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Accueil du site > Tribune Libre > Peut-on encore sauver le passé simple ?

Peut-on encore sauver le passé simple ?

Le constat est évident : de nombreux élèves de seconde ne maîtrisent pas le passé simple, ils confondent les différents groupes de verbes, ils commettent d'énormes barbarismes sur certaines formes... Le passé simple est en voie de disparition...

Pourquoi cette extinction d'un temps qui est pourtant essentiel dans la langue française ?

 La conjugaison du passé simple ne s'apprend plus qu'aux troisièmes personnes du singulier et du pluriel, en début de collège...

Par souci d'égalitarisme, on a voulu évincer ce temps jugé trop difficile, littéraire, comme on a voulu annihiler le latin et le grec...

Alors, forcément, les élèves sont à la peine pour reconnaître et utiliser ces formes.

Il faudrait bien sûr que cet apprentissage intervienne, comme c'était le cas auparavant, dès l'école primaire.

On le sait : le passé simple appartient à la langue écrite, on ne l'utilise jamais à l'oral, c'est pourquoi, il est important de l'enseigner le plus tôt possible.

Le passé simple fait partie de notre patrimoine littéraire : il est employé dans les récits où il marque l'enchaînement des actions, avec une idée de ponctualité, d'instantanéité.... Il indique un fait achevé, délimité dans le temps.

Certains disent qu'il faut "tuer ce temps désuet", car le temps s'accélère et d'autres connaissances seraient plus utiles.

"Utile ! Dorénavant, il faut que tout soit utile !"

Comme si les trésors de notre littérature ne méritaient pas d'être préservés !

Comme s'il fallait réécrire tous les textes en supprimant le passé simple !

La modernité ne devrait pas exclure le respect du passé.

Et même dans la littérature contemporaine, le passé simple a tendance à disparaître et à s'effacer.

 

Notre langue est riche de nuances : c'est ce qui en fait toute la valeur et la spécificité... Notre langue est précise, fine, avec de nombreux temps qui expriment différentes subtilités : l'imparfait marque la durée, c'est aussi le temps de la description, le plus-que-parfait indique une antériorité dans le passé, le passé simple peut aussi avoir une valeur d'imparfait à l'intérieur du passé...

Sans le passé simple, le récit perd de sa vitalité, il devient statique et morne : le passé composé ne saurait le remplacer à l'écrit.

Les grands récits de notre littérature sont écrits au passé simple : faut-il les jeter aux oubliettes ? Faut-il les mépriser ?

Faut-il renoncer à la poésie de nos grands classiques ? Faut-il ne plus enseigner ces vers célèbres : 

"Ariane, ma soeur, de quel amour blessée
Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !" ?

La disparition du passé simple n'est pas inéluctable : il faut restaurer son enseignement, dès l'école primaire, afin que tous les élèves aient accès aux fleurons de notre littérature.

C'est l'excellence qu'il faut viser, non la médiocrité et le nivellement par le bas.

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2017/12/peut-on-encore-sauver-le-passe-simple.html

 

Source : un article du journal Le Point

http://www.lepoint.fr/societe/la-fin-du-passe-simple-c-est-la-perte-d-une-nuance-de-l-esprit-19-12-2017-2181037_23.php

 

Photos : Pixabay

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Peut-on encore sauver le passé simple ?

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91 réactions à cet article    


  • Choucas Choucas 19 décembre 2017 15:25

     
     
     
    LE PASSÉ SIMPLE EST RACISTE
     
     
    trop compliqué pour les colons, la marchandise n’a pas besoin de culture, juste de multiethniqués abrutis par les pub anglicisées « urban spirit » et autres
     
     
    « La old meuf is dead, Yes ! » Cacique d’un parti colonial
     


    • si nick 20 décembre 2017 10:45

      @Choucas
      Vous représentez bien le passé con posé...


    • gegene 19 décembre 2017 15:29

      @Rosemar

      Que vient faire le « barbarisme » dans un article sur le passé simple ?

      Peut-être un collègue pourrait-il vous expliquer de quoi il s’agit.


      • rosemar rosemar 19 décembre 2017 18:31

        @gegene

        Le barbarisme est une forme qui n’existe pas dans la langue, une faute de conjugaison... par exemple : « il metta » au lieu de il « mit »...

      • Graal 19 décembre 2017 20:32

        @rosemar
        « « il metta » au lieu de il « mit »... »
        Vous en avez beaucoup des comme ça ?


      • Doume65 19 décembre 2017 21:15

        @gegene
        « Peut-être un collègue pourrait-il vous expliquer de quoi il s’agit »

        Taper « barbarisme » dans un moteur de recherche et lire le premier résultat :

        « GRAMM. Faute contre le langage soit dans la forme, soit dans le sens du mot (mot créé ou altéré, dévié de son sens, impropre). Faire un malheureux, un vilain barbarisme ; le plus étrange barbarisme ; les barbarismes du latin d’Église »


      • rosemar rosemar 19 décembre 2017 21:33

        @Graal

        Dans les copies, oui on en trouve des « comme ça »...

      • Trelawney Trelawney 20 décembre 2017 08:34

        @rosemar
        Le barbarisme est une forme qui n’existe pas dans la langue

        Bravitude !

