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Lettre ouverte à mes collègues profs

 

Chères collègues, chers collègues,

 

Comme beaucoup d'entre vous, je suis en colère. J'aimerais, par cette lettre, vous expliquer pourquoi. J'aimerais aussi vous convaincre qu'il est possible de transformer cette colère en une action constructive. Bien entendu, ce texte est destiné à un plus large public. En m'adressant à vous, j'entends aussi toucher les autres personnels de l'éducation nationale, mais encore les élèves, leurs parents, les professeurs d'université et tous les gens qui s'inquiètent pour l'avenir de notre école.

Mais d'abord, un petit rappel sur les raisons de notre colère. Elles peuvent se résumer en un mot : mépris. Je crois que nous ne sommes plus nombreux à en douter : nos gouvernants nous méprisent, nous et notre métier, et cela a des conséquences très concrètes sur notre vie. Certes, nous n'avons pas tous exactement les mêmes problèmes. Nos statuts et nos situations ne sont pas identiques. L'âge et le niveau de nos élèves sont très variables : certains d'entre nous enseignent dans les écoles primaires ou maternelles, d'autres dans des collèges, d'autres dans des lycées. Certains d'entre nous sont titulaires d'un poste, d'autres sont contractuels, certains sont fonctionnaires, d'autres non. Nous n'avons pas tous le même âge ni les mêmes rémunérations. Certains d'entre nous enseignent dans des établissements relativement tranquilles, avec des élèves disciplinés et d'un niveau correct. D'autres travaillent dans des conditions beaucoup plus difficiles. Pourtant, malgré toutes ces différences, nous avons un point commun : nos gouvernants n'ont plus aucun respect pour nous. Ce qui le montre, entre autres, c'est que nous sommes mal payés. Nos salaires sont bloqués depuis des années. Un professeur en début de carrière gagne à peine plus que le SMIC alors que les conditions d’entrée dans le métier sont devenues plus difficiles, depuis qu'il est nécessaire d'avoir un master pour être professeur titulaire.

Faut-il s’étonner, dans ces conditions, que le métier de professeur devienne moins attractif ? De plus en plus, l’école publique doit faire appel à des professeurs contractuels, qui n’ont pas le diplôme leur permettant de devenir fonctionnaires. Comme dans d’autres services publics, l’État recourt ainsi à une main d’œuvre précaire, flexible, mal payée, ce qui lui permet en outre de diviser le corps enseignant pour mieux le dominer.

Et cette pratique n'est pas près de s'arrêter. Car le remplacement progressif de professeurs titulaires par des contractuels ne vient pas seulement d'une crise du recrutement : elle fait partie de la sacro-sainte doctrine néolibérale, que le bon élève Macron applique consciencieusement dans l'espoir d'être félicité par le MEDEF et les institutions européennes. D'après cette idéologie, les fonctionnaires sont nécessairement des bons à rien, des boulets qui coûtent cher à la collectivité – sauf, bien entendu, si ce sont de hauts fonctionnaires chargés de détruire le reste de la fonction publique. Les fonctionnaires ordinaires, il faut les remplacer par de la main d’œuvre moins chère, plus précaire, donc plus docile (en principe sinon en fait) à l'égard de la hiérarchie. Le paradoxe, c'est que ce libéralisme économique conduit à un autoritarisme forcené. Au lieu de faire confiance dans notre compétence et notre amour du métier, nos gouvernants veulent instaurer un climat de peur. En témoigne, notamment, ce projet de loi qui prévoit une limitation de notre droit d'expression, et contre lequel il existe au moins une pétition

Le mépris de nos gouvernants se traduit également par nos conditions de travail. Je pense tout particulièrement au fait que les classes sont souvent surchargées, pour des raisons purement comptables. Cela vaut même pour les disciplines qui nécessitent le plus une participation orale des élèves, comme l’enseignement des langues vivantes. Et cette situation va empirer. Dans mon lycée de Sarreguemines (Moselle), le rectorat a annoncé une baisse de moyens significatifs (une soixantaine d'heures d'enseignement en moins), ce qui va conduire à la fermeture de trois classes et demi si nous ne réagissons pas. Et mon établissement est très loin d'être un cas isolé. Si le vôtre est encore relativement épargné pour la prochaine année scolaire, dites-vous bien que ce n'est que partie remise.

Cet exemple des classes surchargées illustre un autre scandale. Ce ne sont pas seulement les professeurs qui sont méprisés : ce sont aussi les enfants et les jeunes gens que nous sommes censés instruire. Car si les conditions de travail sont mauvaises pour nous, comment pourraient-elles être acceptables pour nos élèves ? Or, mépriser les élèves, c’est attaquer tout à la fois des êtres humains et la démocratie. Car l’un des buts principaux de l’école, rappelons-le, c’est bien de former des citoyennes et des citoyens. Le savoir que nous apportons aux élèves ne sera pas toujours très utile pour leur vie professionnelle. Comme le disait un grand homme d'État, on n’a pas besoin d’avoir lu La princesse de Clèves pour passer le concours d'attaché d'administration. Mais, si nous remplissons correctement notre mission, nous aiderons nos élèves à acquérir ou à développer une culture générale, un esprit critique et une capacité de raisonner qui leur permettront de s’informer et de débattre sur les grands sujets de société. Même ceux d’entre nous qui enseignent les matières les plus techniques ont un rôle politique à jouer, ne serait-ce que parce qu’ils doivent apprendre aux élèves à se respecter mutuellement, ce qui est la condition de toute démocratie digne de ce nom.

