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Accueil du site > Tribune Libre > On ne peut pas tout calculer et tout mathématiser !

On ne peut pas tout calculer et tout mathématiser !

Dans mon article précédent (voir "Il est dangereux de mettre le futur dans des tableurs excel") j’ai parlé du danger des prévisions quantitatives dès que l’on raisonne au-delà de l’horizon du flou. Avant, nous n’avons pas ce problème lié à l’incertitude de l’évolution. Certes, mais nous en avons toujours un autre. Lequel ? Celui de la mathématisation d’une situation complexe qui échappe à cette mathématisation : tous les spécialistes nous alertent sur les limites et les risques de vouloir mettre les comportements humains en équation. (1)
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1+1 = ?
Si un bagagiste ramasse en moyenne N bagages par heure, combien deux bagagistes en ramasseront-ils ? 2N ?
Oui, si l’on applique brutalement le calcul mathématique. C’est ce que l’on fait classiquement.
Non, si l’on tient compte de ce que les hommes ne sont pas des objets théoriques dont on peut négliger le comportement.
Pourquoi considérer qu’ils ne peuvent pas se mettre à discuter ensemble ou, à l’inverse, profiter chacun de l’expertise de l’autre pour accroître leur rendement individuel ?
Les hommes ne sont pas des objets que l’on peut additionner ou multiplier. Faut-il s’en plaindre ?
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Malgré tout, nous continuons à ramener le comportement humain à des équations simples et à manipuler les hommes à coup de règles de trois. Quelques exemples :
- Dans la plupart des démarches de productivité, on calcule combien de temps en moyenne une personne met pour effectuer une tâche. Puis connaissant le nombre de tâches à effectuer par jour, on en déduit combien de personnes sont nécessaires. Comme s’il n’y avait aucun effet lié au nombre de personnes.
- Pour accélérer le déroulement d’un projet informatique, on double le nombre de personnes impliquées en faisant l’hypothèse que le délai sera divisé par presque deux.
- Les approches sur les conséquences de la réduction du temps de travail, considèrent que la quantité de travail est une donnée qui se divise, se multiplie et se répartit. La réalité dément quotidiennement ces calculs.
Notons enfin que, par construction, ces calculs mathématiques ne peuvent prendre en compte que ce qui est connu et identifié. Ils vont donc compter pour quantité négligeable tous les processus sous-jacents ou cachés, ainsi que tout ce qui n’est pas prévu à ce jour.
Si une démarche de productivité est brutalement appliquée sur la base de ces chiffres, elle va aussi conduire à supprimer toutes les marges de manoeuvre et tout ce qui donne de la souplesse au fonctionnement. Même si la Direction est consciente de ce risque, combien de dirigeants, sous la pression d’une demande d’accroissement de la rentabilité, sauront résister à la tentation de couper tout ce qui dépasse ? Bien peu…
La mode actuelle est celle du Lean Management, version moderne et enrichie de la productivité et de la qualité totale. Cette démarche est, dans son principe, efficace et positive. Simplement, attention aux risques induits par la mathématisation des comportements humains, et à ne pas traduire toutes les économies identifiées en suppression des marges de manoeuvre.
Ceci rejoint les conclusions de la biologie : un système hyperadapté à son environnement devient « cassant » et ne survivra pas à une modification même minime de son milieu.
J’ai parfois l’impression que, comme pour les mannequins qui meublent les magazines de mode, on fait l’éloge de la maigreur excessive, maigreur qui peut évoluer en anorexie. Les recettes, même les bonnes, appliquées de façon brutale et à l’excès, peuvent rendre malades…
 
Que faire ?
- Ne pas chercher à tout calculer et mettre en équation.
- Manipuler avec précaution tous les calculs qui portent sur des
activités humaines.
- Ne pas transformer systématiquement les marges de manoeuvre
en économie immédiate.
 
