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Accueil du site > Tribune Libre > « Populisme de gauche », un miroir aux alouettes ?

« Populisme de gauche », un miroir aux alouettes ?

 

Resurgi du passé, investi de contenus ou d’interprétations qui lui étaient étrangères à l’origine, et repris jusqu’à l’indigestion par les politologues et les tribuns têtes d’affiches, le mot « populisme », comme tous les concepts fourre-tout à la mode voit son sens altéré, ce qui rend son usage ambigu, le dernier avatar étant la notion étrange et paradoxale de « populisme de gauche ». Mais ce glissement ne doit rien au hasard.

Sans s’appesantir sur ses origines historique, on peut constater qu’une caractéristique du mot « populisme » tient dans le fait qu’il peut avoir une connotation positive ou négative selon le locuteur, ce qui n’est pas rare pour un mot, mais qu’en outre, cette bivalence peut s’observer souvent chez le même orateur ou rédacteur, à droite et à gauche (pour autant que ces deux notions aient encore un sens).

La mode a commencé quand le terme « populiste » a été utilisé par la presse bien-pensante pour dénoncer la montée de la xénophobie d'extrême droite et ensuite, par capillarité, contre la « gauche » non libérale et non marxiste, comme substitut à l’adjectif « démagogique », par souci d’éviter les répétitions.

Se trouvent donc taxés de « populistes » tous propos hostiles aux politiques prônées par les partisans de la « mondialisation », qu’il s’agisse du parti Démocrate aux Etats-Unis ou des partisans de l’UE dans les pays européens. Ce qui est considéré comme « populiste » n’est pas le propos, mais le locuteur : la même idée concernant le flux migratoire et le contrôle des frontières sera qualifiée ou non de populiste selon l’orateur concerné.

Du coup, la récupération va bon train et, pour montrer son opposition aux politiques impopulaires de l’Union Européenne, des mouvements comme Podemos, Die Linke et maintenant la FI se réclament d’un « populisme de gauche ». L’étiquette semble aussi convoitée que le label « bio » dans l’agro-alimentaire, et partager avec ce succès marketing tous les ingrédients du faux-nez. Comme dans la grande distribution, le but essentiel du marketing politique est de capter une « clientèle » (comme par hasard, le terme convient aux deux domaines, commerce et électoralisme) qui a tendance à se fidéliser chez le concurrent, une stratégie dangereuse s’appuyant sur une analyse fausse qui consiste à croire que les électeurs « populaires » du PS ou du Parti Démocrate, déçus par l’inflexion droitière persistante, se seraient réfugiés chez Marine Le Pen ou Donald Trump.

Or, les « pauvres » ne votent pas pour les républicains ou le RN, ils ne votent plus du tout. L’erreur des stratèges qui remplacent un programme politique par un catalogue de produits promotionnels est de vouloir grappiller quelques voix égarées dans le camp adverse plutôt que de convaincre les nombreux abstentionnistes d’aller voter en proposant une véritable alternative.

Au lieu de cela, la « gauche », tente de se refaire une santé en retirant de sa vitrine tous les accessoires traditionnels de son fonds de commerce : on est insoumis et non plus révolutionnaire ou réformiste, on chante la Marseillaise et non plus l’Internationale, on arbore le drapeau tricolore et plus le drapeau rouge (par contre, on ressort le bonnet phrygien de 1789).

Le fondement idéologique des nouveaux « les populistes de gauche » en Europe reposent sur l’idée de remplacer la lutte des classes marxiste par la rivalité entre les personnes d'en bas et les « élites » d'en haut (idéologie d’ailleurs partagée par Macron lui-même), les riches contre les pauvres, 99% contre les 1% ». 

Ce changement d’attributs a été rendu nécessaire par la disparition de sens du mot « gauche » lui-même, phénomène lié à l’identification progressive des partis « réformistes » européens avec les idéologies et les systèmes économiques qu’ils prétendaient combattre.

