• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Les voleurs de mots

Les voleurs de mots

Et si nous cherchions les causes de notre impuissance politique ? Que sont exactement ces chaines, pourtant bien fragiles, qui nous entravent et nous condamnent à l’immobilisme et à la soumission, dans un système qui bascule tant et plus vers le totalitarisme idéologique ?

Mais, me direz-vous, nous ne vivons pas dans un régime totalitaire, lesquels se caractérisent essentiellement par la confiscation du pouvoir par un parti unique, ne tolérant aucune forme d’opposition organisée. Le totalitarisme va plus loin encore que la simple dictature puisqu’il entend s’immiscer dans la sphère intime de la pensée en imposant à tous les citoyens l’adhésion à une idéologie obligatoire, hors de laquelle ils sont considérés comme ennemis de la société.

La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature (Noam Chomsky).

La question étant de savoir si le totalitarisme serait compatible avec des institutions démocratiques, comme le multipartisme, les syndicats et une presse « libre ». Et cette question en amène une autre : est-ce que le totalitarisme présuppose la dictature ? La dictature n’est qu’un moyen pour imposer le totalitarisme, il pourrait donc, en théorie, être remplacé par tout autre moyen ou ensemble de moyens permettant l’instauration du totalitarisme. J’entends démontrer que c’est précisément là où nous en sommes aujourd’hui. La démocratie a été presque totalement vidée de son sens, et le pouvoir se contente désormais d’entretenir maladroitement l’illusion démocratique à l’usage des masses, biberonnées dès leur naissance à la propagande.

La propagande

Le mot ayant rapidement pris une connotation sulfureuse, il est le plus souvent remplacé aujourd’hui par le concept de relations publiques. En pratique, il s’agit précisément de manipulation mentale des masses qu’Edward Bernays appelait la fabrique du consentement. Dans son ouvrage intitulé Propaganda, publié en 1928, l’auteur expose de manière cynique et froide les rouages de cette machine à forger l’opinion. Qu’il s’agisse de vendre une marque de poudre à lessiver, de pousser les Américaines à fumer pour le plus grand profit de l’industrie du tabac, ou de pousser au renversement d’un gouvernement démocratiquement élu au Guatemala, les ressorts sont les mêmes. D’ailleurs le sous-titre de l’ouvrage ne laisse planer aucun doute : « Comment manipuler l’opinion en démocratie ».

Boîte à outils : exemples de propagande

  • Invasion de l’Irak et renversement de Saddam Hussein : vous souvenez-vous de Colin Powell agitant sa petite fiole de poudre de perlimpinpin devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour pousser la communauté internationale à adhérer à ses projets d’invasion ? On sait aujourd’hui qu’il s’agissait d’une manipulation et que Saddam Hussein ne possédait pas d’armes de destruction massive.
  • Avant cela, vous souvenez-vous de l’affaire des couveuses au Koweit ? La jeune Nayirah en pleurs devant le Comité des Droits de l’homme des Nations Unies, relatant comment, lors de l’invasion du Koweit, les soldats irakiens avaient arraché les nouveaux-nés des couveuses de l’hôpital de Koweit City et les avaient laissé mourir de froid ? On apprendra plus tard — trop tard — que sous ce pseudonyme se cachait en réalité la fille de l’Ambassadeur du Koweit aux États-Unis, et que toute l’affaire n’était qu’une machination montée par le Koweit et les États-Unis afin de faire accepter à l’opinion publique une intervention militaire en Irak.
  • Vous souvenez-vous des appels à intervenir dans l’urgence en Libye pour empêcher l’infâme dictateur Mouammar Kadhafi de massacrer en masse la population de son pays ? Ces appels, à la l’initiative de pseudo-intellectuels « français » (comme BHL) ont débouché sur la résolution 973 du Conseil de Sécurité des Nations Unies visant à établir une zone d’interdiction aérienne. L’OTAN violera ensuite largement la lettre et l’esprit de cette résolution par une campagne militaire qui aboutira à la prise de Syrte, la chute du régime, et l’assassinat de Kadhafi dans des conditions qui restent encore obscures aujourd’hui.

La propagande de guerre s’appuie toujours sur les mêmes ressorts, parfaitement connus et documentés.

Aldous Huxley, l’auteur du meilleur des mondes avait plutôt bien résumé ce qu’est la propagande :

La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter.

Toutefois, la propagande, aussi efficace qu’elle soit, n’est qu’à mi-chemin du totalitarisme : elle nous dit seulement comment nous devons penser. Cela reste une forme de persuasion.

Les mots volés

Les mots volés, c’est le pendant de la propagande, l’étape ultime pour aboutir à une société sous contrôle totalitaire, en douceur. Si la propagande nous dit ce que nous devons penser depuis 1930, il restait à trouver le moyen de nous empêcher de nous approprier les sujets dont le pouvoir ne veut pas que nous débattions. Et pour faire bonne mesure — s’agissant d’interdit — on y adjoindra les services d’une véritable police de la pensée, avec des peines d’ostracisme à la clé, voire carrément des campagnes visant à détruire socialement et financièrement les contrevenants.

Concrètement, il s’agit de gommer jusqu’à la moindre possibilité de débattre de certains sujets, quitte à dévoyer les concepts, dans la plus pure tradition Orwéllienne.

Boîte à outils : antisionisme, un mot volé

Tout le monde connaît cet élément de langage utilisé ad nauseam par les politiques (Valls, Macron, etc.) et les médias français : 

« l’antisionisme est synonyme de l’antisémitisme »

C’est factuellement faux : 

  • L’antisionisme s’oppose à l’État d’Israël, ou à sa politique d’extension (colonisation). Le sionisme n’est ni un peuple, ni une religion, c’est une idéologie politique conquérante, qui a mené à la création de l’État juif, au détriment des Palestiniens.
  • L’antisémitisme est une forme de racisme rejetant spécifiquement les Juifs.

En cherchant à assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme, l’idée est de faire taire toute critique contre la politique de colonisation menée par l’État d’Israël, et le traitement indécent réservé aux Palestiniens, notamment à Gaza. Il s’agit de jeter l’opprobre des heures les plus sombres à la face des justes critiques d’un gouvernement prédateur et absolument dénué de morale.