(1) Dès 1908, Henri Poincaré disait : « Nous ne pouvons connaître tous les faits, puisque leur nombre est pratiquement infini. Il faut choisir ; dès lors, pouvons-nous régler ce choix sur le simple caprice de notre curiosité ; ne vaut-il pas mieux nous laisser guider par l’utilité, par nos besoins pratiques et surtout moraux ? » Comment peut-on prétendre alors mathématiser de tels choix et faire des calculs à partir de données incomplètes ?
Plus récemment, Herbert Simon, prix Nobel d’économie en 1978, a développé la « rationalité procédurale » qui s’applique aux cas où le décideur ne dispose que d’une information incomplète, cas de toutes les situations de management dans de grandes entreprises : le décideur ne peut pas trouver la solution optimale et va arrêter ses recherches d’information quand il aura trouvé une solution satisfaisant ses besoins ou satisficing. Cette approche s’oppose à la rationalité absolue ou instrumentale dans laquelle on fonde les décisions sur l’examen complet de leurs conséquences face à toutes les situations possibles ; c’est celle-ci qui est privilégiée par les économistes néoclassiques et les théoriciens de la décision statistique.
Pierre Gonod met lui l’accent sur la fiabilité des probabilités : « Quand on
questionne des experts sur des éventualités futures et qu’on leur demande
d’estimer leurs probabilités de réalisation, d’abord les experts ne diront
pas qu’ils ne savent pas, ensuite ils auront tendance à affecter d’une faible
probabilité les fortes incertitudes. Par ailleurs les économètres construiront
des modèles sur la base des variables qu’ils savent quantifier, excluant les
autres, qu’on rejettera dans le fourre-tout du facteur résiduel. Mais cela
conduira quand même à des prévisions. »
Emmenés par Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie, de nombreux travaux ont montré récemment qu’une bonne partie de la modélisation économique, et singulièrement la théorie des jeux, reposaient sur une hypothèse fausse, à savoir la rationalité du comportement des acteurs : comme tout individu accorde un poids supérieur à une perte qu’à un gain, une perte vaut plus qu’un gain de même montant2. Est née la neuroéconomie qui fait le pont entre neurobiologie et économie.
Nicolas Bouleau, mathématicien spécialiste des marchés dérivés, a dernièrement écrit : « Ramener un risque à une distribution de probabilités de montants monétaires revient à gommer la majeure part des difficultés. C’est faire confiance à la mathématisation comme approximation comme s’il s’agissait de la réalité physique alors qu’il est question de signification dont la subjectivité s’infiltre dans toutes les relations sociales des agents. (…) Toutes ces méthodes ont le défaut inné de considérer que le processus interprétatif est clos. Or bien au contraire, loin d’être figé, il est en émergence permanente. (…) L’opération qui consiste à probabiliser une situation est fondamentalement une éviction, un effacement du sens. (…) Elle est largement problématique pour tout ce qui concerne le comportement des humains. L’analyse des risques est nécessairement compréhension d’interprétations. (…) A la limite on a tendance à penser de la même façon un prêt hypothécaire dans l’Iowa ou le Kansas et un crédit à New York sur Madison avenue s’ils sont tous deux bien notés. (…) Comme la théorie mathématique est de loin en avance sur les données, on applique des méthodes sophistiquées à des hypothèses vagues dont on oublie au fur et à mesure des calculs la grossièreté des estimations. »
Enfin Gérard Dréan, consultant, complète : « Le choix méthodologique fait pour donner à l’économie un statut de science aboutit à déconnecter cette discipline de ce qui devrait être son objet : les phénomènes du monde réel. Loin d’être, selon les auteurs, une marque de scientificité ou au contraireune question de méthode relativement secondaire, la sacralisation des mathématiques est la faute originelle de l’économie contemporaine. (…) Ni les théorèmes que démontrent les économistes orthodoxes ni leurs préconisations politiques ne concernent le monde dans lequel nous vivons. Leur fascination pour les méthodes mathématiques fait irrésistiblement penser au quidam qui cherche sous un réverbère le portefeuille qu’il a perdu ailleurs, sous prétexte qu’ “ici il y a de la lumière”. »

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17 réactions à cet article    


  • plancherDesVaches 14 juillet 2010 12:14

    C’est bien de redécouvrir une vérité vieille comme le monde.

    Mais regardez qui profite de la récupération des stats et proba :
    - les financiers
    - les psychologues.
    Pour mieux enfumer.


    • L'enfoiré L’enfoiré 14 juillet 2010 15:49

      Salut Robert,
       Et si, on peut tout modéliser, mettre en équations pas uniquement la musique et les photos.
       Le degré de résolution en photo est une première preuve. On en détermine le potentiel de véracité. Mais le numérique ne s’altère pas avec le temps.
       Pour ce faire, il faut seulement faire appel à l’analogique qui complète ou trompe les résultats.
       La logique, en plus qui en fait partie, est toute personnelle. On l’a ou on l’a pas. Elle ne fait pas de cadeaux en nombre de solutions.
       Les chiffres ne trompent pas.
       « Statistiquement vôtre » pour en déterminer les frontières.
       La rupture numérique est là.
       smiley



      • mcjb 14 juillet 2010 15:57

        bonjour,
        Vous faites bien de faire un hommage appuye a Poincarre, auquel nous devons tant sans oublier Fermat

        En 1902, Poincaré publie La Science et l’Hypothèse.

