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Accueil du site > Tribune Libre > Macron ou le coup d’état permanent ?

Macron ou le coup d’état permanent ?

L’oxymore « coup d’État permanent », est volontairement utilisé ici pour désigner le fait qui consiste pour le pouvoir en place à prendre des libertés opportunes avec les règles écrites ou les usages qui régissent notre constitution.

PNG Macron, jeune technocrate immature et ambitieux a été porté au pouvoir de façon fulgurante au printemps 2017, poussé sur le devant de la scène par des éminences grises qui hantent dans la pénombre depuis plus de trente ans les arcanes du pouvoir, soutenu par la caste de la haute administration technocratique, propulsé par l’argent de quelques acteurs de la haute finance mondialisée, bénéficiant d’un coup de pouce opportun de l’institution judiciaire dans une providentielle affaire d’emploi de complaisance et désigné sans vergogne archange de la politique «  new age  » aux électeurs, par la majorité des médias et de leur clique journalistique inféodés au pouvoir de l’argent.

 

Il a été élu au premier tour avec 24 % des suffrages exprimés et avec….64 % au second !!

 

Bref, exprimé de façon lapidaire, E Macron est devenu le huitième Président de la cinquième république à la faveur d’un coup d’état1 orchestré par la classe dirigeante.

 

Depuis cette «  élection  », la politique d’E. Macron avance en marche forcée dans les traces de ces prédécesseurs immédiats, notamment en

  • appliquant avec un zèle obstiné et consciencieux les diktats de la Commission européenne qui conduisent au démantèlement de l’état nation et provoquent le détournement de ses richesses pour le profit exclusif d’une haute bourgeoisie financière apatride et insatiable et avec pour corollaire le déclassement progressif mais inéluctable de la France au rang de pays du tiers-monde,

  • se soumettant servilement aux velléités des atlantistes qui entraînent le pays dans des opérations guerrières irresponsables et illégitimes.

 

Résultat, après trente ans de politiques conduites contre leurs intérêts et dix-huit mois de politique « macroniènne », les français n’en pouvant plus sont dans la rue.
 

Au terme de cinq semaines de manifestations, la réponse aux revendications des gilets jaunes (revalorisation notable et immédiate du pouvoir d’achat, référendum d’initiative populaire ) se résume - certes c’est une assertion abrupte et caricaturale - à une fin de non recevoir dès lors que les mesures promises par l’exécutif pour les satisfaire sont sciemment aussi impertinentes qu’insuffisantes.

 

Par ailleurs, on note également que les débordements de violence perpétrés indifféremment par des extrémistes et des casseurs opportunistes, quelques gilets jaunes mais aussi des supplétifs des forces de l’ordre ou de sécurité, ont été largement médiatisés et commentés sans scrupule et sans retenue à dessein de discréditer le mouvement et de justifier la répression.

 

Cependant, malgré ces excès dans son immense majorité le mouvement des gilets jaunes se veut et reste pacifique.

 

En ayant recours à une répression disproportionnée (usage démesuré de moyens humains et matériels, nombreuses arrestations préventives, véhicules blindés à roues, flash-balls, gaz invalidants etc), le pouvoir, en instrumentalisant les forces de l’ordre pour ses fins politiques s’apparente à une junte digne d’un film de Costa-Gavras.

 

Et malgré tout, à ce jour le mouvement de contestation conserve sa popularité :

75% des Français soutiennent les gilets jaunes d'après un sondage Elabe pour BFMTV

En revanche celle du chef de l’état se délite :

Selon le baromètre mensuel de l'Ifop pour le JDD, la cote de popularité d'Emmanuel Macron perd encore deux points en décembre, à 23% de satisfaits

 

On doit alors se poser la question suivante (qui porte en elle la réponse) : E. Macron dispose-t-il encore de la légitimé ?

 

Non bien évidemment.

Pourtant notre constitution offre au chef de l’état plusieurs ressources pour rééquilibrer les pouvoirs dans une situation analogue :

 

E. Macron aurait pu prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale.

S’il en avait eu l’intention, il aurait actionné ce levier dès le début de la crise. Cette option aurait été certes perçue par les manifestants comme un signal fort d’apaisement mais aurait provoqué des élections législatives anticipées, lui faisant perdre à coup sûr la majorité au sein de l’assemblée et le contraignant par voie de conséquence à la nomination d’ un nouveau premier ministre et d’un nouveau gouvernement « de cohabitation ».
Macron aurait alors complètement perdu la main.

 

E. Macron aurait pu mettre fin aux fonctions de son premier ministre sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement.

Cette option induirait obligatoirement et pour le moins, une inflexion de sa politique. Compte-tenu du contexte actuel elle exigerait plutôt un changement de cap radical.

Mais en la matière E. Macron a déjà montré que cette option n’est pas à l’ordre du jour.

 

Sachant qu’il avait tout à perdre, il a choisi d’adopter une position attentiste dont aujourd’hui il tire avantage. Ce faisant E. Macron se joue des règles de notre constitution qu’il ne respecte pas.

Du même coup il affiche une fois de plus son mépris pour les français détenteurs suprêmes de la légitimité.

