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Accueil du site > Tribune Libre > Macron veut-il revenir au concordat ?

Macron veut-il revenir au concordat ?

 

Lors de la dernière réunion du Forif, le Forum pour l’islam de France créé en contrepoint d’un Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) en disgrâce, le ministre de l’Intérieur vient d’annoncer son projet, qu’«  il y aura désormais un statut de l’imam en France », et chargé le Forif de « travailler sous six mois à la création  » d’un tel statut. Selon le ministre de l’Intérieur ; il s’agit d’un statut « qu’espèrent nombre de musulmans et nombre d’imams qui ne sont pas aujourd’hui correctement rémunérés.  »

 S’il appartient aux musulmans « de fixer le statut religieux » des imams, cela passe côté profane par une protection sociale, avec des imams embauchés par les mosquées ou associations, et par un niveau d’exigence linguistique et universitaire, en s’appuyant sur les 34 formations « laïcité » aujourd’hui accessibles, nous dit-il. Croit-on vraiment qu’un cadre de formation promu par l’Etat soit donc la solution, et un statut de l’imam comme il peut y en avoir un pour l’élu, et si c’est bien tout de même le rôle de la République laïque qui semble ici se perdre ?

 

«  Il reste un gros effort à fournir pour que les croyants de France aient des cadres religieux mieux formés, dignement rémunérés et pleinement insérés dans la société française  », estime le ministre. On s’interroge sur la signification de ces affirmations, car par-delà passer commande à une religion d’un statut de ceux qui en font l’office, en s’immisçant donc dans son fonctionnement, il serait intéressant de savoir qui va garantir que ces religieux soient, comme il le dit, « dignement rémunérés  ». Le ministre ajoute, que ce serait mieux combattre l’idée que l’islam «  est une religion d’étrangers, pour les étrangers, financée par les étrangers ». Ne suffirait-il pas simplement que l’Etat fasse respecter nos principes républicains en étant inébranlable et intraitable sur la laïcité ? Comment ne pas voir ici encore un recul de celle-ci !

 

Le ministre n’en est pas resté là : Gérald Darmanin a aussi plaidé pour une structuration de l’islam qui « vienne des départements  », à l’instar de ce qui a déjà été réalisé dans « plus de 40 » d’entre eux. Mais « ce n’est pas à l’État de présider à cette structuration », a-t-il ajouté, en encourageant le Forif à s’organiser « comme il y a une fédération des protestants » en France. « Il ne tient qu’à vous de transformer le F de Forif en F de Fédération », a-t-il lancé aux 86 représentants, des acteurs de terrain désignés par les préfets (associatifs, religieux, juristes, membres de la société civile…) Mais où s’arrêtera-t-on !

 

Même le CFCM, qui n’est pas complètement enterré, exprime par la voix d’Abdallah Zekri, son vice-président, sa désapprobation de la méthode : "On a mis fin aux financements étrangers, il n'y a pas de problème. Je suis entièrement d'accord pour que les mosquées se gèrent elles-mêmes avec les cotisations des fidèles. Après, s'ingérer dans le culte comme il fait, je ne suis pas d'accord du tout. » Montrant comment les division internes de l’islam dit « de France » révèlent l’impasse de cette mauvaise direction.

 

On ne peut que constater que depuis la création du CFCM en 2003, cette politique qui consiste pour nos représentants à mettre l’Etat au service de l’organisation du culte musulman, convaincu que cela permettrait de faire ce qu’on appelle « un islam de France » est un échec cuisant. On a finalement simplement par ce biais de l’intervention de l’Etat donné à cette religion une officialité qui n’a cessé de jouer dans le sens d’un repli communautaire, et d’une emprise religieuse côté musulman qui n’existait nullement avant cette politique vue d’en haut.

 

N’est-ce pas cet échec qui conduit à aller encore plus loin dans cette direction, en forme de fuite en avant ? Cette politique a de plus en plus des relents de concordat, autrement dit, d’un Etat qui entend contrôler les cultes en étant associés à des décisions sur lesquelles ils s’organisent, des cultes comme courroie de transmission, avec en retour de ce clientélisme des concessions inévitables qui abîment notre République laïque et l’intérêt de tous, celui de la préservation de la liberté de conscience de chacun. On croit encore pouvoir prévenir de cette façon des difficultés avec les cultes et particulièrement l’islam, en lui accordant un pouvoir d’influence par cette officialité qui met en danger nos institutions et leur fondement, par cette importance exorbitante donnée à la croyance au regard de ce qui fait le citoyen.

 

Les laïques qui se respectent s’opposeront à cette orientation dont la confusion des genres ne peut mener qu’à de graves désillusions. "L’Eglise chez elle, L’Etat chez lui", comme le voyait Victor Hugo ! Rien d’autre !

 

Guylain Chevrier et Jean-François Chalot

 

Ce livre collectif rappelle clairement ce qu'est la laïcité

https://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/59335

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52 réactions à cet article    


  •  C BARRATIER C BARRATIER 29 février 17:53

    Tres bon article. Merci

    Les laïques et tous les contribuables doivent rester vigilants

    On ne sort pas facilement d’un concordat ; voir l’Alsace et la Meuse

    Une fois de plus, des élus ministres prétendant nous représenter oublient que la majorité des citoyens français est athée ou agnostique. Pourquoi encore une fois les religions sont mises en avant, et les autres philosophies oubliées ?

    Le ministre de l’intérieur agit il sous une directive du Premier ministre ? j’espère que non

    Pardonnez le mot mais Macron et notre Ministre de l’intérieur accumulent les « conneries »


    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 29 février 18:39

      @C BARRATIER
      Lapsus : le régime spécial concerne l’Alsace-Moselle (et non Meuse)


    •  C BARRATIER C BARRATIER 29 février 20:57

      @Jean J. MOUROT
      Exact merci Jean


    • L'apostilleur L’apostilleur 1er mars 01:17

      @ Jean J.MOUROT
      ... et la Guyane 


    • Et hop ! Et hop ! 1er mars 13:56

      @C BARRATIER : «  Le ministre de l’intérieur agit il sous une directive du Premier ministre ? j’espère que non »

      Les ministres agissent tous sur instruction du chef du gouvernement qui est le Premier Ministre, pas le Président de la République dont la fonction n’est pas de gouverner.

      La République avait confisqué en 1789 tous les biens du Clergé (abbayes, terres, église, écoles, collèges, universités, hôpitaux, asiles, orphelinats,..) et en échange elle s’était engagé à salarier les curés des paroisses qui prêteraient serment, ensuite elle avait intedit tous les cultes, sauf celui de la Raison (et de l’Argent).

      L’État français ne s’est jamais occupé de créer des séminaires et des programmes pour former le clergé catholique, même sous l’Ancien Régime, il y a toujours eu en France une séparation de ces deux domaines, pour Hannah Arendt la concentration des pouvoirs religieux et politique définit le régime totalitaire. 


    • njama njama 1er mars 14:33

      @C BARRATIER
      On ne sort pas facilement d’un concordat ; voir l’Alsace et la Meuse

      L’Alsace et la Lorraine ont été récupérées après guerre des années après la Loi de 1905. Deux raisons je pense que la région a conservé son statut concordataire, une « politique » ne pas ajouter de la division dans la société française après les blessures de la guerre, de l’autre, « juridique », le principe de non-rétroactivité de la loi. C’est un principe général du droit selon lequel « la loi ne dispose que pour l’avenir ; elle n’a point d’effet rétroactif » (art. 2 du code civil).
      Donc laisser les choses de l’histoire en l’état pour ne pas déroger au principe du droit, et politiquement pour la paix sociale.
      La France a d’autres statuts singuliers dans les Dom-Tom...



