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Accueil du site > Tribune Libre > Pour l’anglais, langue de la république française

Pour l’anglais, langue de la république française

Make English Our Official Language !

Nos élites préparent un coup en douce, s'octroient un privilège de plus : ils pouvaient déjà financièrement se permettre d'engager pour leurs enfants d'authentiques nannys, puis inscrivaient leurs enfants dans des écoles dotées de cours d'anglais par des natifs, et pour finir les orientaient vers des filières bilingues français-anglais type classes européennes, à quoi peut-on ajouter, au gré des évènements mondiaux (comme le sacre d'Obama), un weekend à New-York ou à Londres.

Mais à une époque où tout le monde, peu ou prou, parle anglais et lit MacDo dans le texte, cela ne suffisait plus à donner à leurs rejetons un avantage concurrentiel. Voilà donc qu'ils viennent de créer discrètement une nouvelle filière élitiste : l'école maternelle et primaire EN anglais ! Vous pouvez toujours essayer de téléphoner : y a plus de place ! Pauvres et habitants des cités, on peut vous inscrire en liste d'attente, genre pour la rentrée 2028...

L'Essonne, qui possède déjà un lycée international, va ainsi devenir dans la plus grande discrétion un incubateur d'élite ! Heureusement que le Parisien veillait, la vigilance de la presse va faire du bruit, fissurer le silence autour du mur de Babel – ou l'inverse.

L'Académie a involontairement trahi ce complot : « Notre but est de généraliser le bilinguisme en élémentaire et en maternelle à l’ensemble du département. » Pas toute la France, non : seulement ce département, qui va devenir le tuteur des petits NAP (les fameux Neuilly-Auteuil-Passy). Eux seuls pourront devenir PDG d'entreprises du CAC 40, banquiers ou présidents. Pour les autres, il restera l'épanouissement, le bonheur, l'accomplissement, et tous les lots de consolation pour ceux à qui PDG évoque seulement Prends ça Dans la Gueule.

L'égalité républicaine, la vraie, l'égalité des chances, doit passer par l'offre d'un enseignement de même niveau pour chacun des petits Français, qu'ils soient à Paris ou au fond de la cambrousse. Pour cela, une seule solution : faire de l'anglais la langue de la République, officiellement, l'inscrire dans la constitution.

D'ailleurs, qui regarde encore des films en français ? Les petits Français sont les seuls en Europe à regarder encore des dessins animés dans leur langue natale ! Les pays nordiques, eux, enseignent déjà en anglais à l'université, ils ont abandonné sans regrets leur langue dépassée, quand nos intellectuels en sont encore à réclamer du latin et du grec – qui plus est du grec ancien ! Tant qu'on y est, pourquoi pas le bac dans la langue de Rabelais ? « (...)Tu es à Paris, tu as ton precepteur Epistemon, dont l'ung par vives et vocales instructions, l'aultre par louables exemples te peult endoctriner. » Au 21e siècle ! Ou leur faire étudier la poésie médiévale en langue d'oil ? On trouve encore chez nous des pédagogues pour dire qu'imposer l'anglais à de très jeunes enfants c'est faire d'eux des cobayes, c'est leur enlever la possibilité de choisir, en faire des spécialistes à un âge de découverte de la diversité.

Non, soyons sérieux : au 21e siècle, la pédagogie, c'est Facebook à l'école et les smartphones partout. Il faut suivre son temps. Notre président, jeune et transformateur (on ne peut réformer la France, mais il faut la transformer), l'a bien compris, qui a donné le la de la modernisation. Pétitionnons pour qu'il s'attaque à cette injustice nouvelle, une discrimination dès la petite enfance qui trie les enfants entre élite mondialisée et laissés-pour-compte. Que nos écoles passent toutes en anglais, virons les vieux ringards, recrutons des anglophones natifs par milliers – nous attirant au passage la reconnaissance des USA et surtout de la GB, en difficulté économique avec le Brexit. L'exportation de sa langue a toujours été une source de revenus plus importante que le pétrole de la mer du Nord.