        On y trouve en particulier ce passage :

        « Ainsi l’espace absolu, le temps absolu, la géométrie même ne sont pas des conditions qui s’imposent à la mécanique ; toutes ces choses ne préexistent pas plus à la mécanique que la langue française ne préexiste logiquement aux vérités que l’on exprime en français ».

        qui prefigurait la fameuse phrase d’Einstein « tout est relatif »

        je dirais que nous fonctionnons d’apres un rythme biologique qui nous est impose par le temps et qui vient bien sur par la lune qui determine les saisons et qui est l’astre essentiel de l’univers sans qui il n’existerait pas , qui dit lune dit terre puisque la lune est un satellite de la terre, je dirais donc que la terre est au centre de la vie dans l’univers,
        et donc nous n’echappons pas au temps, c’est une première constatation mathematique ,
        la 2e constatation est que tout fait qui se passe ici bas est tributaire de l’espace et du temps, c’est a dire que chaque fait qui se passe sur terre en un lieu et a une heure determinee a des causes et des consequences,

        il est impossible de savoir quelles sont les causes qui motivent les hommes , ou alors il faudrait mettre un psychologue derrière chaque personne et essayer de voir ou se situent les blocages, car qui dit violence dit cause non formulee qui engendre la violence , canaliser la violence ne s’apprend pas du jour au lendemain c’est un long apprentissage depuis l’enfance ,
        mais bien sur on connait toujours les consequences , violences sur autrui violences sur soi, guerres pour s’pproprier le territoire ,jalousie, etc,

        notre epoque n’est pas facile parce que nous n’avons que des bribes d’histoires,mais toutes les epoques ont ete bien tristes face aux guerres ininmterompues de tous temps , des peuples comme les maas, les sumeirens les egyptiens les grecs nous ont precede qui avaient le savoir mathematique, ainsi l’oeil d’horus est detenteur d’une verite mathematique le nombre 64 divisible par 16 soit 2*2 =4 et 4*4=16, et nous constations que 2 est la multiplication de 0.5*4 =2, 1 n’est donc pas l’unite principal sauf 1², petit a petit nous arrivons a refaire le chemin a l’envers, de voir ou se situe la source du savoir et de prendre conscience a lors que nous ne savons que peu de chose sur les acquis que nous ont laisse nos aines, notamment ce fameux carre sator trouve a Pompei, et qui detient le savoir a travers un outil genial le dictionnaire que nous devons a Robert et a Larousse,

        c’etait une necessite de se pencher sur nos sources pour d’une part nous projeter dans l’avenir, mais aussi pour comprendre les blocages de la societe,

        je serais tentee de dire que tout est mathematique , quoi que nous fassions, nous faisons partie de la grande horloge cosmique de l’univers , et que la balance est la pour nous rappeler qu’il y des règles intengibles a respecter ,ne serait ce que se respecter mutuellement.


        • L'enfoiré L’enfoiré 14 juillet 2010 16:46

          "Dans la plupart des démarches de productivité, on calcule combien de temps en moyenne une personne met pour effectuer une tâche. Puis connaissant le nombre de tâches à effectuer par jour, on en déduit combien de personnes sont nécessaires. Comme s’il n’y avait aucun effet lié au nombre de personnes."

          Exact. Il y a un goulot d’étranglement.
          Tout dépend des potentiels de chacun.
          Tout dépend de qui reçoit le potentiel.
          J’ai très bien connu le problème.

          A la poste, Georoute est un fiasco, parce que le logiciel ne tient pas compte de paramètres analogiques.
           


