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Accueil du site > Tribune Libre > Maladie de l’olivier : la bactérie tueuse gagne du terrain

Maladie de l’olivier : la bactérie tueuse gagne du terrain

Oliviers condamnés par X. Fastidiosa

Le 21 septembre a été entrepris l’arrachage de 234 arbustes et autres végétaux dans le jardin de l’EPHAD « Les figuiers » de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes). En cause : la « maladie de l’olivier » qui, durant l’été 2017, est également arrivée en Espagne malgré des précautions sanitaires drastiques. Une situation qui inquiète, à juste titre, les arboriculteurs du sud de la France dont les plantations sont désormais directement menacées...

Dans un article du 18 mars 2015 intitulé L’olivier est-il menacé de disparition en Italie ?, j’exposais les terribles dégâts causés dans la région des Pouilles (sud de l’Italie) par ce l’on nomme la maladie de l’olivier, une affection mortifère apparue en 2013 dans les environs de Lecce. En quelques années, toutes les plantations d’oléagineux ont été condamnées par l’irréversible dégénérescence des oliviers sur une superficie de... 10 000 hectares ! La menace était telle qu’à la date de cet article une zone de confinement de 23 000 hectares avait été décrétée par les autorités pour protéger les terroirs agricoles périphériques d’un risque de progression de l’épidémie. Pour mémoire, rappelons que l’infection est due à une bactérie dénommée Xylella fastidiosa dont le vecteur de dissémination est un insecte suceur appelé cicadelle. À ce jour, aucun traitement n’a encore été mis au point pour enrayer la maladie de l’olivier malgré les recherches entreprises en Italie, notamment par les scientifiques de l’Université de Bari, et ce sont près d’1 million d’oliviers qui ont été détruits.

Le jeudi 21 septembre, les membres du Comité phytosanitaire européen se sont réunis à Bruxelles. Ils viennent, après deux jours de travaux et en l’absence d’un consensus, de refuser de mettre au vote une requête du président des Pouilles, Michele Emiliano, visant à assouplir la décision d’exécution 2015/789 portant sur les mesures destinées à enrayer l’apparition et la propagation de la bactérie Xylella fastidiosa. En pratique, la demande de M. Emiliano avait pour objectif d’obtenir pour les zones dévastées par l’épidémie dans les Pouilles la délivrance d’un Passeport phytosanitaire européen (PPE) autorisant la réimplantation d’espèces d’oliviers et autres espèces d’agrumes présumées résistantes à la bactérie. Le principe de précaution l’a emporté et ce n’est évidemment pas une bonne nouvelle pour les producteurs locaux, condamnés à attendre que la communauté scientifique donne un feu vert sans ambiguïté. On peut comprendre la prudence des chercheurs et de l’Union Européenne. Car c’est désormais une certitude : la maladie de l’olivier gagne du terrain et menace l’ensemble du pourtour méditerranéen.

26 foyers infectieux dans la région d’Alicante

En novembre 2016, des cas de contamination ont été détectés en Espagne sur des oliviers, des amandiers et, à un degré moindre, des cerisiers. D’abord dans une pépinière de l’île de Majorque, puis en janvier 2016 sur l’île d’Ibiza. La réaction des autorités sanitaires espagnoles a été radicale : l’ensemble de l’archipel des Baléares a, malgré quelques vaines protestations, été aussitôt soumis à un embargo drastique sur les exportations de végétaux qui valait non seulement pour les professionnels, mais également pour les particuliers, interdits de toute sortie de plante quelle qu’en soit l’espèce. Une mesure dont la pertinence a été confirmée quelques semaines plus tard par les résultats des prélèvements effectués durant le trimestre ayant suivi l’apparition des premiers symptômes de la maladie dans la localité de Porto Cristo : sur les 565 échantillons analysés, 105, soit 18,5 %, étaient infectés par la bactérie Xylella fastidiosa.

