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Libertaires aux USA

Le mot libertaire est utilisé différemment aux États-Unis et en France (ou en Europe en général). En Europe, quand on est libertaire, on est de gauche ; aux États-Unis, on est de droite.

Pour le résumer le plus simplement du monde, le libertarisme est une doctrine qui considère l’État, le pouvoir, comme l’ennemi de la liberté, surtout individuelle.

Il faut d’abord dire que le concept même du libertarisme ne fait pas partie du discours commun de la vie politique en France. C’est surtout un associé à la gauche anarchiste. Au XIXe siècle, le terme était beaucoup plus utilisé. À l’époque, l’État était typiquement l’allié, voire la marionnette, de la noblesse et de l’aristocratie. Les forces de la gauche, de ceux qui défendaient le peuple, se trouvaient presque toujours harcelées par l’État et les agents de l’État. Que ce soit à travers la police ou par les lois, l’État protégeait les riches.

Il est bien entendu que c’est encore le cas : l’État - surtout aux États-Unis - est la marionnette des riches. Mais la révolution démocratique et les progrès socialistes du XIXe siècle ont aussi créé la possibilité de l’État providence. Avec les caisses de retraites, la sécurité sociale et tant d’autres mesures « révolutionnaires » comme l’éducation publique gratuite et obligatoire, l’État, au XXe siècle, a joué un rôle nouveau et inédit.

L’extrême-gauche - surtout les anarchistes - restent méfiants à l’égard de tout pouvoir étatique ; les socialistes et même les communistes - contrairement à ce que Marx pensait - se sont mis du côté de l’État. Marx considérait l’État comme une des puissances de la vieille Europe, menaçant les travailleurs.

Aux États-Unis, le royaume capitaliste, le mouvement du libertarisme est fascinant. Au XIXe siècle, et même au début du XXe siècle, un bon nombre de gens d’extrême-gauche et des syndicalistes sont encore présents sur la scène politique. Mais avec Franklin Roosevelt, le New Deal - en un mot, la socialisation des forces du marché et de la main d’œuvre - une partie de la droite américaine est devenue libertaire. Elle considère - encore aujourd’hui - l’État comme l’ennemi du progrès et du capital.

Ce sont presque tous des républicains, et haineusement, ils ont accusé les démocrates, surtout Clinton, d’avoir « agrandi » l’État. Ils préfèrent un État minimaliste, petit, inefficace - l’État idéal serait l’État à l’heure de Katrina - s’occupant de sécuriser les bien privés - la vision de John Locke, le grand philosophe que les Américains auraient aimé avoir.

Les libertaires américains détestent tout aide publique aux pauvres ; ils méprisent le secteur public ; ils considèrent l’impôt comme du vol. Ils veulent qu’on les laisse en paix. George Bush était libertaire. C’est une vision très texane, très cowboy. Seul, dans le désert, l’homme qui lutte, sans l’aide de personne.

Bush avait promis de réduire la taille et la puissance de l’État. Une fois au pouvoir, tout a changé.

On dit que c’est le onze septembre ; il ne faut pas être dupe. Les libertaires américains mettent en avant ce concept gauchiste nébuleux, et l’utilisent pour appauvrir le peuple, rendre toute distribution sociale ou économique impossible, mais quand il s’agit d’une optimisation de leurs biens, ils sont tous en faveur de l’État.

Ceux qui prétendaient détester un État puissant et grand sont les mêmes qui supportent Bush, qui a créé Homeland Security - une agence incompétente orwellienne. On vient d’apprendre que Homeland Security interroge des élèves de la fac qui - par intérêt et pour la recherche - lisent des textes « dangereux » comme Le petit livre rouge de Mao.

L’hypocrisie des républicains continue à ce sujet :

Ce dernier point est vraiment fascinant ; encore plus fascinante est la réaction des républicains. Au lieu de rester fidèles - pour une fois - à des principes, ils défendent Bush ! (Alors que le pays est en général sous le choc, dégoûté par ces pratiques, Bill Kristol, une marionnette de la droite, nous a dit aujourd’hui, à la télé, chez Fox News, que non seulement Bush a raison, mais que si Clinton avait fait de même - violer des lois et les libertés civiques - on aurait pu empêcher le onze septembre.

Oui. C’est cela.


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16 réactions à cet article    


  • Albert LI (---.---.130.210) 19 décembre 2005 13:38

    Les gens dont vous parlez aux USA sont des libertariens pas des libertaires.

