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Accueil du site > Tribune Libre > Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme ?

Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme ?

 

 

 « Notre société est fondamentalement absurde et profondément injuste à cause d’un système monétaire qui est, de fait, une énorme supercherie. » C’est ce que nous dit Marc Jutier en présentation de son fort intéressant livre sur le sujet : « La monnaie pour les nuls », sur le blog VLR (*). Que le système monétaire actuel repose sur une escroquerie à grande échelle, on n’en doute pas, mais est-ce bien la cause fondamentale des maux que nous inflige le capitalisme ? Il réduit à très peu l’indépendance des nations et des États, nous explique-t-il, ce qui parait être une évidence à l’heure de la « mondialisation », mais est-ce là encore le bon fil de la réflexion ? Prenons le déjà par ce bout…

 

Il est évident qu’un état ne peut être indépendant que s’il contrôle complètement sa propre monnaie. Même si ce n’est pas non plus le seul critère d’indépendance, tout aussi évidemment.

Le contrôle de la création monétaire implique de contrôler les banques, c’est à dire, en pratique, de les nationaliser.

Mais cela ne suffit encore pas à déterminer la nature sociale ou non de la politique suivie, des choix de gestion.

 

Selon une règle économique de base, l’argent en circulation est censé représenter la valeur globale des biens en capacité d’être échangés.

La valeur globale des biens n’est jamais que la valeur du travail socialement nécessaire à leur production et accumulé en eux.

C’est la loi de l’offre et de la demande, ou loi du marché, qui provoque à la fois des déséquilibre et des crises, en permettant également aux capitalistes toutes les manœuvres de spéculation, de dumping, etc…

Ce n’est que très rarement que le marché permet un équilibre réel entre offre et demande, faisant coïncider valeur réelle et prix du marché.

De plus, sous le capitalisme, cela ne correspond qu’à un équilibre entre production et demande solvable, c’est à dire de la part de ceux qui ont les moyens financiers, indépendamment de leurs besoins sociaux réel, et sans rapport avec la mesure de leurs besoins vitaux.

L’équilibre du marché répond d’abord à des besoins solvables et non à des besoins sociaux.

Il n’est qu’un équilibre illusoire, entre deux crises, et qui laisse les plus démunis sur le carreau, quoi qu’il en soit.

Un état indépendant et réellement socialiste doit donc chercher à se libérer de la loi du marché.

C’est à dire faire correspondre, de manière nécessairement planifiée, la production aux besoins sociaux et aux besoins vitaux réels de sa population.

C’est l’élaboration démocratique du plan, avec la participation de tous, qui fait la différence entre socialisme réel, démocratique prolétarien, et pouvoir bureaucratique, régénérateur de capitalisme.

Avec les moyens modernes de communication et d’échange, à l’ère de l’internet, une élaboration interactive et démocratique du plan, faisant correspondre besoins sociaux et production, c’est devenu tout à fait possible.

La méthode simple d’échange que Marx proposait par les « bons de travail » dans la Critique du Programme de Gotha est aujourd’hui devenu possible à grande échelle, si l’on considère que ce « bon de travail » était la définition même d’une monnaie socialiste alternative indépendante du système capitaliste.

Pour un état réellement socialiste et indépendant, cela implique donc également le contrôle du commerce extérieur, selon la règle qui veut que l’argent en circulation soit censé représenter la valeur globale des biens en capacité d’être échangés.

La part et la nature des imports-exports doivent donc aussi être déterminées démocratiquement lors de l’établissement du plan, avec les secteurs économiques concernés.

Elle doit nécessairement être compatible avec l’équilibre budgétaire global.

Pas de libre échangisme international débridé, pas de mondialisation imposant la dictature d’un système : le capitalisme/impérialisme.

Par la suite s'imposeront des négociations bilatérales financièrement équilibrées entre états souverains, même si de natures sociales par forcément homogènes. Retour à la Charte de la Havane (1948)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_La_Havane

Tout ça n'est pas si compliqué, en fin de compte, même si résumé au plus court, ici.

