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Lettre ouverte à Vincent Cespedes, penseur « philosophiquement incorrect »

Monsieur Cespedes,

 

Vous avez écrit il y a peu un article incroyablement méprisant à l’égard de ma profession, celle des professeurs de philosophie en classe terminale. Paru dans le Huffington Post, il s’intitule : Ma "méthode voyoute" pour viser le 15/20 au bac de philo en manipulant votre correcteur. Ce texte n’est pas seulement insultant à l’égard de mes collègues et de moi-même : il rend un mauvais service aux élèves de terminale, en leur faisant croire qu’il est facile d’obtenir un 15/20 en philosophie.

Je trouve cela d’autant plus dommage qu’il y a des choses justes dans votre article. Comme vous, je suis convaincu que l’enseignement de la philosophie s’insère dans un système éducatif profondément inique, qui contribue à perpétuer l’ordre social bourgeois en le légitimant. Seulement, la présentation que vous en faites est tellement caricaturale qu’elle risque fort d’être contreproductive. Au lieu d’inciter la profession à se mettre en question, vous allez probablement renforcer ses réflexes conservateurs et corporatistes. Alors que nous sommes nombreux à avoir de la sympathie pour vos idées, votre agressivité nous invite à vous considérer comme un ennemi. Avouez que c’est un peu ballot.

J’aimerais maintenant me livrer à une critique un peu plus précise et argumentée de votre article. Il serait trop long de tout reprendre point par point toutes vos affirmations. Je me contenterai de commenter quelques passages significatifs.

«  Un exercice de pure rhétorique. Quatre ridicules petites heures à faire semblant de répondre à des questions qui n'ont trouvé aucune réponse définitive en plus de deux mille ans de philosophie, tout cela pour encourager la jeunesse à singer la norme : le bla-bla superbement stérile des fils de bourgeois cultivés. Enfin, les pires écarts de notation entre correcteurs sur une même copie (1). »

 « Pure rhétorique » que la dissertation de philosophie ? Je vous invite à assister à quelques uns de mes cours de philo en terminale pour vous convaincre du contraire. Vous verrez que j’incite constamment mes élèves à bien définir les notions en jeu et à construire à partir de là une argumentation cohérente. Faire de la pure rhétorique, c’est jouer sur les émotions de ses lecteurs (ou de ses auditeurs) au lieu de faire appel à leur raison. C’est construire de belles phrases qui sonnent bien, et non des raisonnements solides. Bien entendu, les deux choses ne sont pas nécessairement opposées. Pour ma part, j’encourage régulièrement mes élèves à soigner la qualité de leur expression. Mais si je le fais, c’est d’abord pour que les aider à mieux penser et à faire comprendre leur pensée. En aucun cas je ne sacrifie la rigueur du concept à des formules brillantes. Bien entendu, je ne prétends pas obtenir des résultats extraordinaires avec mes classes. Ce que je leur demande est très exigeant, et même les meilleurs élèves n’y arrivent pas toujours. Mais l’enseignement que je leur dispense est très loin de se réduire à un cours de rhétorique.

Vous me direz peut-être que je suis une exception dans ma profession. Honnêtement, je ne le pense pas, d’après les discussions que j’ai pu avoir avec mes collègues.

J’ajouterai que la dissertation philosophique – malgré tous les défauts de cet exercice – est l’occasion de faire un travail indispensable en philosophie : la mise en question des préjugés. Pour faire une dissertation de philosophie réussie, il faut au minimum avoir pris conscience que l’opinion à laquelle on adhère n’est pas si évidente qu’elle y paraît, et que ceux qui ne la partagent pas ne sont pas nécessairement des imbéciles. C’est peu, me direz-vous. Oui, j’en conviens. Ce n’est pas encore faire de la haute philosophie que de pratiquer ce genre d’exercice. Mais ce n’est pas rien du tout. Je ne sais pas si vous avez jamais enseigné la philosophie en lycée, mais si vous l’avez fait, vous devez savoir que cette mise en question n’est pas si facile qu’elle en a l’air. Si tou(te)s mes élèves, à la fin de l’année scolaire, avaient un peu progressé dans cette voie, je saurais que je n’aurais pas perdu mon temps.

Ensuite, écrire qu’on ne peut prétendre résoudre en quatre heures des problèmes philosophiques sur lesquels on réfléchit parfois depuis des siècles, c’est enfoncer une porte ouverte. Prenez-vous les professeurs de philosophie pour des imbéciles ? Pensez-vous que nous allons essayer de faire croire à nos élèves qu’ils vont trouver le Saint Graal en quatre heures ? En ce qui me concerne, j’explique toujours qu’il ne s’agit pas de trouver la solution définitive. La conclusion n’est là que pour présenter les résultats provisoires d’une recherche intellectuelle qui pourrait se poursuivre toute une vie.