    En Français, libertarien se traduit par libéral classique.


    • sta 19 décembre 2005 15:28

      Je vous remercie pour votre commentaire sur mon article. Je comprends tout à fait ce que vous dites mais il me semble que le concept du libéralisme classique ne convient pas pour expliquer ce phénomène. Quand on regarde les penseurs classiques auxquels les « libertarians » aux Etats-Unis référent, on voit bien à quel point les choses sont compliquées. Seul l’institut Cato, que j’ai brièvement mentionné dans mon article, essaie de faire la distinction que vous présentez.

      Pour le dire le plus clairement possible, je suggère qu’il faudrait distinguer l’économique du politique. La pensée du dix-neuvième siècle était un mélange des deux ; aujourd’hui il faudrait les distinguer. C’est quand l’état a commencé à protéger les droit économiques des pauvres que les gauchistes ont changé d’avis. Je maintiens que les grandes figures du dix-neuvième siècle, qui était contre le pouvoir de l’état, auraient changé d’avis aujourd’hui.

      Encore une fois, merci pour vos remarques. J’essaierai de mieux montrer ces nuances la prochaine fois.


      • Albert LI (---.---.130.210) 19 décembre 2005 17:52

        Sur ce sujet, je vous conseille ce lien en particulier :

        http://www.quebecoislibre.org/991204-2.htm

        Et le site du QL en général.


      • Neuromancer (---.---.25.218) 19 décembre 2005 19:46

        Je ne comprends pas ce travestissement de « libertarien », ou « libertaire », puisqu’il s’agit purement et simplement de libéralisme. Wikipedia a d’ailleurs un article très interessant sur le libéralisme. J’avoue que ça a détruit nombre de mes préjugés. On oublie trop souvent que le libéralisme englobait toute la pensée européenne, qu’elle soit politique ou économique. C’était un corpus théorique destiné à expliquer comment les sociétés pouvaient parvenir au bonheur. Le libéralisme classique nous a donné les droits de l’homme, quasiment toute sa théorie est basée sur les droits naturels, c’est à dire les droits inhérents à toute existence humaine. Il a permis l’avènement de la démocratie. On confond trop souvent le libéralisme, avec ses avatars économiques, qui ont donné naissance à la société de consommation, c’est à dire l’exploitation industrielle des désirs humains. Allez voir l’article de Wikipedia, vraiment, c’est passionnant !!

        Et puis l’antiaméricanisme ambiant de la France me fait vomir.


        • Stefan Metzeler (---.---.154.241) 20 décembre 2005 01:52

          Quand on ne connaît RIEN d’un sujet, on ferait bien de s’abstenir de le commenter, à fortiori sous Yahoo ! Actualités.

          C’est quoi ce cirque ? Je n’aurais jamais imaginé qu’un pareil texte bourré de fautes graves, d’interprétations fallacieuses, de nonsense pur puisse se retrouver classé « journalisme » et être publié avec l’appui d’une rédaction.

          Je suis personnellement Suisse et Libertarien ou, pour être exact, Anarcho-Capitaliste - ce qui n’est pas du tout la même chose que Libertaire.

          Un Libertaire est quelqu’un aux moeurs très libres, surtout dans le domaine sexuel. Un Libertarien peut ou non être Libertaire, les deux ne sont pas liés, mais ne sont pas exclusifs.

          La plus grosse erreur de l’auteur de cet article très mal recherché, c’est de vouloir placer les Libertariens sur l’axe gauche - droite, qui n’a jamais eu de sens. L’esprit humain n’est pas monodimensionnel. « Gauche - Droite » ne correspond à RIEN.

          S’il faut schématiser, le stricte minimum sont 2 axes : l’un représentant la recherche de la liberté individuelle et l’autre, la liberté économique. Mettez ce schéma sur la pointe, avec le zéro des deux axes tout en bas et vous avez le diagramme de Nolan.

          Sur ce schéma, les Nazi et les communistes se retrouvent tous deux dans le même coin : ils ne veulent pas accorder la moindre liberté aux autres.

          Les Libertariens se trouvent diamétralement à l’opposé, puisqu’ils sont prêts à accorder la liberté individuelle ET économique à toute personne qui est prête à en faire autant.

          A gauche se trouvent les sociaux-démocrates, qui veulent un contrôle de l’économie, mais la liberté individuelle et à droite, les conservateurs qui veulent plus de liberté économique, mais avec un contrôle des règles morales.

          Les Libertariens ont forcément des idées en commun avec les deux. Ils se retrouvent dans la défense de la liberté sexuelle, la libéralisation des drogues, l’opposition à la surveillance par l’état etc. ensemble avec les sociaux-démocrates, mais ils sont plus près des conservateurs en matière économique, en souhaitant des impôts bas (voire leur abolition pure et simple).

          A l’intérieur même des Libertariens, il y a de très nombreuses tendances, du minarchisme à l’anarchie. Notez que l’idée d’une « anarchie de gauche », c.à.d. sans droit de propriété est un contresens complet : pour empêcher l’existence de la propriété privée, il faudrait un appareil étatique massivement répressif. Comme disait Proudhon, la propriété, c’est la liberté !

          Les idées libertariennes ne sont pas du tout un produit Américain. En fait, de très nombreux penseurs Français ont été de véritables pionniers. Citons Bastiat, Turgod, Molinari et bien d’autres, malheureusement complètement ignorés en France, puisque leurs idées sont diamétralement opposées au centralisme et à l’absolutisme du pouvoir politique.

          L’idée de la liberté n’a donc rien à voir avec le « cow-boy seul dans sa prairie » - cliché débile - mais c’est une philosophie ancienne qui remonte jusqu’à Lao Tsu, le fondateur du Tao. C’était le premier penseur à avoir formulé l’essentiel des idées Libertariennes et ces idées ne s’appliquent surtout pas à l’individu solitaire, mais tout au contraire à la société dans son ensemble.

          Quand on est seul, la liberté n’a pas de sens. Ce n’est que quand on vit en société qu’il devient important d’avoir des mécanismes de résolution des conflits, qui surviennent impérativement. La réponse libertarienne est celle de la non-agression, c.à.d. la seule chose qui est interdite, c’est d’initier l’utilisation de la force contre la personne et les biens d’une autre personne.

          C’est loin d’être une idée simpliste, contrairement à l’idée de l’Etat providence, comme Bastiat l’avait si bien formulé : "L’Etat, c’est cette grande illusion par laquelle chacun espère vivre aux frais des autres. En fait, l’idée libérale est la seule à tenir compte de la complexité extrême de la vie en société. Plutôt que de fournir un système, elle fournit un META-SYSTEME. Les solutions retenues à n’importe quel moment peuvent varier radicalement, la seule chose qui compte est le consentement volontaire des membres de la société ou - le cas échéant - leur droit de quitter une société où ils se sentent plus chez eux.

          Puisque la seule contrainte est le volontariat, une société communiste à l’intérieur d’une société libérale est tout à fait possible, si tous les membres sont libres d’adhérer ou non.

          Voilà en deux mots une rectification, qui n’est qu’un petit aperçu de la pensée libertarienne, qui n’est donc ni spécifiquement Américaine, ni simpliste !

          Je conseille donc vivement la lecture des grands auteurs Français à toutes les personnes qui se rendent compte que l’Etat providence est en train de s’effondrer après même pas 3 générations et qui cherchent un modèle alternatif, qui n’a rien d’asocial. Contrairement à l’idée propagée par l’auteur de l’article, les Libertariens ne sont pas contre la charité, ils reconnaissent simplement que l’Etat gaspille 60 à 90% de toute aide charitable et qu’on pourrait faire bien mieux. Nuance !

          A mon avis, c’est asocial d’aider un système qui détruit à ce point la richesse de la nation et qui appauvrit tellement de personnes. Quand les ressources sont mal utilisées, ce sont forcément les plus faibles qui en souffrent en premier, par définition (s’ils n’en souffrent pas en premier, c’est qu’ils ne sont pas faibles QED.

          En conclusion, je vous demande de rechercher un peu mieux vos articles et de ne pas publier n’importe quoi ou vous risquez de ne plus avoir la moindre crédibilité, du moins si Yahoo ! Actualités est sensé être une source d’informations et non pas une source de propagande.


          • sta 20 décembre 2005 04:17

            En général, je préfère ne pas me lancer dans un débat dont le ton est belligérant. Que Stefan Metzeler trouve que mon article est un « cirque » est sont droit ; qu’il pense que mon argument n’a aucun sens est plus important. J’aimerais clarifier quelques points importants.