Pour mieux comprendre, voici ce que Marx proposait, dans la Critique du Programme de Gotha, comme principe d’échange économique, pour la période de transition :

 » Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est à une société communiste non pas telle qu’elle s’est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste  ; une société par conséquent, qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l’ancienne société des flancs de laquelle elle est issue . Le producteur reçoit donc individuellement – les défalcations une fois faites – l’équivalent exact de ce qu’il a donné à la société. Ce qu’il lui a donné, c’est son quantum individuel de travail. Par exemple, la journée sociale de travail représente la somme des heures de travail individuel  ; le temps de travail individuel de chaque producteur est la portion qu’il a fournie de la journée sociale de travail, la part qu’il y a prise. Il reçoit de la société un bon constatant qu’il a fourni tant de travail (défalcation faite du travail effectué pour les fonds collectifs) et, avec ce bon, il retire des stocks sociaux d’objets de consommation autant que coûte une quantité égale de son travail. Le même quantum de travail qu’il a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d’elle, en retour, sous une autre forme .

 

C’est manifestement ici le même principe que celui qui règle l’échange des marchandises pour autant qu’il est échange de valeurs égales. Le fond et la forme diffèrent parce que, les conditions étant différentes, nul ne peut rien fournir d’autre que son travail et que, par ailleurs, rien ne peut entrer dans la propriété de l’individu que des objets de consommation individuelle. Mais pour ce qui est du partage de ces objets entre producteurs pris individuellement, le principe directeur est le même que pour l’échange de marchandises équivalentes  : une même quantité de travail sous une forme s’échange contre une même quantité de travail sous une autre forme.

 

Le droit égal est donc toujours ici, dans son principe… le droit bourgeois, bien que principe et pratique ne s’y prennent plus aux cheveux, tandis que l’échange d’équivalents n’existe pour les marchandises qu’en moyenne et non dans le cas individuel.

 

En dépit de ce progrès, le droit égal reste toujours grevé d’une limite bourgeoise. Le droit du producteur est proportionnel au travail qu’il a fourni  ; l’égalité consiste ici dans l’emploi du travail comme unité de mesure commune. »

Pour comprendre en quoi ce système d'échange constitue néanmoins une rupture d'avec le capitalisme, il faut que l'on se remémore quelques aspects fondamentaux de la loi de la valeur. La notion de valeur est liée à la notion de quantité moyenne (Quantum) de travail socialement nécessaire à la production d’un bien ou d’un service.

Elle est d’abord liée à la valeur d’usage, même si elle n’est pas strictement déterminée par elle, et non pas au prix de marché.

En effet, l’échange commercial ne se produit jamais que pour des biens et services ayant une utilité sociale, une valeur d’usage (hors œuvres d’art et collections).

Le cas d’un service aux personnes dépendantes est exemplaire au sens où il est le plus souvent invendable à son coût de production sur le marché libre. Il a besoin, la plupart du temps, de subventions publiques pour être effectué, alors même qu’il répond à un besoin social et qu’il a donc une valeur d’usage évidente, à la base, au moment de sa conception comme service, à priori invendable.

Dans le système capitaliste les biens et services sont évidemment d’abord conçus pour rencontrer un besoin solvable, mais ils contiennent, dès leur production, un Quantum de travail socialement nécessaire,voire même dès leur conception, celle ci incluant généralement la conception du processus de production adapté, et cela indépendamment du fait qu’ils rencontrent ou non preneur sur le marché, en fin de compte, en fonction des aléas de celui-ci.

C’est pourquoi la conception marxiste de l’économie de transition est incompatible avec la conception trotskyste, que ce soit celle du « Programme de Transition » ou celle définie également par Trotsky lui-même, en 1939, dans son exposé de base prétendant résumer les principes du « marxisme », relus à sa manière :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

 

On ne peut plus clairement se mettre à la remorque du marché ni carrément affirmer plus péremptoirement que le plan doit être établi en fonction du marché et non des besoins sociaux réels !!!

On ne peut réviser plus grossièrement les fondamentaux les plus basiques du marxisme !!!

 

Vue sous cet angle, avec l’aide d’un exemple concret, l’impasse que représente le trotskysme est encore plus évidente que dans l’approche théorique qui s’est dégagée du débat avec le camarade Viriato :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

Néanmoins, constater que le trotskysme est disqualifié pour prétendre au renouveau d’un marxisme révolutionnaire n’est qu’une étape parmi d’autres et non pas une fin en soi.

