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Accueil du site > Tribune Libre > Lettre ouverte à Alain Soral

Lettre ouverte à Alain Soral

Cher Alain - je me permets de te tutoyer bien que nous ne nous connaissions pas personnellement, mais entre républicains, tu sais comme moi que « le tutoiement est de rigueur et qu’on s’honore du titre du citoyen ». Ma vie et mes intérêts se trouvant actuellement bien loin de l’Europe, certaines nouvelles de notre continent ne me parviennent qu’avec beaucoup de retard. Ainsi, le sujet dont je vais t’entretenir est certainement déjà connu depuis plusieurs semaines de tous les Français (et des autres) qui s’intéressent à la question, mais il ne me semble pas inutile de rappeler certains événements et de m’adresser directement à toi pour porter à ta connaissance la surprise et l’incompréhension de beaucoup de tes lecteurs et de tes camarades de lutte.

Cette fois, c’est officiel, la nouvelle est tombée comme un couperet, et même en Chine on ne peut plus l’ignorer : tu as adhéré au Front national. Cela fait maintenant plus d’un an que tu travailles comme conseiller de campagne de Jean-Marie Le Pen, et tu as décidé il y a quelques mois de faire ton coming out. Pour les observateurs attentifs de la vie politique française, ça n’aura été qu’une demi-surprise : on t’a reconnu dans un public de partisans FN sur je ne sais plus quel plateau de télévision, et surtout on a reconnu ta plume dans le fameux discours que Jean-Marie Le Pen a prononcé à Valmy, lieu hautement symbolique dont le choix nous étonnera moins si on sait qu’il vient de toi.

Selon toi, tes lecteurs non plus ne devraient pas être surpris, car ceux qui ont su lire entre les lignes ton dernier roman, Chute : éloge de la disgrâce, auraient dû comprendre que le héros de ce roman, Robert Gros, le journaliste intègre et révolté contre la dictature médiatique de la pensée unique, c’était toi. Les vues politiques de Robert Gros étaient, il faut le dire, on ne peut plus claires : intégrer une formation politique déjà existante et suffisamment forte pour permettre un changement, et la travailler de l’intérieur pour le faire évoluer dans le bon sens. Le FN correspond assez bien à cette définition, dans la mesure où il est en pleine mutation, notamment idéologique (la fin proche Le Pen n’y est peut-être pas pour rien), et son positionnement à l’extérieur du système institutionnel laisse une plus grande marge de manoeuvre, un plus grand champ d’action pour un idéologue comme toi. C’est cela, l’avantage de l’opposition sur les partis gouvernementaux : elle est mouvante. Mais tout de même, la taille de ce parti, son étendue, le nombre de ses militants et de ses adhérents, cela n’est-il pas en soi un obstacle, une force d’inertie, rendant très difficile le virage que tu voudrais lui faire prendre ?

Cette stratégie de l’entrisme, dite de Lorenzaccio, elle tente un jour ou l’autre tous les idéalistes. Moi-même, j’ai pu dans le passé éprouver ce genre de pensées coupables à l’égard du Parti socialiste, pensant, dans ma naïveté abyssale, qu’avec quelques efforts, je pourrais le transformer en un vrai parti de gauche ; mais les plus beaux rêves ont une fin. Car que peuvent faire un ou deux individus, aussi audacieux soient-ils, qui nagent à contre-courant dans une marmite aussi bien réglée que celle du PS ?

Tu as au moins raison sur ce point, Alain : le Parti socialiste (je ne fais pas de distinction entre son antenne française et son antenne suisse) est bien un parti en fin de course, alors que le FN pourrait bien encore avoir quelques cartes à jouer. Mais là encore, pour qu’on puisse parler d’une réforme de fond, d’un tournant décisif, un seul homme ne suffira pas, il faudra toute une génération de nouveaux militants pour remuer les vieux cadres et insuffler un nouveau souffle, véritablement populaire et social-républicain. Ce n’est pas une question de temps - cela peut se faire plus vite que nous le pensons - mais de masse critique. Cette génération rénovatrice existe-t-elle aujourd’hui ? Je ne le sais pas car je ne connais pas la situation de l’intérieur (difficile d’être à la fois à Pékin et dans les meetings BBR), et c’est pourquoi je te pose la question. On ne peut toutefois pas nier qu’il y ait eu une évolution, et ceux qui crient encore à la bête immonde ont peut-être, comme tu le dis si bien toi-même, une lutte antifasciste de retard.

A quoi ressemblait le FN il y a à peine vingt ans ? Un parti aux allures extrémistes et butées, mené par quelques leaders franco-impérialistes nostalgiques, regroupant sous son étendard des catholiques intégristes, des partisans de l’Algérie française, des anticommunistes, des royalistes et des milices de jeunes néo-nazis. Qu’est-il aujourd’hui ? Un parti dont la base militante est avant tout ouvrière, un parti populaire qui a troqué son discours réactionnaire et monarchisant contre une ligne républicaine : ce n’est plus à Pétain que l’on se réfère mais aux acquis historiques de la Révolution française, comme l’a très bien rappelé (ou annoncé ?) le discours de Jean-Marie Le Pen devant le moulin de Valmy, symbole de la victoire des troupes révolutionnaires contre la coalition des rois. Les références historiques n’ont rien d’abstrait pour un parti politique ; elles éclairent son identité présente.

Que cela plaise ou non, l’évolution du FN est une évolution plutôt « prolétarienne », et à cet égard, il n’y a rien d’étonnant à ce que toi, Alain, aies été séduit. Mais enfin, cette évolution gauchisante du FN suffit-elle à en faire un parti socialiste ? La transition de ses références historiques, l’assouplissement de sa politique sur l’immigration (en témoignent la dernière campagne d’affichage pour les présidentielles), son nouveau discours ethno-différencialiste (et non plus "suprémaciste" comme avant), sa dénonciation du système UMPS (sigle désormais entré dans le langage commun) et du capitalisme en général, ses accointances de plus en plus fréquentes avec les penseurs de la Nouvelle droite (qui n’a heureusement de droite que le nom), tous ces changements suffisent-ils à faire du FN le parti révolutionnaire auquel toi, moi, et bien d’autres, nous rêvons ? Je n’en suis pas convaincu.

