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Nouveaux Prêches dans le désert, un livre qui ouvre des perspectives

En lisant le livre d’Hervé Cheuzeville Nouveaux Prêches dans le désert, j’ai constaté, encore une fois, que l’auteur abordait de nombreux sujets actuels qui font polémique ou pas.

Comme l’auteur le précise lui-même, le titre de ce livre est quelque peu trompeur ! Il ne s’agit pas vraiment de « prêches ». Il précise : « Les différentes chroniques qui les composent constituent plutôt un cri, un hurlement devrais-je dire et je tiens à ce qu’il puisse être entendu. Un cri d’alarme, un cri d’indignation, un cri de révolte contre le manque de lucidité, l’hypocrisie, voire même les compromissions de la classe politique européenne, toutes tendances confondues, face à la montée du fondamentalisme islamique. Ce cri s’adresse aussi aux grands médias, trop prompts à vouloir expliquer, relativiser ou même excuser les dérives des courants les plus réactionnaires et obscurantistes de cet islam politique dont ils semblent refuser de voir le véritable visage. »

Cheuzeville tout en ayant la Corse dans son cœur, élargit sa réflexion à la situation du monde actuel, de l’Afrique à l’Europe et du Moyen Orient au Nouveau Monde. Son livre devient alors « universel » et sa pensée globale. Il observe, constate, dénonce, propose, voilà son credo ; il tente de promouvoir l’humanisme…

Au centre de la réflexion de Cheuzeville ? La lutte contre l’intolérance, la promotion du vivre ensemble en respectant les croyances de chacun, la lutte contre toutes les dictatures et tous les dictats, la promotion des droits de l’homme sans aucune distinction quant aux origines, à la couleur de la peau, aux croyances. Toutes les atteintes à la liberté, à toutes les libertés, sont dénoncées avec vigueur, comme toutes les idéologies qui mènent à l’exclusion et aux pogroms.

La liberté religieuse tient une partie importante dans ces chroniques. Elle est omniprésente. Cependant, ce domaine doit-il demeurer strictement une question personnelle : chacun peut pratiquer la religion qu’il souhaite mais cela ne doit pas sortir du cadre du domicile. L’espace public doit demeurer neutre. À ce titre, la laïcité est un bien précieux qui doit être défendue bec et ongles. Cette « laïcité à la française », comme on dit communément, attaquée et mise en cause de toutes parts, est le ciment de la cohésion sociale et du vivre ensemble dans le pays de Voltaire.

Le communautarisme menace cette cohésion sociale et crée des zones où même le séparatisme trouve un terrain propice à son développement ; de même, l’islam politique menace les valeurs de la laïcité, de la liberté d’expression, de l’égalité, fondements des sociétés occidentales. Aucune société humaine, aucun régime politique n’est parfait ; c’est à nous tous de les améliorer, de les rendre, tout simplement, plus humains…

Comprendre le monde actuel est un exercice difficile. Hervé Cheuzeville « voyage » à travers l’histoire pour mieux expliquer les situations actuelles, complexes et multiples.

Une partie importante de ce nouveau livre est consacrée à la Turquie et plus particulièrement à la politique récente de ce pays. Les différentes chroniques nous amènent partout où la Turquie agit actuellement.

Après Chypre, la Grèce, l’Irak, la Syrie, la Libye, la Méditerranée orientale, l’Égypte… revoilà le tour de l’Arménie. Quoi que, en y réfléchissant, l’Arménie n’est jamais sortie du viseur d’Ankara dans la mesure où cette dernière refuse toujours de reconnaître le génocide arménien perpétré au début du siècle dernier, génocide qui a causé la mort de plus d’un million et demi d’Arméniens. L’énumération du début de ce paragraphe n’est pas exhaustive et fait référence aux agressions directes ou aux menaces de la Turquie contre ses voisins.

Après son soutien à Daech au Proche-Orient, les violations illégales de l’espace aérien et maritime de la Grèce, la nouvelle invasion de Chypre (après celle de 1974), cette fois dans la zone économique exclusive de l’État insulaire, l’intervention illégale en Libye, le soutien à l'extrême droite turque (Loups Gris) en Europe et son instrumentalisation pour faire pression sur les États qui accueillent de fortes communautés turques, la prise en otage de Sainte-Sophie avec sa transformation en mosquée, la Turquie verse maintenant de l'huile sur le feu au Sud Caucase en encourageant ouvertement l'agresseur azéri contre l'Arménie.