Comme nous le verrons, les interdits, les escamotages et les dévoiements sont observables dans tous les domaines de notre société. Loin d’être des phénomènes isolés, ils sont au coeur d’une stratégie globale visant à rendre impossible de s’opposer à l’avènement du capitalisme mondialisé.

1) La langue de bois

Popularisée par Frank Lepage et ses célèbres ateliers de désintoxication de la langue de bois, ce sont toutes les expressions que l’on voit fleurir ça et là, qui ont pour seul objectif de vous empêcher de prendre la mesure d’une situation, de la réduire à un aspect purement technique, ou de rendre impossible de s’y opposer. Par exemple, de nos jours, lorsqu’une entreprise ferme, on ne parlera plus de plan de licenciement collectif, mais de plan de sauvegarde de l’emploi. Qui pourrait s’opposer à un plan visant à sauvegarder l’emploi ? Chacun peut bien comprendre que lorsqu’on nous parle de « croissance négative », on parle en fait de récession, mais quelque part, accepter d’utiliser les mots du néolibéralisme, c’est accepter de penser avec les mots de notre ennemi (la finance, chère à François Hollande). Notez d’ailleurs que ces expressions, fruits de la réflexion de think tanks d’obédience néolibérale ne peuvent s’imposer qu’avec le concours expresse des médias.

2) Les partis politiques… voleurs de mots

Quel que soit le parti politique pour lequel vous votez (ou ne votez plus) aujourd’hui, Il y a un certain nombre de points que vous ne trouverez dans le programme d’aucun d’eux. Cela indique une forme de collusion dans laquelle tous sont parfaitement d’accord pour qu’un certain nombre de dogmes/sujets ne soient jamais remis en question :

  • Adhésion à l’Union Européenne
  • Ordo-libéralisme de Bruxelles
  • Accueil des migrants
  • Mondialisation et ses conséquences sociales désastreuses
  • Soumission à la politique américaine
  • Suivisme dans les guerres d’agression perpétrées par l’OTAN pour le compte des USA et d’Israël
  • Acceptation du néolibéralisme comme s’il s’agissait d’une fatalité inéluctable

Boîte à outils : les 3 méthodes utilisées par le pouvoir et les partis pour n’avoir pas à aborder les sujets tabous

  1. Diabolisation du concept, et donc des personnes qui voudraient voir ce sujet abordé, comme n’importe quelle question de société en démocratie. Vous êtes contre la politique migratoire ? Vous êtes donc un horrible xénophobe, voire carrément un antisémite (si si). Fin de la discussion, le ballon est toujours là, mais vous, vous êtes déjà en route pour l’infirmerie.
  2. Pseudo-consensus totalement fantasmé : l’Europe, mais c’est la paix ! Tout le monde est pour la paix, donc les citoyens sont très favorables à l’Union Européenne, même si celle-ci n’est pas parfaite (mais on va régler ça après les prochaines élections européennes). Oui, sauf que dans les faits, le Traité de l’Union, qui devait initialement être ratifié par les États-membres sur base référendaire a été plutôt mal reçu : les trois seuls pays à avoir organisé un référendum (France, Irlande, Pays-Bas) s’étant prononcés contre. Du coup, il est où le consensus ? Elle est où, la démocratie ? Notez qu’à ce point de la discussion, si vous vous permettez d’insister, vous passez immédiatement dans la catégorie « facho rouge-brun ». N’était-ce pas Junker qui disait déjà en janvier 2015 : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens1 » ?
  3. Inéluctabilité : « le néolibéralisme, mais comment voulez-vous que nous y échappions, c’est comme ça, et il n’est pas possible de revenir en arrière ». Ce qui est évidemment très pratique pour n’avoir pas à se poser la question de notre souveraineté, et du véritable pouvoir qui reste (#oupas) aux pantins du gouvernement face aux puissances de l’argent.

Pour ces raisons, les partis politiques sont devenus comme des marques de poudre à lessiver : il y a la boîte rouge, la bleue, la verte (éco-lessive), mais dedans la boîte, ça reste la même camelote : néolibéralisme et atlantisme à tous les étages. Il n’y a plus aujourd’hui de clivage gauche/droite, il reste juste quelques variantes de néolibéralisme — école de Chicago — avec plus ou moins le même contenu pour l’essentiel. Les élections s’apparentent désormais au théâtre de Guignol (en plus ennuyeux). De l’extrême droite à l’extrême gauche en passant par les partis traditionnels et les inénarrables doudous insoumis, c’est le même tonneau de pommes blettes dégageant une odeur entêtante de pourriture. Et c’est plus ou moins le même tableau en Belgique, raison pour laquelle je ne vote plus, désormais, en dépit de l’obligation légale.

En pratique, les mots volés, en parlant des partis politiques traditionnels, c’est le classique emploi du faux dilemme :

  • « Quelle alternative proposez-vous au capitalisme ? Vous voulez instaurer un système soviétique ! »
  • « Vous ne voulez pas accueillir les réfugiés ? On ne discute pas avec des xénophobes »

Comme si la seule alternative à un régime néolibéral était une dictature communiste. Comme si la seule option qui s’offrait à nous serait d’ouvrir les frontières à tous les réfugiés, sans jamais se poser la question de savoir pourquoi ils ont quitté leur pays tout d’abord (parce que nous avons largement contribué à les détruire et à les rendre invivables). Est-ce que, dans les années ’90, tous les pays occidentaux étaient peuplés de xénophobes bas de plafond dirigés par l’extrême droite ? Je n’en ai pas l’impression, pourtant l’immense majorité de ces pays appliquait strictement les lois relatives au droit d’asile, ce qui excluait de fait l’accueil des réfugiés économiques.

La question à se poser étant celle-ci : lorsque les instances des partis politiques excluent d’office le débat sur un certain nombre de questions, sont-ils encore d’essence démocratique, et n’y aurait-il pas lieu, soit de renouveler le cadre de fond en comble, soit de les délaisser et d’en fonder un autre, dans lequel pareille manipulation serait statutairement impossible ?