Les précautions prises n’ont toutefois pas suffi : deux foyers d’infection ont été découverts à Guadalest (nord-est d’Alicante) au mois de juin 2017. Sous la ferme autorité des élus de la Generalitat de Valence et conformément aux obligations édictées par la décision européenne 2015/789, les plantations touchées ont très rapidement fait l’objet d’un traitement à base d’insecticide pour détruire les cicadelles, suivi de l’arrachage et de la destruction de tous les végétaux dans les parcelles concernées. Malheureusement pour les espagnols, un troisième foyer vient d’être détecté dans une plantation d’amandiers. Elle sera soumise aux mêmes mesures de destruction que les deux autres, avant sans doute que cette prophylaxie radicale ne soit étendue dans le voisinage. Aux dernières nouvelles, ce sont en effet 26 foyers infectieux qui ont été recensés par les autorités sanitaires. Avec pour conséquence la mise en quarantaine de 110 000 hectares répartis sur 80 communes, et des conséquences économiques désastreuses pour les arboriculteurs et les pépiniéristes. 

Si l’on en croit les experts scientifiques de l’Union européenne, Xyllela fastidiosa est capable de tuer plus de 200 espèces, ce qui en fait « l’une des bactéries les plus dangereuses au monde pour les végétaux ». On imagine aisément la fébrilité qui règne en Espagne, tant chez les oléiculteurs, déjà fortement touchés par les épisodes de sécheresse qui se multiplient, que dans les rangs du gouvernement. Et pour cause : la « bactérie tueuse » menace aujourd’hui de nombreuses espèces d’arbres fruitiers et d’ornement, mais surtout les 300 millions d’oliviers que compte le pays, 1er producteur mondial d’huile d’olive, loin devant la Tunisie et l’Italie.

L’Espagne est touchée, la France également

C’est en Corse, dans une zone artisanale de Propriano, qu’a été détecté en juillet 2015 le 1er cas d’infection par Xyllela fastidiosa. Malgré les mesures prises par les DRAAF (directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt) de Corse et de Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’autres cas sont apparus la même année dans les Alpes-Maritimes, notamment à Théoule-sur-Mer sur un genêt d'Espagne, à Villeneuve-Loubet sur une lavande, et à Mougins sur un polygala.

Depuis, le nombre des infestations n’a cessé de croître, au point que l’on recensait 342 foyers en Corse au 10 juillet 2017 (chiffres de la DRAAF), répartis sur 3800 km², soit 4,4 % du territoire de l’île, majoritairement situés en Corse du Sud (325 foyers). Nettement moins de cas sur le continent où, au 7 septembre 2017, l’on comptabilisait 27 foyers, 23 dans les Alpes-Maritimes et 4 dans le Var. Aucun olivier parmi les végétaux contaminés tant en Corse que sur le continent, mais très majoritairement des polygalas, suivis de loin par des immortelles, des calicotomes, des cistes, des lavandes, des genêts, ainsi que quelques autres espèces très minoritaires parmi lesquelles trois arbres : un prunier-cerise, un amandier et un chêne vert. Conformément aux obligations sanitaires imposées par l’Union Européenne, tous les végétaux contaminés et au contact de ceux-ci ont été arrachés et détruits tandis qu’une zone de désinsectisation de 100 m était délimitée autour des points d’infection, et une zone de 10 km soumise à de drastiques limitations de transport de végétaux et l’interdiction de sortie de végétaux de cette zone tampon.