Hervé Cheuzeville analyse également la situation en Méditerranée orientale, où les agissements turcs dans le domaine du gaz naturel, avec la violation quasi permanente et l’invasion de la zone économique exclusive de Chypre, où la Turquie effectue des forages illégalement, les violations quotidiennes de l’espace aérien et maritime de la Grèce, la dialectique belliqueuse et la démonstration de force constante, renvoient, de plus en plus, à la possibilité de se trouver face à un affrontement direct dans cette région du monde.

Le conflit syrien, a provoqué une autre situation explosive quant aux relations entre l’Union européenne et la Turquie. Il s’agit des refugiés syriens sur le sol turc qu’Ankara instrumentalise. Plus précisément, en 2015, en laissant pratiquement la pleine liberté de mouvement aux trafiquants de tout poil, la Turquie « exporte » le problème des migrants vers Europe. Par la même occasion, Ankara peut exercer sur cette dernière un odieux chantage. Le déferlement des réfugiés sur les îles grecques toutes proches a mis à mal la cohésion de l’Union européenne ainsi que les accords de Schengen, un des piliers de la construction de l’Europe. La Turquie, consciente de son pouvoir de nuisance, avait, à l’époque, posé clairement les conditions qu’elle souhaitait imposer à l’Union pour endiguer le flot des réfugiés.

Les chroniques d’Hervé Cheuzeville sont truffées des cris d’indignation contre l’intolérance. Toute forme de persécution et de discrimination doit être condamnée. La promotion de la liberté de religion ou de conviction dans toutes les régions du monde ainsi que l’entreprise d’actions visant à lutter contre les discours de haine, doivent être au centre des préoccupations de tous. Favoriser le dialogue intercommunautaire et interconfessionnel, menant à la compréhension mutuelle et au vivre ensemble, voilà la voie à suivre.

Lorsque l’on observe la montée de l’antisémitisme et du racisme, lorsque la laïcité est attaquée de toutes parts, lorsque l’intégrisme religieux tente d’imposer des normes et de façons de vivre à l’ensemble d’une population donnée lui interdisant la réflexion, la critique, le pensée même, lorsque l’on transforme d’anciennes basiliques en mosquées, lorsque l’on tue un être humain à cause de la couleur de sa peau ou de ses opinions, lorsque l’on enferme la moitié d’une population donnée sous un couvert de tissu rendant son visage invisible, on a le droit de crier haut et fort son indignation, on a le droit de défendre ses opinions, on a le droit …on a le droit…on a le droit…

Ce droit a été acquis de haute lutte par ceux qui nous ont précédés, et l’on se doit de le transmettre à ceux qui nous suivront…

Nous ne devons pas laisser mourir l’esprit des lumières ; l’être humain est pensant, dit-on. Alors : « Je pense, donc je suis », ou alors « je m’indigne, donc je suis », ou encore « je prêche, donc je suis », à vous de voir…

Bref, un livre utile à la réflexion…

Nouveaux Prêches dans le désert {JPEG}


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2 réactions à cet article    


  • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 9 septembre 12:44

     Cette « laïcité à la française », comme on dit communément, attaquée et mise en cause de toutes parts, est le ciment de la cohésion sociale et du vivre ensemble dans le pays de Voltaire.

    La cohésion sociale n’est pas une question de religion, c’est une question de répartition des richesses. La France voltairienne est dirigée par une bourgeoise tarée et impitoyable qui instrumentalise sa politique d’immigration  pour détourner l’attention des questions sociales.

    chacun peut pratiquer la religion qu’il souhaite mais cela ne doit pas sortir du cadre du domicile. L’espace public doit demeurer neutre.

    C-à-d : rester la chasse gardée de la publicité.

    • binary 9 septembre 13:28

      @Opposition contrôlée

      La cohésion sociale n’est pas une question de religion, c’est une question de répartition des richesses.

      Ni l’un ni l’autre. La cohésion sociale est une question de répartition de

      neurones.

      On ne s’entend que si l’on se comprend. (la réciproque entant fausse)

      Une personne qui ne sait rien faire, ne peut pas s entendre avec quelqu un qui sait faire quelque chose. Elle y voit une injustice, qu ’elle doit réparer (la violence en étant le moyen habituel).

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