Une pétition, oui, mais également des actes. Comme pour l'écologie, chacun d'entre nous peut faire un geste, même modeste : renonçons dès aujourd'hui au français, écrivons à nos administrations en anglais (après tout, c'est le ministère de l'Éducation qui a montré ce courage), adressons-nous en anglais aux commerçants, fini le bonjour-bonsoir à nos voisins, place au hello !

Tex Avery, ce visionnaire le disait déjà : Hello, happy taxpayers !

Mieux encore, inspirons-nous des 3000 Argentins qui ont renoncé au baptême suite au scandale dans l'Église, écrivons au Président que nous renonçons définitivement au français. Si nous sommes suffisamment nombreux, la victoire est au bout ! Make France Great Again !


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111 réactions à cet article    


  • Raymond75 7 septembre 08:34
    L’anglais est de fait LA langue internationale, et donc celle du commerce, de la science et de la technique.C’est aussi la seule langue qui permet aux Européens, notamment les jeunes, de se parler car l’Europe c’est 28 langues !!!

    Tout ce qui favorise la bonne pratique du bilinguisme est donc une très bonne chose, et n’est en rien une démission ou un abaissement de notre culture. Et de nos jours c’est une nécessité tout simplement.

    Et si en plus vous voulez apprendre le breton, le corse, le javanais ou le volapuk, rien ne vous l’interdit.

    • Chourave Joker 7 septembre 08:51

      @Raymond75

      tous les arrivistes sont arrivé aux mêmes conclusions que vous :


    • Krokodilo Krokodilo 7 septembre 09:27

      @Joker Bien vu, j’étais même pas au courant. A l’heure du brexit, l’anglais devient pourtant toujours plus la langue de l’UE (du moins de ses dirigeants et structures communes), toujours plus loin de l’idéal annoncé d’égalité des peuples et des langues, et du compromis théoriquement toujours en vigueur de trois langues de travail, français, anglais, allemand.


    • Fergus Fergus 7 septembre 09:31

      Bonjour, Raymond75

      Bien que très attaché au français, je partage totalement votre commentaire.

      On ne peut pas se lamenter sur la faiblesse de notre influence internationale et condamner - en même temps - les initiatives qui visent, non à affaiblir l’enseignement du français, mais à renforcer les capacités de nos élèves, et futurs professionnels, à échanger avec des étrangers.

      Pour l’anecdote, j’ai accompagné des jeunes footballeurs au Danemark et en Norvège pour participer à des tournois internationaux où étaient inscrites de nombreuses équipes de filles dans les tableaux féminins. Entre les matches, la drague allait bon train, sauf pour nos Français, incapables de s’exprimer en anglais là où les Allemands et les Néerlandais - et même les Italiens ! - se débrouillaient très bien. La chose a eu du bon : nos gamins ont beaucoup plus travaillé leur anglais par la suite. smiley


    • L'Astronome L’Astronome 8 septembre 07:40

       

      @Raymond75
       
      « L’anglais est de fait LA langue internationale, et donc celle du commerce, de la science et de la technique.C’est aussi la seule langue qui permet aux Européens, notamment les jeunes, de se parler car l’Europe c’est 28 langues !!! »
       
      Ou, pour paraphraser François Taillandier, l’anglais est devenu la langue internationale de la connerie
       

    • Doume65 8 septembre 11:03

      @Raymond75

      « Et si en plus vous voulez apprendre le breton, le corse, le javanais ou le volapuk, rien ne vous l’interdit.  »
      Je parle couramment le javanais mais me sens un peu seul.

      @l’auteur
      Merci pour ce billet... au français impeccable.

    • Krokodilo Krokodilo 8 septembre 12:36

      @Doume65 je cale sur l’accord des verbes pronominaux ! Du coup j’approuve sans réserve la proposition récente des deux profs belges de réformer l’accord du participe passé - d’ailleurs approuvée par des pointures comme Pivot et Brighelli, entre autres. L’usage tranchera, comme d’hab, c’est déjà l’erreur la plus fréquente à la radio et à la télé de gens dont le français est pourtant l’outil de travail.