Reste à savoir si une politique se construit sur la base de sondages d’opinions. Vouloir gommer la notion même de « classe sociale » pour la remplacer par « les gens » risque d’amener les orphelins de la classe ouvrière à grossir encore les rangs des abstentionnistes plutôt que de les attirer vers les chasseurs « de gauche » peu adroits et même un peu gauches dans le maniement des leurres.


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48 réactions à cet article    


  • zzz'z zzz’z 18 septembre 13:29

    Dans la critique de l’économie politique (1800 et des brouettes), la gauche du capital est déjà stigmatisée ; Taxer cette gauche de populiste, après des décades de quolibets la rappelant démago, prouve que le vocabulaire, et, les idées qui dérangent — On se demande bien qui ? — sont envoyées à la trappe.


    Cela me fait penser au slogan espagnol : « Ils nous pissent dessus et les médias nous disent qu’il pleut »

    • jakem jakem 18 septembre 13:31
      J’aime particulièrement votre 6ème paragraphe ( « Or, les pauvres ... » --- et me permets de vous tirer ostensiblement mon large chapeau à plume car vous êtes une des rares personnes à ne pas offenser mes pupilles en confondant « hors » et « or » )

      Vous donnez une explication du « populisme » et c’est pas facile ! Votre explication à propos à propos de l’infection et la contamination eurokraturistes ( ce sont là mes mots ) est pertinente.
      Pour rigoler, jaune parfois, il faut relire « Le bêtisier de Maastricht » et pour mettre des politicards dans l’embarras il faudrait relire leurs affirmations à haute et intelligible voix devant eux pendant qu’ils sont sur scène à réinterprêter quelques uns de leurs fameux mensonges.

      J’étais étonné de lire quelques mots d’un honorable Insoumis, ici sur un autre fil, qui affirmait que son parti n’est pas révolutionnaire mais keynésien.

      Du coup, puisqu’on peut dire tout et n’importe quoi et aussi le contraire opposé à l’équivalent démenti, je me suis dit que j’arriverais peut-être à me faire reconnaître comme le fils unique et naturel d’un quelconque cardinal riche ; ça me serait utile pour les l’avenir.


      • JL JL 18 septembre 13:53

        @jakem

         
        ’’’un honorable Insoumis, ici sur un autre fil, qui affirmait que son parti n’est pas révolutionnaire mais keynésien.’’
         
        Vous pourriez nous dire pourquoi la FI ne pourrait pas de définir comme un parti keynésien ? C’est quoi selon vous, un parti keynésien ?

      • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 18 septembre 13:56
        @jake

        « ..et pour mettre des politicards dans l’embarras il faudrait relire leurs affirmations à haute et intelligible voix... »

        Pour le cas où vous ne connaîtriez pas :


      • jakem jakem 18 septembre 14:53

        @JL

        Cher Monsieur JL ( ou Madame, ou Mademoiselle ou Mondemoiseau ), vous m’accordez bien d’honneur en me demandant pourquoi la FI ne pourrait pas s’affirmer keynésienne.
        Car je m’en fous.
        Je m’en suis étonné puis quelque peu amusé car le Camarade Mélenchon agite depuis ... quelques années le caractère révolutionnaire de sa démarche et non pas l’aspect redistributif en tant que tel.

        Keynes pour moi ? je ne suis pas économiste mais je sais que pour redistribuer il faut avoir de quoi. Personnellement j’aimerais bien 100 ou 200 balles de plus sur ma pension. J’en demande pas plus.
        Mais qui les paierait ?
        Les créanciers ? 
        Les fortunés ?
        La prospérité ?
        la planche habillée ? laquelle ? la nôtre ( que LE camarade a accepté de bon et grand coeur de voir disparaître au profit de celle de la BCE ?) ou celle de Francfort ?

        J’oublie sans doute des aspects techniques et politiques ( environnement eurokraturiste ) que j’ai lus un jour sans les mémoriser.

        Je me souviens de Mitterrand ( j’avais voté pour lui ) et de Mauroy qui n’a pas « fait de tournant politique ».

        Je me souviens de Chavez, une des idoles du camarade Mélenchon, qui a certes sorti de la misère je-ne-sais combien de ses compatriotes mais qui a aussi terriblement appauvri son pays au point de le mettre à genoux. C’était pas une attitude responsable et digne envers les siens.





      • JL JL 18 septembre 19:36

        @jakem

         
         foin de politesses,
         
         deux choses :
         
         La première : ce n’est pas vous faire violence que de vous demander des comptes sur un jugement négatif que vous portez sur le pari politique pour lequel il m’arrive de voter.
         
         La deuxième : pour faire simple, je fais une différence entre le keynésianisme de la droite - qui pratique une politique de l’offre caractérisée par des subvenions en tous genres - et celui de la gauche, laquelle pratique une politique de la demande, basée en effet sur une meilleure justice sociale.
         
         Mélenchon prône une politique une meilleure justice sociale est keynésien de gauche, au contraire des keynésiens de droite, et aussi des libéraux qui eux, s’en remettent à la magie du ruissellement.

      • Attilax Attilax 18 septembre 21:35

        @JL


        Certes, mais l’arnaque vient qu’on nous vend du rose pâle pour du rouge ou du noir.

      • jakem jakem 19 septembre 10:00

        @JL

        Cher Monsieur JL, vous ne me faites pas violence, même en me demandant mon avs sur un parti pour lequel je n’ai jamais voté et ne voterai jamais.

        Ah ! si vous faites une différence entre keynésianisme de droite et de gauche ... vous avez demandé son avis à ce monsieur Keynes ?

        Si ma mémoire ne me trahit pas, et là elle est fidèle, je me souviens avoir lu que Keynes n’aurait certainement pas approuvé cette théorie du ruissellement, imaginée par des escrocs et intellectualisée par leurs laquais serviles ( vous voyez que j’ai du vocabulaire de gauche !) chargés de la propager. Il a aussi insisté sur l’aspect absolument nécessaire de la prospérité non étatique mais surveillée voire conduite par l’Etat. Ce qui me séduit beaucoup. En somme c’est ce que l’Allemagne avait fait à partir des années 60, Sozialdemokratie ; une espèce de capitalisme socialiste.

        Bref : affirmer qu’on est keynésien de gauche plutôt que révolutionnaire modéré ( belle catégorie ! ) dans la mesure où on ne fera pas passer les possédants et tricheurs et exploiteurs sur la bascule à Charlot me semble d’une esthétique verbale douteuse. Autant me demander d’apprécier les jolies sandales argentées ou dorées que vous portez ( je vous suppose viril ou au moins officiellement masculin ).

        Je ne dénie nullement au Camarade Mélenchon le droit de changer d’avis et de renouveler sa devanture, d’autres le font et parfois c’est une démarche tout à fait sincère.
        Mais certaines opportunités m’amusent ; modérément !

        Afin d’élargir votre vue d’ensemble ( et je vous le suggère sans la moindre ironie ), en ne la limitant pas au plan économique, et parce que vous êtes sympathisant de la FI où s’affrontent doucement des opinions antagonistes à propos de nous et des autres, je vous invite de lire quelques articles très intéressants de Manent en commençant par une discussion entre lui-même et Michéa ; sur le site du Figaro. ( dire qu’il-y-a ... 40 ans j’avais trouvé incongru de voir un type lire Le fig en terrasse d’un café sans même se cacher ! )

        Avec mes salutations républicaines françaises (puisque nous sommes en France ).

        PS : à mes aimables admirateurs je demande quelques étoiles négatives supplémentaires car je fais une étude approfondie et secrète sur leur capacités de rayonnement.
        Merci beaucoup d’avance de bien vouloir recevoir ma supplique avec bienveillance, et d’y donner suite favorablement !


      • JL JL 19 septembre 11:56

        @Attilax

         
        cela ne parait être du rouge ou du noir que pour les daltoniens éblouis pas le néolibéralisme. cf. 
         
