• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

Lutte des Schiappa, ou lutte des classes ?

 

 

 

« Un vrai travail, un vrai salaire » ???

 

Le « projet » du gouvernement Macron ?

 

 

Un « projet » pour la communication, et qu’il est bien évidemment incapable de réaliser, et surtout au sens prétendu de lutter contre la pauvreté !

 

__« Un vrai salaire », même au sens capitaliste du terme, cela signifie qu’un emploi par famille, couple avec enfants en bas âge et/ou en période scolaire, permet à cette famille de vivre décemment selon les critères sociaux de l’époque, permettant à la génération suivante de continuer dans des conditions au moins équivalentes.

Or ce n’est déjà plus le cas pour de nombreuses familles qui ne peuvent survivre, et souvent difficilement, sans l’apport d’au moins deux salaires…

La prétendue « égalité des sexes », tant prônée par Schiappa fille, c’est, actuellement, et même « à salaires égaux », une division par deux du niveau de vie du prolétariat en France, et non aucunement, un « progrès social ».

Tout son langage « communicant » sur le sujet n’est qu’une caution « décalée », « anticonformiste », en apparence, des reculs sociaux rendus inévitables par la crise systémique du capitalisme.

Sur ce seul point, c’est déjà ce qu’un marxiste a à dire…

 

__« Un vrai travail », cela veut dire une activité professionnelle réellement utile à la communauté, que ce soit en matière de production ou de services. Cela signifie que production et services sont organisés pour répondre aux besoins sociaux réels, et d’abord à ceux des travailleurs eux-mêmes et ceux de leurs familles.

L’utilité sociale est le critère d’un « vrai travail », et non le profit financier.

 

Sans profit financier, pas de salaire ?

Si production et services peuvent être organisés pour répondre à l’ensemble des besoins sociaux, la question réelle est donc bien celle de l’organisation des services et de la répartition, et non celle du profit financier.

Un équilibre entre production et besoins se passe précisément de profits au sens financier du terme.

La seule accumulation nécessaire est celle qui est suffisante pour le renouvellement et le développement, et qui n’a rien à voir avec l’accumulation du profit capitaliste. ( 1 )

C’est, là encore, ce qu’un marxiste a à dire, à propos d’un « vrai travail », objectif évidemment incompatible, donc, avec le capitalisme…

 

Alors que enfoncer une porte ouverte sur la signification « collective » de la phrase « de Marx, ou pas tout à fait », selon Schiappa père, c’est se payer de mots et donner, à bon compte, une prétendue « leçon de marxisme » !

 

__« L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », cela signifie, au delà de l’aspect évidemment collectif de leur organisation, que la transition pour sortir du capitalisme se fait précisément sur la base d’un échange d’équivalents entre travailleurs, en matière de produits et de services, en tenant compte des besoins collectifs de la société. C’est effectivement le sens d’un « vrai travail », émancipateur, et non pas exploité.

 

C’est le sens politiquement utile de cette phrase qu’un marxiste doit rappeler, et non pas simplement l’aspect collectif de l’action politique, qui est évidemment commun à tous les partis politiques, fussent-ils ultra-réactionnaires, et même sociaux-fascistes… !

 

Mais en fait de « marxiste », on a affaire ici, avec Schiappa père, à un trotskyste, dans la variété « lambertiste », et qui a en commun avec les autres d’être une forme à peine déguisée de réformisme. Son programme ( 2 ) a toutes les caractéristiques d’une sociale-démocratie « gauchisante » en termes de langage, et sociale-chauvine dans ses objectifs clairement exposés, avec, bien évidemment, l’habituelle et caricaturale ( 3 ) formule prétendument « marxiste » sur la « socialisation des moyens de production et d’échange », qui, dans la logique réformiste du « programme de transition » de Trotsky ( 4 ), se résume à leur « nationalisation » dans le cadre d’un capitalisme monopoliste d’État relooké, en réalité, en « socialisme de marché » ( 5 ), avec de nouvelles formes de collaboration de classe, pompeusement baptisées « contrôle ouvrier » !