Nous avions déjà pu faire le même constat en faisant l’étude et le bilan du maoïsme, en éclaircissant les ambiguïtés apparentes de la très nébuleuse « Wertkritik », tout comme celles des théories de Boukharine et Preobrajensky, plus marquées par leur époque, mais dont il importait aussi de faire le bilan historique.

Ce que la confrontation du trotskysme avec les problèmes économiques de la période de transition met particulièrement en lumière, c’est l’articulation dialectique des deux lois incontournables qui gouvernent encore actuellement l’économie capitaliste, celle du marché et celle de la valeur, et comment la soumission à la loi du marché mène inévitablement à la soumission au capitalisme et à son rétablissement, au cours de la période de « transition », qui cesse ainsi d’être une voie ouverte vers le communisme.

Alors que le fait de s’en libérer permet de maitriser la survivance provisoirement nécessaire de la loi de la valeur, en maitrisant l’équilibre économique en valeur-travail, afin de subvenir aux besoins sociaux réels, sur la base d’un nouveau mode de répartition et d’échange, où, selon la formule de Marx :

« une même quantité de travail sous une forme s’échange contre une même quantité de travail sous une autre forme. »

 

Luniterre

 

 

Liens utiles :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/11/monnaie-monnaie-capitalisme-ou-socialisme/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/30/trotsky-contre-marx-le-round-final-sans-pic-a-glace-suite/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/valeur-loi-de-la-valeur-plus-value-un-essai-de-breve-definition/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

 

(* http://mai68.org/spip2/spip.php?article1029 )

 

*********************************

 

 « ♦ 49 ♦ Le spectacle est l’autre face de l’argent : l’équivalent général abstrait de toutes les marchandises. Mais si l’argent a dominé la société en tant que représentation de l’équivalence centrale, c’est-à-dire du caractère échangeable des biens multiples dont l’usage restait incomparable, le spectacle est son complément moderne développé où la totalité du monde marchand apparaît en bloc, comme une équivalence générale à ce que l’ensemble de la société peut être et faire. Le spectacle est l’argent que l’on regarde seulement, car en lui déjà c’est la totalité de l’usage qui s’est échangée contre la totalité de la représentation abstraite. Le spectacle n’est pas seulement le serviteur du pseudo-usage, il est déjà en lui-même le pseudo-usage de la vie. »

(Guy DEBORD)

 

 

 

 


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8 réactions à cet article    


  • JL JL 13 décembre 2017 15:16

    La Monnaie entre violence et confiance
     
    Extrait
     
    « MARCHANDISE ET MONNAIE :

    L’HYPOTHÈSE MIMÉTIQUE

     

    /35/ L’analyse que ce livre cherche à développer part de l’hypothèse qu’il n’est d’économie marchande [de société marchande] que monétaire. Nous voulons dire par là que tout rapport marchand, même dans sa forme la plus élémentaire, suppose l’existence préalable de monnaie. Ou bien encore, d’une manière plus concise et directe, le rapport marchand est toujours un rapport monétaire.
     
    C’est ce que nous appellerons dorénavant « l’hypothèse monétaire. » Dans le chapitre précédent, nous avons déjà eu l’occasion de souligner l’importance de cette hypothèse en faisant valoir a contrario les impasses auxquelles conduisent nécessairement les approches concurrentes, à savoir celles qui pensent l’échange hors de la monnaie en se fondant pour cela sur le concept de valeur.
     
    Si l’hypothèse monétaire reste ultraminoritaire chez les économistes contemporains, on trouve cependant aujourd’hui d’importants économistes hétérodoxes pour la prendre au sérieux. Nous pensons tout particulièrement aux travaux de Carlo Benetti et Jean Cartelier que nous avons déjà eu l’occasion de discuter au chapitre précédent. Leur approche axiomatisée est fort élégante.
     
