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Accueil du site > Tribune Libre > Marie Noël ou la traversée de la nuit - Cinquantenaire de sa mort et procès (...)

Marie Noël ou la traversée de la nuit - Cinquantenaire de sa mort et procès en béatification

Sœur de Baudelaire et peut-être même d’Antonin Artaud, selon André Blanchet, cette poétesse, que certains ont trop vite confinée « dans des bergeries délicieusement apprêtées », parle secrètement, à voix basse, presque tue, à ses frères emmurés, à ceux qui n’ont jamais pu donner de nouvelles de leur nuit noire. Cette nuit noire, qu’est-ce , sinon celle du doute ? Tout d’abord le doute de soi. Qui suis-je, moi, condamnée à ourler à petits points l’ouvrage de la vie, dans une morne existence provinciale ?

"J'ai été tentée par l'Ange noir et vous le savez bien. J'ai douté, j'ai perdu la foi, j'ai aperçu la férocité des lois éternelles ... Par amour, j'ai tout accepté, mais il y a toujours en moi ce puits fermé où une vérité se débat" - écrit-elle traversée constamment par cette épreuve du doute.         

Puisque rien ne peut être outre-passé, à quoi bon ? - pense-t-elle. Fuir, mais où ? Feu éternellement allumé dans les ténèbres de cet enfer intérieur, le désir se précise :

 

 « Je suis là, goutte à goutte, en train de disparaître…

 

 Je ne suis rien…N’approche pas. »

 

Le vœu est prononcé de ne plus avoir de moi, de guérir d’être immortelle. Impossible, tant l’amour est plus obstiné que l’enfer. Fuyant un monde usé par l’habitude et une religiosité confite dans ses images pieuses, Marie Noël, incroyable aventurière de l’esprit, va prendre possession de son âme. L’âme ne s’impose pas, elle se laisse éclore. Il faut à chacun la patience et le don de faire apparaître cette part secrète, voilée, déjà chargée d’éternité qui est en nous déjà plus que nous-même.

 

 « J’ai mon âme rencontrée,

 

 Comme en l’herbe haute un puits

 

 Ouvert à la dérobée,

 

 Mon âme, béante nuit…

 

 … Et dedans je suis tombée. »

 

Qui mieux que les poètes et les mystiques, et particulièrement les poètes mystiques,savent exprimer cette peur du lieu où l’âme, en proie à la détresse, entre dans ses profondeurs et l’intimité de Dieu, affichant au regard de tous l’urgence de l’option spirituelle ? Dieu est là, également la tentation de s’en détourner. Il faut choisir.

 

 « Personne n’était Vous, ni chair, ni sang, ni voix,

 Ni regard, ni pitié, dans le vide, personne !

 …. Dieu trop grand, trop noir, que je ne connais pas. »

 

N’est-ce pas la nuit qui enfante le jour, les ténèbres qui engendrent la lumière ? Cette amoureuse que désire-t-elle ? L’amour, certes, mais quel amour ? Quel homme peut satisfaire l’exigence d’une âme à tel point habitée ? Le désir métaphysique aspire à l’au-delà de tout. A ce moment, le Désiré ne comble pas, il creuse, et le désirant s’épuise dans sa propre démesure à désirer l’absolu, non l’égal, mais l’Inconnaissable, l’absolument Autre, Celui qui a aimé avant d’être aimé.

Devant ce mystère insondable, Marie Noël ne se dérobe pas. Elle se laisse simplement couler à pic :

 

 « Je laisse en m’endormant couler mon cœur en Vous

 

 Comme un vase tombé dans l’eau de la fontaine

 

 Et que vous remplissez de Vous-même sans nous. »

 

La femme poète avoue : « Quand Dieu a soufflé sur ma boue pour y faire prendre mon âme, Il a dû souffler trop fort. Je ne me suis jamais remise du souffle de Dieu. »

 

Puis l’âge venant, cette voix qui a si bien su chanter dans l’œuvre poétique devient dans ses « notes intimes » une voix aux audaces incroyables. Bien que restée sa vie entière à l'ombre de son clocher, ce n’est plus le carillon qui sonne les heures de la vie liturgique, mais une cloche d’airain qui tente de réveiller les consciences assoupies, de les sensibiliser au coriace, à l’irréductible problème du Mal. Si le Mal se rencontre partout, comment ne serait-il pas d’abord dans le Créateur ? Et comment concevoir que subsiste face à Dieu, quoi que ce soit qui résiste à Dieu ? A l’incroyant qui s’octroie trop souvent le monopole de l’inquiétude, des poètes comme Marie Noël sont là pour témoigner que cette inquiétude habite aussi le cœur du croyant. Comme elle le dit, elle est descendue aussi loin que possible dans la « grande nuit où personne ne guide personne. » Pas même l’église, aucun prêtre, aucune philosophie chrétienne, aucun théologien. Il est vrai qu’à l’inverse des idéologies, la foi ne nous circonscrit pas dans les limites d’un quelconque système et que le doute lui-même est priant. Ce qui nous éclaire est que Dieu n’est absent nulle part, ni dans le dangereux espace où le poète s’aventure, ni dans le naufrage où il croit s’ensevelir.