Tout cela est très joli en théorie, mais très difficile à appliquer en pratique. L’école, telle qu’elle existe aujourd’hui, forme assez mal les élèves à la citoyenneté. Les raisons en sont multiples. Je suis persuadé, pour ma part, qu'il faudrait une véritable réforme de l'école, une transformation en profondeur et qui ferait l'objet d'un long débat public. Il n'est pas normal que tant d'élèves s'ennuient à l'école. Il n'est pas normal qu'ils gaspillent leur belle énergie juvénile à bachoter ou à plagier des articles trouvés sur Internet au lieu d'accroître leur culture générale et de développer une réflexion personnelle. Je crois que notre manière d'instruire et d'évaluer nos élèves a une part de responsabilité dans ce gâchis. Mais je ne m'étends pas sur ce sujet, car les conditions de la réforme et du débat public que j'appelle de mes vœux ne sont pas encore réunies. En effet, pour que l’école soit réformée dans le bon sens du terme, il faut au minimum qu’elle dispose de moyens suffisants. Et ces moyens, contrairement à ce que pense notre gouvernement, ce ne sont pas d’abord des moyens techniques. Ce n’est pas en demandant aux familles d’acheter des tablettes – censées remplacer les manuels scolaires traditionnels – qu’on fera mieux travailler les élèves. (Pour plus de détails sur ce sujet, cliquez ici ou .) Il faut des moyens humains, pour permettre aux professeurs d’enseigner à des groupes d'élèves réduits, mais aussi pour que les collègues absents soient rapidement remplacés. Il faut des moyens humains pour accueillir convenablement les élèves handicapés. Il faut des moyens humains pour remettre à niveau les élèves en difficulté.

J’insiste sur ce dernier point, car notre école est extrêmement inégalitaire. Plusieurs d’entre vous, je le sais, ont le sentiment que notre école n’est pas assez élitiste, puisqu’elle abaisse ses exigences pour permettre à une très large majorité d’élèves – même d’un niveau faible – d’avoir leur brevet des collèges et leur baccalauréat. Ce constat n’est pas entièrement faux. Effectivement, notre école est égalitaire en apparence, et il est vrai que les correcteurs sont souvent sommés d'abaisser leurs exigences pour permettre à une large majorité d'élèves d'avoir un diplôme. Cependant, il faut tout de même se rappeler que tout le monde n’a pas le baccalauréat. Et le niveau réel des bacheliers est extrêmement variable. De manière générale, le niveau moyen des élèves français n’est pas très bon pour un pays riche, et les inégalités ont augmenté. Ces inégalités scolaires sont, en grande partie, liées à des inégalités sociales. Quand on naît dans une famille aisée, cultivée, on a dès le départ beaucoup plus de chances de réussir sa scolarité et ses études que lorsqu’on a des parents pauvres et ayant un vocabulaire plus limité. Comme l’a montré le sociologue Camille Peugny (Le destin au berceau – Inégalités et reproduction sociale, éditions du Seuil), le constat que faisaient Bourdieu et Passeron dans les années 60 est toujours valable dans les années 2010. Les inégalités se sont même renforcées.

Si nous voulons que l’ensemble de nos élèves progresse, nous devons sortir du modèle pseudo-inégalitaire actuel. Mais nous devons - à plus forte raison - refuser le modèle ouvertement inégalitaire que le gouvernement actuel veut imposer. Je pense notamment au fait que l’entrée à l’université fasse désormais l’objet d’une sélection. Certains ou certaines d’entre nous pensent que ce n’est pas une mauvaise chose. De toute manière, disent-ils, certaines facultés sont déjà engorgées, et mieux vaut refuser des étudiants à cause de leur niveau insuffisant que de les sélectionner au hasard, comme cela s’est fait par le passé. Seulement, pourquoi certaines facultés sont-elles contraintes de refuser des étudiants ? Cela vient de ce que, depuis des années, l'État recrute trop peu d'enseignants dans les universités. Délibérément, les gouvernements successifs ont laissé pourrir la situation. Ensuite, comment se fait-il que certains bacheliers aient un niveau faible ? Ne serait-ce pas lié au fait que l’école – depuis la maternelle jusqu’à la classe terminale – n’a pas les moyens d'aider les élèves en difficulté à surmonter leurs handicaps scolaires et sociaux ? Bien évidemment, nos gouvernants ne veulent pas entendre ce discours-là. Notre président, qui prétendait naguère faire sortir la France de l'« ancien monde », n’a fait qu’accentuer les dérives oligarchiques du système économique et politique actuel.

L'actuelle « réforme » du baccalauréat s’explique en partie par là. Il s’agit, certes, de faire des économies à tout prix, au détriment de la qualité du service public d’enseignement : la « réforme », si elle est mise en œuvre, permettra plus facilement de bricoler des groupes de 35 élèves, en supprimant les spécialités dans tous les lycées où elles n'auront été choisies que par une vingtaine d’élèves. Mais le but n’est pas seulement économique. Comme une grande partie de la note finale sera issue du contrôle continu et d’épreuves internes aux établissements, la valeur du bac ne sera plus la même partout. Les lycées les plus bourgeois fabriqueront des diplômes d’excellence, tandis que les lycées des villes ou des quartiers défavorisés remettront un diplôme au rabais. Ainsi, les universités seront encore moins accessibles qu’aujourd’hui aux bacheliers des classes populaires – alors même qu’ils sont d'ores et déjà désavantagés, notamment parce qu'ils doivent travailler pour financer leurs études.

Voilà donc le monde de monsieur Macron et de sa République en marche vers l'abîme. Un monde toujours plus inégalitaire, où l’école sera – encore davantage qu’aujourd’hui – un moyen de reproduire les hiérarchies sociales, et non une institution chargée de former des citoyens libres et égaux. Un monde où les gens de la bonne société n'auront plus à fréquenter les gueux, ni à débourser un « pognon de dingue » pour assister les miséreux. Bienvenue dans le « nouveau monde ». Bienvenue au 19ème siècle.

Battons-nous contre cette régression, et pour une véritable réforme de la société et de notre système éducatif. Une autre école est possible : une école qui aplanirait les écarts entre les élèves sans pour autant renoncer à ses exigences. En réalité, le niveau moyen augmenterait s’il y avait moins d’inégalités. Comme l'ont expliqué les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet (L’élitisme républicain, éditions du Seuil), les pays où les inégalités scolaires sont les plus faibles (Finlande, Corée du sud), sont aussi ceux où le niveau d'ensemble est le meilleur. Inversement, l’accroissement des inégalités scolaires est ruineux à plus d’un titre. D’abord, il entraîne une baisse du niveau scolaire d’ensemble, ce qui est catastrophique d'un point de vue économique mais aussi sur un plan politique, tant il est vrai que les citoyens ont besoin d’être bien formés pour exercer pleinement leur citoyenneté.

