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Accueil du site > Tribune Libre > Mise en cause des EHPAD privés

Mise en cause des EHPAD privés

 

MISE EN CAUSE DES EHPAD PRIVES : 

HALTE AUX MENSONGES ET AUX MANIPULATIONS 

 

 

Je dirige un EHPAD privé depuis 20 ans ; c’est dire que je connais ce secteur d’activité et les modalités et contraintes de son fonctionnement.

Je n’ai pas vu l’émission d’Elise LUCET lors de sa sortie mais j’ai été immédiatement alertée par des membres de mon personnel qui ont été extrêmement choqués par les généralisations abusives et les contre-vérités contenues dans cette émission qui n’avait aucun souci d’informer mais une volonté de provoquer le scandale. Pour faire parler de soi tout est permis !

Travailler en EHPAD, quel que soit le poste occupé, est extrêmement difficile physiquement et psychologiquement et je ne saurais accepter que de vulgaires faiseurs de buzz déstabilisent mes meilleurs salariés qui souffrent déjà du manque de reconnaissance de leurs métiers, non pas par leur employeur, mais par l’ensemble de la société française qui n’a pas fait de la prise en charge de ses membres dépendants une priorité. Ce n’est pas une nouveauté ; cela fait 30 ans que cela dure et c’est notre responsabilité commune de citoyens qui est en cause.

Les méthodes utilisées par les soi-disant journalistes de FR3 et M6 sont indignes. Je vais vous le démontrer.

Tout d’abord je veux préciser qu’il n’est pas question pour moi d’absoudre tous mes confrères. Il y a de mauvais établissements privés, publics et associatifs et ils doivent être sanctionnés. Par contre, il y a de bons établissements dans chacun des secteurs, n’en déplaise aux idéologues anti système qui sont visiblement à la manœuvre. Le discours tenu, qui cible quelques grands groupes, est étendu sans vergogne à tous les EHPAD privés, y compris aux artisans du secteur que nous sommes.

 Le qualificatif « lucratif » est pour eux un gros mot ! Décidemment rien ne change jamais en France.

Pourquoi ces émissions sont-elles indignes ?

Leur méthode commune est :

  • de s’appuyer sur des images volées, aisément falsifiables, et sur des témoignages larmoyants de personnes non identifiées tout aussi falsifiables,
  •  d’en tirer des généralisations abusives à tous les établissements privés,
  • d’un oubli sidérant des scandales touchant régulièrement des EHPAD publics (par exemple celui de la Ferté sous Jouarre) comme de l’importance de la maltraitance à domicile que seule l’émission d’M6 évoque brièvement ; ce qui leur permet d’affirmer que le scandale touche les EHPAD privés dits à but lucratif et eux seuls.

     

    C’est un mensonge.

Par ailleurs, on ne peut parler des EHPAD sans s’être renseigné sérieusement sur leurs contraintes de fonctionnement telles que les modalités de la médicalisation, le fonctionnement du marché des personnels soignants, le rôle des différents acteurs des EHPAD….Bref sans faire un vrai travail de journaliste.

Ces émissions sont, pour toutes ces raisons, fort éloignées d’un véritable travail de journaliste. Il s’agit d’une manipulation de l’opinion que seule une absence de connaissance du sujet traité rend possible.

Comment procèdent nos délateurs :

  • Utilisation des images

Les images produites sont choquantes mais sont-elles toutes révélatrices de dysfonctionnements.

En ce qui concerne les témoignages de familles tout professionnel sait qu’une minorité d’entre elles (1 ou 2 par établissement en moyenne) a du mal à admettre l’institutionnalisation de son parent ainsi que la détérioration de ses facultés cognitives ; ce qui se traduit souvent par une contestation tout azimut tant des décisions médicales et soignantes pourtant décidées en équipe pluridisciplinaire et validées par le médecin coordonnateur, que des services rendus par le service hébergement (sur les repas, le linge, l’assistance ou non aux animations…). Ces familles refusent de voir que leur parent leur rapporte des faits non conformes à la réalité (lorsqu’ils se plaignent de ne pas avoir diné ou de ne pas être douché par exemple). . Malheureusement une partie non négligeable de nos résidents peut exprimer des plaintes infondées en raison de la détérioration de leurs facultés cognitives. Il est donc hasardeux de filmer un résident exprimant une plainte et d’affirmer que l’établissement a commis une faute. C’est pourtant ce qui apparait sur les images des émissions contestées.

 Les nombreuses images volées peuvent donc être des manipulations tout comme elles peuvent exprimer une plainte légitime. Seule l’équipe soignante pourrait faire la part des choses.

 Les images de résidents ayant chuté, donc filmés à terre, peuvent également faire l’objet de manipulations. En effet, dans la mesure où un résident peut se déplacer seul il est susceptible de chuter. C’est le corollaire de la nécessaire liberté du résident et ceci pourrait être trouvé dans n’importe quel établissement fut il privé, public ou associatif ; y compris chez les meilleurs.

