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Accueil du site > Tribune Libre > Non, les Français ne sont pas les propriétaires de la France

Non, les Français ne sont pas les propriétaires de la France

Protectionnisme ne rime pas avec nationalisme, mais avec ouverture et échange. Plus de nationalisme n’apporterait que moins de protections réelles.

Je marche depuis plusieurs heures dans Pékin. Je laisse mes pas me guider au hasard. Je n’ai jamais trop aimé les guides, je n’aime pas que l’on me raconte les histoires avant que je ne les vive, je veux pouvoir rester surpris.

Quelle importance si je me trompe ou si je « manque » ce qu’il faut « absolument » avoir vu ? Comment pouvoir m’imprégner d’une situation si je ne fais pas d’abord le vide en moi ? Pour découvrir, il faut se penser comme un creux, un vide, une possibilité qui vont se trouver remplis des rencontres. Savoir lâcher-prise.

Donc je suis à Pékin – c’est mon 5ème séjour – et tout à coup, une évidence m’apparaît : l’absence de métissage, ou plus précisément l’absence ou la quasi-absence de personnes venant hors de la Chine. Quel contraste avec nos villes occidentales : Paris, Londres, Berlin, New-York ou Los-Angeles sont devenus des villes cosmopolites où toutes les origines se télescopent.

Là à Pékin, rien de tel. Je repense aussi à mes marches à Dakar, Delhi. Là-bas non plus, il n’y a pas le brassage de nos villes.

Je ressens notre métissage non pas comme un risque, mais comme une richesse et une porte ouverte vers de nouvelles intelligences et de nouvelles possibilités issues de ces mélanges. Notre force en Europe ou aux États-Unis vient de ce mélange. Une des grandes faiblesses de la Chine est sa « fermeture » relative qui limite sa créativité et sa capacité à évoluer dans le futur.

Mais, notre métissage ne sera porteur que si nous ne cantonnons pas « ceux qui viennent d’ailleurs » au ramassage de nos ordures, à la plonge ou à l’épluchage des légumes dans nos restaurants ou les travaux de force dans le bâtiment. Il ne sera pas non plus porteur si chaque communauté s’enferme dans des Chinatown, Little Italy ou « Ici 100% Français ».

Il suppose que nous acceptions l’autre et que nous ne le voyions pas comme le rival, celui qui vient prendre notre emploi – ici ou ailleurs –. L’autre est celui qui a une expérience différente, un regard nourri par son origine et sa culture, une énergie propre. L’autre est celui avec lequel ma pensée, ma compréhension du monde et mon imagination vont être décuplés.

J’entends tout autour de moi des discours de craintes et d’appel au protectionnisme. Mais derrière ce beau mot de « protectionnisme » – qui peut être contre les protections ? –, se cache l’hydre du nationalisme et de l’exclusion.

Vous voulez vraiment revenir au nationalisme ? Qu’allez-vous faire alors de tout notre métissage actuel ? Vous allez renvoyez les millions d’asiatiques présents en France ? Et ceux venus d’Afrique ? Ou vous préférez les mettre dans des camps pour nous protéger ? Vous croyez vraiment que cela va vous protéger ? C’est cela le protectionnisme ?

Ou comme dans des propositions récentes, vous voulez que l’on se protège des importations venant d’Asie ? Une taxe à l’entrée fonction de l’écart de coût salarial ? Un des intérêts d’une telle mesure serait de renforcer notre culture bureaucratique et de créer un nouveau corps de fonctionnaires pour gérer cette « usine à gaz ». Car, comment voulez-vous mesurer réellement cet écart ? De plus, la plupart des produits sont fabriqués en des endroits multiples. Quelle référence prendre alors ? Le lieu de l’assemblage final ? Mais si ce n’est pas l’étape où se crée le maximum de valeur ajoutée, est-ce la bonne idée ?

En admettant que l’on mette en place un tel système, comment imaginer que les autres continents ne vont pas faire de même ? Le risque de récession mondiale ne sera qu’accru, et celui d’une conflagration aussi…

Non vraiment, je ne crois pas que nationalisme rime avec protectionnisme. Nationalisme rime avec appauvrissement des plus faibles, perte de richesse pour l’humanité et guerre.

C’est l’acceptation du métissage et des connexions multiples qui peut permettre un vrai protectionnisme. Sur les bases de cette acceptation, on pourra réfléchir aux systèmes de protection nécessaire. Protectionnisme rime avec ouverture et échange.