Ensuite, l'accroissement des inégalités scolaires aggrave la fracture sociale. Le problème n’est pas tant que les classes populaires et les classes moyennes inférieures se méfient de plus en plus des institutions républicaines et de leurs dirigeants : après tout, cette méfiance est en soi une bonne chose, et elle peut conduire à un vrai sursaut démocratique pour peu que les citoyennes et les citoyens ne se laissent pas berner par des démagogues prétendument « antisystèmes ». Le plus problématique, c’est que les classes supérieures se sentent de moins en moins solidaires du reste de la population. Tels des Robins des bois inversés, les oligarques qui nous gouvernent prennent des milliards aux classes populaires et à la petite bourgeoisie pour s’enrichir toujours plus. Parfois, c’est de manière légale – grâce, par exemple, à toutes les lois permettant des exemptions de cotisations sociales ou la création de niches fiscales. Parfois, c’est de manière illégale ou semi-légale. Je pense ici, tout particulièrement, à ces « paradis fiscaux », ces repaires de fraudeurs et de maffieux qui contribuent à faire de la Terre un enfer pour des milliards de gens. En comparaison de ces crimes et de ces délits organisés au plus haut niveau, les fraudes aux prestations sociales font pâle figure. Pour avoir une idée des chiffres, je recommande cet article de l'association ATD Quart Monde. On y trouve notamment cette belle citation du Conseil d'État : « La fraude des pauvres est une pauvre fraude ». Je recommande également cet article du Figaro qui nous apprend que des Français détiendraient environ 300 milliards d'euros dans les paradis fiscaux, soit 15 % du PIB.

Si j'écris tout cela, c'est dans l'espoir de susciter une indignation massive face à un système politique et social de plus en plus injuste. C'est aussi pour que cette indignation se transforme en action. Nous sommes encore trop nombreux, je crois, à avoir quelque scrupule à défier l’autorité. Cela tient peut-être à ce que nous étions, pour beaucoup d’entre nous, de bons élèves quand nous étions à l’école. Cela aurait pu nous prédisposer à la révolte : nous avons un peu plus de culture générale que la moyenne de nos concitoyens, ce qui nous donne les moyens de nous informer et de critiquer intelligemment les politiques de nos dirigeants. Le revers de la médaille, c’est que nous avons appris à aimer le système scolaire, et l’ordre établi en général. Il est toujours difficile de contester une organisation sociale dont on est soi-même bénéficiaire.

Mais il est temps de relever la tête, car nous bénéficions de moins en moins de ce système injuste. Notre pouvoir d’achat stagne ou diminue, nos conditions de travail se détériorent, et cela n’est pas près de s’arrêter. Non seulement, nos classes vont devenir plus chargées, mais l’accroissement des inégalités sociales et scolaires va pousser une partie de nos élèves à se révolter toujours plus face à un système où elle ne trouve pas sa place. Avez-vous remarqué ? Ce sont rarement les premiers de la classe qui contestent l’autorité et posent des problèmes de discipline. En général, ceux qui posent problème sont les mauvais élèves, ceux qui « ne travaillent pas suffisamment », ceux qui sèchent les cours, ceux qui bavardent sans arrêt parce qu’ils accumulent des lacunes depuis des années et ont perdu l’appétit de savoir qu’ils avaient jadis, quand ils étaient petits. Souvent, nous essayons de les culpabiliser, comme si la source de leurs difficultés se trouvait dans leur mauvaise volonté. En réalité, ces garnements sont enfermés dans un cercle vicieux : les lacunes entraînent des mauvaises notes, qui entraînent le découragement, un manque de travail, donc un accroissement des lacunes. Si nous voulons les aider à sortir de ce cercle vicieux – et avoir du même coup de meilleures conditions de travail – nous devons sortir de notre passivité et nous révolter massivement contre les politiques de nos gouvernants.

Et ne nous laissons pas fléchir par des rhétoriques spécieuses. On nous dit qu’il n’y a pas d’argent, que nous devons penser à nos enfants, et à la dette publique qui ne fait que s’accumuler sur leurs frêles épaules. Tout cela, c’est de la propagande à deux balles. D'une part, la dette publique n'est pas nécessairement une catastrophe, si elle sert à financer des investissements utiles pour toute la société. D'autre part, il faudrait se demander si les politiques néolibérales (dérégulation financière, concurrence fiscale entre les États, cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grosses entreprises...) ne sont pas principales causes du gonflement de la dette. À ceux qui voudraient approfondir la question, je recommande le Traité d’économie hérétique de Thomas Porcher (éditions Fayard), ou la lecture de cet entretien.

Un autre argument, consiste à dire : « Il ne faut pas faire d’actions trop fortes (rétention de notes, grèves reconductibles, occupation d’établissement, démission de professeurs principaux….) parce que ce serait prendre les élèves en otage. » Ainsi donc, nous aurions à nous sacrifier dans l’intérêt des élèves ? Cet argument est spécieux, car ce sont d’abord les élèves qui subissent ces politiques de « rigueur budgétaire » que nos gouvernements nous imposent depuis tant d’années. Il y a là une véritable casse du service public, dans l’école comme dans les hôpitaux, la poste ou les chemins de fer. Filons la métaphore de la casse. Supposez que de petits voyous s’amusent à frapper à la porte d’une salle où vous êtes en train de faire cours. Au début, vous ne réagissez pas, pensant que les voyous vont finir par partir. Seulement ils ne partent pas. En fait, votre passivité les enhardit. Ils ne se contentent plus de frapper doucement. Ils donnent de grands coups de pied dans la porte. L’un d’eux va même jusqu’à casser une vitre. Bientôt, si vous ne sortez pas pour les arrêter, ils vont certainement entrer dans la salle de cours et tout vandaliser. Qu'allez-vous faire ? Sortir pour chasser les voyous ? Aller demander de l'aide à vos collègues si les voyous sont trop nombreux ou trop agressifs ? Mais non, bien sûr ! Ce serait abandonner vos élèves, ce ne serait pas se conduire de manière « responsable » ! Ainsi, par une conscience professionnelle mal placée, nous laissons nos dirigeants saccager l'école publique. Il est temps que cela cesse. Tenons enfin tête aux voyous qui nous gouvernent. Nous devons, sans doute, les respecter en tant qu’êtres humains, et nous efforcer de les comprendre plutôt que de les haïr. Mais nous n’avons pas à respecter ce qu’ils font – ou ce qu’ils ne font pas.

