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Personnalité des leaders politiques vues au travers de nos amis les animaux

          PERSONNALITÉS DES LEADERS POLITIQUES

            vues au travers de nos amis les animaux

Depuis longtemps déjà un mécontentement quasi général sourdait un peu partout et l'on ne pouvait vaquer à quelque ouvrage sans être apostrophé par l'un ou par l'autre. Les plaintes étaient multiples et motivées. L'effervescence sociale s'amplifiait de jour en jour pour gagner toute la contrée.

Les vaches regrettaient l'herbe verte des champs et se lamentaient de devoir tourner en rond dans leurs hangars métalliques. Les chèvres ne connaissaient du soleil que ce que leur bêlaient les plus vieux des moutons et les chiens sans troupeaux à garder se retrouvaient au chômage. Les poules comme les cochons réclamaient de l'espace vital. Les chevaux se comptaient tous les jours un peu moins nombreux. Bref rien n'allait et tous rongeaient leur frein en attendant les élections.

C'est alors qu'un Coq rutilant de plumes et perché sur ses ergots, faute d'un bon vieux tas de fumier, grimpe sur un muret et se met à haranguer le peuple animal. Tel un prophète, il prédit un avenir radieux nécessitant une révolution radicale, le rejet des infiltrés et même le recours à la guerre. Il se dit prêt à tous les sacrifices et chantant fortement ses convictions, il fascine alentour. L'auditoire frémit comme un seul animal et salut patte tendue.

L'Âne est bien seul à regarder cet illuminé narcissique comme un paranoïaque en puissance et brait qu'il ne faut pas le suivre. Profitant d'un silence du gallinacé dont la crête rougeoie du plaisir d'être adulé, le grison droit dans ses sabots prend la parole d'un ton mesuré. Il se présente comme un rationnel n'obéissant qu'aux données chiffrées. Il promet de s'entourer des plus grands experts bardés de diplômes reconnus et loue un avenir qui ne change le présent qu'à la marge, une politique de petits pas tendant à l’immobilisme. Les uns et les autres se regardent et une partie d'entre eux semble adhérer à ce conservatisme rassurant.

Mais voilà qu'un singe, un primate de la famille des hominidés qui se dit être un Bonobo, c'est à dire un spécialiste de la résolution des conflits, venu dont on ne sait où et propulsé par on ne sait qui, s'approche en se glissant sans manières au sein de la compagnie. Il parcourt en tous sens l'assemblée expliquant qu'il n'est rattaché à aucun groupe, qu'il sait ce qu'il faut faire pour améliorer la situation, que son savoir est le fruit d'expertises et de calculs mathématiques incontestables. Il affirme d'une voix claire que la solution ne se trouve que dans des réformes confortant la croissance économique. Il s'efforce de maîtriser son assurance, car il se sait facilement méprisant, en intercalant dans son discours des périodes d'écoute. Certains tentent de le contredire et ils sont aussitôt qualifiés de porteurs d'intérêts particuliers qui n'entrent en aucun cas dans sa logique comptable où seul l'argent, qui définit la place de chacun, est sacré. Il parle du bonheur et le promet à tous et les dindons au comble de la joie gloussent à l'unisson.

Au deuxième tour de scrutin, il ne reste que le Coq face au Bonobo. La paranoïa fait peur, elle a déjà par le passé ravagé le pays.

Le Bonobo se trouve élu Président avec cependant une abstention record. S'appuyant sur une cour récompensée de quelques privilèges, il assume le pouvoir sans partage et se met à l'ouvrage. Sa vérité fait loi et s'impose par la technologie comme par la force. L'individu, qui d'après lui ne comprend rien n'est rien, ne compte pas et il doit faire son bonheur sans en tenir compte et même malgré lui. Il annonce qu'il prendra le temps qu'il faut, voire une décennie, et que rien ne peut le faire reculer. Il est le capitalisme technocratique incarné.

Pendant cette triste bouffonnade où les concessions au social ne sont que des promesses creuses, où le présent déconstruit, resserre les chaînes et l'avenir retrécit même la retraite, une poignée de bien placés en haut de la cordée d'avantages se goinfre.

Pendant cette amère pantalonnade où la nature reste une ressource, la biomasse s'effondre, l'océan de plastique poursuit sa croissance, 54% des arbres existant avant l'agriculture ont maintenant disparu …

Aux dernières nouvelles, le Bonobo poursuit sourd et aveugle l'application de son dogme où l'argent règne au détriment des enfants et de la multitude.

                         toubib 41 le 1/01/2020


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6 réactions à cet article    


  • CLOJAC CLOJAC 2 janvier 21:40

    Comparer le freluquet à un bonobo, c’est injurier nos lointains cousins !

    Les bonobos ne sont pas des nuisibles.


    • ETTORE ETTORE 2 janvier 23:16

      Belle histoire animalière, dont je regrette juste, que les crottes, retombent toujours, ......sur ceux qu’on piétine.


      • foufouille foufouille 3 janvier 15:25

        « 54% des arbres existant avant l’agriculture ont maintenant disparu … »

        mais la médecine était inexistante.


        • zygzornifle zygzornifle 3 janvier 16:14

          Du coté des rapaces , charognards et autres parasites ....


          • Berthe 3 janvier 23:21

            @ l’auteur

            excellent, remarquez que c’est l’année du rat ...

            “Un bon chien vaut mieux que deux kilos de rats.”
            Boris Vian smiley

            • L'Astronome L’Astronome 4 janvier 09:23

               

              Qui-vous-savez me fait penser à un chacal, dont il a les dents.

               

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