    Considérant que la monnaie est première dans l’ordre économique conformément à l’hypothèse monétaire, et qu’il n’appartient pas à la discipline économique d’en penser la genèse, ils sont conduits fort logiquement à en faire le postulat de base de leur construction. Un tel point de vue nécessite au préalable que soit défini avec précision ce qu’on entend exactement par monnaie. Il faut en caractériser les traits essentiels. C’est ce travail d’explicitation qui les a conduits au concept de « système de paiement . » Une fois l’institution monétaire décrite convenablement, il est alors possible /36/ d’analyser la manière dont une économie monétaire [société monétaire = société marchande] se comporte. La monnaie est-elle une forme socialement efficace ? En quel sens ? En quoi les actions individuelles qu’autorise ce rapport social conduisent-elles ou non au plein emploi ? Voilà quelques-unes des innombrables questions qu’il s’agit d’étudier. Autrement dit, pour eux, nul besoin de chercher à comprendre ce qu’il y a « derrière la monnaie ». Ce n’est pas du ressort de l’économiste. La monnaie est une donnée institutionnelle de base, celle qui définit le domaine d’analyse de l’économiste. Elle n’est rien d’autre que le nom qu’on donne à la règle du jeu social que jouent les acteurs économiques. Comme l’écrit Jean Cartelier : « La monnaie ne saurait être un résultat de la théorie, puisqu’elle est une donnée initiale. »

    Il nous semble cependant qu’on doit aller plus loin. On s’en est longuement expliqué dans le chapitre précédent. Identifier la monnaie à une institution dont les traits constitutifs sont fixés ex ante, a pour conséquence de rejeter hors de l’analyse toute dynamique portant sur la monnaie elle-même. Or, l’observation dément la pertinence d’un tel rejet. Dans la réalité des économies marchandes [des sociétés marchandes], la monnaie est en perpétuelle mutation et les évolutions endogènes qu’elle connaît sont un aspect fondamental de la manière dont ces économies [ces sociétés] s’adaptent et se transforment. Il convient d’analyser avec soin ces adaptations et ces transformations, faute de quoi notre compréhension de l’ordre marchand resterait parcellaire. Or, cela, l’argumentation théorique de Benetti et Cartelier se l’interdit par construction au motif que l’émergence de la monnaie n’appartient pas au domaine de l’économiste car elle renvoie à des forces sociales composites, en rien réductibles à la seule économie [c’est à dire à rien]. Notre point de vue est différent. Selon nous, on ne doit pas confondre la question de l’apparition de la monnaie au sein de sociétés qui en sont dépourvues et celle des mutations endogènes que connaissent perpétuellement les sociétés monétaires. Si la question de l’émergence historique peut à bon droit être considérée comme dépassant le cadre strict de l’économie, il en est tout autrement des évolutions endogènes que connaît la monnaie au sein des économies [sociétés] marchandes constituées. Dans cette dernière situation, il s’agit de penser la manière dont le rapport monétaire évolue spontanément pour répondre aux défis du moment. Cette évolution doit être considérée comme un élément clef de l’autorégulation de ces sociétés. Il s’ensuit que l’approche monétaire, si elle doit partir de la monnaie, ne saurait se la donner sous la forme d’une institution achevée. Aucune monnaie n’est définitivement instituée. Constamment surgissent /37/ de nouveaux prétendants qui remettent en cause sa primauté. Telle est notre thèse fondamentale.

    L’ambition de ce livre étant de rendre intelligible l’institutionnalisation des monnaies comme leur dépérissement, il nous faut donc abandonner les hypothèses de Benetti et Cartelier et construire un nouveau point de départ. Cet invariant à partir duquel nous proposerons de penser la logique d’évolution des systèmes monétaires, ce sera la concurrence des monnaies. »


    • Luniterre 14 décembre 2017 22:30

      @JL

      « le rapport marchand est toujours un rapport monétaire.
       
      C’est ce que nous appellerons dorénavant « l’hypothèse monétaire. »  »


      Le rapport marchand existe dans toute forme d’échange économique, même la plus « primitive », y compris au sens positif du terme, qui consiste en un échange direct de valeurs d’usages, évaluées par comparaison entre elles, sans intermédiaire monétaire, ce qui reste le cas du troc, aujourd’hui comme hier.


      Et même si l’on veut « monétariser » le concept de troc de façon purement métaphysique et idéaliste, cela n’en fait toujours pas la base économique du capitalisme.