 Ce qui est important est la réactivité de l’équipe soignante, sa capacité à intervenir rapidement pour relever le résident et évaluer si la chute a des conséquences négatives (par exemple une fracture ou une plaie) et dans ce cas sa capacité à prendre en charge les suites de la chute.

 Dans le reportage la découverte du résident montre une recherche de personnel dans des couloirs vides pendant quelques secondes. Ces images peuvent avoir été « arrangées » car quand on ne veut trouver personne il est certain qu’on ne trouve personne. Il est facile de montrer des couloirs vides, même si le personnel est présent. D’ailleurs pourquoi notre « cinéaste » n’a-t-il pas utilisé l’appel malade le plus proche ? Il y a donc bien possibilité de manipulation de ces images ; ce qui ne signifie pas que la situation filmée ne puisse exister dans un établissement mal organisé ou dont le personnel n’est pas géré.

Les images sur M6 sont plus dérangeantes, notamment les images de toilettes (d’ailleurs en soi filmer des résidents durant une toilette me pose problème, même si les visages sont floutés. Leur a-t-on demandé leur consentement ou ici encore s’agit-il d’images volées ?).

Ce que j’ai vu est assurément accablant. On y voit même une aide-soignante permanente avoir un comportement maltraitant (maltraitance verbale et attitude démontrant une absence totale de respect du résident : il est chiant celui- là il s’accroche tout le temps ; lève lui le petit doigt mais ne lui casse pas quand même !). Mais il s’agit là d’un établissement qui ne représente que lui-même et en aucun cas l’ensemble de notre secteur.

Toutefois, le plus critiquable concerne les commentaires qui accompagnent les images ; commentaires qui visent à faire croire :

  • que nous sommes nombreux à faire faire une toilette en 10mn, ce qui signifie que chaque AS aurait à s’occuper de 15 à 18 résidents ! Ce qui n’est pas le cas fort heureusement.
  • à ne pas former nos personnels remplaçants ou nouvellement embauchés,
  •  à laisser n’importe qui distribuer les médicaments…

     

    C’est faux et heureusement !

 Le secteur privé a longtemps été sous doté en personnel soignant par rapport aux établissements publics et associatifs ; ceci dans le cadre des conventions tripartites ; ce qui signifie que cette situation d’inégalité originelle relève d’une décision publique. Ici encore que chacun assume ses responsabilités.

Cela signifie que quoique nos résidents aient cotisé à la sécurité sociale autant que ceux des établissements publics et associatifs, la réforme de la tarification de 2002 qui a mis en place la médicalisation de nos établissements, c’est-à-dire le financement par le budget de la sécurité sociale de nos personnels soignants ainsi que des dispositifs médicaux (qui sont un agrégat de lits médicalisés, fauteuils roulants, pansements etc), nous a donné un encadrement soignant de nos résidents bien moindre qu’aux établissements des secteurs public et associatif.

Certes cet écart diminue avec le temps et un alignement des moyens des différents secteurs d’EHPAD est en cours (c’est la fameuse convergence tarifaire très décriée des acteurs des EHPAD publics) mais nous n’avons  pas encore tout à fait rattrapé notre retard.

En sommes-nous responsables ?

Ainsi que le suggère l’émission il serait théoriquement possible que nous financions des postes de soignants sur l’hébergement mais alors nous serions obligés d’augmenter nos tarifs hébergement qui sont déjà élevés eu égard au niveau des pensions. Ce n’est donc pas une solution.

Par ailleurs il n’y a aucune raison pour que nos résidents financent eux-mêmes une partie de leur prise en charge soignante que la logique des conventions tripartites fait financer par le budget de la sécurité sociale dans le secteur public et associatif. Une telle inégalité de traitement serait-elle acceptable au pays de l’égalitarisme ?

Enfin le nombre d’ETP employés n’est pas LE critère. Ce qui compte c’est le nombre de salariés effectivement présents auprès des résidents. Ainsi la qualité de gestion des équipes est essentielle et le taux d’absentéisme et le remplacement des absents sont des critères de qualité fondamentaux. J’ai déjà constaté à maintes reprises des établissements mieux pourvus que nous en personnel en CDI mais ayant des effectifs moyens moindres au lit du résident en raison d’un absentéisme anormalement élevé mais toléré par la structure, notamment dans le public.

 La qualité de l’organisation du travail est également essentielle pour optimiser l’intervention de nos personnels et permettre la bonne satisfaction des besoins de nos résidents. C’est elle qui permet qu’il y ait un nombre suffisant de personnels aux moments où nos résidents en ont le plus besoin (toilettes, repas, coucher).

 Ici encore attention les chiffres peuvent être trompeurs.

Non remplacement du personnel absent : Je n’ai pas compris comment un EHPAD pourrait trouver intérêt à ne pas remplacer ses personnels soignants absents, voire même supprimer ou tarder à créer des postes comme le suggèrent les deux émissions. En effet nous sommes un secteur d’activité administré aussi devons- nous justifier chaque année auprès des ARS de l’utilisation de nos dotations soins, notamment par le nombre de postes soignants rémunérés, et si nous n’avons pas dépensé l’intégralité de notre dotation soins, notamment du fait de non remplacements, l’ARS récupère les crédits non dépensés. Quel intérêt donc à se mettre en danger en mettant en cause la qualité des soins s’il n’est pas possible de garder les sommes non dépensées en rémunération de personnels soignants !

