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Minneapolis, l’amorce de la résistance populaire au confinement meurtrier

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Prenons quelques instants pour observer à partir d’un exemple concret la manière dont le grand capital, via ses politiciesn et ses médias et avec la complicité de la petite bourgeoisie, essaie de transformer une lutte de résistance populaire en une guerre réactionnaire interraciale.

Il est faux de prétendre que le meurtre de citoyens noirs ou blancs soit une « bavure » d’un policier trop zélé, inexpérimenté ou terrorisé. Ce n’est pas la population américaine qui terrorise la police, c’est la police des riches qui terrorise la population américaine pauvre de races différentes, de toutes couleurs et de toutes origines ethniques… cette réalité Obama, les Démocrates et la bourgeoisie noir Américaine voudraient la masquer. Trump quant à lui assume franchement ses pulsions réactionnaires, ce que « Sleepy » Joe lui reproche.

Chaque année, plus de 500 citoyens américains sont tués par la police étasunienne et le carnage se poursuit depuis des décennies, avec l’approbation implicite, sinon la recommandation explicite des autorités américaines, sous le règne de Clinton, d’Obama, de Bush et de Trump. Aux États-Unis, outre la peine de mort judiciaire, l’État pratique également la peine de mort extrajudiciaire préventive ou répressive, tout comme l’armée américaine à l’étranger la pratique sur les différents fronts de ses « engagements ». Kadhafi et Ben Laden ont été deux victimes célèbres, comme d’autres, moins connues. À l’époque de la présidence Obama, tous les mardis dans le bureau ovale des individus de différentes races, couleurs, et origines ethniques étaient condamnés à mort, sans jugement par le chef militaire de la Maison Blanche, lauréat du prix Nobel de la paix ! Une fois le décret de mort signé les drones du Pentagone effectuaient le boulot du policier Chauvin.

Cette politique de répression policière contre le prolétariat noir, mais aussi contre les salariés blancs et les latinos, contre les sans-abri, contre les Amérindiens, contre les esclaves asiatiques des « sweats shops » et contre les immigrants clandestins, frappe tout le monde du travail sans discrimination raciale. Cette répression ne vise pas une race, un groupe ethnique ou une minorité en particulier. Elle vise la classe sociale prolétarienne, les sans-abri et depuis la pandémie de coronavirus et le confinement meurtrier elle vise aussi la petite bourgeoisie paupérisée. Cette politique répressive donne une leçon aux populations locales terrorisées non pas par les salariés en colère, mais par les policiers. Le message sous-jacent à ces meurtres policiers filmés est le suivant : « Citoyens de la misère, prolétaires en colère, ne résister pas à vos conditions de vie et de travail misérables, sinon nous vous tuerons et nous écraserons votre résistance, comme chacun peut le voir sur ces vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ». Voilà pourquoi à Minneapolis le 25 mai dernier aucun des policiers impliqués n’a daigné s’occuper des nombreux témoins qui filmaient l’assassinat en direct. La diffusion des scènes de répression fait partie du stratagème terroriste de la police des riches.

En bref, le meurtre d’un SDF par la police de Minneapolis en 2016 – et la reprise d’un « spectacle » semblable en 2020 font partie d’un plan d’État terroriste qui vise à effrayer le peuple américain quelle que soit la race ou la couleur des personnes assassinées. Comme nous l’avons toujours écrit, le prolétariat américain est le plus évolué, et le plus avancé. Il vit sous la dictature capitaliste la plus dégénérée, la plus dépravée, la plus désespérée et la plus terroriste parce que la plus effrayée et la plus consciente de sa déchéance.

La situation économique de l’impérialisme américain est catastrophique ce qui oblige le capital yankee à accroître la pression sur le prolétariat au-delà de l’imagination, et cela simplement pour rester à flot, la tête hors de l’eau, face à la crise et à la guerre que le capital étasunien a entreprise contre ses concurrents.

Ce que les capitalistes américains ont appris, en 2014 à Ferguson et à Dallas (5 morts et 7 policiers blessés), à Minneapolis en 2016 puis à nouveau en 2020 c’est que le prolétariat américain est armé et dangereux et que s’il ne se laisse pas désorientés par les fadaises racistes que propagent les médias à la solde et la petite bourgeoisie, alors le grand capital pourrait être en danger face à la montée de la résistance populaire. Ce ne sont pas les noirs qui sont visés par les meurtres des policiers blancs, latinos, noirs ou amérindiens, ce sont les combattants qui résistent à l’État des riches. Mais attention, le prolétariat n’est ni terroriste, ni anarchique, ni individualiste et il devrait répondre en tant que classe consciente et solidaire aux provocations du capital.

À Minneapolis, pour ce énième assassinat d’un citoyen par la police chacun a le choix de dénoncer un policier blanc raciste qui a tué par accident un homme noir pacifique (ici long débat oiseux pour déterminer s'il y a préméditation et collusion !). Ou encore, chacun a le choix de dénoncer la police fasciste au service de l’État des riches, qui assaille des travailleurs sans argent résistant au confinement meurtrier et qui a jeté 40 millions de leurs semblables au chômage et dans la pauvreté. L’ensemble de la classe politique occidentale, les médias à leur solde et les petits bourgeois de service privilégient la première version… devinez pourquoi ? Le prolétariat de toute race, couleur ou origine ethnique défend la seconde version correspondant à son expérience de vie.

