • Captain Marlo Captain Marlo 13 novembre 2021 21:13

        @Jean Dugenêt
        Annie Kriegel fut longtemps une stalinienne de choc.

        « Qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son », proverbe chinois.
        Ils n’entendaient qu’un seul discours.

        Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ! Et vu les millions de staliniens de la grande époque, et ce qu’il en reste aujourd’hui, beaucoup ont donc changé d’avis, pas toujours à bon escient, d’ailleurs .... 

        Ce qui m’intéresse dans ce genre de livre, ce sont les documents d’archives.
        Là, ils ne peuvent plus utiliser la Pravda.


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 13 novembre 2021 22:19

        @Captain Marlo

        "Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis 

        Je n’ai pas contredit cela mais il faut assumer ses changements d’orientation et être capable de les expliquer. J’irai sans doute voir ce qu’ils ont écrit.


      • ᗪᗩᖇTH Ƭᖇ〇〇ᖘᕮᖇ ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ 13 novembre 2021 22:26

        @Captain Marlo

        Tu devrais chercher d’où viennent les fortunes de tous ces milliardaires qui le soutiennent, Bolloré & Dassault . Et les autres, du CAC 40 !?

        De l’argent public, of corse !

        c’ est un pleonasme dans une doctrine comuniste saine ...

        bien sur que c’ est de l’ argent publique , comme est « comune » la seve a toute les feuille sur un arbre , chacun prenant sa part et faisant la photosynthese pour nourrir la sociétée ...

        A l’ imverse le capitalisme c’ est du bonzai , des coupe severe pour orienter la sev sur les branche de la famille au detriment des rameaux sacrifié ...

        la ou c’ est edifiant c’ est que le meme shemas est reproduit dans le sovietisme ...
        presque a l’ identique , ou meme dans les monarchie barbare qui nous ont précédé .
        il est donc impossible d’ opter , pour un syteme politqiue saint tantq u’ on aura pas changer de modele sociale ...

        les anarchiste avais raison , aucune société ordonné ne peut echaper au totalitarisme ...ce ne peut etre qu’ un phenomene transitoire et local a la tribue ...


      • Captain Marlo Captain Marlo 14 novembre 2021 08:30

        @ⓡⓔⓟⓣⓘⓛⓔ
        bien sur que c’ est de l’ argent publique , comme est « comune » la seve a toute les feuille sur un arbre , chacun prenant sa part et faisant la photosynthese pour nourrir la sociétée ...

        J’ai pas tout compris, mais l’essentiel,à comprendre, c’est que l’argent public qui a fait les fortunes privées du CAC 40, ce sont tes impôts, banane !
        Et tes impôts donnés à des gens qui n’en n’avaient aucun besoin.

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