• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Mes chroniques italiennes 17

Mes chroniques italiennes 17

Les élections communales de cette année sont complètement finies. Il a fallu attendre les ballottages de ce dimanche.

Ferrare, depuis 70 ans à gauche, est désormais aux mains de la Lega. Vercelli aussi, comme Ascoli (une habitude), Foligno (dernier bastion centre -gauche d'Ombrie) et bien d'autres. "Nous avons libéré la cité", dit le nouveau maire léghiste. Ah ! Il fallait libérer l'Italie de la gauche ? C'est en ces termes qu'ils envisagent leur administration. Mauvais présage.

La Lega a gagné 36 communes, la gauche en a perdu 40. Le M5S n'en a qu'une. Seulement 52% de participation. Que se passe-t-il en Italie ? En 5 ans, le rouge n'a plus place qu'en Toscane, proportionnellement. Le tiers de votes va à la Lega en Emilie, historiquement gauchiste (la seule statue restante au monde de Lénine s'y trouve).

Une étude menée par le Pew Resaerch Center démontre que les Italiens sont les moins progressistes en Europe occidentale. Il s'agit des domaines du droit civil, de l'immigration, de la politique européenne, de l'implication même dans la politique. L'institut de recherche Swg nous apprend que les babies boomers (nés entre 1946 et 1964) et ceux de la Génération X (nés entre 1965 et 1979) sont plus de 35% à avoir voté Lega. Elle a un consensus augmenté de 11% en moins d'un an.

La conclusion de Wired : les jeunes Italiens n'ont jamais été autant à droite. Or, comme l'indique "Il Sole 24 Ore", il est significatif que gagne un parti qui semble parler aux jeunes, mais qui ne parle jamais des jeunes. Oui, il promet de favoriser le plein emploi par des stages (si les stages aidaient à l'emploi, cela se saurait), le travail (logique criante, le travail aidera l'emploi) et des formations (à force de multiplier les formations, il y en aura plus que de boulot).

C'est déjà le vote des jeunes qui a contribué à porter la Lega et aussi le M5S au pouvoir lors des élections politiques en mars passé. Deux partis populistes, qui se révèlent bien piètres gouvernants. Qui n'avaient ni l'un, ni l'autre la majorité nécessaire pour le faire, et qui se sont unis à travers la nomination renversante de deux vices-premiers ministres pour que chacun soit content.

La Lega a non seulement été confirmée, mais elle a nettement accru son succès lors des élections administratives et européennes. Elle semble fasciner, comme un charmeur de serpents. Les serpents du populisme, du racisme, de l'antiméridionalisme, de l'homophobie ? Il est effrayant de constater que les discours, plus riches en effets d'annonce qu'en contenu, ont convaincu. Comme le dit Ultimavoce, que signifie "les immigrés, aidons-les chez eux" ?. Ces paroles vides de sens plaisent. Le mot "antisystème" en est un autre exemple flagrant. La Lega comme le M5S se sont proclamés antisystèmes. Un attrape-nigaud uniquement pour recueillir des voix et ensuite entrer confortablement dans le système. Parce qu'en somme, quand on est opposé au système, on ne s'y fait pas élire, on ne profite pas de ses avantages.

"D'abord les Italiens" ... cela a plu. Triste, cela a peu fait réfléchir à ce que contient cette formule de repli, de racisme. Cela fait 25 ans que la Lega clame des slogans honteux pendant des campagnes payées par ces mêmes Italiens, Parmi les Italiens, justement, il y en a 35,31% qui ont voté pour la Lega dans les Abruzzes, 22,61% en Calabre, 37,98% dans les Marches, 25,29% dans les Pouilles. Ils paraissent avoir oublié que des représentants du parti qu'ils ont poussé en avant, on dit que les Abruzzes et tout le Sud sont un poids mort, que les habitants ne font que s'y plaindre et faire des scènes, que ce sont des parasites, que l'aide des volcans pour nettoyer le Sud est nécessaire, ...

Une conclusion simple ressort de cette observation. En croyant voter contre "l'horrible migrant", l'Italien a voté contre lui-même.

A suivre

Françoise Beck

Sources : www.wired.it ; www.ilsole24ore.com/2018.05.11 ;www.ultimavoce.itwww.ilmessaggero.it


Moyenne des avis sur cet article :  1.21/5   (19 votes)




Réagissez à l'article

1 réactions à cet article    


  • Julien S 12 juin 22:09

    Les progrès du vote pour la droite dure à travers l’Europe sont-ils dus à un choix politique réel de l’électeur ou bien à son exaspération devant le dirigisme intellectuel d’une gauche qui n’a elle non plus rien à faire de la liberté de pensée ? L’électeur choisirait-il le fascisme de droite plutôt que celui de gauche, selon la règle de l’original et de la copie ? 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès