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Accueil du site > Tribune Libre > Nouveau gouvernement : remaniement des ombres

Nouveau gouvernement : remaniement des ombres

Le gouvernement français ressemble de plus en plus à un théâtre d’ombres. Pris en étau entre d’une part une technostructure tentaculaire, totalement affranchie du politique, et d’autre part une conjoncture internationale écrasante sur les plans économique, sanitaire et géopolitique, les marges de manœuvre deviennent tellement étroites que gouverner notre pays se réduit à pratiquer un art de l’illusion. La parole tient lieu d’action. La déclamation médiatique s’affiche d’autant plus haut qu’elle ne sert en réalité qu’à dissimuler une impuissance extrême. 

Dans ce contexte, il n’y a fondamentalement rien de nouveau à attendre du remaniement ministériel qui vient d’intervenir. Le niveau de contrainte demeure tel qu’il commande tout. En matière économique l’action à venir se limitera, quels que soit les apparences ou les discours, à inonder encore notre pays de fausse monnaie avec la complicité lourde de la BCE. Au niveau social, il s’agira de colmater désespérément les brèches devenues gouffres d’un système en pleine dérive, le seul objectif de l’exécutif étant que tout ne craque pas d’ici à la prochaine élection présidentielle. L’endettement public se trouve déjà entièrement hors de contrôle, la chute du PIB vertigineuse, la montée du chômage inexorable. Il en résultera un appauvrissement généralisé, des grognes et des éruptions de colères, des violences sur fond de faillite régalienne, le tout accompagné d’un rejet massif du personnel politique. 

Cette vision amère de ce qui se dresse pour l’avenir de notre pays ne constitue pas une névrose pessimiste, mais un constat, le résultat mécanique d’un engrenage historique auquel, crise suivant crise, année suivant année, il devient particulièrement difficile de pouvoir échapper. 

Il nous est promis un monde d’après. Au regard des orientations déjà fixées, il sera inexorablement le monde de la reculade, un curieux mélange de capitulations et d’élucubrations. Certes le gouvernement vient d’être nommé. Nous le jugerons pleinement sur ses actes et sur ses résultats. Mais plusieurs éléments fournissent d’ores et déjà des indications claires sur ce qui va advenir. 

En premier lieu, le choix de Jean Castex comme chef du gouvernement relève de l’absolue fantaisie. Voici un homme qui, huit jours avant sa désignation, appartenait au principal parti d’opposition parlementaire, à savoir « Les Républicains ». Voici un homme qui, il y a seulement quelques semaines, se présentait au suffrage universel municipal sous la bannière de l’opposition au gouvernement d’Edouard Phillipe et au président en place. Voici un homme qui, maintenant, acclame Emmanuel Macron à longueur de journées et se répand en louanges incessantes sur le premier ministre sortant. Voici donc un homme qui soit n’a aucune conviction, soit partage les mêmes convictions que la majorité au pouvoir, mais a fait semblant de s’y opposer par pure soumission aux pratiques partisanes politiciennes. La réalité risque certainement de se situer entre les deux. Nous sommes en présence d’un premier ministre de peu de convictions politiques mais aux lourdes croyances technocratiques, un homme dont les idées principales sont absolument identiques à celles d’Emmanuel Macron et qui, comme bien d’autres, a occupé facticement depuis trois ans le terrain de l’opposition. 

En deuxième lieu, la composition du gouvernement témoigne du vide politique sidéral qui entoure le président de la République. Il était annoncé un gouvernement de missions et de rassemblement. Certains se mettaient même à rêver d’une large union nationale transcendant les clivages pour ne servir que l’intérêt supérieur du pays. Il nous a aussi été vanté le retour du politique, Emmanuel Macron n’hésitant pas à dénoncer le gouvernement d’Edouard Philippe comme trop soumis à la technostructure. Le résultat ne tient aucune des promesses. Les ministres restent pour l’essentiel les mêmes, avec quelques permutations, sauf un grandiloquent prédicant pour garder les sceaux de la justice et une higoumène rieuse à la culture. Cependant, sur le plan politique, ces deux arrivants n’incarnent rien d’autre qu’eux-mêmes. Quant à la prétendue lutte contre la domination de la technostructure, le premier ministre nouveau n’augure rien d’autre que la duplication clonique de la caste énarchique. Ancien élève de l’ENA, tout comme Emmanuel Macron, ancien inspecteur des finances, tout comme Emmanuel Macron, ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, tout comme Emmanuel Macron, Jean Castex symbolise pleinement le triomphe de la consanguinité bureaucratique jusqu’aux plus hauts sommets de l’Etat. Certes Jean Castex peut se revendiquer de sa qualité d’élu local. Mais s’il demeura maire de province plutôt qu’élu national, c’est surtout parce qu’il fut battu aux élections législatives auxquelles il a été candidat. Le choix du terroir s’imposa à lui « à l’insu de son plein gré », selon la formule de nos jours consacrée. 

En troisième lieu, il nous est claironné l’annonce d’un programme de relance énergique, aux saveurs de « green deal ». Le ministre de l’économie et des finances a même imposé de voir désormais timbré sur son papier à lettre la mention « ministre de la relance », sacrifiant ainsi à la mode assez pathétique des ministères slogans, où le mot, tel un gargarisme, vient s’agiter sur le devant de la scène. Il faut donc croire qu’en ce mois de juillet 2020 Bruno Le Maire avait impérativement le besoin de s’armer d’un nouveau titre pour faire face à la crise. Ce « green deal », élaboré en toute hâte, se veut à la fois un nouveau keynésianisme et la réponse aux préoccupations écologiques. Il entend prendre appui sur la poussée verte mesurée aux dernières élections municipales, en feignant d’oublier que les résultats de ce scrutin reposent pour l’essentiel sur les sables incertains, dangereusement mouvants, d’un abstentionnisme électoral massif. Nous sommes face à une opinion publique fantomatique pouvant se retourner à toute instant. Ce « green deal » signera, parait-il, le retour en force du dirigisme économique, assorti de la planification étatique, pour réaliser par voie administrative une transition écologique prétendument salutaire. Il s’agirait d’établir ainsi une sorte de « gosplan vert » pour temps post-modernes. Le résultat en sera celui de tout gosplan, qu’il soit écologique ou autre, la ruine. Une mutation économique ne se décrète pas. Pour réussir, elle doit prendre force à partir de fondamentaux techniques, financiers et productifs, permettant la création de nouvelles richesses génératrices d’une valeur économique tangible. Or ces fondamentaux ne sont pas au rendez-vous des fantasmes écologiques en forme de culte de la décroissance. Ils ne sont pas non plus dans les galéjades sur la prétendue puissance disruptive que contiendrait l’économie verte. 

Au niveau du principe, il peut tout à fait être admis que le développement de technologies améliorant la protection de l’environnement soit un puissant moteur de croissance. Notre monde a connu depuis le XIXème siècle plusieurs révolutions industrielles successives, créatrices d’importantes richesses. Il est parfaitement concevable que la prochaine prenne la forme d’une transition écologique. Mais ce qui caractérise les grandes révolutions économiques est toujours leur capacité à fournir de nouvelles énergies, de nouveaux biens ou de nouveaux services qui soient solvables. Aucune croissante véritable ne s’est jamais réalisée à l’encontre des mécanismes du marché libre, des lois de la rentabilité, de l’investissement, de l’offre et de la demande. Or le « green deal » qui vient n’a rien à voir avec cela. Il relève du domaine de l’économie contrainte, de l’achat forcé et du subventionnisme. Il s’agit d’obliger, par la loi, à remplacer des produits librement demandés par des produits non librement demandés. Il s’agit d’imposer des besoins légaux, venant se substituer aux besoins réels existants. Un gouvernement possède par nature le pouvoir d’ordonner aux citoyens des règles contraignantes, y compris en matière économique, pour servir un intérêt général. Il peut par exemple obliger chacun à dépenser pour mieux protéger la santé ou lutter contre la pollution. Mais il s’agit alors d’une charge, d’un surcout. Le mythe du « green deal » n’est pas de vouloir améliorer l’écologie par des mesures coercitives, mais de vouloir croire que ces mesures seront créatrices de richesse. Lorsque l’écologie est rentable, le marché privé s’en charge sans difficulté ni besoin d’incitation. Quand elle n’est pas rentable, la mise en œuvre de la transition écologique se transforme en un appauvrissement économique. Il sera peut-être alors créé des emplois nouveaux, mais ils seront fondamentalement improductifs. Il sera peut-être alors créé des entreprises nouvelles, mais elles ne vivront que par l’argent des aides publiques. 