Pour être honnête, en ce qui concerne les remplacements un bémol toutefois. Nous remplaçons les absents autant que faire se peut mais il n’est parfois pas possible de le faire en cas d’absence inopinée, non prévisible ou parce que nous ne trouvons pas d’IDE ou d’AS pour assurer un remplacement de très courte durée au pied levé. Mais dans ce domaine tous les EHPAD sont logés à la même enseigne (privés, publics, associatifs) et à l’impossible nul n’est tenu.

Formation des personnels remplaçants : La situation présentée sur M6, remplacement de nuit par une remplaçante non formée par l’établissement et ne disposant d’aucune formation de soignante, est une situation inconcevable, donc fautive, si elle est avérée.

Le personnel de nuit est peu nombreux car les résidents sont couchés et pour la plupart dorment ; ce qui curieusement n’apparait pas clairement dans le reportage. Rappelons qu’en EHPAD nous n’avons pas de résident atteint de pathologie aigue. Nous ne sommes pas un hôpital ! La tâche des veilleuses de nuit est de veiller à la sécurité de nos résidents, de répondre aux appels et d’assurer les changes des résidents incontinents. Lorsqu’elles prennent leur poste les résidents sont déshabillés et sont le plus souvent couchés. Dans ces conditions 2 ou 3 ETP pour 80 résidents n’est pas choquant la nuit ; contrairement à la manière dont est présentée la situation par l’aide- soignante Hella.

 Les AS de nuit doivent non seulement être diplômées, formées mais aussi fiables donc connues de la direction car moins le personnel est nombreux plus le risque de dérive est important (personnel qui dort plutôt que de faire son travail, maltraitance) car ce qui assure la meilleure sécurité contre la maltraitance c’est le contrôle, le regard des autres, non seulement celui des supérieurs hiérarchiques mais aussi des collègues de travail.

L’isolement des salariés du maintien à domicile explique l’importance de la maltraitance dans ce secteur d’activité. Mais chut il est tabou de le dire nos décideurs politiques et administratifs ont décidé que le maintien à domicile était préférable à toute autre solution.

Distribution des médicaments : C’est pour un EHPAD un sujet sérieux en raison des conséquences que pourraient avoir une erreur sur la santé de nos résidents. Ce sont les IDE, et elles seules, qui les distribuent matin, midi et soir à l’exception toutefois des somnifères communs souvent distribués par les aides-soignantes car ils seraient distribués trop tôt s’ils étaient donnés avec les médicaments du soir. Je suppose donc que dans le reportage l’agent non qualifié distribuait les somnifères. La situation est néanmoins impardonnable car c’était à l’aide-soignante en CDI, qui connait les résidents, de les distribuer et non à une remplaçante non formée.

Les repas : Le coût journalier des aliments mentionné dans les émissions a choqué beaucoup de spectateurs. Il s’agit toutefois du coût hors taxe des aliments à un tarif proche d’un tarif de gros ; il est donc difficile de le comparer à celui d’un ménage (dans le public faute de récupérer la TVA on résonne TTC). Certains chiffres avancés pour certains groupes sont effectivement minimes ; ce sont les mêmes chiffres que l’on trouve dans les hôpitaux publics et privés mais en tout état de cause des coûts de l’ordre de 4.5 à 6 euros permettent à un cuisinier motivé de produire des repas faits à base de produits frais de bonne qualité gustative. Nos personnels, et notamment la directrice, les partagent régulièrement et ne s’en plaignent pas.

 La problématique de la production de repas est souvent celle de la qualité des cuisiniers, notamment des cuisiniers de collectivités, qui n’ont pas toujours envie de travailler des produits frais plus gourmands en temps de préparation. Ici encore c’est la qualité de la direction qui assure la qualité de la prestation. Sans gestion ( du personnel notamment), pas de qualité.

D’ailleurs, nous avons plus souvent à gérer des problèmes de prise de poids que de perte de poids suite à l’entrée en EHPAD. Par ailleurs le service infirmier a, entre autres tâches, de peser régulièrement les résidents et la dénutrition comme la déshydratation sont surveillées et font l’objet, en cas d’apparition chez un résident, de mesures décidées par le médecin coordonnateur. Si nos résidents mangeaient si mal le médecin coordonnateur s’en apercevrait ! Ici encore les reportages, même si ils ont été effectués dans des établissements mal gérés, sont malhonnêtes lorsqu’ils généralisent cette situation de mauvaise qualité des repas à l’ensemble des EHPAD privés.

Par ailleurs, sans aucune évaluation spécifique prenant en compte les conditions d’achat des produits alimentaires, comment juger du niveau de coût souhaitable pour les ingrédients journaliers ? Je pense que la plupart des personnes outrées serait surprises de savoir quel coût représentent les aliments dans le prix de leur repas à la brasserie voisine.