 

« Ah que les mystères de la Religion , les mystères révélés sont harmonieux et doux à l’homme à côté de ce Mystère du Commencement, le Mystère du Mal, le seul où Dieu ne nous donne pas à croire, mais à penser ! »

 

Témoin des deux guerres, du nazisme comme du communisme et des totalitarismes qui ont défiguré le XXème siècle, Marie Noël habite son inquiétude avec une incontestable violence, qu’il était difficile de soupçonner de la part de la discrète demoiselle d’Auxerre. Elle ose même dire à Dieu : « Si vous aimiez tant les morts, pourquoi avez-Vous créé les vivants ? »Contre cette Nécessité de Dieu, sa pensée se débat, se brise, sans que la parole ne cesse d’être prière. A ce mal auquel chacun est initié par la vie, qu’opposer d’autre que l’amour ? D’autant qu’il n’y a pas de bien absolu. « Si nous connaissons le mal, il est difficile de discerner ce qui est bon » écrivait Pascal. Une morale trop rigide ne risque-t-elle pas de transformer l’homme en monstre ? Privée de cœur, la vertu serait privée de sympathie. Dans l’ordre éthique du bien, il n’y a pas de situation acquise, mais c’est parce que le bien est quasi impossible qu’il faut s’essayer à le réaliser. Le génie nocturne du poète évolue désormais entre deux mondes : le monde visible qui la fait vivre dans son « étouffement » et le monde invisible qu’elle interroge en vain. Le silence de Dieu la torture, alors que la loi de l’Eglise pèse de tout son poids humain et l’oppresse. Elle redoute plus que tout « l’effrayant paradis » et « les justes » et aspire au tête à tête avec la Vérité , avec Dieu. En définitive, le Péril est en Dieu, non en l’homme. « Vous aurez été, dira-t-elle à Dieu, mon unique adversaire, le risque ténébreux où j’ai couru sans armes ».

 

 « L’âme comme une île déserte entourée de Dieu de tous côtés.

 

 Et dans le cercle, prise au piège, cette petite fille qui a peur. »

 

Cependant elle l’admet, malgré l’inquiétude, la perplexité, elle se sait, elle se veut, elle s’accepte déjà « à l’intérieur de Dieu » Elle est doucement encerclée, abandonnée, priante, acceptante. Elle est amour.

 

Puisque l’amour est folie, soyons folle, soyons ce chant qui déborde les lèvres, cette eau vive qui déborde les berges.

 

 « Est-elle folle ? Est-elle morte ?

 

 Un grand cri

 

 Jusqu’au bout de l’angoisse emporte

 

 Son esprit. »

 

Ainsi que Thérèse de Lisieux et tant d’autres, Marie Noël a connu l’épouvantement, c’est-à-dire la Nuit spirituelle, l’absence de Dieu qui est déjà présence, école de la sainteté dont on meurt avant de re-naître et de se re-connaître dans l’Amour retrouvé. Comme elle, comme eux, nous sommes appelés à cette sainteté de l’amour qui est le don de soi à l’autre, au tout Autre, afin de lui retourner cet Amour dont nous sommes aimés. Cette épreuve n’a probablement d’autre conséquence que d’élargir les limites de la raison, de façon à ce que l’être soit saisi par le seul Amour en mesure de le satisfaire et de le contenir. L’amoureuse a laissé place à la mystique, la peur à l’allégresse, le dogme au Mystère.

Après les cris de désespoir et de colère, presque rimbaldiens :

 

 « Que me veut-on ? Que j’aille et prie,

 

 Quand vient le soir,

 

 Leur Dieu, leurs saints et leur Marie

 

 Pour te revoir ?

 

 C’est contre eux tous que mon sang crie

 

 De désespoir ! 

 

 Ces loups du ciel, voleurs de vie ! »

 

 

voilà enfin le fiat ( que cela soit), le fiat bouleversant du consentement. L’Amour, cet Amour qui répond à toutes les attentes, se veut peut-être à ce prix ?

 

 « Quand tu verras ton Dieu cessant de te défendre, 

 qu’à jamais tout regard s’est retiré de Lui,

 Rien ne te sera plus que vide, sauf apprendre

 Un seul mot, ta leçon, un seul sans autre : OUI. 