À bien y regarder, c’est précisément ce qui est arrivé au Parti Socialiste français, méticuleusement détruit de l’intérieur depuis 1983 par ses cadres dirigeants qui ont lentement mais sûrement dévoyé l’idéal socialiste pour l’aligner sur la doctrine néolibérale européiste. Force est de constater qu’en fait de gauche, Mitterrand n’était que le faux-nez de la droite, et sa principale tâche aura été la liquidation, une fois pour toutes, du puissant Parti Communiste français. François Hollande, en fournissant le marchepied au candidat de la Banque Rotschild, n’aura été que le dernier maillon de la chaîne, le concierge chargé d’éteindre les lumières et de fermer derrière lui en sortant. Mission accomplie, aujourd’hui on peut faire aisément tenir ce qu’il reste d’authentiques communistes français dans l’arrière-salle de la Librairie Tropiques sans même avoir besoin de retirer les bouquins d’abord.

3) Les médias menteurs

En démocratie, une presse plurielle et libre est censée garantir l’expression de la diversité d’opinion, au point qu’on la désigne parfois comme le quatrième pouvoir, les trois autres étant l’exécutif, le législatif et le judiciaire.

Oui mais voilà, aujourd’hui, tous les grands médias sont aux mains de groupes financiers baignant dans le même marigot idéologique d’inspiration néolibérale. Ce sont les nouveaux chiens de garde au service du pouvoir, ou plus exactement, leurs dirigeants se trouvent être également ceux qui placent leurs pions dans les sphères du pouvoir, comme en atteste l’élection de Macron à la présidence de la République.

Il ne reste donc qu’une diversité de façade, puisqu’on est parfaitement d’accord sur l’essentiel : ainsi, dans leurs feuillets, vous seriez bien en peine de trouver un seul article qui ne présenterait ne serait-ce qu’une opinion nuancée ou critique sur des sujets comme la Syrie, la Russie, le Venezuela, Israël ou le réchauffement climatique2.

Bien évidemment, cette collusion permanente avec le pouvoir ne passe plus vraiment inaperçue, et le public se détourne de plus en plus des médias traditionnels au profit des médias alternatifs ou des rares journaux qui ont pu garder une indépendance éditoriale sur certains sujets, comme le Canard enchaîné ou Médiapart.

Ce désamour a pour conséquence une baisse constante du lectorat, ce qui ne fait qu’aggraver un peu plus la situation financière déjà passablement calamiteuse des médias, qui sont littéralement au bord de la faillite. Avec pour corollaire une plus grande dépendance à la perfusion que représente l’apport financier des actionnaires, et les subventions de l’État. Les journalistes ne sont pas censurés, ils s’autocensurent. Ils savent qu’au premier article qui franchirait la ligne jaune, ils seront virés comme des malpropres et remplacés par quelqu’un de plus docile. Ce n’est plus la personnalité ou le talent du journaliste qui détermine la qualité de son travail, mais son environnement : il se trouve pieds et poings liés.

Plus grave : constatant que le public se détourne de plus en plus de la propagande qu’ils déversent par tombereaux, les médias ont mis en place une véritable stratégie de censure sociétale, sous couvert de lutter contre les fake news. En pratique, c’est la remise au goût du jour de l’Index librorum prohibitorum. Sans vouloir nier un seul instant qu’un certain nombre de sites de réinformation sont parfois en effet de véritables usines à fake news, n’y a-t-il pas quelque chose de profondément malsain à voir une société dans laquelle la presse appelle à la censure ? Est-il normal que l’on infantilise les citoyens au point qu’il faille leur dire ce qu’ils peuvent croire et ce qu’ils doivent rejeter ? La vérité par décret n’est qu’un des attributs du totalitarisme.

4) Érosion des libertés

En démocratie, les droits les plus fondamentaux sont :

  • La liberté d’opinion
  • La liberté d’expression

Et si la liberté d’expression est limitée par diverses exceptions, la liberté d’opinion, quant à elle, doit être totale pour qu’existe la démocratie.

Dans les faits, ces libertés sont attaquées de toutes parts, tant par le politique que par les lobbies et les chiens de garde médiatiques, qui reprennent en boucle les mêmes éléments de langage, ce qui rend parfaitement clair qu’on a affaire à de la propagande (antidémocratique).

Vous avez tous lu, ou entendu ceci ?

Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit

C’est un sophisme3, et il est d’autant plus pervers qu’il se présente tout auréolé de ce qui pourrait passer pour une sagesse populaire. Il vise ni plus ni moins qu’à faire accepter l’idée du délit d’opinion, le thoughtcrime de G. Orwell dans son roman Nineteen Eighy-Four (1984).

Dans les faits, la loi ne réprime pas le racisme (qui est une idéologie, donc une opinion), mais bien l’expression du racisme. La question ici n’est pas de savoir si l’idéologie raciste serait défendable, mais de comprendre que par essence, le droit s’applique dans le domaine concret de l’action et des faits, il ne peut sonder les coeurs et les reins.

L’exercice de la démocratie ne peut être contraint par l’éthique, parce que cela supposerait des parti-pris idéologiques, des interdits, et la subordination au conformisme, bien peu compatibles avec l’idée même de démocratie. Pire, ce glissement insidieux vise en réalité à abolir la frontière entre le moi (individualité) et le nous (la société) en posant que l’éthique (la doxa4) prendrait le pas sur le libre-arbitre. Ainsi, le dernier sanctuaire de votre souveraineté en tant qu’individu serait désormais partie du domaine public sous juridiction du droit commun, et la société se rapprocherait un peu plus de ce que sont les ruches des hyménoptères.

Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. (George Orwell)

Et de même, sauf à jouer les tartuffes, la défense de la liberté d’expression commence précisément par les opinions dissidentes, même (et surtout) si elles n’ont pas l’heur de nous plaire.