        « Les diatribes de Mitterrand sur les « maîtres de l’argent » étaient plus violentes que les prises de position actuelles de Besancenot » François Ruffin, dans là-bas si j’y suis
         

      • JL JL 19 septembre 12:02

        @jakem

         
         Cher Monsieur jakem ( ou Madame, ou Mademoiselle ou Mondemoiseau ),
         
        je ne vous ai pas demandé votre avis, c’est vous qui lavez spontanément donné. Je ne me suis permis que de vous demandez quelques précisions.
         
         Pour ce qui concerne le keynésianisme, bien des choses seraient à dire, qui nous mèneraient loin. Vous citez Pierre Manent. Le considérez vous comme un keynésien ?
         
         Avec mes salutations, blablala.

      • jakem jakem 19 septembre 12:53

        @JL

        Cher Monsieur JL ( content de voir que vous me copiez), j’avais mal lu !

        Considérer Manent comme un keynésien ? j’en sais rien et je m’en fiche. C’est un penseur qui explore nos tourments et nos organisations.
        Je ne me souviens pas avoir lu un article de « Manent le keynésien » .

        Vous attachez une sacrée importance à cette théorie économique.
        Un souvenir d’enfance, chaleureux et obsédant, que vous avez peut-être expérimenté avec des camarades ( en jouant aux billes ou à pisse- sur- les- araignées ; gagner des araignées est moins intéressant que gagner des billes ; mais on peut les échanger contre des billes en terre à 1 centime de franc qui permettent de continuer une partie quand on n’a plus de billes en verre ; on peut aussi en donner en gage en échange de billes en verre avec lesquels on peut en gagner puis rendre les « prêtées » et récupérer ses « en terre » ; et puis on fabrique un grand circuit dans du sable sur lequel faire rouler les billes, avec des ponts et des tunnels etc... ) sans savoir que c’était une vision organisationnelle de la société ?

        Avec tous les salamalecs habituels !

      • JL JL 19 septembre 13:07

        @jakem

         
        ’’Vous attachez une sacrée importance à cette théorie économique.’’
         
         Non !
         
         

      • JL JL 18 septembre 13:34
        Rosanvallon dit « les populisme haïssent les contre-pouvoirs ». A quoi je réponds : N. Sarkozy qui haït la Justice est donc un populiste ?
         
        « Entre le fort et le faible c’est la liberté qui opprime et la loi qui protège ». Rosanvallon a tout faux. CQFD

        • JL JL 18 septembre 13:50

          Le populisme c’est un discours de dominant avec des mots de dominés.

           Selon Serge Tisseron, il y a deux sortes d’empathie : l’empathie cognitive, et l’empathie affective. Seule la seconde est authentique. L’empathiste est celui qui parle et agit sous couvert d’une empathie affective qu’il décrète mais n’éprouve pas. Le populisme c’est de l’empathisme.
          « La langue politiquement correcte contribue à l’édification d’un vaste discours anonyme qui discipline la pensée de tous, tout en faisant taire la singularité de chacun… Le pouvoir symbolique, c’est d’abord le pouvoir d’amener les dominés à prévoir et à décrire les choses comme ceux qui opposent des positions dominantes ont intérêt à ce qu’ils les voient et les décrivent. En d’autres termes : celui qui impose à l’autre son vocabulaire, lui impose ses valeurs, sa dialectique et l’amène sur son terrain à livrer un combat inégal…. Selon Philip K. Dick, l’instrument de base de la manipulation de la réalité est la manipulation des mots. Certains termes sont dépréciés ou sont connotés négativement : tout ce qui gravite autour du peuple par exemple, à un point tel que l’on serait tenté de croire que le changement de conjoncture politique et intellectuelle invite à voir dans le peuple le principal problème à résoudre et non plus une cause à défendre. Le recours à l’adjectif populiste permet de stigmatiser toute référence au peuple, un adjectif qui a par ailleurs perdu toute signification à cause de sa sursaturation médiatique... La novlangue, ce jargon des propriétaires officiels de la parole se compose de généralisations et d’expressions toutes faites et entraîne un appauvrissement sémantique qui lui-même induit un conformisme idéologique. » (Les mots détournés, outil de propagande

          Chantal Mouffe : « Il me semble urgent et nécessaire de promouvoir un populisme de gauche » Chantal Mouffe est écrivain philosophe et inspiratrice de Podemos et de la France insoumise.

        • NEMO Gwynplaine 18 septembre 19:04

          @JL

          « Chantal Mouffe est écrivain philosophe et inspiratrice de Podemos et de la France insoumise. »

          En effet, cette personne est bien l’égérie de Mélenchon qui lui doit ce glissement risqué vers un terrain dont il n’a peut-être pas mesuré tous les pièges. Je n’ai voulu nommer ni l’un ni l’autre dans l’article pour m’en tenir à un débat d’idées indépendant des personnes, ce que je craignais qui ne fût interprété comme des attaques personnelles.

          Que cette personne soit « écrivain » (je crois que le mot « écrivaine » est usité également) est indéniable puisqu’elle a publié des livres. Pour ce qui est du qualificatif de « philosophe », il serait bon de définir quelles caractéristiques justifient ce terme en la circonstance.

          En dernière analyse, cette mode n’est rien d’autre qu’une énième tentative pour présenter le centre (qui en fait est à droite) comme la troisième force. Après avoir été situé à l’extrême gauche, FI a donc fait un long chemin. Ruffine doit avoir du mal à s’endormir, certains soirs.

        • JL JL 18 septembre 19:41

          @Gwynplaine

           
          ’’ cette personne est bien l’égérie de Mélenchon qui lui doit ce glissement risqué vers un terrain dont il n’a peut-être pas mesuré tous les pièges.’’
           
          Je ne crois pas qu’on puisse parler d’égérie : d’abord elle est bien plus que cela ; d’autre part Mélenchon n’a pas besoin d’égérie ni e maître à penser.
           
           Je ne comprends pas le reste de votre post : Que vient faire le centre ici ? De quelle mode parlez vous ? Qui est Ruffine ?

        • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 18 septembre 13:52

          « Le fondement idéologique des nouveaux « les populistes de gauche » en Europe reposent sur l’idée de remplacer la lutte des classes marxiste par la rivalité entre les personnes d’en bas et les « élites » d’en haut (idéologie d’ailleurs partagée par Macron lui-même), les riches contre les pauvres, 99% contre les 1% ». »

           

          Leur problème, c’est qu’ils sont confrontés à une réalité qu’il leur est impossible de prendre en compte, tant elle détruit de dogmes de leur credo. En dépit de l’accumulation de résultats électoraux convergents, il leur interdit de constater qu’en maints endroits, la lutte des races a remplacé la lutte des classes.

           

          Avec leur honnêteté et leur haut degré de professionnalisme coutumiers, les gazettes n’ont retenu que la progression des Démocrates de Suède n’avaient pas été au niveau de leurs espérances, et que la formation d’un nouveau gouvernement ne serait pas aisée.

           

          Mais si on analyse quelques détails des résultats qui nous sont parvenus, il y a tout de même des enseignements à tirer. Dans le vote masculin, les DdS sont devenus premier parti, avec 24 % des voix, contre 16 % en 2014, devant les socialistes 23 % des voix, contre 30 % en 2014. Dans la catégorie « Entrepreneurs et fermiers », le DdS est en deuxième position, avec 25 % des voix, contre 8 % en 2014, derrière les Modérés, avec 26 % des voix, contre 35 % en 2014.

           

          Chez les cols bleus, les DdS sont également en deuxième position, avec 26 % des voix, contre 11 % en 2014, derrière les socialistes avec 31 % des voix, contre 39 % en 2014. Et même chez les cols blancs, le DdS ont passé de 8 à 14 %.

           

          Sur le plan national, alors qu’après les élections de 2014, une commune ayant voté DdS à 20, était considérée comme un des ses fiefs, il y en a eu trois cette année à voter DdS à pèse de 40 %.