Quant au « bla-bla superbement stérile des fils de bourgeois cultivés », je vous trouve bien dur. Qu’il y ait beaucoup de médiocrité dans la bourgeoisie, cela va de soi. Mais il y a aussi, parfois, des idées passionnantes et fécondes. Sans doute y a-t-il eu des esprits brillants et originaux dans les classes populaires, mais le système social leur a rarement permis de coucher leurs idées dans des livres. Si vous passez en revue les plus grands écrivains et penseurs de la civilisation occidentale, vous verrez qu’ils appartenaient pour la plupart aux classes dominantes de la société : aristocratie ou bourgeoisie. Cela vaut même pour des révolutionnaires comme Marx (un fils de bourgeois) ou encore Bakounine et Kropotkine, issus tous deux de la noblesse russe. Bien entendu, ce serait rendre un mauvais service aux élèves issus des catégories populaires que de les inciter à « singer » la manière de parler et de penser de la bourgeoisie. Mais on peut les aider à s’approprier cette culture bourgeoise dans ce qu’elle a de meilleur, et notamment lorsqu’elle contient des éléments permettant de mettre en question l’ordre établi. C’est ce que je m’efforce de faire, non sans mal, avec tous mes élèves. La vraie justice sociale, ce n’est pas de cracher sur la culture bourgeoise, mais de faire en sorte que tout le monde puisse y accéder. Bourdieu explique cela très bien dans ses Méditations pascaliennes.

Pour ce qui est des écarts de notation entre les correcteurs, c’est un réel problème. Je crois qu’il faudrait des études très sérieuses et récentes pour en mesurer l’importance (celle à laquelle vous renvoyez date de 1962). Il faudrait également une formation sérieuse des professeurs de philosophie (mais cela vaut aussi pour d’autres disciplines) de manière à ce que cet écart s’amenuise. Cela étant dit, je me demande si vous êtes parfaitement cohérent en parlant de ce problème. Car si les copies de bac sont notées d’une manière si subjective que vous le dites, cela a-t-il un sens de donner aux candidat(e)s une méthode grâce à laquelle ils peuvent espérer avoir au moins 15/20 au bac ? Si une telle méthode est possible, cela veut bien dire qu’il y a des critères précis auxquels la majorité des correcteurs et des correctrices se réfèrent, non ?

« Le bac philo est certainement le plus grand bluff que la ségrégation scolaire se paie (au prix fort) pour s'invisibiliser. Un bac philo pour faire diversion ; une messe nationale pour maintenir l'illusion d'une unité. On tenta de le réformer plusieurs fois ; on dut renoncer à chaque fois devant la levée de boucliers. La philo pour tous les bacheliers : la meilleure publicité pour masquer leur sélection en amont et le creusement des inégalités. Voilà pourquoi le système éducatif le perpétue quelle que soit la majorité au pouvoir, à grands renforts d'hymne à la démocratie, à grands roulements de tambour gallocentrés. »

Il y a beaucoup de vrai dans ces quelques phrases. Oui, l’éducation nationale est une grande machine à sélectionner les « élites » et à envoyer les enfants des classes populaires dans des filières méprisées, avec au bout du chemin de durs métiers mal payés ou le chômage de longue durée. Oui, l’éducation nationale contribue à renforcer les inégalités sociales au lieu de les atténuer. Il suffit pour s’en convaincre de lire Les héritiers de Bourdieu et Passeron ou, plus près de nous, Le destin au berceau du sociologue Camille Peugny. Et, même si cela me fait mal de l’écrire, il me faut bien admettre que l’épreuve de philo au bac est pour quelque chose dans cette reproduction sociale. Oui, tout cela est vrai. Seulement, une fois qu’on a dit cela, on ne sait pas encore ce qu’il faut faire de la dissertation de philo. Moi, je veux bien qu’on la remplace par un autre type d’épreuve, qui permettrait davantage aux candidat(e)s de déployer leur intelligence, leur créativité et leur esprit critique. Seulement, il y a fort à parier que les fils et filles de bourgeois, là encore, auront de meilleurs résultats que les enfants de prolétaires. Pourquoi ? Mais parce qu’ils auront plus de vocabulaire, plus de culture générale, plus d’aisance à écrire ou à parler (à supposer que l’épreuve écrite soit remplacée par un oral), toutes choses qui peuvent aider à comprendre un problème philosophique et à construire à partir de là un raisonnement cohérent et bien présenté. Supposons à l’inverse qu’il y ait une profonde démocratisation de l’éducation nationale et que les inégalités culturelles des élèves soient drastiquement réduites dès l’école primaire, voire dès la maternelle. Alors, automatiquement, le « bac philo » cesserait d’être le scandale que vous dénoncez. On pourrait même, pourquoi pas, continuer de permettre aux candidat(e)s de choisir la dissertation, car je maintiens qu’elle peut être autre chose qu’un exercice de pure rhétorique pour enfants de bourgeois.