Car ce ne sont pas seulement leurs actes, qui sont catastrophiques : c'est aussi leur passivité criminelle. Que font-ils, nos gouvernants, pour lutter contre le réchauffement climatique ? Beaucoup trop peu. Quatre associations, soutenues par une pétition signée par deux millions de personnes, ont porté plainte contre l’État français à ce sujet. Que font nos gouvernants pour mettre fin aux paradis fiscaux ? Rien, ou presque. Depuis la crise financière de 2007-2008, cette immense catastrophe économique et humaine, qu’ont fait nos gouvernants pour réguler la finance internationale et l’activité des grandes banques ? Rien, ou presque rien, si bien qu’une nouvelle crise financière nous pend au nez, qui pourrait être encore plus grave que la précédente. Par amour de l'humanité, arrêtons de laisser nos dirigeants faire n'importe quoi !

Mais j'entends déjà, certains ou certaines d'entre vous : « De toute façon, à quoi bon agir ? Cela ne sert à rien... Les Gilets jaunes, pour l'instant, n'ont presque rien obtenu... Les mouvements sociaux de 2003, 2010, 2016, 2017 n'ont servi à rien... Les gouvernements ne veulent plus rien entendre. Ils sont devenus inflexibles... ». Combien de fois avons-nous entendu cette complainte dans les salles des professeurs ? Cette prophétie autoréalisatrice est devenue le meilleur atout de nos gouvernants. Nous sommes de plus en plus critiques à l'égard de leur propagande. Mais nous croyons dur comme fer que nous serons toujours les plus faibles et qu'il n'y a plus rien d'autre à faire qu'à se laisser tondre gentiment. Contre cette sinistrose, contre cette auto-intoxication, il faut se dire trois choses.

Primo, il est vrai que nous ne pouvons jamais être sûr qu'un mouvement social va marcher. En revanche, nous pouvons être sûrs que la casse des services publics et le creusement des inégalités continueront si nous ne faisons rien... Pourquoi nos dirigeants voyous s'arrêteraient-ils en si bon chemin ?

Secundo  : l'histoire a montré que des mouvements populaires puissants peuvent apporter un réel progrès social ou stopper une régression. Pensez aux exemples de 1995 ou de 1936. De manière générale, croyez-vous que les classes dirigeantes auraient spontanément accordé une augmentation des salaires, une diminution du temps de travail, un code du travail et une protection sociale si elles n'avaient pas craint une révolution ou une révolte massive des classes populaires ?

Tertio, nous pouvons faire changer les choses si nous sommes assez nombreux. Nous devons convaincre un maximum de nos collègues, autour de nous, de se joindre à nous. Si nous avons la chance d'être fonctionnaires, soyons davantage solidaires de nos collègues ayant un statut précaire. Bien entendu, soutenons les élèves et les étudiants en colère. Nous n'avons pas à leur dire de faire grève ni de bloquer des établissements, mais nous pouvons au moins nous associer à leur combat. Rapprochons-nous également des personnels non enseignants qui travaillent dans nos établissements : surveillants, CPE...

Mais, de manière générale, associons notre combat à celui des autres salariés. Manifestons massivement aux côtés des Gilets jaunes, par exemple. Ce sont des gens courageux, et dont les revendications sont en grande partie justifiées. Comme eux et avec eux, exigeons une démocratisation des institutions et un système économique plus équitable. Bien entendu, les Gilets jaunes ne sont pas parfaits. Une minorité d'entre eux est séduite par les sirènes de l'extrême droite. Mais qui sommes-nous pour les juger ? Pouvons-nous condamner en bloc un mouvement à cause de quelques dérives isolées ? Après tout, il y a aussi des gens d'extrême droite dans le corps enseignant, et certains ne s'en cachent pas.

Au risque de me répéter, chères et chers collègues, nous ne devons pas rester les bras croisés. Déjà un certain nombre d'entre nous s'organisent. Le mouvement des stylos rouges a créé des groupes Facebook, au niveau national mais aussi dans différentes académies. Soyons des centaines de milliers à nous inscrire dans ces groupes, de manière à nous informer, à nous échanger des idées et à planifier des actions communes.

Si nous sommes déjà syndiqués, poussons nos syndicats à nous soutenir activement. Dans le cas contraire, syndiquons-nous, et de préférence dans des syndicats combatifs. Si les syndicats sont aujourd'hui peu puissants, c'est sans doute en raison de leurs divisions et de leurs erreurs stratégiques, mais c'est aussi parce qu'ils ont beaucoup trop peu d'adhérents.

Prenons exemple sur tous ces établissements où des professeurs se rebellent par différentes actions (rétention de notes, démission de professeurs principaux, occupations de locaux....). À Lille , dans la région de Toulouse ou en région parisienne, des luttes d'un style nouveau ont lieu. Mais cela bouge aussi ailleurs, comme en témoigne ce texte, écrit par un collègue de Metz, et que je vous laisse méditer en guise de conclusion :

"Bonjour cher(e)s collègues,

Je vous informe que nous avons pris la décision lors d’une réunion d’appliquer une rétention des notes et des appréciations sur Parcoursup afin de protester contre la réforme du lycée et du Bac, synonyme de dégradations incommensurables des conditions de travail pour les élèves et les professeurs, de suppressions de postes, de remise en cause des valeurs mêmes de l’école républicaine dont nous sommes les principaux garants,… Nous nous étonnons que face à une attaque d’une telle ampleur et d’une telle férocité contre l’institution scolaire à tous les niveaux (primaire, secondaire, université) bon nombre de collègues « regardent ailleurs, pendant que la maison brûle !!! »… Nous vous appelons à une prise de conscience généralisée, à vous joindre au mouvement de contestations, à mobiliser au maximum autour de vous pour faire barrage et à proposer une alternative à ce qu’on vous impose comme unique et seule solution, la concurrence de tous contre tous (entre matières, entre établissements, entre professeurs, entre élèves, …). Celle-ci n’aura que pour effet que de nous opposer les uns aux autres, de réduire, d’année en année, les maigres moyens laissés à notre disposition comme palliatifs à une situation qui ne fera que se dégrader… Dans le contexte actuel de crise sociale (depuis maintenant plus de 2 mois avec celle des gilets jaunes), le gouvernement affaibli comme jamais, compte sur l’aide « des médias » pour verrouiller toute communication, tout comme le ministre Blanquer, concernant les multiples conflits sociaux qui opposent localement les collègues à leur administration, seul moyen pour lui de faire avancer à grand pas sa réforme (qui est loin de faire l’unanimité). Le calcul est donc simple, diviser pour mieux régner, diluer la contestation localement, réduire au maximum la visibilité d’un mouvement social qui monte en puissance à l’échelle nationale (cf. « les stylos rouges », #pasdevague, mouvement lycéen,... voir carte des lycées concernés en pièces jointes). Nous vous enjoignons dès lors à prendre toutes vos responsabilités et à faire bloc contre une logique qui met à mal l’avenir de nos élèves, de notre profession, de notre école, et qui affaiblira considérablement le pacte républicain. Refusons de participer à toutes les réunions consultatives, refusons de faire remonter les notes, refusons de remplir les appréciations sur Parcoursup, refusons cette école de la concurrence libre et non faussée où la grande masse des plus faibles sera écrasée, et qui prépare une société toujours plus injuste pour nos enfants.