Nous disposons d’une illustration parfaite de ce qui nous attend en observant les résultats de la politique de logement conduite en France. Considérant que le secteur privé était inefficace, injuste et cruel, il a été décrété une réglementation extrêmement contraignante du marché locatif. Ce mouvement s’est accompagné d’investissements massifs dans l’habitat social. Imaginant que l’amélioration thermique et écologique des immeubles était à la fois une nécessité environnementale et une manière de développer l’activité économique, il a de plus été multiplié les normes et contraintes de toute nature en matière de construction et de réhabilitation. L’imposition de travaux de mise en conformité devait être source de croissance. Le bilan, nous le connaissons. Nous voici avec une crise profonde du logement, avec un marché tétanisé manquant lourdement d’offres, avec une population en souffrance. 

Rien n’a fonctionné comme annoncé dans ce secteur. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, rien ne fonctionnera en appliquant cette recette économique à d’autres domaines. 

En réalité, par le « green deal », il nous est ressorti une nouvelle fois le vieux mythe étatiste selon lequel les technocrates seraient mieux à même de piloter l’économie que les entrepreneurs. Il ne s’agit au fond que d’une opération de pouvoirs par laquelle notre haute bureaucratie entend mettre encore plus sous tutelle le secteur privé, afin d’assoir toujours d’avantage sa domination sur la société et sur les citoyens. 

Qui peut pourtant croire que ceux qui depuis plus de quarante ans ont conduit notre Etat à la ruine financière par une gestion parfaitement hallucinée des dépenses publiques sauront accomplir autre chose que des faillites ? Qui peut raisonnablement penser que la clique des grands fonctionnaires qui s’est montrée incapable d’équiper la France de suffisamment de moyens hospitaliers, malgré un niveau de dépense gigantesque, réussira à régenter efficacement l’économie ? Qui peut sérieusement considérer que ceux qui ne sont même pas parvenus à commander à temps suffisamment de masques pour répondre à l’épidémie du covid-19, parviendront à se montrer efficaces pour reconstruire une industrie qu’ils ont eux-mêmes largement détruit ? 

Avec de tels généraux, l’économie française n’a pas besoin d’ennemis pour connaitre la grande débâcle.

 

Olivier Barrat

oliv.barrat@gmail.com


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24 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 16 juillet 2020 08:59

    Le triomphe de l’ingénierie sociale et de la corruption généralisée chez des « élites » consanguines. 

    Destruction méthodique par l’intérieur à l’œuvre chez tous nos voisins à des stades plus où moins avancés.

    Ça va faire mal au cul quand les veaux vont tomber les lunettes roses.

    La vérité, c’est ce qui fait mal quand on éteint nos écrans...


    • Le421 Le421 16 juillet 2020 20:58

      @Clocel
      Tss tss tss !!!!
      Allons, allons, mon brave !!
      Retenez-vous !
      Cette présidence a été voulue par les français.
      Ils n’allaient quand même pas faire sombrer le pays dans une gouvernance d’extrême gauche socialo-communo-trotskyste genre vénézuelo-coréenne du nord ?
      Parce qu’avec LFI, c’était la spoliation des biens des pauvres gens assurée et l’incompétence des dirigeants assurée.
      Mimi Mathy à la croissance et Stéphane Bern au plan familial !!
      Non, franchement, vous imaginez un mec comme Mélenchon à la présidence, qui pensait mettre une 6ème république en place et un plan de relance de 100 milliards ?
      C’est tellement mieux maintenant.
      Et plus que 7 ans si tout va bien.
      A moins que le Front National sauve la Frraaaaaannnnnssssee....
      Comme en 44 !!
      Sans déconner.


    • charlyposte charlyposte 16 juillet 2020 21:05

      @Le421
      Des milliards, des milliards, encore des milliards et beaucoup de poudre de perlimpinpin pour ceux qui tendent les bras ! le fameux jour d’après !


    • charlyposte charlyposte 16 juillet 2020 21:47

      @JenniferRY90
      En ce qui me concerne je cherche plutôt des masques sexy.


    • Clocel Clocel 17 juillet 2020 07:15

      @Le421

      100 milliards !?
      Il est riche votre maçon socialiste ! Ses économies !?
      Mélenchon score encore moins que Macron qui est devenu Président par effraction.
      LFI contient et crée les conditions de son échec, c’est Solférino repeint en vert et toujours la promesse de soumission aux casques à pointe, on a déjà donné...
      Mais Méluche sait tout ça, il va finir son tour de piste après 40 ans de contribution à faire ce que ce pauvre pays est devenu.