 

Conclusion, entre un père « lambertiste » et sa fille « macroniste » il y a, à plusieurs titres, « match nul » ! Néanmoins, un tel « match » est révélateur de la dégénérescence de la classe politique française et de sa complaisance pour la régression sociale et culturelle voulue et orchestrée par le système, pour tenter de survivre à sa propre crise interne.

 

Luniterre

 

( 1 https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondament aux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/ )

 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/ )

 

( 2 POID-manifeste lambertiste )

 

( 3 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/29/un-demi-siecle-apres-mai-68-en-finir-avec-la-gauche-kollaborationniste/ 

 

« Le « gauchiste » moyen débat des éventuelles formes que pourrait prendre le pouvoir ouvrier, localement ou à l’échelle nationale, et même internationale, de ses formes plus ou moins démocratiques, conseil, syndicat ou autre, il discute doctement de savoir si elles correspondent ou non à la conception marxiste de la dictature du prolétariat, et même de savoir s’il faut conserver ou rejeter cette conception, mais il oublie que l’essentiel est dans le contenu social et économique du programme et non dans les formes.

Au mieux il a sa liste de « mesures » d’un réformisme plus ou moins démagogique ou « radical », genre « répartition des richesses » (… du capital), à la fin desquelles il glisse comme certificat final de « marxisme » une ou deux lignes sur la « socialisation des moyens de production », mais la finalité sociale de l’ensemble du processus de production n’y est jamais autrement définie ni remise en question. » )

 

( 4 Trotsky – programme de transition )

 

( 5 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53 )

 

*********************

 

ARTICLE SOURCE :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/16/lutte-des-schiappa-ou-lutte-des-classes/

 

****************************************************************

 

POUR MÉMOIRE, COPIES DES MESSAGES CITÉS :

 

 

 

 
 
 

***********************************************

 

 


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (4 votes)




Réagissez à l'article

11 réactions à cet article    


  • Milka Milka 18 juin 16:44

    Des Schiappa... ! Depuis quand un lambertiste fait passer ces intérêts de classe avant les intérêts de la classe ouvrière.... Non c’est juste une lutte endogame pour l’héritage du patrimoine familiale !


    • V_Parlier V_Parlier 19 juin 16:24

      @Milka

      Sacrée Marlène. Ca me fait penser à ce parallèle : Quand une banque, un opérateur (de téléphonie ou fournisseur d’électricité) ou encore une assurance insiste pour vous faire faire des économies, vous devinez que c’est pour vous plumer. Alors, quand des ministres vous racontent sans arrêt qu’ils vont rendre meilleure la vie des femmes, que faut-il en penser ? Et bien qu’elles auront la joie de travailler sur des chantiers ou de faire le ménage chez les bobos (ou prestations similaires du « service à la personne ») pour que la famille puisse survivre. Parce-que les « emplois d’avenir » c’est ça, y’a rien d’autre. Ainsi l’égalité homme-femme sera assurée. Elle est pas belle la vie ? Et que les méchantes réacs ne viennent pas râler, elles n’ont qu’à devenir LGBTQ+ et ne pas oublier (comme on nous le rappelle incessamment) qu’elles ont les IVG gratos(*), alors il ne faut pas faire les difficiles, hein ?!

      (*) Aucun rapport ? Pourtant dès qu’une féministo-machin-chose passe sur France Intox c’est l’un des sujets incontournables qui passent en premier. Comme le salaire ne se réglemente pas dans un pays néolibéral ouvert au mondialisme, l’utopie du « salaire égal » c’est de la pure com’ donc il faut trouver des autres trucs pour meubler. L’avortement en fait partie (comme si c’était un truc nouveau) et on y a droit à chaque fois.

    • cassini cassini 18 juin 22:03

      Un vrai salaire, un salaire juste et convenable serait celui qui suffit à lui seul à faire vivre décemment une famille selon les critères de décence de l’époque. 


      Cette définition du juste salaire est vieille comme le salariat mais est un vœu pieux qui n’a jamais été réalisé si l’on excepte le salaire des cadres supérieurs. 