      • gegene 20 décembre 2017 08:50

        @Doume65
        Merci. Mais j’ai aussi mon Petit Larousse, depuis 50 ans.
        A noter que le terme « barbarisme » est un peu devenu un fourre-tout.


      • gegene 20 décembre 2017 08:54

        @rosemar
        "Que vient faire le « barbarisme » dans un article sur le passé simple ?"

        Raisonnons un peu.

        Dans combien de cas une personne (élève ou adulte) peut-elle être confrontée à l’usage du passé simple ?

        1/ En parlant ? Jamais (à moins de faire du théâtre). Qui discute en employant le passé simple ?

        2/ En écrivant ? C’est bien rare.

        - dans une lettre, quasiment jamais (à moins de se prendre pour Voltaire ou Sévigné).

        - dans un récit, possible mais le passé composé est tellement plus aisé.

        - reste un roman ou une nouvelle. Mais quelle est la proportion de romanciers/nouvellistes dans la population ? En tout état de cause, ce ne sont pas ceux-là qu’on verra commettre des « barbarismes ».

        3/En lisant ? Evidemment (mais, encore, pas n’importe quoi). Toute personne qui fréquente un peu la littérature française peut tomber sur des verbes employés au passé simple. Il est donc essentiel qu’elle le connaisse et sache comment il se conjugue. Mais, ce n’est certainement pas là qu’elle se heurtera à un « barbarisme ».

        Essayer de réhabiliter la connaissance du passé simple, c’est bien. introduire le "barbarisme’ dans un tel plaidoyer, c’est une maladresse, voire une absurdité, et, en tout cas, sans intérêt.


      • rosemar rosemar 20 décembre 2017 09:23

        @gegene

        Vous voulez changer la définition du barbarisme ??

      • rosemar rosemar 20 décembre 2017 09:39

        @Trelawney

        Quand c’est volontaire et qu’on veut forger un mot nouveau, on parle de « néologisme... »

      • Trelawney Trelawney 20 décembre 2017 10:53

        @rosemar
        Parce que vous pensez que pour la reine des neiges c’était volontaire ?


      • gegene 20 décembre 2017 16:05

        @rosemar

        " Vous voulez changer la définition du barbarisme "   ????? Comprends pas ! Tant pis !

        Mais pour continuer sur le passé simple, j’ajoute ceci :

        Qu’importent les « metti-metta » ? Si vos élèves sortent ces perles, c’est que vous les y avez amenés. C’est de la provocation et ça ne sert à rien. C’est comme les limitations de vitesse.

        Présentez leur donc un texte d’un de nos grands auteurs (vous ferez d’une pierre, deux coups) et faites leur chercher les passés simples. Demandez leur de quel verbe il s’agit (son infinitif), à quelle personne (je, tu il…) il est utilisé dans ce texte. Ça leur suffira bien (pour leur culture personnelle) et vous, vous aurez fait du bon travail. Et le passé simple sera valorisé.



      • Graal 20 décembre 2017 16:47

        @gazpachic
        Touchant !


      • Alren Alren 24 décembre 2017 12:32

        @rosemar

        Il est vrai que le passé simple, temps du passé déconnecté du présent, n’est par définition pas utilisé à l’oral alors que l’imparfait son compagnon de récit peut l’être pour traduire une habitude : « Autrefois je mangeais un œuf chaque matin » ou associé au passé composé : « J’allais partir quand il a sonné. »

        Mais il est une autre conjugaison beaucoup plus usitée dont l’orthographe est souvent erronée même dans les écrits de professionnels comme les journalistes : c’est le présent du subjonctif, écrit quand il n’y a guère de différence de prononciation comme le présent de l’indicatif.

        « Je vois » mais « Il faut que je voie, que tu voies, qu’il voie, que nous voyions que vous voyiez »
        Bien sûr la faute vient du verbe être : que je sois, que tu sois, qu’il soit, que nous soyons que vous soyez et aussi qu’il ait.

        « Vous gagnez » mais « Il faut que vous gagniez »
        « Vous essayez » mais « Il faut que vous essayiez »
        « Nous surveillons » mais « Il faut que nous surveillions »

        Ce « i » doit d’ailleurs être marqué à la prononciation.


      • Cateaufoncel 19 décembre 2017 15:31

        Faut-il ne plus enseigner ces vers célèbres : 

        "Ariane, ma soeur, de quel amour blessée
        Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !«  ?

        Et ceux-ci donc :

         »Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort,
        Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port"
         ?


        • Pere Plexe Pere Plexe 19 décembre 2017 16:42

          @Cateaufoncel
          ...N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie  ?


        • Stupeur Stupeur 19 décembre 2017 16:52

          @Cateaufoncel
          « Le cidre » de Cornouaille ? smiley


        • JC_Lavau JC_Lavau 19 décembre 2017 18:04

          @Cateaufoncel. Vincent mit l’âne dans un pré, et s’en vint dans l’autre.

          Combien d’ânes en tout ?

        • rosemar rosemar 19 décembre 2017 18:32

          @Cateaufoncel

          Eh oui, autre exemple célèbre....

        • Cateaufoncel 19 décembre 2017 21:12

          @Père Plexe

          « ...N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie  ? »

          Pas si simple, on est dans le passé composé, là !

          @ Stupeur

          « « Le cidre » de Cornouaille ? »

          Au point où on est rendu, je crains que le nom Cornouaille ne soit pas familier à beaucoup de nos contemporains...