Nous sommes opprimés sous la crise économique que la pandémie a approfondie et que le confinement meurtrier imposé par les riches a accélérée. La révolte populaire qui ébranle l’Amérique constitue le premier mouvement de résistance à l’État des riches et à ses préparatifs de guerre totale.


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9 réactions à cet article    



    • Ecureuil66 4 juin 2020 18:46

      personnellement je pense qu’un jour ou l’autre (pas forcément tout de suite) l’état américain va imploser (comme l’URSS en son temps) car il y a vraiment deux blocs aux idées totalement opposées , ajoutons à cela des états riches qui veulent faire sécession , des problèmes raciaux en permanence , des pauvres de plus en plus pauvres (et des riches de plus en plus riches) , des armes à foison bref tous les ingrédients pour une rupture de l’unité américaine


      • xana 6 juin 2020 11:51

        @Ecureuil66
        Espérons que ce sera le cas.


      • Jonas Jonas 4 juin 2020 18:55

        "Prenons quelques instants pour observer à partir d’un exemple concret la manière dont le grand capital...essaie de transformer une lutte de résistance populaire en une guerre réactionnaire interraciale."

        C’est bien un guerre raciale anti-Blanc qui vient d’être déclenchée aux USA et même en France.

        Les sociétés multi-ethniques et multiculturelles ont toujours été conflictuelles, pendant longtemps l’hégémonie de la race blanche préservait les USA de la libanisation du territoire et de la dérive en guerre civile (même si des conflits raciaux ont déjà émaillé les faits divers ces dernières décennies à petite échelle).

        Au fur et à mesure que la population devient hétérogène (caucaso-hispano-afro-sino-américaine), les relations deviennent de plus en plus tendues et conflictuelles.

        Les militants profitent d’un fait divers pour se livrer à une guerre raciale contre l’homme blanc, censé être à l’origine de tous leurs malheurs, on les voit défiler avec des pancartes « Black Lives Matter », ou « I Cant Breathe ».
        Pour tenter d’apaiser leu colère, les Blancs s’agenouillent même devant les Noirs, pour s’excuser des crimes qu’ils auraient fait !

        Ici une fille obligée de se mettre à genoux devant un Noir, sous prétexte qu’elle est privilégiée !

        La guerre multi-ethnique qui va éclater aux USA dans les prochaines décennies sera véritablement destructrice.

        Avec l’immigration de masse, on voit les mêmes phénomènes se produire progressivement en France, où par exemple les Traoré, une famille d’escrocs et de délinquants professionnels en bande organisée multi-récidiviste, est parvenue à rassembler toute la racaille de racistes anti-Blancs des banlieues pour venir foutre le bordel dans le nord de Paris mardi soir !
        Les policiers noirs sont même traités de « vendus », parce qu’ils restent aux côté des policiers blancs !


        • Croa Croa 5 juin 2020 12:29

          Tu es mal renseigné. Ces manifestations, notamment à New-York, sont instrumentalisées par le NOM contre Donald Trump. Elles sont exagérément médiatisée. L’Amérique a bien changé depuis le XXe siècle. Elle est beaucoup moins raciste et sa police est moins impunie que la notre en cas de bavures.

          *
          Par contre il y a eu aussi des manifestations plus spontanées, notamment au Texas, contre le confinement. Celles-là sont beaucoup moins médiatisées, et pour cause, elles n’ont rien à voir car elles sont plutôt pro-Trump.


          • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 5 juin 2020 17:04

            @Croa

            Selon cette carte, il existe aux Etats-Unis 11 nations aux cultures et aux réalités sociales et politiques aussi différentes qu’elles peuvent l’être en Europe entre la Suède, la Roumanie et l’Espagne.

            Si les dirigeants blancs de Detroit ont compris depuis longtemps que le meilleur moyen de contrôler une population en majorité noire était de mettre en place une police à majorité noire, à commencer par l’encadrement, il en va tout autrement à Richmond et à San Diego.


          • xana 6 juin 2020 12:02

            Complètement d’accord avec l’article. Qu’il y ait des flics racistes aux USA comme en France, et surtout dans le Sud ne devrait pas nous faire oublier qui les paie, et dans quel but. Maintenir le peuple dans la soumission, ne pas permettre aux pauvres de se relever. Noirs, blancs, bougnoules, peu importe.

            Et si on a besoin d’un « fusible » on peut lâcher le flic et même le poursuivre pour meurtre.


            • xana 6 juin 2020 12:55

              @xana
              Le flic est un matériau jetable, comme les éléments du peuple d’ailleurs.


            • Robert Bibeau Robert Bibeau 6 juin 2020 19:07

              @xana

              J’aime beaucoup ce concept de fusible  jetable et on pourrait ajouter adaptable = exemple en phase de paix un fusible de basse capacité et en période de guerre de classe comme en ce moment il faut des fusibles HARD comme à Minneapolis 

              Je vais réutiliser Merci 

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