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Accueil du site > Tribune Libre > Mohamed Ben Salman : la face « moderne » de l’Arabie saoudite

Mohamed Ben Salman : la face « moderne » de l’Arabie saoudite

 

"Mon père chevauchait un chameau, je roule en Cadillac, mon fils vole en jet , son fils chevauchera un chameau" 

Proverbe saoudien 

On aura tout dit de l'héritier du royaume saoudien notamment en Occident où on est très discret sur sa politique génocidaire au Yémen où des milliers de morts sont à comptabiliser depuis près de trois ans d'un matraquage avec les dernières armes américaines françaises et qui procurent des milliards de dollars ce qui explique leur silence devant l'horreur au Yémen mais connait-on l'autre face, de Mohamed Ben Salman, celle d'un apprenti bâtisseur du futur ? 

L'ambition de la démesure de Mohamed Ben Salman 

L'éviction de l'ancien prince héritier s'est faite d'une façon brutale « Une page, lit on sur le journal Le Monde, s'est brutalement tournée en Arabie saoudite, mercredi 21 juin, avec la décision du roi Salman Ben Abdelaziz Al-Saoud de propulser son fils Mohammed Ben Salman au rang de prince héritier. Pour ce faire, le souverain saoudien a écarté son neveu, Mohammed Ben Nayef, qui occupait, en outre, les fonctions de ministre de l'intérieur. Mohammed Ben Salman, a été propulsé à la tête du ministère de la défense en dépit de son jeune âge. A la mort d'Abdallah, en janvier 2015, qui a permis à Salman d'accéder au trône, le roi a écarté son demi-frère Muqrin, alors prince héritier, au profit de son neveu, Mohammed Ben Nayef. La décision du roi Salman, 81 ans, est également un tournant compte tenu du jeune âge du prince héritier : 31 ans. . L'un de ses premiers actes a été d'engager l'Arabie saoudite dans une guerre civile au Yémen, transformée depuis en bourbier. Mais le prince ambitieux ne s'est pas limité aux armées, puisqu'il a rapidement pris le contrôle du secteur du pétrole, éminemment stratégique, ouvrant la voie à une privatisation partielle de la puissante compagnie Aramco. Il avait œuvré auprès d'un autre « héritier », Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, pour organiser la première visite à l'étranger du président des Etats-Unis, en mai ». (1) 

Il faut savoir que le tourisme religieux entre le pèlerinage et les ‘Omras ramène l'équivalent de 50 milliards de dollars même s'il n'a plus de pétrole. La Mecque est appelé la Las Vegas des Sables avec des dizaines d'hôtels de luxe. Pour l'histoire le roi Ibn Saoud s'était plaint à la France d'avoir mis fin à la contribution annuelle des Algériens aux « pauvres de la Mecque et de Médine. Ces argents vont d'abord dans les poches des 7000 princes .. C'est de fait un pays qui vit de la charité obligatoire des autres en plus de la manne pétrolière. Mieux encore, le prince MBS décidément imprévisible décide d’ouvrir son pays au tourisme ! Cela veut dire qu’il y aura graduellement un tourisme hypocritement hallal qui emprunte à l’Occident le luxe, le tout enrobé de religiosité comme c’est le cas actuellement en Indonésie

« La jeunesse saoudienne la plus connectée de la planète qui représente les trois quart de la population a bien compris le message. Ben Salman est populaire. D'autant qu'il a multiplié les nominations de diplômés roturiers et les signes d'une « libéralisation » des moeurs en permettant la tenue de concerts, en autorisant la compétition sportive féminine, en faisant libérer une gamine qui avait eu l'audace de se faire photographier en jupe sur un lieu publique ou un gamin qui dansait la macaréna dans la rue. Depuis que Salman a amputé les pouvoirs d'inquisition des brigades de la « Préservation de la Vertu et de la Lutte contre le Vice », la jeunesse soulagée multiplie les audaces ; elle se met à rêver la fin du cauchemar. Ben Salman a personnellement négocié avec l'américain Six Flags, le concurrent de Disney l'implantation d'un gigantesque parc de loisirs qui concurrencera ceux de Dubaï (2). 