Ici encore les chiffres bruts sont trompeurs.

Il est clair que, plus que les situations filmées, le but des reportages est de dénoncer le développement du secteur privé dans les EHPAD. Pourtant, comme l’a fait remarquer fort justement Florence Arnaize Maume, secrétaire générale du SYNERPA, c’est le développement des EHPAD privés qui a permis à la France de disposer d’une capacité d’accueil à peu près suffisante. S’il avait fallu se contenter des investissements publics, les places en EHPAD seraient aujourd’hui inaccessibles, notamment aux plus pauvres car, ne rêvons pas, même les EHPAD publics choisiraient, s’ils le pouvaient, d’intégrer des résidents ne recourant pas à l’aide sociale dont les tarifs, fixés par les conseils généraux, sont souvent dramatiquement faibles.

Par ailleurs, les établissements privés ont créé des établissements modernes, aux normes qui étaient rares il y a quelques années. Actuellement beaucoup d’EHPAD publics sont rénovés mais l’investissement public n’aurait pas pu assurer à la fois la création des lits supplémentaires nécessitée par la situation démographique et la rénovation des structures existantes. Ainsi même les adversaires les plus acharnés du »lucratif », à condition qu’ils soient honnêtes, doivent reconnaitre l’apport de notre secteur.

Comme beaucoup d’artisans du secteur je regrette le développement des grands groupes, notamment côtés en bourse. D’autant que ceux-ci sont passés ces dernières années entre les mains d’investisseurs étrangers ! Quelle ironie pour une activité purement nationale !

Je conçois tout à fait les doutes que soulèvent les profits élevés de ces groupes, que leur situation oblige à rendre publics. Certes ils font des économies d’échelle sur bien des postes mais des dérives telles que celles dénoncées dans les reportages (sur remplissage, encadrement drastique des coûts) sont crédibles car leurs résultats sont sans commune mesure avec les nôtres. Ils ont c’est vrai une capacité de négociation avec les ARS à la mesure du nombre de leurs établissements et je ne serai pas étonnée qu’ils bénéficient de dérogations auxquelles nous, EHPAD isolés, n’avons pas droit !

Curieusement depuis 30 ans les pouvoirs successifs ont favorisé l’ascension des grands groupes. Pourtant leurs dirigeants n’ont aucun contact avec les résidents, ni d’ailleurs avec leurs salariés. Ils peuvent donc diriger leur groupe d’EHPAD comme le ferait n’importe quel industriel en ayant pour seul souci la rentabilité de SES investissements.

 

Cette préférence nationale pour les grands groupes, « les champions à la française » ne se dément pas. Elle touche tous les secteurs d’activités économiques et les politiques menées dans notre secteur depuis 10 ou 15 ans visent toutes à les favoriser.

Je citerai des mesures telles que :

  •  la mise en place d’une procédure d’appels d’offre pour la création de nouveaux EHPAD qui leur assure la quasi-totalité des possibilités de développement à notre détriment.
  • Le passage des conventions tripartites aux contrats d’objectifs et de moyens qui va également les favoriser puisqu’ils pourront gérer leurs crédits de médicalisation au niveau du département plutôt qu’au niveau de chaque établissement. Ici encore du sur mesure.

     

    Pourquoi notre haute fonction publique, si moraliste habituellement, a-t-elle favorisé outrageusement le développement des grands groupes ? Serait-ce pour permettre le pantouflage de ses chers énarques ?

     

     Mme LUCET est-elle consciente que son « enquête »orientée cause avant tout préjudice à nos meilleurs salariés qui assurent leur difficile fonction auprès de nos résidents et également aux familles et futurs résidents, déjà angoissés d’entrer en institution.

     

    Le secteur privé est rentable car il gère ; ce que trop souvent le secteur public ne fait pas. Curieusement, lorsqu’il y a scandale dans un établissement public celui-ci est très vite étouffé ; pourtant les faits dénoncés sont du même ordre que ceux dénoncés sur FR3 et M6. Pourquoi deux poids deux mesures ?

     

    Les causes des dysfonctionnements du secteur public sont différentes de celles du privés mais peuvent aboutir à des prises en charge tout aussi catastrophiques (gestion du personnel inexistante, rôle négatif de certains syndicats capables de couvrir des agents maltraitants, absentéisme incontrôlable, investissements coûtant environ 20% de plus que dans le secteur privé…).

     

    J’ai vécu une anecdote significative à propos du fonctionnement d’un EHPAD public qui, pourtant, n’a pas, à ma connaissance fait l’objet de dénonciation publique. Une de mes jeunes aides-soignantes qui avait passé une dizaine d’années parmi nous a voulu faire autre chose que de la gériatrie. Elle s’est fait embaucher par l’hôpital voisin. Huit jours après elle nous appelait en pleurs nous décrivant des scènes dignes d’ENVOYE SPECIAL : toilettes bâclées voire inexistantes, résidents ne sortant pas de leurs chambres, Elle nous a même relaté un acte de maltraitance ordinaire là -bas. Une résidente ayant chuté dans sa chambre à qui l’infirmière donne ses médicaments sans même la relever ! Notre jeune aide- soignante consciencieuse s’est même fait réprimander par ses collègues de travail pour le zèle qu’elle mettait à faire consciencieusement son travail. Elle ne se sentait pas capable de continuer à travailler dans ces conditions, nous l’avons réembauchée.