En bon marxiste, tu sais comme moi que c’est la doctrine économique qui est prédéterminante ; quel que soit le nom du futur président de la République, c’est la doctrine économique du vainqueur qui déterminera l’avenir de la France, qui l’élévera vers la prospérité ou la plongera dans la crise, qui ramènera l’équilibre social ou aggravera encore les inégalités. Quel est le programme économique de Le Pen ? Est-il crédible ? Quels changements sont survenus dans ce programme depuis l’époque plus ou moins lointaine où Le Pen se proclamait « le Reagan français » ? Inutile de rappeler que le reaganisme, c’est tout ce que toi, moi et bien d’autres, détestons, ce contre quoi nous luttons depuis toujours, la forme du libéralisme la plus ultra, la pensée économique la plus opposée à notre socialisme.
Le social, c’est le Front national, nous disent les affiches du FN depuis quelques années, serinant que chez eux, on n’est ni de gauche ni de droite, bien au contraire... Economiquement à droite, socialement à gauche, nationalement de France : difficile, là encore, d’imaginer slogan plus démagogue et plus vide de sens ! Tu n’éprouves visiblement pas les mêmes doutes que moi, puisque tu n’hésites pas aujourd’hui à comparer Le Pen avec deux de tes grands modèles politiques : de Gaulle et Chavez... Je ne demande qu’à le croire, mais dis-moi, Alain, quelle est la formule magique pour passer d’une chose à son contraire, pour transformer un Reagan français en Chavez français ?

Ainsi, c’est la raison économique qui me fait aujourd’hui le plus douter de la pertinence de ton engagement. Les gesticulations habituelles des bien-pensants de service sur fond d’antiracisme petit-bourgeois ne retiendront pas mon attention, elles relèvent de querelles dogmatiques qui n’intéressent en rien le quotidien des Français. De même, je ne me mêlerai pas au concert de hurlements des loups qui, jusque parmi mes camarades, recommandent de ne plus te lire maintenant que - selon eux - tu as pactisé avec le diable.

Je n’approuve pas vraiment ton choix (même si je comprends la réflexion qui t’a amené là où tu es), mais je ne remets pas en cause ta sincérité. Je me suis suffisamment intéressé à ton parcours pour savoir une chose : tu ne t’es jamais compromis avec le système, tu n’as jamais hésité à prendre des risques pour tes idées (des risques physiques parfois, comme lors de tes agressions par les milices sionistes), tu as résisté aux menaces comme aux tentations, et si tu as su évoluer, ça n’a jamais été en retournant ta veste. Si tu as rejoint le FN, ce n’est donc en tout cas pas par opportunisme ; si c’était le cas, tu aurais choisi un autre parti.

Tu crois certainement en ce que tu fais puisque tu as pris la décision difficile de condamner une fois de plus ta carrière littéraire. En effet, tu sais pertinemment qu’on n’invitera pas un écrivain estampillé FN à la télévision et que tous les médias bourgeois descendront tes ouvrages en flèche, quand ils ne se contenteront pas de ne pas en parler du tout. Ces médias, qui ne t’avaient pas compris (ou qui t’avaient compris trop bien) ont dépensé beaucoup d’énergie à travestir la portée révolutionnaire de ton travail sous de sulfureuses polémiques sur fond d’antisémitisme ou de mysoginie. Tu leur tends aujourd’hui une perche de plus, bien plus savoureuse à leur goût ; j’en conclus donc que tu sais ce que tu fais, ou du moins que le sacrifice en vaut la peine. Tu rejoins ainsi la longue lignée des Maria-Antonietta Macciocchi, des Marc-Edouard Nabe, des intellectuels parias qui, par probité et par indépendance d’esprit, ont fait le choix de l’ostracisme. Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur, comme tu aimes à le dire.

Lorsqu’en Suisse, j’étais responsable de la formation des jeunes de mon parti (un parti marxiste dont je tairai le nom), il m’arrivait, dans les lectures que je conseillais, à côté de Marx ou de Lénine, de glisser un de tes ouvrages. Quelques-uns grinçaient déjà des dents lorsque j’y ajoutais quelques pages de Proudhon, de Blanqui ou de Thiriart, mais tu imagines que désormais, lire Soral dans ces cercles-là, cela deviendra encore bien plus politiquement incorrect... Mais là n’est pas le problème.

Les autres feront ce qu’ils veulent, mais moi, je continuerai à te lire - j’espère d’ailleurs que ton action politique te laissera un peu de temps pour travailler à de nouveaux ouvrages. Certains ont pu t’accuser de faire de la sociologie de comptoir, mais je leur répondrai qu’on fait une sociologie bien plus fiable en observant le peuple dans les endroits où il vit (et le comptoir en est un) qu’à travers les lucarnes poussiéreuses de je ne sais quelle bibliothèque académique...

On a fait un autodafé des anciens sociologues marxistes, les remplaçant par d’obscurs néo-freudiens à la solde des institutions, mais c’était compter sans la nouvelle génération, celle que tu représentes. Ton analyse judicieuse de la société française et occidentale, tes synthèses percutantes, la manière dont tu as remis la question des classes au centre du débat, tout cela fait que je continuerai de conseiller la lecture des tes ouvrages à quiconque est prêt à jeter un regard critique sur ce qui nous entoure et à remettre en question ses préjugés.

Que ceux qui me lisent s’empressent donc de chercher chez leur libraire les titres suivants, que je ne saurais trop recommander : Socrate à St Tropez, Jusqu’où va-t-on descendre ?, Vers la féminisation, Chute, et le plus indispensable de tous (à mon avis) : Misères du désir. Je pense qu’ils ne seront pas déçus.

J’ignore si le travail que tu entreprends maintenant est une erreur tragique ou si tu fais acte de précurseur, mais cela est au moins révélateur d’une chose : le temps des vieux clivages idéologiques est passé. Qu’importe au fond qu’on soit dit de gauche ou de droite (termes qu’il serait temps de redéfinir), qu’on soit dit progressiste ou conservateur : nous devrons demain nous affirmer comme amis de notre peuple ou comme libéraux, comme partisans d’une Europe indépendante ou comme valets des Etats-Unis, comme patriotes ou comme mondialistes, comme authentiques socialistes ou comme collabos. Toi, moi, et bien d’autres, nous luttons et continuerons à lutter aux côtés des premiers, et ce quelle que soit la couleur du drapeau qui flotte au-dessus de nos têtes.

Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur.


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146 réactions à cet article    


  • Marsupilami Marsupilami 10 janvier 2007 12:47

    Lettre ouverte intéressante et politiquement très incorrecte. N’empêche, Alain Soral a de très mauvaises fréquentations rouge-brun. Décidément le marxisme peut mener n’importe où...


    • CAMBRONNE CAMBRONNE 10 janvier 2007 17:12

      SALUT MARSU

      Je ne te ferais pas l’insulte de te rappeler que les Nazis étaient d’abord des socialistes , trés anti capitalistes et surtout anti bourgeois et que chez nous les pires collaborateurs étaient Doriot et Deat respectivement chef des jeunesses communistes avant guerre et ministre socialiste de la troisième république .Donc ne pas s’étonner du mariage rouge brun . Je dois dire à ma grande honte que je n’ai jamais autant entendu parler de Soral qu’aujourd’hui .

      Salut et fraternité .


    • Marsupilami Marsupilami 10 janvier 2007 17:21

      @ Grand maréchal merdique

      Je ne te ferai pas l’injure de t’accuser d’ignorer que les vélléités « socialisantes » des SA ont été pulvérisées par les SS et que Hitler était copain comme cochon avec le grand capital et l’industrie allemande et étasunienne qui a fini par le financer massivement après s’en être méfié.

      Son prétendu « socialisme » n’était qu’un nez de clown sinistre pour s’attirer les grâces des masses populaires ignares et traumatisées par les dégats économiques induits par le traité de Versailles.

      Et ça a très bien marché. Une fois au pouvoir les vrais socialistes (y compris les nationaux-socialistes naïfs) et les communistes ont été les premiers hôtes des camps de concentration nazis.

      Faut pas pousser Hitler dans les orties, mon général...


    • (---.---.253.242) 10 janvier 2007 23:23

      quand est-ce que vous allez enfin publier un article sur AgoraVox Monsieur Cambronne ?


    • CAMBRONNE CAMBRONNE 11 janvier 2007 10:23

      MARSU

      Pas d’accord avec toi .

      S’il est vrai que les industriels allemands se sont frottés les mains de l’arrivée des Nazis au pouvoir ceux ci avaient installé un système social trés en avance pour l’époque . L’hostillité envers les aristos et la grande bourgeoisie était forte et parfaitement illustrée par les rapports entre les généraux de la Wermacht et les dirigeants SS . Je crois qu’il faut bien séparer le politique de l’économique c’est la différence avec le soviétisme . Les chinois de ces derniers temps l’ont bien compris .

      Pour te raffraichir les idées lis donc « les bienveillantes » de Jonathan LITTELL .

      Salut et fraternité .


    • CAMBRONNE CAMBRONNE 11 janvier 2007 10:28

      Encore moi

      Tu parles des masses allemandes ignares et traumatisées par le traité de versailles .

      Elles n’étaient pas plus ignares que les masses populaires françaises qui ont élu le front du même nom et elles étaient aussi et surtout traumatisées par les tentatives de prise du pouvoir par les communistes et un chomage catastrophique .

      Vive la république quand même .


    • (---.---.215.199) 12 janvier 2007 13:47

      @Cambronne

      J’approuve votre point de vue... Il me semble que ce qui caractérisait Hitler, outre sa fascination vis à vis du mythe germanique, était sa haine du bourgeois.

      Il détestait ces personnes qui (pour lui) reçoivent une ’bonne éducation’ et disposent dès le départ de tous les avantages matériels et de toutes les relations permettant l’installation directe et rapide pas loin des sommets de la pyramide sociale, qui détiennent d’emblée le pouvoir et l’imposent au petit peuple dont il faisait partie, tout cela naturellement, sans n’avoir jamais vraiment eu à se battre.

      S’il se sentait sans doute frustré sur certains points, il n’enviait absolument pas le statut des bourgeois, se considérant non seulement comme plus intelligent qu’eux mais aussi infiniment plus expérimenté (car sans ’éducation’ et ayant donc du tout apprendre par lui-même, guerre de 14 faite dans les tranchées en première ligne, etc...). Il n’était pas jaloux, simplement il les considérait comme des incapables et de toute manière c’est le pouvoir qu’il l’intéressait.

      Pour rattacher cette question à notre actualité politique, il faut clamer haut et fort que la main-mise absolue sur le pouvoir politico-médiatique par les ’bobos’ (bourgeois de la génération mai-68 et leurs enfants) en France est extrèmement dangereuse car elle est susceptible de susciter de telles réactions et l’apparition à la faveur d’une crise, qui ne pourra d’ailleurs pas manquer de se produire assez vite, de ce genre de personnage.

      Le petit peuple de France n’est plus représenté, n’est pas écouté et n’a rigoureusement aucun pouvoir, il en a marre et cette situation est explosive. Le pouvoir des ’bobo’, de ces gens qui n’ont jamais eu de réels efforts pour vivre ce qui leur a fait perdre beaucoup de repères et de bon sens, n’est pas contre-balancé. Qu’on me cite - hors JMLP - une seule personne réellement influente (politique, journaliste, ’philosophe’) qui en soit issue !

      Oui, je vote LE PEN ! il faut démolir le pouvoir bobo qui fait sombrer le pays depuis 30 ans. Ce n’est pas un hasard si JMLP se trouve systématiquement ostracisé en particulier par les ’bobos’, c’est tout simplement parce qu’ils le considèrent comme le plus dangereux adversaire de leur pouvoir.


    • debase (---.---.215.199) 12 janvier 2007 14:41

      @Cambronne

      Pour dire que j’ai oublié de signer mon post ci-dessus. J’en profite pour vous avouer que j’apprécie en général vos points de vue, sauf bien évidemment celui sur Sarkosy qui me semble incohérent, que va-t-il advenir de la France ’éternelle’ avec lui au pouvoir ?


    • CAMBRONNE CAMBRONNE 12 janvier 2007 17:31

      DE BASE Merci pour votre appuis mais je ne suis pas mur pour voter Le Pen . Je pense qu’on fait souvent un mauvais procés à Sarkozy . De toute façon il n’est pas seul et il reçoit un soutien de toute sa famille politique . Pour moi pas d’états d’ame , je vote pour le candidat désigné par la droite . Ils ne sont ni tous fous ni tous tarés .