          @ JC_Lavau

          « Combien d’ânes en tout ? »

          Cent vingt-et-un... C’est ça ` ?


        • Trelawney Trelawney 20 décembre 2017 08:35

          @Cateaufoncel
           »Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort,
          Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port" 
           ?


          C’est de Mélenchon ça !

        • JC_Lavau JC_Lavau 20 décembre 2017 09:53

          @Cateaufoncel. Autres lectures : mille cent vingt, deux millions cent vingt.

          C’était le moyen d’avoir toujours raison.
          Comme « Une pomme qui vient de Rome, comment l’appelle-t-on ? ».
          Mais non ! On la pèle avec un couteau.

        • Pere Plexe Pere Plexe 21 décembre 2017 15:12

          @Cateaufoncel
          « ...N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie  ? »


          Ce n’est pas la forme ou la conjugaison, qui ont guidé mon choix pour cette citation.
          Ce n’est que son sens. Que je trouve à propos.




          Désolé de m’attacher prioritairement au sens.

        • Montdragon Montdragon 19 décembre 2017 15:35

          On a certainement, du côté des pédago, préféré la narration à la composition.
          Raconter plutôt qu’écrire....Rosemar vous me rappelez un héros de Fenimore Cooper.


          • velosolex velosolex 19 décembre 2017 19:16

            @Montdragon
            « ..Rosemar vous me rappelez un héros de Fenimore Cooper. »


            Est ce celui qui avait pris tant de flèches dans le postérieur. 
            Qu’il ne pouvait plus s’asseoir sur son présent ?


          • Diogène diogène 19 décembre 2017 15:39

            Quand ce seront les profs et le académiciens qui décideront du sort des langues, le Français sera devenu le Latin : une langue morte.


            L’imparfait du subjonctif et les règles de concordance des temps sont depuis longtemps des pièces de musées et n’ont jamais servi que de rampart sociale dans les salons mondains qui se plaidaient à marquer la distance avec un peuple de gueux qui, aux dires ce cette élite cultureuse, s’exprimait comme le faisaient les charretiers !

            Une langue est un phénomène vivant qui évolue et les auteurs l’accompagnent Céline et Ben Jelloun n’ont que faire de vos états d’âme nostalgiques.

            • Cateaufoncel 19 décembre 2017 16:01

              @diogène

              « Céline et Ben Jelloun n’ont que faire de vos états d’âme nostalgiques. »

              La lecture du « Voyage au bout de la nuit » s’impose !


            • JC_Lavau JC_Lavau 19 décembre 2017 18:02

              @diogène. Encore eût-il fallusse que vous le sussiez vous-même, et que eux aussi le sachiassent.


            • rosemar rosemar 19 décembre 2017 18:35

              @Cateaufoncel

              En effet, une lecture s’impose ! Comme si Céline n’employait pas le passé simple ! Un exemple : la description de la ville de New-York....


              « Pour une surprise, c’en fut une. A travers la brume, c’était tellement étonnant ce qu’on découvrait soudain que nous nous refusâmes d’abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu’on était on s’est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous… »

            • Cateaufoncel 19 décembre 2017 21:21

              @rosemar

              « Comme si Céline n’employait pas le passé simple ! »

              En fait, dans votre exemple, il suffit de tenter de remplacer le passé simple par le passé composé pour constater que le premier est indispensable à la narration autobiographique.

              P.S. - J’ajoute la suite, juste pour le plaisir :

              « Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux même. Mais chez nous, n’est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur. »

              Qui peut faire aussi vrai en aussi peu de mots ?


            • HELIOS HELIOS 19 décembre 2017 23:23

              @diogène

              Qu’attendons-nous, alors, pour utiliser notre langue vivante : l’arabe du bled !


              • rosemar rosemar 19 décembre 2017 18:35

                @UnLorrain

                Merci pour cet exemple...

              • rosemar rosemar 19 décembre 2017 18:42

                @UnLorrain

                En voici un extrait avec des passés simples :


                « J’enjambai le banc et je m’assis tout de suite à mon pupitre. Alors seulement, un peu remis de ma frayeur, je remarquai que notre maître avait sa belle redingote verte, son jabot plissé fin et la calotte de soie noire brodée qu’il ne mettait que les jours d’inspection ou de distribution de prix. Du reste, toute la classe avait quelque chose d’extraordinaire et de solennel. Mais ce qui me surprit le plus, ce fut de voir au fond de la salle, sur les bancs qui restaient vides d’habitude, des gens du village assis et silencieux comme nous... »

              • L'enfoiré L’enfoiré 19 décembre 2017 19:30

                @rosemar
                 Jouons avec la conjugaison du verbe enjamber

                 Hier, j’enjambai le banc, J’aurais aimé que j’embassasse autre chose, tellement il était dur.
                 Plût au ciel que j’aurai d’autres choses à enjamber ou alors que les bancs eussent été plus doux à mes fesses endolories. Sans ça j’enjamberais les fesses de ma blonde compagne... 
                 
                 Je stoppe ou je continue ?  . 

              • popov 20 décembre 2017 02:11

                @L’enfoiré

                Bonjour

                Il vaut mieux enjamber une pute qu’amputer une jambe.


