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Populistes, haters, complotistes, unissez-vous, vous êtes étiquetés !

Vous l’avez remarqué, on n’entend plus trop le terme « populiste » sur les plateaux télé. Ça ne veut évidemment pas dire que les médias ont renoncé à dénigrer le bas peuple de France, c’est même leur fonds de commerce : « ‘diviser pour mieux régner ». Mais c’est devenu une activité compliquée car les vieilles ficelles sont désormais trop apparentes pour tromper des français qui perçoivent bien l’artificialité du procédé. Lorsque le terme populiste finit par englober 75% de la population française, il ne divise plus, il réunit et ça devient un problème pour les médias, une faute professionnelle pour certains journalistes, une cause de licenciement. Rappelons-nous que ces mêmes médias appartiennent à une poignée de nantis qui n’ont absolument aucun intérêt à ce qu’un consensus puisse se dégager au sein du peuple de France sur certains sujets qui pourraient avoir un impact direct sur leurs bénéfices, et que les divisions leur permettent de maitriser l’agenda politique en le maintenant au-delà des marges de l’insignifiant. Pour eux, la division, c’est le pouvoir, l’union, c’est la chienlit et la presse est leur outil.

Pour autant, les vieilles habitudes ont la vie dure et l’endogamie ne favorisant pas la créativité, nous assistons en ce moment même à la maturation d’une nouvelle étiquette : « haters », de l’anglais « hate », que l’on pourrait traduire en français par haine. Les « haters » sont les haineux, les rageux comme disent les plus jeunes, mais cette intonation anglaise a son utilité puisqu'elle confère une connotation mondialiste et facilite un usage au-delà des frontières et dans le cyberespace. Le mot a d’ailleurs été taillé sur mesure pour un usage sur les réseaux sociaux, car il ne vise rien de moins, comme le récitait Yann Barthez, relai zélé de la pensée de domination auprès de la jeunesse (le pire étant qu'il ne s'en rend probablement pas compte), qu’à disqualifier ceux qui ne sont jamais d’accord avec rien et qui critiquent tout, méchamment. Et comme les gens n’aiment pas être méchant, sans doute parce qu'on leur montre dans tous les films que ce n’est pas le beau rôle, ils sont sensés changer leurs mauvais comportements. Être un « haters », ce n’est pas bien et ça peut conduire à la mort sociale, en tous cas, c'est le résultat que visent les faiseurs d'opinion. Tous ceux qui émettent des critiques peuvent potentiellement être ostracisés par ce qualificatif taillé sur mesure pour réfuter leurs arguments sans même qu'il soit nécessaire de prêter une quelconque attention au fond.

L'étiquette "hater" est une nouvelle arme de musèlement massif, encore en rodage, dans un arsenal qui n’en est pas dépourvu, puisqu’on y trouve pèle mêle les désormais rebattus « complotistes », « fascistes », « communistes », « nazi », etc. Notons au passage que ce type d’armes a pour premier avantage d’encourager la fainéantise des journalistes puisqu'elle leur évite de débattre avec des personnes frappées de l'indignité que transmettent les étiquettes. De plus, ce type de procédé crée des opportunités fortes utiles dans certaines situation. Un candidat en campagne électorale pourrait courageusement déclarer, par exemple, "on se salit toujours un peut lorsqu'on débat avec les "haters, mais je dois y aller (car je suis quelqu'un de courageux)". Le terme est d'usage assez commode et se prête bien à une multitude de mise en situation. Observons toutefois que toute cette articialité reste au niveau le plus vil de ce dont l'intelligence humaine est capable et son absence de considération pour les dommages collatéraux, surtout envers le bon sens, finit par donner la nausée. 

Si l’objectif est toujours le même, attaquer la forme pour éviter le fond, surtout lorsque le fond est susceptible de remettre en cause les idées qui ont grâce aux yeux de la caste de faiseurs d’opinion, qui est aussi celle des faiseurs de profits, le procédé mérite néanmoins d’être mieux connu car certains pourraient se sentir discrédités lorsqu’ils se voient ainsi étiquetés. Il convient de les rassurer et qu’ils ne renoncent surtout pas à propager leurs idées car comme le dit Machiavel, les mots sont des armes et il serait suicidaire de déserter le champ de bataille des idées. Il serait également puéril de s’imaginer que l’adversaire ne répliquera pas, y compris avec mauvaise fois, aux idées qui le menacent. Donc, ceux qui à force de combattre se trouvent étiquetés de moulte façons sont probablement ceux qui se sont approchés au plus près du Quartier Général de l’adversaire.

Enfin, dans ce combat d’un genre particulier, il faut aussi s’équiper proprement et ne pas hésiter à dégoupiller un « complotiste » à celui qui emploie avec trop de zèle le mot « haters ». Et pourquoi ne pas forger une étiquette sur mesure de « catalogueur, diviseur ». Il faudrait juste l’appliquer à deux trois journalistes unanimement reconnus pour leur servilité, tel que Jean-Michel Aphatie, pour que l’outil puisse générer un sentiment désagréable chez ceux qui s’en voient affublés. Ainsi, osons le dire, Jean-Michel Aphatie est un « catalogueur diviseur » au service d’intérêts qui ne sont pas ceux de la majorité des Français. Pas certain que le terme ait un grand avenir mais en tous cas, il illustre le procédé dont nous, peuple de France, aurions tort de ne pas profiter.

Par ailleurs, même si l’argument n’a aucune chance de percer, puisqu’il est empreint de rationalité et non pas de passion (ne surtout pas se tromper de champs de bataille), la haine est une conséquence, pas une cause ; elle est la conséquence des frustrations, du mépris, de la déconsidération dont font l’objet trop de personnes en France aujourd’hui, y compris de la part des politiques qui sont sensés les représenter. Donc, être un "hater" n'est probablement pas pire que d'être un "populiste". Aujourd'hui, nous sommes de millions de "haters". Haters du monde, unissons-nous.


