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Les signes internes criants du déclin impérialiste de la France…

Tandis que la Banque mondiale avait toutes les peines du monde de ne pas s’enthousiasmer dès 2012 pour le fastueux projet mis en oeuvre par la Chine d’ « une société moderne, harmonieuse et créative » pour 2030, Olivier Passet publiait le 29 octobre une vidéo qui nous replonge dans la problématique typiquement occidentale de l’économie…

Profitons alors du recul que nous avons pris un peu malgré nous auprès du modèle socialiste chinois, et regardons le modèle social qu’à travers sa systématisation économique nous propose le mode capitaliste de production.

Comme bien d’autres, Olivier Passet est plus ou moins désarçonné :
« Disons-le d’emblée. Il n’y a pas aujourd’hui de marges de manœuvre pour accroître la compétitivité coût des entreprises sans porter atteinte au pouvoir d’achat des ménages. »

S’il nous arrive parfois de l’oublier, cet énoncé nous montre bien que le capitalisme sépare la vie sociale en deux : d’un côté la propriété privée des moyens de production et d’échange, et de l’autre, les moyens de subsistance et de vie quotidienne d’un collectif de travail (et de retraité(e)s du travail, et d’enfants de travailleurs et de travailleuses) qui doit impérativement rester à sa place pour que les propriétaires puissent conduire l’ensemble de la société, à partir de la contrainte de profit, et du pouvoir politique qu’ils se réservent en dernière instance grâce à la prétendue démocratie « politique » qui n’a d’autre « pouvoir exécutif » que le leur.

Mais revenons à Olivier Passet… qui s’inquiète…
« Et logiquement, le gouvernement rechigne à faire financer la baisse des charges par un prélèvement supplémentaire sur les ménages. L’hésitation est légitime. La CSG est une retenue à la source. L’augmenter de 30 milliards c’est exercer une ponction directe sur la consommation de 1,5 à 2 %. C’est amputer la croissance de près de 2 points. »

Rappelons que ceci a été écrit en 2012… Or, nous savons désormais de quoi la CSG est capable… Mais nous remarquons aussi, en passant, que la notion de croissance du PIB est tout ce qu’il a de plus ambigu, en ceci qu’elle paraît intégrer la consommation des ménages dans les objectifs que se donnerait la société française dans son ensemble. C’est faire, à la valeur d’usage en général, une place qu’elle n’a pas du tout.

Les produits et les services ne sont pas élaborés d’abord et avant tout pour leur utilité. Ils sont un moyen terme qui ne doit son existence qu’à la nécessité dans laquelle l’ensemble du système économique se trouve de produire un profit pour cette partie de la société qui, au titre de la propriété des capitaux, doit pouvoir conduire le vaisseau français dans le système impérialiste international, en obtenant des divers collectifs de travail qu’ils rament tous de la bonne façon et avec des objectifs de rentabilité clairement définis. Autrement dit : la valeur d’échange est reine. Le monde capitaliste ne connaît qu’elle. Tout le reste doit s’y plier, et les guerres en particulier.

Toutefois, comme d’autres, la société française comporte un ventre mou : les classes moyennes… Le grand capital y tient beaucoup, et c’est pourquoi il lui offre, s’il le peut, de… consommer. Conséquemment, parmi d’autres choses, le ventre mou craint la CSG…

C’est ici que nous pouvons reprendre la perche qu’Olivier Passet nous tendait en octobre 2012 quant à l’éventuelle mise en action de celle-ci :
« Après la rigueur déjà programmée, c’est faire basculer la France dans une récession lourde pour 2013. C’est perdre 1 point de PIB de recettes fiscales. C’est louper assurément la cible de 3 % de déficit. C’est donc perdre sur les deux tableaux… celui de la croissance et celui des cibles de déficit. »

En effet, pour garder sa place dans la pyramide impérialiste – une place que l’effondrement calculé de juin 1940 aurait pu lui enlever à tout jamais -, la France doit impérativement s’accrocher au cou de l’Allemagne ou retrouver des capacités militaires de conquérante qu’elle n’a plus jamais recouvrées depuis Waterloo… C’est dire. Et sans cette place… l’essentiel de ce qui constitue les « acquis » des « classes moyennes » ne pourra que passer à la trappe… Y compris cette façade que constitue l’immobilier résidentiel.

Mais, serrer les boulons aux « classes moyennes », c’est-à-dire les reconduire peu ou prou à la véritable condition prolétarienne, cela a tout de même un sens précis dans le reconditionnement de la France sur la scène internationale rapprochée en lui laissant une chance d’apparaître, grâce à l’activation de la CSG, comme un véritable modèle d’exploitation de sa propre population…
« Seul point positif, c’est aussi réduire notre différentiel de demande intérieure avec le reste de l’Europe… donc mécaniquement réduire notre déficit commercial…. Mais peut-on vraiment appeler cela « compétitivité ? ».

Oui, parce que cela fournit la preuve d’une capacité déterminée à mener une lutte des classes un peu plus féroce…

NB. Cet article est le cinquante-troisième d'une série...
« L’Allemagne victorieuse de la Seconde Guerre mondiale ? »
Pour revenir au document n° 1, cliquer ici


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2 réactions à cet article    


  • xiyih@bit-degree.com 15 mai 21:33

    il y a courage qui signifie détermination et consistance, et bravoure, la langue Francaise nous autoise encore ce distinguo, pas sur qu elle nous sauvera, la diplomatie n est plus de mise


    • UnLorrain 16 mai 10:54

      @xiyih@bit-degree.com

      Courage ?? Une France multiethnique multicolore multiconfessionnale multicommunautaire- faits que je ne constate guère a propos de la Chine du billet- est lessivée, puis l’epilogue,foutue.

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