L’EPHAD Les Figuiers de Villeneuve-Loubet figure parmi les 4 foyers décelés début septembre. Sommé par la DRAAF de procéder à l’arrachage des 341 végétaux du jardin de l’établissement qu’il dirige, M. Paul Bensadoun fait de la résistance, au risque de devoir payer une amende de 150 000 euros. À ce jour, il n’a en effet consenti à détruire que 234 végétaux, ceux qui figurent sur les listes des plantes directement exposées à l’infection par la bactérie tueuse. La souche qui sévit dans le sud de la France n’est en effet pas la même que celle – la sous-espèce pauca - qui a causé tant de dégâts dans les Pouilles. En conséquence, M. Bensadoun a décidé de conserver une centaine de végétaux, et notamment les figuiers qui ont donné leur nom à l’EPHAD, un olivier et les lauriers-roses du parc. Nul ne sait comment vont réagir les autorités sanitaires. Mais il est à craindre pour ce gestionnaire et plus encore pour les résidents âgés – déjà traumatisés par la première phase d’arrachage – qu’une décision contraignante ne soit rapidement prise par le préfet.

À ce jour, aucun olivier n’a encore été contaminé sur le sol français. Mais les spécialistes sont pessimistes : malgré toutes les précautions prises pour enrayer l’épidémie, celle-ci ne cesse de se propager dans les deux régions les plus exposées, au point que la zone tampon de la Côte d’Azur vient d’être élargie à Monaco et à la région de Vintimille en Italie. Une menace qui prend désormais la forme d’une épée de Damoclès pour les exploitants d’oliviers et d’amandiers, mais également les pépinièristes, parfaitement conscients qu’ils bénéficient d’un sursis.


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128 réactions à cet article    


  • sarcastelle sarcastelle 26 septembre 08:16

    Quelle horrible ironie ce serait d’apprendre un jour que la radioactivité est la cause de la maladie de l’Olivier ! 


    • Fergus Fergus 26 septembre 09:22

      Bonjour, sarcastelle

      Si la radioactivité est en cause, ce ne peut être qu’en raison de ses émissions naturelles. La bactérie xylella fastidiosa est en effet connue depuis la fin du 19e siècle et pour ses capacités à détruire le vignoble, de même que d’autres végétaux moins importants sur le plan économique. On a d’ailleurs nommé l’infection des vignes du Nouveau Monde « maladie de Pierce » du nom du chercheur américain qui en a découvert la cause. 

      Longtemps concentrée en Amérique du Nord, la xylella fastidiosa est arrivée - sans doute accidentellement - dans les Pouilles en 2013 sous la forme « pauca ». Cette bactérie ne tue pas que les oliviers mais de nombreuses autres espèces végétales.

      Ce qui en fait une ennemie redoutable de l’agriculture en Europe est évidemment qu’elle risque de mettre en péril à plus ou moins long terme les plantations d’oliviers, ce qui serait une catastrophé économique pour l’Espagne, la Grèce, l’Italie et, pour ce qui nous concerne, la Corse où l’olivier représente près de 20 % des surfaces cultivées.


    • Fergus Fergus 26 septembre 11:16

      Bonjour, Shawford

      Merci pour ce lien. Personnellement, je ne connaissais pas ce port bimillénaire.


    • Fergus Fergus 26 septembre 11:43

      @ Woody

      Tu devrais essayer Shogun, ça sonne très bien et même l’orthographe est séduisante ! smiley


    • Christ Roi Christ Roi 26 septembre 16:43

      Cette maladie est une excellent nouvelle ! Je commence à en avoir ras la casquette de toute cette nourriture méditerranéenne à base d’huile d’olive. L’huile d’olive est devenue dégueulasse et sa disparition améliorera nos assiettes. Tout va bien . smiley


    • Fergus Fergus 26 septembre 16:46

      Bonjour, Christ Roi

      Les huiles d’olives sont comme la plupart des produits alimentaires : il en existe certes de médiocres mais également d’excellentes.

      Et puis nul n’est obligé d’en consommer, ce qui est mon cas. smiley 


    • Garibaldi2 2 octobre 03:23

      @Fergus

      Vous :  ’’écrivez aucun olivier n’a encore été contaminé sur le sol français’’. Vous voulez parler du continent, car la maladie de l’olivier est déjà arrivée en Corse : https://lc.cx/cVQc


    • Fergus Fergus 2 octobre 09:19

      Bonjour, Garibaldi2

      La Corse a bien été touchée dès 2015 par la « maladie de l’olivier », ce que j’ai rappelé dans l’article et plusieurs commentaires.

      Mais je confirme qu’aucun olivier n’a été atteint à ce jour. A toutes fins utiles concernant la Corse, voici la liste des végétaux qui ont été infestés au 31 août 2017 : lien.


    • Aleoli 2 octobre 22:38

      @Fergus

      Si vous lisez attentivement le CR vous verrez que La fiabilité des analyses OFFICIELLES françaises sont remises en cause : même le Préfet de Corse a accepté de travailler sur le sujet !!!! Il faut dire plus justement : AUCUN OLIVIER N’A ENCORE ÉTÉ OFFICIELLEMFNT DÉCLARE INFECTE EN CORSE !!! Jusqu’à ce qu’on change le protocole officiel d’analyse ... il en est question pour novembre à Majorque !!!!! La situation réelle est malheureusement sous estimée ... et le ministère de l’Agriculture sait à quoi s’attendre : sur le budget 2018, 300 millions d’Euros ont été provisionnés pour indemniser les agriculteurs, notamment sur XF !!


    • Fergus Fergus 3 octobre 09:16

      Bonjour, Aleoli

      Merci pour ces informations.

      Cela dit, je ne vois pas pourquoi la Draaf (dont je donne ci-dessus la liste des végétaux infestés) fournirait des données erronées. Qu’un olivier soit infesté ou pas, il est arraché et détruit s’il se trouve dans un foyer d’infection par la bactérie. Et cela même si la maladie a touché dans ce foyer uniquement des polygalas, des cistes ou des lavandes !

      Hier, j’ai vu un ami de Corse qui revient de Corse du Sud. Il m’a dit qu’en matière de prévention, les contrôles sanitaires, déjà drastiques, ont encore été renforcés. Quel serait d’ailleurs l’intérêt des pouvoirs publics de minimiser les risques ? En cas d’infestation galopante, ils en seraient tenus pour responsables.


    • bob14 bob14 26 septembre 08:17

      Les mutations de l’ADN sont à l’origine des variations qui permettent l’évolution des organismes vivants. Elles peuvent avoir des effets positifs, négatifs ou neutres, et c’est l’équilibre entre ces différents effets qui va conduire à l’adaptation des organismes vivants à leur environnement. Comprendre comment la production de mutations varie au cours du temps est donc indispensable pour décrire les processus évolutifs.


      • bob14 bob14 26 septembre 09:02

        @Shawford....C’est il y a près de 4 milliards d’années que la chimie de la vie se mit en place dans les océans. Les premières formes de vie formées à la suite de l’évolution chimique datent d’au moins 3,6 milliards d’années...Ces êtres vivants puisaient leur énergie dans les molécules du milieu qui les entourait, notamment par des réactions de fermentations. Certaines bactéries ont alors développé des moyens de récupérer cette énergie du rayonnement solaire, source inépuisable. C’est l’apparition de la photosynthèse....Observées chaque jour dans un laboratoire grenoblois depuis 1988, des bactéries en sont à 55.000 générations, soit l’équivalent de deux millions d’années d’évolution pour des êtres humains. Objectif de cette expérience géante : comprendre comment les mutations du génome des bactéries participent à leur capacité d’adaptation.... !


      • Fergus Fergus 26 septembre 09:27

        Bonjour, bob14

        « Comprendre comment la production de mutations varie au cours du temps est donc indispensable pour décrire les processus évolutifs. »

        Certes ! Mais en attendant, ce sont les effets des structures bactériennes existantes qui sont pénalisantes, et face auxquelles l’on constate à quel point nous sommes démunis.


      • bob14 bob14 26 septembre 09:53

        @Fergus...Bonjour...l’évolution est constante même chez les bactéries..(le climat y est pour l’essentiel)..Notre planète est vivante et nous le fait savoir tous les jours en bien comme en mal...


      • Lebougnat Lebougnat 26 septembre 08:20

        Ce sont les« petits cadeaux » de la mondialisation sauvage
        .
        La liste est longue insectes, maladie, végétaux, animaux importés du bout du monde accidentellement ou sciemment.
        Une véritable catastrophe écologique peu médiatisée.


        • Fergus Fergus 26 septembre 09:31

          Bonjour, Lebougnat

          Vous avez raison. Et les conséquences sont d’autant plus dommageables que les espèces animales ou végétales endémiques dans telle ou telle région de la planète ne sont pas forcément armées au plan génétique à faire face à des agents pathologiques venus d’ailleurs.


        • Armelle Armelle 26 septembre 09:15

          @Fergus
          C’est en effet dramatique mais d’autant plus surprenant que cette pathologie touche cet arbre symbole de la force et de la longévité !!!
          Quelle affront à la religion, car je ne peux alors m’empêcher d’en faire le lien avec la mort lente du christianisme que vit ce début de siècle. Cette histoire rocambolesque et fantaisiste qui prit forme au mont des oliviers avec « l’ascension » pourrait bien disparaître totalement avec l’olivier, ce qui ne me rassure pas pour ce dernier.
          A moins que sous la pression (pas à froid celle-ci) d’une rareté évidente, son élixir devienne l’or liquide et finisse par être convoité par les mafias (comme l’avocat au Mexique) qui, avec leurs narco dollars financeront des hybrides résistants, ou utiliseront une chimie thérapeutique pour l’arbre mais néfaste à l’homme pour se doter d’un nouveau marché « juteux »... Ben oui, comme Fernand Raynaud avec son blé, la cocaïne ça eut payé, mais ça paye plus...


          • Fergus Fergus 26 septembre 09:43

            Bonjour, Armelle

            Je ne sais pas s’il faut voir là « un affront pour la religion », mais le fait est que pour les chrétiens l’olivier est un symbole fort.

            Personnellement, et sans relier l’arbre à la religion, c’est la menace qui pèse sur un arbre à ce point symbolique de la vie agricole et culturelle de l’ensemble du pourtour méditerranéen qui m’attriste.

            Cela dit, il n’est pas nécessaire d’attendre l’argent des mafias ou les pétrodollars pour financer les recherches sur la mise au point d’oliviers résistants : des laboratoires y travaillent activement, et notamment dans le cadre de l’université de Bari située à deux pas des territoires infestés des Pouilles.

            Mais cela prend du temps, et les arbres résistants qui pourraient être mis au point - le président des Pouilles affirme qu’ils existent déjà - devront faire la preuve de cette résistance à l’agression bactérienne dans la durée. Qui plus est, il faudra des dizaines d’années avant que les oliviers nouveaux soient en mesure de produire les 30 à 50 kg d’olives actuels par arbre.


          • Armelle Armelle 26 septembre 12:36

            @Woody
            Olivier Cabanel vous l’aura sans doute refilé avant de d’en débarrasser en positionnant une petite patate dans chaque narine qui diffuse un signal électrique et stimule les cornets, lesquels secrètent alors une substance curative !!!
            Ha c’est fou cette patate !!!


          • Armelle Armelle 26 septembre 13:29

            @Woody
            Ah, désolée Woody, c’est une longue histoire...drôle comme on en rencontre beaucoup ici...


          • Abou Antoun Abou Antoun 26 septembre 09:27

            Bonjour Fergus,
            Très bon récapitulatif sur la question. L’huile d’olive est la base de la cuisine méditerranéenne. La disparition de ce produit peut avoir des conséquences insoupçonnées.


            • Fergus Fergus 26 septembre 09:50

              Bonjour, Abou Antoun

              On n’en est pas encore à la disparition de l’huile d’olive, fort heureusement. Mais le fait est que l’inquiétude est grande, notamment en Espagne, pays qui a le plus à perdre d’une éradication progressive des oliveraies.

              La « cuisine méditerranéenne » a donc encore de l’avenir, même s’il est assombri. Tant mieux !même si personnellement, l’huile d’olive est celle dont j’apprécie le moins le goût, aussi bien raffinée soit-elle. smiley


            • Antoine 26 septembre 09:48

              Cet été voyage au Maroc.
               
              Départ des vans avec déjeuner dans la garrigue au milieu des buis entièrement calcinés par la pyrale.
              3 jours plus tard, après 2500 km de route, arrivé dans la région de Doukkala, But du voyage.

              Là, dévastation des cactus, ceux qu’on appelle figuiers de barbarie en raison des fruits qu’ils donnent, entièrement consumés par une cochenille.
               
              Mauvais présage,
               
              tristesse.
               
              Déjà que le moral est pas brillant, vous avez décidé de pourrir ma journée ?
               


              • Fergus Fergus 26 septembre 09:54

                Bonjour, Antoine

                Sincèrement désolé !

                Pour ce qui est des oliviers et de la menace d’arrivée de la xylella fastidiosa, le Maroc est sur les dents et fait procéder à des contrôles très sévères des bateaux en provenance d’Espagne et d’Italie.


              • ZenZoe ZenZoe 26 septembre 09:48

                Bonjour Fergus,
                Un crève-coeur cette histoire d’oliviers. Je me demande quelquefois si le changement climatique et la pollution ambiante pourraient avoir une influence, même minime. Il suffit pour les végétaux que leur environnement naturel soit modifié trop rapidement et hop, ils deviennent plus vulnérables aux maladies et aux parasites (un peu comme les humains au fond).
                Peut-être que les oliviers vont disparaitre du pourtour méditerranéen dans quelques dizaines d’années et qu’ils vont s’épanouir plus au nord, comme les vignes ?


                • ZenZoe ZenZoe 26 septembre 10:00

                  @Shawford
                   ?


                • Armelle Armelle 26 septembre 10:16

                  @Shawford
                  En cette saison ? je vous propose la Corée du nord, le champignon a fait une percée spectaculaire sur le marché !!!


                • Abou Antoun Abou Antoun 26 septembre 10:27

                  @ZenZoe
                  Peut-être que les oliviers vont disparaitre du pourtour méditerranéen dans quelques dizaines d’années et qu’ils vont s’épanouir plus au nord, comme les vignes ?
                  Je me demande si une espèce septentrionale comme la tanche du pays nyonsais est réceptive à cette maladie ? Mon grand-père et son fils mon oncle cultivaient cette variété dont l’ennemi principal était le gel (désastre en 1956).


                • Armelle Armelle 26 septembre 10:29

                  @Shawford
                  Moi, entre le 665 et le 667 !!!


                • Fergus Fergus 26 septembre 11:12

                  Bonjour, ZenZoe

                  « Un crève-coeur cette histoire d’oliviers »

                  En effet ! Mais pas seulement : en Corse, ce sont des milliers de végétaux qui ont été détruits, notamment dans les régions d’Ajaccio-Sartène-Propriano d’un côté, et de Porto-Vecchio de l’autre. Ce n’est évidemment pas sans conséquence sur le moral des habitants des contrées infectées.

                  « Il suffit pour les végétaux que leur environnement naturel soit modifié trop rapidement et hop, ils deviennent plus vulnérables aux maladies et aux parasites (un peu comme les humains au fond). »

                  Vous avez parfaitement raison, et seuls les inconséquents et les cyniques - à l’image de Trump - croient ou font semblant de croire pour sauvegarder à court terme leurs intérêts que tout cela relève de fables écologistes.

                  Pour ce qui est des oliviers plus au nord, si l’on n’en est pas encore à voir des plantations au-dessus de la Loire, le fait est que les oliviers y sont de plus en plus présents, y compris sur la côt nord. Personnellement, des malfaisants en ont même volé deux dans mon jardin - le plus vieux avait 28 ans - lorsque j’habitais dans la campagne près de Morlaix. smiley 


                • Fergus Fergus 26 septembre 11:41

                  @ Abou Antoun

                  Je me souviens avoir lu en 2015, peu après mon premier texte sur le sujet, un article sur les oliviers du Nyonsais et des Baronnies. J’ai retrouvé cet article : lien. Les exploitants s’y montraient plutôt confiants en arguant du fait qu’ils ne travaillaient qu’avec des boutures locales, propres à la tanche.

                  Le problème de la contamination par le voisinage d’autres végétaux n’en existe pas moins. Fort heureusement, la maladie reste contenue sur les abords de la Méditerranée. Qui plus est, la sous-espèce qui y sévit – multiplex – est différente de celle – pauca – qui fait de ravages dans les Pouilles.



                • baldis30 28 septembre 11:02

                  @Fergus
                  bonjour,

                  le climat breton paraissait favorable à l’implantation des oliviers et Yvan Audouard avait même tenté l’aventure dans le golfe du Morbihan... hélas il y a une chose que l’olivier supporte mal c’est le sel associé à trop d’humidité .... 

                   L’oliveraie importante et d’implantation la plus septentrionale est à ma connaissance celle de Brison-Saint-Innocent, lieu-dit « les oliviers » sur la rive Est du lac du Bourget . Il est fort possible qu’il s’agisse d’une variété italienne compte tenu de l’Histoire et aussi de l’existence de quelques oliveraies bien exposées sur certains grands lacs italiens. Dans les deux cas il y a un micro-climat mais tout de même le froid hivernal semble moins toucher la variété par rapport aux variétés méridionales françaises.


                • Fergus Fergus 28 septembre 13:12

                  Bonjour, baldis30

                  En réalité, l’olivier ne craint pas le froid et supporte aisément des températures de -10, voire -15°. Ce qu’il craint, c’est surtout l’humidité. Et bien évidemment les embruns salés.


                • Loatse Loatse 26 septembre 11:41

                  Je propose de transférer nos oliviers en bretagne (après tout il y pousse bien des palmiers, des mimosas et quelques cactées)


                  Suivront bien entendu les plants de lavandes..

                  puis les figuiers.


                  Dans le sud, chez nous quoi, je propose une reconvertion à l’avocat, au pamplemousse (nous avons déjà le citron qui est moins fameux que celui que l’on trouve en italie, le limone de sorrento


                  Apparemment ce qui limite la croissance de cette bactérie s’attaquant aux oliviers ou la tue, n’a pas fait son office... est ce que les dernières canicules (3 épisodes cet été dans le var, juin juillet aout) la sécheresse, bref tout ces changements affectent aussi les micro organismes ? ca semble aller de soi quand on constate les dégats sur certains autres végétaux...

                  Ici aussi dans mon village, les figuiers de barbarie cette année sont dans un état lamentable tout boulottés, par contre les lauriers tains nous l’ont joué « jungle »...

                  la chenille processsionnaire qui s’attaquait aux pins a été stoppée (à coup de sorte de pate goudronnée) par contre les palmiers à hyères se sont fait boulottés aussi au point qu’il a fallu les changer...

                  mais bon l’homme s’adaptera comme il l’a toujours fait...

                   il y a rarement des monocultures d’oliviers ici.. et ca se vend localement en appoint... à des prix au dela du 20 euros les 75 cl et pour cause elle est uniquement pressée à froid, pas de rajout des reste à chaud et pas non plus de mélange européen avec le trop plein de la tunisie, de l’italie, de la grece... auquel vous pouvez aussi trouver de l’huile de vidange...

                  Mais bon, le bassin méditerranéen sans huile d’olive, la tomate mozza sans son filet au gout inimitable fruité, ca vous change tout de même la face du monde...

                  • Fergus Fergus 26 septembre 12:06


                    Bonjour, Loatse

                    Il existe déjà des champs de lavande aux Royaume-Uni comme le montre ces superbes photos : lien. Nul doute qu’il va également s’en implanter en Bretagne dans les prochaines années.

                    Quant aux mimosas et aux palmiers, ils sont déjà très nombreux en Bretagne où les oliviers connaissent également un réel engouement. Nul doute que le réchauffement climatique va accentuer une tendance qui se confirme d’année en année dans les pépinières et les jardineries bretonnes.

                    Pour ce qui est du pamplemousse, c’est sans doute une bonne idée pour l’avenir avec le pomélo, ces espèces d’agrumes semblant – à ma connaissance – insensibles à X. Fastidiosa.

                    Dommage pour les figuiers du sud s’ils sont eux-mêmes victimes d’une forme de dépérissement : ces arbres sont en effet magnifiques et il serait dommage de les voir décimés.

                    « le bassin méditerranéen sans huile d’olive, la tomate mozza sans son filet au gout inimitable fruité, ca vous change tout de même la face du monde... »

                    Bien d’accord avec vous, même si je n’aime ni l’huile d’olive, ni la mozzarella, pas plus que la tapenade. En revanche, j’aime beaucoup la sauce provençale où le goût particulier de l’huile d’olive est noyé dans les autres saveurs. 


                  • LE CHAT LE CHAT 26 septembre 13:58

                    @Loatse
                    Et pourquoi pas des champs de coton dans le pas de Calais , il ne manque pas de tchadiens et autres africains pour faire les récoltes , ils s’y connaissent !  smiley smiley  smiley


                  • baldis30 28 septembre 11:09

                    @Loatse
                    bonjour,

                    pour la Bretagne voir ma réponse à Fergus ... je suis stupéfait quelquefois de voir des oliviers en vente chez des pépiniéristes , notamment une pépinière entre Rennes et Saint-Malo. Etant donné que les variétés d’oliviers sont pour beaucoup autostériles - (Cailletier niçoise, Lucques, Verdale de l’Hérault, Tanche, ...... ) et nécessitent la présence d’une autre variété quelquefois bien précise pour être pollinisé je vois mal l’intérêt de cette implantation ....


                  • Fergus Fergus 28 septembre 13:17

                    @ baldis30

                    « une pépinière entre Rennes et Saint-Malo. »

                    En l’occurrence Tuloup qui commercialise effectivement des oliviers qui se vendent bien.

                    Non loin de là, le Jardiland de Cap Malo à La Mézière en vend également, notamment des arbres âgés de plusieurs décennies au prix de 500 ou 600 euros !


                  • marmor 26 septembre 11:49

                    Magnifique copié/collé de notre contributeur, qui ne cite pas ses sources mais se retrouve, comme de coutume, en tête de gondole, alors que Rocla s’est fait bannir pour son copié/collé d’un article, fort interessant, mais non signalé comme copié ... deux poids deux mesures.


                    • Fergus Fergus 26 septembre 12:14

                      Bonjour, marmor

                      Voilà un commentaire malveillant dont - allez avoir pourquoi ? - je ne suis pas surpris !!! smiley

                      Je ne fais jamais de copié-collé ! Et lorsque je cite un paragraphe d’un article, je mets toujours des guillemets et j’identifie les auteurs.

                      En l’occurrence, je suis ce dossier depuis 2 ans, et l’actualité récente m’a incité à faire un point sur la progression de la maladie. Pour cela, j’ai lu des articles français, italiens et espagnols, et surtout j’ai pris connaissance de données de la généralitat valencienne et des Draaf françaises.

                      Rien ne vous empêche d’en faire autant, sur ce sujet out tout autre. Mais sans doute préférez-vous - hélas ! - vous en tenir à des commentaires manipulateurs et malhonnêtes !

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