Tout ceci ne peut pas se faire en un jour, un mois ou un an. Nous allons avoir devant nous des périodes troublées. Se réfugier dans le nationalisme ne fera qu’accroître les troubles et freiner le vrai protectionnisme.

Finalement, notre société, nos sociétés sont des corps vivants qui grandissent, évoluent et changent d’horizon.

Pour un être humain, le premier horizon n’est que celui du sein de sa mère et de la chaleur du regard de sa famille immédiate. Puis progressivement par étape, il va élargir son cercle initial et, à l’âge adulte, pouvoir s’hybrider avec le dehors.

Il en est de même pour nos sociétés. Elles sont nées dans des cavernes, ont ensuite grandi dans des villes et des nations. Elles doivent aujourd’hui s’émanciper, s’hybrider pour atteindre un nouveau stade d’intelligence collective.

Ce n’est pas parce que nous sommes nés en France que la France nous appartient. En tant que « Français d’origine », nous sommes porteurs d’une culture, d’un point de vue sur le monde et d’une histoire. Notre responsabilité est d’avoir le courage de nous ouvrir pour les hybrider avec celle des autres.

 

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142 réactions à cet article    


  • Robert Branche Robert Branche 21 avril 2009 18:32

    je ne cherche pas à recueillir des suffrages, mais à provoquer un débat pour confronter mes idées, les enrichir et affiner leur formulation


  • zelectron zelectron 22 avril 2009 00:05

    La violation de domicile ça existe ?


  • guillaume 26 avril 2009 16:15

    Je suis assez d’accord avec les remarques de l’article, les remarques pratiques s’entend.
    Je pense qu’effectivement chaque individu doit pouvoir s’il le désire et fait un effort (non surhumain) avoir la possibilité de vivre en Français.
    Ce que je nie absolument c’est cette façon de vouloir (la volonté donc) de métissage des cultures. les cultures, les idées ne se valent pas, il y en a toujours une qui prévaut. A vouloir mettre à égalité ses propres idées avec celles des autres, différentes, on donne un désavantage décisif aux siennes. C’est ce qui arrive actuellement à la France, qui sans forcer la réalité, est vouée à la disparition certaine (je ne crois plus que ce soit encore réversible).
    Je donnerais quelques exemples : désapprentissage du vrai français (structuré) dès l’école, mais jusque dans les lois et dans les entreprises. Disparition du service national (qui était un élément intégrateur forcé). Exclusion de toute élite financière hors de France (donc prise de décision économique à l’étranger avec la France devant s’aligner) avec aussi une dépossession organisée des Français, etc


  • noop noop 21 avril 2009 12:22

    Votre article est intéressant.
    Je suis en désaccord pratiquement point par point.

    D’abord vous confondez (volontairement ou non) « diversité » et « métissage » qui sont deux conceptions différentes. La deuxième citée venant se substituer à la première après son échec prévisible.

    Ensuite les évolutions que connaissent les sociétés occidentales déboucheront à un moment ou à un autre sur un clash. Il se produira lorsque telle communauté ne sera plus, ne saura plus si elle est en situation de dominer ou d’être dominer sur un territoire donné appelé nation... Cette période de transition démographique sera la période de tous les dangers.

    Nos hommes politiques, nos irresponsables l’ont bien compris, mais ils savent qu’il est trop tard pour éviter l’écueil. Alors de la diversité, qui suppose la juxtaposition de comunautés et phénotipes différents qui deviendront antagonistes, ils nous exhortent au métissage. Métissage des cultures, mais aussi biologique... une tradition française selon M. Sabeg.

    Personnellement je n’ai aucune envie de voir mon pays se métisser d’islam... Quand je vois la dernière trouvaille des Afghans « modérés » (pas les Talibans) je m’inquiète de ce qui adviendra lorsque les adeptes de cette religion seront en position de force dans mon pays.