      Qu’il disparaisse du paysage, ce sera déjà très bien.


    • samy Levrai samy Levrai 16 juillet 2020 09:49

      Pauvres mouches, pourquoi toujours s’acharner sur elles, il faut reouvrir les bordels qu’elles puissent vivre et voler droit.

      Qu’est ce qu’un pays souverain ?

      qui dirige la France ?


      • Clocel Clocel 16 juillet 2020 09:57

        @samy Levrai

        « qui dirige la France  ? » Allez... On teste la longueur de la laisse d’Avox...


      • charlyposte charlyposte 16 juillet 2020 20:25

        @samy Levrai
        Pas de doute sur le sujet... les prostitués (e ) gouvernent avec l’aval des Français la cerise sur le nombril en ayant pignon sur rue, vive la république : hum.


      • charlyposte charlyposte 16 juillet 2020 21:49

        @Clocel
        Les voraces.


      • Arogavox Arogavox 16 juillet 2020 10:49

        "[...] obliger chacun à dépenser pour mieux protéger la santé ou lutter contre la pollution. Mais il s’agit alors d’une charge, d’un surcoût. Le mythe du « green deal » n’est pas de vouloir améliorer l’écologie par des mesures coercitives, mais de vouloir croire que ces mesures seront créatrices de richesse. Lorsque l’écologie est rentable, le marché privé s’en charge sans difficulté ni besoin d’incitation.  [...]

        Il sera peut-être alors créé des entreprises nouvelles, mais elles ne vivront que par l’argent des aides publiques.


        >> s’il devait être objecté à l’auteur de cet article que son avis n’est que question de ’religion’ ... il reste intéressant de le mettre en perspective par l’observation d’un fait plus précis :

         la prise de position publique du jupiter sur la chloroquine !

           Sa réponse (’il n’en prendrait pas’ ...) à la question d’un journaliste, n’est pas un simple témoignage d’opinion exprimé par un particulier : venant du Chef de l’Etat, elle a valeur de décision et d’arbitrage lourds d’implications !

          Comment des ’premiers de cordée’ (ou de l’ENA ?) réussissent-ils à bafouer à ce point à la fois la raison et le bon sens ? ( cf Blaise Pascal : « les esprits faux ne sont jamais ni fins ni géomètres »   ni ’esprit de géométrie’, ’ni esprit de finesse’  ! )

         De deux choses l’une, ou bien ce « Représentant des Français » a des compétences médicales plus solides que le Professeur dûment estampillé par notre République (et, accessoirement reconnu et respecté en tant qu’éminent spécialiste à travers toute notre planète), ou bien ce n’est pas le cas !

          Si jamais ce n’est pas le cas, il eût été indispensable que notre Chef de l’Etat nous fasse savoir quelles ’raisons d’Etat’ particulières lui permettent de faire passer en second plan le diagnostic compétent et habilité d’un spécialiste formé et validé par la République.

         Sans quoi, il sera logique que le message, déduit par chaque Français, est que les diplômes, compétences et habilitations reconnues par la République, passent après l’avis de celui qui est désigné par le suffrage (très spécial) imposé dans notre beau pays  : une infaillibilité électorale aurait-elle fait suite à l’infaillibilité pontificale tant décriée ’en même temps’ par ailleurs ?!

        (Nota Bene : cette digression est loin d’être hors sujet, car certains ont fort justement remarqué que la question de la vraie démocratie est essentielle devant celle de la vraie écologie, incluant d’abord les questions humaines.

         Et puis, si même les diplômés, les fonctionnaires estampillés par notre République, et les experts en activité couverts par cette République sont encore trop cons pour nos zélites zélues par 40% de veautants (soit, au mieux, par moins de 24% des zélecteurs), alors d’une part cela veut dire que l’ENA et toute notre Administration ne valent pas chipette non plus pour légitimer une politique économique par l’Etat

        ... et que s’il faut aussi se défier de l’économie privée, alors le salut de la France, serait de tout attendre de remaniements improvisés à la va-vite pour distribuer sans concertation des cadeaux ciblés financés par accroissement incontrôlé d’une dette nationalisée qui reste et restera à la charge du ’petit’ pigeon d’électeur ! 
         en résumé : travaille (et tais-toi ; et n’étudie pas : on l’a vu, cela n’apporte aucune légitimité) ; les zélus ont besoin de ton (humilité) humiliation !