     

Et que dire des infirmières venant de l’hôpital qui viennent se faire embaucher chez nous en décrivant leur souffrance de devoir travailler sans planning, sans jours de récupération car, ayant une conscience professionnelle, elles sont sans cesse rappelées sur leurs jours de repos pour remplacer les éternelles absentes.

 Je n’accepte pas les mises en cause injustifiées dont nous faisons l’objet. La vérité est qu’il y a deux logiques différentes régissant les secteurs public et privé. Mais ces logiques peuvent toutes deux produire, pour des raisons diamétralement opposées, de très mauvais comme de très bons établissements.

Pour terminer j’ai été particulièrement choquée des propos tenus par les praticiens hospitaliers de je ne sais quel hôpital dans ENVOYE SPECIAL. A les entendre nous, privés, sommes sous médicalisés, nos résidents sont évidemment mal soignés et leur arrivent trop tard et sans dossier médical !

Comme le disait Florence Arnaize Maume c’est l’hôpital qui se moque de la charité ! Ces mauvais médecins cachent leurs carences en se déchargeant sur les EHPAD. C’est malheureusement courant. Pourtant nous devrions travailler main dans la main pour faire reconnaitre nos besoins respectifs.

Je citerai 2 anecdotes vécues pour rétablir la vérité concernant nos relations avec les SAMU et services d’urgence. Lorsque nous appelons le SAMU pour une urgence vitale on nous fait clairement comprendre qu’une personne très âgée n’est pas pour eux une priorité et il nous faut parfois nous battre pour obtenir que le SAMU se dérange. En tant que gérante j’ai déjà été amenée à appeler la direction de l’hôpital pour l’ avertir qu’en l’absence d’une intervention rapide auprès d’une de nos résidente à qui le SAMU refusait son intervention je serai contrainte de rendre public par tous moyens le refus de soins aux personnes âgées. J’ai dû être convaincante car ils sont venus rapidement.

Seconde anecdote vécue : alors que nous envoyons toujours nos résidents hospitalisés avec un dossier de liaison contenant les informations médicales et soignantes nécessaires à leur prise en charge ; le service des urgences concerné prétendait ne pas les recevoir et rien ni personne ne pouvait leur faire entendre raison. Nous avons été obligés de demander à nos ambulanciers de faire contresigner un bordereau de réception pour chaque dossier de liaison remis lors de chaque hospitalisation. Comme par hasard les plaintes ont cessé quand nous avons fait état de l’existence de ces bordereaux de réception. Bref nos dossiers de liaison étaient perdus entre leur remise à l’équipe du service des urgences et la prise en charge de nos résidents ! Quelle efficacité !

 Mon coup de gueule vise à démonter les tricheries, la mauvaise foi de nos pourvoyeurs de scandales que je n’ose appeler journaliste. Personnellement ayant pu mettre à jour les pratiques inqualifiables de ces émissions à scandale grâce à ma connaissance des EHPAD je boycotterai désormais ces émissions. Après tout nous avons l’information que nous méritons. Il est plus que temps de réagir.

En tant que représentante d’un EHPAD privé je réclame un droit de réponse officiel, un débat à armes égales dont le but serait de faire comprendre les tenants et aboutissants de la prise en charge en EHPAD et non de stigmatiser à tort, pour des raisons purement idéologiques, tout un secteur.

 

Catherine KNOCKAERT


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14 réactions à cet article    


  • BuSab 26 octobre 2018 11:31
    Tapez EHPAD sur internet et vous trouvez des dizaines de sites de groupes financiers et de banques qui vous proposent d’investir dans les EHPAD vous garantissant des rentabilités de 6% annuelles... c’est aujourd’hui un des placements financiers les plus juteux et les plus rentables du marché.

    Pour une telle rentabilité, on économise sur tous : les frais de séjour, les frais de personnel et les soins médicaux, et pour les reste à charge, on rackette les familles...

    Bel altruisme en vérité !

    • MKT 26 octobre 2018 16:41

      @BuSab

      La rentabilité se fait sur la partie hébergement qui est payée par le résident.
      C’est à dire :
      • le personnel administratif, de ménage et d’animation et un peu de soins de dépendance
      • La nourriture
      • Le logement
      Les soins sont payés directement à l’établissement par l’ARS
      La dépendance par le département au travers de l’APA.
      Ces 3 sections sont en principe étanches.

      Il n’y a pour l’instant pas de raison de rogner sur le personnel soignant qui est défini (quantité et qualification) par l’ARS, pas par le gestionnaire de l’Ehpad.

      Cela risque de changer car cette étanchéité des sections (soins ; dépendance ; hébergement) sera impactée par la réforme du financement.