Le Prince héritier brise tous ceux qui lui résistent. Nul n'est épargné, ce qui donne l'illusion de l'équité encore que sa lutte contre la corruption est à géométrie variable. Ainsi comme lu sur la contribution suivante : « Après avoir levé le lièvre de l'achat pour 450 millions de dollars d'un tableau, le New York Times revient à la charge et dit que MBS a acheté il y a 2 ans le château de Louis XIV pour la coquette somme de 300 millions de dollars. (…) MBS qui, apparemment, ne pense jamais aux conséquences de ses actes en tant qu'homme omnipuissant d'un Royaume qui fut riche, vient de récidiver en séquestrant (comme il l'a fait pour Hariri) l'homme d'affaires palestinien et patron de la Banque arabe. 

La vision du futur Neom 

Cependant si on devait accorder des circonstances atténuantes à ce prince sanguinaire qui fait la guerre avec les neurones des puissants, c'est d'avoir une vision pour le futur. On remarquera au passage que la date de 2030 n'est pas donnée avec son équivalent hégirien, c'est dire le peu d'intérêt qu'il a pour ses repères religieux et si son message s'adresse d'abord à l'Occident. Dans le prospectus distribué lors de la présentation nous lisons à propos Un nouveau plan de vie durable (à une échelle jamais vue auparavant où l'inventivité façonne une nouvelle ère inspirante pour la civilisation humaine Il n'y a nulle part comme ce vaste site. Un terrain varié, intact, abrité par les montagnes et refroidi par les brises de la mer Rouge. Un climat méditerranéen tempéré. 468 km de côtes avec des plages et des récifs coralliens, ainsi que des montagnes jusqu'à 2500 m d'altitude. Un emplacement stratégique sur l'une des artères économiques les plus importantes du monde fera de NEOM une plaque tournante mondiale pour le commerce, l'innovation et le savoir. NEOM fonctionnera comme une zone économique indépendante - avec ses propres lois, taxes et règlements spécialement créés pour stimuler une croissance saine et la richesse pour la région, les investisseurs et les résidents. « Seuls les rêveurs sont les bienvenus », proclame Mohammed ben Salmane, prince héritier d'Arabie saoudite. 

Mardi 24 octobre, il a dévoilé son projet pharaonique : Neom. Une mégalopole de 26 000 kilomètres carrés sur les rives de la mer Rouge, où elle côtoiera l'Égypte et la Jordanie. Un projet à 500 milliards de dollars qui ambitionne de faire du royaume un « hub » tant géographique que culturel Une révolution qui répond aux vœux du prince héritier, chantre d'une nouvelle Arabie saoudite » modérée et ouverte », en rupture avec l'ultraconservatisme religieux. 

« Neom pourra aussi s'enorgueillir de sa situation géographique et de ses ressources naturelles, notamment la possibilité de se fournir facilement en énergie solaire ou éolienne. Cette ville du futur devrait axer son développement autour de neuf secteurs : l'énergie, l'eau, la mobilité, les biotechnologies, l'alimentation, les technologies digitales, les médias, le divertissement et les nouveaux processus manufacturiers. « L'accent mis sur ces secteurs stimulera la croissance économique et la diversification (...) la création d'emplois et la croissance du PIB dans le royaume », explique Mohammed ben Salmane. Dans la mégalopole, l'Internet sans fil à haut débit, considéré comme de « l'air numérique », sera gratuit, de même que l'éducation en ligne « de classe mondiale ». La ville administrée par une « e-gouvernance » offrira une environnement parfaitement sécurisé, assurent également les promoteurs du projet. Grâce à l'automatisation des services et des processus, « Neom aspire a être la ville la plus sûre, la plus efficace, la plus orientée vers le futur et simplement le meilleur endroit au monde pour vivre et travailler » » (3) 