        • Attila Attila 17 juillet 2020 00:57

          @Arogavox
          « la prise de position publique du jupiter sur la chloroquine ! »

          Sortez donc de votre coquille agoravoxienne, Raoult est grillé et ridiculisé dans le monde entier. Au bout de trois essais, il n’est pas foutu de pondre une étude scientifiquement correcte alors qu’il en avait le temps et les moyens et censé en avoir les compétence : n’est-il pas directeur d’un Institut de Recherche Hospitalo-Universitaire, chargé d’enseigner les bonnes pratiques médicales et les bonnes pratiques scientifiques ?
          Quant à la chloroquine pour soigner la covid-19, vous avez perdu votre guerre : aucun médecin ne la prescrira plus sauf s’il vous considère comme un patient psy qu’il ne faut pas contrarier.

          « Nul de chez nul » : une nouvelle étude de Didier Raoult sous le feu des critiques
          .
          Didier Raoult : les graves manipulations scientifiques.

          .


        • vraidrapo 17 juillet 2020 08:17

          @Attila
          J’ai parcouru la référence de Berruyer..
          C’est long, réservé aux pro, et ça fait bailler.... smiley
          Il est aussi intéressant de lire les commentaires que l’Article...
          Conclusion : il est urgent d’attendre que ça décante... avant de se faire un opinion définitive.


        • Arogavox Arogavox 17 juillet 2020 09:35

          Rien d’improbable à ce qu’il puisse exister des gens incapables de certains entendements, qu’ils entendront d’autant moins qu’ils refusent d’écouter ...

           Quant à ceux qui ont la prudence d’éviter de « ne douter de rien », au lieu d’un simple ’bis repetita’, je préfère ici leur suggérer ce développement de la citation précédente de Blaise Pascal : cf http://www.penseesdepascal.fr/XXII/XXII1-moderne.php

          « ... Tous les géomètres seraient donc fins s’ils avaient la vue bonne, car ils ne raisonnent pas faux sur les principes qu’ils connaissent. Et les esprits fins seraient géomètres s’ils pouvaient plier leur vue vers les principes inaccoutumés de géométrie.

          Ce qui fait donc que de certains esprits fins ne sont pas géomètres, c’est qu’ils ne peuvent du tout se tourner vers les principes de géométrie. Mais ce qui fait que des géomètres ne sont pas fins, c’est qu’ils ne voient pas ce qui est devant eux et qu’étant accoutumés aux principes nets et grossiers de géométrie, et à ne raisonner qu’après avoir bien vu et manié leurs principes, ils se perdent dans les choses de finesse où les principes ne se laissent pas ainsi manier. On les voit à peine, on les sent plutôt qu’on ne les voit, on a des peines infinies à les faire sentir à ceux qui ne les sentent pas d’eux‑mêmes. Ce sont choses tellement délicates, et si nombreuses, qu’il faut un sens bien délicat et bien net pour les sentir et juger droit et juste selon ce sentiment, sans pouvoir le plus souvent le démontrer par ordre comme en géométrie, parce qu’on n’en possède pas ainsi les principes, et que ce serait une chose infinie de l’entreprendre. Il faut tout d’un coup voir la chose d’un seul regard, et non pas par progrès de raisonnement, au moins jusqu’à un certain degré. Et ainsi il est rare que les géomètres soient fins et que les fins soient géomètres, à cause que les géomètres veulent traiter géométriquement ces choses fines et se rendent ridicules, voulant commencer par les définitions et ensuite par les principes, ce qui n’est pas la manière d’agir en cette sorte de raisonnement. ... »



        • Francis JL 17 juillet 2020 09:49

          @Arogavox
           
           « Si l’éthique était source de profit, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin de travailler, plus besoin d’entreprises, plus besoin du capitalisme – les bons sentiments suffiraient. Si l’économie était morale, ce serait formidable : on n’aurait plus besoin ni d’État ni de vertu – le marché suffirait. Mais cela n’est pas…. C’est parce que l’économie (notamment capitaliste) n’est pas plus morale que la morale n’est lucrative – distinction des ordres – que nous avons besoin des deux. Et c’est parce qu’elles ne suffisent ni l’une ni l’autre que nous avons besoin, tous, de politique. » (dernier paragraphe de son excellent ouvrage : "Le Capitalisme est-il moral ?’ édité en 2006 au Livre de Poche, 6 euros).(André Comte-sponville)