           

          Un survol des 21 comtés du pays, montre que les populistes ont recueilli :

          - + de 25 % des suffrages, dans 3 d’entre eux, dont celui de Malmoë, 28.82 %

          - + de 20 % dans 6 d’entre eux

          - + de 19 % dans 6 d’entre eux également.


          • zzz'z zzz’z 18 septembre 14:07

            @Cateaufoncel3

            « En dépit de l’accumulation de résultats électoraux convergents, il leur interdit de constater qu’en maints endroits, la lutte des races a remplacé la lutte des classes.
             »

            Mais pas que, les sexes déclinés en gender ont ouvert la porte aux degrés dans l’écologie, la décroissance, les croyances diverses… 

            Diviser pour mieux régner, et tout changer pour que rien ne change.

          • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 18 septembre 14:54

            @zzz’z

            « Diviser pour mieux régner… »

             "Diviser : Séparer (une chose, un ensemble de choses, un groupe de personnes) en plusieurs unités ou parties."

            Cela précisé, je ne peux être divisé ni avec ces gens-ci

             https://twitter.com/i/status/1033396105910906881

             …ni avec ces gens-là ::

            https://www.youtube.com/watch?v=tyk6n4INegI

             


          • NEMO Gwynplaine 18 septembre 15:53

            @zzz’z et @Cateaufoncel3


            autrement dit, pour évacuer les vrais enjeux et faire en sorte d’avoir une part de la gamelle électorale, on remplace les conrontations sociales par des « sujets » sociétaux

            les américains appellent ça des « wedge issues », des os à ronger, des pommes de discorde, etc...
            on jette un morceau de poumon à la meute et elle se bat pour le dévorere pendant que les vrais prédateurs mangent le gigot

          • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 18 septembre 16:27

            @Gwynplaine

            « autrement dit, pour évacuer les vrais enjeux… »

            Les vrais enjeux ? Quels vrais enjeux ? Les vôtres assurément. Moi, je n’ai pas les mêmes. Je fais partie de cette catégorie de gens dont Orwell disait qu’ils ont « des valeurs  (patriotisme, religion) qui ont des racines plus profondes que la raison économique. »

            Ces gens existent, si, si, je vous assure, et ils ont autant le droit d’être représentés politiquement que ceux qui n’ont que la raison économique, et qui ne sont certainement pas plus respectables que ceux que vous prenez pour des c…


          • zzz'z zzz’z 18 septembre 16:57

            @Gwynplaine
            « les vrais prédateurs mangent le gigot »


            Ça reste immuable… Reste à entourlouper les gogos qui ne comprennent pas pourquoi. 

          • zzz'z zzz’z 18 septembre 17:03

            @Cateaufoncel3
            J’ai la même distinction que vous, et, ne suis les choix des gouvernements que sur la chose publique limitée aux principes régaliens.


          • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 18 septembre 17:10

            @zzz’z

            « Reste à entourlouper les gogos qui ne comprennent pas pourquoi. » 


            Mais ceux qui entourloupent ne sont pas pires que ceux qui promettent du gigot pour tout le monde

          • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 18 septembre 17:12

            @zzz’z

            « ... les choix des gouvernements que sur la chose publique limitée aux principes régaliens. »


            Et c’est le peuple qui détermine les choix sociétaux par son vote.

          • NEMO Gwynplaine 18 septembre 18:13

            @Cateaufoncel3

            « Ces gens existent, si, si, je vous assure »

            Je sais qu’ils existent, et les politologues aussi le savent.
            Ils sont même nombreux, ces « gens ».
            C’est justement ce segment de clientèle électorale que les experts du marketing politique essaient de décortiquer pour élaborer le discours qu’ils ont envie d’entendre afin de capter leurs voix.
            Ils sont même prêts à se contredire tous les jours et à trahir leurs amis pour ça.