 

Alexis CHHEN professeur de Sciences Économiques et Sociales,
père, très inquiet, de deux petits garçons,
non syndiqué, non affilié à un parti politique, (Lycée Georges de la Tour, METZ)"

 

 


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63 réactions à cet article    


  • gaijin gaijin 22 février 10:27

    pas tout lu ( plus le temps ) mais comprenez donc que les stylos rouges sont des gilets jaunes comme les autres !


    • Sophie Sophie 22 février 11:48

      @gaijin

      Pareil, texte trop long, trop verbeux.

      Non, les « stylos rouges », que je pense connaître mieux que vous (ancienne de
      l’ Education nationale) ne se confondent pas avec les « Gilets jaunes » ; ils sont d’indécrottables corporatistes, votent volontiers pour Mélenchon, ont un rapport biaisé avec le réel, ceci explique cela, mais vomissent la plèbe, pas éduquée (sans jamais l’associer à une quelconque responsabilité individuelle, marrant, non ?)
      et surtout, surtout, fasciste, raciste et toussa.
      Par contre, s’ils peuvent utiliser et détourner un mouvement populaire à leur profit, toute honte bue, aucun scrupule. Pfff ! Bien sûr, quelques exceptions dans le troupeau, mais ceux-là sont ostracisés, marginalisés, infréquentables et finalement, priés de la boucler.


    • Arogavox 22 février 11:49

      @gaijin
      « Il est toujours difficile de contester une organisation sociale dont on est soi-même bénéficiaire. »
       (Les « gardiens de la paix », ont la même tendance à nous expliquer à quel point il leur serait difficile sacrifier leur carrière pour ne plus être des éborgneurs ...)
       On compatit, mais en remarquant que les non « bénéficiaires » qui contestent doivent donc alors de voir reconnue une difficulté de non-partage-du-bénéficiaire.
        
        S’il doit être rétorqué aux uns qu’ils n’ont qu’à savoir rejoindre les autres, restera-t-il si difficile de comprendre que cet argument marche dans les deux sens ?


    • Venceslas Venceslas 22 février 14:00

      @Sophie
      C’est quoi ces généralisations ? Et que savez-vous du vote des enseignants à bulletin secret ?


    • Sophie Sophie 22 février 14:47

      @ Venceslas

      Eh bien, nuancez, nuancez. Démontrez-nous que l’institution se porte bien et que ceux qui la constituent n’ont aucune responsabilité dans la marasme actuel.


    • Sophie Sophie 22 février 15:01

      @Sophie
      Oups, LE marasme.
      Et même si cela vous dérange, le pédagogisme et le gauchisme ont et continuent de faire des dégâts irréversibles. Soit on se remet en question collectivement, au lieu de défiler pour réclamer plus de crayons, soit on démissionne et on va bosser dans le privé (ce que j’ai fait).


    • gaijin gaijin 22 février 16:27

      @Sophie
      « d’indécrottables corporatistes ...... »
      oh je sais, je sais .....mais qui sait l’heure de leur réveil a peut être sonnée ....
      comme pour les médecins l’époque ou ils étaient l’élite du village est révolue depuis 40 ans, il font aujourd’hui partie de la classe moyenne inférieure : terminus du train tout le monde descend .........


    • Alren Alren 22 février 18:38

      @Sophie

      Si on vote Mélenchon et France Insoumise, et pour le porgramme l’Avenir en commun, on n’est pas fasciste ou raciste. C’est absolument incompatible.

      Je crois que pas mal de profs votent encore PS, vous savez le parti qui a fait Macron ministre ou PCF (nostalgie, nostalgie) et débinent la FI à travers son porte-parole, président de groupe à l’AN !

      Pourquoi ? Parce que la FI est la seule formation d’importance qui peut changer totalement la situation. Dont la leur, les benêts !


    • Alren Alren 22 février 18:44

      @Sophie
      « soit on démissionne et on va bosser dans le privé (ce que j’ai fait). »

      Pour avoir été engagée dans le privé vous deviez avoir un « profil » qui leur plaisait : à droite toute !

      J’espère pour vous que le travail que vous y effectuez vous satisfait davantage dans votre for intérieur. Car la plupart des emplois bureaucratiques du privé sont débilitants selon la majorité de ceux qui les exercent.


    • JPCiron JPCiron 23 février 08:49

      @gaijin

      Effectivement, il faut aussi s’inscrire dans un ensemble.

      En outre, l’auteur pointe à la raison se sa colère : il se sent méprisé. Je ne vais pas rentrer dans une argumentation sans fin. 
      Mais il est toujours bon de réfléchir à l’adage sur la poule et l’oeuf. Aussi, il est toujours bon de regarder ce qui se passe dans les autres poulaillers...


    • pissefroid pissefroid 22 février 10:57

      Dommage que vous n’ayez que l’intelligence de croire que l’on peut lutter contre le changement climatique.

      De plus imaginer que le résultat de la pétition du siècle est vrai dénote un manque de curiosité, voir à ce sujet l’analyse faite par Cédric Moro :

      https://mythesmanciesetmathematiques.wordpress.com/2019/02/06/petition-laffaire-du-siecle-de-la-mystification-aux-lecons-democratiques/


      • Martha 22 février 11:11

        Pour redresser la barre du navire et le diriger vers le bon cap, seule la voie politique paraît raisonnable : revenir au programme du CNR.

         Un parti politique le propose clairement et donne les moyens d’y arriver légalement et tout simplement par le vote républicain. Il est totalement occulté par nos médias zélés qui ont décidé de ne jamais prononcer son nom ni celui de son fondateur.


        • JC_Lavau JC_Lavau 22 février 11:31

          En une seule vie d’homme, on ne peut assister le plus souvent qu’à une seule partie d’un seul changement climatique. Si nous vivions aussi vieux que les plus grandes tortues des Galopagos, ou que le Grand Schtroumpf, nous verrions plusieurs changements climatiques en notre vie, et déjà pour commencer, plusieurs oscillations Nord-Pacifique et Sud-Pacifique. Chacun de nous en est loin.


          • baldis30 22 février 16:23

            @JC_Lavau

            bonsoir,
             un petit rappel : les études menées mondialement sur les dépôts lacustres ( dont deux en France Bouchet et Les Rousses ) ont mis en évidence des cycles courts qui recoupent bien ce que l’on sait des études historiques ( i.e. à partir d’archives écrites et non pas analysées comme sédimentologie, paléo palynologie etc....). Les cycles n’ayant pas de fréquences harmoniques il en résulte une apparence de chaos car une analyse par ondelettes ne serait possible qu’avec un plus grand nombre de données... !


          • baldis30 22 février 16:39

            @baldis30

             un premier complément au texte ci-dessus .... en accès libre ....
            https://www.persee.fr/doc/hism_0982-1783_1993_num_8_1_1411
             signé Miche MAGNY il remet en place et replace les idées sur les évolutions climatiques à partir d’études sérieuses , publiées dans une revue sérieuse La Revue de Géographie Alpine ( base Persée).


          • baldis30 22 février 17:48

            @baldis30

             autres ressources

            https://books.openedition.org/editionscnrs/11263?lang=en

            https://www.theses.fr/fr?q=*:Datations cosmogéniques 10Be
            cette dernière montre l’utilisation du Be10 autre indicateur de l’activité solaire ( comme pour le C14)
             


          • mac 22 février 12:34

            Monsieur le professeur

            Pour aider les élèves en difficultés il faut leur dispenser un enseignement exigeant comme celui que l’on donne dans les écoles pour l’élite.

            Ras le bal de ces cours où l’on prétend apprendre en s’amusant, ras le bol des « pédagogistes » qui noyautent l’éducation nationale, ras le bol de tous ces projets débiles, de ces voyages scolaires qui se multiplient d’années en années et de cette école où les « apprenants » font les cours à la place des profs.

            Depuis que l’on applique ces méthodes « révolutionnaires », le niveau ne cesse de baisser et évidemment, les élites qui sont au courant de cette baisse inscrivent leurs enfants dans les écoles qu’il faut ou les envoient à l’étranger.


            • Désintox Désintox 23 février 12:26

              @mac
              « ras le bol de tous ces projets débiles, de ces voyages scolaires qui se multiplient d’années en années »

              Les voyages scolaires sont partie de l’attractivité d’un établissement mis en concurrence avec les autres.


            • Ruut Ruut 22 février 12:46

              Comment donner une instruction de qualité sous une Dictature sous propagande et sous occupation.

              En effet, vous faite face a un défit de taille, surtout que vous même subissez jours après jour « Fake News » gouvernementale, propagande médiatique intensive et occupation culturelle..

              Bon courage.


              • Sophie Sophie 22 février 14:05

                @Ruut

                C’est là que je vous trouve un peu naïf : la plupart des enseignants s’accommodent parfaitement de la dite propagande, soit par lâcheté (ce qui est humain), soit parce qu’ils la partagent en tous points de vue (ce qui est plus grave).

                Donc, si vous voulez aujourd’hui que vos enfants bénéficient d’une meilleure instruction, il faut y mettre le prix : établissements privés et nombreux stages à l’étranger pour la maîtrise de langues étrangères.

                Je connais des parents aux revenus plutôt modestes qui font ce choix, ce qui représente un réel sacrifice financier pour eux, mais s’avère très payant au final.


              • Allexandre 22 février 16:56

                @Sophie
                Je crois Madame, que vous aussi devriez être plus nuancée. Je doute que vous connaissiez le sujet dans son entièreté et sa complexité. Le pouvoir a tout fait pour ligoter les enseignants qui souhaiteraient encore faire le boulot qui est le leur.
                Je suis d’accord avec vous quand vous écrivez « ..la plupart des enseignants s’accommodent... » Mais le pire c’est que beaucoup ne le voient même pas par manque de culture générale. La baisse des exigences pour les élèves, l’est aussi pour les enseignants, de plus en plus difficiles à recruter. Quant au corporatisme, il n’est plus d’actualité. C’est l’individualisme qui prime globalement. Les enseignants syndiqués le sont majoritairement pour leur petite personne, mais sûrement pas pour une contestation pédagogique. C’est là le noeud du problème.La collusion entre Etat et syndicats a réussi son coup. Nous ne sommes quasiment plus représentés, sinon par quelques délégués dévoués qui y croient encore.

                Je préciserai que la réforme Darcos-Châtel a donné le coup de grâce à l’enseignement, qui hélas, n’en est plus.


              • Sophie Sophie 22 février 17:38

                @Allexandre

                Je suis sévère avec ce milieu que je n’ai pas aimé (je n’ai passé que dix ans dans le Secondaire, c’est vrai) et je me fous de ces jérémiades incessantes (la faute aux syndicats, à l’individualisme, à la hiérarchie, à la photocopieuse en panne, etc..., c’est sans fin) et surtout, si on accepte d’avaler des couleuvres en permanence, d’être un bon petit soldat qui compte ses points de retraite, il faut assumer un peu.
                Désolée si je simplifie à outrance, mais il faudrait ouvrir un peu les yeux sur ce que vit l’immense majorité des Français, par comparaison.


              • pipiou 22 février 17:58

                @Sophie
                De quelle propagande parlez-vous qui aurait lieu dans le public et pas dans le privé ?

                Pour quelqu’un qui prétend connaitre le milieu vous semblez ne pas savoir que le Public accueille tout le monde contrairement au Privé.
                Donc le Privé n’est pas meilleur, il est probablement moins bon, mais il pratique le tri social. Il ne prend pas les handicapés, (sauf établissements spécialisés), il jette les élèves qui ont de mauvais résultats, même si les parents paient, même si l’établissement est religieux (religion et miséricorde, hein).
                Vous appelez cela une « meilleure » instruction ?
                Non : c’est un meilleur environnement, et ça a un prix.