    • Com une outre 29 février 18:04

      Une preuve de plus effectivement que Macron et ses sbires piétinent allègrement la laïcité. Bien sûr, c’est une proposition purement électoraliste. On va chercher les musulmans pour remplir les urnes après les avoir accusés de tous les maux. Si Darmanin faisait son boulot, il n’y aurait pas ce genre de problème à régler, la loi est là pour contenir les débordements. Encore faut-il avoir envie de la respecter, surtout du côté de nos gouvernants.



        • njama njama 29 février 20:00

          Le CFCM (Conseil français du culte musulman) avait été créé sous Sarkozy ministre de l’intérieur en 2003...

          La plus grande partie des musulmans ne reconnaissent aucune autorité au CFCM

          ce qui est logique pour qui connaît l’Islam

          Darmanin veut refaire la mouture à la sauce Macron... ça ne marchera pas plus...

          Si la religion n’a pas à s’ingérer dans les affaires de l’État, la réciproque est juste logique...

          L’erreur de Sarkozy, Darmanin est consorts est d’avoir une grille de lecture sur le modèle chrétien, voir juif, une lecture vaticane, c’est à dire une organisation pyramidale cléricale, ce qui n’existe pas en Islam... aucun musulman est au-dessus d’un autre.

          Pour la majorité des musulmans, l’imam est simplement l’homme qui se place devant eux pour diriger la prière. Cette définition est celle qui est valable pour la majorité des musulmans à savoir les sunnites. L’imam peut donner des conseils aux membres de la communauté des fidèles locaux, c’est tout. L’imam n’a aucune autorité religieuse.


          •  C BARRATIER C BARRATIER 29 février 21:05

            L’histoire de la loi de 1905 mérite d’être racontée

            Voila

            La loi de 1905

             

            La loi de 1905 fut ressentie par les catholiques comme anti religieuse, alors qu’elle n’est qu’anticléricale, le cléricalisme étant l’exigence catholique de donner tous les pouvoirs dans notre pays à des clercs, des prêtres, des évêques et de bloquer  ceux des « non clercs » laïques. Les non clercs sont parfois appelés laïcs, il y a des laïcs non laïques et même antilaïques, nous le verrons plus loin.

             Le clergé perd en 1905 son pouvoir hégémonique, sans que la République le freine dans ses actions religieuses.

             La première résistance à l’hégémonie catholique liée à la Royauté, fut le fait des protestants revendiquant leur liberté de conscience, et Louis XIII dut faire le siège de Privas, tenu par les protestants. Quand ils se rendirent, ils furent massacrés.

             Mais les rois ne vinrent jamais à bout de cette résistance, malgré les dragonnades de Louis XIV, partout dans notre Vivarais, les camisards (huguenots) vaincus continuèrent leur résistance dans leur famille, et dans des assemblées dites du désert (dans la nature, dans des grottes),

             

            Cette résistance fut la brèche dans laquelle s’engouffrèrent les révolutionnaires de 1789. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen d’août 1789, donne aux protestants et aux juifs la liberté de leur culte, les catholiques gardant bien sûr la leur.

             En mars 1795 la Convention proclame par décret que « la République ne salarie aucun culte. »

             Napoléon Bonaparte renverse la situation, en 1801 après son coup d’Etat. Par un concordat la religion catholique redevient religion d’Etat, les prêtres sont des fonctionnaires salariés de l’Etat qui n’est plus la République. Et surtout, les évêques, également salariés de l’Etat, sont choisis en fonction de leurs opinions politiques, de leur allégeance, au lieu d’être choisis par l’église catholique à partir de ses propres exigences. La religion catholique est instrumentalisée par Napoléon.

             Cependant, le code civil, dit code Napoléon (1804) ne contient aucune référence religieuse.

             Lorsqu’en 1902, les radicaux soutenus par les socialistes menés par Jean Jaurès obtiennent la majorité à l’Assemblée nationale, le concordat est toujours en vigueur. Emile Combes qui a formé le nouveau gouvernement ne fait pas avancer la séparation des églises et de l’Etat, il garde le concordat, pour conserver son pouvoir sur les évêques. Ainsi, il veut bien que l’Etat soit chez lui, mais il ne veut pas que l’Eglise soit chez elle, pour reprendre la formule de Victor Hugo

             Revenons aux évolutions passées en matière d’Etat laïque.

            La première constitution de la France du 3 septembre 1791 expose dans son préambule :

            «  Il n’y a plus ni noblesse, ni pairie, ni distinctions héréditaires, ni distinctions d’ordres, (j’en passe), ni aucune autre supériorité que celle des fonctionnaires publics dans l’exercice de leurs fonctions ».

             La déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui suit le préambule donne les mêmes droits à chacun. C’est l’égalité qui fait partie de la laïcité, celle-ci ne reconnaissant aucune supériorité d’un prétendu noble ou d’un chef religieux.

             

            Peu après Olympe de Gouges proclame la  « Déclaration des droits de la Femme » considérée inférieure à l’homme dans les trois religions du Livre. Sa destinée était  de faire des enfants et de rester à la maison. Cela va changer.

             La séparation du droit civil, la loi des hommes, de la loi des religions entraînera le droit encadré à l’avortement, la gratuité de la contraceptionEn 1792, les registres des mariages et des naissances sont remis aux communes et ne dépendent donc plus des curés. C’est la création de l’tat civil. On introduit le divorce, que l’Eglise catholique interdisait.

             La République est proclamée le 22 septembre 1792.

             C’est la première séparation déclarée de l’Eglise et de l’Etat.

             

            Et un grand pas vers l’égalité constitutionnelle, laïcité et égalité sont inséparables, et ensemble permettent la fraternité entre individus égaux.

             

             L’égalité est individuelle, seuls les individus sont titulaires de droits, pas les groupes quels qu’ils soient. Personne n’est ainsi laissé au bord du chemin.

             

            Accorder des droits particuliers à des groupes comme au Royaume Uni, romprait l’égalité entre les citoyens, qui, en France ne sont nullement obligés de s’inscrire dans des groupes. Pas de communautarisme en France.

             

            La République  laïque et sociale chère à Jean Jaurès fait du social un droit. Ce n’est pas la charité religieuse, rarement désintéressée. L’Etat, les départements, les communes, les services publics, assurent le « social »

             

            On en arrive en 1795 à un texte qui sera repris dans la loi de 1905. La constitution de l’an III dit en effet que « Nul ne peut être forcé de contribuer aux dépenses d’un culte. La République n’en salarie aucun.

             

            C’était trop beau, la loi Guizot de 1833 qui institue les écoles publiques, y maintient l’instruction religieuse obligatoire.

             

            Les Français vont vivre une marche à reculons, avec des lois réactionnaires

             

            Il y a bien eu la Révolution de 1848 et la proclamation de la seconde République., Mais l’assemblée nationale élue, donne finalement une majorité pro cléricale avec Thiers.

             

             La loi Falloux de 1850 organise le monopole des congrégations religieuses sur l’enseignement primaire, malgré la forte intervention de Victor Hugo à l’Assemblée nationale contre le parti clérical. Je cite Victor Hugo qui demande

             

            « l’Eglise chez elle, l’Etat chez lui »

             

            La loi de 1905 si longuement élaborée peut être abimée, trahie par d’autres messieurs Thiers, d’où notre vigilance.

             

            Qu’expose cette loi ?

             

            La loi de 1905 proclame en premier lieu la liberté de conscience : "La République assure la liberté de conscience". Elle a pour corollaire la liberté religieuse, la liberté d’exercice du culte et la non-discrimination entre les religions.

            Elle pose en second lieu le principe de la séparation des Églises et de l’État : "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte". Il est mis fin au Concordat instauré en 1801 qui régissait les relations entre l’État et les cultes. Jusqu’alors, l’État reconnaissait quatre cultes (catholique, réformé, luthérien, israélite) qui étaient organisés en service public du culte. L’État payait les ministres de ces cultes et participait à leur désignation ainsi qu’à la détermination des circonscriptions religieuses. Les autres cultes n’étaient pas reconnus.

            L’État se veut désormais neutre. Il n’y a plus du tout de religion légalement consacrée. Tous les cultes sont traités de manière égale.

            Le régime de séparation a plusieurs conséquences, prévues par la loi :

            • le budget des cultes est supprimé, à l’exception du budget relatif aux aumôneries des lycées, des hospices, des prisons, etc.
            • Les aumôneries sont ainsi autorisées pour permettre le libre exercice des cultes dans les lieux publics fermés.

            a suivre

             


            • njama njama 29 février 21:09

              Macron, Darmanin, ne font qu’essayer d’appliquer des directives de l’U€, car c’est l’Union Européenne prône la mise en place de communautarismes, c’est l’U€ qui est principalement responsable du « reniement des politiques » sur la laïcité française

              « Le traité de Lisbonne introduit expressément l’idée d’un dialogue entre les institutions européennes et les Églises, les associations ou communautés religieuses, ainsi que les organisations philosophiques et non confessionnelles. » (Titre II : dispositions d’application générale, Article 17 du TFUE)

              1. L’Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les États membres.

              2. L’Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les organisations philosophiques et non confessionnelles.

              3. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces églises et organisations.

              En clair, cela dit que nos élus politiques doivent entretenir des relations politiques constantes, régulières, ... avec les dignitaires religieux (dont le choix est laissé a leur discrétion), ce qui est totalement contraire à notre tradition républicaine. 


              •  C BARRATIER C BARRATIER 29 février 21:14

                loi de 1905 suite

                Cette résistance fut la brèche dans laquelle s’engouffrèrent les révolutionnaires de 1789. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen d’août 1789, donne aux protestants et aux juifs la liberté de leur culte, les catholiques gardant bien sûr la leur.

                 

                En mars 1795 la Convention proclame par décret que « la République ne salarie aucun culte. »

                 

                Napoléon Bonaparte renverse la situation, en 1801 après son coup d’Etat. Par un concordat la religion catholique redevient religion d’Etat, les prêtres sont des fonctionnaires salariés de l’Etat qui n’est plus la République. Et surtout, les évêques, également salariés de l’Etat, sont choisis en fonction de leurs opinions politiques, de leur allégeance, au lieu d’être choisis par l’église catholique à partir de ses propres exigences. La religion catholique est instrumentalisée par Napoléon.

                 

                Cependant, le code civil, dit code Napoléon (1804) ne contient aucune référence religieuse.

                 

                Lorsqu’en 1902, les radicaux soutenus par les socialistes menés par Jean Jaurès obtiennent la majorité à l’Assemblée nationale, le concordat est toujours en vigueur. Emile Combes qui a formé le nouveau gouvernement ne fait pas avancer la séparation des églises et de l’Etat, il garde le concordat, pour conserver son pouvoir sur les évêques. Ainsi, il veut bien que l’Etat soit chez lui, mais il ne veut pas que l’Eglise soit chez elle, pour reprendre la formule de Victor Hugo

                 

                Revenons aux évolutions passées en matière d’Etat laïque.

                La première constitution de la France du 3 septembre 1791 expose dans son préambule :

                «  Il n’y a plus ni noblesse, ni pairie, ni distinctions héréditaires, ni distinctions d’ordres, (j’en passe), ni aucune autre supériorité que celle des fonctionnaires publics dans l’exercice de leurs fonctions ».

                 

                La déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui suit le préambule donne les mêmes droits à chacun. C’est l’égalité qui fait partie de la laïcité, celle-ci ne reconnaissant aucune supériorité d’un prétendu noble ou d’un chef religieux.

                 

                Peu après Olympe de Gouges proclame la  « Déclaration des droits de la Femme » considérée inférieure à l’homme dans les trois religions du Livre. Sa destinée était  de faire des enfants et de rester à la maison. Cela va changer.

                 

                La séparation du droit civil, la loi des hommes, de la loi des religions entraînera le droit encadré à l’avortement, la gratuité de la contraception

                 

                En 1792, les registres des mariages et des naissances sont remis aux communes et ne dépendent donc plus des curés. C’est la création de l’tat civil. On introduit le divorce, que l’Eglise catholique interdisait.

                 

                La République est proclamée le 22 septembre 1792.

                 

                C’est la première séparation déclarée de l’Eglise et de l’Etat.

                 

                Et un grand pas vers l’égalité constitutionnelle, laïcité et égalité sont inséparables, et ensemble permettent la fraternité entre individus égaux.

                 

                 L’égalité est individuelle, seuls les individus sont titulaires de droits, pas les groupes quels qu’ils soient. Personne n’est ainsi laissé au bord du chemin.

                 

                Accorder des droits particuliers à des groupes comme au Royaume Uni, romprait l’égalité entre les citoyens, qui, en France ne sont nullement obligés de s’inscrire dans des groupes. Pas de communautarisme en France.

                 

                La République  laïque et sociale chère à Jean Jaurès fait du social un droit. Ce n’est pas la charité religieuse, rarement désintéressée. L’Etat, les départements, les communes, les services publics, assurent le « social »

                 

                On en arrive en 1795 à un texte qui sera repris dans la loi de 1905. La constitution de l’an III dit en effet que « Nul ne peut être forcé de contribuer aux dépenses d’un culte. La République n’en salarie aucun.

                 

                C’était trop beau, la loi Guizot de 1833 qui institue les écoles publiques, y maintient l’instruction religieuse obligatoire.

                 

                Les Français vont vivre une marche à reculons, avec des lois réactionnaires

                 

                Il y a bien eu la Révolution de 1848 et la proclamation de la seconde République., Mais l’assemblée nationale élue, donne finalement une majorité pro cléricale avec Thiers.

                 

                 La loi Falloux de 1850 organise le monopole des congrégations religieuses sur l’enseignement primaire, malgré la forte intervention de Victor Hugo à l’Assemblée nationale contre le parti clérical. Je cite Victor Hugo qui demande

                 

                « l’Eglise chez elle, l’Etat chez lui »

                 

                La loi de 1905 si longuement élaborée peut être abimée, trahie par d’autres messieurs Thiers, d’où notre vigilance.

                 

                Qu’expose cette loi ?

                 

                La loi de 1905 proclame en premier lieu la liberté de conscience : "La République assure la liberté de conscience". Elle a pour corollaire la liberté religieuse, la liberté d’exercice du culte et la non-discrimination entre les religions.

                Elle pose en second lieu le principe de la séparation des Églises et de l’État : "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte". Il est mis fin au Concordat instauré en 1801 qui régissait les relations entre l’État et les cultes. Jusqu’alors, l’État reconnaissait quatre cultes (catholique, réformé, luthérien, israélite) qui étaient organisés en service public du culte. L’État payait les ministres de ces cultes et participait à leur désignation ainsi qu’à la détermination des circonscriptions religieuses. Les autres cultes n’étaient pas reconnus.

                L’État se veut désormais neutre. Il n’y a plus du tout de religion légalement consacrée. Tous les cultes sont traités de manière égale.

                Le régime de séparation a plusieurs conséquences, prévues par la loi :

                • le budget des cultes est supprimé, à l’exception du budget relatif aux aumôneries des lycées, des hospices, des prisons, etc.
                • Les aumôneries sont ainsi autorisées pour permettre le libre exercice des cultes dans les lieux publics fermés.

                Les établissements publics du culte, jusque-là chargés de la gestion des cultes, sont remplacés par des associations cultuelles.

                 Ces associations doivent avoir pour unique objet l’exercice d’un culte. Elles ne peuvent pas recevoir de subventions publiques. Leurs ressources doivent provenir de l’argent des cotisations d’adhésion, des quêtes et des collectes pour l’exercice du culte.

                L’Église catholique refuse de constituer ces associations, qui ne reconnaissent pas l’autorité de l’évêque.

                A suivre

                 


                •  C BARRATIER C BARRATIER 29 février 21:20

                  loi de 1905 suite

                  Lorsqu’en 1902, les radicaux soutenus par les socialistes menés par Jean Jaurès obtiennent la majorité à l’Assemblée nationale, le concordat est toujours en vigueur. Emile Combes qui a formé le nouveau gouvernement ne fait pas avancer la séparation des églises et de l’Etat, il garde le concordat, pour conserver son pouvoir sur les évêques. Ainsi, il veut bien que l’Etat soit chez lui, mais il ne veut pas que l’Eglise soit chez elle, pour reprendre la formule de Victor Hugo

                   

                  Revenons aux évolutions passées en matière d’Etat laïque.

                  La première constitution de la France du 3 septembre 1791 expose dans son préambule :

                  «  Il n’y a plus ni noblesse, ni pairie, ni distinctions héréditaires, ni distinctions d’ordres, (j’en passe), ni aucune autre supériorité que celle des fonctionnaires publics dans l’exercice de leurs fonctions ».

                   

                  La déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui suit le préambule donne les mêmes droits à chacun. C’est l’égalité qui fait partie de la laïcité, celle-ci ne reconnaissant aucune supériorité d’un prétendu noble ou d’un chef religieux.

                   

                  Peu après Olympe de Gouges proclame la  « Déclaration des droits de la Femme » considérée inférieure à l’homme dans les trois religions du Livre. Sa destinée était  de faire des enfants et de rester à la maison. Cela va changer.

                   

                  La séparation du droit civil, la loi des hommes, de la loi des religions entraînera le droit encadré à l’avortement, la gratuité de la contraception

                   

                  En 1792, les registres des mariages et des naissances sont remis aux communes et ne dépendent donc plus des curés. C’est la création de l’tat civil. On introduit le divorce, que l’Eglise catholique interdisait.

                   

                  La République est proclamée le 22 septembre 1792.

                   

                  C’est la première séparation déclarée de l’Eglise et de l’Etat.

                   

                  Et un grand pas vers l’égalité constitutionnelle, laïcité et égalité sont inséparables, et ensemble permettent la fraternité entre individus égaux.

                   

                   L’égalité est individuelle, seuls les individus sont titulaires de droits, pas les groupes quels qu’ils soient. Personne n’est ainsi laissé au bord du chemin.

                   

                  Accorder des droits particuliers à des groupes comme au Royaume Uni, romprait l’égalité entre les citoyens, qui, en France ne sont nullement obligés de s’inscrire dans des groupes. Pas de communautarisme en France.

                   

                  La République  laïque et sociale chère à Jean Jaurès fait du social un droit. Ce n’est pas la charité religieuse, rarement désintéressée. L’Etat, les départements, les communes, les services publics, assurent le « social »

                   

                  On en arrive en 1795 à un texte qui sera repris dans la loi de 1905. La constitution de l’an III dit en effet que « Nul ne peut être forcé de contribuer aux dépenses d’un culte. La République n’en salarie aucun.

                   

                  C’était trop beau, la loi Guizot de 1833 qui institue les écoles publiques, y maintient l’instruction religieuse obligatoire.

                   

                  Les Français vont vivre une marche à reculons, avec des lois réactionnaires

                   

                  Il y a bien eu la Révolution de 1848 et la proclamation de la seconde République., Mais l’assemblée nationale élue, donne finalement une majorité pro cléricale avec Thiers.

                   

                   La loi Falloux de 1850 organise le monopole des congrégations religieuses sur l’enseignement primaire, malgré la forte intervention de Victor Hugo à l’Assemblée nationale contre le parti clérical. Je cite Victor Hugo qui demande

                   

                  « l’Eglise chez elle, l’Etat chez lui »

                   

                  La loi de 1905 si longuement élaborée peut être abimée, trahie par d’autres messieurs Thiers, d’où notre vigilance.

                   

                  Qu’expose cette loi ?

                   

                  La loi de 1905 proclame en premier lieu la liberté de conscience : "La République assure la liberté de conscience". Elle a pour corollaire la liberté religieuse, la liberté d’exercice du culte et la non-discrimination entre les religions.

                  Elle pose en second lieu le principe de la séparation des Églises et de l’État : "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte". Il est mis fin au Concordat instauré en 1801 qui régissait les relations entre l’État et les cultes. Jusqu’alors, l’État reconnaissait quatre cultes (catholique, réformé, luthérien, israélite) qui étaient organisés en service public du culte. L’État payait les ministres de ces cultes et participait à leur désignation ainsi qu’à la détermination des circonscriptions religieuses. Les autres cultes n’étaient pas reconnus.

                  L’État se veut désormais neutre. Il n’y a plus du tout de religion légalement consacrée. Tous les cultes sont traités de manière égale.

                  Le régime de séparation a plusieurs conséquences, prévues par la loi :

                  • le budget des cultes est supprimé, à l’exception du budget relatif aux aumôneries des lycées, des hospices, des prisons, etc.
                  • Les aumôneries sont ainsi autorisées pour permettre le libre exercice des cultes dans les lieux publics fermés.

                  Les établissements publics du culte, jusque-là chargés de la gestion des cultes, sont remplacés par des associations cultuelles.

                   Ces associations doivent avoir pour unique objet l’exercice d’un culte. Elles ne peuvent pas recevoir de subventions publiques. Leurs ressources doivent provenir de l’argent des cotisations d’adhésion, des quêtes et des collectes pour l’exercice du culte.

                  L’Église catholique refuse de constituer ces associations, qui ne reconnaissent pas l’autorité de l’évêque.

                  Devant le refus de l’Église catholique de créer de telles associations, une loi de 1907 prévoit que tous les édifices catholiques deviennent propriété publique. Ils sont mis à la disposition des fidèles et des ministres du culte. Quant aux édifices postérieurs à la loi de 1905, ils sont la propriété des associations cultuelles ou diocésaines qui les ont construits.

                  En 1923 un compromis est trouvé et des associations diocésaines, placées sous la présidence des évêques, sont constituées ;

                  • les règles concernant le régime de propriété des édifices cultuels sont redéfinies. Restent propriétés de l’État, des départements ou des communes, les édifices religieux qu’ils possédaient avant la loi (notamment ceux nationalisés en 1789).
                  •  
                  • Les édifices religieux qui appartiennent aux établissements publics du culte sont, pour leur part, attribués aux associations cultuelles.
                  •  
                  • Ainsi, l’église est chez elle, elle a dans son sein tous les pouvoirs, et n’est plus assujettie au pouvoir politique, contrairement à ce qui se passait sous le Concordat qui n’en finissait plus. L’Etat est aussi chez lui, l’Eglise ne peut lui dicter ses lois. Victor Hugo est exhaussé.

                   

                   

                    Claude Barratier

                  P.S La loi de 1905 n’est pas appliquée partout. Sept territoires d’outre-mer : Guyane, Mayote, Saint-Pierre-et-Miquelon, Polynésie française, Wallis-et-Futuma, Nouvelle-Calédonie et Terres australes ne sont pas soumis à la loi du 9 décembre 1905 comme les départements du grand Est de la France ont encore leurs prêtres, évêques, pasteurs, rabbins, imams payés par l’Etat français.

                   


                  • Seth 1er mars 12:34

                    @C BARRATIER

                    Farouches laïcards devant l’Eternel : les Francs Maçons Emile « le petit père » Combes qui n’a pourtant pas combattu le Concordat et que vous avez cité, et le pasteur protestant Frédéric Desmons.


                  • njama njama 29 février 21:37

                    L’Europe n’est pas laïque au sens français que nous donnons à la laïcité. Portugal, Espagne, Italie, Allemagne...sont encore sous des Concordats signés sous les dictatures de Salazar, Franco, Mussolini, Hitler, ... , et, donc, logiquement la laïcité française ne saurait être soluble dans un fédéralisme de l’Europe. Elle n’a jamais été un concept universel. Il existe 36 sortes de laïcité dans le monde, toutes liées à des questions historiques singulières propres à chaque nation. La Belgique prélève un impôt, le contribuable déterminant vers quelle association, religieuse, ou civile reconnue d’utilité publique, il doit être reversé. L’État belge ne prend pas parti pour une religion ou une autre. La République Arabe Syrienne par exemple est laïque, la Syrie étant un État multiconfessionnel.

                    Il faut donc bien distinguer le corps politique institutionnel qui incarne l’État, de la nation elle-même. La loi de 1905 n’était pas faite pour le peuple, comme on essaie de nous la présenter depuis une décennie ou deux, elle séparait réciproquement la religion (l’influence cléricale subordonnée à Rome, un État étranger) du corps politique, pour une neutralité réciproque. Ce n’est pas la laïcité française qui est le problème, c’est le reniement de nos dirigeants politiques qui avaient pourtant été éduqués aux valeurs républicaines qu’ils piétinent aujourd’hui ! laïcité qu’ils n’hésitent pas à manipuler !

                    C’est l’abrogation de cet article 17 du TFUE (traité de fonctionnement de l’Union européenne) qui faudrait obtenir, la laïcité française pouvant être vue comme une spécificité culturelle (régionale) du rapport de la politique à la religion non transposable dans l’Union €uropéenne.


                    • OJBA 1er mars 14:27

                      @njama « éduqués aux valeurs républicaines » ? Quand vous faites votre scolarité dans un lycée privé catholique, même sous contrat, m’est avis que les valeurs républicaines sont un peu ... oubliées. Il n’y a pas que les programmes d’enseignement qui entrent en jeu.


                    •  C BARRATIER C BARRATIER 1er mars 15:23

                      @njama
                      Moi non plus, peuple  je ne m’intéressais pas à la loi de 1905. Je m’y suis intéressé dès que des politiques ont envisagé de la modifier
                       Donc, ok djama


                    • njama njama 29 février 22:42

                      Voilà ce qu’on peut lire sur Wikipedia Forum de l’islam de France :

                      La naissance du FORIF et son avenir
                      Dans ce contexte, l’État a choisi de mobiliser les acteurs locaux identifiés comme compétents sur les sujets d’intérêt général liés au culte musulman afin d’entamer un dialogue sur des sujets déterminés. Ce nouveau format marque le passage d’une approche organique avec la recherche d’un représentant unique, à une volonté de dialogue direct au niveau départemental et au niveau national avec des interlocuteurs représentatifs de l’ensemble des courants présents dans le culte musulman en France

                      https://fr.wikipedia.org/wiki/Forum_de_l%27islam_de_France#cite_ref-:0_1-1

                      un choix discrétionnaire d’acteurs locaux... !

                      Une approche organique... cad des statuts (?), une qualification juridique, une organisation administrative qui fédérerait ?

                      avec la recherche d’un représentant unique !!!!!!!! comment ? par un processus électoral, une nomination discrétionnaire entre pairs ?... alors là ça va carrément coincer parce que c’est simplement incompatible par nature avec l’Islam, aucun musulman ne peut se dire représentant de l’Islam, de la Oumma...

                      Donc on a un gouvernement qui visiblement ne comprend rien à la religion Islam, qui ne fera qu’essayer comme des colons d’appliquer la Directive de l’U€ art. 17 du TFUE... alors que la loi de 1905 invite le politique à ne pas immiscer dans la religion qui doit rester du domaine du privé.


                      • L'apostilleur L’apostilleur 1er mars 01:14

                        @njama
                        Le gouvernement est dans son rôle, il cherche...
                        Une façon de montrer aux musulmans qu’ils s’intéresse à ce problème. 


                      • njama njama 1er mars 09:41

                        Complet désaccord avec vous, le gouvernement ne cherche qu’à appliquer la Directive TFUE de l’U€.

                        La Loi de 1905 séparait le politique de « la religion » (exit concordat de 1801, le Décret Crémieux...) prise au sens large des différentes obédiences du tissu de la nation, elle a été dévoyée depuis l’adhésion au forceps à l’U€ avec Sarkozy « Chanoine de Latran » à la manœuvre.

                        Macron lui emboîte le pas en 2018 ! https://www.youtube.com/watch?v=POtcVEt8ytM

                        La loi de 1905 ramenait la religion dans la sphère privée, la belle affaire ! Les cadres légaux existent déjà, les associations cultuelles, philosophiques,... sont régies par la Loi de 1905, quel besoin d’en rajouter ? il existe aussi des lois qui protègent les cultes... des troubles à l’ordre public.
                        Pour les dérives, le gouvernement en plus des lois de Police, a depuis 1998 son « bras armé », la Mils devenue Miviludes, en 2002, aujourd’hui sous tutelle du ministère de l’intérieur depuis 2020. Une police de la pensée ?

                        A Bruxelles, et Strasbourg le lobbying religieux est très actif... pour nous conduire où ? L’uniformisation dans l’U€, soyons clair, elle est simplement impossible...


                      • L'apostilleur L’apostilleur 1er mars 10:36

                        @njama
                        Nos lois républicaines datent d’une époque préislamique en France. 
                        « ..La France de 1905 reconnaitra par conséquent toutes les religions également, en les ignorant.. »
                        Or, la religion est une affaire d’Etat sinon pourquoi l’Etat s’en serait mêlé depuis la Révolution ?
                         https://onenpensequoi.over-blog.com/2020/11/la-religion-est-une-affaire-d-etat.html


                      • njama njama 1er mars 11:09

                        @L’apostilleur
                        Nos lois républicaines datent d’une époque préislamique en France.
                        L’Algérie était française depuis 1832, le Protectorat en Tunisie a été institué par le traité du Bardo du 12 mai 1881 au terme d’une conquête militaire
                        Et donc, l’Islam ne gênait pas trop l’État français semble-t-il durant ces décennies avant la Loi de 1905...
                        ok pour le Maroc, post loi de 1905, Protectorat chérifien, traité de Fès 30 mars 1912.
                        Cette Loi de 1905 a un caractère général, c’est précisément ce qui fait qu’une loi est bonne, encore plus si on se pique d’être républicain...
                        La République ne reconnaît que les citoyens sans distinction de race, de croyances etc...

                        s’entendre sur une gouvernance commune en France ?

                        Combien d’élus musulmans en France, élus locaux, régionaux, députés, sénateurs, ministres... ? combien de millionnaires, de propriétaires de grands médias, de grandes entreprises..., en France comme en Europe ?
                        Quel intérêt d’agiter une muleta devant un imaginaire péril islamique qui n’existe pas plus en Europe que n’a existé le péril chinois ?
                        Le christianisme catholique devrait s’inspirer des chrétiens d’Orient...


                      • L'apostilleur L’apostilleur 1er mars 14:55

                        @njama
                        « ..Et donc, l’Islam ne gênait pas trop l’État français semble-t-il durant ces décennies avant la Loi de 1905... »
                        C’est bien ce que je dis.
                        La loi n’a pas eu à gérer le problème islamique qui n’existait pas alors.
                         
                        « ..Le christianisme catholique devrait s’inspirer des chrétiens d’Orient... »
                        Disparaître ?

                        « ..un imaginaire péril islamique.. »
                        Plutôt une immiscibilité d’après ce descendant de Mahomet qui reproche son laxisme à la France. 
                        https://onenpensequoi.over-blog.com/2022/10/l-opinion-surannee-d-un-musulman-religieux-et-chef-d-etat-a-propos-de-l-immigration-maghrebine-en-france.html 


                      • njama njama 1er mars 16:54

                        @L’apostilleur
                        Je suis encore en désaccord avec vous... la Loi de 1905 ne précise pas qu’elle serait valide pour telle ou telle confession, c’est vous qui interprétez, c’est donc une loi générale, la religion comprise au sens large. La Loi de 1905 va donc de pair avec la liberté d’expression de la foi religieuse indépendamment des particularismes, chrétiens, juifs, bouddhistes,... des schismes.
                        Imaginez que la religion catholique se réformerait de fond en comble, par exemple, cesse d’être cléricale en émancipant ses ouailles [ce qu’elle aurait dû être depuis toujours ?],... serait-elle considérée comme une nouvelle religion ? puisque n’existait rien de la sorte auparavant ?
                        Imaginez un nouveau courant spirituel, qui pourrait être apparenté à une religion
                        Imaginez un creuset œcuménique abrahamique d’une foi libre... qui n’existait pas auparavant...
                        En quoi l’existence de nouveaux édifices de nouvelles « assemblées » (le sens de iglesia) de croyants gênerait-il l’État dont il n’aurait pas la charge tant qu’il n’y aurait aucun désordre public ? De tout cela l’État n’a pas à sans occuper, ce n’est pas dans les prérogatives de la Loi de 1905.
                        Les chrétiens d’Orient cohabitent avec l’Islam et le judaïsme depuis 14 siècles, (abstraction de l’épiphénomène judéo-sioniste récent qui sera probablement éphémère...) c’est factuel. Si l’Orient l’a fait, qu’est-ce qui y ferait obstacle sur le fonds spirituel, ici en Europe ? rivalités entre obédiences ? une histoire d’ego, le lustre des siècles qui donne majesté ?


                      • L'apostilleur L’apostilleur 1er mars 19:26

                        @njama
                        « ..c’est donc une loi générale, la religion comprise au sens large.. »
                        Une loi édicte un commandement dont les conséquences ne sont souvent pas écrites. 1905 n’a pas écrit que c’était une mise au pas des ecclésiastiques ni un bénéfice pour les protestants et les juifs, pas plus qu’elle n’a envisagé l’arrivée des musulmans avec leurs charias. 
                        Si les députés d’alors avaient connu leurs exigences et leurs refus, cette loi aurait restreint le cadre de la laïcité.
                         
                         « ..Les chrétiens d’Orient cohabitent avec l’Islam et le judaïsme depuis 14 siècles.. »

                        J’ai en mémoire la cathédrale copte d’Assouan bankerisée, le nettoyage des juifs de Boukhara, la maltraitance des chrétiens d’Israël...
                        Les chrétiens d’Orient survivent dans l’indifférence totale. 
                        Juste un exemple, la Syrie.
                        https://onenpensequoi.over-blog.com/2019/11/en-syrie-dans-un-monde-musulman-sunnite-quel-avenir-sans-bachar-el-assad-pour-les-laics-et-les-minorites.html 


                      • L'apostilleur L’apostilleur 1er mars 01:11

                        @ l’auteur 

                        Sujet intéressant. 

                        Cette affaire est un pot de pue sans issue.

                        Personne n’arrivera à faire s’entendre les « chapelles » musulmanes de pays différents, l’echec du CFCM se reproduira toujours.

                        Qui nous dira comment les musulmans tunisiens, marocains, algériens, turcs.. pourraient s’entendre sur une gouvernance commune en France  ?

                        Ils n’ont arrêté de se déchirer que pour manifester « contre l’islamophobie »..

                        https://onenpensequoi.over-blog.com/2018/10/tariq-ramadan-parti-arrive-marwan-muhamad.html

                        Ceci dit, le jour où ils se mettraient d’accord, nos institutions risqueraient d’être chariées.


                        • zygzornifle zygzornifle 1er mars 08:46

                          Pour l’instant il joue au con .....


                          • ETTORE ETTORE 1er mars 12:53

                            Vous connaissez vous, une réalisation Macaronesque, qui a abouti à la pacification de quelque chose ?

                            Moi non ! Mais je suis tout ouïe .....


                            • ZenZoe ZenZoe 1er mars 13:35

                              Macron n’a aucun projet pour la France, comment faut-il le dire ? Il n’a qu’un projet, lui-même, et tout le reste ne lui sert que de marchepied (voire de paillasson). Oui, c’est ça, il est en marche vers son destin (glorieux), et il s’essuie les pied sur tout ce qu’il foule.

                              Sur l’Islam : un jour ou l’autre, on va bien finir par s’en rendre compte, il n’aurait jamais du être accepté en Europe, où il va mettre le bazar comme il l’a mis partout où il s’est installé, surtout là où il y avait d’autres religions, d’autres cultures, et même d’autres branches de l’Islam, c’est dire !!! La laïcité, ni même l’Islam de France, ça ne marche pas avec l’Islam. L’Islam veut nous manger, comme il a voulu le faire autrefois. Les élites oublient, pas le peuple, c’est inscrit dans une mémoire collective. Ca s’est toujours mal passé avec l’Islam, et pourquoi donc voulez-vous que ce soit différent cette fois-ci ?


                              • njama njama 1er mars 13:49

                                @ZenZoe
                                La Loi de 1905 séparait bien le politique de la religion, cela avait fait des vagues au moment de sa promulgation, puis le sujet était devenu un non-sujet.
                                Je n’ai pas souvenir que cela faisait débat dans la société avant 2003, c’est à dire avant l’adhésion à l’U€...
                                l’U€ qui remet le couvert alors que l’on ne demandait rien, nous, le peuple de France, rien d’apparenté de près ou de loin dans tous les programmes politiques des partis, tous confondus, rien dans les politiques des gouvernements successifs de gauche ou de droite de la V° république.
                                Ou j’aurais loupé un épisode ?
                                Pareillement pour le marxisme, le communisme la religion est un non-sujet...

                                A moins de me démontrer le contraire, c’est l’U€ qui agite le bocal... et nous met en eaux troubles


                              • njama njama 1er mars 14:44

                                L’U€ a peut-être un intérêt politique à nous diviser, puisque sa finalité fédérale c’est la dilution des nations qui la composent ? il faut qu’elle s’emploie à les désagréger, les détricoter un peu à la fois

                                Dès qu’un sujet politique cherche à nous diviser, nous devrions redoubler de vigilance. D’un point de vue de la lutte des classes, nous avons tous les mêmes préoccupations, un toit, un emploi, une famille, l’éducation, la paix sociale, la justice, des lois équitables... c’est vrai quelles que soient nos origines.


                              • cevennevive cevennevive 1er mars 15:01

                                Bonjour CHALOT et tous,

                                Merci de cet article et des commentaires.

                                Je vais ajouter un ressentiment de plus qu’aucun de vous n’a abordé :

                                A l’heure où les églises, les temples sont désertés, ou s’écroulent, à l’heure où les paroisses protestantes ou catholiques manquent de pasteurs ou de prètres, à l’heure où les familles doivent aller chercher un pasteur ou un curé à des kilomètres pour assister aux funérailles de leurs proches,

                                Les mosquées fleurissent, de plus en plus imposantes, de plus en plus prégnantes dans les villes.

                                Je suis une laïque convaincue, mais j’aime voir et visiter églises ou cathédrales, rendre visite aux vieux temples (comme celui d’Anduze par exemple) et aux grottes où mes ancêtres protestants se réunissaient durant les guerres de religion.