« Il s'agit en réalité d'imposer le "philosophiquement correct" aux yeux des Français, cette neutralisation du débat d'idées inventif et constructif. Le message sous-jacent est clair : "La pensée critique ne sert à rien, vous devez uniquement vous contenter de faire semblant de penser et de critiquer !". Si l'on ne présente pas la philosophie comme une discipline consensuelle, elle risque d'apparaître sous son vrai jour : une discipline révolutionnaire. En momifiant la philosophie grâce au philosophiquement correct, on en fait un enfantillage érudit, sous les applaudissements des élites qui décident de notre École. Youpi. » 

Que les copies de bac ne soient pas nécessairement inventives et constructives, c’est certain. Que le système scolaire dans son ensemble ne favorise guère l’invention et l’esprit critique, c’est également vrai. Reste que des espaces de liberté sont malgré tout possibles dans les classes de philosophie. Malgré le corsetage institutionnel (programme à respecter, préparation aux épreuves du bac….), il est possible de parler de tous les sujets avec les élèves et de tout critiquer, y compris l’éducation nationale. Je ne suis pas sûr, M. Cespedes, que vous ayez toujours la même liberté dans les lieux où vous intervenez. Pouvez-vous vous permettre une critique radicale des médias dominants lorsque vous êtes invité dans des émissions de télévision ? Après avoir vu Pas vu pas pris de Pierre Carles, après avoir lu les articles de l’association Acrimed, je suis plutôt sceptique là-dessus. Pouvez-vous faire une critique radicale du capitalisme lors de vos conférences organisées par le Medef, Nestlé, la BNP, la Société Générale ou HSBC ? Là encore, j’ai des doutes, comme disait Raymond Devos dans un sketch célèbre.

Ce qui est sûr, c’est que la salle de classe est un lieu où je peux mettre en question un certain nombre de préjugés sur lesquels l’ordre établi est fondé. Pour ce faire, je m’aide d’ailleurs souvent des analyses d’un certain Vincent Cespedes, dont j'apprécie la critique du pseudo-concept de "race", découverte il y a quelques années sur le site d’Acrimed.

Est-ce à dire que tous les professeurs de philosophie s’efforcent d’aider leurs élèves à critiquer l’ordre établi ? Non, certainement pas. Même les plus grands philosophes ont été dans une large mesure contaminés par les préjugés de leur temps. Et dans une époque comme la nôtre, si conservatrice et réactionnaire, il est inévitable que la pensée des gens soit pétrie de préjugés conservateurs et réactionnaires, y compris celle des personnes qui sont censées aider la jeunesse à se libérer de tout préjugé. Comme disait un célèbre penseur il y a 170 ans, les idées dominantes d'une époque sont toujours les idées de la classe dominante. Il n'empêche : une réelle pensée critique est possible en classe de terminale, malgré tous les obstacles sociaux, psychologiques et institutionnels qui gênent son déploiement.

« Revenons au bac philo du 18 juin. Comment briser cette vitrine du philosophiquement correct tout en s'assurant une note en or ? Que faire contre cette arnaque organisée ? Ma réponse tient en trois mots : "Arnaquer l'arnaque". Autrement dit, considérer l'épreuve du bac philo pour ce qu'elle est (un exercice de pure rhétorique) et non pour ce qu'elle prétend être (un exercice de liberté intellectuelle, une apothéose éducative préparant à la citoyenneté éclairée). Si le but n'est pas de réfléchir, mais de briller, autant s'armer de bling-bling efficace pour réussir un "casse" philosophiquement correct. Se prendre non pour Socrate, mais pour Arsène Lupin.

La bonne méthode doit être "voyoute" : entrer dans le cerveau du correcteur et lui donner ce qu'il espère depuis qu'il a entamé son paquet de 147 copies : la confirmation éblouissante que son métier en vaut vraiment la peine, et qu'au moins un élève (de fait, le plus "voyou" de tous) a tout capté. Objectif minimal : viser le 15/20 en manipulant son correcteur. Ci-dessous, voici un résumé de cette méthode éprouvée, et qui a déjà fait des miracles ces dernières années. » 

 

 

"Méthode voyoute" © Vincent Cespedes

 