      Il serait donc trompeur de laisser entendre qu’une famille moyenne/moyenne inférieure, a fortiori inférieure, ait jamais autrefois vécu de la sorte ; et donc tout à fait fantaisiste d’en déduire que si cela ne se voit pas de nos jours c’est que cela ne se voit plus, suggérant ainsi que cela s’est vu jadis et que par conséquent le niveau de vie a gravement chuté, du moins chez les non-chômeurs. 

      Quant à suggérer que l’incitation au travail féminin a pour but la division par deux des salaires, pourquoi pas ? Pour la physique on a le mage aux patates ; pour d’autres disciplines on a d’autres rédacteurs. 

      Cela dit, si cette discussion entre marxistes d’obédiences diverses intéresse les marxistes survivants, eh bien c’est déjà ça. 

      • Luniterre 18 juin 23:15

        @cassini


        "Il serait donc trompeur de laisser entendre qu’une famille moyenne/moyenne inférieure, a fortiori inférieure, ait jamais autrefois vécu de la sorte ; et donc tout à fait fantaisiste d’en déduire que si cela ne se voit pas de nos jours c’est que cela ne se voit plus, suggérant ainsi que cela s’est vu jadis et que par conséquent le niveau de vie a gravement chuté, du moins chez les non-chômeurs."

        On se demande bien quel âge ou quelle mémoire vous avez... !!

        En tant qu’ancien ouvrier chez Chrysler-France à Poissy, (aujourd’hui PSA), au tournant des années 70, je me souviens très bien que si le boulot était extrêmement dur, il y avait moyen, pour ceux qui s’y accrochaient, de se créer assez rapidement un petit patrimoine familial, en habitation principale et secondaire, ce qui est tout à fait impensable aujourd’hui, même sur plusieurs décennies.

        Luniterre

      • cassini cassini 18 juin 23:45

        @Luniterre


        pour ceux qui s’y accrochaient..........

        Si vous bossiez comme Bernard Busard, peut-être... 
        Un salaire ouvrier courant en 1970, c’était mille francs. Selon le site France Inflation, les prix de cette époque sont à multiplier par 7,16. Pour un résultat direct en euros, multiplier par 1,09. 
        Je ne sais rien mais je dirai tout, assez représentatif des revenus ouvriers d’alors en dépit du comique bouffon. 

        L’habitation, ça, c’est la grosse cata depuis cette époque. Mais globalement pour le reste, ou Simca payait mieux que Dassault, ou je ne sais pas qui a la moins bonne mémoire. 


      • Luniterre 19 juin 00:36

        @cassini



        Effectivement, le salaire, chez Simca-Chysler-France, était autour de 1600 francs dès l’embauche, et il montait assez vite, plus de 2000 francs, au bout d’un an ou deux, pour un ouvrier OP1.

        Luniterre

      • zygzornifle zygzornifle 19 juin 10:33

        @Luniterre


        Commencé en 1974 a l’Alstom OP1 a 1280 fr mais comme je ne picolais pas et ne rinçait pas la gueule au contremaître l’augmentation était très faible.....

      • V_Parlier V_Parlier 19 juin 11:34

        @cassini

        « L’habitation, ça, c’est la grosse cata depuis cette époque. »
        -> Mais justement, c’est ça qui change tout dans cette évaluation !
        Aujourd’hui un smicard n’a même pas le droit de louer (sans cautions de tiers) un logement dont le loyer dépasse 400 euros / mois. Autrement dit, il ne peut habiter que tout ce qui est loin des lieux de travail, et souvent par surcroît des zones de non-droit. Donc sur ce point je suis d’accord avec Luniterre (pourtant ce n’est pas toujours le cas). C’est bien pire, rien que pour ça déjà, et en plus du fait du marché de l’emploi qui l’amènera à la conclusion : « J’ai un boulot, c’est déjà ça ! »

      • bob14 19 juin 07:58
        Schia-ppa..au bon endroit..reste juste les odeurs des « bouffons » de la raie publique.. smiley

        • zygzornifle zygzornifle 19 juin 10:31

          « Un vrai travail, un vrai salaire » ???

           Un faux travail , un vrai salaire , demandez au couple Fillon ils vous expliqueront...

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Luniterre


Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès