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Lettre ouverte

A :

Monsieur le Ministre de l’Education Nationale

A mesdames messieurs en charge des directions du ministère

A mesdames messieurs les conseillers

A mesdames messieurs les directeurs des académies

A mesdames messieurs les directeurs des établissements

A mesdames messieurs les représentants les enseignants

A mesdames messieurs les représentants syndicaux

A mesdames messieurs responsables des associations de parents d’élèves et autres

A mesdames messieurs assurant les activités supports

Et à tous les autres, inconnus, agents de l’ombre et autres, répertoriés ou non dans les effectifs du Ministère.

 

Il y a des sujets qui sont sur la place publique et qui contribuent à l’animation de la vie politique. Ce n’est pas de ceux-là dont je veux parler.

Je ne veux pas non plus aborder le problème des crises existentielles qui agitent le ministère car je crois que l’état de crise est ici inévitable et permanent… et tant qu’il y a crise il y a de la vie !

Sur les problèmes de contenant et de contenu, de principe et d’organisation, il y a beaucoup de gens compétents qui travaillent et je ne veux pas leur imposer mon incompétence.

Non, ce qui justifie cette missive est d’une basse trivialité :

–– les plannings des cours,

–– les absences des profs.

 

Point 1 : les cours sont programmés non pas en fonction des besoins des élèves, mais pour satisfaire des critères internes qui échappent aux parents. Il s’en suit pour les élèves certaines journées surchargées et d’autres vides ! Comment peut-on admettre qu’un enfant de 13 ans, en 4eme, puisse avoir 3 après-midis de libre dans sa semaine ? Que fait-il ? il devient un spécialiste du jeu Fifa – de préférence en ligne – et perd le sens des études, de la lecture, et même du sport. L’EducNat va donc à contre-courant de sa mission d’éducation en laissant ces ados livrés à eux-mêmes, leurs parents étant au travail, absent donc de la maison jusqu’à 18 - 19 heures. C’est un problème d’organisation du temps de travail des profs… mais la variable d’ajustement c’est l’élève ! Inacceptable ! Faute impardonnable ! Carton rouge !

Qui commande ?, personne. Qui sanctionne ?, personne. Ne soyons pas étonnés du résultat si pour se détendre ces jeunes désœuvrés occupent les parties communes des immeubles, et iront plus tard brûler des voitures, pourrir la vie des résidents, dealer etc… Leur sens civique n’a pas été développé par l’EducNat qui les a livrés à des regroupements locaux improvisés à la recherche de coup pour passer le temps, et aux funestes réseaux sociaux dès 11 – 12 ans !

 

Point 2 : L’absence des profs est la maladie chronique de l’Institution. Ce point rejoint évidemment le précédent, car quand un prof est absent l’élève s’occupe comme il peut. La question qui n’est jamais posée est la suivante : pourquoi le prof est-il absent ? Cela est devenu tellement fréquent que l’on considère que c’est une situation normale sous-entendu : le prof est absent parce qu’il a de bonnes raisons ! C’est une évidence. Quelles sont ces raisons ?, pas de réponse. Je remarque que mon boulanger, mon boucher ne sont jamais absent de leurs boutiques, que je ne manque ni de pain ni de viande comme l’élève manque de cours… Ses profs aussi sont nourris par ces gens-là. C’est un fait. On peut invoquer les obligations familiales (décès etc.) mais le boulanger et le boucher ont aussi ces obligations familiales ; la formation semble être une excuse inattaquable : mais 8 jours de formation pris pendant les vacances scolaires me semble relever d’une bonne organisation qui ne conduirait pas au burn out, et ne compromettrait pas le travail des élèves. Pourquoi ne le fait-on pas ? C’est l’élève qui joue encore là la variable d’ajustement : il a la chance d’avoir un prof en formation pour son bien futur… que de conneries n’entend-on pas ! Inacceptable ! Faute impardonnable !

 

Proposition : une prime annuelle d’un demi mois de salaire accordée à tout prof qui n’aura pas été absent. (Syndicats abstenez-vous de demander des dérogations pour ceci et cela, il n’y en aura pas !) Et 3 jours de carence par absence, quelles que soient les raisons. (Sauf en cas de décès de l’intéressé.)

 

Et n’oubliez pas destinataires de cette lettre ouverte que ce sont les impôts et taxes des Français qui financent ce service régalien ! Ils ont des droits.


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9 réactions à cet article    


  • Christian Labrune Christian Labrune 9 juillet 2018 11:16
    à l’auteur,

    Je n’ai pas beaucoup de sympathie pour mes anciens collègues de l’éducation nationale : je les ai vus appliquant servilement, après 85, les « réformes » destinées à détruire le système d’instruction publique, mais je ne peux quand même pas laisser passer sans réagir ces sortes de discours préfabriqués, lesquels n’ont pas beaucoup de rapport avec la réalité des choses. Consultez les statistiques et lisez cet article :


    J’ai été prof pendant trente-huit ans. J’ai dû bénéficier en tout d’à peu près quinze jours de congés-maladie en trois fois. Avec une extinction de voix, dans ce métier, on ne peut plus faire grand chose. Divisez 38 par 20 (20 pour ne pas risquer de minorer !). Cela fait combien de jours d’absence par an ? Faut-il même mettre un « s » au mot « jour » ? Or, je ne pense pas avoir été un prof exceptionnellement présent. J’en ai connu qui, arrivant à la retraite eux aussi, avaient été encore moins souvent absents.

    Ce qui pèse lourd dans les statistiques, c’est les absences de longue durée, mais on ne peut quand même pas reprocher à quelqu’un qui est atteint d’un cancer ou annihilé par une dépression grave (la maladie professionnelle des profs) de prendre le temps de se soigner.