      Mais nous sommes d’accord, avoir pour locataire dans un Ehpad une personne agée c’est un placement juteux, tant qu’il y aura des payeurs car ces résidents ne peuvent avoir l’aide sociale donc cela limite le nombre.



    • velosolex velosolex 26 octobre 2018 23:36

      @BuSab
      Vous avez raison...On trouve autant d’ailleurs d’articles sur la maltraitance. Lucet enfonce en fait les portes ouvertes. Le scandale est patent depuis longtemps. Dans le nord de la France, des familles allaient placer leurs parents dans des maisons de retraite en Belgique, tant le coût était moindre, et les conditions de vie bien meilleures....Un tel afflux d’ailleurs que des politiciens belges s’étaient émus. 

      On nous rabat les oreilles, avec les notions de droit, de sécurité, mais dans les faits, certains faits rentrent en contradiction avec cette belle logique à géométrie variable. Les vieux sont un marché juteux ouvert aux cyniques. 
      Pas une journée sans entendre à la radio un people prenant une voix énamourée pour tenter pour je ne sais quelle cause de faire la poche des anciens, s’en prenant à leur patrimoine...." Avez vous pensé à faire un leg. ?...
      Ne parlons pas du scandale aux assurances, s’attachant à l’invalidité future, avec un flot d’images montrant de belles gamines en blouse blanche entourant un pépé. Dans la réalité l’handicap doit être total..
      .C’est à dire que la personne ne doit plus avoir une quelconque autonomie, même très mineure, comme le fait de porter soi même ses aliments à sa bouche pour toucher pareille indemnité. Il est certains qu’on doit trouver des assurances bien meilleures, mais alors le prix est dithyrambique..Inutile de dire que la plupart des assurés ne verront donc aucune prise en charge, même quand ils ’n’ont plus toute leur autonomie. Mais pour les experts, c’est autre chose....Ma mère, après avoir cotisé pendant 30 ans a obtenu cette indemnité dans les six derniers mois de sa vie, quand elle était totalement Alzheimer. Un cas très classique. La durée de vie dans un epadh ne dépassant pas trois ans en moyenne

    • foufouille foufouille 26 octobre 2018 12:08
      ton établissement est bien mais c’est rarement le cas.
      "que nous sommes nombreux à faire faire une toilette en 10mn, ce qui signifie que chaque AS aurait à s’occuper de 15 à 18 résidents ! Ce qui n’est pas le cas fort heureusement."
      si ça existe bien.


      • juluch juluch 26 octobre 2018 12:13

        Article intéressant et assez lucide sur les Maisons de retraites.


        je n’ai vu que quelques bribes de cette émission....

        A savoir comme vous le soulignez que lorsque c’est filmé c’est souvent détérioré pour faire le buzz et le scandale selon les sujets abordés.

        Et je ne parle pas des télé réalité !!

        j’ai travaillé 20 ans dans ces établissements en tant qu’ouvrier HQ.

        je peux dire que j’ai tout vue et tout connu sans faire le mytho de base !

        J’ai vu les medecins incapables faisant uniquement du fric, les filles de services faisant le ménage , les toilettes et donnaient à manger, les 4 AS de base se démerdant sur 200 résidents, les morts par négligences, la bouffe dégueu, la saleté, les résidents cloitré dans leurs lits etc.

        je pourrai écrire un livre la dessus.

        Mais..................depuis quelques années il y a eu des chartes et tout s’est assez bien amélioré.

        pour la sécurité incendie, les soignants et les infrastructures.

        tous les établissements « foireux » avec des directions de merdes ont disparus ou se sont fait racheté par les grands groupes présent sur le marché.

        Ensuite....tous ces maisons font de l’argent ! Faut pas se leurrer et se cacher derrière le petit doigt.

        elles font de l’argent et doivent rentabiliser tout en devant et en rendant des comptes aux autorités et à leurs actionnaires.

        C’est du capitalisme et c’est tout.

        Le peu de personnel la nuit et du souvent aux normes/aux résidents.

        il est clair que de nuit c’est plus périlleux que de jour pour le résident, il y a moins de personnel.

        pour les remplacements des maladies ou absence il peut etre difficile de trouver au pieds levé et parfois certains ne veulent plus travailler dans tel ou tel établissement au vu de la réputation ou de la difficulté du taff.

        J’ai pu voir une AS faisant 10 à 15 résidents et ça c’est une réalité qui ne faut pas cacher !!

        Les toilettes dans ces cas sont elles faites ?, 

        NON !
        pas ou bâclé parce que il y a pas le temps tout simplement, pareil pour le repas c’est expédié dans ces cas là en quelque minutes parce que il y a pas le temps !

        cette émission a t’elle relaté la vérité ?

        Oui et...non

        le mieux se sont des cams cachées sans rien dire à personne ça évite les parasitages inutiles.

        J’ai bien aimé votre intervention sur ce fil en tout cas.... 
         smiley



        • velosolex velosolex 26 octobre 2018 22:57

          @juluch
          Luciide ?....Je ne vois pas comment on peut être juge et parti. Cette soi disant directrice en mission commandée fait non seulement dans le soin, mais dans le bétonnage...