La mégapole-high-tech de 26500 km2 

« Ériger une mégapole lit on sur Futura-Sciences à la pointe du progrès tant dans ses infrastructures que dans la qualité de vie qu'elle offrira à ses habitants. Tel est l'objectif de Neom, une ville ultra futuriste que l'Arabie Saoudite entend bâtir en partant d'une feuille blanche. . À terme, cette vaste zone de développement économique de 26.500 km² s'étendra sur tout le pourtour du golfe d'Aqaba, englobant les rives de l'Égypte et de la Jordanie sur 460 kilomètres de côtes. La mégapole s'appuiera massivement sur les énergies renouvelables, avec des fermes éoliennes et photovoltaïques et des systèmes de stockage d'énergie à grande échelle. Il est également question d'un programme de dessalement de l'eau de mer. Les transports occuperont évidemment une place centrale dans ce projet. Et comme on peut s'y attendre, il s'agira de solutions autonomes et écologiques. Bien qu'aucun détail n'ait encore été divulgué à ce sujet, les voitures et transports en commun autonomes et les drones taxis sont cités en bonne place Plus concrètement, Neom sera une zone de développement économique dotée d'une législation et d'une fiscalité spécifiques destinées à favoriser les investissements et attirer les compétences humaines. Plusieurs secteurs-clés sont ciblés, notamment les biotechnologies. « Le monde se tournera vers Neom pour la prochaine génération de thérapie génique, la génomique, la recherche sur les cellules souches, la nano-biologie et la bio-ingénierie », peut-on lire sur le site promotionnel » » (4). 

« La première phase du projet Neom achevée en 2025 Neom ambitionne également d'être à l'avant-garde dans les domaines de l'Internet des objets, de l'impression 3D, de la robotique, des nanotechnologies mais aussi de l'industrie des loisirs (cinéma, TV, jeux vidéo...). Là encore, il sera question d'attirer des entreprises et des experts qui donneront corps à cette vision qui ne s'appuie pour le moment sur aucun projet concret. Pour couronner le tout, Neom sera une « plateforme open source » que les data scientists, les experts en analyse de données massives, pourront venir étudier afin d'évaluer l'impact de cet urbanisme high-tech et des diverses innovations mises en œuvre. En 2030, ses promoteurs prédisent que la ville contribuera à hauteur de 100 milliards de dollars à l'économie saoudienne Face à la perspective de la fin du tout pétrole, l'Arabie saoudite s'est engagée dans une grande refonte de son économie. Avec Neom, le royaume veut créer une mégapole futuriste exemplaire d'un point de vue environnemental, et attractive pour les secteurs économiques de pointe » (4). 

500 milliards de dollars dans une ville entièrement automatisée 

« Pour Jessica Mairs qui abonde dans le même sens : « Cette ville va couvrir trois pays. Les robots pourraient être plus nombreux que les humains dans une nouvelle ville pionnière que l'Arabie saoudite a qualifiée de « nouveau plan pour un développement durable » entièrement alimentée par des énergies renouvelables et desservie par des véhicules autonomes et des fermes verticales. L'Arabie saoudite injectera 500 milliards de dollars de son fonds souverain, le Public Investment Fund, dans neuf secteurs d'investissement clés de la ville : énergie et eau, mobilité, biotechnologies, alimentation, technologies et sciences numériques, industries de pointe, médias et divertissement. Les plans pour Neom ont été annoncés lors de la conférence sur l'Initiative d'investissement d'avenir dans la capitale de l'Arabie saoudite, Riyad. Lors de la même conférence, un robot humanoïde intelligent appelé Sophia a annoncé qu'elle s'était vu accorder la citoyenneté par l'Arabie saoudite. C'est la première fois dans l'histoire qu'un système d'intelligence artificielle bénéficie d'un tel statut » (5) 

« La ville serait uniquement alimentée par des énergies renouvelables solaire et éolienne via des champs de panneaux solaires et des éoliennes, créant un environnement sans pollution. La population serait alimentée par les produits provenant de fermes verticales et des serres à énergie solaire. Le développement de nouvelles infrastructures « disruptives » permettrait aux citoyens de voyager dans des véhicules automatisés, d'avoir gratuitement accès à Internet, à l'enseignement en ligne, et de vivre dans des maisons zéro émission de carbone. L'accent mis sur ces secteurs stimulera la croissance économique et la diversification en stimulant l'innovation et l'industrialisation internationales, pour développer l'industrie locale, la création d'emplois et la croissance du PIB dans le royaume », a déclaré Son Altesse royale le prince Mohammed Salman » (5). 

