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Accueil du site > Tribune Libre > Macron : mépris de classe ou politiquement incorrect ?

Macron : mépris de classe ou politiquement incorrect ?

Emmanuel Macron

Être affublé d'une étiquette indélébile, ce fut le lot de tous les présidents français. De Gaulle était la statue du commandeur ; Giscard, l'aristo parisien très vieille France ; Mitterrand, un Machiavel des temps modernes, marmoréen et cynique à souhait ; Chirac, le bon franchouillard un peu hâbleur et porté sur les jolies femmes ; Sarkozy, le président bling-bling et hyperactif ; Hollande, un bonhomme simple aux airs d'oncle de province. Emmanuel Macron est quant à lui considéré comme le "président des riches", le "banquier arrogant", l'homme "déconnecté du pays réel" (notez la banalisation de cette expression maurrasso-pétainiste). Cette image lui était accolée avant même son arrivée au pouvoir mais devient chaque jour plus dure à gommer, au fil des attaques et des polémiques menées par une opposition en déroute recherchant le moindre prétexte pour accabler le Président.

Il faut quand-même reconnaître que Macron ne fait rien pour arranger les choses. Ses sorties sur "ceux qui foutent le bordel", les "Gaulois réfractaires" et, dernièrement, sa discussion avec le jeune horticulteur n'ont fait que le marquer plus encore du sceau de "président méprisant et libéral". Or, "libéral" est en France ce que "athée" est en Pologne et "communiste" aux États-Unis : l'insulte suprême. Sans s'appesantir sur le fait que Macron est fort éloigné du libéralisme (il n'a ni légalisé le cannabis et l'euthanasie, ni mis l'État et le "modèle social" au régime sec), nous nous demanderons plutôt à quel point le Président est-il "méprisant" et si ce mépris n'est pas plutôt l'expression de ce "politiquement incorrect" tant recherché par l'opinion publique.

Un cliché fort répandu mais sans doute mensonger (hum…) affirme que les Français ne seraient jamais contents. Or, comme bon nombre de clichés, il est en partie confirmé par la réalité. Si 71% des Français rejettent le politiquement correct, selon un sondage réalisé en 2017 par l'institut YouGov, ils sont plus de 60% à trouver Macron "arrogant", "méprisant" et "clivant" d'après un sondage paru en mai dernier. Ces qualificatifs peu reluisants lui viennent justement de ses déclarations à l'emporte-pièce sur les "fainéants", les "fouteurs de bordel" et compagnie… Ses dernières frasques ont sans doute fait grimper davantage le nombre de mécontents.

Or, bien que la schizophrénie soit un sport national, on ne peut y demeurer ad vitam aeternam, à un moment donné, il faut choisir ce que l'on veut et s'y tenir : soit on est lassés par le politiquement correct et on applaudit ce Président qui – chose éminemment rare – dit ce qu'il pense ; soit, on dénonce les propos de Macron – ce qu'on est parfaitement en droit de faire – mais on ne peut plus, dès lors, se dire opposants au politiquement correct. Mais, c'est quoi, au juste, ce "politiquement correct" qui agace tant les Français ? Né outre-Atlantique dans les années 1980, ce nouveau mode de communication et d'expression prône une manière diplomatique d'agir et de parler en société, afin de n'offenser personne : exercice fort délicat à l'heure où foisonnent les groupes et communautés aux intérêts souvent divergents et à la susceptibilité exacerbée. Au fil des années, le "politiquement correct" a pris un sens péjoratif et désigne la langue de bois ou le conformisme : parler pour ne rien dire, ou s'exprimer dans un sabir abscons aux accents idéologiques bien dans l'air du temps.

Être "politiquement incorrect" signifie par conséquent être à l'opposé de ce modèle : ne pas craindre d'exprimer sa pensée quitte à "offenser" son interlocuteur. C'est bel et bien cela qui a plu aux électeurs états-uniens dans le caractère volcanique de Trump. C'est aussi un trait de caractère de Macron : son souhait d'en finir avec "la politique à l'ancienne" et ce "passé illusoire qui n'a jamais existé", ainsi qu'avec ce clivage gauche-droite dont pâtit la France depuis deux siècles. Autant de promesses qui ont séduit les Français, lassés par l'immobilisme brejnévien de la Vème République.

Les mêmes sont aujourd'hui à agonir le Président pour ses déclarations "arrogantes", "méprisantes" et j'en passe. BFM TV – surnommée par l'extrême-droite "BFMacron" – a ainsi qualifié le premier magistrat de "président de ceux qui vont bien". Tous les hommes d'état, depuis la Révolution, disent œuvrer "pour ceux qui vont mal" : on a vu le résultat. Et si on essayait à présent un président pour bien portants ? D'ailleurs, n'est-ce pas là du politiquement incorrect ? On n'imagine pas de Gaulle ou Mitterrand parler des "premiers de cordée", Macron l'a fait. Même s'il est encore loin d'un libéralisme authentique et décomplexé (je me propose de lui envoyer l'intégrale d'Ayn Rand que j'ai dans ma bibliothèque) il est néanmoins le président le moins antilibéral que la France ait connu. Or, être libéral (même un chouia) dans notre pays est l'expression ultime de l'anticonformisme et la plus grande gifle que l'on puisse donner au politiquement correct.

Le jugement négatif des Français envers Macron est d'autant plus comique qu'ils valident en majorité la plupart de ses réformes... or, que sont ses déclarations sinon l'expression de sa pensée politique mise en oeuvre dans ses lois ? Un sondage OpinionWay d'octobre 2017 affirmait que 53% des Français étaient favorables à la baisse de l'indemnisation des chômeurs et considéraient que ces derniers ne font pas assez d'efforts pour trouver un emploi. La réforme de la SNCF fut, quant à elle, plébiscitée par 75% des usagers, selon un sondage IFOP paru le 22 mai 2018. Toujours selon l'IFOP, 48% de Français considèrent que la première qualité pour devenir riche est le travail ; 76% jugent que la présence de personnes riches en France est utile à l'ensemble de notre économie et 54% approuvent les exils fiscaux des Français les plus fortunés. 78% de Français souhaitent devenir propriétaires et 72% affirment que c'est une bonne chose de vouloir devenir riche ; 80% considèrent en revanche que c'est mal perçu et que le rapport des Français à l'argent doit évoluer... Enfin, 54% des personnes sondées sont pour un assouplissement de l'ISF, 80% plébiscitent la suppression de la taxe habitation et le désengagement de l'Etat dans les entreprises non-stratégiques recueille 58% d'opinions favorables. Du coup, on a envie de demander : que reproche-t-on à ce pauvre Macron ? Ne dit-il pas, selon la formule consacrée, "tout haut ce que tout le monde pense tout bas" ?

Paradoxe français : alors qu'on réclame la fin de la langue de bois dans les médias, la culture et le sport, ainsi que la politique, on trouve "méprisant" le seul homme qui en sort et ose dire ce qu'il pense. Or la liberté n'est-elle pas "de dire aux autres ce qu'ils ne veulent point entendre", comme le disait, en son temps, Georges Orwell ? Emmanuel Macron est-il le seul homme de France auquel on intime de la boucler et de caresser tout le monde dans le sens du poil ? Cette vision trouve son sens dans la conception monarchique que l'on a de la présidence : le locataire de l'Élysée est le père du peuple, le rassembleur, celui qui ne doit laisser personne de côté. Or, cela est impossible sans recourir au… politiquement correct, l'art de n'offenser personne (et, donc, de ne rien faire).

On aime les politiciens du type "grande gueule" quand ils sont dans l'opposition mais on voudrait qu'une fois au pouvoir, ils soient touchés par une grâce céleste et deviennent des guides pétris de sagesse, qu'ils passent de Jean Lassalle à Gandhi, de Mélenchon à Marc-Aurèle. A ce propos, on peut être certains que si Mélenchon arrivait au pouvoir, ceux qui admirent aujourd'hui son franc-parler seraient les premiers à critiquer son manque de tact. A croire que ce pays est le royaume de la rigidité et du paraître, un immense bal costumé où chacun doit jouer en fonction du masque dont il est tour à tour affublé.


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21 réactions à cet article    


  • Ben Schott 19 septembre 10:43
     
    Ça va finir par payer, Nicolas, tu l’auras ta gamelle, continue !

     



    • Le421 Le421 19 septembre 20:49

      @Ben Schott

      Si il n’a que les textes sur Agoravox, le pauvre, ça va être dur !!
      D’autant plus qu’ils ne reçoivent pas franchement une adhésion terrible...

    • Nycolas 20 septembre 10:38

      @Le421


      Peut-être l’auteur devrait-il se recycler dans l’hôtellerie ou les BTP.

    • Passante Passante 19 septembre 11:43
      je dirais.. « le président somnambule »

      pourquoi ?
      parce qu’il est très cohérent :
      si jamais vous décidez qu’enfin vous « venez me chercher »...
      il vous faudra d’abord « traverser la rue »

      il sait donc déjà que ça passera justement par
      la rue

      • troletbuse troletbuse 19 septembre 12:15
        Macron : mépris de classe ou politiquement incorrect
        Mépris de classe et politiquement crasse

        • Alain 19 septembre 13:07

          un étudiant "libéral-anarchisteé qui défend le pantin du grand capital. Ou rit à quel moment quand on lit son article ? dès la 1ere phrase !!!


          • Christian Labrune Christian Labrune 19 septembre 13:17
            à l’auteur

            L’alternative proposée par votre titre ne me paraît pas bien pertinente. Ce n’est ni du mépris de classe ni du politiquement incorrect, c’est seulement de l’inconsistance. « Tout n’est que vanité et poursuite du vent », dit l’Ecclésiaste. Dans le cas particulier de ce quinquennat, c’est plus vrai que jamais.

            La plus grosse des baudruches, à la moindre déchirure, se dégonfle très vite.
             

            • Christian Labrune Christian Labrune 19 septembre 13:31
              On aime les politiciens du type « grande gueule » quand ils sont dans l’opposition mais on voudrait qu’une fois au pouvoir, ils soient touchés par une grâce céleste
              ----------------------------------------------------------

              Non, pas nécessairement. Trump a qui on a fait une réputation d’imbécile est en train de faire une politique intelligente et efficace, et Dieu sait qu’il ne ménage pas les bien-pensants : demandez à Mahmoud Abbas et à ses sbires, et à tous les propoalos qui fréquentent ce site, ce qu’ils peuvent actuellement en penser !

              Dans le même temps, Macron à qui vous prêtez un tempérament subversif poursuit la vieille politique imbécile du Quai d’Orsay : il va recevoir à la fin de la semaine le vieux gâteux de Ramallah, et il s’emploie depuis des mois à cirer les pompes des dignitaires du régime islamo-nazi de Téhéran. Essentiellement parce que l’électorat musulman en France aura voté pour lui à 90% et qu’il vit dans la trouille de ce qu’il peut savoir par les services du renseignement de ce qui se passe actuellement dans les banlieues.

              Macron est très ferme et très audacieux avec des citoyens déshérités qui vivotent à la marge du système et dont il peut penser qu’il n’a rien à craindre, mais très lâche vis-à-vis de ceux qui le terrorisent.

              • Le421 Le421 19 septembre 20:47

                @Christian Labrune

                Trump a qui on a fait une réputation d’imbécile est en train de faire une politique intelligente et efficace,

                Il suffit de le dire.
                Creuser les déficits et saloper de plus belle, c’est effectivement une belle réussite.
                En apparence et à court terme.
                Or, gouverner, c’est prévoir.
                Mais je sais que vous êtes un adepte inconditionnel du « tout et tout de suite ».
                L’avenir ?
                M’en fous !!

              • Christian Labrune Christian Labrune 20 septembre 12:44
                Creuser les déficits et saloper de plus belle, c’est effectivement une belle réussite.
                En apparence et à court terme.
                ======================================
                @Le421

                Je ne suis pas économiste et j’aurais le plus grand mal à discuter cette assertion qui me surprend un peu : je n’ai pas vraiment l’impression que l’Amérique soit au bord de la faillite : la bourse se tient très bien, le taux de croissance est plutôt en progression. Il se peut tout de même que vous ayez raison.

                Si je ne m’abuse, vous êtes un suiveur de notre Chavez national, et c’est probablement ce qui explique votre argument contre Trump. Je reconnais que Chavez a su très bien, lui, ménager l’avenir et laisser à son successeur Maduro une situation économique tout à fait saine, ce qui explique que le Vénézuéla soit devenu désormais le fer de lance de l’économie sud-américaine.

                Je n’avais pas voté pour Mélenchon et je le regrette tous les jours. La France, à l’heure qu’il est, ressemblerait au Vénézuéla et serait un petit paradis terrestre. Si j’étais plus jeune et si je rêvais de faire fortune -mais cela n’a jamais été vraiment mon obsession !-, j’irais sans aucun doute m’établir au Vénézuéla.

              • zygzornifle zygzornifle 19 septembre 13:33

                Il est fidèle a lui meme le trader de chez Rothschild , sans état d’âme , combien de pigeons a t’il plumé dans la banque  ....


                • foufouille foufouille 19 septembre 14:27
                  "En 1981 Rand anime ses dernières conférences : au Ford Hall Forum avec « The Age of Mediocrity », le 26 avril et « The Sanction of the Victims » à La Nouvelle-Orléans le 21 novembre. Elle travaille aux dernières pages du scénario télévisé de La Grève (Atlas Shrugged), qu’elle achève en janvier. Malade, elle recourt à l’aide sociale pour couvrir ses dépenses de santé, sous le faux-nom d’Ann O’Connor, contredisant quelque peu ses principes42. Elle meurt d’une insuffisance cardiaque le 6 mars 1982 chez elle, à New York."
                  lebiertasplusrien est bien quand on en a pas besoin du vilain état ............


                  • ZenZoe ZenZoe 19 septembre 14:28
                    On remarquera que Macron envoie facilement bouler les gueux mais qu’il est tout de suite plus nuancé quand il a en face les « premiers de cordée ».
                    Tous les évadés fiscaux qu’il reçoit à l’Elysée, est-ce qu’il leur dit d’aller traverser la rue pour se mettre en règle ? Non.
                    Politiquement incorrect mon oeil, Macron sait à qui il s’adresse.



                    • Le421 Le421 19 septembre 20:44
                      A mon avis, ce type n’a même pas conscience de ce que sont les problèmes de tous les jours des gens normaux.
                      Il lit des textes écrits par d’autres, standardisés et incontestables, sans en comprendre ni en penser le moindre mot.
                      Hors le monde.
                      Complètement.
                      On a vu des OVNI, mais là, c’est le pompon...

                      • Emohtaryp Emohtaryp 19 septembre 21:35

                        Macron : mépris de classe ou politiquement incorrect ?

                        Les deux ajoutés d’incompétence, de suffisance, et de filouterie stipendiée par le petit club oligarchique de ses maîtres.....
                        N’essayez même pas de noyer le poisson en posant des questions sans intérêt sur les sorties complètement décalées et débiles de cet énergumène qui se prétend soit disant « président de tous les Français », jamais aussi vil bouffon aura « gouverné » le pays depuis la création de la France ( pays des hommes libres....)
                        Cet imposteur est dangereux, c’est du vent, du balai fissa, ne pas le voir relève de la pure crétinerie irresponsable......

                        • INsoMnia insomnia 20 septembre 00:08

                          Élu par ses paires qui l’ont mis en place... Le peuple à petite minorité a validé par endoctrinement pour être polie.


                          Nous allons déguster ! 


                          • William 20 septembre 10:19
                            Concernant les « sondages » sur le soutien à ses réformes, il faut être circonspect. Ainsi on ne voit pas ceux sur la suppression de l’impôt sur les fortunes financières, la flat taxe sur les revenus du capital, la baisse des APL, la hausse de la CSG, le quasi blocage des pensions de retraite, le blocage du taux de caisse d’épargne alors que l’inflation repart, la hausse de la taxe sur les carburants. Payer plus et percevoir moins, telle est la situation de nombreux Français (hors la pointe de la pyramide et certains minimas)

                            • Nycolas 20 septembre 10:37

                              Le politiquement incorrect peut être une attitude particulièrement intéressante dans le contexte actuel, pour bousculer les conventions et ce genre de choses. Jamais Macron ne bouscule quoique ce soit, si ce n’est l’amour propre du peuple qui est censé l’avoir élu. La réponse au titre de l’article coule donc de source. Macron ne fait qu’afficher son mépris au quotidien, et il installe son train train de mesures anti-sociales. Qu’il est commode de laisser entendre que c’est un « réformateur » affrontant une plèbe de gaulois attardés et égocentriques, attachés à des valeurs anachroniques, ne supportant pas qu’on porte atteinte à leurs sacro-saintes habitudes...


                              • Nycolas 20 septembre 10:46
                                Que d’inepties dans ce texte... Où voyez-vous que les français sont majoritairement d’accord avec ses réformes ? Quelles catégories de gens et de travailleurs excluez-vous de « français » pour arriver à cette conclusion ?

                                Enfin dire qu’« on » (qui ?) aime les grandes gueules tant qu’elles sont dans l’opposition, mais faut arrêter... Mélenchon se ridiculise chaque jour un peu plus, comme Macron, point final, c’est un fait quantifiable et vérifiable...

                                Le « franc-parler » de Macron n’est qu’un crachat à la gueule du peuple, incroyable qu’on en trouve encore pour défendre ça et prétendre que c’est une absence d’hypocrisie qu’il faut vanter. Si on en est arrivés là, c’est parce que, de nos jours, un dictateur qui a toutes les allures d’un démocrate gendre idéal peut faire et dire ce qu’il veut, quasi impunément... Et c’est grave.

                                • Buzzcocks 20 septembre 11:32

                                  Le hic de macron, c’est que sa base électorale est faible, très faible. au premier tour, il fait 22% de 70% de votants. Et parmi, ses 22%, combien de socialistes ne voulant pas d’un duel Fillon/Le Pen au second tour, se sont rabattus sur le petit marquis, d’où le score famélique du pauvre Hamon ?

                                  Bref, il aurait du comprendre qu’il a été élu par défaut... et la jouer modeste.

                                  Or, comme tout ancien de classe prépa, il a le melon hyper gonflé et la modestie, il ne connait pas.

                                  Bref, ce mec est au pouvoir grâce à un alignement improbable des planètes, mais il plane totalement.... le peuple n’a jamais voulu de lui. 


                                  • soi même 20 septembre 22:42

                                    Il y a peut être autre chose à faire de plus urgent que de faire la publicité pour un cireur de grande pompe de la finance.

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