 

Par ailleurs depuis le début de son quinquennat, à l’instar de son petit prédécesseur agité, E. Macron gouverne la France en autocrate, outrepassant l’un des principes fondamentaux de notre constitution qui prévoit que la politique est déterminée et conduite non pas par le président, mais par le premier ministre et son gouvernement.

 

En dévoyant avec autant de désinvolture les mécanismes institutionnels pour son avantage, ceux de sa caste et de ses commanditaires, E. Macron a instauré un nouveau coup d’état.

 

Cependant sa marge de manœuvre se réduit à presque rien tant la classe dirigeante dans sa globalité est disqualifiée et que son image personnelle dans l’opinion est calamiteuse.

 

Miser sur l’essoufflement du mouvement des gilets jaunes à l’approche des fêtes de fin d’année pourrait être un pari hasardeux. S’il s’essouffle dans les prochains jours, il renaîtra à coup sûr de ces cendres avec une vigueur accrue, car le malaise est profondément enraciné.

 

En outre, la contestation jaune gagne d’autres pays de l’UE (Hongrie, Pologne, Belgique…). Et les élections au Parlement Européen du printemps prochain pourraient opportunément redistribuer les cartes en bousculant le pouvoir établi.

 

Asseoir son pouvoir d’autocrate paraît être la voie la plus tentante donc la plus probable. La personnalité même du président tend à accréditer cette hypothèse.

Si c’est la voie choisie, E. Macron va continuer à ne rien faire….de visible.

Pour cela il peut s’appuyer dès à présent sur l’arsenal de lois liberticides dernièrement intégrées dans le droit commun. Il peut également, au prétexte de garantir la sécurité des citoyens, justifier de l’impérieuse nécessité de maintenir un État d’urgence permanent.
Nul doute dans cette éventualité, que la gent « macronienne » et probablement bien au-delà, une partie de la classe politique, soucieuse de préserver ses acquis, aidée en cela par l’ensemble des rédactions empressées, saura user de la rhétorique adaptée pour la circonstance.

 

Quant à glisser insidieusement de la dictature de moins en moins molle qui est la notre vers une dictature tout court, il n’y a qu’un petit pas que notre président en marche et son entourage pourrait être tenté de franchir.

D’autant que pour cela il n’est pas besoin de nos jours d’une armée dont il est fort probable qu’elle ne soit pas acquise à la cause ; les services de renseignements du ministère de l’intérieur disposent de fichiers méthodiquement alimentés et de moyens électroniques et informatiques ultra-sophistiqués capables de cibler, pister, intimider voire neutraliser les opposants. Bref un dispositif redoutable qui préserverait l’apparence d’un régime ouvert tout en autorisant un discret flirt avec des méthodes répressives illégales.

 

L’avenir nous le dira…..

 

1 Olivier Brichet donne du coup d’état la définition suivante : « un acte d'autorité consistant dans une atteinte réfléchie, illégale et brusque, aux règles d'organisation, de fonctionnement ou de compétence des autorités constituées, atteinte dirigée, selon un plan préconçu et pour des raisons diverse, par un homme ou par un groupe d'hommes réunis en un parti ou un corps ; dans le but soit de s'emparer du pouvoir, soit d'y défendre ou d'y renforcer sa position, soit d'entraîner une simple modification de l'orientation politique du pays » (Source Wikipedia)


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4 réactions à cet article    


  • Jeekes Jeekes 21 décembre 2018 12:35

    ’’Macron perd encore deux points en décembre, à 23% de satisfaits’’

     

    Tout comme ses deux bons à riens de prédécesseurs, le minus baisse encore dans les sondages. Pour la énième fois.

     

    Et il y aurait encore 23% de satisfaits. Comme pour les deux guignols sus-nommés.

    J’me marre que personne ne semble le remarquer.

     

    Question ; pourquoi toujours citer ces sondages qu’on sait tous bidons ?

     



    • nono le simplet nono le simplet 21 décembre 2018 14:24

      en ce 21 décembre souhaitons un bon anniversaire à grands coups sur des casseroles à nôtre futur ex-président !


      • Le421 Le421 21 décembre 2018 16:22

        Si l’on considère que Macron a été élu au premier tour des élections, au deuxième, même une chèvre peinte en bleu/blanc/rouge aurait gagné contre MLP, c’est avec un peu plus de 18% du corps électoral qu’il a réellement gagné.

        Son tort ? Croire autre chose... En fait, moins d’un français en état de voter sur cinq l’a soutenu.

        Sans compter ceux qui ont cru au Père Noël et qui en sont revenu.

        Je ne refais pas le match, mais concrètement, je lui donne environ 10% de gens à peu près convaincus et bien sûr, 1 à 2% des « happy few » qui le soutiendront mordicus.

        Ces 1 à 2%, cherchez pas.

        C’est pas moi et c’est pas vous...


        • JL JL 21 décembre 2018 20:10

          ’’moins plus moins ça fait plus (sic !)’’ Benjamin Griveaux Secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre.

           

          Vous avez bien lu « moins plus moins » !

           

          Non seulement il est ignare en mathématiques, mais de plus il répète des formules sans les comprendre.

           

          ça des élites ?

           

          Affligeant.

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