Voilà donc ce que nous sommes, nous, les profs de philo : des arnaqueurs. Seulement, comme nous sommes très cons (tout le contraire de vous, M. Cespedes), nous allons nous laisser manipuler par de petits « voyous » formés en 8 heures par vos bons soins, et nous imaginer en lisant leurs copies « voyoutes » que nous faisons autre chose qu’un métier de merde. Bon. Soyons tout de même un peu sérieux, M. Cespedes. À défaut de respecter ma misérable profession, respectez au moins les élèves à qui vous vous adressez. Ne leur donnez pas de faux espoirs ! Si la dissertation de philosophie est un pur exercice de rhétorique, comme vous le pensez, croyez-vous que n’importe quel(le) candidat(e) puisse espérer avoir un 15/20 après quelques heures de travail ? Non, Monsieur. Les as de la rhétorique, ce sont ces enfants de bourgeois dont vous parliez plus haut dans votre article. Ce sont eux qui connaissent bien les règles de la grammaire, ont un vocabulaire riche, des références culturelles variées et de bon aloi, savent construire des phrases cohérentes et relier ces phrases par les bons mots de liaison. Tout cela ne s’acquiert pas en quelques heures. Par ailleurs, je note que votre méthode recommande aux candidat(e)s de « bien argumenter » durant la rédaction. Or, comme je l’expliquais plus haut, il y a une grande différence entre la rhétorique et l’art de bien raisonner. Votre discours manque un peu de cohérence, me semble-t-il… Si j’étais méchant, j’irais jusqu’à dire que vous faites de la pure rhétorique.

Et puisqu’il est question de méchanceté, j’aimerais terminer cette lettre par une petite pique empoisonnée. In cauda venenum, comme disaient jadis les fils de bourgeois. Je vous préviens, ça risque de ne pas vous plaire… Mais vu la manière dont vous traitez ma profession, je me dis que c’est de bonne guerre. Voilà. Pour écrire cette lettre ouverte, je suis allé sur le site qui vous est consacré. Pour un chef d’œuvre, c’est un chef d’œuvre ! On dirait qu’un(e) de vos fans – tel l’empereur Shâh Jahân dédiant le Taj Mahal à son épouse favorite – a voulu édifier un monument à la gloire de Vincent Cespedes, « philosophe, écrivain, conférencier, compositeur ». Et quand je dis « fans », je prends ce terme en son sens premier, car il y a vraiment du fanatisme dans ces quelques pages. En témoigne, par exemple, cette phrase glanée dans la page « média » : « Intellectuel majeur du XXIe siècle, Vincent Cespedes est régulièrement invité à s’exprimer dans les médias. » Votre site, on dirait un tract du parti communiste datant de 1950, mais où le nom de Staline aurait été systématiquement remplacé par le vôtre. Malheureusement, quelques indices me font penser que le fan en question n’est autre que vous-même. Vanité bien ordonnée commence par soi-même.

 Plus drôle – ou plus inquiétante, selon l’humeur avec laquelle on prend la chose – la liste des entreprises ou d’organisations qui vous ont « fait confiance », c’est-à-dire qui vous ont invité à donner une conférence. Permettez que je montre cette liste à toutes les personnes qui sont en train de lire cette lettre ouverte. Pour l’avoir en entier, il m’a fallu faire deux captures d’écran, au bas de la page d’accueil de votre site. C’est dire si elle est impressionnante.

Ceux qui ont fait confiance à Vincent Cespedes (1) © Vincent Cespedes

 
Ceux qui ont fait confiance à Vincent Cespedes (2) © Vincent Cespedes

 

Dans cette liste, on peut remarquer l’abondance d’organisations hautement subversives comme le ministère de la défense, l'ambassade des États-Unis d'Amérique ou le Medef. On notera aussi la présence d’entreprises qui œuvrent à la construction d’un monde plus juste, plus humain, plus écologique, comme Orange, Nestlé, BNP Paribas, la Société générale, HSBC. Enfin, je ne doute pas que vous ridiculisiez le bla-bla superbement stérile des fils de bourgeois lors des meetings révolutionnaires organisés par Azzaro, Lancôme ou Thierry Mugler. Croyez bien que j'admire votre courage. Oser s'acoquiner ainsi avec les enragés de l'ultragauche, c'est quelque chose dont je suis pour ma part incapable. N'est pas politiquement incorrect qui veut.


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23 réactions à cet article    


  • Zolko Zolko 16 juin 17:37

    Personnellement, j’ai eu entre 5 et 7 en philo toute l’année, et au bac j’ai eu 14. Tout ce que la prof enseignait étaient des citations littérales de « philosophes » mais sans jamais faire « de la philosophie ». Comprenez-vous la différence ?
     
    "Au lieu d’inciter la profession à se mettre en question, vous allez probablement renforcer ses réflexes conservateurs et corporatistes"
     
    bingo : vous ne faites pas de la philosophie. Platon vous aurait fusillé pour dire une phrase pareil. Les philosophes Grecs se nommaient eux-même des cyniques : pensez-vous qu’un cynique aurait un réflexe corporatiste comme vous, là ? Vous êtes un sophiste, que les philosophes ont toujours combattu.
     
    C.Q.F.D.