            Premièrement, cet article est écrit aux Etats-Unis, dans le contexte politique d’ici, qui est bien différent de la Suisse. Dans mon blog, j’avais d’ailleurs choisi le mot vidange dans le titre de mon article, pour insister que le concept employé comme il l’est aux USA n’a plus aucun sens que l’on pourrait retracer dans la tradition de la philosophie politique traditionnelle. Donc, je ne dis pas que cette définition employée aux USA est la bonne ; je la trouve perverse, hybride et mensongère car elle est utilisée de travers. Que M. Metzeler ne soit pas d’accord avec cette approche ne me dérange pas ; mais c’est un point de vue recherché et appuyé. Axe gauche droit : la méfiance envers l’état était un phénomène de gauche ; maintenant il ne l’est pas. J’enseigne la philosophie politique et qu’importe la colère de M. Metzeler, ce fait reste incontestable. Je prierai M. Metzeler de lire la correspondance entre Marx et Bakounine pour voir un exemple de ce débat. On pourrait aussi contraster la philosophie politique de John Stuart Mill avec son éthique et l’on observerait la même tension. Les philosophes de gauches s’inquiétaient du pouvoir collectif. Aujourd’hui, les penseurs de la droite américaine cite les mêmes philosophes - y compris Diderot le libertin - pour un but vraiment différent.

            L’acidité de la réponse de M. Metzeler n’est pas ce qu’il y a de plus désirable dans une conversation politique mais s’il préfère m’attaquer avec véhémence, j’aurais préféré que cette idée - et non pas toute l’histoire de la pensée libérale ou libertarian - en soit la cible. Ceci dit, la différence de mon point de vue avec M. Metzeler concerne l’origine de la confiance à l’individu. Encore une fois, sans vouloir dérober M. Metzeler de sa colère, il y a une autre façon de voir cette question.

            Une pensée qui accorde beaucoup d’importance à la liberté individuelle et économique n’est plus vraiment tenable aujourd’hui à l’occident, sauf si l’on accepte le system capitaliste américain en premier. Lao Tsu certainement revendique une sorte d’autonomie ; ce qui m’intéresse est de voir qui la revendique aujourd’hui. A part le milieu académique et religieux où on lit avec plaisir Lao Tsu, le taôisme se vend très bien aux USA car la majorité des gens qui ont perdu un sens d’autonomie y trouve un refuge. Cette aliénation profonde est due, d’après par la droite américaine à l’état de providence.

            L’image de Cowboy que j’ai mentionné présuppose en effet une société ; je n’ai jamais nié le contraire. Je dis simplement que la droite américaine utilise une image étrange de la liberté individuelle sous le nom « libertarianism » ; c’est une image infidèle à ses origines. C’est devenu une arme politique que l’on utilise pour cesser tout aide aux pauvres ; mais le concept même est trahi des que les intérêts de la classe puissante sont en jeu - l’intérêt des gens qui ont fétichisé la liberté individuelle car ils peuvent se le permettre. Tout ca pour dire que je suis encore surpris que je suis accusé de diffuser de la propagande. Je ne comprends vraiment pas cette accusation. Je suis navré que M. Metzeler trouve que j’emploie des « clichés débiles », je suis certain qu’il n’aura pas gâché son temps à lire mes articles à l’avenir. S’il choisit de les lire, je le prierai de comprendre le contexte et la thèse.


            • Sylvain Reboul (---.---.47.244) 20 décembre 2005 10:47

              Si un certain courant libertarien qu’il ne faut pas confondre avec les libertaires anarchistes qui sont plutôt égalitaristes est récupéré par la droite inégalitariste en droit et en fait, les libéraux aux USA sont plus égalitaristes et ne séparent pas la liberté politique et culturelle de la réduction dces inégalités économiques ; il sont socio-démocrates ou socio-libéraux dans le sillage de John Stuart-Mill.

              L’anti-libéralisme étatiste à la française n’est qu’une variante du social-nationalisme, comme l’ont montré le débat et surtout les arguments de ceux qui « à gauche »(?) ont milité pour le non au référendum sur le TCE, très proches de ceux utilisés par de Villiers et Marine Le Pen.

              Que vous puissiez affirmer qu’aujourd’hui Marx serait étatiste me paraît pour le moins imprudent et tendancieux , sauf à confondre la socialisation des moyens de production avec leur étatisation en forme de dictature à la mode soviétique. L’état est toujours pour Marx un pouvoir de domination d’une classe sur une autre et l’on sait ce qu’il est advenu de la dictature du prolétariat... D’autre part Marx, grand lecteur d’A.Smith, rend toujours hommage à la puissance dynamique et libératrice de l’économie de marché concurrentielle, laquelle ne doit pas être confondue avec l’économie monopoliste financière despostique et avec la politque de Bush que l’on peut qualifier de protectioniste et de marcantiliste (grands adversaires d’A.Smith).

              J’ai tout à fait conscience que ces distinctions bousculent les certitudes idéologiques d’un certain discours anti-libéral à la française, mais un tel discours engage dans une voie dont on sait que, depuis l’effondrement des ex-pays de l’Est, mais sans vouloir en tirer toutes les conséquences, elle est une impasse politique catastrophique

              Les origines et les enjeux de la pensée libérale


            • Emile Red (---.---.81.33) 20 décembre 2005 13:17

              Quel fatras d’inepties qu’elles viennent de Suisse ou d’Amérique.

              Il faut arréter de débiter de telles aneries sur ce terme “Libertarien”.

              Une invention bourgeoise pour camoufler les déviances libertines d’une catégorie de libéraux à qui la morale conventionnelle ne convient pas.

              Ils se sont affublés d’un mot vide de sens, cherchant le frisson des barricades (de loin), ils n’ont rien cru de moins que de faire partie d’une mouvance de gauche.

              Les Turgot et autre Molinari sont les exemples caricaturaux de l’ultra-libéralisme et on voudrait nous les présenter comme des libertariens libertaires, quel non sens d’associer ces deux mots, surtout au profit de l’absolu contraire de l’essence Libertaire.

              Libertaire (souvent associé à communiste -en référence à la proximité théorique de Marx et Proudhon- : communiste-libertaire) signifie partisan de l’ Anarchie.

              La confusion faite, par notre ami Helvète, entre communisme et nazisme ne manque pas de nous interroger dans la compréhension et la connaissance qu’il a du communisme qu’il confond je suppose avec stalinisme.

              Il est insupportable de mélanger le comportement de nantis grivois avec les combats, souvent mortels, menés durant des décénnies au nom de la philosophie libertaire.

              Pardonnez ma cécité mais je n’ai guère vu de drapeau “libertarien” lors de l’invention du syndicalisme ouvrier (CGT), non plus durant la guerre d’Espagne, et s’il en existe un du Dieu dollar il doit être barré.

              Faire dire à P.J. Proudhon : « Comme disait Proudhon, la propriété, c’est la liberté » revient à corrompre la pensée anarchiste d’une bien triste manière (Proudhon écrivait : « la propriété, c’est le vol » cf Wikipédia)

              L’obscurantisme se prévalant de théoriciens autant emblématiques qu’opposés que sont Proudhon ou Lao Tseu, démontre le besoin d’alibi afin de proner une idéologie fantasmagorique.

              Réduire les idées Libertaires à un brouillamini sexuel prouve l’inconsistance du propos et la méconnaissance d’auteurs russes tels Kropotkine, Bakounine ou américain telle May Piqueray, Emma Goldman.

              L’ambiguité dans l’utilisation des termes corrobore cet état d’inpudence théoricienne : individualisme/individualité

              Je suis outré de ces amalgames qui voudraient, pour se donner bonne conscience, accaparer et dénaturer des symboliques historiques et philosophiques dans le but de défendre cette pseudo-théorie racoleuse qu’est le libéralisme à la sauce porno du samedi soir.


              • (---.---.10.176) 25 décembre 2005 14:14

                « P.J. Proudhon : « Comme disait Proudhon, la propriété, c’est la liberté » revient à corrompre la pensée anarchiste d’une bien triste manière (Proudhon écrivait : « la propriété, c’est le vol »

                Encore un ignare de l’oeuvre de Proudhon qui ne connaît pas ses ouvrages sur la propriété et contre le principe de l’impôt. La phrase que vous citez de proudhon a té maintes fois reniée par lui jusqu’à la contredire définitivement dans son livre de 1862 « Théorie de la propriété ». Que l’âne baté auteur de telles outrecuidances contre la vérité ose en plus qualifier Marx et Proudhon de proches est révélateur de son inanité intellectuelle et de l’ampleur de son ignorance scientifique. Tant de méconnaissance profonde de l’oeuvre de Proudhon, de Molinari, de Turgot (ultralibéral, on dirait Mel Brooks sous acide !) est typique de l’indigence théorique pseudo-universitaire franchouille ou francoconnarde. Bref, un bel exemple de sous-pensée bien conformiste. Je conseille plutôt à ceux qui s’intéresse à la pensée anarchiste, la vraie, de s’éloigner de ces petits bolchos récupérateurs, futurs larbins des massacres de Cronstadt et de se frotter à des auteurs comme Spenscer, Stirner, Molinari ou Bellegarrigue.


              • (---.---.16.34) 20 décembre 2005 16:56

                C’est article est un ramassis d’anti américanisme primaire. C’est navrant.


                • Sylvio (---.---.20.130) 20 décembre 2005 18:55

                  Il ne faut pas confondre être anti-américain et contre le gouvernement actuel des états-unis.

                  Peux-tu développer un peu plus ton commentaire, c’est tellement facile de stigmatiser sans rien apporter de contructif.


                • sta 20 décembre 2005 20:22

                  Merci, Sylvio, pour cette question. Je viens d’essayer de parler de la même chose sur mon site. Je suis loin d’être antiaméricain ; d’ailleurs je ne trouve pas que c’est un concept intéressant. Il y a plusieurs Amériques...le but de mes articles est de montrer comment justement on voit ces nuances ici aux Etats-Unis.


                  • (---.---.10.176) 25 décembre 2005 14:21

                    Dans cet article ce qui était surtout gênant c’était d’assimiler Bush et les libertarians. Là, pour le coup, c’était du « tout faux ».


                  • Xavier Collet (---.---.73.167) 22 avril 2006 22:04

                    En réalité le terme Libertarien est largement utilisé sur la net sphère, on le trouvera sur le site du mouvement réel libertarien en France dont les principes et les prises de position se trouvent sur ce site. Attention, gauchos sensibles s’abstenir


                    • Stefan Metzeler (---.---.163.105) 25 avril 2006 19:08

                      Tiens, la discussion a continué. Venant de rentrer d’un nouveau voyage des Etats Unis, je sens le besoin de continuer la critique - acerbe - de cet article d’anti-Américanisme à la Française.

                      Je ne commentais pas la situation en Suisse mais bien celle en Amérique et c’est justement au niveau factuel concernant l’Amérique que l’auteur a tort sur toute la ligne.

                      Je connais et je fréquente les Libertariens Américains, y compris ceux de l’Institut Cato, d’ISIL, de l’Institut Mises etc. et ils ne diffèrent pas de la vision libertarienne Européenne, Asiatique ou Africaine. On est Libertarien ou on ne l’est pas et qu’on soit minarchiste ou anarcho-capitaliste, certains principes fondamentaux de l’a pensée libérale sont universels.

                      Vous enseignez la science politique ? Quelle horreur ! Dans ce cas, je suppose que je suis qualifié pour enseigner les mathématiques supérieures à l’université parce que j’ai vaguement entendu parler de topologie.

                      Passons sur les ignares qui n’ont jamais dépassé le stade de Proudhon l’adolescent et qui n’ont pas suivi son évolution intellectuelle, l’erreur a déjà été signalée. Proudhon a eu de fréquentes discussions avec Bastiat et s’est laissé convaincre de l’importance de la propriété privée, un signe d’intelligence. Sans droits de propriété claire, c’est le chaos et donc la misère. Passons aussi sur ceux qui pensent qu’il y a une différence significative entre les National Socialistes et les Communistes - tous deux radicalement anti-capitalistes et anti-libéraux. Pour ceux qui en douteraient, allez lire quelques discours d’Hitler, faciles à trouver sur le Web, qui auraient une place d’honneur à n’importe quelle réunion d’anti-mondialistes communistes.

                      Revenons-en aux réalités de l’Amérique moderne. Fort malheureusement, elle est très, très loin d’être un pays aussi capitaliste qu’on voudrait le faire croire en France. C’est un pays certes infiniment plus libre et plus riche que la France où les gens sont aimables, où on a encore beaucoup de liberté et les jeunes ont un avenir. Mais c’est aussi un pays avec un gouvernement fédéral avec bien trop de pouvoirs, des lois souvent absurdes et liberticides et une affreuse culture du « politiquement correct ». Il y a des subsides pour des tas de choses, des écoles publiques aux résultats catastrophiques et au syndicat bien gauchiste le plus puissant du pays. Il y a 10 millions de lois aux 3 niveaux de l’Etat - autant que dans l’UE - dont par exemple 20’000 concernant les armes, qui sont souvent strictement réglementées.

                      Les discours de la gauche Française, on les retrouve chez la gauche Américaine, quoique la gauche Américaine serait majoritairement considérée « de droite » en France. Par rapport à la Suisse, la droite Française serait à peu près au niveau du parti Socialiste). De « droite » est donc un concept très flou.

                      La droite Américaine n’a pas vraiment d’équivalent en France et encore moins les libéraux qui s’appellent « libertariens » justement parce que le terme « libéral » a été récupéré par la gauche. Il n’y a pas de force politique libérale en France - il y a des penseurs et des individus libéraux, même des balbutiements d’organisations, mais le concept même d’une pensée réellement libérale - et donc ni de droite, ni de gauche - est encore tellement inconnu qu’un Français en Amérique est incapable de la reconnaître et cherche donc de l’associer avec la droite, un concept qu’il croit comprendre, même si ça fonctionne de manière totalement différente.

                      De l’idée qu’il y a une gauche et une droite et qu’on peut aligner toutes les idées politiques sur cet axe viennent énormément des erreurs de certaines analyses. Vouloir appuyer cette séparation arbitraire en cherchant à calquer des penseurs du passé sur ce schéma est absurde. Que « la gauche » du 19ème était contre l’Etat ne veut rien dire. Il faut demander pour chaque penseur s’il était pour ou contre les libertés individuelles et économiques pour lee situer dans l’univers politique. Il s’avère alors qu’énormément de penseurs revendiqués par la gauche étaient réellement des libéraux qui auraient été horrifiées à l’idée que l’Etat s’occupe de l’éducation ou de la charité.

                      Est-ce que les libéraux (libertariens) Américains étaient pour Bush ? Non, en réalité ils auraient préféré 1000x un président Libéral (au moins 2 candidats libertariens authentiques étaient sur les listes), pas un conservateur aux idées religieuses et sociales complètement arriérées et aux idées économiques mercantilistes et Keynésiennes. Mais ils avaient encore moins envie de se retrouver avec un Socialo Caviar à la Kerry. Tout appuy pour Bush est donc simplement la défense du moindre mal, mais absolument pas un appuy à la politique de Bush au niveau économique ou politique.

                      Comme disait Ambrose Bierce : « Un président est une personne membre d’un petit groupe appelé ‘candidats’ dont on sait avec certitude que des millions de personnes ne voulaient pas leur accorder de pouvoir ». Pour l’immense majorité des gens, un vote n’approuve pas d’un candidat mais cherche à barrer la route au candidat opposé. Ce n’est même pas le choix du moindre mal, mais le rejet d’un grand mal. Tirer des conclusions sur la mentalité des habitants d’un pays à partir d’un choix électoral est encore absurde.

                      N’oublions pas que Chirac n’avait obtenu que 19% des voix, 81% ne voulaient donc pas de lui, pourtant il a été réélu avec un score quasiment soviétique simplement sur la base du rejet de son adversaire. Et ce sont les Français qui feraient la morale aux Américains en matière d’élection démocratique ???

                      Quant aux positions libertariennes, il suffirait de lire les sites Web de leurs organisations, p.ex. www.lp.org (le parti libertarien), www.mises.org (Economie Autrichienne), www.capmag.com (Randien), www.self-gov.org et même www.minaret.org, une organisation de Musulmans Libertariens pour connaître la position politique des Libertariens, qui disent exactement en quoi ils approuvent ou désapprouvent la politique de Bush. Ils opposent férocement son « Homeland security », ses dépenses exorbitantes ses règles morales, son opposition à l’avortement et approuvent de sa défense du droit d’être armé, de ses baisses d’impôts (bien trop faibles) etc.

                      Est-ce trop demandé quand on fait de la « recherche » d’aller au moins voir l’avis des concernés ?

                      Si vous aviez réellement fait une recherche utile, vous auriez constaté que dans le parlement fédéral, il y a un seul authentique libéral - Ron Paul. Lui, oui, il représente la pensée libertarienne américaine et ça n’a rien à voir avec ce que vous dites. Il est officiellement membre du parti républicain, mais il a voté quasiment systématiquement contre son parti et Bush tout en votant également contre les Démocrates, ce qu’il a parfaitement le droit de faire. En Europe, il se serait probablement déjà largement fait éjecter...