    • Michel078 8 septembre 15:34

      @Krokodilo  
      La proposition de faire de l’anglais la langue de la République est totalement ridicule et irréaliste, d’autant plus que l’anglais va voir son poids géopolitique s’effondrer en Europe suite à sa disparition des institutions européennes en 2019. En effet, l’Irlande a choisi l’irlandais comme langue de communication avec l’UE et Malte le maltais. Seul le Royaume-Uni a choisi l’anglais. Cela signifie que lorsque ce pays sortira de l’UE, l’anglais perdra automatiquement son officialité, et ceci au regard des textes en vigueur (un pays, une langue). Cette disparition est d’autant plus logique que, dans la nouvelle Union européenne qui naîtra le 30 mars 2019, le poids géopolitique de l’anglais sera quasiment nul. Il ne sera plus la langue de communication d’aucun pays et ne sera parlé en tant que langue maternelle que par cinq millions d’habitants (les Irlandais). Il aura ainsi moins de locuteurs de langue maternelle que le hongrois ou le slovaque et a donc vocation à disparaître. Et le français est très bien placé pour reprendre le flambeau. Dans une dépêche de l’AFP publiée dimanche dernier, il est mentionné que 80% des employés de la Commission européenne connaissent déjà le français. Ainsi, la disparition de l’anglais profitera fortement au français, qui deviendra mécaniquement la langue véhiculaire au sein des institutions européennes, et par ricochet celle des Européens, car les trois capitales de l’Europe (Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg) sont francophones et de nombreux pays européens font partie de l’Organisation internationale de la Francophonie ou veulent en faire partie. Voir la jolie carte suivante :

        
      L’enseignement du français va ainsi fortement se développer en Europe et, par ricochet, dans les zones limitrophes de l’Europe. L’anglais, quant à lui, sera définitivement marginalisé en Europe, tant par le retrait du Royaume-Uni de l’UE que par la politique isolationniste de M. Trump.
        
            
      Le français va ainsi acquérir beaucoup plus de prestige, avec toutes les conséquences positives que l’on imagine sur son enseignement et même sur le budget de la France. Car je rappelle que l’hégémonie actuelle de l’anglais en Europe rapporte dix milliards d’euros par an au Royaume-Uni. Voir l’entretien du professeur Grin :
      https://www.letemps.ch/societe/2005/06/22/anglais-mauvaise-solution
       
      Ces dix milliards, ce serait bien que ce soit la France qui les reçoive à l’avenir.
         

    • Alren Alren 8 septembre 19:35

      @Raymond75


      L’usage de l’anglais rapporte des milliards de dollars aux USA et à la GB chaque année.

      Et il faut bien des pigeons pour les leur donner !

    • Chourave Joker 7 septembre 08:46

      Les mêmes familles faisaient apprendre l’Allemand à leurs enfants entre 1939 et 1945... et ce sont leurs ancêtres qui ont appris le Latin pour pouvoir servir de régisseurs aux Romains qui avaient accaparé les meilleures terres et créé de grands domaines agricoles en même temps qu’ils avaient imposé la religion d’état (catholicisme), vecteur d’alphabétisation et diffuseur de connaissances à travers les bibliothèques des abbayes. C’est comme ça qu’est née la langue française ; d’un mélange de Francique germanique, de Latin et très peu de Gaulois (vocabulaire des ou tils agricoles et de travail du bois).


      La langue est un signe qui permet de localiser le pouvoir et sans doute de l’imposer : entre 1870 et 1918, les enfants alsaciens étaient punis s’ils parlaient Français à l’école. 

      Mais ils ne faut pas se tromper de stratégie : ce n’est pas en boycottant l’usage de l’Anglais que l’empire américain perdra son hégémonie et sa puissance. Il n’y a d’ailleurs qu’à laisser les choses se faire : le vers est dans le fruit et c’est de l’intérieur qu’il pourrit, comme l’empire romain. Mais l’échéance est suffisamment proche pour que le contact des langues n’ait pas produit un nouveau sabir. Le Franglais est limité à une classe sociale et à des pratiques professionnelles. Pour le reste, toute langue évolue.