      Et de l’économie « monétaire »-marchande primitive à l’économie capitaliste naissante, il y a encore plusieurs millénaires de civilisations diverses et de rapports de productions diverses à franchir.


      Cela n’efface pas le constat que la « monnaie » soit une base indispensable de l’évolution vers le capitalisme, mais cela invalide tout à fait le raccourci « monnaie=capitalisme », et plus fondamentalement encore « échange marchand=capitalisme ».


      Le capitalisme ne se défini pas seulement par l’accumulation, mais par le processus d’accumulation effectué à travers la plus-value, de façon systématique.


      « ...faisant valoir a contrario les impasses auxquelles conduisent nécessairement les approches concurrentes, à savoir celles qui pensent l’échange hors de la monnaie en se fondant pour cela sur le concept de valeur. »


      L’essentiel n’est donc pas de penser « l’échange hors de la monnaie », mais l’échange hors du capitalisme !!


      Dans la phase de transition, l’échange reste formellement « marchand », sans être pour autant capitaliste. C’est ce que nous explique Marx, en toutes lettres et sans ambiguïté, dans la Critique du Programme de Gotha, et notamment dans le passage cité.


      C’est pourquoi il n’est pas abusif de considérer le principe des « bons de travail » comme celui d’une « monnaie socialiste », au sens fort et tout à fait anticapitaliste du terme.


      Le processus d’élargissement n’y est utilisé que dans un but coopératif au profit du fond social de solidarité et d’élargissement social des forces productives, pour répondre aux besoins sociaux, et non à l’accumulation de capitaux privés.


      A terme, le remplacement de l’échange monétaire par des processus d’échange directs seront autant de pas vers le communisme. Les derniers, en URSS, ont été effectués dans le système d’échange kolkhozien organisé via les Stations de Machines et Tracteurs (*), système aboli par Khrouchtchev au milieu des années 50, ouvrant ainsi la voie à la restauration du capitalisme.


      Luniterre

       

      (*

      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/09/08/1949-1960-chine-urss-marx-au-banc-dessai-de-lhistoire-contre-la-wertkritik-3eme-partie/


      https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/


      ********************************




    • JL JL 15 décembre 2017 11:04

      @Luniterre
       
      merci pour la réponse.
       
      ’’L’essentiel n’est donc pas de penser « l’échange hors de la monnaie », mais l’échange hors du capitalisme !!’’
       

      De fait ce sont deux choses distinctes, et vous avez raison de le souligner. Mais le sens naturel sera difficile à inverser.
       
      De mémoire, il me semble qu’Alain Minc du temps où il faisait encore illusion avait dit que le capitalisme est l’économie naturelle. Et je pense qu’il avait raison sur ce point : les hommes étant ce qu’ils sont, il sera difficile de faire autrement.


    • Luniterre 17 décembre 2017 15:12

      @JL


      « De mémoire, il me semble qu’Alain Minc du temps où il faisait encore illusion avait dit que le capitalisme est l’économie naturelle. Et je pense qu’il avait raison sur ce point : les hommes étant ce qu’ils sont, il sera difficile de faire autrement. »



      Mon précédent et très court article publié sur Agoravox


      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/en-deux-mots-colonialisme-et-199431



      porte sur le retour de phénomènes tels que le colonialisme et l’esclavage, pourtant reconnus « officiellement » comme des « crimes » par notre nouveau président... !


      Le capitalisme n’est ni plus ni moins « naturel » que ces deux phénomènes, « les hommes étant ce qu’ils sont... ».


      Tous trois sont des produits de la civilisation humaine, et, comme elle, sujets à évolutions, parfois même régressives, comme celles que nous vivons actuellement, mais parfois aussi à des révolutions, qui ne sont jamais que des sauts brusques, de nature qualitative, de l’évolution.


      Dans l’évolution des civilisations, à travers la culture, l’art, la recherche, dans tous les domaines, l’action consciente, ne serait-ce que le simple combat des idées, joue un rôle, même s’il n’est pas forcément décisif au premier degré.


      Je viens donc de passer pas mal de temps à étudier cette histoire d’ »hypothèse monétaire » et d’ »hypothèse mimétique », etc...