Les technologies futures sont la pierre angulaire du développement de NEOM des solutions révolutionnaires, pour n'en citer que quelques-unes, pour le transport, de la conduite automatisée aux drones pour passagers, de nouvelles façons de cultiver et de transformer les aliments, des soins de santé centrés sur le patient pour son bien être, internet sans fil gratuit appelé ‘Digital Air', enseignement en ligne continu gratuit de classe mondiale, e-administration complète mettant les services de la ville à votre portée, règles de construction qui feront des maisons à norme zéro émission de carbone, un schéma de cité qui encourage la marche et le vélo, le tout uniquement alimenté par les énergies renouvelables. Tous les services et processus de NEOM seront entièrement automatisés, dans le but d'en faire l'endroit le plus efficace du monde, puis complétés à leurs tours pour toutes les activités telles que les procédures juridiques, gouvernementales et d'investissement parmi d'autres. » (5) 

Dans la note du Saker Francophone à la fin de l'article cité précédemment, nous lisons l'analyse suivante sur les dessous de cette entreprise et comment contre toute analyse rapide, cette vision de MBS pour une Arabie saoudite 2030, est peut être intelligente et dénote d'une maitrise du temps de l'espace : « Au-delà de cette prouesse technologique et technique annoncée, ce projet revêt essentiellement un aspect géopolitique majeur. Pour bien comprendre l'ensemble des enjeux, il faut observer la carte de la région, car bien entendu la géopolitique est d'abord dominée par la géographie physique et les frontières des États, aussi faut-il bien regarder ces deux cartes pour bien comprendre la manœuvre du Prince Mohammed ben Salman. La position des principaux champs pétroliers et gaziers est sur la côte est de l'Arabie saoudite, sur le golfe Persique menacé directement par l'ennemi iranien juste en face. Si on regarde bien où sera cette ville à cheval sur trois états (Arabie Saoudite, Jordanie et Egypte) on constat qu'Israël n'est pas loin Israël est en plein milieu, son port d'Eilat jouxte le port jordanien d'Aqaba, qui ne figure pas sur la carte, il est pratiquement sur la frontière en face d'Eilat. On peut « naïvement » en conclure qu'Israël fait bien partie du projet. Le Prince joue un coup de maître. Et ce pour plusieurs raisons, il implante son projet côté mer Rouge qui, d'une part, l'éloigne d'une menace directe de l'Iran de par l'enchevêtrement des frontières de quatre pays dont l'Égypte, puissance militaire arabe, et Israël qui réagirait au quart de tour en cas d'attaque dans cette zone » (5). 
 

La collaboration invisible d'Israël 

Dans toute cette présentation, nul part one ne nous parle de créations de richesses en dehors d'une rente insolente. Tout viendra de cerveaux  qui feront payer chers leurs savoirs. Ce sera le cas d'Israël dont on devine en creux l'importance d'autant qu'elle est géographiquement aux premières loges !

« D'autre part, poursuit justement le rédacteur, l'implantation d'un projet de haute technologie qui nécessite l'apport de matière grise, de main d'œuvre et de technologies existantes est proche de l'Égypte et surtout d'Israël dont le savoir faire tous azimuts en milieu désertique et en hautes technologies répondent à cet impératif. Il serait étonnant qu'il ne le fasse pas. De plus, un tel projet, avec le budget qui lui est accordé, va attirer probablement toutes les « pointures » de haute technologie, de développement durable, d'ingénierie de haut niveau des quatre coins du monde et, s'il tient sa promesse de libérer ce projet du carcan wahhabite (il est impossible de vivre une vie de famille courante occidentale en Arabie traditionnelle), ces implantations seront durables. C'est une manière de reprendre la main sur le monde arabe autrement que par un conflit avec l'Iran dévastateur pour toute la région, et l'Arabie en particulier. Même si tactiquement il a commis de lourdes erreurs, exclusivement dictées par cette haine ancestrale entre sunnites et chiites, sur lesquelles il revient maintenant en lâchant la Syrie et surtout le Yémen, il s'est avéré un excellent tacticien dans la manière dont il a pris le pouvoir d'une manière absolue, tout en s'assurant des fortunes de l'oligarchie saoudienne pour financer ses projets, dans celle dont il a manipulé Trump et son équipe et celle dont il s'est assuré le « partenariat » d'Israël sans paraître « trahir » la communauté arabe. Le projet NEOM a la particularité de ne pas faire partie des gesticulations politico-militaires inspirées par les USA ».(5) 