      • Dantès 7 septembre 19:35

        @Joker

        Merci pour ce commentaire lucide ! N’oubliez pas ; toutes les raisons sont bonnes pour arriver à ses fins...

        L’excuse principale de l’Union (anti) Européenne pour l’utilisation universelle de la langue anglaise pour toutes les affaires administratives était la présence du Royaume-Uni dans l’Union. Suite au départ (brexit) elle se rabattait sur l’Irlande, qui lui fait un pied de nez en reprenant sa propre langue originelle, le gallois !

        Mais la langue anglaise reste néanmoins omni-présente...


      • Alren Alren 8 septembre 19:37
        @Dantès

        Parce que la langue anglaise est celle des USA, d’abord et avant tout !

      • bob14 7 septembre 08:47

        Il est intéressant de constater que l’anglais est la langue maternelle parlée dans le plus de pays dans le monde. Le mandarin et l’hindi sont très populaires, mais leur présence demeure cloisonnée dans des zones géographiques précises. L’anglais est disséminé dans plus de 67 pays. Ces pays et leurs cultures utilisent activement l’anglais, et en bonifient la richesse par leurs expressions locales. À cet égard, il est intéressant de constater que l’anglais est la langue qui comporte le plus de mots distincts (approximativement 250 000). L’appropriation de l’anglais par différentes cultures et sa nature très malléable contribuent certainement à la propagation et au rayonnement de cette langue. Ce processus évolutif contribue à faire de l’anglais une langue globale comportant de multiples facettes....


        • Chourave Joker 7 septembre 08:53

          @bob14

          il ne faut pas compter en nombre d’états, mais en nombre de locuteurs !
          au fait, où est passé l’Espagnol dans votre démonstration ?

        • Krokodilo Krokodilo 7 septembre 09:21

          @bob14 Cette histoire du nombre de mots en anglais est un argument aussi fallacieux que sa « facilité », car cela dépend de la conception du dictionnaire, qui peut inclure plus ou moins de mots techniques, de termes propres à certains métiers.En français aussi on peut acheter un dictionnaire de la langue en 10 volumes bien épais, qui incluront le vieux français et n’oublieront pas les termes et expressions des autres pays francophones.


        • Chourave Joker 7 septembre 09:26

          @Krokodilo

          pour en remettre une louche, on peut aussi indiquer que ce n’est pas l’anglais qui est le plus répandu, mais le « globish », un jargon constitué de 500 mots qui suffisent pour effectuer des raids en bourse et dans la brousse.

        • bob14 7 septembre 09:31

          @Joker.....L’anglais a un statut de langue officielle ou de langue spéciale (utilisée dans l’administration / comme langue seconde / comme langue qu’on apprend à l’école) dans 75 pays, pour une population totale de plus de 2 milliards de personnes. 375 millions de personnes parlent l’anglais comme langue première....bonne journée... smiley


        • Fergus Fergus 7 septembre 09:37

          Bonjour, Joker

          Anglais ou globish, peu importe ! le constat évident est que, sur la planète, l’on se débrouille partout avec cette langue, ce qui n’est vrai pour aucune autre langue.

          Dès lors, il faut s’y faire, et ce n’est pas un problème.


        • Chourave Joker 7 septembre 09:41

          @bob14

          ce qui compte, c’est la langue maternellepour le reste, tout s’apprend !

          Tableau complet


        • Chourave Joker 7 septembre 09:48

          @Fergus

          le problème est le même que pour les races : qu’il existe des types humains différents est une évidence, mais prétendre qu’une « race » est supérieure à d’autres est une pensée raciste.

          Or certains commentateurs veulent prouver que l’anglais s’impose grâce à sa « supériorité » alors qu’il ne s’agir que d’un phénomène récurrent dans l’histoire : les empires imposent à leurs colonies la langue des maîtres de l’empire : grec, latin, français, anglais, américain, etc...

          je n’ai rien contre aucune langue ni contre aucun peuple, mon argumentation porte sur les justifications d’un comportement de soumission et de courtisan qui consiste à flatter les puissants pour récolter des miettes.