      Assez intéressante par ses apports en psychologie, sociologie, anthropologie, mais rien là dedans qui ne soit incompatible avec une lecture non-dogmatique de Marx (...mais comment peut-il encore en être d’autres ?), comme le souligne JM Harribey :


      http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/valeur/monnaie-valeur.pdf


      Elle repose, de plus, dans ses conséquences, sur une confusion, inévitable, vu les prémisses, entre capital réellement « productif » accumulé sur la plus-value et capital « fictif » résultant uniquement de bulles financières évanescentes...



      Cette « confusion » est donc inévitable si l’on rejette le concept de travail socialement nécessaire comme substance de la valeur.

      Même si le poncif « monnaie=valeur » est un raccourci que JM Harribey s’empresse de récupérer au passage au profit de ses propres théories, il n’en démontre pas moins l’inaboutissement, au demeurant assez évident, de la réfutation de Marx que Orlean et Aglietta tentent dans leurs propos de base, fort bien « illustrés » par le reste de leurs travaux, néanmoins, et fort utilement, assez souvent, en dépit de ce but manqué.


      Luniterre




    • Marc JUTIER Marc JUTIER 14 décembre 2017 11:10

      La MONNAIE


      hier, aujourd’hui et demain

      La dictature des banquiers


      De la ploutocratie à la démocratie


      Autre titre : La Monnaie pour les nuls


      par Marc Jutier


      marcjutier.over-blog.fr/171206 (version écourtée)

      Notre société est fondamentalement absurde et profondément injuste à cause d’un système monétaire qui est, de fait, une énorme supercherie. Ce livre vous permettra d’y voir plus clair sur la monnaie, ses mécanismes et cette escroquerie des banquiers qui dure depuis trop longtemps. Dans ce document vous découvrirez une histoire de la monnaie et des banques, les cercles du véritable pouvoir en Occident, le fonctionnement du système monétaire actuel, les alternatives à ce système fondamentalement inique, violent et absurde et finalement une réflexion sur la monnaie, la démocratie et une nouvelle façon d’envisager la civilisation. Ce livre est également un guide internet sur le fait monétaire et divers sujets connexes. Toutes les adresses universelles (liens URLs) de cet ouvrage sont directement cliquable sur une page du blog de Fraternité Citoyenne. L’objectif est simplement de vous fournir un document qui fasse le tour de ces questions si capital : la monnaie, les banques et le pouvoir en Occident.


      • Luniterre 14 décembre 2017 23:11

        @Marc JUTIER

        Bonjour,

        Votre livre est un document des plus intéressants, et on serait presque tentés de dire « quasi-exhaustif », et cela surtout considéré du point de vue de « L’hypothèse monétaire », telle qu’évoquée par le premier post, celui de JL, ci dessus, mais il évacue en fait quasi totalement l’« hypothèse marxiste », ce qui est, à tout le moins, une omission de taille !

        A cette réserve près, on en recommandera néanmoins la lecture... !

        Luniterre


      • lloreen 15 décembre 2017 13:58

        @Marc JUTIER

        La réelle dictature est la dictature corporatiste car sans elle les banquiers n’auraient ni pu se développer ni conquérir la planète au moyen de leur arnaque planétaire de la dette qui s’appuie sur la création de la personnalité morale des êtres humains à leur insu.
        Dans n’importe quel code commercial ou civil l’absence de consentement éclairé engendre immédiatement la nullité du contrat en l’occurence pour vice de consentement ! 


      • lloreen 15 décembre 2017 13:54

        Je vous invite à regarder cette vidéo qui explique fondamentalement l’escroquerie capitaliste, ce qu’elle implique véritablement et par quels mécanismes intrinsèques elle a pu s’appliquer. Je vous invite aussi à la diffuser autour de vous afin que l’humanité comprenne que l’heure de sa libération a sonné depuis le 25.12.2012 dans le plus complet silence médiatique.L’enjeu majeur actuel est la divulgation de cette information essentielle qui se vérifie en filigrane derrière les discours et les rassemblements politiciens.

        www.youtube.com/watch ?time_continue=3322&v=g2AmcER3ulw

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