          • L'enfoiré L’enfoiré 14 juillet 2010 16:48

            Mais je vois que vous êtes passé chez L’Oreal, donc, vous savez que nous le valons bien smiley


            • leypanou 14 juillet 2010 17:45

              Erreur plusieurs fois : le prix Nobel d’économie n’existe pas, c’est le prix de la banque de Suède. Cela étant, votre article est intéressant dans la mesure où il met en évidence la débilité de la mode de fonctionnement du gouvernement actuel qui veut « noter » tout le monde : le policier, le juge, le préfet, l’enseignant, le ministère de l’immigration,etc, etc. Personne qui a un cerveau qui fonctionne normalement ne pourra jamais dire qu’un juge qui a jugé 10 affaires est plus méritant que celui qui en a jugé 8, qu’un enseignant qui a 75% de réussite au bac moins méritant qu’un autre qui a eu 80%, ainsi de suite pour toutes les autres professions. Ce genre de notations débiles a entraîné des dérives que tout le monde connaît mais que les politiciens en place feignent d’ignorer, pour pouvoir mieux enfumer la populace décervelée par des chaînes d’ineptie. Mais surtout, que des journalistes de révérence n’ont jamais osé attaquer de front aux heures de grande écoute.


              • victor waknine victor waknine 14 juillet 2010 18:16

                « On compte mais ce qui compte n’est pas compté » par ex dans les organisations, le bien être et l’état d’esprit des gens, on s’en balance, d’ou tous les chiffres sont faux EBIT, Provisions, EVA, VA, etc, et la bourse et les agences de notation se gargarisent de chiffres faux et les BSC sont des miroirs de pilotage d’une bande d’égarés abrutis par la perplexité de la mer qu’ils ont à travaerser.
                Voila pourquoi votre propos me paraît sain, ceci étant ou est le SENS, pour ma part c’est « Travailler mieux pour Vivre mieux » et se poser la question du « devoir faire » plutôt que du « pouvoir faire » afin de satisfaire les attentes des parties prenantes.


                • Halman Halman 14 juillet 2010 22:16

                  Il y a un peu de tout là dedans.

                  Déterminisme.

                  Calculabilité de tout l’univers.

                  Calculabilité au niveau de l’entreprise

                  Calculabilité du comportement humain.

                  Mais on oublie que si les logiciels des entreprises sont si incapables d’améliorer l’efficacité, il faut aussi se rappeler que ce sont les hommes qui écrivent les programmes.

                  Programmeurs qui ont compris certaines choses de leurs chefs de projets.

                  Chefs de projets qui ont compris d’autres choses du cahier des charges.

                  Utilisateurs qui ont oublié certaines choses du fonctionnement de leur entreprise pour rédiger le cahier des charges du logiciel.

                  Groupe de programmation qui embauche des stagiaires pour écrire les routines et parties de programmes qui ne sont pas dignes de l’ingénieur. Par conséquents pas adaptés et bourrés de plantages.

                  Si les logiciels des entreprises sont si incapables de faire avancer les choses c’est qu’ils sont extraordinairement mal foutus, surtout au niveau des ergonomies qui ralentissent les taches tellement c’est du grand n’importe quoi au manière de traiter les fichiers de données et de gérer les réseaux. En général toutes les conneries à ne pas faire sont faites joyeusement.

                  Ce n’est pas forcement un problème théorique de calculabilité et de mise en algorithme des taches humaines.
                  C’est la manière dont c’est fait en pratique.

                  etc, etc.

                  Il ne faut pas mettre sur le dos de la possibilité de calculabilité à l’échelle de l’univers et de la faisabilité d’une tâche le problème du déterminisme et du comportement humains et de ses aléas.

                  Mais les informaticiens aussi sont des humains qui programment et écrivent les algorithmes eux aussi avec leurs aléas d’humains.



                    • L'enfoiré L’enfoiré 15 juillet 2010 09:48

                      salut Halman,
                       Tout à fait d’accord.
                       Le problème des informaticiens, c’est qu’ils doivent comprendre tout.
                       Ils ont souvent été au milieu de tous les combats sans en comprendre toujours la finalité et sont fait entubés au passage.
                       Bon lien sur Turing, vous ne m’en voudrez pas si je le capte pour mon histoire de l’informatique.

                       


                      • paul mohad dhib 15 juillet 2010 10:04

                        Salut Robert

                        un ressentiment d’abord , je m’en tape des mathématiques, de la science, en tant que tel...
                        En soi c’est un avis, que je partage, il est sans intérêt sauf pour moi...ca c’est la relativité,
                        je sais sans ca je ne pianoterais pas sur ce clavier, en fait sans ca ,le monde serait si different, car nous aussi serions si....differents...mais c’est trop long comme sujet en peu de lignes

                        une partie de notre cerveau est totalement ancrée dans la relativité, la relativité qui devient subjectivité ,car ayant comme référence d’analyse ,ma mémoire, y compris la mémoire du futur au travers de mes peurs, la peur que quelque chose arrive ou n’arrive pas d’ailleurs, montrant ainsi un lien entre désirs et peurs..
                        Chaque personne « relative », voit les autres personnes« relatives » elles aussi, au travers de notre prisme personnel, notre interface...cette interface a , entre autre, la particularité de rejeter ce qui n’est pas elle, ou comme elle, ou ne peut lui servir....
                        cette interface, ce moi , notre ego qui veut dire « moi » en Latin, cet ego qui est dans le champs de sa relativité ne le sait pas, et c’est ainsi que la relativité d’une interface humaine devient son propre absolu, or ceci est faux....
                        la conclusion terrible est que notre « vie » est basée sur quelque chose de faux...
                        dans ce passage subtil de la relativité a l’absolu, naît toute la misère des humains...
                        c’est la que naît ,notre incapacité a vivre ensemble dans un élan volontaire de créer de bonnes conditions de vies, car ces interfaces humaines, ne communiquent pas du tout, sauf par intérêt, y compris dans le fameux : je t’aime...
                        Faut il alors introduire ici, dans une vie d’humain une sorte de mécanique quantique ?
                        La relativité est le corps et une partie du cerveau,cette interface personnelle ou ego, ou moi-je ?
                        et si cette interface relative dépassait sa fonction, se prenant pour le tout ?
                        ca pourrait impliquer que nous avons une ou d’autres capacites, plus dans le quantique, plus mouvantes, plus subtiles, plus souples, avec une vision non personnelle, mais avec une connexion avec le « grand tout » des Indiens, avec l’univers dans son entier ?
                        on aurait alors un humain indivisible , d’où le mot individu....
                        mon sentiment par rapport a des expériences au delà de mon interface de relativité est que
                        d’abord ce quantique est ce qui donne des informations aux humains, je suis maintenant persuade qu’un humain ne découvre pas, c’est le contraire, c’est l’univers quantique qui nous « communique », de suite l’interface relative ou ego, transforme cela en : « c’est ma découverte »..

                        l’interface /ego vit le concret, le connu, la matière en tant que contenant, l’absence de l’activité de cette interface ou elle n’a pas de connaissance ouvre une autre partie de ce que nous sommes, cette autre partie sait etre en contact avec ce qu’elle ne sait pas, le moi/ego non..
                        ainsi connu et inconnu, relativité et quantique sont lies et fait pour fonctionner ensemble mais dans des domaines de compétences different....
                        la prédominance a 100 % des humains dans la relativité , donne un être incomplet, ou la technique domine le tout, la technique, les sciences, le calcul, le + , le moins ,etc...
                        cette situation devient souffrance, peur, ce divorce conduit a un non sens, cette interface relative mettant alors au dessus de tout ce qu’elle sait, et ce qu’elle sait c’est la science.
                        Malgré tout une telle vie n’est pas une bonne vie, alors ce moi invente, autre chose, tout et n’importe quoi, pour s’évader de lui même, on appelle cela le desir, n’importe lequel.....
                        etc etc...........................................................
                        amicalement votre.


                        • L'enfoiré L’enfoiré 15 juillet 2010 14:35

                          Salut Paul,

                           Je savais que j’allais lire de l’existentiel. Je n’ai pas été déçu.
                           Je dirai qu’heureusement qu’il n’y a pas que des « Paul Mohab » ou des « enfoirés » sur Terre.
                           Nous avons tous des visions différentes pour appréhender notre univers parce que nous sommes différents.
                           Nous avons tous à combler des vides de la connaissance.
                           Les choses se complètent, parfois se superposent ou se concurrencent pour éjecter le concurrent. 
                           Faire un rapprochement entre relativité et la physique quantique, ne tient pas, comme vous dites , parce qu’elles sont complémentaires et touchent des entités différentes, les extrêmes : l’infiniment grand et l’infiniment grand.
                           Peu de monde comprenaient les théories d’Einstein de la relativité. Peu de monde comprennent la physique quantique.
                           Dans la physique quantique, le temps n’est plus calculable avec les outils habituels.
                           Elle intervient dans les nanotechnologies promises à un long avenir vu les investissements consentis dans le domaine. 
                           L’individu est une entité intermédiaire qui essaye de comprendre son environnement.
                           Pour cela, il a la vue et il remarque qu’elle est totalement imparfaite par rapport à ses prédécesseurs au niveaux des longueurs d’ondes perçues. Même chose pour le son.
                           L’homme est un animal imparfait que l’évolution va probablement modifier ou même remplacer en des millions d’années. Alors, l’ego, là dedans, la Nature n’en a que faire.
                           Inventer du n’importe quoi est tout à fait possible en adressant le problème au niveau de l’atome.
                           Ce n’est pas du désir, j’appellerais cela une motivation d’aller de l’avant de chercheur.
                           Et cela peut le parfaitement le justifier.
                           Je peux vous dire qu’il y a encore du travail à accomplir.
                           Le numérique n’est qu’un outil de la pensée, rigoureux, de modélisation.
                           Je ne vais pas vous parler de la modélisation de la nature avec les fractales.
                           
                          Amicalement vôtre  


                        • paul mohad dhib 15 juillet 2010 18:13

                          Enfoiré ...et en couleur

                          salut, les fractales, oui justement j’ai un coquillage exotique a la maison et en regardant d’une certaine façon il représente une vertèbre....
                          ce que j’essaye de décrire, faire passer est impossible, je m’en rend compte, j’ai proposé un article ou je l’evoque plus, enfin un peu plus, si il passe , on en reparlera.., en tres gros, on a un cerveau qui veut ,aime le connu et veut se rassurer, et un cerveau qui n’a pas ces qualités, le premier est une interface indispensable(mémoire,techniques etc) qui empêche l’autre cerveau de s’éveiller, il agit en dictateur a l’intérieur et fait de même a l’extérieur, voila pourquoi je dis que nous sommes relativement fini, mais on ne sait pas se servir de ce que l’on a , le mode d’emploi manque... je l’ai vécu, on en reparlera peut être.., je suis pris d’une flemme de l’ecriture en ce moment, enfin la de suite je veux dire...
                          Amuse toi bien
                          salut...


                        • Allonneau Patrick allonneau 15 juillet 2010 10:48

                          Bonjour Mr Branche,

                          Quand vous faites référence à la neuro-économie , quel statut épistémologique lui donnez -vous ? A quels modèles du fonctionnement cérébral faites-vous référence ? Modulaire ? Connexionniste ? Mixte ? Quels sont les types d’articulations qui sont faits entre deux ordres de réalité hétérogènes : structures cérebrales et écononie ?

                          D’autre part il me semble que vous faites davantage référence à la psychologie (prise en compte de la subjectivité, des affects, des désirs, des émotions etc) qu’à la neurologie.

                          Je crois aussi qu’il faut distiguer les phénomènes psychiques (qui sont internes) du comportement (données extérieures observables).

                          Cordialement.


                          • Michel Baudin 17 juillet 2010 17:54

                            Cher Robert,

                            Les mathématiques, ça ne se réduit ni à la règle de trois ni à Excel, ni même aux équations. Les modéles peuvent parfois aider à la résolution de problèmes sans calculs. Voir par exemple Co-opetition, de Brandenburger & Nalebuff, sur l’application de la théorie des jeux en stratégie d’affaires, sans quantification.

                            Le Lean Management n’a rien a voir avec la mathématisation des comportements humains, et a été developpé chez Toyota par des autodidactes sans grande culture mathématique qui se préoccupaient avant tout de résoudre des problèmes immédiats et de surmonter des crises. Loin de faire de Toyota une entreprise rigide, le Lean Management lui a donné une flexibilité et adaptabilité aux circonstances supérieure a celle de ses concurrents.

                            Dans les quelques lignes à la fin de votre article intitulées « Que faire », vous dites seulement ce qu’il ne faut pas faire. En France, on valorise surtout « les bonnes questions ». Quand on a célébré en janvier dernier le cinquantenaire de la mort d’Albert Camus, les commentateurs lui ont attribué le merite de les avoir posées. En réalité, c’est très bien de poser les bonnes questions, mais c’est encore mieux d’y répondre.

                            Amicalement.


                            • Robert Branche Robert Branche 17 juillet 2010 20:11

                              Effectivement il n’est pas suffisant de poser des questions - mais déjà poser les bonnes, c’est avoir fait une bonne partie du chemin -, mais il faut se donner les éléments pour se construire ses propres réponses : c’est ce que je fais dans mon livre. Cet article n’est qu’une forme d’extrait et est effectivement centré sur des questions... Le « que faire » à la fin ne fait que résumer mon propos, et donc reprends effectivement seulement ce qu’il ne faut pas faire... 


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