      Salut et Fraternité


    • ropib (---.---.161.144) 13 janvier 2007 15:53

      @debase

      Je ne sais pas ce que c’est que ce pouvoir des bobos. De plus aujourd’hui il est possible d’accéder à la culture assez facilement : l’école pour tous, les bibliothèques publiques etc. C’est une question d’éducation. Le fait est qu’il n’y a pas de réelle politique hygiéniste et que les « couches populaires » s’il faut vraiment faire des catégories (mais soyons surs que la réalité éclatent ces catégories) préfèrent regarder le bigdil.

      Vous parlez de représentation, de bourgeois et de mai 68 et je dois vous dire que j’ai du mal à comprendre. D’une part mai 68 c’est le passé, de même que la 2nde guerre mondiale, la 1ere, les Bonapartes, la Révolution et la monarchie. On ne reviendra pas là-dessus, c’est l’Histoire et il est intéressant de l’étudier. Mai 68 s’inscrit dans un mouvement international de prise de conscience d’un point de vue humaniste et la fin de la pensée coloniale. Les colonies, l’idée de civilisation supérieur sont dépassées désormais, et la proposition de l’exercice de la Raison plutôt qu’ensemble de repères arbitraires pour définir la Culture a été acceptée dans notre pays. Il serait dommage que sous prétexte que dans d’autres pays où cette évolution ne s’est pas déroulée et où il reste encore des gouvernements tradionalistes nous nous remettions dans une société de l’agression. Au sujet des bourgeois, mai 68 était principalement tournée contre eux. Si la population de mai 68 est devenue elle-même bourgeoise (mais c’est parce qu’économiquement les secteurs de l’industrie et de l’agriculture ont été dépassé par le secteur des services pour des raisons de dynamique) les valeurs morales de petite bourgeoisie ont été largement reprises par les anciennes familles ouvrières ou issues de l’immigration ou l’influence de la grande bourgeoisie et des milieux financiers. Quant à la représentativité... je pense que personne n’est représenté aujourd’hui et que nous vivons dans une crise de la démocratie avec la prédominance de la communication sur la pédagogie (pour les mêmes raisons que citées plus haut et la disponibilité des cerveaux pour vendre du soda comme seul objectif des médias).

      Pour autant vous dites que le risque viendrait de personnes ayant fait des choix politiques autre que les votres. Que ces personnes non extrémistes vous poussent à choisir l’extrême et que par conséquent ils sont coupables. Et bien non, vous avez choisi l’extrême. Pourquoi pas après tout. J’imagine que vous avez vos propres raisons. Tout ce que j’ai dit précédemment ne vous plait peut-être pas d’ailleurs (je suis plus ou moins un bobo, encore faudrait-il savoir ce que ça veut dire, issu de milieu plutôt modeste et bénéficiant d’un bon salaire certainement par chance... je dis cela parce que je ne vois pas pourquoi quelqu’un avec un métier plus pénible que le miens doit en plus être moins bien payer), mais vous avez tout à fait le droit et il est important de pouvoir en discuter. Mais cela représente votre choix. Vous votez LePen non pas parce que les autres sont ceci celà mais parce que c’est celui que vous soutenez le plus, peut-être pas entièrement, mais simplement vous vous sentez plus proche de ses idées. Et bien c’est respectable en soi même si je ne suis pas d’accord et que je lutterai toujours contre ses idées. N’accusez pas les autres de vos propres choix.


    • debase (---.---.215.199) 13 janvier 2007 18:09

      Mai 68 était une (soit-disant) ’révolution’ tout à fait ’bourgeoise’, les classes populaires n’ont pas du tout adhéré. Elle a d’ailleurs avorté justement à cause de la réaction populaire qui était très majoritairement contre le désordre et la violence. Je vous rappele que Cohn-Bendit à été expulsé manu-militari avec l’assentiment général.

      Ce qui est sûr par contre c’est que les ’idées de Mai-68’ ont eu une influence énorme sur toute une génération, et cela toutes classes sociales confondues.

      Si ces idées se sont répandues c’est que tous ces ’révoltés’ étaient de toute manière destinés à détenir le pouvoir. Aujourd’hui ’les enfants de mai-68’ le détiennent dans tous les domaines (politique, médiatique, ’philosophique’).

      Il me semble que vous ne réalisez pas à quel point votre vie personnelle et notamment votre façon de penser a subi cette influence. Cela va de votre vision de l’histoire de France jusqu’à la manière dont vous vous asseyez sur un canapé...

      Vous dites qu’elle s’est faite contre la bourgeoisie.

      Erreur fondamentale !

      C’était, au sein de la bourgeoisie elle-même, la génération du baby-boom que se libérait du carcan de l’éducation traditionnelle. Cette génération était nombreuse et, à la fois, n’avait pas vécu la guerre, n’avait plus le moindre risque de se retouver appelée en Algérie ou ailleurs, n’avait connu qu’un progrès technique et un développement économique qui paraissait sans limite, avait pu faire des études poussée. Elle a voulu profiter (je dirait ’jouir’) vraiment et tout de suite de tous ces bonheurs.

      On voit aujourd’hui où tout cela nous aura mené !


    • ropib (---.---.161.144) 13 janvier 2007 22:45

      @debase

      Je ne renie pas l’influence de mai 68. Je ne connais pas les origines sociale de Cohn Bendhit qui n’était pas « mai 68 ». De plus mai 68 a été un mouvement très populaire et assez peu bourgeois, désolé. Il est parti des étudiants (les étudiants sont-il bourgeois ? peut-être à l’époque cela était plus vrai que maintenant, toujours est-il qu’à l’époque déjà il ne s’agissait pas de 100% de la population universitaire, allez plutôt chercher dans les grandes écoles).