Étrangement, quand il s’agit de défendre la liberté d’expression de Dieudonné ou les droits fondamentaux de Tarik Ramadan5, il n’y a plus personne. Ils sont où les grands défenseurs des droits de l’homme ? Ils sont où les chantres de la démocratie ? Elle est où, l’opposition ? Où sont les gauchistes tellement prompts lorsqu’il s’agit de défendre l’Islam ou les réfugiés ? Ils ont poney ? Non, une moitié est vendue à Soros, l’autre crève de trouille, et refuse de quitter une petite zone d’inconfort pour une zone moins confortable encore.

On pourrait dire la même chose concernant Julian Assange, pratiquement oublié de tous, et que nous laisserons crever comme un rat dans sa cellule chambre, quitte à nous fendre de quelques larmes de crocodile, le jour de son enterrement, en rappelant combien c’était un courageux lanceur d’alerte. Pas comme nous, en somme.

Les silences complices, pour contraints qu’ils soient, n’en sont pas moins un aveu de lâcheté, l’espoir un peu puéril qu’en se terrant dans son trou, on échappera au regard du totalitarisme idéologique rampant qui sait se nourrir de pareilles faiblesses.

Police de la pensée et justice médiatico-politique

C’est par la grâce de Dieu que nous avons ces trois précieuses choses : la liberté de parole, la liberté de penser et la prudence de n’exercer ni l’une ni l’autre. (Mark Twain)

Je voudrais ici évoquer le cas de Dieudonné, parce que je pense qu’il est exemplatif d’une campagne menée par un lobby, des décideurs politiques et leurs chiens de garde pour détruire socialement et financièrement un homme en dehors de toute procédure judiciaire, de tout cadre légal. Je ne défends pas ses idées politiques, je pense qu’il n’en a guère, d’ailleurs : c’est un homme de spectacle, un amuseur, doué d’un rare talent, indéniablement. Vous admettrez avec moi, et cela vaut même pour le dernier des criminels, que lorsqu’un individu a purgé sa peine, il a payé sa dette à la société. Au titre du principe non bis in idem, nul ne peut être jugé deux fois pour les mêmes faits, et par définition, la sanction est limitée soit dans le temps, soit à une astreinte financière. Rien de tout cela ici, on a une classe politique, des influenceurs et des éditocrates qui poursuivent inlassablement Dieudonné de leur haine implacable comme s’il était désormais exclu de la communauté des hommes, et déchu de ses droits élémentaires. Cela va nettement plus loin que l’ostracisme tel qu’il était pratiqué à Athènes, qui ne visait qu’à l’éloignement temporaire de la cité de personnes jugées dangereuses pour la démocratie. De plus, l’ostracisme était une institution démocratique, en ce sens qu’il fallait 6.000 voix sur un corps électoral de 40.000 pour que le quorum soit atteint.

La question que je me pose ici est de savoir qui sont exactement ces gens qui se présentent comme les gardiens de la morale et les exécuteurs des basses oeuvres tout à la fois ? Qui leur a donné mandat ? Qui représentent-ils, à part eux-mêmes et une brochette de parvenus ? Ne voyez-vous pas le danger qu’il y a à laisser une élite décider de qui peut parler et qui ne le pourra plus ? C’est au juge de dire le droit, et la place pour le faire est le tribunal, le reste est une dérive attentatoire à la liberté d’expression, et par extension à la démocratie elle-même.

La liberté d’opinion et la liberté d’expression sont des droits fondamentaux inscrits dans la constitution. Et parce que les abolir signifierait clairement le basculement vers le totalitarisme, les élites ne peuvent les attaquer que par la bande, tout en prétendant les défendre. Mais que sont les droits constitutionnels si l’on n’a pas la possibilité d’en jouir pleinement ?

5) Censure des médias sociaux

Parce que la situation économique va en se détériorant, parce que la révolte gronde et que le peuple commence à se soulever, ne trouvant plus aucune issue à la désespérance, le pouvoir cherche par tous les moyens à étouffer la contestation. C’est donc très logiquement que la censure s’étend à présent aux réseaux sociaux, sous la pression des « démocrates » de tout poil, au titre de lutter contre les fake news (encore elles) et les « discours de haine ». La France détient d’ailleurs le record peu enviable du plus grand nombre de demandes de fermeture de pages/comptes Facebook, ça ne s’invente pas.

Cette censure s’étend désormais à Twitter, mais aussi à Youtube. Même les intermédiaires de paiement comme PayPal sont sollicités, et ferment les comptes les uns après les autres, en parfaite coordination avec le pouvoir. Il s’agit, encore une fois, de détruire financièrement les opposants si l’on ne parvient pas à les faire taire.

Cela revient à écoper le pont du Titanic avec une coupe de champagne et n’empêchera pas le navire de couler, mais le pouvoir essaie désespérément de repousser le moment où il aura à choisir entre la révolution et la répression sanglante, ce qui fait toujours tache sur la carte de visite d’un État supposément démocratique, vous en conviendrez.

Que reste-t-il de notre démocratie dans tout ça ?

Les stratégies que j’évoquais nous montrent clairement qu’elles tendent toutes au même objectif : rendre plus étroit le champ d’expression démocratique.

  • Réduire le vocabulaire ou le pervertir
  • Réduire l’offre politique réelle en posant que certains sujets ne peuvent être débattus
  • Nous abreuver de propagande médiatique au service des puissants
  • Censurer les espaces de liberté qu’étaient les réseaux sociaux
  • Ostracisation des opposants, voire mise à mort sociale & économique

Comment pouvons-nous lutter efficacement contre ces dérives ?

En retrouvant notre capacité naturelle au dialogue, au-delà des clivages artificiellement posés par ceux qui veulent à tout prix empêcher l’émergence d’une force d’opposition capable de jeter les gouvernements actuels dans les poubelles de l’histoire dont ils n’auraient jamais dû sortir.

Par dialogue, j’entends de ne plus accepter qu’un banal emprunt idéologique puisse mener à une diabolisation par association. S’il est parfaitement légitime de s’opposer aux idées, il y a grand danger à pratiquer l’ostracisme, le danger de se retrouver atomisés, littéralement. Et les seuls qui ont intérêt à ce que l’opposition reste atomisée sont nos dirigeants actuels, et leurs supplétifs.