 

 Dis-le docile et coule. Avale tout l’abîme 

 Où le ciel renversé sombrement s’engloutit.

 Coule, joignant les mains…C’est au fond qu’est la cime…

 Ah ! quelle délivrance est au fond de l’abîme !

 Voici ma joie avec son glaive de vainqueur. »

 

Marie Noël n’aura pas cherché en vain sa place dans un monde où « l’ordre de la maison » et « la loi de l’Eglise » étouffaient un cœur qui criait  « sauver la désobéissance » et se cabrait devant ce qui cherchait à définir Dieu, l’Indéfinissable. L’amour humain ayant été incapable de lui offrir cet espace libre où elle puisse respirer, elle n’aura plus eu de cesse que de le chercher ailleurs, le chercher jusqu’à se perdre. Mais ayant perdu le peu qu’elle possédait ( la foi), elle a tout retrouvé, ainsi que le promet l’Evangile : « Qui s’attache à soi se perd, qui se perd pour moi se trouve ».

 

L’Amour aura eu raison de Marie Noël. Aujourd'hui, jour du cinquantième anniversaire de sa mort, l'église se penche sur son cas dans l'objectif d'une béatification. L'humble servante des mots, la douce amoureuse de Dieu est en marche sur une route inondée de lumière.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE


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7 réactions à cet article    


  • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 23 décembre 2017 12:59

    @ Bonjour Armelle,

    Bel article. Mais une question se pose : est-ce que son cheminement spirituel apparemment profond, ne serait pas motivé par la proximité de deux « frères » pour le moins « maudits » par la société de leur époque, conventionnelle et conservatrice - Beaudelaire et Arthaud - déclarés fous, toxicomanes, etc... et en même temps n’a-t-elle pas voulu approcher par une voie détournée, celle de Dieu, la démesure de ses frères.
    Dans ce cas-là, il faudrait se référer aux travaux de Marie de Bonaparte - psychanalyste - sur l’hystérie.


    • Gollum Gollum 23 décembre 2017 13:41

      Antonin Artaud fut fortement influencé par Guénon.


      Sur l’origine du Mal on peut lire ce texte magistral de Guénon, écrit très tôt, et qui, à mon sens, clôt le débat. Bien évidemment, perpective rejetée par la Rome catholique, comme par les autres confessions chrétiennes.


      Il est assez perturbant de voir ce texte sur des blogs musulmans alors que la chrétienté devrait s’en emparer aussi.

      Rappelons ici que le psychiatre suisse CG Jung avait des vues assez proches qu’il exposa dans son Réponse à Job et qui suscita le même rejet de la part des Églises officielles.

      Il est facile de comprendre ce rejet. Si Guénon a raison c’est la mort de toute morale, comme l’avait d’ailleurs bien anticipé Nietzsche aussi attiré par cet au-delà du Bien et du Mal.

      • velosolex velosolex 23 décembre 2017 14:03

        @Gollum
        S’interroger sur l’origine du mal, est une des plus anciennes interrogations de l’homme, et tout autant le souci de trouver des réponses, des barrières pour l’endiguer. La religion et ses lois s’est installé dans ce créneau. Pendant longtemps on se demanda si un athée pouvait avoir une conception morale de l’existence. Je dirais moi, que la moralité fait justement office de règle quand la religion est absente, chez certains, et que la religion, ou sa caricature, permet parfois de s’extraire des règles communes pour d’autres.. On le voit chez les extrémistes....

        Le règne animal est un univers méprisé, nié. On vient juste de ne plus considérer les animaux, nos semblables en tout, non plus comme des meubles....Peut être que les recherches dérangeantes, liées aux sciences cognitives nous ont fait progressé à cet égard. Car on s’est aperçu en faisant des expériences avec les chimpanzés, que ceux ci avaient une conception de la morale, donc du bien et du mal. Qu’est ce que Nietzhe en aurait pensé ?Les chimpanzés sont sensibles à la notion de bien et de mal - LCI

      • Gollum Gollum 23 décembre 2017 17:44

        @velosolex

        Bonjour. Oui c’est très regrettable le mépris des animaux qui a été la règle jusqu’ici..

        Ce n’est pas fini d’ailleurs avec les abattoirs soumis à des rythmes infernaux. Et donc à une maltraitante accrue.

        Nietzsche n’a jamais participé à ce mépris. 

        Bien d’accord sur la notion de bien et de mal chez les animaux. On sait que les éléphants font leur deuil devant les ossements d’une matriarche. Et ce pendant des jours.

        Je vous livre l’aphorisme 26 du livre 1 d’Aurore de Nietzsche, on appréciera la phrase de fin qui sert de conclusion :

        Les animaux et la morale. — Les pratiques que l’on exige dans la société raffinée, éviter avec précaution tout ce qui est ridicule, bizarre, prétentieux, réfréner ses vertus tout aussi bien que ses désirs violents, se montrer semblable aux autres, se soumettre à des règles, s’amoindrir, — tout cela, en tant que morale sociale, se retrouve jusqu’à l’échelle la plus basse de l’espèce animale, — et ce n’est qu’à ce degré inférieur que nous voyons les idées de derrière la tête de toutes ces aimables réglementations : on veut échapper à ses poursuivants et être favorisé dans la recherche de sa proie. C’est pourquoi les animaux apprennent à se dominer et à se déguiser au point que certains d’entre eux parviennent à assimiler leur couleur à celle de leur entourage ( en vertu de ce que l’on appelle la «  fonction chromatique  » ), à simuler la mort, à adopter les formes et les couleurs d’autres animaux, ou encore l’aspect du sable, des feuilles, des lichens ou des éponges ( ce que les naturalistes anglais appellent « mimicry » ). C’est ainsi que l’individu se cache sous l’universalité du terme générique «  homme  » ou parmi la «  société  », ou bien encore s’adapte et s’assimile aux princes, aux castes, aux partis, aux opinions de son temps ou de son milieu : et à toutes nos façons subtiles de nous faire passer pour heureux, reconnaissants, puissants, amoureux, on trouvera facilement l’équivalent animal. Le sens de la vérité lui aussi, qui, au fond, n’est pas autre chose que le sens de la sécurité, l’homme l’a en commun avec l’animal : on ne veut pas se laisser tromper, se laisser égarer par soi-même, on écoute avec méfiance les encouragements de ses propres passions, on se domine et l’on demeure méfiant à l’égard de soi-même ; tout cela, l’animal l’entend à l’égal de l’homme ; chez lui aussi la domination de soi tire son origine du sens de la réalité ( de l’intelligence ). De même l’animal observe les effets qu’il exerce sur l’imagination des autres animaux, il apprend à faire ainsi un retour sur lui-même, à se considérer «  objectivement  », lui aussi, à posséder, en une certaine mesure, la connaissance de soi. L’animal juge des mouvements de ses adversaires et de ses amis, il apprend par cœur leurs particularités : contre les représentants d’une certaine espèce il renonce, une fois pour toutes, à la lutte, et de même il devine, à l’approche de certaines variétés d’animaux, les intentions pacifiques et conciliantes. Les origines de la justice, comme celles de l’intelligence, de la modération, de la bravoure, — en un mot de tout ce que nous désignons sous le nom de vertus socratiques — sont animales : ces vertus sont une conséquence de ces instincts qui enseignent à chercher la nourriture et à échapper aux ennemis. Si nous considérons donc que l’homme supérieur n’a fait que s’élever et s’affiner dans la qualité de sa nourriture et dans l’idée de ce qu’il considère comme opposé à sa nature, il ne sera pas interdit de qualifier d’animal le phénomène moral tout entier.



      • Nicole Cheverney Nicole Cheverney 23 décembre 2017 17:52

        @Gollum

        Bonsoir, Arthaud rejetait la civilisation gréco-romaine en prétendant qu’elle avait fait plus de mal que de bien à l’Occident. C’est pour cela peut-être, mais je m’avance un peu que Arthaud n’est plus tellement cité aujourd’hui. Sa recherche du bien/mal ne passe donc pas par les réseaux de pensée classiques. C’est ce qui en fait toute l’originalité.


      • Gollum Gollum 24 décembre 2017 10:42

        @Nicole Cheverney

        J’aurai tendance à être d’accord avec Artaud. Surtout en ce qui concerne Rome.

        Sinon difficile de dire si le relatif oubli d’Artaud vient de là. Plein d’autres auteurs sont aujourd’hui tombés en désuétude aussi. 

        Mais il est vrai qu’il avait un esprit métaphysique qui le portait à aller voir ailleurs que du côté de l’Occident assez pauvre de ce côté (hormis des exceptions comme Spinoza)

        On peut citer René Daumal, lui aussi tombé en désuétude, que je connais mieux qu’Artaud, et qui fonde toute sa pensée sur la métaphysique hindoue.

      • jeanclaude 26 décembre 2017 13:14

        Merci pour l’article.
        Voilà une dame qui n’aura pas vécu frivolement, comme nous le faisons tous plus ou moins, face aux questions (et réponses) essentielles.

        C’est sûr que la poétique de clavier de @gazpachicos (? !!!) est aux antipodes de celle de Marie-Noëlle.

        Par charité chrétienne j’emploie un métaphore horizontale, et non pas verticale.

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