      Mais là n’est pas le problème, quand bien même. Les valeurs bourgeoises n’étaient pas du tout consuméristes mais traditionalistes et très catholiques. La chanson des « bancs publiques » ou « gare au Gorille » de Brassens dépeignent la réalité de l’époque bien loin du besoin actuel d’avoir un GPS dans sa mercedes. L’amour comme rapport au couple plutôt que la nécessité, la reconnaissance de la personne en l’enfant, le rejet a priori des a priori, l’idée que l’existence n’est pas objet... voilà des choses qui allaient à l’époque à l’encontre des valeurs bourgeoises dominées, encore, par le qu’en-dira-t-on. Qu’il y ait eu des excès je suis tout fait d’accord, comme dans tout changement social, mais d’une part il y a eu bien d’autres changements (et on minimise les années 80 avec l’anihilation de tout rapport à la culture et à l’instruction qui était quand-même la condition d’une certaine continuité morale) et d’autres part il faudrait savoir ce que vous entendez par « On voit aujourd’hui où tout cela nous aura mené ». Les problèmes politiques d’aujourd’hui sont quand même principalement dus à des hommes tels que Chirac qui croient que la démocratie c’est la démagogie et qui n’ont aucune vision d’une projection historique autre que la leur personnelle. Je pense qu’il serait bon, pour une fois, de ne pas revenir sur le passé (non revenir au monde d’avant mai 68 n’a pas de sens) et de se projeter, tenter le progrès plutôt que la réforme.

      D’ailleurs que remettez-vous en cause exactement ? Ce sera plus simple...


    • couguar (---.---.115.213) 15 janvier 2007 22:48

      amis de toutes confessions lisez ce texte. recopier cette adresse dans votre naviguateur http://www.tchad-info.net:80/articles/voir_art.php?idart=5362


    • debase (---.---.215.199) 17 janvier 2007 17:38

      @robip

      Je vous réponds au sujet de Mai-68, cette soit-disant ’révolution’ que vous n’avez visiblement pas connue et dont vous avez semble-t-il une vision bien romantique...

      Il faut dire que l’intox de la part de certains, ayant bien réussi depuis, a marché à fond ! Il faut avant tout essayer de se dégriser et d’avoir une vision objective.

      Pouvez-vous penser une seule seconde que ceux qui étaient sur les barricades jusqu’à la fin étaient si nombreux ? Qu’ils se battaient pour des idées et en prenant d’assez grands risques, et pourquoi pas un peu comme comme les brigades internationales durant la guerre d’Espagne ? C’était loin d’être cela ! Je peux vous assurer qu’il s’agissait avant tout de casseurs, plus ou moins ’étudiants’, plus ou moins anarchistes, en tout cas fort surexcités, comme il en a toujours existé et qu’il en existe encore aujourd’hui comme les peut être 2 ou 3 mille individus qui viennent perturber toute manif ayant un peu d’importance. Le risque encouru était relativement faible, infiniment plus faible par exemple que celui pris aujourd’hui régulièrement par nos policiers qui risquent carrément le cocktail molotov jeté à l’intérieur de la voiture dont on les empêche de s’extraire. Ils savaient bien qu’ils n’allaient pas se retrouver face à l’armée et ses mitrailleuses ! Il ne s’agissait que très exceptionnellement de vrais étudiants, du genre avec ’vrais’ diplômes à portée de la main. Ceux-là, qui savaient bien avoir tout à perdre à se retrouver amochés pour le restant de leurs jours, participaient plus ou moins aussi mais d’assez loin, en se tenant assez largement en retrait, et uniquement parce qu’ils se retrouvaient aux premières loges sans n’avoir jamais rien fait pour. C’était bien amusant et excitant à la fois de participer à toute cette fête, de se faire un peu peur sans risque et surtout discuter, discuter... et se rencontrer entre filles et garçons.

      Toutes ces agitations étaient plus ou moins orchestrées par des meneurs soit-disant ’idéologues’ apparus tout d’un coup, venus d’on ne sait où, et comme par hasard et dès cette époque très habiles à capter l’attention des médias... Des petits malins qui essayaient de se créer des opportunités. DE GAULLE, assez âgé, a peut-être bien cru à une révolte populaire de grande ampleur ? Qui sait ? On peut penser qu’il aura été un peu la victime des médias qui ont bien fait moussé tous ces évènements alors que le peuple en fait, et la suite l’a bien prouvé avec la grande manif des champs-élysées et l’extradition de Cohn-Bendit, ne suivait pas et refusait dans sa très grande majorité tout ce désordre.

      Aurait-il pu s’agir d’un complot ? Je trouve que la question mérite de continuer à être posée...

      Il est certain qu’il y a eu un vent de liberté qui a sans doute eu ça et là quelques effets bénéfiques, mais je trouve qu’il faut quand même les chercher !... Dites vous bien que l’amélioration de la condition ouvrière se serait faite de toute manière vu le développement économique durant cette période. Il est bien naïf de croire que c’est la résultante d’une quelconque ’action révolutionnaire’ face aux ’accapareurs’ de la bourgeoisie ! Dois-je vous rappeler que le Gaullisme, c’était tout autre chose que la simple défense des intérêts de la classe possédante...

      Vous demandez in fine « que remettez-vous en cause exactement ? Ce sera plus simple... »

      A affirmer que c’est en grande partie la dynamique de Mai-68 qui aura finalement conduit à l’abaissement de la France et à la mener peu à peu où elle se trouve aujourd’hui : au bord du gouffre ! Des entreprises qui s’effondrent tous les jours, une dette gigantesque (l’équivalent de 80 paquebots ’Queen Mary II’ rien que pour payer les **intérêts**), la désindustrialisation générale, la smicardisation des salaires, l’abaissement du niveau des diplômes, l’immigration inassimilable rendue incontrôlable et avec formation de ghettos et d’immenses zones de non-droit en proie aux émeutes, la communautarisation de la société, le chômage, la violence et l’insécurité qui commencent à toucher presque tout le monde, un moral des ménages comme des petits patrons (pas ceux du cac-40 !) en berne. Le bilan est dramatique mais les paillettes et les mensonges par omission ou non, lancés par les médias et certains hommes politiques empêche de le mesurer dans toute son ampleur. Quand on pense par ex. que le chiffre très attendu du nombre de voitures brûlées ce 31 Décembre est de 680 et qu’on nous a annoncé officiellement 313 au jt de 20H ! Mensonge d’état !!!