        • Raymond75 7 septembre 09:50

          @Joker


          Ça tombe bien : en France les deux langues étrangères les plus enseignées sont l’anglais et l’espagnol  smiley

          Enseignées, mais beaucoup plus mal que chez nos voisins.

        • Chourave Joker 7 septembre 09:57

          @Raymond75

          c’est sûr que les Britanniques enseignent mieux l’anglais que nous, et pareil pour l’espagnol en Espagne, surtout dans les familles !

        • Fergus Fergus 7 septembre 10:07

          @ Joker

          « certains commentateurs veulent prouver que l’anglais s’impose grâce à sa « supériorité » »

          C’est très marginal, l’écrasante majorité des personnes non anglophones qui utilisent l’anglais le font pour des raisons pratiques, et même pragmatiques, sans que cela induise une quelconque notion de supériorité.

          En Allemagne, aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves, cela fait belle lurette que l’anglais fait partie intégrante de l’éducation des jeunes, et pourtant les habitants de ces pays sont très fiers de leur culture et de leur langue.


        • Chourave Joker 7 septembre 10:11

          @Fergus

          C’est vrai : les Kirghiz parlent russe...

        • Fergus Fergus 7 septembre 10:14

          Ajoutez à cela que, contrairement aux autres langues européennes - exception faite du Français dans le Sud-Est asiatique - l’anglais est resté présent en Inde ainsi qu’à Hong-Kong et Singapour, deux places commerciales de dimension planétaire. Et un peu partout en Chine, l’on trouve des documents et de la signalétique en anglais. Et pour cause, les Chinois ont toujours été des commerçants avisés et pragmatiques ; dès lors, ils utilisent le vecteur d’échanges qui s’est imposé au fil du 20e siècle : l’anglais.


        • Chourave Joker 7 septembre 10:17

          @Fergus

          dans la Moselle, on garde toujours en réserve un vieux drapeau dans le grenier, ça peut éviter d’avoir à en acheter un neuf à l prochaine occupation...
          au Vietnam, certains habitant étaient très fiers de faire apprendre le français à leurs enfants, puis l’américain... aujourd’hui, je ne sais pas.

        • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 7 septembre 10:30

          @Fergus

          En Allemagne, aux Pays-Bas et dans les pays scandinaves, cela fait belle lurette que l’anglais fait partie intégrante de l’éducation des jeunes, et pourtant les habitants de ces pays sont très fiers de leur culture et de leur langue.

          Fiers au point de se rendre compte du Linguicide du Néerlandais. Cf ce lien.

          Pour le reste je suis d’accord avec vous :  l’Esperanto est bien plus facile à apprendre que l’anglais et devrait en toute logique lui être préféré !

          A titre anecdotique ça m’a bien fait rigoler d’assister lors d’une formation technique aux Pays-Bas à un débat entre 2 néerlandais qui par respect pour les autres participants le faisaient en anglais (qu’ils maîtrisaient bien mieux que moi, je l’avoue avec honte). Et pourtant au bout d’un certain temps ils ont dû basculer sur leur langue maternelle car définitivement c’était plus facile et l’affaire a été résolue en quelques échanges !

          Donc : ok pour le globish pour tous pour se dire WTF ou OMG ou encore IHMO, mais Shakespeare ce n’est pas à la portée de tous et crée beaucoup d’incompréhensions surtout en technique (vous saviez comment s’appelait un dièse en anglais avant que Tweeter ait démocratisé le hashtag ?)

        • Michael Gulaputih Michael Gulaputih 7 septembre 10:32

          @Michael Gulaputih
           

          Oups ! Même mon globish est encore incorrect : IMHO bien sûr...

        • ZEN ZEN 7 septembre 10:34

          @Joker

          En voyage au Vietnam il y a déjà dix ans, j’ai pu constater que le français est en déclin. Seuls quelques anciens dans les grandes villes maîtrisent encore la langue, parfois avec nostalgie.
          Paradoxalement (vu l’histoire récente), les jeunes se mettent frénétiquement à l’anglais et réclament du dollar.. ;

        • Konyl Konyl 7 septembre 10:52

          @Raymond75
          Il faudrait commencer plus tôt mais pourquoi ne le faisons nous pas partout dans les écoles Françaises ?
          Mes enfants ont commencé l’anglais en maternelle, c’est un atout évident.
          Le service public français c’est un peu comme Kodak... « On a tout ce qu’il faut pour cartonner mais on ne fait rien ».