            Le conditionnement pavlovien d’un électorat consiste à jouer la musique qui déclenche le bon réflexe dans l’isoloir. Les virtuoses des tribunes et des talk-shows sont capables de déchiffrer une nouvelle partition et fournir une interprétation audible en lecture à vue. Très fort !

          • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 18 septembre 18:44
            @Gwynplaine

            « Le conditionnement pavlovien d’un électorat... »

            Vous-même vous votez ou vous vous abstenez pour vous démontrer à vous-même que vous échappez aux conditionnements pavloviens ?

            Si c’est trop indiscret, vous ne répondez pas

          • NEMO Gwynplaine 18 septembre 19:09

            @Cateaufoncel3

            je me suis abstenu aux dernières consultations, depuis 2012. Une fois j’ai voté blanc, et une fois j’ai voté Chirac et je me suis fait couillonner comme un débutant. Je me suis juré, mais un peu tard, qu’ion ne m’y prendrait plus. Je vote aux municipales. Je ne sais pas si je voterai aux Européennes.

            Pour moi, un vote utile est tout simplement un vote qui sert à quelque chose.

          • zzz'z zzz’z 18 septembre 19:16

            @Gwynplaine
            « Le conditionnement pavlovien d’un électorat... » 


            Le dernier a réussi un casse d’envergure avec son « en même temps » stigmatisé par Asselineau lors du grand débat par la phrase « Vous êtes toujours d’accord avec tout le monde » appuyé par un « bashing jamais vu de la classe politique antérieure » soutenu par les deux extrêmes, repoussoirs désignés pour le deuxième tour.

            La mémoire de poisson rouge travaillée au corps par les médias suffira-t-elle à réitérer ce coup d’esbroufe pour la prochaine échéance ?

          • William 20 septembre 09:20

            @Gwynplaine
            On peut s’abstenir occasionnellement parce qu’aucun candidat ne représente un choix que l’on considère acceptable, mais de manière générale, le « plateau » est suffisamment vaste pour pouvoir faire un choix, si possible « au mieux », éventuellement « au moins pire », car faire de l’abstention un principe, c’est laisser les autres opter pour soi. Ainsi -mais cela n’engage que moi- Hollande a été en 2012 un moins mauvais choix que Sarko, et le bilan du quinquennat de chacun d’eux le montre, avec le recul. Le plateau de 2017 était d’une autre nature, et le résultat était connu à l’avance donc le choix était soit de renforcer le triomphe du vainqueur annoncé, soit de montrer des réticences, j’ai opté pour la seconde solution en ne votant pas (peut-être aurait-il même fallu un « vote du pire » juste pour baisser son score, mais je n’ai pas franchi le pas ...cette fois).


          • Attila Attila 20 septembre 19:47

            @William
            « car faire de l’abstention un principe, c’est laisser les autres opter pour soi »
            Globalement d’accord avec votre message. Étant donné qu’aujourd’hui les informations les plus importantes sont disponibles et permettent à chacun d’évaluer la politique des candidats , chaque électeur est responsable des conséquences de son vote.
            L’abstention a des conséquences elle aussi, notamment de renforcer le résultat de celui qui est en tête. L’abstentionniste est responsable des conséquences de son abstention.

            .


          • Zaza Zaza 18 septembre 14:29

            Oui la lutte des races a remplacé la lutte des classes, ceci car la nation est morte dans l’immigration et la mondialisation, or la nation était la place politique. C’est une régression d’une logique politique évidente.
             
            Le « grand remplacement » inventé par Renaud Camus a une une grande influence sur la alt-right américaine. ironie de l’histoire après la « french théorie » des années 60 qui elle aussi traversa l’Atlantique en son tps.
            A Charlottesville, les nazis hurlaient « vous ne nous remplacerez pas ! » , à destination des juifs aussi, vu comme organisateurs là bas encore plus qu’ici du GR.
            Le néo-nazi Richard Spencer et l’ancien leader du Ku Klux Klan David Duke, 2 supporters de Trump en ont fait un thème de bataille.
            C’est effectivement la preuve que l’idée de nation est obsolète remplacée par une idéologie transnationale raciale blanche. Le motard Hell’s Angel américain dit « nous aiderons les européens à foutre les arabes dehors ».
            Ce n’est pas du pessimisme, c’est juste de la logique politique ; le populisme est le mouvement anti-élite car anti pensée unique libérale, mais la seule idéologie qu’il peut trouver est une simplification. La gauche simplifiera par une démocratie directe genre 6ème république de Mélenchon où lotocratie de Chouard, et la droite par la race. Les 2 étant sans « idéologie » réelle.
             