« Mais, conclut l'auteur il devra encore manœuvrer dans son projet NEOM, car il est sûr que les Américains vont tenter de le vampiriser via leurs excellentes sociétés de haute technologie et d'ingénierie, ou encore au travers de la probable participation d'Israël à ce projet. Peut-être a-t-il compris que les USA ne font plus le poids et que très rapidement il va se rapprocher de la Russie et la Chine qui reviennent en force dans la région. Ces dernières, contrairement aux va-t-en guerre de l'État américain, ne veulent que stabilité et développement économique et politique dans cette région. Pour cela, si le Prince ne veut pas être l'otage de l'Amérique, il lui faudra convier la Russie et la Chine. MbS est certainement plus futé que ne le pensent les commentateurs occidentaux et peut-être, aussi surprenant que cela puisse paraître, il a probablement une ambition pour son pays ». (5) 

Ce que pourrait faire l’Algérie 

Cette vision du futur du prince Mohamed Ben Salman – si elle venait à se concrétiser- est à saluer car c'est un premier pas pour sortir de l'ébriété énergétique aux énergies fossiles pour aller vers un Développement Humain Durable respectueux de la nature et qui ne compromette pas l'avenir des générations futures. 

L'Algérie devrait développer ce type de vision en mettant tous les acteurs étatiques autour d'une table sans oublier naturellement la société civile qui devrait être consultée pour définir une transition énergétique vers le Développement Humain Durable, stratégie adossée à un modèle énergétique flexible avec une vision du futur pour le sahara non pas comme c'est le cas unique pourvoyeur d'énergie fossiles mais aussi renouvelable,, car le Sahara est une pile électrique si on sait y faire,. Avec l'eau, l'énergie, et surtout l'intelligence qui empêche de faire du Sahara une seconde Californie ?

Il nous faut un moteur idéologique qui trace un cap pour réveiller le génie qui sommeille en ses jeunes qui attendent un messie Souvenons nous du 24 février 1971, cette vision du développement a permis la nationalisation des hydrocarbures, premier pays à avoir réussi la nationalisation des ressources pétrolières après la tentative de Mossadegh en Iran tentative avortée par la CIA comme l’a reconnu bien plus tard Madeleine Albright.

C’est la même utopie mobilisatrice sous l'ère Boumediene – dont nous commémorons ces jours-ci le 39e anniversaire de sa disparition qui a permit de faire de l’Algérie un vaste chantier Outre les hydrocarbures, ce sera le développement du Barrage vert, la centaine d'entreprises dont notamment Sonatrach avec une capacité de raffinage de 22 millions de tonnes, les dizaines de villages agricoles construits, la trans-saharienne qui devait amener la prospérité à l’Afrique du Nord et centrale. 

Nous perdons chaque année par gaspillage l’équivalent de 20 %de la consommation soit l’équivalent de 10 millions de tonnes ou encore près de 4 milliards de dollars ! Nous perdons de l’argent car si on place seulement l’équivalent de 1000 MW solaire /an pour arriver aux 22.000 MW en 2030 c’est l’équivalent de 1,5 milliard de m3 de gaz naturel qui auraient pu être épargné ou encore 400 millions de dollars qui partent en fumée. Il faut enfin qu’avec une vision globale, on peut financer la construction du plan solaire pour produire l’électricité par le gaz naturel qui ne sera pas utilisé 

Nous perdons aussi du temps à retarder le développement à marche forcée vers cet utopique développement humain durable en investissant sur les énergies renouvelables. Pour cela il est plus que jamais temps de mettre en place des Etats généraux du Développement Durable sous l’égide d’une autorité à même de fédérer les initiatives disparates et qui en définitive se neutralisent remettant aux calendes grecques tout développement endogène du pays. C'est ce type d'utopie qui peut mobiliser la jeunesse qui est en panne d'espérance. Nous sommes avertis. 