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/04/01/l-afghanistan-prevoit-une-loi-liberticide-pour-les-femmes_1175377_3216.html

    http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2009/04/11/loi-sur-la-femme-un-responsable-afghan-denonce-l-invasion-culturelle-occidentale_1179774_3216.html



    • Robert Branche Robert Branche 21 avril 2009 16:41

      non je ne confonds pas diversité et metissage, et c’est bien de metissage que je veux parler, c’est-à-dire de s’hybrider au sens culturel du terme. Je vous conseille sur ce thème la lecture des livres de Michel Serres (singulièrement « le tiers-instruit »)
      Ensuite, ce mélange n’est la volonté de personne c’est le fruit de l’évolution : l’accroissement de la population mondiale, les transports, les déséquilibres de revenus qui amènent des populations à quitter leurs pays d’origine, des régimes politiques plus attractifs que d’autres...
      Il est docn illusoire de penser que l’on va revenir en arrière : le monde de demain sera hybride et il faut apprendre à vivre dedans.
      mais oui vous avez raison, nous sommes face à une période très dangereuse...
      Enfin il n’estp asquestion de se métisser avec l’islam, ou une autre religion précise, mais de s’enrichir du point de vue des autres (mais oui il y a des belles choses dans la culture arabe !)


    • 007 22 avril 2009 01:58

      Bonjour Robert, moi aussi j’ai voyagé un peu et du coup me vient une question suite a vos propos : Quel est le moteur de votre envie d’ailleurs ? C’est bien la diffrence, la decouverte de lieux et de gens different non ? Imaginez juste un instant un monde globalisé et metissé à outrance, qui aura gommé toutes les difference, qu’elle tristesse !!
       Sinon juste une remarque la France actuelle et né apres le chutte de l’empire romain en 476, elle est donc le fruit d’un long « metissage » entre les gaulois, les romains, les differente invasion de barbare dont le francs etaint le plus nombreux. mais le resultat de cela c’est que les gaullois et leur culture ainsi que le latin (langue officiel) a disparu. Et a laissé place au Francs et au Francais. On peut donc en conclure, au vu de l’histoire, qu’il n’y a pas de juxtapostion durables des cultures, langues, contumes, etc... mais forcement le remplacement et donc la diparation d’une au profit de l’autre...Donc , l’illusion de la richesse, par la multiplication des cultures, se transforme inévitablement en un apauvrissement sur le long terme...non ?


    • Robert Branche Robert Branche 22 avril 2009 08:48

      @007
      Effectivement un des plaisirs majeurs de voyage est la confrontation avec des différences.
      Les multiplications des échanges actuels, le brassage des populations risquent effectivement de les diminuer. Plus le métissage sera effectif, moins elles existeront. Mais tout ceci sera très progressif.
      A noter que même sans métissage, on a actuellement une uniformisation par le bas par la multiplication d’offre marketing standard.

      Ensuite je ne crois pas que le métissage produise un appauvrissement, car il produit de nouvelles idées. La France a digéré la culture romaine et l’a hybridé avec celle venue des gaulois : la culture française n’est pas la culture romaine.
      Sur ce thème, je vous conseille la lecture du Tiers-instruit de Michel Serres (pas facile à lire mais très riche sur le thème de l’enrichissement par le mélange)


    • Τυφῶν בעל Perkele winkiesman 21 avril 2009 12:31

      Les français sont les indigènes de la France.

      Typhon


      • jakback jakback 21 avril 2009 12:42

        Bébert cosmopolite et fière de l’être, a chacun ses mauvais goûts. L’islam est effectivement un enrichissement culturel important pour notre pauvre civilisation occidental judéo-chrétienne, la charria et ses oripeaux, va élever la conscience universel des hommes.


        • Cobalt-59 21 avril 2009 12:46

          Un article dans la droite lignée du nihilisme Benetton, idéologie grotesque qui rejette l’idée (et à vrai dire la réalité) d’un monde multipolaire où des différences physiques et culturelles seraient présentes d’un peuple à l’autre, et pas seulement d’un individu à l’autre.


          • Yvance77 21 avril 2009 12:49

            Bonjour Mister Branche,

            C’est vrai que d’un coup des copains vous en aurez moins, mais bon c’est pas le souci.

            En fait les luttes commencent lorsque on veux expliquer la diversité source de bien des richesses à l’Auvergnat, le Normand ou l’Aveyronnais ... issus de la Terre. Cela ne passe pas chez eux et ne passera pas.

            Le mec il n’est pas capable de faire la liaison entre fromage au lait cru, moulé à la louche par une fermière bretonne, vendu sur un marché d’antan aux connaissances de village ou de quartier. Ils ne concoivent pas qu’un coloré puisse aussi aimer ces choses là et les ressentir. 
            Alors de là à ce que ceux-ci se revendiquent de Roland de Ronceveaux il y a des kilomètres, qu’ils ne seront jamais prêt du reste, à se les faire

            Je suis en couple avec une Russe et la différence on la fait parfois sentir, même si elle est issue de la bonne assimilation possible, car blanche de peau et cela passe ... mais pour certains malheureusement ce ne sera jamais le cas de prétendre à l’assimilation.