En démocratie, la diversité des opinions est un bienfait, pas une tare. On peut parfaitement avoir une sensibilité sociale et remettre en cause l’immigration massive qui ne mènera qu’à la guerre civile que Zemmour appelle de ses voeux. On peut parfaitement admirer Michel Collon pour ses positions contre les guerres néocoloniales et trouver chez Alain Soral des analyses lucides et réalistes. On peut aimer Marx et comprendre Proudhon. On peut être contre l’appropriation des ressources de l’humanité par une petite clique de parasites et comprendre les petits propriétaires terriens et les entrepreneurs. On peut être résolument contre la destruction de la planète par l’homme, être animé d’un esprit authentiquement écologique et considérer que la voiture électrique n’est qu’une farce à l’usage des bobos, et que la « lutte contre le réchauffement climatique » n’est qu’une autre formulation pour « eugénisme tranquille » (tout de suite moins sexy).

Et j’ajoute que si les partis d’opposition actuels s’accomodent ou encouragent pareille dichotomie, ils font le jeu du pouvoir, et ceux qui y sont dans l’espoir d’un grand soir qui ne viendra jamais en sont les éternels cocus.

Une société, c’est avant tout une communauté sur un territoire. Des règles simples et justes, un partage équitable des charges et des bienfaits. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Ce lieu de vie est attaqué de toutes parts, autant pour ce qui concerne le territoire6 que pour ce qui concerne sa communauté (les Français). Pire, tout ce qui pourrait ressembler, de près ou de loin, à une organisation sociale visant la cohésion est systématiquement détruit par les mêmes qui prétendent les défendre : les services publics, les soins de santé, l’enseignement, mais aussi les fleurons industriels (privatisations), les syndicats et jusqu’au noyau familial : aujourd’hui, si vous n’avez pas épousé votre poisson-rouge et que votre gamin de 5 ans n’a pas encore fait son coming-out, vous n’êtes qu’un putain de macho dominateur rétrograde doublé d’un père indigne et homophobe. Tout est à vendre, tout doit partir.

Ne vous y trompez pas, ce lent travail de sape de ce qui constitue le ciment même de la société ne pourrait pas exister sans la complicité des élites, qui ont décidé, main dans la main avec le pouvoir financier international7, d’en finir une fois pour toutes avec ce modèle. Il faut donc casser tout pour reconstruire, et peupler ce lieu avec des hommes nouveaux : terriblement seuls, désespérément faibles, parce qu’attachés à rien, et ancrés nulle part. Ce sera le pouvoir sans partage des multinationales ; sans intermédiaires devenus désormais inutiles, Macron partira à la casse et sera remplacé par une sorte de CEO de la filiale « France » et il se trouvera encore des imbéciles pour voter pour… ça.


>> Article original sur le site du Vilain Petit Canard

Notes

  1. Presque un oxymore, puisque précisément l’essence de la démocratie est le pouvoir politique exercé par le peuple. Et si le peuple ne peut s’emparer de la question des traités, on peut raisonnablement conclure qu’il n’y a pas de démocratie du tout (cfr référendum sur le Traité de Maastricht)
  2. Apparemment, en 2009 c’était encore possible, mais même rétrospectivement, il semble que l’existence d’un tel article soit insupportable : il a donc été supprimé. Bienvenue en 1984.
  3. Sophisme : argument, raisonnement ayant l’apparence de la validité, de la vérité, mais en réalité faux et non concluant, avancé généralement avec mauvaise foi, pour tromper ou faire illusion. Source CNRTL
  4. Ensemble des opinions communes aux membres d’une société et qui sont relatives à un comportement social. Source : Larousse
  5. Libéré sous caution le 16 novembre 2018 après 287 jours de détention provisoire. Est-il permis de penser que le traitement appliqué à l’intéressé (par la justice, mais aussi par les médias) diffère singulièrement par sa sévérité si on le compare à d’autres affaires qui avaient défrayé la chronique (Polanski, Dsk) ? La question n’est pas de savoir si l’on est d’accord avec les idées professées par Tarik Ramadan, mais bien de savoir s’il est un citoyen français comme les autres, un justiciable bénéficiant du droit à la présomption d’innocence, comme tout accusé, dans l’attente de son procès.
  6. Souveraineté : le droit français est désormais subordonné au droit européen
  7. Multinationales, banques, fonds de pensions, spéculateurs…

 

Moyenne des avis sur cet article :  4.82/5   (33 votes)




Réagissez à l'article

267 réactions à cet article    


  • math math 2 décembre 09:27

    Tous nos médias font la propagande pour les partis politiques auquel ils appartiennent..Nous baignons dans une information téléguidée en permanence..

    Misérable caste de voyous se vendant aux plus offrants...


    • Aurevoiràjamais Aurevoiràjamais 4 décembre 22:25

      @math

      Tout cet enfumage, ce pourrissement voulu de la situation avec le mouvement des gilets jaunes sert à dissimuler la signature très prochaine par EM du « pacte pour la migration » de l’ONU !!! 
      Elle est là la bombe...


    • Aurevoiràjamais Aurevoiràjamais 4 décembre 22:27

      @Aurevoiràjamais

      Say goodbye...



    • Elixir Elixir 2 décembre 10:09

      Le problème de la démocratie n’est pas ses déviances, c’est sa nature même. Un système fondé sur le pouvoir d’une minorité supérieure aux autres(suffrage majoritaire) ne fonctionnera jamais, jamais.

      Les organisations qui savent utiliser le consensus ou autres prises de décisions le savent très bien.

      Le problème, c’est que l’extrême majorité ds gens ne connaissent rien d’autre que la démocratie, et ce qu’en disent les médiacrates...Il y a d’autres systèmes auquels personne ne veut prêter attention...

      En fait personne n’est content, mais personne n’est prêt à changer pour autant.

      Les gens préfèrent mourir dans leur zone de confort, plutôt que de rebattre les cartes et repartir à zéro de manière pacifique ...