      Il ne faut pas oublier que les slogans qui étaient martelés et sont peu ou prou entrés dans les têtes à partir de cette époque étaient tous du style ’Il est interdit d’interdire’ ou ’Jouissez sans entrave’. Le résultat est que c’est depuis ce temps qu’en France le mot ’droit’ est passé avant celui de ’devoir’, ’amusement’ et ’loisir’ avant ’effort’ et ’travail’. Que rigueur et exigence ont été remplacé par un laisser-aller général sensé favoriser la ’créativité’ : tenue débraillée et langage vulgaire à la télévision (ce qui servait d’exemple aux millions de jeunes), irrespect vis à vis des professeurs et désordres dans les classes, apparition de publicités plus ou moins obscènes, contestation du principe du mariage (avec pour conséquence la destruction de la famille) etc... etc... La liste est sans fin !

      Le monde d’avant avait bien entendu plein de défauts mais où cette contestation systématique nous a-t-elle finalement mené ? Avons-nous eu pour autant depuis plus de grands écrivains, philosophes, musiciens ,metteurs en scènes, etc... Ou sont les artistes, les créateurs, et même les savants ou les grands industriels, qu’aurait du faire éclore toute cette liberté et ce grand chambardement ? BHL ? Jean-Michel Jarre ? Jean-Marie Messier ? Moi je vois juste d’assez bonnes chansons populaires dans les années 70... Sommes-nous mieux préparés à tous les défis qui s’annoncent avec la mondialisation ou les problèmes écologiques et climatiques avec nos goûts de loisirs, de voyages et de consommation (4x4 ou autres) avant tout ?

      En outre et en plus, ne peut-on pas considérer que si, depuis cette époque, la démagogie a si bien fonctionné (avec la gauche puis J. Chirac au pouvoir), les médias on pu peu à peu imposer la pensée toute faite (et en particulier qu’il n’y a vraiment pas de quoi être bien fier de notre pays et de son passé, que l’immigration et le métissage généralisé était un phénomène inéluctable etc...), les publicitaires ont si bien réussi à nous imposer les valeurs de la société de consommation c’est justement à cause du laisser-aller et du ramollissement général des cerveaux qui s’est installé peu à peu à partir de Mai 68 !

      Cordialement

      Et pardon à tous d’avoir été un peu long et aussi à certains d’être avant tout un beau spécimen de ’réac’ de première...


    • C.Laborde (---.---.55.139) 8 février 2007 00:04

      Il vaudrait mieux connaître l’histoire avant d’en parler. Si le NSDAP était bien un parti nationaliste, socialiste et anticapitaliste, c’était avant que Hitler n’en prennent les commandes. Ensuite il n’a plus été que nationaliste, raciste et financé par le capitalisme tout en gardant la même étiquette. Ne pas confondre l’étiquette et le contenu. Sinon, on pourrait croire que Sarkozy est socialiste.


    • (---.---.90.163) 7 mars 2007 15:41

      « il faut démolir le pouvoir bobo qui fait sombrer le pays depuis 30 ans. Ce n’est pas un hasard si JMLP se trouve systématiquement ostracisé en particulier par les ’bobos’, c’est tout simplement parce qu’ils le considèrent comme le plus dangereux adversaire de leur pouvoir. »

      >>>> Comme cette analyse est naïve et gentillette ! smiley)

      JMLP est ostracisé car il est une belle ordure provocatrice négationniste révionniste antisémite et xénophobe un point c’est tout. C’est fou comme au fil du temps on s’éloigne de l’essentiel pour ne retenir du vieux borgne que son côté anti-système !


    • Idgie 24 août 2008 10:55

      Mai 68 n’est pas la récupération mais un mouvement récupéré...drôle comme vous faites l’apologie d’un mai 68 hédoniste alors même que vous savez pertinemment qu’il n’a pas été que cela (luttes ouvrières ayant permis l’accession à un certain nombre d’avantages dont élévation du niveau de revenu entre autre ) !

      La sociologie de la vie de comptoir existe et elle utilise des méthodes scientifiques éprouvées ! Faire de la socio de comptoir n’a en revanche rien de scientifique.


    • Norader (---.---.29.125) 10 janvier 2007 13:12

      Croire encore après les totalitarismes du XXe siècle qu’il est possible d’améliorer les choses en participant aux mouvances nationalistes et racistes, c’est faire preuve d’une grande méconnaissance de l’Histoire, que votre soi-disant mentor Karl Marx aurait très certainement renié.


      • (---.---.28.19) 10 janvier 2007 13:32

        En ce qui concerne le racisme, invoquer Karl Marx n’est peu-être pas une bonne idée :

        « Ne cherchons pas le secret du juif dans sa religion, mais cherchons le secret de la religion dans le juif réel. Quel est le fond profane du judaïsme ? Le besoin pratique, l’utilité personnelle. Quel est le culte profane du juif ? Le trafic. Quel est son dieu profane ? L’argent. Eh bien, en s’émancipant du trafic et de l’argent, par conséquent du judaïsme réel et pratique, l’époque actuelle s’émanciperait elle-même. Une organisation sociale qui supprimerait les conditions nécessaires du trafic, par suite la possibilité du trafic, rendrait le juif impossible. La conscience religieuse du juif s’évanouirait, telle une vapeur insipide, dans l’atmosphère véritable de la société. [...] La nationalité chimérique du juif est la nationalité du commerçant, de l’homme d’argent. » Karl Marx, La Question juive, I-II, 1844.


      • (---.---.28.19) 10 janvier 2007 13:33

        Rectif : peut-être


      • ropib (---.---.27.229) 10 janvier 2007 20:16

        @xxx.x93.28.19

        Il me semblait que Marx était juif. Je pense que la citation que vous faites n’est pas si simple et qu’il n’y a pas nécessairement d’antisémitisme derrière. Avec un phrasé de l’époque qui plus est... il me semble avoir lu un truc du genre « le cerveau du Français » dans Teilhard de Chardin par exemple, ce qui semble très étrange de nos jours. De plus Jésus Christ s’en ai pris aux juifs alors qu’il en était un, ce qui démontre plutôt une envie de dénonciation d’un comportement. Enfin je ne connais pas bien le sujet.


      • (---.---.229.236) 10 janvier 2007 20:23

        Karl Marx était Juif, et aussi un bourge rentier qui n’a jamais travaillé de sa vie.

        Entre deux gosses fait à sa bonne, il devait avoir des problémes de mauvaise conscience. Un faible, quoi.