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13 réactions à cet article    


  • Zaza Zaza 12 janvier 17:48

    Populistes contre POPULICIDES

     

    Et remarquez que dans les colonies les « chances » de Qui-n-aime-pas-les-blonds ne sont pas concernés par les manifs des petits blancs.... A part avent Noël pour faire les courses en cassant les vitrines et le trafic se porte bien avec les bobos de Micron....

     

    Le parti colon de Qui... et le parti colonisateur de Micron sont faits pour s’entendre : le colon a la reconnaissance du ventre pour le colonisateur (lire Machiavel)


    • batmou 12 janvier 18:49

      L’étiquette aujourd’hui, c’est un peu comme la crécelle du lépreux. Ca marche tant que tout le monde n’a pas de crécelle. Après, faut trouver autre chose.


      • mimi45140 12 janvier 19:23

        En 1912 si vous dénonciez,les banques,les médias,le gouvernement en expliquant que les banques vendaient des emprunts à risques d’un pays étranger avec de fortes commissions ( 30%), que le gouvernement favorisait cette pratique pour des raisons géopolitique,que les médias achetés plébiscitaient ses produits, vous étiez surement un complotiste ou un populiste.

        Aujourd’hui vous expliquez juste à votre petit fils comment tonton moreau a perdu toute son épargne en 1917 pour sa retraite car comme beaucoup de petit français il avait placé son argent dans des emprunts Russe aussi fiable que le Franc.

        Peut être que mon petits fils expliquera en 2092 à son petits fils comment son grand père vers 2020 à perdu une grande partie de son épargne ayant placé en assurance vie son épargne sur un fond euros.

        Les guerres, les bulles financières, immobilières et autres ne sont qu’un éternel recommencement.


        • Breton8329 Breton8329 12 janvier 19:38

          @mimi45140 Vous avez raison, ce sentiment d’impuissance est agaçant. Le pire, ce ne sont pas les escrocs qui font ce que leur nature les porte à faire, ce sont tous les idiots utiles qui les soutiennent sans réaliser qu’ils sont les premiers lésés. Mais bon, parmi les constantes de la nature humaine, la stupidité occupe une place de choix. 


        • rogal 12 janvier 21:23

          hater = haineux ou haïsseur

          Excusez-moi d’être français et d’entendre le rester.


          • Alren Alren 13 janvier 11:58

            @rogal

            Comme l’ont prouvé les Pinçon-Charlot après des études prolongées, la haine est le fait des privilégiés pour le peuple, les travailleurs qu’ils parasitent.
            Mais cela a toujours été : le sentiment « noble » n’était-il pas réservé au gentilhomme ? Alors que le « butor » était vilain ?

            Ce qui est remarquable et nouveau dans le mouvement des GJ, c’est la prise de conscience par eux-mêmes et ceux qui les soutiennent de cette haine et ce mépris des parasites sociaux pour eux.
            Haine qui a toujours été renforcée pour les émancipateurs populaires que furent et sont, les enseignants du public.
            Je crois que cette prise de conscience n’existait pas en mai 1968, peut être lors de la Commune en 1871.


          • Alren Alren 13 janvier 12:00

            @Alren

            Je pense que la proximité sonore de « hater » avec le français « hâte » voue le mot frenglish à l’insuccès médiatique.


          • Citoyen de base 12 janvier 21:53

            « Rageux », c’est sympa ; français et créatif !  smiley


            • rogal 13 janvier 06:57

              @Citoyen de base
              Vrai, mais toute haine n’est pas rageuse. Il en est des recuites. Comment dit-on « haine recuite » en anglais ?


            • popov 13 janvier 04:59

              C’est comme les étiquettes « extrême droite », « extrême gauche ». Elles ont été tellement utilisées qu’elles sont usées jusqu’à la corde.

              C’est pour cela qu’on voit apparaître les nouvelles étiquettes « ultra droite », « ultra gauche ».

              Le discours politique est devenu une ratatouille d’« éléments de langage ». Il ne vise pas à convaincre par sa rigueur logique mais à persuader en injectant des images mentales dans la tête des gens. Tout comme la pub.


              • Breton8329 Breton8329 13 janvier 14:03

                @popov Bien vu, l’analogie entre la pub et la politique fait des ravages. Une élection est devenue un placement de produit. Faut lire Bernays, Chomsky et Gustave Le Bon pour mettre des mots sur ce qui se passe aujourd’hui, que tout le monde comprend, mais qui doit être dénoncé.


              • paulau 15 janvier 16:15

                @popov
                Je suis de votre avis.


              • INsoMnia INsoMnia 13 janvier 12:56

                @ Breton8329

                Une « hater » « complotiste » « gueuse » « méchante » et autres... je le revendique ! Je ne suis pas un Jean-Michel Apathie ayant un patronyme prémonitoire !

                − Spéc., PSYCHOL. ,,Qui est caractérisé par l’apathie ou qui en est affecté.`` (Méd. Biol. t. 1 1970).

                ♦ Emploi subst. :
                5. La souplesse du psychisme comme celle des manières ou de la langue s’entretient par la profusion d’une richesse intérieure et par l’adaptation perpétuelle au voisinage. Des idées pauvres et rares sont fatalement des idées raides. Telle est la raideur de l’apathique, qui est souvent un obstiné, celle du primaire ou de l’imbécile, et la raideur passagère du timide que l’offuscation émotive prive momentanément de tout contenu de conscience. MounierTraité du caractère,1946, p. 286.

                Excellent article.

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