    • Jordi Grau Jordi Grau 16 juin 18:12

      @Zolko

      Bonjour.

      Comme votre commentaire est assez court, je pense que je vais pouvoir y répondre point par point.

      Personnellement, j’ai eu entre 5 et 7 en philo toute l’année, et au bac j’ai eu 14. Tout ce que la prof enseignait étaient des citations littérales de « philosophes » mais sans jamais faire « de la philosophie ». Comprenez-vous la différence ?

      Si ce que vous dites est vrai - et je ne vois pas de raison d’en douter - votre prof de philo était paresseuse ou incompétente. Oui, les mauvais profs de philo, cela existe ! Je n’ai jamais dit le contraire. Et si vous avez eu 14, c’est probablement que vous avez montré que vous saviez écrire un bon français, comprendre un sujet et construire un raisonnement. Si vous ne l’avez pas appris en cours de philo, probablement que vous deviez avoir dès avant la terminale une certaine culture générale qui vous préparait à faire une dissertation de philosophie convenable.

      "Au lieu d’inciter la profession à se mettre en question, vous allez probablement renforcer ses réflexes conservateurs et corporatistes"
       
      bingo : vous ne faites pas de la philosophie. Platon vous aurait fusillé pour dire une phrase pareil. Les philosophes Grecs se nommaient eux-même des cyniques : pensez-vous qu’un cynique aurait un réflexe corporatiste comme vous, là ? Vous êtes un sophiste, que les philosophes ont toujours combattu

      Je pense que Platon ne m’aurait pas fusillé, et ce pour trois raisons. D’abord (mais c’est anecdotique) parce qu’il n’y avait pas de fusil à l’époque. Ensuite, parce qu’une telle violence n’est pas digne d’un philosophe. Socrate ou Platon discute avec les sophistes, il les réfute, il ne les « fusille » pas. Enfin et surtout, je ne vois pas en quoi je suis un sophiste. Je crois que vous m’avez mal lu. Où ai-je écrit que moi, J. Grau, j’avais des réflexes corporatistes ? Si vous avez lu mon article jusqu’au bout, vous verrez que j’ai un certain recul vis-à-vis de l’éducation nationale, et vis-à-vis de ma profession en général. Ce dont je parle, c’est des réflexes corporatistes de la profession en général. Toute profession a tendance à faire corps lorsqu’elle se sent attaquée, et celle des profs de philo ne fait pas exception à la règle.

      Vous me direz que ce n’est pas très philosophique, et vous avez sans doute raison. Mais ignorez-vous que les êtres humains sont pétris de contradictions ? On peut avoir, à certains moments, une pensée philosophique, et puis oublier ses bonnes habitudes de penser dès qu’on se sent menacé. Il en va de même pour un médecin : même s’il sait très bien que l’alcool et le tabac sont nuisibles au-delà d’une petite quantité, il n’est pas toujours suffisamment raisonnable pour mettre en pratique son savoir. Platon lui-même parle de ce genre de distinction : il y a le médecin en tant que médecin, qui a forcément le souci de la santé humaine, et le médecin en tant qu’être humain, qui peut être en contradiction avec son propre savoir.

      Dernier point (mais c’est vraiment un détail) : tous les philosophes de la Grèce antique n’étaient pas des cyniques, il s’en faut de beaucoup ! Platon et ses disciples, par exemple, n’en étaient pas.


    • Zolko Zolko 17 juin 01:59

      @Jordi Grau : « Comme votre commentaire est assez court, je pense que je vais pouvoir y répondre point par point. »
       
      Principe Sophiste : ne pas s’intéresser aux idées, mais à l’expression (à la rhétorique) des idées. C’est primitif. C’est vraiment ce que vous enseignez en cours de philo ? Ce qu’on vous demande – à vous les philosophes – n’est pas de réfuter ou de confirmer des points de détail, mais d’avoir une vue d’ensemble.
       
      Je vous laisse une 2ième chance :
       
      ...


    • Zolko Zolko 17 juin 02:21

      @Jordi Grau  : « Toute profession a tendance à faire corps lorsqu’elle se sent attaquée »
       
      une telle généralisation appelle des preuves : sources ? Mais non, il s’agit d’un syndicalisme bidon, et vous devriez être viré comme prof de philo.


    • Jordi Grau Jordi Grau 17 juin 12:07

      @Zolko

      Quelle violence, décidément ! Ce serait intéressant de comprendre pourquoi... Je peux comprendre que vous ayez de la rancœur vis-à-vis de votre prof de philo, mais je ne suis pas elle. J’ai l’impression que vous tombez dans le travers que vous me prêtez : la généralisation abusive.