      • Courouve (---.---.46.21) 10 janvier 2007 20:30

        @ Ropib :

        Pas simple non plus ces lignes du philosophe chrétien d’origine juive Henri Bergson :

        Extrait du « testament » écrit le 8 février 1937, cité par Floris Delattre dans son article « Les dernières années de Bergson », Revue philosophique de la France et de l’étranger, n° 3 à 8, mai-août 1941, page 136 :

        « Mes réflexions m’ont amené de plus en plus près du catholicisme où je vois l’achèvement complet du judaïsme. Je me serais converti si je n’avais vu se préparer depuis des années (en grande partie, hélas, par la faute d’un certain nombre de juifs entièrement dépourvus de sens moral) la formidable vague d’antisémitisme qui va déferler sur le monde. J’ai voulu rester parmi ceux qui seront demain des persécutés. Mais j’espère qu’un prêtre catholique voudra bien, si le Cardinal archevêque l’y autorise, venir dire des prières à mes obsèques. Au cas où cette autorisation ne serait pas accordée, il faudrait s’adresser à un rabbin, mais sans lui cacher, et sans cacher à personne, mon adhésion morale au catholicisme, ainsi que le désir exprimé par moi d’abord d’avoir les prières d’un prêtre catholique. »


      • (---.---.156.136) 11 janvier 2007 01:04

        @ au dessus toujours les mêmes bêtises à propos de Marx, de la part de ceux qui ne lisent que les citations... Marx était juif. Son père avait pu devenir avocat grâce aux conquêtes napoléoniennes qui avaient mis fin aux discriminations ; de nouveau persécuté par la suite, il a dû se convertir au protestantisme. La « question juive » est un ouvrage écrit en réponse à Bruno Bauer. Sous l’ancien régime, l’État avait cantonné les juifs au trafic d’argent (l’usure) interdit aux chrétiens par l’église. En gros, le judaïsme va donc, pour Marx, avec le capitalisme. La société doit s’en émanciper.

        Si ça vous intéresse : http://www.monde-diplomatique.fr/2005/09/A/12974 http://dx.doi.org/doi:10.1522/cla.mak.que

        Quand à Marx qui aurait été un bourgeois rentier... son fils est mort de faim, Marx n’a survécu que grâce au soutien d’Engels (vrai bourgeois lui)


      • (---.---.17.187) 11 janvier 2007 01:13

        ridicule, à en pleurer

        vas voir chez cyril !


      • ropib (---.---.27.229) 11 janvier 2007 12:05

        @xxx.x33.229.236

        C’est idiot de dire que Marx n’a jamais rien fait de sa vie puisqu’on lui reproche justement beaucoup de choses sur ses écrits qui démontrent une grande maitrise de l’économie et beaucoup de travail. Maintenant qu’est-ce que le travail hein ? Il est vrai qu’il n’était pas manutentionnaire.


      • Mandrin Brocard (---.---.101.233) 15 janvier 2007 15:18

        Les 7 premiers paragraphes d’« À propos de la question juive », d’où sont tirées les citations, sont un résumé de « La Question Juive » de Bruno Bauer.

        La critique bauérienne touche à la fois la religion juive ET l’Etat chrétien (mais évidemment, pour la polémique oiseuse, il vaut toujours mieux ne retenir que la critique du judaïsme, n’est-ce pas !).

        Si Marx considère la religion juive comme « immorale », il considère aussi que la religion chrétienne en est l’héritière légitime - et L’UNE ET L’AUTRE se confondent par conséquent, selon Marx, dans la même « morale universelle du trafic et du lucre ».

        Alors, plutôt que de parler d’antisémitisme à propos de Marx, parlez plutôt d’antijudaïsme ET d’antichristianisme (même si le mot « anti » commence sérieusement à me saouler). Merci.

        Mandrin Brocard


      • (---.---.116.135) 15 janvier 2007 15:25

        « plutôt que de parler d’antisémitisme à propos de Marx, parlez plutôt d’antijudaïsme ET d’antichristianisme »

        Mais ces deux-là ne sont-ils pas actuellement considérés comme des attitudes racistes ?

        Sans parler de l’anti-islamisme, dénommé « islamophobie » ...


      • ropib (---.---.27.229) 15 janvier 2007 15:50

        @(IP:xxx.x50.116.135)

        C’est pourquoi Mandrin prend ses distances avecc le terme « anti » qui n’est pas la même chose que la phobie d’ailleurs.

        On peut être « antireligieux » sans être « religiophobe » de même qu’on peut être de droite sans vouloir forcément anéantir la gauche.


      • debase (---.---.215.199) 15 janvier 2007 19:45

        @Mandrin Brocard

        Vous dites << Si Marx considère la religion juive comme « immorale », il considère aussi que la religion chrétienne en est l’héritière légitime - et L’UNE ET L’AUTRE se confondent par conséquent, selon Marx, dans la même « morale universelle du trafic et du lucre » >>.

        Hou là ! vous allez un peu vite pour moi ! C’est vous qui faites ce raccourci ? Ou c’est Marx, explicitement ?

        Il me semble quand même que la religion chrétienne considère que rechercher la richesse est un pêché. Et qu’elle est peut être ou sans doute l’héritière de la religion juive mais, en tous cas, avec bien plus que des nuances...

        Mais je ne suis pas spécialiste.


      • Mandrin Brocard (---.---.101.233) 17 janvier 2007 08:32

        Pardon si j’ai semblé faire un raccourci.

        Moi non plus je ne suis pas spécialiste, mais comme tout un chacun je peux lire « À propos de la question juive » de Marx (et puis, rares sont les vrais spécialistes ; et nombreux sont ceux qui se disent marxistes en n’ayant lu que le seul « Manifeste du Parti Communiste »). Et voici ce qu’on peut lire :

        « Le judaïsme atteint son apogée avec l’épanouissement de la société civile ; or, la société civile ne s’épanouit vraiment que dans le monde CHRETIEN. C’est seulement sous le règne du christianisme, qui rend ETRANGÈRES à l’humain TOUTES les relations nationales, naturelles, morales et théoriques, que la société civile put se séparer complètement de la vie de l’État, déchirer tous les liens génériques de l’humain, mettre à leur place l’égoïsme, le besoin intéressé, et transformer le monde des humains en un monde atomistique d’individus qui s’affrontent en ennemis.

        Le christianisme est issu du judaïsme. Il s’est de nouveau dissous dans le judaïsme. »

        Et merci à celui ou celle qui a déposé le lien menant à l’intéressant article du Monde Diplo à ce propos.