      C’est comme ça, l’homme est un animal râté...


      • L'enfoiré L’enfoiré 2 décembre 10:28

        @Elixir

         Le socialisme parce qu’il faut bien l’appelé ainsi, a créé des troupeaux de pensées uniques.
         Plus on est nombreux avec les mêmes idée, mieux le groupe se porte.
         Tous semblables et on rase le haut et le bas comme le disait Spartacus avec qui parfois, je peux avoir idée identique.
         Ce sont les différences qui font l’homme dans un super collectif de différences et pas dans un concert de similitudes.
         C’est comme dans un orchestre et une symphonie. On joue ensemble mais avec des instruments différents et parfois, il y a des solistes qui émergent et en font un concerto.
         


      • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 10:45

        @Elixir

        C’est pour ça que je mets le doigt où ça fait mal, en montrant que dans les faits (et non sur papier), la démocratie n’existe plus.


      • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 10:48

        @L’enfoiré

        Euh, Guy, si tu penses que la gauche actuelle aurait ne serait-ce qu’un soupçon d’idéologie sociale, je te conseille d’aller dormir encore un peu, tu es fatigué.

        La domination des masses commence avec les religions et la naissance des cités-états après que l’homme ait eu découvert l’agriculture et soit passé du statut de chasseur-cueilleur à celui d’agriculteur.

        Rien à voir avec le socialisme, et entre nous, tu parlais du communisme, pas du socialisme.


      • samy Levrai samy Levrai 2 décembre 12:51

        @Philippe Huysmans
        la democratie, c’est le pouvoir du peuple souverain, c’est la definition et la seule.
        Nous ne sommes plus en democratie parce que le peuple n’est plus souverain.
        Pour rendre la democratie à la nation il faut sortir au préalable de l’UE de l’euro et de l’OTAN.
        Le reste n’est qu’analyse des conséquences, des effets, pas des causes.
         


      • L'enfoiré L’enfoiré 2 décembre 14:23

        @Philippe Huysmans

         Désolé de revenir si tard. Je suivais la manifestation pour le climat.
         Merci de t’intéresser à mon sommeil.  smiley De ce côté, pas de problème, mon horloge interne a toujours fonctionné sans problème avec 7 heures au compteurs.
         Parlons maintenant de ce que tu racontes.
         Tu sais je pense te l’avoir dit, je ne suis ni de gauche ni de droite et les gens qui ont des convictions dans un sens comme dans l’autre m’ont toujours fait un peu peur.
         Non, je ne fais pas partie de la masse.
        Bien au contraire. J’aime me sentir différent puisque le bonheur vient de là comme je l’ai dit à Sparta

        Cela fait que je suis mécréant en tout comme je l’ai écrit à Gérard  avant de partir.
         Que ce soit socialisme, communisme ou de toutes idéologies de droite.
         En fait c’est du coup par coup, un peu de tout comme on dit chez nous au sujet des fromages belges. smiley


      • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 14:36

        @samy Levrai

        Je suis tout-à-fait d’accord, mais pour cela, encore faut-il avoir le pouvoir de le faire, et avec 1%, ben disons que c’est reporté sine die.

        Je n’ai rien contre Asselineau, je pense personnellement qu’il veut honnêtement le mieux pour le pays qu’il adore, mais ça ne suffira pas à lui donner le pouvoir.


      • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 14:46

        @L’enfoiré

        Désolé de revenir si tard. Je suivais la manifestation pour le climat.

        Tu as vu la note de bas de page N°2 concernant un article (un peu) critique du GIEC paru en 2009 ?

        Apparemment, en 2009 c’était encore possible, mais même rétrospectivement, il semble que l’existence d’un tel article soit insupportable : il a donc été supprimé. Bienvenue en 1984.

        Tu peux vérifier, c’est vrai.

        Tu en penses quoi ? T’as pas l’impression qu’on te prend pour un lapin de la semaine ?

        Et tant que tu seras dans tes recherches, sais-tu pourquoi je parle d’eugénisme tranquille ? C’est ça le vrai but (un peu inavouable), le reste, c’est de la poudre aux yeux.


      • julius 1ER 2 décembre 19:14

        Pour rendre la democratie à la nation il faut sortir au préalable de l’UE de l’euro et de l’OTAN.

        @samy Levrai

        qu’est-ce qu’on peut lire comme conneries même sur Avox !!!


      • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 19:34

        @julius 1ER

        Ce n’est pas un argument que vous donnez, c’est un avis basé sur une durée de conditionnement plus ou moins égale à votre âge, moins deux ans.

        La position de l’UPR est basée sur une analyse faite par des gens on-ne-peut plus sérieux qui se trouvent sortir des mêmes écoles que ceux qui vous dirigent aujourd’hui : qu’est-ce qui vous permet de débiner sans savoir ? Vous ne pourriez pas jeter un oeil et nous revenir avec quelque chose qui ressemble à un argument ?

        Je crois de toutes façons que l’UE est un « walking dead » qui pourrit littéralement sur pied mais continue à avancer. Ce machin explosera bien avant qu’on ait l’idée d’en sortir et le problème sera réglé.


      • samy Levrai samy Levrai 3 décembre 10:10

        @julius 1ER
        Tu es venu pour demontrer que tu ne connais pas le sens des mots et que tu es conditionné pour ne pas comprendre ?


      • Sergio Sergio 2 décembre 10:19

        Exemple : DÉMOCRATIE = DES-MOTS-DECA-TRI (ER) 


        • math math 2 décembre 10:24

          Les voleurs de mots sont des donneurs de maux.. smiley


          • placide21 2 décembre 10:27

            « Sans papiers » pour clandestins,« migrants »pour envahisseurs. ,« jeunes » pour délinquants , « journaliste » pour prédicateur « troubles psychiques » pour tueur. ,« la Russie » ou « Poutine » pour le mal ect.... . Orwell avait vu juste.


            • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 10:54

              @placide21

              On n’en est plus là, on est à la version 2.0


            • dorian 2 décembre 10:31

              Phillipe Huysmans le narrateur d’histoires Belges , qui avec force de citations de références de la pensée Gauchiarde nous assomme de platitude . Oh Louis tu vois pas que ton article est l’exemple type de ce que tu reproches au pouvoir en place , sauf que la tienne de propagande , c’est pour asseoir tes convictions politiques propres. Tu te pleins que la mariée est trop belle , ce que tu veux ignorer sciemment , c’est que tu vis dans un endroit de la terre qui représente 10% de la population mondiale qui vit correctement . Tu n’as aucune idée de ce que peut être la pauvreté , la faim , le manque de soins médicaux . Tout ce que tu sais faire c’est de te lamenter sur ton sort et pas pour le bien de l’humanité , mais pour satisfaire ton Ego de pseudo penseur . Toi dans un pays du quart monde ta durée de vie est de moins de 24 heures , parce que tu es un bobo nanti qui se la joue révolutionnaire.


              • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 10:50

                @dorian

                Je l’avais écrit à un ami concernant cet article : la droite collabo me traitera de gauchiasse et la gauche-à-la-botte me traitera de nazi.

                Même pas une surprise, juste la réalisation d’une prédiction.

                 smiley


              • L'enfoiré L’enfoiré 2 décembre 14:27

                @dorian,

                 Attention tous les Belges ne sont pas comme Philippe.
                 Ils n’ont pas tous eu des bouches à nourriture au risque de se retrouver à sec avant la fin du mois.
                 C’est que ça coûte cher les enfants...
                 C’est exactement le même problème qui se pose dans beaucoup de pays où la pauvreté règne.


              • dorian 2 décembre 14:32

                @L’enfoiré
                De qui tu parles , des lecteurs assidus de Victor Hugo à Molembek ????


              • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 14:52

                @L’enfoiré

                Tu sais quoi de la pauvreté, cher petit bourgeois ? Moi je l’ai vue de près, et assez longtemps pour comprendre que quand on est pauvre, c’est pas exactement « la nourriture qui manque ». Et crois-moi, on n’oublie pas.


              • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 14:54

                @dorian

                Faut pas vous laisser Zemmouriser, la plupart des quartiers de Molenbeek sont nettement plus cosy que la poubelle qu’est devenue Paris ou même Los Angeles.

                J’y vais de temps à autre voir un pote.


              • L'enfoiré L’enfoiré 2 décembre 18:14

                @dorian,

                 Molenbeek, j’en ai parlé il y a quelques mois.
                 Tu connais SJTN ?

                 Ca c’est beaucoup plus récent.


              • L'enfoiré L’enfoiré 2 décembre 18:20

                @Philippe Huysmans
                Cher « gros bourgeois moderne », je peux te dire que je la connais de très près mais que je ne la connais plus.
                Car il faut en sortir pour un peu grandir ce qui semble que tu n’as pas compris.
                C’est ça la différence et elle est de taille et tu n’étais pas né, donc tu ne pourrais en parler.
                Ce matin, je trouvais ce billet que j’ai ajouté en commentaire à la macronnite aiguë.
                Mai 68, tu n’as pas connu... moi bien... mais je n’en faisais pas partie, parce qu’à bord il y avait de petits bourgeois comme tu dis.


              • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 18:34

                @L’enfoiré

                Bof, on commence Trotskyste ou col Mao et on finit à l’extrême droite comme Cohn-Bendit ou BHL, le piposophe tartophile coiffé comme un dessous de bras.

                Rien de nouveau sous le soleil. Moi dans la famille Cohn-Bendit, je préfère son grand frère :)


              • L'enfoiré L’enfoiré 2 décembre 18:35

                J’en ai connu des péteux comme toi et comme on dit chez nous « je sais la contre »... smiley smiley smiley


              • L'enfoiré L’enfoiré 2 décembre 18:42

                L’extrême-droite, tu te souviens, je pensais que tu en faisais partie à suivre Marine et en suivant ses principes de sortir de l’Europe.
                Chez moi, quelqu’un de jaune, bleu ou même vert, il est toujours le bienvenu à condition qu’il soit « open minded ».
                Des jeunes, vois-tu j’en ai engagé.


              • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 18:50

                @L’enfoiré

                Tst tst, tu deviens tout de suite agressif quand on te parle de ton parcours ? Alleï peï, ça moi aussi, je peux, hein fieu.

                Y a pas de honte à être un vieux réac, Guy : n’était-ce pas Churchill qui disait 

                « Si vous n’êtes pas libéral à vingt ans, c’est que vous n’avez pas de cœur ; si vous n’êtes pas conservateur à quarante ans, c’est que vous n’avez pas de cervelle »

                Donc toi t’as de la cervelle, reste plus qu’à trouver la doc.


              • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 19:09

                @L’enfoiré

                « L’extrême-droite, tu te souviens, je pensais que tu en faisais partie à suivre Marine et en suivant ses principes de sortir de l’Europe.  »

                Suivre Marine ? T’as fumé quoi, dernièrement ? T’aurais pas sucé un buvard ? 

                Pour ta gouverne, je suis Anarchiste libertaire, exactement dans le droit fil d’Orwell, des militants du POUM, de Kropotkine, Bakounine, et des pauvres diables qui se sont fait massacrer lors de la commune de Paris.

                Tu pourrais comparer ça à Chomsky, qui est lui-aussi issu de ce courant de pensée.

                C’est on-ne-peut plus social, sans aucune des tares du communisme. J’ai une sainte horreur des dictatures quelles qu’elles soient.

                Faut essayer de lire un peu, Camarade, si tu veux tu peux commencer par « l’entraide » de Kropotkine, je l’ai mis en téléchargement sur mon site en pdf.

                Sinon, concernant la sortie de l’UE, je partage les idées d’Asselineau (UPR) qui n’a rien à voir avec le RN, c’est un gaulliste pur jus, donc centre-droit.

                Et pis, tu sais, on n’aura pas à « sortir » de l’UE, elle implosera bien avant.