      Quant à mes propos sur les tendances corporatistes inhérentes à chaque profession, j’avoue que je n’ai pas de preuve à ce sujet et qu’il s’agit peut-être d’une généralisation risquée. Mais il y a tout de même un raisonnement là-derrière et qui n’a rien à voir avec un quelconque syndicalisme (où allez-vous chercher tout ça ?). Mon raisonnement, c’est que des liens se créent entre personnes ayant une même profession, malgré tous les conflits ou les rivalités qui peuvent exister entre elles. Il est en effet plus facile de s’identifier à quelqu’un qui fait le même métier, parce qu’on a beaucoup de choses en commun avec lui. Par ailleurs, une profession c’est aussi un gagne-pain. Si quelqu’un attaque votre profession en disant qu’elle est inutile, voire nuisible, il se met spontanément à avoir peur. Il se dit (plus ou moins consciemment) : si tout le monde se met à penser ainsi, je vais me retrouver au chômage (ce qui, dans notre société, signifie non seulement moins d’argent, mais aussi moins de considération, voire une stigmatisation très dure à supporter). Bref, il est assez logique que toutes les professions oublient leurs conflits internes quand elles se sentent attaquées et qu’elles cherchent à se défendre par un réflexe corporatiste. Je ne prétends pas que mon argumentation soit une démonstration, mais vous ne pouvez pas la balayer d’un revers de la main.


    • Jordi Grau Jordi Grau 17 juin 12:12

      @Zolko

      En disant que votre commentaire était assez court, je ne faisais aucune critique !

      Ensuite, je ne vois pas en quoi je ne me suis pas intéressé à vos idées. Au contraire, j’ai essayé de répondre à chacune d’entre elles du mieux que j’ai pu. Maintenant, il est vrai que je me suis un peu amusé à vous taquiner sur des détails (sur le fusil de Platon, par exemple), mais pour le reste, mais objections étaient tout à fait sérieuses. Franchement, j’ai l’impression que vous manquez d’humour et que vous cherchez à tout prix à avoir raison. Est-ce vraiment moi, le sophiste, dans cette histoire ?


    • Zolko Zolko 16 juin 17:42

      « la liste des entreprises ou d’organisations qui vous ont fait confiance »
       
      aaaaahhhh, la culpabilité par association, un signe infaillible d’une grande pensée philosophique. Je me demande ce que Nietsche ou Descartes auraient pensé de votre tentative de terrorisme intellectuel.


      • Jordi Grau Jordi Grau 16 juin 18:26

        @Zolko

        « Terrorisme intellectuel » ! Comme vous y allez ! Contrairement à M. Cespedes, philosophe hautement médiatique, je n’ai pratiquement aucune notoriété. Mes articles sur AgoraVox sont lus, au mieux, par quelques milliers de personnes, et celui-ci paraît bien parti pour être un bide total. Si quelqu’un a les moyens de terroriser l’esprit des autres, c’est bien M. Cespedes, pas moi.

        Ensuite, ce n’est pas moi qui associe M. Cespedes à des entreprises, institutions, organisations comme le Medef, le ministère de la défense, l’ambassade des USA, ainsi que plusieurs multinationales hautement malfaisantes comme la BNP : c’est lui-même qui s’en vante dans son site. Il est fier de donner des conférences dans tous ces lieux de pouvoir. Vous me direz qu’il en a le droit. Certes, mais alors qu’il n’aille pas prétendre qu’il incarne une philosophie « révolutionnaire » et qu’il méprise le « bla-bla superbement stérile des fils de bourgeois cultivés ». M. Cespedes est un philosophe parfaitement installé en plein cœur du système bourgeois, et s’il faisait peur aux oligarchies politiques, financières et médiatiques, il ne serait pas régulièrement invité par celles-ci à dispenser sa bonne parole. Et c’est ce monsieur qui prétend donner de leçons aux professeurs de philosophie, et stigmatiser la philosophie des copies de bac en la présentant comme une pensée faussement critique. Franchement, c’est le capital qui se moque de la charité !


      • Zolko Zolko 17 juin 02:07

        @Jordi Grau : "Ensuite, ce n’est pas moi qui associe M. Cespedes à des entreprises, institutions, organisations comme le Medef, le ministère de la défense, l’ambassade des USA, ainsi que plusieurs multinationales hautement malfaisantes"
         
        donc ce n’était pas une erreur : vous maintenez votre accusation de culpabilité par association. Et vous donnez des cours de philo à l’école publique. Et ensuite, vous venez pleurnicher ici. ... dingue, je ne pensais pas que ça pouvait exister.


      • Jordi Grau Jordi Grau 17 juin 12:18

        @Zolko

        M. Cespedes est surtout coupable d’une grande incohérence. D’un côté, il se présente comme un philosophe révolutionnaire, de l’autre il reconnaît lui-même qu’il travaille pour des organisations qui sont au cœur du système capitaliste actuel. C’était juste cette contradiction que je voulais mettre en lumière, ni plus ni moins. Ce faisant, j’avoue que je me suis bien amusé. Comme quoi je ne passe pas mon temps à « pleurnicher ». Bon, je vous laisse à votre haine et à votre rancœur. Sachez que je ne vous en veux absolument pas pour votre agressivité. J’imagine que ça n’a pas dû être drôle de subir de mauvais cours de philo et des mauvaises notes durant toute une année scolaire.


      • Macondo Macondo 16 juin 18:56

        Bonjour. Réponse superbement affutée, outil parfaitement équilibré, tir parfait, vent nul, la cible devrait être atteinte ...


        • Jason Jason 17 juin 11:22

          @Macondo 


          Vous devriez ajouter : température adéquate, télémétrie parfaite, ordinateur de bord optimum. Site et azimut corrects. Fire one, fire two !

        • Macondo Macondo 17 juin 13:27

          @Jason ... C’est mieux en effet. Mais c’est surtout une affaire de « spécialité » ... Un mécano des Auxiliaires Arrières.


        • Arthur Gohin 16 juin 19:47

          Ces disputes entre philosophes, cela me fait doucement rigoler. Je considère depuis fort longtemps que la philosophie est l’art de raisonner sur du vide. 

          Et dire que nos impôts entretiennent ces gens-là.

          • Jordi Grau Jordi Grau 16 juin 23:21

            @Arthur Gohin

            C’est votre opinion, et bien entendu personne ne peut vous empêcher de la diffuser. Vous n’êtes d’ailleurs pas seul à le penser. Seulement cette opinion est - au moins en partie - inexacte. Elle pourrait se défendre, à la rigueur, pour les livres de philosophie qui traitent de problèmes très abstraits (du genre : Qu’est-ce que l’être ? Qu’est-ce que la vérité ?). Mais les philosophes s’intéressent aussi à des choses très concrètes - comme les inégalités sociales, par exemple, ou les catastrophes écologiques. Ils ne parlent donc pas sur du vide, mais sur le monde réel. Parfois, d’ailleurs, leurs discours peuvent avoir un impact non négligeable sur le monde réel. Les penseurs des lumières (Voltaire, Rousseau, Diderot...) et leurs prédécesseurs immédiats (Spinoza, Locke...) ont eu une influence politique importante aux 18ème et au 19ème siècle. Ils ont contribué à affaiblir le poids des Églises et à mettre en question la légitimité des pouvoirs politiques de leur temps. Ce n’est pas rien. Et ce travail de mise en question n’est pas terminé, loin de là.


          • Macondo Macondo 17 juin 10:23

            @Jordi Grau ... Bonjour. Béotien n’ayant jamais reçu le moindre enseignement philosophique, j’ai retenu une formulation que j’estime quasi-religieusement : "Qui parle ? D’où parle-t-il ?" ... Elle fait mon bonheur depuis des décennies, mieux, elle optimise le remplissage des sacs gris foncés avec des liens jaunes à descendre tous les trois jours. Puis-je obtenir de votre part, en quelques mots, d’en savoir un peu plus au sujet de cette maxime universelle, renvoyant élus, gens des médias, grands dirigeants d’entreprises, à leur si « chères » études ? Merci.


          • Jordi Grau Jordi Grau 17 juin 11:58

            @Macondo

            Bonjour Macondo. J’avoue que, sur ce sujet, je suis presque aussi béotien que vous. Je crois savoir que ces questions étaient très présentes dans les années 60 et 70. Peut-être sont-elles inspirées par Nietzsche. Elles sont très utiles pour déceler les arrière-pensées qui sont souvent présentes dans les discours des gens de pouvoir (ou, d’un point de vue nietzschéen, chez ceux qui sont au contraire dominés). Par exemple, il est utile de savoir pour qui travaillent les « experts » en économie qu’on voit régulièrement à la télé et qui cherchent à nous persuader que les « réformes » visant à casser les protections sociales et les services publics sont « nécessaires ». Souvent, on s’aperçoit que ces gens ne sont pas seulement professeurs d’université, mais qu’ils travaillent pour des banques ou autres entreprises financières. Cf. à ce sujet le film Les nouveaux chiens de garde.

            Cela dit, le fait que quelqu’un occupe une position dominante (ou travaille pour les dominants) ne fait pas nécessairement de lui un menteur. J’en veux pour preuve le cas (il est vrai exceptionnel) du multimilliardaire Warren Buffett qui disait, il y a une dizaine d’années : « La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui la mène, et nous sommes en train de la gagner ».