        • Krokodilo Krokodilo 7 septembre 11:17

          @Fergus On nous a donc menti en nous vendant l’UE des peuples, le multilinguisme européen et même les trois langues de travail. Mais bon, on nous ment tellement, un peu plus un peu moins, n’est-ce-pas...


        • Krokodilo Krokodilo 7 septembre 11:24

          @Fergus Fiers oui, mais leur langue décline car n’est plus actualisée quant au vocabulaire nouveau, technique. Elle perd donc progressivement sa capacité à transmettre les connaissances. C’est en fait un débat qui ressurgit de temps en temps chez eux aussi, sauf que nous n’en avons pas les échos vu que le sujet n’intéresse pas nos médias, ou plutôt est carrément boycotté. La question linguistique de l’UE est taboue depuis ses débuts puisque on nous a vendu la chose comme un multilinguisme égalitaire !


        • Krokodilo Krokodilo 7 septembre 11:40

          @Fergus Notion de supériorité non, mais injustice financière et personnelle, oui. GB et USA économisent et gagnent des sommes folles grâce à la prééminence de leur langue (enseignement, livres, et ramifications, un bizness formidable et insoupçonné, autre sujet tabou). De plus, tandis que nous devons consacrer un temps fou à étudier leur langue, eux peuvent se promener ou apprendre autre chose - le chinois mettons -, gardant ainsi un avantage concurrentiel sur nous. Et dans une discussion (genre cadres européens ou d’entreprise) il a été constaté que les natifs parlent davantage, outre qu’on a l’air moins intelligent quand on s’exprime dans une langue qu’on maitrise mal (ce qui est le cas de la plupart des soi-disant bilingues)


        • Fergus Fergus 7 septembre 13:10

          @ Krokodilo

          « leur langue décline car n’est plus actualisée quant au vocabulaire nouveau, technique »

           smiley Même en breton, la langue évolue et prend en compte les innovations techniques.

          Pour ce qui est de l’UE, personnellement cela ne me dérange pas que l’on aille vers une langue de consensus. De toute façon, la cause est perdue d’avance, eu égard à la manière dont l’anglais a essaimé sur la planète depuis la 2e guerre mondiale. L’UE n’est d’ailleurs pas seule en cause : au CIO et à la FIFA également le français a fortement régressé et personne ne s’en émeut.

          C’est toujours mieux que l’esperanto (évoquée plus haut), cette langue artificielle mort-née qui n’aurait été qu’un ersatz inélégant et sans légitimité relativement à une langue historique. Notez d’ailleurs que l’anglais comporte un très fort pourcentage de mots d’origine française. smiley


        • skirlet 7 septembre 14:37

          Vu le nombre de Chinois vivant dans plein d’autres pays que le leur, je doute que l’anglais est le plus répandu comme langue maternelle hors de pays anglophones. Même chose pour l’arabe.
          L’espéranto est une langue vivante, et son grand avantage est de ne pas imposer aux autres une culture qui favorise injustement une catégorie de locuteurs.


        • Fergus Fergus 7 septembre 15:48

          Bonjour, skirlet

          « je doute que l’anglais est le plus répandu comme langue maternelle hors de pays anglophones »

          Personne ne dit le contraire. Mais la question n’est pas dans le nombre des locuteurs, mais dans le nombre des locuteurs qui ont besoin d’échanger dans le cadre de leurs activités professionnelles à l’international. Et là, aucun doute possible, l’anglais est - et de très loin - la langue la plus répandue dans les milieux d’affaires.

          Quant à l’esperanto, ne rêvez pas : il ne s’imposera jamais à la place de l’anglais !


        • Krokodilo Krokodilo 7 septembre 16:26

          @Fergus « Personne » ne s’en émeut ? Ici même dans les commentaires vous avez plusieurs « non-personnes », et dans des associations de défense de la langue française, des centaines d’autres. La majorité des journalistes et la plupart des politiciens s’en tamponnent du moment que la soupe anglophone est bonne et les postes pour se recaser assez nombreux, mais cela ne veut pas dire que tout le monde se moque que le français ne soit plus langue olympique qu’en titre.
          Quant à l’espéranto, vous témoignez surtout de votre méconnaissance du sujet en répétant des clichés - très français d’ailleurs, car nous avons la même attitude impérialiste que les USA ou la GB, c’est notre côté ancienne langue de la diplomatie et ancienne puissance coloniale, en plus modestes,


        • Fergus Fergus 7 septembre 16:43

          @ Krokodilo

          Vous avez raison, « personne » est excessif. Mais en réalité, si peu de monde que les voix des protestataires sont de facto très peu audibles, pour ne pas dire carrément inaudibles.

          Quant à l’espéranto - libre à vous de croire en cette chimère ! -, je vous invite à comparer depuis un demi-siècle la progression de l’anglais dans les échanges internationaux avec celle de l’esperanto. Et là, pour parler trivialement, « il n’y a pas photo » : l’anglais écrase l’esperanto !

          Et je ne suis pas ancré sur « des clichés », ne vous en déplaise, dans la mesure où je fais les mêmes constats que L’enfoiré ci-après, lui que l’on ne peut pourtant pas taxer d’opposant à l’esperanto : il a étudié cette langue artificielle durant des années !

          Ouvrez les yeux : l’esperanto connaîtra le sort du Volapük ! En attendant, il a sans doute encore quelques belles années devant lui comme... jeu de société.


        • Krokodilo Krokodilo 7 septembre 18:24

          @Fergus J’en ai parlé dans plusieurs articles. Voici un lien vers un site chinois en Eo, pas mal pour une langue chimérique...
          Mais l’article porte plutôt sur la pédagogie : on impose l’anglais, càd on fait de nos enfants des spécialistes à l’âge des découvertes, de la diversité des horizons (pourquoi ne pas leur apprendre à prononcer les autres langues européennes par exemple ?), on fait au passage un beau déni de démocratie (qui a choisi de faire de l’anglais la langue de l’UE, dénaturant le projet initial où l’embryon d’armée était bilingue franco-allemand, la 1ere unité), on fait tout pour que ça se produise et on nous dira ensuite « Ah ben ça s’est fait comme ça, c’est naturel » !


        • L'enfoiré L’enfoiré 7 septembre 18:53
          Cher Krokodilo,

           Soyons concret.
           Où est-ce qu’on parle en allemand ?
           Dans les pays et les régions qui ont été occupées par les Allemands pendant les deux guerres.
           Vous avez l’Alsace, nous avons la région de l’est avec Eupen et Malmédy.
           C’est du forcing.....
           Descendons... Dans certaines régions d’Espagne, en Turquie et en Italie vous pouvez vous exprimez en allemand.
           Si dans les hôtels on préfère l’anglais, dans la rue c’est en allemand qu’on vous adresse la parole pour vous faire entrer dans leur magasin.
           Etrange ? Non, normal.
           Pourquoi Zamenhof a essayer de créer cette langue artificielle qui est formée justement de toute les langues européennes ?
          Pour créer un langage de paix ?
          A-t-il réussi ?
          Après la guerre, vient la paix et on reprend les habitudes de langages locaux avec en plus des dialectes.
          Il y a les langues nationales...
          Sont-elles apprises et utilisées dans tout le pays « Belgique ».
          Absolument pas.
          Les médias sont séparés.
          A Bruxelles, La RTBF et la BRT occupent des locaux qui sont côte à côte, mais ne se parlent que du bout des lèvres.
          Pourquoi ?
          Parce l’autre langue est soit trop difficile (le français) ou mal enseignées et utilisant de auteurs anciens comme exemples (en néerlandais) alors que le langage pratique ne fait pas partie du programme de cours et que c’est en flamand que l’on parle à la maison..
          Vous voyez l’enchaînement ?

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