Conclusion 
Nous pourrons ajouter, le fait de savoir si tout ceci est possible en cas de guerre avec l'Iran car massacrer les yéménites les accuser d'utiliser des missiles iraniens comme l'a fait la représentante américaine contredite comme nous le lisons dans cette information : « La récente bêtise est cette histoire de carcasse de missile soit disant iranien lancé contre Riyad et que Nikki Haley n'est pas arrivée à prouver de façon crédible. Le plus dramatique c'est que Nikki qui s'acharne à être plus sioniste que Netaniyahou à l'ONU et au Conseil de Sécurité espérant prendre la place de Tillerson ou jouer un rôle comme Condolezza Rice, n'a même pas eu la CIA pour l'aider à faire avaler son False Flag. Pour enfoncer le clou dans le cercueil de cette False Flag grossière, Mathis le patron du Pentagone a déclaré que la coalition prévue par Haley contre l'Iran ne sera pas militaire mais seulement diplomatique. Peut-on imaginer une ridiculisation plus flagrante ? » (6) 

Car si la guerre est déclarée contre l'Iran ce n'est pas les pieds nickelés de la coalition arabe avec un Schwarzkopf d'opérette qui fera illusion dans la première armée du Moyen Orient, ce ne sont pas les centaines de milliards de dollars en armement qui feront la différence. Ce sera véritablement un malheur qui ne profitera certainement pas aux Musulmans et encore moins aux Arabes.

 

Note : 

1 . http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/06/21/arabie-saoudite-le-roi-salman-propulse-son-fils-au-rang-d-heritier_5148391_3218.html#Ib9sDY0oFcxH3u3V.99

 2.Hedy Belhassine http://prochetmoyen-orient.ch/mohamed-ben-salman-en-marche-vers-l-empire-d-arabie/ 

3. http://www.lepoint.fr/monde/arabie-saoudite-neom-le-reve-a-500-milliards-de-dollars-de-mohammed-ben-salmane-26-10-2017-2167588_24.php

 4. https://www.futura-sciences.com/maison/actualites/batiment-villes-futur-neom-megapole-high-tech-voulue-arabie-saoudite-69011/ 

5. http://lesakerfrancophone.fr/larabie-saoudite-va-investir-500-milliards-de-dollars-dans-une-ville-entierement-automatisee&nbsp ;
6. https://twitter.com/LDDC_info

Article de référence : http://www.lequotidien-oran.com/?news=5254389

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger


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5 réactions à cet article    


  • Choucas Choucas 21 décembre 2017 16:11

     
     
    STADE DUBAÏ DU CAPITALISME
     
     
    « Les révolutionnaires ne se sont jamais battus pour autre chose que les libertés individuelles »
     
    Besancenot
    , la gôôôche négrière bonniche du Capital (cité par Michéa)
     
     
    « Cours camarade ! Le vieux monde est derrière toi ! »
     

    Uber à électeur de La Baudruche à Soros, singe blanc des islamistes, guignol de NatteEtTouffa Diallo, client préféré de Rothschild


    • MagicBuster 21 décembre 2017 16:21


      Si on en croit le proverbe saoudien - C’est le chameau la face « moderne » de l’Arabie saoudite.

      Effectivement vu comme ça . . . .


      • popov 22 décembre 2017 08:41

        @Chems Chitour


        Bon article, bon projet.

        Mais il faudra tenir soigneusement l’islam à l’écart pour éviter la paralysie des cerveaux qu’il produit sur les masses.

        Une question cependant. Qui va construire cette ville ? Je ne parle pas des ingénieurs et architectes, mais de ceux qui vont travailler sur les chantiers. Inutile de compter sur les Saoudiens qui auraient peur de s’abîmer les mains. Il faudra donc importer une masse d’esclaves du Bangladesh et d’autres pays d’Asie. Ce serait bien si ce projet prévoyait aussi des règles pour traiter ces gens humainement. 

        • Eric F Eric F 22 décembre 2017 15:10

          « L’un de ses premiers actes a été d’engager l’Arabie saoudite dans une guerre civile au Yémen »
          En fait, l’AS était engagée dans cette guerre au Yemen bien avant l’arrivée de MDS au gouvernement.


          • Alren Alren 22 décembre 2017 16:06

            Il faudra donc importer une masse d’esclaves du Bangladesh et d’autres pays d’Asie. Ce serait bien si ce projet prévoyait aussi des règles pour traiter ces gens humainement.

            C’est en effet un premier point. Le deuxième, tout aussi majeur, sera la place que les religieux voudront prendre dans ce « Neom ».
            Dans le pays du wahabisme, accepteront-ils de voir sur les plages des occidentales en maillot de bain deux pièces, manger du porc et boire de l’alcool sur le sol sacré de la Mecque ?

            S’ils sont évincés par force, il faut s’attendre à de sérieux troubles dans l’arrière-pays.

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