        • Arogavox Arogavox 17 juillet 2020 11:03

          @JL
          Vouloir que l’éthique soit source de profit parce que cela impliquerait qu’on n’ait plus besoin de travailler ? 
           N’est-ce pas un peu tarabiscoté ? 
          ( cf le concept d’après-guerre d’analyse de la valeur  : cessons de partir de ’solutions’ pré-établies pour atteindre les objectifs si nous savons les définir !
           L’objectif, ici, est-il : de ne plus avoir besoin de travailler ? ou bien :  respecter une éthique ? 
           Dans les deux cas, pourquoi noyer le poisson avec le reste ? )
             
           En tous cas, même ceux qui prétendent viser à un « intérêt général », à une efficacité (sous-entendu : dans le sens de cet ’intérêt général’) ne sauraient honnêtement faire l’économie d’une recherche démocratique d’évaluation et de consensus de ce que peut bien être l’impalpable et mouvante Volonté Générale !
          (points sur les i : tout intérêt général ne peut être défini qu’en regard de la Volonté générale )
          (les notions de ’marché’ , de ’Capitalisme’ ... peuvent-elles honnêtement primer sur cet effort si peu rencontré encore dans notre beau pays ?


        • Attila Attila 17 juillet 2020 11:10

          @vraidrapo
          « il est urgent d’attendre que ça décante... avant de se faire un opinion définitive.  »
          C’est exactement ce que la plupart des médecins et des scientifiques pensaient en mars-avril. Puis, des études rigoureuses ont commencé à être publiées, une, puis deux, puis trois et quatre : aucune n’a montré la moindre efficacité à la chloroquine pour traiter la covid-19.
          Maintenant, nous arrivons à la fin juillet et la chloroquine c’est du passé. Il y a beaucoup d’autres médicaments à tester. Il n’y a plus que les neuneus à vouloir croire à l’efficacité de la chloroquine.

          .


        • Attila Attila 17 juillet 2020 11:13

          @vraidrapo
          «  Il est aussi intéressant de lire les commentaires que l’Article... »
          Le niveau des commentateurs du site « les crises » a beaucoup baissé. Pas autant que sur Agoravox mais beaucoup quand même.

          .


        • Francis JL 17 juillet 2020 13:13

          @Arogavox
           
          Ici c’est vous qui tarabiscotez.


        • ETTORE ETTORE 16 juillet 2020 13:43

          Demander à des trognons sortis de l’ENA, de gouverner la France......

          Vous rêvez !

          Pour preuve, les grands patrons sont bien plus malins qu’eux, ne serais ce que pour planquer leur pognon dans les paradis fiscaux.

          Les « administratifs » de cette grande pouponnière poulinière de l’état, ne sont là que pour tenir le membre érectile de leur chef de ....sévices.

          (Peut être à des fins de saillie ?)

          De bien petites mains, de bien grandes gueules, de bien bons inutiles...payés à vie pour leur incompétence reconnue.

          Et ce seras comme cela, tant qu’il n’y auras pas une forte responsabilité engagée....

          Autre que par les mots (maux) !


          • Le421 Le421 16 juillet 2020 21:00

            @ETTORE
            Les « trognons » sortis de l’ENA savent toucher les royalties pour « service rendu ».
            Non ??


          • vraidrapo 17 juillet 2020 08:25

            @Le421

            En Douce France, il existe 2 Écoles atypiques à l’issue de laquelle, le diplômé est assuré d’une emploi :

            l’École des Compagnons du Devoir et,
            l’École des Compagnons du Recevoir ( l’ENA )


          • zygzornifle zygzornifle 16 juillet 2020 14:01

            Il nous est promis un monde d’après.

            Oui mais sans nous dire comment il sera ….


            • charlyposte charlyposte 16 juillet 2020 21:00

              @zygzornifle
              Si le corona-machin ne fait plus recette... le plan B sera une guerre mondiale. point à la ligne.


            • troletbuse troletbuse 16 juillet 2020 14:07

              En marche vers la dictature, avec la bénédiction d’une majorité de trouillards, les mougeons.

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