        Mandrin Brocard


      • bubbledom (---.---.113.161) 26 février 2007 23:40

        n’importe quoi smiley


      • bubbledom (---.---.113.161) 26 février 2007 23:44

        j’arrête de faire des commentaires parce qu’ils arrivent tjs au mauvais endroit, c’est vraiment lassant et à nouveau, j’approuve tout à fait le commentaire au-dessus. smiley


      • tartak 5 janvier 2011 02:25

        @xxx.xxx.xxx.236

        « Karl Marx était Juif, et aussi un bourge rentier qui n’a jamais travaillé de sa vie. Entre deux gosses fait à sa bonne, il devait avoir des problémes de mauvaise conscience. Un faible, quoi. »

        Euh Marx était certes d’origine juive mais baptisé protestant (luthérien). En fait de « bourge rentier » il a connu une misère assez extrême (ainsi que sa famille) durant les plus de trente dernières années de sa vie passées à Londres (en exil). Et les années précédentes n’ont pas toujours été roses, loin de là...

        Je ne suis pas marxiste, mais j’ai un peu de mal à digérer votre petit ramassis de haine et de préjugés...
         À l’avenir, ayez un peu de compassion pour les « faibles » qui ont un estomac fragile comme moi, et consultez un seul petit paragraphe d’encyclopédie, ça ne fait de mal à personne.
        Ou abstenez-vous, plus simplement.


      • parkway (---.---.18.161) 11 janvier 2007 11:53

        ludovic tu as toute ma sympathie,

        mais ce que je reproche aux socialistes comme toi, c’est ta patience exacerbée, depuis 1983 que le PS a tourné sa veste...


      • Yann (---.---.241.52) 10 janvier 2007 13:53

        Assez bonne vue de la question dans cet article. Soral a l’intelligence de voir qu’un monde va finir en 2007, tout comme Mitterrand qui est devenu résistant en 1944, il sait qu’il est plus souhaitable pour lui de rejoindre le camp de la libération avant qu’elle n’est lieu. Ceci dit je suis convaincu de la sincérité de son ralliement au FN, fruit de la maturité de sa réflexion et aussi sans doute des insultes et autres agressions qu’il a subit ces dernières années. En revanche je crois que vous exagerez le rôle de Soral dans le virage social prit par Le Pen, sa fille Marine ainsi que Louis Alliot et les gens qui tournent autour sont des progressistes authentiques.


        • debase (---.---.215.199) 13 janvier 2007 15:52

          Le monde qui va finir est celui du pouvoir ’bobo’ : bourgeois de gauche mais aussi de droite, restés sans toujours s’en rendre compte très influencés par les idées mai-68, avec en particulier un petit fond de trotskysme.

          Il s’éteint avec leur mise à la retraite après faillite générale de leurs idées qui ont eu malheureusement le temps d’amener notre pays au bord du gouffre.

          Ils n’avaient tout simplement pas vu venir la ’mondialisation’ et n’ont donc pas su la gèrer.

          Par ailleurs, leur confort de vie et leur coté ’baba cool’ leur ayant fait perdre tout sens critique, ils ont subi sans broncher une manipulation/intoxication orchestrée par les médias depuis 35 ans qui avait pour but de retirer totalement la parole au petit peuple de France qualifié de ’beauf’ ou ’franchouillard’ et de détruire son identité.

          Heureusement la réaction salutaire est en marche, le ralliement de quelques vrais intellectuels derrière JMLP est révélateur.

          Personnellement je souhaite voir imploser l’UMP - union instable s’il en est - et voir beaucoup de ses membres (gaullistes, souverainistes) accepter de rejoindre enfin le FN.


        • Le Hérisson (---.---.46.229) 10 janvier 2007 14:54

          Il n’y a aucun virage « social » de Le Pen, que de l’opportunisme politique. Son programme économique en est la preuve : l’impôt sur le revenu est redistributif, la TVA pénalise les consommateurs (pas les épargnants !). Or Le Pen est pour la disparition de l’impôt sur le revenu. Même chose pour la diminution drastique des fonctionnaires... Il n’y a déjà plus assez de fonctionnaires dans les hôpitaux publics, la justice, la police, voir l’éducation nationale. Diminuer encore leur nombre va renforcer une France pour les pauvres, qui n’aura plus que des dispensaires ou des écoles mal équipées et une autre pour les riches, qui aura recours au système privé. Tout le programme de Le Pen est ultra libéral, tourné vers le passé et la xéonophobie, qu’on le veuille ou non.

          Enfin, quand l’auteur cite des gens comme Nabe, qui a eu des écrits ouvertement antisémites (et non anti sionnistes), j’ai envie de vomir.


          • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 11 janvier 2007 02:41

            @Hérisson

            Votre propos porte en lui-même une partie de sa réponse et pourrait à lui seul expliquer les errances de A. Soral, à savoir, nous sommes arrivés aux limites de notre système économique et social et les déçus de ce système cherchent désespérément une solution alternative qui pourrait faire passer pour du progressisme la recherche d’une planche de salut masquant un échec annoncé.

            Cette lettre ouverte est pathétique tant le desarroi des déçus, l’auteur de l’article et Alain Soral, se révèle surtout après l’annonce de Hugo Chavez de réformer la constitution vénézuelienne afin de pouvoir gouverner par décrets et conserver le pouvoir indéfiniment comme son illustre collègue Augousto Pinochet démontrant encore une fois que les extrêmes se rejoignent (cf. Alain Soral).

            Les exemples comme la Chine et l’Inde démontrent que seul le libéralisme économique et l’économie de marché permettent à un pays de se développer, d’offrir des emplois et générer de la richesse. Notre système, comme vous le dites dans votre commentaire conduit à terme à une médecine et une éducation à deux vitesses, une pour les pauvres et une pour les riches, et des services publics pesants et inefficaces.

            Mais bon il faut bien passer sa crise d’adolescence...


          • parkway (---.---.18.161) 11 janvier 2007 11:57

            au batteur de cartes

            « Les exemples comme la Chine et l’Inde démontrent que seul le libéralisme économique et l’économie de marché permettent à un pays de se développer, d’offrir des emplois et générer de la richesse. »

            vous devriez moduler vos propos : la richesse dans ces 2 pays n’est pas pour tout le monde mais pour une minorité...

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