              • Christian Labrune Christian Labrune 19 décembre 2017 16:49

                @Rosemar,

                Le Président de notre République vient d’inventer le passé complexe. Une fois il dit que nous avons commis des « crimes contre l’humanité » en Algérie, et la fois suivante, plus bas en Afrique, il en rigole et dit le contraire. Tout ça n’est pas bien simple, on s’y perd. Lui aussi, du reste : si après plus de six mois il lui faut encore un quart d’heure pour descendre l’escalier de l’Elysée, on finira par le trouver prostré au bord de l’une des marches, incapable de trouver la sortie. Son Ariane ferait bien, pour Noël, de lui faire cadeau d’une pelote de fil.

                Je vous trouve bien conciliante ou désabusée de vouloir ne ressusciter que le passé simple ! L’imparfait du subjonctif se fait rare, et quand il apparaît, c’est toujours à contretemps : les règles de la concordance ont dès longtemps rejoint le fond des oubliettes.

                Dans peu d’années il ne restera plus que le cri primal. Un nouveau Johnny, peut-être...
                Boum ! Boum ! Badaboum ! Un peu de culture, enfin !


                • Diogène diogène 19 décembre 2017 16:55

                  @Christian Labrune



                  « L’imparfait du subjonctif se fait rare, et quand il apparaît, c’est toujours à contretemps : les règles de la concordance ont dès longtemps rejoint le fond des oubliettes. »

                  c’est à peu de choses près ce que j’ai écrit à 13:39

                  mais soyez sincère : dans une conversation ou une lettre à un ami, employez vous le passé simple, l’imparfait du subjonctif, et respectez-vous la concordance des temps. 
                  Il faudrait que vous fussiez bien persuasif pour que je vous crusse.

                • Xenozoid Xenozoid 19 décembre 2017 16:56

                  @diogène

                  ou ironique


                • Xenozoid Xenozoid 19 décembre 2017 16:59

                  @Xenozoid
                  c’est un spécialiste,on met ce que l’on veut,et quant les aytre ne comprenne pas , on leur dit I.R.O.N.I.E


                • Christian Labrune Christian Labrune 19 décembre 2017 18:14

                  @diogène
                  J’ai vu, mais après avoir envoyé mon intervention, que vous aviez déjà écrit la même chose, et que je paraîtrais donc vous avoir copié, mais peu importe : il était inévitable que cela fût dit par l’un ou l’autre des lecteurs.

                  J’ai horreur du passé simple et il faut bien reconnaître qu’il est très difficile de l’employer à bon escient. Dans la plupart des cas, l’effet est ridicule parce qu’on a l’impression d’avoir affaire au texte d’un bon élève entre les deux guerres, qui n’aurait cependant jamais dépassé le niveau du certificat d’études. C’est du pédantisme si on veut, mais un pédantisme vraiment primaire.

                  L’imparfait du subjonctif, c’est bien différent. J’y ai recours très souvent lorsque j’écris des lettres, et même dans la conversation. J’ai enseigné le français pendant près de quarante ans, et lorsque j’étais devant mes élèves, il était bien rare qu’ils pussent m’écouter dix minutes sans en voir surgir deux ou trois !
                   


                • Diogène diogène 19 décembre 2017 19:00

                  @Christian Labrune

                  S’ils vous ont laissé en vie, c’est qu’ils n’étaient pas rancuniers !

                • rosemar rosemar 19 décembre 2017 20:54

                  @Christian Labrune


                  Comme l’imparfait du subjonctif est formé sur le passé simple, il disparaît lui aussi....


                  Bonne soirée

                • popov 20 décembre 2017 14:00

                  @Christian Labrune


                  Boum ! Boum ! Badaboum ! Un peu de culture, enfin !

                  Bonjour

                  Il y a déjà le rap.

                  Ceci dit, je dois avouer que je ne m’aventure jamais dans la zone du subjonctif imparfait. Trop de récifs, trop d’accents circonflexes, trop de « sassassûssiez ».


                • Piere CHALORY Piere CHALORY 19 décembre 2017 16:50

                  Je suggère, afin de remédier à cet état de fait, d’offrir aux élèves de l’éducation nationale ( pour combien de temps encore) ou de réintroduire en nos écoles l’intégrale des ouvrages de la comtesse de Ségur, qui bien que russe d’origine ; noble dont la famille possédait un domaine équivalent à la moitié de la France ou à peu près, maîtrisait mieux le français que la plupart de ses contemporains. Alors aujourd’hui... Le fait est que la comtesse de Ségur manipulait les temps de verbe avec une rare virtuosité, elle pouvait utiliser présent, passé composé, imparfait, futur et bien sûr passé simple dans une seule phrase, sans faute de syntaxe !


                  Seul problème, le catholicisme quasi intégriste revendiqué par les personnages de ses romans extraordinairement bien écrits par ailleurs s’accorderaient-ils à notre époque  ?

                   smiley

                  Réflexion faite, je crois que si on faisait lire les malheurs de Sophie au djeuns dojourdui, ils croiraient sûrement que ce texte est écrit en chinois.

                  • Giordano Bruno 20 décembre 2017 15:52

                    @Piere CHALORY
                    Au contraire, l’usage des temps par la Comtesse de Ségur est bien souvent approximatif. C’est l’une des raisons, avec la méchanceté omniprésente, pour laquelle je n’utilise pas ces ouvrages avec mes enfants.


                  • Piere CHALORY Piere CHALORY 20 décembre 2017 16:18

                    @Giordano Bruno


                    Je comprends votre point de vue, chacun est libre, heureusement ; de choisir les lectures de ses têtes blondes (enfants imagés avant la novlangue, Valls & les blancos, Melenchon & les trop blonds). Par le passé, j’ai connu également une maîtresse d’école qui haïssait, allez savoir pour quoi, la comtesse de Ségur, qui écrivait pourtant pas si mal ; ’’les mémoires d’un âne’’ :
                    Je ne me souviens pas de mon enfance ; je fus probablement malheureux comme tous les ânons, joli, gracieux comme nous le sommes tous ; très certainement je fus plein d’esprit, puisque, tout vieux que je suis, j’en ai encore plus que mes camarades.






                  • velosolex velosolex 19 décembre 2017 19:12

                    Je ne sais pas si l’on peut sauver le passé simple

                    Mais le futur compliqué se présente à nous
                    Le plus que parfait n’est plus q’un reflet 
                    Et même les pauvres mots se désintègrent au vent.
                    Non pericoloso sporgersi !

                    Les paysages deviennent étranges, en soi et par devers soi. 
                    Qui sommes nous ? 
                    Ou allons nous ?
                     En ces temps étranges pleins de fautes d’orthographe
                    Ou Larousse ne sème plus au vent. 

                    Don’t lean out the window !

                    • L'enfoiré L’enfoiré 19 décembre 2017 19:21

                      @velosolex,


                       Vous ne parlez pas du subjonctif, présent, imparfait et plus-que-parfait.
                       Nous sommes dans les abysses du passé du français.
                       Please, don’t throw Willy thought the window. smiley

                    • velosolex velosolex 19 décembre 2017 21:58

                      @L’enfoiré
                      Je ne sais comment sauver le passé simple

                      Mais pour le futur commençons à sauver notre dame des landes

                    • L'enfoiré L’enfoiré 19 décembre 2017 19:17

                      Sauver le passé simple ?

                      C’est comme « Sauver Willy » smiley
                      Regardez la conjugaison anglaise... et vous comprendrez.... smiley 

                      • popov 20 décembre 2017 15:36

                        @L’enfoiré


                        Regardez la conjugaison anglaise


                      • JC_Lavau JC_Lavau 19 décembre 2017 19:29

                        I’m’semble qu’Achille Talon et son rédac’chef utilisaient bien le passé simple :

                        « Or, vous fonçâtes ».


                        • L'enfoiré L’enfoiré 19 décembre 2017 19:31

                          @JC_Lavau
                          ... et je te déplumâtes...


                        • Diogène diogène 19 décembre 2017 20:22

                          @L’enfoiré

                          « Elle me dit »Voilà mon prix 
                          Aujourd´hui, c´est un louis«  
                          Elle m´ plut plus, j´ lui plus plus 
                          On s´ plut plus, nous s´ plus plûmes 
                          Sans bagage, bon voyage 
                          Nous s´ plus p´lures d´oignon 
                          J´ lui plus plus, elle m´ plut plus 
                          On s´ plut plus, nous s´ plus plûmes 
                          J´aime les femmes, j´ le proclame 
                          Mais à l´œil, c´est plus bon »


                          Dranem
                          nous nous plûmes

                        • mursili mursili 19 décembre 2017 23:56

                          @diogène

                          La Complainte amoureuse d’Alphonse Allais n’est pas mal non plus :

                          Oui, dès l’instant que je vous vis,
                          Beauté féroce, vous me plûtes ;
                          De l’amour qu’en vos yeux je pris,
                          Sur-le-champ vous vous aperçûtes ;
                          Mais de quel air froid vous reçûtes
                          Tous les soins que pour vous je pris !
                          En vain je priai, je gémis :
                          Dans votre dureté vous sûtes
                          Mépriser tout ce que je fis.
                          Même un jour je vous écrivis
                          Un billet tendre que vous lûtes,

                          Et je ne sais comment vous pûtes
                          De sang-froid voir ce que j’y mis.
                          Ah ! fallait-il que je vous visse,
                          Fallait-il que vous me plussiez,
                          Qu’ingénument je vous le disse,
                          Qu’avec orgueil vous vous tussiez !
                          Fallait-il que je vous aimasse,
                          Que vous me désespérassiez,
                          Et qu’en vain je m’opiniâtrasse,
                          Et que je vous idolâtrasse
                          Pour que vous m’assassinassiez !


                        • sarcastelle 19 décembre 2017 19:49

                          Rappel : l’imparfait du subjonctif se forme sur la racine de la troisième personne du singulier du passé simple.

                          .
                          Exemple : mourir
                          Passé simple : il mourut
                          Imparfait du subjonctif : qu’il mourût ! (que vouliez-vous qu’il fît contre trois)
                          .
                          Ainsi l’ignorance du passé simple entraîne-t-elle celle du temps le plus heureusement sélectif et discriminatoire, l’imparfait du subjonctif. Bien fait pour la gueule de qui ne connaît pas le passé simple. 

                          • Diogène diogène 19 décembre 2017 20:17

                            @sarcastelle

                            « nous sûmes » et que « nous sussions » sont là pour monter que votre « règle » ne s’applique qu’à la troisième personne, ce qui laisse aux analphabètes de larges horizons pour assumer leurs fantasmes, s’ils connaissent la différence entre « inflation » et « fellation », ce qui n’est pas le cas de toutes les gardes des sceaux.

                          • rosemar rosemar 19 décembre 2017 21:17

                            @sarcastelle

                            Eh oui, notre système de conjugaison est une habile construction : le subjonctif imparfait est formé sur le passé simple, le conditionnel est formé sur le futur, avec les terminaisons de l’imparfait, par exemple....

                          • nono le simplet nono le simplet 20 décembre 2017 06:17

                            @sarcastelle
                            autre exemple :

                            à cause de son passé qui est loin d’être simple, il est de rigueur d’utiliser un subjonctif très imparfait quand on parle du nucléaire 

                          • Ouam Ouam 21 décembre 2017 02:13

                            @diogène
                            « ... s’ils connaissent la différence entre « inflation  » et « fellation », ce qui n’est pas le cas de toutes les gardes des sceaux. »
                             
                            Ca peut ici etre une bonne definition de la causalité ? smiley
                            Bon .... c’est vrai que l’ordre est important,
                            toutes les nuances sonts dans les petits détails, comme les subtilitées de notre langue
                             
                            C’est un bon trip les gardes des sceaux ?, j’ai pas testé .


                          • pipiou 19 décembre 2017 20:30

                            Encore un coup dur pour la biodiversité.

                            Tant que Rosemar ne disparait pas tout va bien : Elle + Nabum c’est 50% de la part de marché d’Agoravox.

                            Y a bien Christelle Néant mais à force de bloquer tout le monde elle se retrouve seule à commenter avec son chat.
                            Et puis Christelle n’aime le passé tout court.


                            • Trelawney Trelawney 20 décembre 2017 08:48

                              @pipiou
                              Vous avez vu la dernière de la Néant (elle porte bien son nom celle là). Elle nous envoie un article sur 6 blessés dans le Donbass. Elle badigeonne de sauce tomate en plaque en béton et nous colle un serpillère à côté pour faire dramatique.


                              Mais elle oublie qu’ici la SNCF a fait mieux que les ukrainiens avec 6 morts dans le sud et 2 dans le nord (bilan provisoire)

                              Et elle a le culot de se faire photographier avec un kevlar et un casque. Non mais qu’elle cloche !

                            • Bernie 2 Bernie 2 19 décembre 2017 22:14

                              Nous nous en battimes les c.... avant. Nous nous battons les c...... au présent, et on s’en battra les c..... au futur. Amen, au suivant. Tout nu dans ma serviette, au suivant ! À vos pleurnicheries du passé, tchin !


                              • rosemar rosemar 19 décembre 2017 22:37

                                @Bernie 2

                                Toujours aussi fin le Bernie !

                              • Bernie 2 Bernie 2 19 décembre 2017 23:56

                                @rosemar

                                Pour faire bonne mesure à la rosemar. Un juste reflet. Bref, comme d’habitude, le passé est en danger. Le latin, Grec, orthographe, grammaire, tout fout le camp ma bonne dame. Distribués les bons points et les tirages d’oreilles soporifiques sur ce dont vous n’avez plus la main. Votre inutilité brille a chacun de vos pseudo articles.


                              • Ken_le_sous-vivant Ken_le_sous-vivant 19 décembre 2017 23:14

                                Et ma grand mère utilisait le plus-que-parfait du subjonctif...

                                Bref, rien de neuf sous le soleil, le niveau chute mais notre calvaire est bientôt fini, le sol s’approche vite. La question est : à quelle profondeur allons nous nous immobiliser ?

                                Take some advance, speak white !


                                • Xenozoid Xenozoid 19 décembre 2017 23:16

                                  @Ken_le_sous-vivant
                                  shaw shaw.....


                                • Ken_le_sous-vivant Ken_le_sous-vivant 20 décembre 2017 06:49

                                  @Xenozoid

                                  C’est vrai ça ! Oùssékèllé notre carpette anglaise qui utilise un générateur de phrases aléatoire ?


                                • phan 20 décembre 2017 07:11

                                  Rosa Rosae Rosam...ar : Passé simple versus Passé bénit (le Temps go)
                                  Eût-ce arrivé qu’oncques nous pûmes ?
                                  Jamais je n’ouïs que tu le susses !


                                  • rosemar rosemar 20 décembre 2017 09:24

                                    @phan

                                    Et en plus, le passé simple permet des jeux de mots ! Merci pour ce florilège...

                                  • phan 20 décembre 2017 10:53

                                    @rosemar
                                    Je remarquai que la correctrice sarcastique hurlât point sur l’écriture du « passé béni(t) »


                                  • Trelawney Trelawney 20 décembre 2017 08:50

                                    C’est vrai que le passé simple dans les SMS ça le fait pas trop.

                                    Faut vous adapter Madame Rosemar le français ne sert plus qu’à envoyer des messages
                                    « T ki toi »

                                    • Plus robert que Redford 20 décembre 2017 09:46

                                      Rosemar,

                                      Vous l’avez remarqué, je suis constamment critique envers vos articles bisounours et d’un conformisme dégoulinant de bienpensance.
                                      Là, chapeau !!
                                      Vous m’avez retourné comme une crêpe et j’ai lu votre article avec la délectation qui accompagne le partage d’un point de vue commun.
                                      Non, non ! Ne voyez ici aucun effet d’ironie sarcastique, car je suis sincèrement enthousiasmé de la façon dont vous exprimez les choses.
                                      C’est sûrement chez moi la résurgence d’un passé où la révérence aux professeurs de littérature se mesurait naturellement à l’aune de leur talent pédagogique.
                                      Le vôtre est indéniable...
                                      Ne gâchez pas votre talent dans de ridicules diatribes contre les « perversions » sociétales du moment.
                                      Merci.

                                      • erichon erichon 20 décembre 2017 11:01

                                        Ha la langue FRANCAISE, sa grammaire , son orthographe ..... Réel marqueur du conservatisme .

                                        BAS LES PATTES , ON NE TOUCHE A RIEN !!! 


                                        • egos 20 décembre 2017 13:48

                                          Il n’y a d’autre que le vivant pour succomber.

                                          Les pierres, édifices et parfois les idées se satisfont de suivre des cycles.
                                          ie le Marais ou le quartier des Halles à Paris ainsi que la plupart des centres-villes à travers le monde,
                                          il advient parfois que qqes villes disparaissent définitivement avec les civilisations qui les ont édifiées.
                                          La vérité est celle de populations, classes sociales, lignées familiales effacées par le temps et les circonstances économiques, 
                                          de la (leur) mémoire -intersection de l’espace et du temps- abolie.
                                          Viendront de nouvelles générations, des aménagements, rénovations, 
                                          un environnement cosy, cleaned,
                                          cocon idéal des jeunes et dynamiques classes urbaines en expansion.

                                          Memento mori.

                                          • Nowhere Man 20 décembre 2017 15:25

                                            Le passé simple est enseigné dans tous les CM2 des écoles publiques. Les programmes sont disponibles en ligne. L’auteur n’a pas vérifié... inutile puisque c’est écrit dans Le Point !!!!


                                            • rosemar rosemar 20 décembre 2017 17:41

                                              @Nowhere Man

                                              Vous en avez la preuve ??

                                            • Nowhere Man 20 décembre 2017 18:50

                                              @rosemar
                                              Professeur des écoles retraité depuis 5 ans. J’ai enseigné dans plus d’une centaine d’écoles dans mon département (42) pendant 39 ans.
                                              Cela ne vous suffit pas comme preuve ? 

                                              Vous préférez relayer les élucubrations d’un crétin du Point. Le Point ou un autre, c’est toujours la même musique.

                                              « Passé simple CM2 » sur Google et vous avez de la lecture pour la nuit.
                                              faites de beaux rêves


                                            • Giordano Bruno 20 décembre 2017 15:44

                                              Le passé simple a disparu de nombreux livres récents à destination des enfants. Et même parfois le passé tout court. Cela s’inscrit dans un phénomène plus général de dégradation de la langue française dans ces livres. La solution ? Choisir des ouvrages n’ostracisant aucun temps. Je pense bien sûr au passé simple et à l’imparfait de l’indicatif, mais aussi et surtout à l’imparfait et au plus-que-parfait du subjonctif qui subirent jadis le même sort qu’aujourd’hui ces temps de l’indicatif. Fort heureusement, on peut trouver dans la littérature enfantine des livres ne reculant pas devant ces temps (Les contes du chat perché, par exemple), ceux-ci ne pouvant être difficiles qu’en raison de l’absence de leur usage.

                                              Fidèle lecteur de Maupassant, j’ai remarqué plus d’une fois qu’en voulant retranscrire les fautes de français des paysans normands par des fautes grossières, il les faisait néanmoins parler régulièrement à l’imparfait du subjonctif. Peut-on faire l’hypothèse qu’au XIXème siècle ce temps était utilisé couramment par tous, y compris par ceux qui ne disposaient pas d’instruction ? Et dans ce cas, pourquoi cet abandon depuis ? Je me demande si l’école n’aurait pas une responsabilité. N’aurait-elle pas donné une place subalterne à l’imparfait et au plus-que-parfait du subjonctif comme elle le fait aujourd’hui avec le passé simple ?

                                              J’ai l’habitude avec mes proches, ma femme, mes enfants, d’utiliser tous ces temps (passé simple, imparfait et plus-que-parfait du subjonctif). Je les trouve souvent plus adéquats pour m’exprimer, et ne veux pas priver mes enfants des richesses de leur langue en l’amputant inutilement. Mais face à d’autres publics, je les remplace souvent par d’autres, pour ne pas surprendre mes interlocuteurs et passer pour un pédant. Peut-être ai-je tort... Autant je m’accommode facilement de remplacer le passé simple par le passé composé, autant j’ai bien plus de mal à remplacer le subjonctif imparfait par le subjonctif présent. Je ressens intensément la faute commise. Je déplore aussi l’inexistence d’un subjonctif futur. J’aimerais souvent pouvoir en utiliser un. Il manque aussi à la langue d’autres possibilités expressives. Certins verbes défectifs sont frustrants. J’aimerais aussi pouvoir disposer, au lieu du pronom personnel sujet « nous » de deux pronoms se différenciant par le fait que l’interlocuteur est compris ou non. Etc.

                                              Bref, il me serait bien plus agréable de voir la langue s’enrichir que d’assister à son appauvrissement.


                                              • Raymond75 20 décembre 2017 18:12

                                                J’ai ouvert un bouquin de grammaire à 8 ans, et je l’ai refermé tout de suite : des tas de règles idiotes, incompréhensibles, avec une multitude de cas particuliers en contradiction ... Nul en orthographe, je lisais quand même beaucoup de revues (les cours de français à l’école ne m’avaient pas intéressé). Cela ne m’a pas empêché d’être dans les cinq premiers en français de la 4 ème à la terminale, puis dans ma terminale scientifique, d’être très bien noté en philo. Débarrassé de ces corvées culturelles, j’ai continuer de lire revues et journaux, puis les livres d’histoire contemporaine et de découverte m’ont redonné goût à la lecture, mais toujours pas les romans. --- Les programmes de français sont des repoussoirs pour les adolescents ; on ferai mieux de leur présenter la littérature américaine du XX ème siècle, qui les toucheraient immédiatement, et des lectures historiques et de voyage, qui leur permettraient de se situer. --- On peut très bien vivre sans être un expert en grammaire !!!


                                                • Plus robert que Redford 20 décembre 2017 19:04

                                                  @Raymond75 Pas besoin d’être super fortiche en grammaire, qui n’est que la notice de fonctionnement de la langue. Il vous suffit d’avoir beaucoup (énormément) lu des textes en bon français (c’est là tout l’intérêt de la littérature classique) pour intégrer naturellement les règles de fonctionnement. Après, ça fait sûrement pas de mal de creuser un peu, mais le gros du boulot est fait. Est-ce que vous croyez que les ados virtuoses des jeux vidéo maîtrisent pour autant la programmation informatique ? Que nenni ! Juste une pratique forcenée du maniement des manettes et une bonne mémoire visuelle...

                                                  On peut très bien vivre sans être expert en quoi que ce soit...


                                                • gueule de bois 20 décembre 2017 22:09

                                                  @Plus robert que Redford
                                                  Dans la phrase « le chat mange la souris », il n’est pas important de savoir où est le sujet et où est le complément. L’important est de savoir lequel mange l’autre.


                                                • bob de lyon 20 décembre 2017 18:29

                                                  Bien vu Rosemar !

                                                  C’est d’ailleurs à la disparition du passé simple que l’on reconnaît une écriture moderne (comme le dirait Charles Dantzig).

                                                  Je m’extrais du dernier ouvrage de Marc Dugain : « Ils vont tuer Robert Kennedy »* après la relecture - un entracte fantaisiste !
                                                  -  du Comte de Monte Cristo du bonhomme Dumas.

                                                  Le premier est une littérature de passé composé, voire de surcomposé (plus-que-parfait/voix passive), la seconde de passé simple et de subjonctif.

                                                  Eh bien, dans les moments d’actions quel est le style le plus souple et le plus fluide ? Celui de Dumas, même si, pour moi, ce fut une surprise de retrouver ces formes de vraie littérature traditionnelle.

                                                  Comme Flaubert, nos auteurs contemporains gagneraient à relire leurs textes à haute voix, ils entendraient les ruptures, les heurts, les chaos du langage et probablement retravailleraient-ils leurs phrases.

                                                  J’ai tenté une expérience avec mes apprenants issus de divers horizons : quelle différence entre ?

                                                  - Ali travaillait à l’usine ;

                                                  - Ali a travaillé à l’usine ;

                                                  - Ali travailla à l’usine.

                                                  Un chouette débat s’ensuivit. Ils partirent contents ; comme quoi !

                                                   

                                                  *Plutôt un bon livre.


                                                  • Jean Keim Jean Keim 21 décembre 2017 08:36

                                                    Si j’ai bien compris le passé simple est compliqué smiley


                                                    C’est un peu comme la forme interro-négative, si après la lecture d’un article alambiqué je soliloque et me dis : je ne suis pas sûr de ne pas avoir compris, finalement le texte m’est-il intelligible ?

                                                    • L'Astronome L’Astronome 21 décembre 2017 09:51

                                                       
                                                      Simple hasard ? Article du 21.12.2017 sur Boulevard Voltaire :
                                                       
                                                      http://www.bvoltaire.fr/on-se-passer-passe-simple/
                                                       


                                                      • PrNIC PrNIC 24 décembre 2017 12:06

                                                        citation : On le sait : le passé simple appartient à la langue écrite, on ne l’utilise jamais à l’oral ....

                                                        Il s’agit donc bien non pas de le faire apprendre betement , mais de le faire PARLER .

                                                        Car s’il est non lu par des élèves qui ne lisent plus trop , ce n’est pas par un dressage de conjugaison que nous sauverons les meubles de ce temps dit « simple » ( faut il penser que les autres passés sont compliqués  ? )

                                                        Alors , pédago , tu t’y prends comment ? Eclairons nous de par nos pratiques dans l’apprentiissage de notre langue au lieu de pleurnicher sur des gens qui causent surtout sans lire ni ecrire beaucoup .


                                                        • vesjem vesjem 24 décembre 2017 17:54

                                                          il est plus facile de comprendre le prétérit anglais par l’analogie avec le passé simple français


                                                          • jeanclaude 24 décembre 2017 18:53

                                                            Bravo pour votre positionnement.

                                                            Un peuple qui néglige sa langue est en déclin ; c’est particulièrement vrai pour la France.
                                                            C’est une des manières de perdre son idendité.

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