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Accueil du site > Tribune Libre > Lettre ouverte à Boris Jonhson

Lettre ouverte à Boris Jonhson

Monsieur le futur Premier Ministre,

Cher Alexander Boris de Pfeffel Johnson,

Cher Boris,

 

Ton CV est dans Wikipédia, je ne rappelle donc pas ici les grandes actions de ta vie d’homme riche issu de cette Gentry anglaise qui a su conserver depuis 300 ans rang et fortune, et donner d’incontournables leaders politiques au Royaume Uni et au Commonwealth sous le regard bienveillant de leurs Majestés, Kings or Queens, qui conservent dans leurs châteaux les photos sépias de l’Empire, et ce malgré les coups portés par des représentants du peuple aussi remuants et extravagants que ses membres, les respectables lords ans ladies qui se déplacent en Rolls pour aller prendre le thé chez leurs relations quand ce n’est pas à Buckingham.

Comme tu es né à New-York tu as aussi cette nationalité qui explique peut-être en partie des comportements illicites qui peuvent résulter de désirs de Maison Blanche, parfois en rêvant (j’espère que ce ne sont pas des cauchemars), et peut-être aussi ton rejet de l’Europe que tu trouverais trop étriquée pour tes ambitions… (c’est possible, mais c’est à ton psy de préciser ce point que je ne donne ici que comme hypothèse de travail.)

En 2016, tu as été le porte-parole du camp favorable au Brexit, et nommé secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth dans le gouvernement de Theresa May qui a dit ces mots redoutables : Bexit is Brexit ! En 2018 tu démissionnes d’un gouvernement où tu n’as pas la place qui te revient, c’est-à-dire la première ; et tu t’attaches donc à suicider Theresa pour pouvoir t’installer au 10 Downing Street lorsque tu seras nommé président du Parti Conservateur, ce qui n’est qu’une formalité. Ta fidélité à tes idées est plus importante que celle que tu donnes à tes amis, ce qui est la marque d’un top dirigeant Politique, même si ces idées sont à géométrie variable comme ta coiffure peroxydée en pétard.

Bref, tu es parfait, et les 27 Présidents de ce qui est encore l’Union Européenne vont devoir supporter non seulement ta coiffure à nulle autre pareille et ton débraillé chic avec des complets aussi chers que ceux de Jack Lang, mais encore ton espièglerie, tes insultes, et quelques phrases sibyllines pour laisser tes interlocuteurs sur leur faim. Tu veux sortir, mais ce sont eux en fait qui vont quitter de fait le British Kingdom ! Tu vas le leur rappeler, et leur faire comprendre que tourner le dos à l’Angleterre ça a un prix : ils vont devoir payer, d’autant que ce sera sans accord, ce qui est tout à fait dans l’esprit british qui a fait de l’arrogance vis-à-vis de ceux qui n’ont pas le privilège d’être des sujets de sa Gracieuse Majesté the Queen Elzabeth the Second (ne pas oublier les majuscules) un art de vivre en société. Tu as l’appui de Donald Trump, qui ne sait d’ailleurs pas où est la Manche, mais qui a là aussi des idées pour faire le deal, d’autant qu’il espère t’utiliser pour casser l’Union européenne, cette construction anti-américaine, idée que tu partages peut-être en secret.

Si tu veux vraiment partir sans accord, tu sais que tu vas devoir gérer des kilomètres de camions et concevoir un plan B (ou Z) pour profiter du chaos européen qui remontera rapidement jusqu’en Chine par le port du Pirée et autres places de la Route de la soie, pour faire le deal du siècle. J'imagine que tu conclueras les négociations avec la Commission en disant avec l'inimitable accent oxfordien en substance ceci : « j’accepte tout, mais vous les 27, vous acceptez que la « quatrième liberté » – liberté de circulation des personnes – ne s’applique pas au Royaume Uni ; vous acceptez que le Royaume Uni soit libre de choisir les pays avec lesquels cette liberté de circulation des personnes sera mise en place (unilatéralisme) – comme avec l’Irlande for example – et nous espérons que cette disposition fera école et cassera cet idéalisme béat qui a pourri l’UE depuis sa dernière extension ». Tu pourrais soutenir que lier entre elles les fameuses quatre libertés (liberté de circulation des biens, des services, des capitaux et des hommes) relève d’une idéologie post-marxiste, et qu’il est temps de revenir au bon vieux empirisme défendu par les philosophes anglais, les seuls qu'on étudie à Oxford.

J'imagine que le pire n'est pas certain et que les colonnes de camions continueront à franchir the Channel, ce qui est le point capiatl de la négo. Voilà cher Boris, le bon plan pour nous emmerder le moins possible et le moins longtemps possible. Tu pourras dire à Mrs Thatcher qui disait de façon subliminale : « business first, le reste on s’en fout ! », que tu as terminé le job !

Tu as l’enveloppe de Churchill, mais fais gaffe de ne pas te ramasser et devoir quitter Downing Street en Boris Bike sous les quolibets de tes concitoyens enfin rassemblés.


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3 réactions à cet article    


  • San Jose 1er juillet 12:03

    Tout ça on s’en moque. Ce qui est grave est son comportement bruyant avec sa compagne. C’est là qu’est le scandale. 


    • julius 1ER 1er juillet 15:22

      Tu as l’enveloppe de Churchill, 

      @l’auteur, 

      J’espère que c’est du second degré (ou de force) !!!

      excellent article que je plusse, j’ajouterai que ce type est une caricature à lui tout seul, la caricature de l’homme politique qui se croit tout permis et qui va entraîner tout un peuple dans une descente aux enfers .... mais lui ne sera plus là pour payer la facture !!!!


      • confiture 1er juillet 15:44

        vous nous communiquerez la réponse ?

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