            Le populisme n’est pas une idéologie mais un mode de diffusion d’une idéologie, le bas contre le haut, à condition d’en avoir une...


            • Attila Attila 18 septembre 23:58

              @Zaza
              « Le « grand remplacement » inventé par Renaud Camus »
              Avant lui, ce sont les nazis qui ont inventé le « grand remplacement » : le mythe du surhomme, l’eugénisme et les lebensborn devaient produire des cohortes de brutes blondes aryennes qui devaient remplacer petit à petit les populations européennes (ils partaient pour mille ans).
              Sources :
              « Les racines intellectuelles du troisième Reich » de l’historien Georges Mosse,
              « Jeunesse et genèse du nazisme », thèse de doctorat d’histoire de Mme Georgette Mouton.

              .
               


            • Odin Odin 19 septembre 11:18

              @Attila

              « ce sont les nazis qui ont inventé le « grand remplacement » 

              Le grand remplacement a toujours existé.

              Antérieur à 39/45 il y eu « le plan Kalergi » le père de l’U.E. et ce plan est malheureusement toujours d’actualité.


            • Attila Attila 19 septembre 14:39

              @Odin
              Sur le plan Kalergi, j’ai trouvé un point de vue mesuré sur les Moutons Enragés
              .
              «  Le grand remplacement a toujours existé » On peut remonter aussi à l’extermination des Indiens dans ce qui allait devenir les États-Unis d’Amérique.

              .


            • Cyril22 18 septembre 14:33
              le terme « populisme » a pris une signification péjorative, mais au sens strict il s’agit d’un mouvement basé sur les aspirations populaires par rapport à un « despotisme éclairé » que veulent insuffler les élites. Il peut donc y avoir un populisme de gauche, s’éloignant des idéologies universalistes certes éthiquement louables, mais éloignées des réalités de terrain.
              La question de l’identité est un aspect important, la preuve en est que ceux là même qui réfutent celle des pays d’accueil promeuvent au contraire celle des nouveaux arrivants. Racine, souche, tronc commun, tous ces termes arboricoles recouvrent en fait une même réalité, l’attachement aux valeurs et traditions du groupe.

              • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 18 septembre 14:52

                Vaut mieux lire Michea pour comprendre. Pour les amateurs vidéo il y a quelques interventions de lui (rares) sur Youtube .


                • jakem jakem 19 septembre 10:55

                  @Aita Pea Pea

                  « Ce qui commence par Kouchner finit toujours par Macron » : J-C. Michéa, dans son dernier livre.

                  Le Figaro publie un entretien de lui avec Manent ( de droite ) à propos de la modernité.

                • Attila Attila 18 septembre 15:27

                  Après l’effondrement du Parti Communiste, il n’y a plus de mouvement politique qui représente et défend les classe populaires, comme le confirme Christophe Guilluy.
                  Les débris de ce qui reste de la gauche sont tous d’inspiration trosse-kyste. Et traiter de nigauds les ouvriers qui viennent manifester pour défendre leur emploi, est-ce populiste ? Lien.

                  .


                  • malitourne malitourne 18 septembre 22:29

                    @Attila
                    Magnifique le travail de Guilluy. La France perdante de la mondialisation, lui, il l’a saisi par une observation objective géographique. Cette France périphérique qu’il a observé, majoritaire, est bien réelle. La gauche intellectuelle est en retard d’un wagon et ferait bien de le lire afin de réactualiser des idées poussiéreuses.

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