    • Christian Labrune Christian Labrune 9 juillet 2018 11:19
      ERRATUM
      « Divisez 38 par 20 » Excuses ! Je voulais dire : « divisez 20 par 38 ». Heureusement, je n’avais pas à enseigner l’arithmétique !

      • mac 9 juillet 2018 11:45

        @L’auteur


        Puisque vous parlez de boulangers qui « nourrissent » les profs sachez qu’ils augmentent régulièrement le prix de la baguette alors que les profs voient leurs salaires gelés depuis près de 10 ans. Prix de la baguette +45% depuis 1998 contre à peine plus de 11% pour le point d’indice soit un différentiel de près de 34% (on peut me corriger si je me trompe). Mais la baguette est sans doute un produit de luxe et on pourra toujours rétorquer qu’ils peuvent se nourrir d’écrans plats chinois qui eux ne cessent de baisser de prix...On pourrait aussi parler de l’inflation de l’immobilier mais là encore le logement est-il un luxe ?

        Il est vrai que les profs doivent garder la banane car comme ils s’occupent d’enfants, ils ne le font que par vocation, un peu comme les curés dans le temps. Parler d’argent, pour eux, est vraiment indécent ?

        Le problème c’est que l’on ne trouve plus de profs dans certaines matières parce que non seulement on les paye mal mais en plus on les met tous dans le même sac (ceux qui bossent et ceux qui n’en font peut-être pas assez) histoire de mieux les ridiculiser. Rajoutez à cela des enfants de plus en plus agités et une hiérarchie qui n’a pas toujours l’air de s’intéresser à leur cas et vous comprendrez pourquoi les vocations se font rares...



        • Laulau Laulau 9 juillet 2018 13:29
          Lettre ouverte ?
          Fermez là !

          •  C BARRATIER C BARRATIER 9 juillet 2018 20:50

            cela sonne juste, il y a quand même de nombreux professeurs qui bossent beaucoup, ne s’absentent pas, sauf que
            leur formation continie parfois obligatoire les sort de leurs classes et ils ne sont pas remplacés
             même observation pour les examens
            Notre problème est celui des vacances, les plus nombreuses et les plus longues au monde

            Ecole,projets reforme Blanquer examen critique http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=296

            • GéraldCursoux GéraldCursoux 10 juillet 2018 18:54

              @C BARRATIER

              Je ne doute pas un instant que la majorité des profs fait son job avec compétence, passion etc. Mais je pose deux faits qui sont incontestables 
              - des plannings qui laissent sur le carreau des après-midi entières de jeunes élèves
              - des absences de profs trop fréquentes 
              Il suffit que 2 à 3 % de profs jouent l’absence (comme partout !) pour laisser de grands vides. Le principe du remplacement me semble être la mauvaise réponse ; la bonne réponse est que les profs doivent être là où ils doivent enseigner. Point barre.
              Bien à vous.

            • GéraldCursoux GéraldCursoux 9 juillet 2018 20:57

              Je fais un constat :

              - plannings qui ne tiennent pas compte des besoins des élèves
              - absence trop fréquente des profs.
              Pas acceptable. 
              Evidemment il y a trop de vacances trop longues... et on ne veux pas caler les formations des profs pendant ces vacances. Aberrant ! 
              Pourquoi une fille qui vient d’avoir le Bas S avec mention bien, a-t-elle eu besoin de 60 heures de cours particuliers en math ? 
               Je suis étonné que des profs veuillent encore travailler dans une institution aussi mal organisée. 
              Les écoles privées ont un boulevard devant elles... 


              • waymel bernard waymel bernard 9 juillet 2018 23:03
                Les nombreux avantages accordés aux enseignants depuis Mitterrand l’ont été au détriment des élèves :
                - réunions syndicales sur temps de travail (cours supprimés)
                - doublement des droits à congés pour enfant malade lorsque le conjoint travaille dans le privé et n’y a pas droit (doublement des suppressions de cours)
                - instauration d’un congé paternel de11 jours lors d’une naissance (pas de remplacement du professeur, cours supprimés)
                - congés pour fêtes religieuses (cours supprimés pour les élèves de professeurs ni chrétiens, ni athées)
                Dans de nombreux pays de l’Est européen, dont la Hongrie que je connais bien, les enseignants ont à leur emploi du temps plusieurs heures de remplacement : ils peuvent alors être appelés à remplacer un collègue absent de quelque discipline que ce soit, y compris dans des classes qui ne sont pas les leurs. Ils assurent bien évidemment un cours dans leur discipline.
                Et bien entendu les formations professionnelles sont placées en dehors du temps scolaire.
                Contrairement à ce que l’on entend couramment dire en France par des journalistes qui ne connaissent que le modèle allemand, les grandes vacances ne sont pas moins longues : pour la Hongrie, c’est 15 juin - 31 août. Par contre il y a moins de petites vacances.


                • GéraldCursoux GéraldCursoux 10 juillet 2018 18:53

                  @waymel bernard

                  Je ne doute pas un instant que la majorité des profs fait son job avec compétence, passion etc. Mais je pose deux faits qui sont incontestables 
                  - des plannings qui laissent sur le carreau des après-midi entières de jeunes élèves
                  - des absences de profs trop fréquentes 
                  Il suffit que 2 à 3 % de profs jouent l’absence (comme partout !) pour laisser de grands vides. Le principe du remplacement me semble être la mauvaise réponse ; la bonne réponse est que les profs doivent être là où ils doivent enseigner. Point barre.
                  Bien à vous.

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