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Pandémie et droit du travail

 

En ces temps de confinement, de couvre-feu et de risque de perpétuation des privations des droits qui se prolonge depuis pratiquement un an maintenant, il est un aspect fondamental qui me parait nécessaire de mettre en exergue et de garder toujours dans l’esprit. Il s’agit de protéger les droits et libertés acquis et empêcher les vautours de tout poil de les détricoter…

Quand le patronat tente de rogner les acquis sociaux, prétextant bien entendu la crise, c’est tout l’édifice social qui risque de s’effondrer. Quant au pouvoir politique, ces dernières décennies, il a, par les réformes forcées, en appliquant la méthode du « saucissonnage », détricoté le code du travail et fait la part belle - par des avantages exorbitants - au patronat, qui, de son côté, en guise de remerciement, délocalise, cache son argent (l’argent volé aux Français, en fait) dans les paradis fiscaux et spécule. 

Je souhaite, dans ce papier, rester un peu sur le comportement du patronat et rappeler des positions et postures exprimées récemment et qui n’ont pas eu, à mon sens, la publicité et l’analyse qu’elles méritaient. En effet, le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, était clair quand, à propos du temps de travail et du droit, déclarait dans Le Figaro, dès le 11 avril 2020 : « L’important, c’est de remettre la machine économique en marche et de reproduire de la richesse en masse, pour tenter d’effacer, dès 2021, les pertes de croissance de 2020. C’est la création de richesses qui permettra d’augmenter l’assiette des impôts et donc les recettes, et ainsi de rembourser la dette accumulée pendant la crise. Ensuite, il faudra bien se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise et faciliter, en travaillant un peu plus, la création de croissance supplémentaire. »

Le néo-libéralisme en majesté ! Mais, la tradition est longue et persistante, chez les patrons. 

Rappelons-nous l’ancien président du Medef, Pierre Gattaz, qui s'est prononcé en avril 2014, pour l'instauration à titre « temporaire » d'un salaire « transitoire » inférieur au Smic, pour permettre aux jeunes, notamment, d'entrer sur le marché du travail. C’est ce même Gattaz qui arborait fièrement son pin’s avec le slogan 1 million d’emplois, quand il réclamait baisse des changes patronales et autres cadeaux fiscaux… Les cadeaux, le patronat les a eus… les 1 million d’emplois, on les attend toujours.

Sur ce point du Smic « jeunes », même l'ancienne présidente du Medef (celle qui a précédé Gattaz) avait vivement réagi à la proposition de son successeur. Laurence Parisot pointait du doigt « une erreur d'analyse sur les véritables causes du chômage », n'hésitant pas à évoquer « une logique esclavagiste ». Les exemples sont évidemment légion et il n’est pas nécessaire de les énumérer tous.

Ce qu’il ne faut pas oublier, par contre, c’est de rester vigilants face à la rapacité du patronat pour défendre les droits et les libertés dans ce pays.

Les gilets jaunes et autres grévistes – urgentistes, transports, etc - des deux années qui viennent de s’écouler, peuvent, à juste titre, servir d’exemple, car le pire n’est jamais loin. Etre informés et vigilants, constitue la meilleur barrière à la rapacité. Et comme dit un vieux proverbe méditerranéen : « Quand on s’est brulé une fois avec la soupe, on souffle même sur le yaourt ! »

Ah ! J’oubliais ! Toujours sur le même motif, il y en a qui rêvent du retour des corvées ! Le pire n’est jamais loin !

Renchérissant sur la position exprimée par le président du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux (citée plus haut), l’Institut Montaigne, un think tank libéral, est allé encore plus loin.

En effet, dans une note publiée en mai dernier, l’Institut Montaigne, plaidait pour une augmentation du temps de travail après le confinement, avec des journées de travail plus longues, un jour férié en moins, une semaine de vacances scolaires qui saute, un recours accru au forfait jour dans la fonction publique…. « Les périodes de confinement strict ou assoupli, et la nécessité de travailler en coexistant durablement avec un virus en circulation vont bouleverser durablement nos organisations productives », peut-on lire dans cette note.

Pour « rebondir face au Covid-19 », l’Institut Montaigne propose d’« assouplir quelques verrous juridiques persistants » en permettant aux entreprises de « déroger au temps de repos minimum [sic] quotidien de 11 heures minimum par jour ». Autre mesure suggérée : autoriser l’employeur « à titre temporaire (par exemple jusqu’en 2022) à imposer le rachat de jours de RTT pour les salariés au forfait sans majorations ».