                      Les positions libérales sont très claires et tranchées et n’ont rien en commun avec des cow-boys texans ou des supporters du big business. En fait, les libéraux se préoccupent tout à fait de la pauvreté, de la mauvaise éducation, de l’oppression politique. L’analyse libérale des maux de la société est tout simplement totalement différente de celle de la gauche - ce n’est pas parce que l’état fait trop peu, mais parce qu’il fait déjà beaucoup trop qu’il y a chômage, crime et conflits.

                      Faut dire que le plus frustrant, c’est de rentrer des US et de se retrouver en Europe - dans mon cas en Belgique, pour quelques jours - de voir à nouveau des gens frustrés qui tirent la gueule au lieu des gens aimables et dynamiques que j’ai vu en Amérique. De me faire arnaquer par le premier chauffeur de taxi venu qui fait un détour pour tirer 12 EUR de plus etc. Au moins je vais bientôt rentrer en Suisse où il y a encore un peu de bon sens et pas la même misère, mais déjà bien trop de cette horrible pensée socialiste qui détruit la société comme un poison lent mais sûr.

                      Est-ce que les idées pro-capitalistes et pro-libérales sur le modèle des Libertariens Américains peuvent se défendre en Europe ? ABSOLUMENT ! Je le fais depuis 1991 et si à l’époque, nous n’étions que quelques dizaines de personnes en Suisse à être d’authentiques libéraux, à présent nous avons même un conseiller fédéral dont les idées ont été fortement influencées par l’Institut Libéral de Zurich (et donc indirectement par moi) et nos idées commencent à être connues - souvent, elles deviennent même des points de référence. Nous avons donc déjà obtenu une grande victoire - le « centre » s’est clairement déplacé !

                      Dans les anciens pays communistes, les idées libertariennes sont déjà fortement ancrées - la majorité des gens sont naturellement anti-socialistes et anti-étatistes à force d’avoir connu le véritable socialisme. Vaclav Claus, président de la Slovaquie, est un authentique adhérant de l’économie Autrichienne (donc Mises et co) qu’il a déjà cité publiquement. Le nouveau gouvernement Polonais a été élu sur des idées radicalement libérales et pro-capitalistes. (C’est peut-être pour ça que les Français n’aiment pas les plombiers Polonais...)

                      Dans l’UE, ces idées font tranquillement leur chemin, en Allemagne par exemple avec un mensuel 100% libéral qui existe et progresse depuis déjà 9 ans - www.ef-magazin.de. La France est le seul pays de l’OCDE où une majorité de personnes pensent encore du mal du Capitalisme et s’illusionnent sur les succès du socialisme. Et c’est aussi le pays qui se décompose le plus vite, où la misère règne et qui est proche de la guerre civile... c’est fou avec quelle consistance le socialisme sème le chaos.

                      Heureusement qu’il y a toujours l’anti-Américanisme pour se consoler de la gloire perdue...


                      • STA (---.---.125.192) 25 avril 2006 20:27

                        La discussion peut en effet continuer mais comme je l’avais déjà signalé la dernière fois dans ma réponse à Stefan Metzeler, je ne vais pas m’occuper de la violence rhétorique et les attaques dirigées non pas contre mes idées mais contre ma personne.

                        Il y a des choses que j’ai déjà expliquées, comme l’idée d’anti-américanisme. C’est superficiel et ce n’est pas la peine de continuer le débat. (voir ma note d’en haut)

                        Certes les membres du parti libertarien sont en colère et détestent Homeland Security. Mais mon article était sur les républicains au pouvoir. Vous me demandez : « Est-ce trop demandé quand on fait de la « recherche » d’aller au moins voir l’avis des concernés ? Si vous aviez réellement fait une recherche utile, vous auriez constaté que dans le parlement fédéral, il y a un seul authentique libéral - Ron Paul. Lui, oui, il représente la pensée libertarienne américaine et ça n’a rien à voir avec ce que vous dites. » Je connais Ron Paul et c’est récemment que l’ai cité favorablement sur mon blog. (16 Avril 2006)

                        Est-ce que l’Europe devrait être plus capitaliste, c’est un autre débat. Je suis navré que le retour en Europe vous semble si désagréable et que les chauffeurs de taxis prennent des libertés avec votre argent. Mais apparemment vous savez vous défouler.

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