              • L'enfoiré L’enfoiré 3 décembre 09:04

                @Philippe Huysmans,

                 T’as vu de l’agressivité dans mes paroles, parce que je dis que t’est péteux ?
                 Mais non m’fé, y en a aucune. C’est une constatation simple.
                 Je peux te dire que j’ai une certaine expérience dans le domaine des gourous ou qui se voient comme tel.
                 Je ne suis ni un con-servateur, ni un con-sommateur.
                 Il y en avait près de 70.000 hier à la manif à Bxl.
                 La doc, on la trouve partout sur le net, cela s’appelle le big data.
                 Ce n’est pas avec elle que tu vas t’en sortir, mais c’est en fonction de ce que tu en feras de cette doc, en disant « je » pour commencer tes phrases. Et cela fait partie de l’intelligence et pas des seules connaissances scolaires.
                 Si c’était le contraire, tout le monde qui aurait fait les mêmes antécédents scolaires arriveraient au même point.
                 Ce qui, tu en conviens, n’est pas le cas.
                 Je reformule le conseil de lire le bouquin de Servan-Schreiber.
                 L’esprit d’équipe, je peux te donner des conseils avec une expérience de plusieurs décennies.

                 Alors, n’essaye pas de me donner des « fieu ».
                 Je l’ai écrit et dit à la radio. Je suis un has been et content de l’être devenu.
                 Mon humour m’empêche de devenir péteux.
                 Si je n’ai pas un éclat de rire par jour, je considère que c’est une journée ratée.
                 Allez on fait coucouche panier ensemble... je t’assure qu’on va rire. smiley


              • L'enfoiré L’enfoiré 3 décembre 09:25

                @Philippe,
                J’aime beaucoup les analyses de Quatremerre au sujet de l’Europe.
                Il fait très souvent partie des plateaux de télé comme lors des débats du 28’ sur ARTE le vendredi.
                C’est un médiateur avisé entre France et Belgique et il ne mâche pas ses mots.
                En 2017, il était interrogé au sujet de son livre « Les salauds de l’Europe »

                Qui a t-t-il de changé depuis ?
                Pas grand chose. Avoue...
                 
                Mais, c’est vrai, il y a des sorties comme d’un Bannon au sujet du Pacte migratoire et des gogos qui se laisseront avoir par les beaux discours


              • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 3 décembre 09:54

                @L’enfoiré

                Je ne suipassi, suispassa : mais qui se la pète, chère vieille tortue ? Tu te rends compte que tu es un véritable concentré de bienpensance dégoûlinante, paré de sa beauffitude comme s’il s’agissait d’une légion d’honneur ?

                T’es-t-il seulement arrivé une fois dans ta vie d’avoir une idée originale, je veux dire bien à toi, ou que tu croirais telle ?

                Je n’ai nulle prétention à être le gourou de quiconque, et le pluris modestatis ne convient pas exactement pour autre chose que des études froides et stériles, je te le laisse, ça te donnera l’impression d’être modeste, ce sera déjà un début.

                Et je n’ai nul besoin de tes conseils, Guy, j’ai tout ce qu’il me faut comme lecture, merci.


              • L'enfoiré L’enfoiré 3 décembre 10:06

                @Philippe Huysmans,

                 Moi, je ne serai jamais rassasié de lecture diverses et même contraire à mes propres idées.
                 Ça cela fait une énorme différence.
                 Mais tu as encore du temps pour apprendre la différence.
                 Il y a une chanson qui dit « on n’a pas toujours 20 ans », mais la différence entre lnos âges respectifs restera toujours 20 ans.
                @+ Je reviendrai lors de prochain opus. Avec ta « plume acérée », j’adore et je compte les points de tes idées « originales » smiley


              • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 3 décembre 10:28

                @L’enfoiré

                Quand je te lis, je repense à une phrase qui revient dans l’Iliade, presque comme une ritournelle : « pourquoi parler à vide ? »

                Il y a des phrases, il y a des mots, mais aucun sens, rien. C’est juste que ton cerveau n’est plus relié à ta main ou c’est pareil à l’intérieur ? Bah, au moins tu ne sembles pas souffrir, c’est déjà ça.


              • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 3 décembre 13:38

                @L’enfoiré

                Quatremer est l’archétype du petit éditorialiste eurolâtre : comme dirait l’autre, il m’arrive de marcher dedans, mais pas de le lire.


              • Étirév 2 décembre 10:33

                L’auteur propose : « Et si nous cherchions les causes de notre impuissance politique ? »
                D’accord, mais les chercher uniquement dans l’époque contemporaine ne suffit pas à en saisir réellement l’origine. Peut-être est-il possible d’élargir la question en cherchant les causes d’une impuissance spirituelle ?
                Il est grand temps de faire la lumière sur l’histoire réelle car il est encore beaucoup trop de gens naïfs qui croient que l’histoire officielle est le récit exact des faits du passé. Ils semblent ignorer que le monde est, depuis longtemps, régi par le mensonge et que le désordre de la société actuelle en est la conséquence.
                Il est donc absolument nécessaire de faire toute la lumière sur les causes réelles qui ont amené à divers moments de l’histoire, des peuples à se révolter contre des pouvoirs illégitimes, souvent usurpateurs et méprisants, architecte de Société basée sur des mœurs contraires à la Nature et auxquelles il est temps de mettre fin, car elle est sont la source d’une très grande soufrance morale pour l’humanité tout entière.
                On ne change pas une nation en changeant sa politique. On la change en réformant ses mœurs, et pour réformer les mœurs il faut changer les idées. Hommes et femmes, Le temps est venu.


                • Philippe Huysmans Philippe Huysmans 2 décembre 10:52

                  @Étirév

                  J’avais commencé par ça, puis je me suis aperçu (voici deux semaines) que j’étais en train d’écrire des chapitres entiers d’un bouquin, en commençant quelque part dans la plaine de mésopotamie voici 12.000 ans.

                  Mais qui aurait lu 180 pages ?

                  Alors voilà, j’ai coupé, coupé et coupé encore, pour ne garder que les raisons (actuelle) de notre impuissance. C’est très joli, l’histoire, mais seulement pour comprendre notre présent, le présent qu’il nous faudra changer à l’avenir.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès