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Mes chroniques italiennes 2

 

« Esprit progressiste », disais-je donc. Celui de l'Emilie, région historiquement rouge. Un souvenir. Avant d'y habiter plus que quelques mois, je vantais l'accueil des Emiliens, leur altruisme, leur attrait pour les tablées animées. Je n'avais pas tort. Mais, comme le disait une publicité, cela, c'était avant. Depuis, l'Emilie s'est laissée atteindre par l'individualisme forcené de l'époque, par un absurde isolement derrière son téléphone portable. Il n'y a plus de place pour l'autre, le repli donne une illusion d'etre les maitres du monde en bavardant sur les réseaux, en assénant des avis sur tout et des « vérités » toutes faites. Et les Italiens sont amoureux, et comment, de leur téléphone portable, le meilleur compagnon de table, de promenade, de lit.

Ce serait anecdotique, si ce n'était symptomatique d'une société en déconfiture. Comment réfléchir quand on ne nourrit plus son esprit ?

L'Italie, le pays du génie absolu, Léonard, a mis au pouvoir un individu, qui repousse les gens en fuite de pays en guerre, qui publie un livre chez un sympatisant fasciste, qui arangue la foule à Forlì, posté sur le balcon utilisé par Mussolini. Dans ce pays, où la loi sanctionne tout fait se rapprochant du fascisme (n°645/1952), on voit des rassemblements de gens qui exhibent le salut nazi sans etre pour le moins inquiétés.

Et quand je prétends que les 5Stelle sont coupables d'avoir permis l'accès au pouvoir de cette mouvance fasciste en faisant coalition avec elle, il en est pour me dire que c'est faux ! Je ne suis donc pas étonnée de ce marasme, provoqué par une grande ignorance, une dangereuse indifférence que certains tentent encore de justifier en évoquant un mécontentement. Mais enfin, quand on est contrarié, on ne jette pas le pays aux extrémistes ! On utilise son intelligence pour l'améliorer.

Jusqu'à cette année, la Journée de la Libération de l'Italie (le 25 avril) était celle de la mise à l'honneur des partisans. Cette année, si les célébrations ont bien eu lieu, et encore plus partout, les partisans ont été l'objet d'insultes et de mérpis. Ce pays a oublié son histoire.

Une ancienne résistante de nonante-cinq ans, interviewée, a répondu qu'elle referait les memes sacrifices, mais que ce pays ne le mérite néanmoins plus. L'Italie est au bord du désastre, et je ne parle même pas de son économie, précédant juste celle de la Grèce, mais nombreux sont ceux qui feignent encore de ne rien remarquer.

A suivre ...

Françoise Beck


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6 réactions à cet article    


  • Jean De Songy 6 mai 13:34

    C’est moi où la nullité sur GogochonoVox est de plus en plus abyssale ? Bientôt des chroniques de vacances, mattuvu en branlette à la plage...

     

    « Quand j’entends le mot UE, je sors mon oreiller. » Waffen BB (bobo branleur de combat)

     

    Pour monter le niveau (ça devient de plus en plus facile...)

     

    « Qu’a-t-elle d’européen notre Europe alignée, recouverte d’un bleu manteau de supermarkets, le successeur du blanc manteau d’églises, avec, çà et là, et en supplément d’âme, des musées aux formes avantageuses, où venir remplir en bâillant ses obligations culturelles ? Il y avait plus d’Europe à l’âge des monastères, quand l’Irlandais Colomban venait semer ses abbayes aux quatre coins du continent. Plus, à la bataille de Lépante, quand Savoyards, Génois, Romains, Vénitiens et Espagnols se ruèrent au combat contre la flotte du Grand Turc, sous la houlette de Don Juan d’Autriche. Plus à l’âge pacifique des Lumières, quand Voltaire venait battre le carton à Sans-Souci avec Frédéric II, ou quand Diderot tapait sur l’épaule de Catherine II à Saint-Pétersbourg. Plus, à l’âge des Voyageurs de l’impériale, quand Clara Zetkin remuait le coeur des ouvriers français, et Jaurès, les congrès socialistes allemands. Le russe et l’allemand s’enseignaient cinq fois plus dans nos lycées en 1950 qu’aujourd’hui ; il y avait alors plus d’Italie en France et de France en Italie qu’il n’y en a à présent. Nous suivons de jour en jour les péripéties de la politique intérieure américaine, et une quinte de toux de Mme Clinton en campagne fait l’ouverture de nos journaux télévisés, mais nous n’avons pas dix secondes pour un changement de paysage en Roumanie ou en Tchéquie. Les satellites de diffusion et notre paresse intellectuelle mettent New York sur notre palier, Varsovie dans la steppe et Moscou au Kamtchatka. »
     
    Régis Debray, Civilisation


    • JL JL 6 mai 13:45

      Articles publiés par Jean De Songy : zéro.
       
      Il ne publie pas et n’aime pas les articles des autres : on se demande ce qu’il fout là !
       
       


    • Jean De Songy 6 mai 14:02

      @JL
      L’entre-soi monopolistique des gogochonvoxiens c’est un peu comme l’entre-soi monopolistique des caciques de l’ENA, mais niveau 0... 
       
      On se soutient dans la crasse pas dans la finance, on se vote réciproquement nos nullités, au lieu de se voter des jetons de présence dans des conseils d’administration. Pré-carré chiure InterBEnet pour gland remplacés esclaves multiethniqués... où Golden Parachute oligarchique pour maîtres du monde...
       
      Chacun son petit entre-soi...  smiley
       
       
      « Dans la nation nous avions la constitution du peuple, dans l’UE nous avons le peuple de la constitution : les boobas multiethniqués épilés. » hégélien anonyme


    • baldis30 7 mai 15:23

      @JL
      bonjour,
      zéro ? et même zéro pointé ...
      Il est là dans le décor .... ....
      robotisé .... Hélas il n’est pas le seul .... construire il ne s’est pas ce que cela veut dire, apporter sa pierre non plus ....
      Ah si il apporte quelque chose ... sa particule .... « de » ... ça le classe pour nous les manants


    • baldis30 7 mai 15:25

      @baldis30

      oups avec excuses ..... il ne sait pas ( et non il ne s’est pas)


    • Areole 6 mai 14:21

       « Il n’y a plus de place pour l’autre, le repli donne une illusion d’etre les maitres du monde en bavardant sur les réseaux, en assénant des avis sur tout et des « vérités » toutes faites »

      C’est un auto-portrait ?

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