                Vous devriez savoir que des établissements publics comme Henri IV sont hyper côtés. Pourquoi alors ? Parce que l’instruction y est meilleure ?


              • Allexandre 22 février 18:10

                @Sophie
                Je suis d’accord avec vous, mais bien des Français devraient alors ouvrir les yeux. Dix ans de métier ne vous auront pas permis de vivre l’écoeurement que l’on éprouve après 36 ans passés dans ce système. Et je ne parle pas des élèves jusqu’à il y a quelques années. Ce sont les seuls à m’avoir fait continuer. Les collègues, à part gémir dans la salle des profs, ne font rien pour marquer fermement leur opposition à des réformes toutes plus malsaines les unes que les autres et qui nous emprisonne en premier, et les élèves en second. A ceci près, que ces derniers ne s’en rendent pas compte.


              • Sophie Sophie 22 février 18:26

                @pipiou

                Qui fréquente Henri IV ou à Louis-Le-Grand ? La réponse est dans la question.

                A votre avis, pourquoi le Privé est de plus en plus prisé par les parents d’élèves ? Parce que le niveau monte dans le Public ? Que l’environnement ne compte pas à leurs yeux ? Et oui, la sélection et non pas le tri est un vilain mot, je sais.

                Vous montez tous vite dans les tours, mais les sensibilisations diverses que les enseignants doivent accepter (violences par ci, discriminations par là, études de textes littéraires ayant pour thème le racisme, etc), j’appelle cela de la propagande déguisée, désolée. Au moins, dans un établissement catholique, on sait où on met les pieds. Il y en a d’excellents et vous le savez.


              • pipiou 22 février 19:07

                @Sophie
                J’ai déjà répondu à cette question : le Privé est prisé parce qu’il fait du tri social.
                Je n’ai pas dit que c’est un vilain mot. Et d’ailleurs les enseignants du public eux-même choisissent parfois des établissements privés pour leurs propres enfants, pas parce que ces établissements enseignent mieux, mais parce qu’ils sont mieux fréquentés.
                Tout le monde sait qu’aujourd’hui c’est le critère premier : l’environnement social.

                Qu’est-ce qui fait baisser le « niveau » c’est-à-dire les résultats scolaires ? Les élèves faibles. Les pauvres, les immigrés, les perdus.
                Tout ceux qui ne feront pas baisser la « moyenne » du privé.

                « Un établissement catholique on sait où on met les pieds » ... et on sait où met le cul ?
                Non sérieusement comment pouvez défendre un établissement catholique qui jette un élève juste parce qu’il a un niveau moyen ? Connaissez-vous un minimum les préceptes chrétiens ?

                Et votre histoire de « propagande », elle est peu crédible. Au nom de la liberté pédagogique un enseignant peut pratiquement faire tout ce qu’il veut dans sa classe. Et il lui arrive parfois de faire sa propre propagande.
                Les enseignants chantent « laïcité » mais ils sont parfois peu respectueux de la neutralité ideologique.


              • Sophie Sophie 22 février 19:43

                @Allexandre
                Ce sont les seuls à m’avoir fait continuer.
                Je comprends très bien ce propos. Bah, plus très longtemps à tenir...


              • Sophie Sophie 22 février 19:52

                @pipiou

                Un peu « bouffeur de curés » ? Au moins, vous ne prenez pas beaucoup de risques ; c’est open-bar, faites-vous plaisir.
                Et bien sûr, si l’on enseigne les Mathématiques ou les Arts Plastiques, pas ou peu d’idéologie dominante là-dedans. En revanche, un professeur de Lettres Modernes ou Classiques doit respecter un programme, un peu trop orienté pour un esprit frondeur, mais peut-être que vous ne voyez pas le problème. Peu me chault.


              • pipiou 22 février 20:54

                @Sophie
                Et en école privée l’enseignant ne doit pas respecter le programme ?

                L’ideologie gauchisante que vous avez dénoncée est peut-être plus le problème que les programmes.
                Et cette ideologie vient sans doute plus des enseignants que de l’institution elle-même.
                Se faire l’avocat des curés en ce moment c’est effectivement gonflé.
                On est en train de découvrir à quel point cette « institution » romaine est hypocrite.


              • HELIOS HELIOS 22 février 13:55

                Bonjour,.... 

                Chacun des commentaires ci-dessus que je viens de lire, apporte sa petite part de verité.

                Cependant, aucun d’entre eux ne pointe la réalite de notre pays et encore moins les enseignants (géneralisation, j’en conviens) : nous avons perdu notre sens de la communauté nationale, notre amour du pays, de notre langue, de notre culture qui eux-memes portent en germe l’amour de la justice, du travail bien fait, de l’alterité, du respect des autres et des choses (regardez Finkelkraut ou plus recemment ce con de tenniste, furieux de perdre qui casse sa raquete, ce matin, ce n’est pas choquant ?)...

                ... et tout cela, qui en est responsable, non pas pour tout, mais une grande partie : c:est l’enseignement... pas le programme, mais la partie importante apportée par l’enseignant lui-meme. 

                Le gauchisme, non pas politique, mais social de tous ceux qui apportent le savoir a nos enfants, instille une déformation majeure a notre sociéte (encore une généralisation, sachez comprendre) au point que ces jours ci, le debat sur le retour des djihadiste est inconcevable dans une population bafouée, meurtrie qui devrait re-integrer ceux qui la renie et la combatte dans le sang. A ce propos, les anglais ont tout a fait compris et sont déja a des années lumiere de nous dans la societe de demain.

                Vous comprendrez donc que je ne peux accordre aucune excuse aux enseignants, meme s’ils se font malmener, car c’est eux qui ont cree Macron et ses sbires et qui continuent aujourd’hui a le soutenir au dela de leur critique.

                Alors, eux, qui sont la pour apprendre a nos enfants le sens des mots, mais eux qui devoient la semantique....  ne doivent pas se plaindre dece qui se passe, ils ont changé le sens du mot « patriotisme » et s’etonnent maintenant que ce soit un synonyme de « nationalisme » et le rejet qui va avec....

                Notre pays prefere se suicider sur l’autel d’une ideologie, plutot que se defendre et garder sa nature humaine d’abord tournée envers lui-meme pour mieux aider les autres aussi.

                Blanquer... pffff, inexistant, c’est dans la classe qu’ont doit agir.


                • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 février 07:05

                  @HELIOS

                  Bravo, l’essentiel est dit et bien dit !


                • Spartacus Spartacus 22 février 14:46

                  Ça ressemble a la caricature.

                  Peu être que le benchmark ne fait pas partie de leur moyen d’analyse ?

                  -Manque de moyens humains ?

                  2eme employeur européen, 5eme mondial.

                  Il y a 600 000 enseignants en France, soit plus qu’en Allemagne.

                  Il y a 250 000 « autres » à l’éducation nationale. Soit plus que Total et SNCF réunis (actifs et autres). (Total 100 000 dans le monde. SNCF 150 000, personnel 24/24 gestion de millions de voyageurs etc...).

                  -Moins payés ?

                  2eme budget de la France.

                  Les profs en France ne sont pas payés en fonction de leur capacité, mais d’un statut social. Leur salaire n’est pas relatif au travail effectif, mais un équilibre entre budget et masse.

                  Il est donc logique que pour des raisons évidentes comptables ( mot « méchant » chez ces gens là parler d’argent est honteux) que les profs soient moins payés. 

                  L’auteur critique par ignorance totale le libéralisme et à tors.

                  Voici une vidéo libérale (anglais) en 2 parties expliquant ce que devait être l’éducation sur le modèle Coréen. Une vraie fraîcheur dans la pensée unique de chez nous et a voir.

                  part1 https://youtu.be/FoD4YO6arWs

                  part2 https://youtu.be/TxMPfY_YDsE

                  Des profs sont payés aux étudiants incités. Les résultats sont meilleurs et les profs motivés et les élèves heureux de suivre les cours.

                  Certain profs sont millionnaires

                  Le libéralisme enrichit les enseignants.

                  L’étatisme collectivise les enseignants et les rends aigris et douteux sur leur capacités. Les meilleurs sont encouragés a ne pas en faire plus et les moins bons sont confortés.


                  • Spartacus Spartacus 22 février 14:51

                    Cette vidéo est plus longue mais plus explicative sur ce que nous devrions évoluer en éducation .
                    https://www.youtube.com/watch?v=QrDfCy5Q9wI


                  • Allexandre 22 février 16:58

                    @Spartacus
                    Parlez de ce que vous connaissez au lieu d’utiliser des statistiques dont vous ne savez même pas ce qu’elles impliquent. Le néo-capitalisme vous va si bien !!!!


                  • Spartacus Spartacus 22 février 19:54

                    @Allexandre
                    Essaye donc de faire de vrais arguments au lieu de te prendre pour une lumière.


                  • Allexandre 22 février 20:42

                    @Spartacus
                    Je pensais que c’était l’inverse. Moi, lumière ou pas, je ne parle que de ce que je connais. Le reste, je m’abstiens !


                  • Désintox Désintox 23 février 12:34

                    @Spartacus

                    « Certain profs sont millionnaires. »

                    Les concours sont ouverts. Postulez !

                    Plus sérieusement, avec un salaire net moyen de 2500 €/mois pour un professeur de l’enseignement secondaire, il faut 400 mois, c’est à dire 33 ans pour gagner un million d’euros. Pour pouvoir être millionnaire, un enseignant ne devrait donc rien dépenser du tout pendant 33 ans, ce qui est évidemment impossible.

                    Il faut toujours repasser derrière vous pour dénoncer vos mensonges. D’ailleurs, il y en a tellement que c’est impossible.


                  • marmor 22 février 15:10

                    J’ai sorti mes deux filles du public, car il y avait pas mal de problèmes culturels, pour ne pas dire cultuels. J’ai tenté des les inscrire dans une école juive, impossible, nous ne sommes pas juifs, même démarche dans une école coranique, ( qui ressemble et rassemble beaucoup au public ) impossible, nous ne sommes pas musulmans. J’ai donc choisi l’enseignement catholique privé, mais quelle ne fût pas ma surprise quand je me suis rendu compte qu’il y avait nombre de musulmans parmi les élèves, et qui pratiquent le ramadan, ce qui implique quelques restrictions alimentaires entre autre. Alors je me pose des questions… Je me pose aussi des questions sur la compétence et l’experience de certains enseignants. Alors on est un peu perdu, et très nostalgique de l’époque où on pouvait porter le respect de la compétence à nos professeurs, dans une école laïque, gratuite, et égalitaire.


                    • bernard29 bernard29 22 février 16:14

                      le paragraphe qui a retenu mon attention est celui qui commence par « tout cela est très joli en théorie »,

                      dans lequel vous dites en intro ; « L’école, telle qu’elle existe aujourd’hui, forme assez mal les élèves à la citoyenneté.  » Eh oui , il suffit de constater les dérives des civilités aujourd’hui, et je crois oui que l’école, donc les professeurs, a sa part à prendre dans cette déliquescence. Vous êtes en partie responsable et ce n’est pas faute de moyens pour cette éducation.

                      Ensuite vous dites ; « Je suis persuadé, pour ma part, qu’il faudrait une véritable réforme de l’école, une transformation en profondeur et qui ferait l’objet d’un long débat public. »  mais, mon cher Monsieur, vous aviez pléthore de syndicats et d’organisations professionnelles et cette crise que vous signalez ne date pas d’aujourd’hui. Alors qu’est-ce que vous avez proposé, avez fait pour influer sur les réformes à part demander une augmentation du point d’indice. En plus vous même, vous n’êtes pas syndiqué. Depuis 50 ans , vous vous plaigniez, !!! Vous multipliez les grèves ou arrêts de travail, et rien de construit n’est jamais sorti de vos analyses approximatives, ou bidons. 

                      Prenez vos responsabilités et ce n’est pas la peine de venir demander des augmentations de salaires.

                      Si vous voulez un débat public, travaillez d’abord entre vous et faites des propositions construites et on en discutera, si elles valent le coup.


                      • pipiou 22 février 16:50

                        Je suis professeur également et je suis vraiment lassé que les enseignants fassent de la politique en permanence.

                        Plutôt que vous préoccuper de la France entière, de vous associer à tous les combats, pour les salariés, pour les institutions, contre le capitalisme, contre ci contre ça...

                        Commencez par vous préoccuper de votre établissements et de vos élèves.

                        Bref agissez sur le réel qui est juste devant votre nez au lieu de faire de l’ideologie improductive.

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Jordi Grau

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