            A peluche


            • Fergus fergus 21 avril 2009 17:50

              Ce que vous dites est de moins en moins vrai, et des « colorés » comme vous écrivez sont parfaitement intégrés dans des communes rurales ici et là sans que cela pose problème.
              Cela fait même très longtemps que Kofi Yamgnane est maire de Saint-Coulitz, un bled tout ce qu’il y a de plus rural en bordure des Monts d’Arrée !
              Les difficultés se posent, exactement comme en banlieue, lorsque le nombre d’immigrés (particulièrement africains) dépasse le seuil de tolérance au delà duquel les gens se sentent agressés dans leur mode de vie.
              Ce phénomène existe même avec les Anglais en certains lieux où leur nombre est particulièrement important, et il n’est pourtant pas question là d’Islam.


            • Cobalt-59 21 avril 2009 13:22

              L’homo sapiens sapiens a frôlé l’extension à une période de son histoire, et ne comptait plus que quelques milliers d’individus. Rendez-vous compte, l’humanité toute entière pas plus nombreuse qu’une petite ville de province !

              Pour autant, leurs descendants (nous-même) ont pu survivre, se disperser et se rediversifier sans être complètement abrutis par la consanguinité. Donc à part si votre « civilisation » ne regroupe qu’une dizaine de personnes, je ne vois pas comment elle pourrait sombrer dans la dégénérescence.


            • Cobalt-59 21 avril 2009 13:29

              (extinction, pas extension)


            • Marsupilami Marsupilami 21 avril 2009 13:14

              @ Robert

              N’étant ni raciste ni nationaliste, j’ai longtemps pensé comme toi sur ce sujet. A présent, je trouve que c’est de l’angélisme idéaliste. Le multiculturalisme, c’est très bien entre cultures ayant des atomes crochus et à peu près la même conception des droits de l’Homme et de l’être ensemble. Il faudrait être complètement aveugle ou d’une mauvaise foi en béton armé pour ne pas observer que certains immigrés sont inintégrables et ne veulent d’ailleurs pas s’intégrer réellement dans les divers territoires européens. Dès lors il ne peut y avoir que la naissance de guettos. Tu n’ignores pas que le melting pot étatsunien n’est qu’un mythe : en fait, les populations d’ethnies ou de cultures différentes se mélangent très peu et les tensions raciales sont très grandes.

              Je ne suis donc pas d’accord avec ton opinion, mais je la respecte.


              • Cobalt-59 21 avril 2009 13:50

                Il faut aussi garder à l’esprit que, contrairement à ce que semble penser l’auteur, des populations entières ne s’exilent pas pour le seul plaisir de « mêler sa culture à l’Autre ». Les guerres, les famines, les massacres sont bien souvent à l’origine des flux migratoires et, donc, les principaux artisans des sociétés hétérogènes sur lesquelles semble fantasmer l’auteur...


              • Marsupilami Marsupilami 21 avril 2009 14:01

                @ Cobalt-59

                Tu as tout à fait raison. Il est en fait très rare qu’on choisisse d’émigrer pour le simple plaisir de coexister avec des gens appartenant à une autre culture que la sienne. Dans l’immense majorité des cas, cela se passe pour des raisons économiques et marginalement pour des raisons politiques ou religieuses (droit d’asile).

                Ayant pas mal bourlingué, je comprends ce qu’a ressenti l’auteur à Pékin : c’est vrai que la société Chinoise est très homogène… et que les Han sont parmi les pires racistes que j’ai pu rencontrer. Cette homogénéité peut paraître oppressante, surtout quand on est un Blanc isolé au milieu de ces foules. Mais de là à idolâtrer les foules multicolores des mégalopoles occidentales, il ne faut pas exagérer. Ça frise même l’esthétisme.

              • Robert Branche Robert Branche 21 avril 2009 16:46

                @Marsupilami
                Je ne suis pas du tout un « angeliste », au contraire je suis un réaliste et j’ai l’occasion par mes voyages et mes activités de me frotter à bon nombre de cultures et de religions.
                Je ne crois pas non plus au multiculturalisme : le fruit d’un métissage n’est pas une juxtaposition, mais l’émergence d’une nouvelle culture à construire ensemble.
                Oui le meltingpot type ONU n’est pas la solution, mais un point de passage.
                Oui les tensions sont grandes.
                Oui nous vivons une période dangereuse.
                Mais il est illusoire de croire que l’on peut éviter cette naissance collective


              • Robert Branche Robert Branche 21 avril 2009 16:58

                @Cobalt
                Je n’ai jamais dit que les populations avaient migré volontairement. Leur migration vient effectivement des écarts de niveau de vie, des problèmes dans certains cas de survie locales ou de troubles politiques. Et oui, elles auraient préféré rester là où elles étaient.
                Mais ce mélange est un état de fait dû largement à la croissance de la taille de l’humanité et aussi à l’existence des transports physiques (qui permettent le déplacement) et numériques (qui montrent notre « richesse »).
                Mon propos est de dire que cette situation est une « chance » pour construire ensemble en acceptant de se mélanger


              • Marsupilami Marsupilami 21 avril 2009 18:46

                @ Robert

                A propos de melting pot étatsunien, je suis allé voir Grand Torino. Du très très grand Eastwood, magistral, magique, transcendant, bouleversant. Et Clint joue formidablement le personnage de ce vieux raciste haineux en pleine rédemption christique.

                Quant aux mélanges… comme toi j’ai beaucoup bourlingué, et partout j’ai constaté la même chose : le racisme et des communautés religieuses, ethniques, nationales et/ou culturelles qui dans le meilleur des cas vivent plus les unes à côté des autres que vraiment ensemble. Et dans le pire des cas qui se foutent vite sur la gueule dans des réflexes communautaristes.

                Très rares sont ceux qui ne sont pas des « imbéciles heureux qui sont nés quelque part », comme chantait Brassens… qui suppliquait pour être enterré sur la plage de Sète de son enfance. C’est con mais c’est comme ça.


              • Cobalt-59 21 avril 2009 20:47

                @Robert
                Une « chance » ?
                Je veux bien qu’on considère l’immigration comme un défi social, ou comme une responsabilité sérieuse vis-à-vis de l’Humanité, mais ça n’a rien d’une « chance » pour le pays accueillant, notamment si on considère les sempiternels conflits sociaux et les pressions économiques exercées sur les salaires des emplois sans qualification. Encore une fois, les migrants n’ont pas pour objectif d’apporter quelque chose à leur pays d’accueil, mais simplement de survivre en fuyant le leur (ce dont on serait bien en mal de leur reprocher).

                Qu’est ce qui vous laisse penser un seul instant que notre société a besoin de migrants pour se construire et perdurer ? Vous devriez songer - même si c’est un peu ringard j’en conviens - à visiter votre propre pays, au lieu de bourlinguer aux 4 coins du monde. La France et ses régions ont déjà leurs propres richesses culturelles sans qu’il ait besoin d’en importer en catastrophe, en surfant sur les tragédies humaines du monde entier.


              • Robert Branche Robert Branche 21 avril 2009 22:04

                @Marsupilami
                Il est vrai que notre planète est d’abord peuplé d’égoïsme de partout (je n’ai jamais dit que les Français étaient plus nationalistes que les autres... ils ne sont ni pires ni meilleurs).
                Mais vu la densité humaine, vu les échanges croissants de population (et à nouveau il est illusoire que l’on pourra revenir au système précédent), nous devons tous changer d’ attitudes et devenir plus collectivement « adultes » et ouverts aux autres


              • Robert Branche Robert Branche 22 avril 2009 08:55

                @Cobalt
                Tout d’abord je passe l’essentiel de mon temps en France et aime mon pays : je vis en partie à la campagne.
                Oui le mélange issu des migrations est d’abord un défi : elle pose des problèmes majeurs aujourd’hui et pour les années à venir. Mais mon propos se situe plus en dynamique (je me rends compte que ma rédaction initiale n’était pas assez claire, mais le but de mes articles est de lancer le débat et de m’amener à préciser mon point de vue...) : le mélange est source de richesse, la fermeture est appauvrissement. La vie nait de la complexité et des différences (voir Edgar Morin notamment).
                Notre société n’avait peut-être pas besoin de migrants (mais comment aurions-nous fait fonctionner notre pays sans eux ?), mais ils sont là, bon nombre sont maintenant français autant que vous et moi (au sens de la nationalité française) : de mon point de vue, ceci peut être une force pour le futur.
                Quand je vois la violence de bons nombres de commentaires (pas les vôtres), il y a de quoi être un peu inquiet !


              • Cobalt-59 22 avril 2009 11:25

                « le mélange est source de richesse, la fermeture est appauvrissement »
                L’antienne par excellence des hérauts du mondialisme, mais qui s’effondre d’elle-même si on la confronte aux faits. Si le Japon, le Royaume-Uni ou même la Bretagne ont une telle singularité culturelle par rapport aux régions qui les entourent, c’est parce que leur isolement géographique a longtemps permis une quasi-rupture avec le reste du monde. Le repli sur soi n’est pas la mort pour une nation, c’est juste l’assurance qu’elle cultive sa propre identité et qu’elle ne se résumera pas à un « patchwork culturel » des pays extérieurs.
                C’est d’autant plus vrai pour la diversité de l’espèce humaine. Jamais une telle différence physique ne serait apparue entre, disons, un suédois et un éthiopien, si ces deux peuples n’étaient pas géographiquement aussi distants et donc isolés l’un de l’autre. Les différences physiques ne se créent pas individuellement au sein d’une espèce, mais toujours par l’intermédiaire de groupes ethniques isolés qui évoluent chacun dans leur sens.

                Une autre chose m’interpelle dans votre discours. Vous parlez souvent de ce qui peut émerger des mélanges culturels, ethniques, etc, mais jamais de ce qui y périt... Vous encensez la culture américaine « éclectique » qui croît de siècle en siècle, mais vous occultez l’essentiel : celle-ci n’a pu pousser que sur les décombres d’anciennes civilisations, exterminées depuis. Je ne suis pas sûr que tout ce qui vient progressivement combler ce « vide culturel » ait plus de valeur que ce qui y existait déjà...

                « mais comment aurions-nous fait fonctionner notre pays sans eux ? »
                Le français moyen a deux bras et deux jambes. Il est aussi capable que n’importe quel nord-africain. Je ne vois pas où aurait été le problème, si ce n’est que les patrons n’auraient pas pu exploité leurs travailleurs comme ils l’ont fait, compte tenu du niveau de conscience syndical qui était déjà présent et suffisamment robuste dans l’ensemble des classes populaires françaises de cette époque.

                "mais ils sont là, bon nombre sont maintenant français autant que vous et moi (au sens de la nationalité française)"
                Bien sûr, et il est d’autant plus important d’affirmer le modèle français par l’assimilation (pas seulement par l’intégration !) au lieu de laisser se ghetto-iser les banlieues sous prétexte qu’elles n’appartiendraient pas à la France (cf votre titre)


              • Robert Branche Robert Branche 22 avril 2009 11:42

                @Cobalt
                "Bien sûr, et il est d’autant plus important d’affirmer le modèle français par l’assimilation (pas seulement par l’intégration !) au lieu de laisser se ghetto-iser les banlieues sous prétexte qu’elles n’appartiendraient pas à la France (cf votre titre)"
                Donc nous sommes d’accord puisque ceci s’est précisément le métissage : l’assimilation va toujours dans les 2 sens. Je n’ai jamais dit qu’il fallait attirer de nouveaux migrants, mais comprendre que notre richesse de demain venait du mélange d’aujourd’hui. Tout cela pour effectivement éviter les ghettos


              • Cobalt-59 22 avril 2009 12:10
                • Donc nous sommes d’accord puisque ceci s’est précisément le métissage : l’assimilation va toujours dans les 2 sens.
                Absolument pas.
                Je parle d’assimilation, pas de fusion.
                C’est aux immigrés de se fondre dans le moule français, pas l’inverse.
                • Je n’ai jamais dit qu’il fallait attirer de nouveaux migrants
                Intéressant... vous seriez alors pour la fermeture des frontières ?
                • mais comprendre que notre richesse de demain venait du mélange d’aujourd’hui
                Idem que mon message précédent... vous considérez cette idée comme vérité acquise alors qu’elle est extrêmement discutable.

              • marcel 21 avril 2009 13:45

                Encore un propagandiste du métissage .
                La lecture de sa fiche où on pêut lire qu’il travaille pour des multinationales nous éclaire
                sur les buts mercantiles poursuivis par le métissage : détruire les racines identitaires de l’individu et en faire un parfait petit consommateur zélé des produits et services vendus par ces
                entreprises .


                • Robert Branche Robert Branche 21 avril 2009 16:50

                  @marcel
                  Je ne suis un propagandiste de rien, j’explique seulement mes idées. Le fait que je travaille pour des multinationales n’ a rien à voir avec mon propos, sauf que cela me donne l’occasion de voyager et de me confronter à des cutltures et des religions différentes. Mon propos est tout sauf « faire de nous des consommateur zélé » !
                  Si vous lisez mes articles, vous verrez que j’en appelle à un pouvoir politique capable de faire vraiment le contrepoids face aux entreprises mondiales.
                  Les multinationales tirent notamment leur force de la juxtaposition des pays et des tribus. Elles auront moins de pouvoir quand les hommes se seront unis et métissés (au sens noble de mélange des cultures et des expériences comme l’aborde Michel Serres dans le Tiers-Instruit)


                • jpeg 26 avril 2009 21:26

                  et quant nous serons tous metisse ou seront les differences quant dans le monde tout le monde sera pareil de pekin a toulouse de moursmank a johannesbourg quelle tristesse


                • Massaliote 21 avril 2009 13:48

                  Article trop politiquement correct pour ne pas frôler la tartufferie.


                  • Robert Branche Robert Branche 21 avril 2009 16:53

                    @Massialote
                    Non, mon propos n’est pas « politiquement correct » : le « politiquement correct » actuellement c’est le nationalisme et une version historique et dépassées (selon moi) du protectionnisme.
                    Je ne suis pas « Tartuffe », je dis réellement ce que je pense, pour le mettre en débat, au risque d’être minoritaire...


                  • marcel 21 avril 2009 14:02

                    « harcelles » , s’écrit avec un seul l ,je crois, capitaine cradock !


                    • Jojo 21 avril 2009 14:15

                      … Que quelqu’un dise au donneur de leçons et néanmoins « insultateur » précoce, qu’il pêut enlever son chapeau …


                    • Jojo 21 avril 2009 14:26

                      Avant que des copains à moi ne rappliquent, vous avez mis un seul d à Craddock, d’où mon commentaire, mais si ce n’était pas volontaire alors mea culpa pour le procès d’intention... « Si » évidemment.


                    • appoline appoline 21 avril 2009 14:09

                      @ Robert Branche,
                      Comment ! Vous avez séjourné à Pékin sans mettre votre col Mao, faute de goût, vous ne vouliez pas ressembler aux autres ? Pourtant le métissage est aussi se fondre dans la masse, l’individualité avec des gens comme vous, finira par disparaître, enfin, si on vous laisse faire, car ce n’est pas gagné.


                      • Robert Branche Robert Branche 21 avril 2009 17:02

                        Vous faites fausse route : sans rentrer dans le détail de ma vie privée (ce n’est pas l’objet ici ! ), je n’ai pas simplement séjourné à Pékin, mais ai vécu pendant plus de 3 ans avec un chinois (un vrai !). J’ai donc pratiqué ce métissage dont je parle ( aussi avant j’ai vécu avec un noir américain, polonais et un italien...)
                        De plus ce ne sont plus les chinois qui portent de col Mao mais Jack Lang et parfois Jacques Attali


                      • appoline appoline 21 avril 2009 22:15

                        @ Robert Branche,
                        Je n’ai que faire de votre sexualité, mais essayez de vous faire un gendarme, avec une touche de bleu, la palette sera parfaite.


                      • Robert Branche Robert Branche 22 avril 2009 09:00

                        Je ne vois pas bien ce que ma sexualité a à voir dans l’affaire !
                        Je n’ai rien contre le principe d’autorité, si c’est ce que voulez dire au travers de votre exemple de « gendarme ».
                        Je pense aussi que la France est un beau pays, avec une historie riche de sa tolérance et de notre capacité à avoir accepté des mélanges successifs.
                        Une des questions maintenant face à l’accélération des échanges, des migrations, à l’explosion de la taille de l’humanité, de savoir si en France et ailleurs nous aurons la capacité ou non de créer ensemble une nouvelle humanité qui ne soit pas faite de haines et de juxtapositions


                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 21 avril 2009 14:11

                        « Le territoire français est le patrimoine commun de la nation. »

                        Code de l’urbanisme, article L. 110, loi 83-8 du 7 janvier 1983.

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