          Les epadh sont multi fonctions, puisqu’ils font en fait plutôt dans l"économie, ce qui veut dire gestion, des salaires, des soins, et même du nombre de couches distribuées pour chaque patient.....
          Et tout est au proratat des salaires des soignants, misérables, sans perspectives, malgré l’investissement considérable de ces personnes, bien mal remerciées. 
          Plus d’un s’est posée la question et a trouvé aussitôt la réponse Faut il laisser la gestion de nos seniors, au privé. Evidemment non. Le privé a pour vocation de faire des bénéfices. C’est un secteur extrêmement lucratif, avec d’énormes retours sur investissement. De l’ordre de 5% en moyenne par an sur investissement. La pierre rapporte moins.....Il faut savoir qu’en france le proratat de personnel en rapport avec le nombre de lits, est le plus faible d’Europe. Même en Angleterre, il est du double. Au danemark trois fois plus de soignants pour la même unité de soins.....EHPAD en souffrance et vieillesse à plusieurs vitesses | Debout ...

        • juluch juluch 27 octobre 2018 10:40

          @velosolex

          En tant qu’AS vous gagnez plus dans cs établissements que dans le public.

          Ensuite se sont les autorités qui fixent le nombre de personnels / aux lits.

          Je ne défends personne juste un témoignage de plus sur un univers que je connais bien.

          et je ne jette la pierre à personne.

        • Jeekes Jeekes 26 octobre 2018 13:35
          Mais oui, bien sûr.
           
          Vous, vous êtes beaux, vous êtes bons, vous êtes dévoués.
          Je me roule par terre !
           
          Je connais, hélas, de très près comment fonctionnent vos établissements.
          Ce n’est rien que de la merde.
          La chasse aux profits et aux ’’moindre coût’’.
           
          Des salaires indigents, des conditions de travail pourries, du sous-effectif chronique.
          Ce qui induit (c’est humain) des comportements ignobles vis-à-vis de vos ’’pensionnaires’’ qui ne sont traités que comme de la merde.
          Sans parler des insultes, des rudoiements, des refus de s’en occuper.
          Vous vous plaignez qu’on vous accuse de faire des ’’toilettes’’ en 10 minutes ?
          Ben, sans blagues, la plupart du temps elles ne sont même pas faites, les toilettes !
           
          Et quand la famille se plaint, on l’accuse de ’’traumatiser’’ le personnel.
           
          Moi j’en ai des photos, prises par moi, non trafiquées.
          Elles montrent clairement comment ça se passe.
           
          Vous vous foutez de nous à venir chialer.
          La seule excuse que je pourrais vous accorder, c’est que ce n’est pas mieux dans le secteur public. La seule différence c’est que vous, dans le privé, vous vous faites un pognon de dingue sur le dos des vieux.
           
          C’est minable, cassez-vous, goinfrez-vous, mais pitié, fermez-là !
           


          • Jason Jason 26 octobre 2018 13:59

            Les EHPAD, antichambres des établissements funéraires. C’est fou ce que la vieillesse et la mort, confiées au marché peuvent rapporter. L’Etat, courroie de transmission du pillage des populations, est à l’oeuvre...


            .La solution ? En faire des établissements à buts non-lucratifs. Mais, en France, la rente, c’est sacré !

            • coquecigrue coquecigrue 26 octobre 2018 16:41

              Les prix sont identiques (localement) en public ou privé. Ma mère, 101 ans, est depuis 7 ans dans un EHPAD /nursery privé, très bien géré. Le compagnon d’une amie, 100 ans aussi, n’a mis que 7 mois pour mourir, dépourvu de soins, dans un établissement public. Même tarif : environ 2400 €/mois. Je n’ai pas regardé l’émission, seulement des bribes sut Internet, mais je la trouve partiale et malsaine.


              • cevennevive cevennevive 26 octobre 2018 17:47

                Non Madame, malgré vos remarques et précisions, nous ne croyons pas que les EHPAD soit un séjour de rêve, même d’ailleurs dans les établissement public ou à but non lucratif.


                Ce sont des salles d’attente pour l’au-delà.

                Alors bien traités, bien soignés, bien lavés et bien nourris, les « résidents » sont à la fin de leur vie et le savent. Les familles aussi d’ailleurs... Et il n’est rien de plus triste qu’une Maison de Retraite, même le nom nous fait froid dans le dos.

                C’est d’une tristesse à se suicider tout de suite avant d’y entrer.

                Et s’attaquer à Elise Lucet est minable. Sous ses reportages représentant le cours de la vie de ces très vieux, émerge un horrible sentiment d’abandon. Combien d’entre eux reçoivent enfants et petits enfants ? Voisins et amis ? Combien d’entre eux peuvent avoir leur chat ou leur chien, leur fauteuils préféré et leur journal ?

                Bien entendu, parler d’argent, de coût, paraît dérisoire, bien que les tarifs soient exorbitants dans ces parc à vieux.

                Où est le temps ou l’on gardait les vieux à la maison ?

                Que le sort fasse que je n’y aille jamais. (Et croyez-moi, je connais).

                Tant mieux si vous y trouvez votre tranquillité.


                • velosolex velosolex 26 octobre 2018 23:13

                  @cevennevive
                  Elice Lucet est une emmerdeuse, mais elle touche où ça fait mal. Dans le secteur des epadh, je dirais que c’est trop facile de faire mouche. Pas besoin d’aller au bout du monde, d’avoir un geek pour éplucher les comptes bancaires camouflées. Le scandale est au grand jour. 

                  Les epadh sont une nécessité, et n’ont pas de vocation à être forcément des mouroirs...On y rit, on y échange, on s’extasie comme partout ailleurs, dépassé la frontière du malaise et des préjugés. Evidemment pour ce faire, il faut un minimum de moyens. 
                   Rien à voir avec l’allure encourageante de certains établissement privés, qui attirent les clients avec un politique hôtelière tape à l’œil, juste un prétexte pour établir des séjours aux prix astronomiques, mais n’ayant pas plus de personnel que les autres....
                  Nous avons en France un prix moyen parmi les plus élevés d’Europe pour une prise en charge des plus misérables, avec un proata de soignants extrêmement bas. Deux à trois moins que la plupart des autres pays d’Europe. Voilà l’invention de la maltraitance sur les rails. 
                  Les projections futures sont préoccupantes, avec un vieillissement de la population, des retraites qui vont baisser, des enfants moins nombreux pour payer le reste à charge. C’est de la dynamite...... 
                  La dernière strate de l’injustice. Les bourgeois récupèrent les biens considérables de leurs parents, après avoir eu pour la plupart des études qui leur ont permis d’accéder à de bons salaires...Ils ne payent pas la maison de retraite de leurs parents si besoin......Par contre les pauvres, n’hériteront que de l’infortune de classe, et paieront sur leur petit salaire le reste à charge, avant d’espérer un héritage misérable. Mais la plupart du temps, la maison sera vendue depuis longtemps....... 
                  Que faire ?...Nationalisation des epadh, et prise en charge par la collectivité des seniors,dans des conditions décentes de prise en charge. Et la reconnaissance des soignants ; Je suis infirmier, donc je connais assez bien le problème, ayant fait quelques stages dans ces structures. POur le reste, J’ai vécu le cauchemar de la dégradation de l’état de mes parents, ce qui donne assez rapidement des notions de droit, et de protection des personnes. 

                • ZenZoe ZenZoe 26 octobre 2018 19:37

                  D’accord pour dire que l’émission d’Elise Lucet cherche à faire le buzz plutôt que rapporter des faits. J’ai pu le constater lors de 2 émissions dont je connaissais bien le sujet, et les mensonges ou exagérations étaient plutôt de mise, ce qui est dommage, car on a besoin d’émissions de ce type.

                  Quant aux EHPAD, il ne faudrait en effet pas les mettre toutes dans le même panier. J’en connais au moins deux, et les deux sont tout à fait correctes en termes de soins et d’animations. Maintenant, on reste quand même sur la notion de mouroir. Les vieux sont là dans leur dernière demeure et ils le savent - d’où leurs regards tristes à mourir, et sans doute un climat dépressif.


                  • babadjinew babadjinew 27 octobre 2018 09:45
                    Etranges propos, que nous tenons, pour parler d’un grave probléme qui malheureusement existe depuis plus de 30 ans dans un silence et une indiférence général !

                    Plutot que de parler de résidents, de vieux, nous ferions bien de parler de NOUS ! Parceque c’est bien dans ces mouroirs que nous allons presque TOUS finir !!!!

                    Soyons honête aussi, nous avons boté en touche et laissé faire les soit disant « Pro » ce, tout en sachant depuis bien longtemps que le manque de structures d’acceuil pour prendre en charge une population viellisante ouvrirait la porte de TOUS les ecxés et abus !

                    Le « Marché » étant par définition sans âme, une offre faible face à une demande forte génére forcement des tarifs prohibitifs, et dans ce cas précis en prime une qualité ras du sol voir en extrême sous sol, car dans notre modéle sociètale dit moderne les « vieux gateux » n’ont plus le droit de sièger à coté de la cheminé de leur projéniture !!! Bref, ce que les investiseurs ont appellé la silver economie est un jackpot de rentabilité car la sociète NOUS (pour toujours les même stupides raisons) n’avons rien anticipé ! Au passage, ce sera pire dans 10 ans et encore bien pire dans 20 ans !!!!

                    Pour en revenir à l’Humain il est un moyen fort simple de savoir si nos ainnés sont a minima bien traité. Il suffit de regarder l’état des ongles de leur doigts de pieds. Et malheuresement, cette simple attention révéle trop souvent de véritable HOREURS, surtout pour les personnes qui ne sont plus en mesure d’exprimer une douleur !!!!

                    Mais bon qu’on ce rassure dans 20 ans nous aurons droit à l’eutanasie FORCE !!!! Cynique ??? J’espére que oui mais j’en doute......

                    Wake Up !!!! 

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