                                C’est notre histoire, ce sont les berceaux de nos ancêtres, les endroits où l’on a présenté nos descendants devant les fonds baptismaux à leur entrée dans ce monde, etc.

                                Verrons-nous un jour détruire nos églises, nos temples, comme « ils » ont détruit les Buddhas de Bâmiyân ???


                                •  C BARRATIER C BARRATIER 1er mars 15:29

                                  @cevennevive
                                  Les communes ont l’obligation d’entretenir les églises qui existaient avant 1905, c’est à dire la majorité. On a vu l’élan national et d’Etat pour réparer la cathédrale Notre Dame à Paris, et c’est notre fierté. Les temples protestants sont logés à la même enseigne, les synagogues aussi. Les mosquées étaient rares.


                                • cevennevive cevennevive 1er mars 15:50

                                  @C BARRATIER, bonjour,

                                  Oui, je sais cela.
                                  Mais combien d’églises ou de temples sont délaissés par certaines municipalités ?
                                  Le temple de mon village a été transformé en bibliothèque. Bon, cela a au moins le mérite de servir à tous. Mais l’église du XIIe siècle, toute belle sur son promontoire, est toujours fermée à clé...
                                  J’ai vu l’autre jour une petite église d’un joli petit village haut perché et perdu dans les montagnes, où était entreposé du foin pour les brebis...
                                  Une autre église ’Notre Dame des Mines" est si croulante que même la route la bordant est barrée.
                                  Vous me parlez de Notre Dame. Je suis heureuse du soin que l’on a pris pour cette cathédrale. Bravo !
                                  Mais une mauvaise pensée me vient : Notre Dame n’aurait-elle pas subi un peu des outrages des Buddhas de Bâmyân. (Hou, la vilaine complotiste !!!)


                                •  C BARRATIER C BARRATIER 1er mars 15:37

                                  la loi de 1905 suite 

                                  La déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui suit le préambule donne les mêmes droits à chacun. C’est l’égalité qui fait partie de la laïcité, celle-ci ne reconnaissant aucune supériorité d’un prétendu noble ou d’un chef religieux.

                                   

                                  Peu après Olympe de Gouges proclame la  « Déclaration des droits de la Femme » considérée inférieure à l’homme dans les trois religions du Livre. Sa destinée était  de faire des enfants et de rester à la maison. Cela va changer.

                                   

                                  La séparation du droit civil, la loi des hommes, de la loi des religions entraînera le droit encadré à l’avortement, la gratuité de la contraception

                                   

                                  En 1792, les registres des mariages et des naissances sont remis aux communes et ne dépendent donc plus des curés. C’est la création de l’tat civil. On introduit le divorce, que l’Eglise catholique interdisait.

                                   

                                  La République est proclamée le 22 septembre 1792.

                                   

                                  C’est la première séparation déclarée de l’Eglise et de l’Etat.

                                   


                                  •  C BARRATIER C BARRATIER 1er mars 15:47

                                    la loi de 1905 suite

                                    C’était trop beau, la loi Guizot de 1833 qui institue les écoles publiques, y maintient l’instruction religieuse obligatoire.

                                     

                                    Les Français vont vivre une marche à reculons, avec des lois réactionnaires

                                     

                                    Il y a bien eu la Révolution de 1848 et la proclamation de la seconde République., Mais l’assemblée nationale élue, donne finalement une majorité pro cléricale avec Thiers.

                                     

                                     La loi Falloux de 1850 organise le monopole des congrégations religieuses sur l’enseignement primaire, malgré la forte intervention de Victor Hugo à l’Assemblée nationale contre le parti clérical. Je cite Victor Hugo qui demande

                                     

                                    « l’Eglise chez elle, l’Etat chez lui »

                                     

                                    La loi de 1905 si longuement élaborée peut être abimée, trahie par d’autres messieurs Thiers, d’où notre vigilance.

                                     

                                    Qu’expose cette loi ?

                                     

                                    La loi de 1905 proclame en premier lieu la liberté de conscience : "La République assure la liberté de conscience". Elle a pour corollaire la liberté religieuse, la liberté d’exercice du culte et la non-discrimination entre les religions.

                                    Elle pose en second lieu le principe de la séparation des Églises et de l’État : "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte". Il est mis fin au Concordat instauré en 1801 qui régissait les relations entre l’État et les cultes. Jusqu’alors, l’État reconnaissait quatre cultes (catholique, réformé, luthérien, israélite) qui étaient organisés en service public du culte. L’État payait les ministres de ces cultes et participait à leur désignation ainsi qu’à la détermination des circonscriptions religieuses. Les autres cultes n’étaient pas reconnus.

                                     


                                    •  C BARRATIER C BARRATIER 1er mars 15:53

                                      la loi de 1905 suite

                                      L’État se veut désormais neutre. Il n’y a plus du tout de religion légalement consacrée. Tous les cultes sont traités de manière égale.

                                      Le régime de séparation a plusieurs conséquences, prévues par la loi :

                                      • le budget des cultes est supprimé, à l’exception du budget relatif aux aumôneries des lycées, des hospices, des prisons, etc.
                                      • Les aumôneries sont ainsi  autorisées pour permettre le libre exercice des cultes dans les lieux publics fermés.

                                      Les établissements publics du culte, jusque-là chargés de la gestion des cultes, sont remplacés par des associations cultuelles.

                                       Ces associations doivent avoir pour unique objet l’exercice d’un culte. Elles ne peuvent pas recevoir de subventions publiques. Leurs ressources doivent provenir de l’argent des cotisations d’adhésion, des quêtes et des collectes pour l’exercice du culte.

                                      L’Église catholique refuse de constituer ces associations, qui ne reconnaissent pas l’autorité de l’évêque.

                                      Devant le refus de l’Église catholique de créer de telles associations, une loi de 1907 prévoit que tous les édifices catholiques deviennent propriété publique. Ils sont mis à la disposition des fidèles et des ministres du culte. Quant aux édifices postérieurs à la loi de 1905, ils sont la propriété des associations cultuelles ou diocésaines qui les ont construits.

                                      En 1923 un compromis est trouvé et des associations diocésaines, placées sous la présidence des évêques, sont constituées ;

                                      • les règles concernant le régime de propriété des édifices cultuels sont redéfinies. Restent propriétés de l’État, des départements ou des communes, les édifices religieux qu’ils possédaient avant la loi (notamment ceux nationalisés en 1789).
                                      •  
                                      • Les édifices religieux qui appartiennent aux établissements publics du culte sont, pour leur part, attribués aux associations cultuelles.
                                      •  
                                      • Ainsi, l’église est chez elle, elle a dans son sein tous les pouvoirs, et n’est plus assujettie au pouvoir politique, contrairement à ce qui se passait sous le Concordat qui n’en finissait plus. L’Etat est aussi chez lui, l’Eglise ne peut lui dicter ses lois. Victor Hugo est exhaussé.

                                       

                                      Pour combien de temps ? Est ce définitif ?


                                      •  C BARRATIER C BARRATIER 1er mars 15:58

                                        la loi de 1905 suite

                                        Des résistances à la loi de 1905, mais aussi des soutiens vont se manifester.

                                        Xavier de Beauvais, ancien curé de la paroisse de St Nicolas de Chardonnet, conseiller doctrinal de l’association catholique intégriste « Civitas » a fait un discours intitulé « Sus à la laïcité » lors de la « Fête du pays réel », à Rungis, le 24 mars 2018 :

                                        « Pas de laïcité dans nos quartiers. La laïcité, avec la loi de 1905, est un produit de la Franc-Maçonnerie, c’est une conception naturaliste de la vie qui introduit l’athéisme dans le domaine politique, social, scientifique. Pour l’Etat l’homme est la valeur suprême, alors que c’est Dieu.

                                        La laïcité est la peste de notre époque. On passe d’une société basée sur le catholicisme à une société basée sur le principe de la laïcité. Le pluralisme conduit à l’anarchie. Aujourd’hui la France n’est plus chrétienne. Il faut avoir le courage de combattre les principes de la Révolution avec Charles Maurras. Jamais nos enfants n’iront dans une école où on a enlevé le crucifix. La laïcité est une nouvelle religion, celle de l’homme qui se fait Dieu, elle est injuste car elle abandonne les évangiles. Les chefs de la laïcité doivent être traduits en Haute Cour ».

                                        Nous notons la parenté de cette expression antilaïque avec celle du président Nicolas Sarkozy, dans la basilique Saint Jean de Latran, à Rome, je cite :

                                        « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance ».

                                        Sarkozy est un laïc antilaïque et la France l’a appelé à la présidence de la République !


                                        • ZenZoe ZenZoe 1er mars 17:44

                                          @C BARRATIER
                                          Toujours utile de rappeler le contexte, mais ici en l’occurence, le contexte est totalement différent. L’Europe est chrétienne, ses racines, ses coutumes, ses rois, tout, d’ailleurs autrefois on ne parlait pas d’Europe mais de chrétienté. La loi sur la laïcité voulait rebattre les cartes concernant une religion autochtone et intimement liée aux peuples parce qu’elle avait justement pris trop d’emprise, soit. Ca se conçoit et se justifie tout à fait.
                                          Aujourd’hui, on a affaire à une toute autre situation avec une religion non seulement allogène, non reconnue par les peuples européens comme faisant partie de leurs cultures, mais surtout conquérante et désirant devenir la seule option possible, une théocratie appliquée à tous, et qui se rit de notre loi dérisoire sur la laïcité, qui a le temps et les migrations jouant pour elle.


                                        • Panoramix Panoramix 1er mars 19:47

                                          La question se pose de manière pratique, et non pas seulement théorique.

                                          Il y a en France des mosquées sous la coupe d’états musulmans (dont c’est la religion d’état) qui les financent directement ou via des associations, et délèguent des imams. il y a donc ingérence d’états étrangers dans l’exercice de cultes en France.

                                          L’état français ne peut pas gérer directement un islam de France du fait des lois sur la laïcité, il ne peut donc qu’inciter (ou imposer) l’équivalent de ce qu’est le consistoire juif pour le judaïsme en France, donc une forme de consistoire musulman. Il y a eu plusieurs tentatives qui s’entremêlent (CFCM, FIF, FORIF...), manifestement les dissensions entre branches de cette religion ne permettent pas d’aboutir. En tout cas il faudrait au moins des engagements explicites imposés à toute religion, conditionnant leur acceptation (sinon elles entrent dans le registre des sectes) : interdiction de propager la haine nationale, ethnique ou religieuse, les discriminations, les inégalités entre hommes et femmes, etc.


                                          • charclot charclot 1er mars 20:16

                                            Il faudrait que le petit veuille quelque chose, là je crois qu’il navigue à vue avec une seule rame... !


                                            • njama njama 1er mars 22:24

                                              Ben voilà, c’est la faute à l’Islam... !

                                              une main d’œuvre bon marché venue des anciennes colonies françaises... qui faisaient œuvres civilisatrices évidemment... hors métropole

                                              devant l’immense pauvreté des arguments de certains commentateurs qui se reconnaitront, que faire, que dire... devant ce qui est à l’évidence une manipulation de la laïcité française par l’U€


                                              • Article inutile par les temps actuels ...

                                                Macron n’en démord pas d’envoyer des soldats français ( citoyen) en Ukraine .

                                                Pour faire la guerre aux Russes .

                                                Franchement votre tambouille de chiotte c’est de la fumée pour les gognolles 2,0 ...

                                                Minable adulte ( vieux) , qui se plait à brouiller les priorités du moment .

                                                Parjure .


                                                • CHALOT CHALOT 2 mars 09:03

                                                  Voici un courageux anonyme qui refuse tout débat parce qu’il y en aurait qu’un ! 


                                                  • Eric F Eric F 2 mars 09:26

                                                    ’’On a finalement simplement par ce biais de l’intervention de l’Etat donné à cette religion une officialité qui n’a cessé de jouer dans le sens d’un repli communautaire, et d’une emprise religieuse côté musulman qui n’existait nullement avant cette politique vue d’en haut’’


                                                    C’est exactement l’inverse, cette religion se déployait indépendamment de tout contrôle dans un cadre communautariste, et certaines mouvances propageaient des enseignements opposés aux principes républicains.

                                                    A la suite de réflexions entamées par Pierre Joxe lors de la présidence de François Mitterrand, puis relancées sous le gouvernement Jospin par Jean-Pierre Chevènement, l’état s’est efforcé de mettre en place une instance de cette religion pour contrôler la formation des prêcheurs et l’enseignement effectué au nom de leur religion, et représenter celle-ci lors de concertations. Cela a conduit sous la présidence de Nicolas Sarkozy à la mise en place du CFCM, qui a eu une certaine audience, avec des représentants de qualité. Mais l’harmonisation qui existe pourtant dans certains pays dont c’est la religion officielle n’a pas pu être obtenue du fait de la multiplicité des courants, et d’autres instances ont été créées, en vain. 


                                                    • Eric F Eric F 2 mars 09:30

                                                      rectificatif : le CFCM a été créé non pas sous la présidence de Nicolas Sarkozy, mais de Jacques Chirac, Sarko étant alors ministre de l’intérieur.


                                                    • Aristide Aristide 2 mars 10:55

                                                      @Eric F

                                                      Je souhaitais réagir à ce même extrait du texte de Chalot. Les grands esprits… m’enfin…

                                                      Il me semble que vous, comme Chalot, vous attribuez une relation de cause à effet, entre la création du CFCM et la radicalisation, pour Chalot et au contraire pour vous sa prévention. 

                                                      Pour ma part, je ne crois en rien à ces deux thèses. Ces conséquences sont simplement les effets prévisibles d’une radicalisation même de l’islam dans tout le monde islamique. Radicalisation qui a affecté de manière violente l’Algérie, la Syrie et bien d’autres pays.

                                                      En France, les effets se sont fait sentir assez rapidement depuis les années 1995. De l’apparition des signes extérieurs comme les voiles, les tenues islamiques de plus en plus fréquentes dans l’espace public… aux violences extrêmes des attentats.

                                                      L’instrumentalisation par LFI dans un sens et d’autres comme le RN et Reconquête dans le sens opposé sont aussi les effets indésirables de cette tendance mortifère d’un islam religieux transformé en modèle politique dans tout le monde musulman.

                                                      Je crains que toutes les mesures que la France pourrait prendre sur ce sujet n’auraient aucun effet réel. Notre modèle de société va tout droit vers un modèle communautariste, le rêve des laïques qui voyaient dans la laïcité la seule réponse s’évapore peu à peu. 



                                                      • Jean Keim Jean Keim 3 mars 08:35

                                                        Les religions ne sont que confusions et conditionnements mentaux, comment peut-on ne serait-ce qu’envisager d’encadrer la formation de leurs instructeurs ?

                                                        Toutes les religions se sont imposées souvent par la force, toujours d’une façon insidieuse, elles naviguent entre l’espérance d’un au-delà paradisiaque et la peur d’une condamnation quasi éternelle, elles parlent d’amour et font le jeu du diable qui réside dans les esprits, c’est ce même diable qui les a conçues.


                                                        • zygzornifle zygzornifle 3 mars 10:12

                                                          Macron est bête comme un énarque .... 

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