Étant historien de formation, j’ai immédiatement pensé aux corvées des temps révolus (vraiment ?) : En effet, le dictionnaire nous dit que « La corvée est, au Moyen Âge, un impôt consistant en un travail obligatoire, effectué gratuitement sur le domaine du seigneur ». Serait-on encore au Moyen-Age ?


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11 réactions à cet article    


  • njama njama 12 janvier 13:22

    Pour info, à Shanghai (26 millions d’hab.) il n’y a jamais eu de distanciation sociale, jamais de lavages de main, l’obligation du port du masque a été levée en Chine depuis la mi-avril, sauf dans le métro, et est optionnelle dans les lieux clos...
    (source Julie Lévesque de 2’25 à 3’30)
    https://odysee.com/@MediainfociteTV:6/julie-l-vesque-la-vaccination-rien-ne:0


    • microf 12 janvier 21:29

      @njama

      Ma nièce qui vit á Shanghai depuis 2019 dit de même.


    • njama njama 12 janvier 13:25

      Les bien-portants, dits « asymptomatiques », ne transmettent pas le Covid19 : étude chinoise sur 10 millions de personnes !
      par le Dr Gérard Delepine — 31.12.2020
      [………] Les conséquences de cette non-contagiosité sont colossales

      L’hypothèse de la transmission par des cas asymptomatiques a été instrumentalisée pour justifier et fabriquer un consentement pour des mesures de confinements extrêmes, portant sur des populations entières, y compris des décrets autoritaires de restriction des libertés. Si seuls les malades symptomatiques sont contagieux, comme le prouve cette très large étude portant sur dix millions de chinois, il n’existe aucune raison de confiner la population saine. Il suffit d’isoler vraiment les malades.

      Ce mensonge dominant sur la contagiosité des cas asymptomatiques est également avancé pour justifier l’obligation de port de masques à l’extérieur[3] et les campagnes massives de dépistage par des tests dont la positivité chez un asymptomatique ne signifie en rien qu’il soit réellement contaminé[4] ni contagieux[5].

      Cela confirme que les mesures prétendument sanitaires qu’on nous impose depuis des mois sont totalement inefficaces, n’ont aucun fondement scientifique et qu’elles nous détournent des seules mesures efficaces (lavage des mains, quarantaine des malades symptomatiques) expliquant que les pays européens qui les imposent (France, Italie, Espagne, Belgique, Grande Bretagne) se classent dans le top 5 européen des plus fortes mortalités attribuées au covid19.

      Il est hautement probable que les tribunaux internationaux qui multiplient l’examen des plaintes contre les mesures dites sanitaires anticovid s’empareront rapidement de cette étude supplémentaire qui démontre l’inutilité du confinement et des tests PCR qui ne servent qu’à effrayer la population.
      https://www.francesoir.fr/opinions-tribunes/les-bien-portants-dits-asymptomatiques-ne-transmettent-pas-le-covid19-etude


      • Le421 Le421 12 janvier 17:12

        @njama
        Votre étude sur les asymptomatiques, je vous conseillerais de vous renseigner avant de la colporter...
        A part ça.


      • njama njama 12 janvier 19:36

        @Le421
         Tant qu’il n’y aura pas de données quantitatives sur les résultats des Tests RT-PCR, ou ceux antigéniques encore moins précis, il est simplement impossible de déterminer le degré d’une éventuelle contagiosité.
        Au-delà d’un CT de 30, il est simplement possible que les machines dont les biologistes ne connaissent même pas l’étalonnage, ou se refusent à le communiquer (?), qu’elles sortent des taux de cas faux positifs, de 60, 80 ou 90 %...
        Le nombre de « cas » positifs ne veut donc pas dire grand chose, et ne permet pas de poser un diagnostic sur des asymptomatiques.


      • njama njama 12 janvier 19:40

        @Le421

        Avis du 25 septembre 2020 de la Société Française de Microbiologie (SFM) relatif à l’interprétation de la valeur de Ct (estimation de la charge virale) obtenue en cas de RT-PCR SARS-CoV-2 positive sur les prélèvements cliniques réalisés à des fins diagnostiques ou de dépistage Version 1 _ 25/09/202

        Date de la saisine :11 septembre 2020
        Demandeur : Direction Générale de la Santé (DGS) Jérôme SALOMON
        Bernadette WORMS

        1. Demande Par saisine de la DGS en date du 11 septembre 2020, le Directeur Général (Pr Jérôme SALOMON) et la conseillère médicale Dr Bernadette WORMS (cellule de gestion de crise sanitaire) de la DGS ont demandé à la SFM en lien avec le Centre National de Référence (CNR) des Virus respiratoires d’émettre un avis concernant l’interprétation de la valeur de Ct (cycle threshold, estimation de la charge virale) obtenue en cas de RT-PCR SARS-CoV-2 positive sur les prélèvements cliniques respiratoires réalisés à des fins diagnostiques ou de dépistage.
        (……)
        5. Méthodologie et réponses du groupe d’expert
        (…) En revanche, en raison de son caractère seulement semi-quantitatif et des variations inter-techniques, le groupe d’experts ne pense pas qu’il soit recommandé de faire figurer systématiquement cette valeur sur les comptes-rendus de résultats. Le biologiste médical reste à même de décider si cette valeur doit être diffusée aux prescripteurs en fonction des besoins et expertises. Le groupe d’experts rappelle également que pour certaines techniques de RT-PCR, le rendu est uniquement qualitatif ou exprimé en valeurs numériques non corrélables aux valeurs de Ct usuelles (tests non RT-PCR, tests multiplex …)
        (…)
        Le biologiste médical peut donc, après évaluation locale ou à l’aide de l’abaque des valeurs de Ct obtenue comparativement à la technique du CNR IP4 (cf. annexe), établir la catégorie d’excrétion virale. Il est recommandé de suivre pour les trousses commerciales les règles d’interprétation données par le fournisseur si elles sont disponibles. En plus de ces règles, et selon le nombre de cibles virales positives et la valeur du Ct de la cible la plus sensible, le biologiste peut rendre un résultat qualitatif comme suit :

        - Si toutes cibles détectées (1/1, 2/2 ou 3/3) avec Ct de la cible la plus sensible ≤ 33,rendre « Positif »

        - Si 2 cibles sur 3 avec Ct de la cible la plus sensible ≤ 33, rendre « Positif »

        - Si 2 cibles sur 3 avec Ct de la cible la plus sensible > 33, rendre « Positif faible »

        - Si toutes cibles détectées (1/1, 2/2 ou 3/3) avec Ct > 33, rendre « Positif faible »

        - Si uniquement 1 cible détectée sur 1 avec Ct > 33, rendre « Positif faible »

        - Si uniquement 1 cible détectée sur 2 ou 3 avec Ct 33, la présence d’ARN viral détecté est compatible avec une excrétion virale modérée voire très faible
        (…)


      • njama njama 12 janvier 19:40

        (suite et liens)
        Ainsi, la valeur de Ct de la cible la plus sensible de la technique utilisée (comparée à la technique de référence IP4 peut être interprétée concernant l’importance de l’excrétion virale comme suit (cf. algorithme infra) :

        -Si la valeur de Ct est ≤ 33, la présence d’ARN viral détecté est compatible avec une excrétion virale significative

        - Si la valeur de Ct est > 33, la présence d’ARN viral détecté est compatible avec une excrétion virale modérée voire très faible
        (…)
        https://www.sfm-microbiologie.org/wp-content/uploads/2020/09/Avis-SFM-valeur-Ct-excre%CC%81tion-virale-_-Version-Finale-25092020.pdf

        https://www.sfm-microbiologie.org/covid-19-fiches-et-documents-sfm/


      • Aimable 12 janvier 14:02

        Donc je n’étais pas contagieux et j’ai quand même été mis en cellule seul pendant plus de 7 jours pour n’avoir contaminé personne , j’apprécie d’avoir été traité comme un pestiféré ( ils n’ont quand même pas oser me mettre mon plateau du matin, midi et du soir avec mes médicaments dans le couloir c’est déjà ça ) .


        • Clocel Clocel 12 janvier 15:31

          Point de vue du Professeur Toussaint...

          Je rappelle, une fois de plus, que les limites c’est nous qui les posons, eux n’en ont pas, ils vont dérouler l’agenda jusqu’aux temps de grande colère où nous découvrirons que nous avons perdu notre pays et enchaîné nos enfants pour 3 ou 4 générations.

          Réveillez-vous !


          • Le421 Le421 12 janvier 17:13

            @Clocel
            Trop tard !!
            Au pays des couilles molles, les tyrans sont rois.


          • microf 12 janvier 21:24


            " Serait-on encore au Moyen-Age ?

            « 

            Ce qui va arriver á l´humanité dans un futur très proche, sera pire que le moyen-âge, écoutez !

             »Un passeport vaccinal" : Très important, absolument à visionner

            https://youtu.be/uNcxINsyYkY

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