          • Macondo Macondo 17 juin 13:13

            @Jordi Grau. Merci. Un rappel des années 60 et 70 me va toujours droit aux tripes. Vous me confirmez bien l’utilité du concept pour décoder nos actualités. Comme, ce Nord-Coréen ciblé comme un véritable Gadaffi par tous nos médias depuis dix piges, devenu « Kim » depuis qu’il a serré la louche du clown du nouveau monde. Laissant supposer, via cette double question si utile, l’adoubement de ce paria dans le monde sacré des gros contrats juteux. Concernant la célèbre dédicace de Buffet, lui appliquant à nouveau le double questionnement, j’en conclue : qu’il fasse son coming-out sur l’habitude qu’il a (avec sa clique) de pratiquer le cannibalisme, n’en fait pas forcément un être plus vertueux. C’est dommage, mais ça marche à tous les coups. Ayant retravaillé un peu le brillant concept, j’ai ajouté une troisième question à ce filtre des vertus : le type en question, est-il déjà passé au moins trois fois à la télé ? Supposant depuis des lustres qu’en ce cas, sa « mise en examen » (novlangue officielle du code pénal, signifiant « inculpation »), à seul titre préventif et par le plus honnête des principes de précaution, serait forcément une avancée sociale ...


          • yapadekkoaqba yapadekkoaqba 17 juin 08:43
            La philo c’est un débat sur un sujet qu’on analyse jusqu’à l’absurde et non le copier-coller des citations des philosophes apprises par cœur.
            Au bac on devrait avoir des sujets contemporains de la vie pratique...exemple : que pensez-vous de la limitation à 80kmh ? On verrait alors la capacité argumentaire et le bagage culturel du candidat.
            Mieux ! Que le candidat choisisse son propre sujet !
            Mais alors il faudrait que les correcteurs aient les capacités de traiter les copies…..

            • Jordi Grau Jordi Grau 17 juin 11:45

              @yapadekkoaqba

              Vaste débat que vous lancez là ! Merci en tout cas pour ces suggestions, car il y a effectivement un problème, bien souvent, dans les sujets proposés aux candidates et candidats. Soit ces sujets sont très proches de ce qui aura été vu en cours, et alors le danger c’est que les candidat(e)s se contentent de reproduire ce qu’ils auront appris par cœur. Soit ces sujets n’ont rien à voir avec une question de cours, et alors le danger c’est qu’ils soient mal compris, ou que les candidat(e)s ne savent pas comment faire pour utiliser leur cours de manière pertinente. J’avoue que c’est un réel problème et que je n’ai pas encore trouvé de solution parfaitement satisfaisante.

              Quant aux solutions que vous proposez, elles sont intéressantes mais ne vont pas de soi. Partir d’un exemple très précis, comme la limitation à 80 km/h, pourquoi pas ? Mais le danger, c’est alors que les candidats en restent juste au niveau de cet exemple et n’élargissent pas leur réflexion à un débat plus vaste sur les rapports complexes entre la loi, la liberté et la sécurité. Proposer aux candidates et aux candidats de choisir eux-mêmes leur sujet ? Dans l’absolu, je suis pour. Il m’arrive d’ailleurs de le faire durant l’année scolaire. Il faudrait cependant veiller à ce que les candidats et candidates ne se contentent pas d’apprendre par cœur à l’avance un sujet qu’ils n’auront pas réellement choisi.


            • Jason Jason 17 juin 11:13

              Votre article est très convaincant et a le mérite de dévoiler les soutiens de ce larbin sycophante de service.


              Vous avez bien du courage de vouloir confondre ce cuistre soutenu par de grands groupes pour répandre des bouts d’idées iconoclastes. Ce monsieur est très à la mode, c’est ce qui compte.

              Parmi ces idées, celle qui consiste à dire que l’éducation n’est jamais à la hauteur pour satisfaire les ambitions du capitalisme prédateur, a le vent en poupe. Car pour l’entreprise, la formation n’est jamais suffisante, et surtout ne doit jamais rien coûter, car selon la bonne vieille philosophie : on empoche, les populations paient. Et ce selon les lois du commerce et la pseudo-science économique, très éloignées des considérations philosophiques. C’est élémentaire et c’est gratuit. Alors, haro sur le baudet.

              Laquelle de ces entreprises voudrait offrir un cours de philosophie ? Les inscriptions sont ouvertes. Chiche...

              • Jordi Grau Jordi Grau 17 juin 11:49

                @Jason

                Merci pour ce commentaire, même si je trouve que vous êtes un peu trop dur vis-à-vis de ce pauvre Cespedes. Je ne suis pas sûr en effet que son article ait été inspiré par le Medef ou une autre de ces organisations qui l’invitent de temps en temps. Je crois surtout que M. Cespedes a été motivé à la fois par une indignation légitime (il y a effectivement des choses à critiquer dans le bac et dans l’éducation nationale) et par une vanité démesurée et source d’aveuglement.


              • Jason Jason 17 juin 12:43

                @Jordi Grau


                Oui, vous avez sans doute raison. Selon la maxime : Nul n’est méchant volontairement.

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