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Accueil du site > Tribune Libre > Pourquoi l’anglais n’est pas une solution pour l’UE

Pourquoi l’anglais n’est pas une solution pour l’UE

Et ce, quelle que soit l'idée que l'on se fait de l'UE, du plus intégrateur (construction d'un grand pays supra-national) au plus souverainiste (coopérations sectorielles entre États).

- Illégitime selon les textes fondateurs. Tous les textes produits par l'UE doivent être dans une ou plusieurs langues européennes.

- Absurde : langue non-européenne depuis le Brexit - et même insulaire auparavant !

- Suicidaire politiquement : langue impérialiste car celle de la puissance dominante du moment, comme l'ont été bien d'autres langues en leur temps : français, espagnol, hollandais, portugais, arabe, latin, chinois, et j'en oublie. Son imposition donne du grain à moudre aux souverainistes et aux nationalistes.

- Difficile, contrairement aux clichés, en tout cas autant que le français, par sa phonétique irrationnelle (accent tonique mobile, variation phonétique des voyelles). Seule sa proximité par les films et séries télés, sa présence envahissante dans certains milieux (pub, mode, médias) et certains métiers donne cette impression de facilité. Il s'agit de familiarité, non de facilité !

- Certains plaident la LFE ou ELF (english as a lingua franca) : impossible à définir, à enseigner. Plus qu'un sabir, moins qu'une langue, ce n'est qu'un mythe propagé par les partisans de l'anglais langue internationale pour éviter la critique d'impérialisme linguistique. Si on le leur demande, les apprenants eux-mêmes disent vouloir étudier l'anglais, et non l'ELF, l'anglais d'aéroport, le « kitchen english », le globish ou le « broken english » - sont pas fous, eux !

- Nuisible à l'apprentissage du français à l'école primaire : la GB a un plus fort taux de dyslexie que nous, et les petits Anglais apprennent à lire un peu plus tard au primaire (ils mettent environ trois ans pour lire de façon fluide, pour un an et demi aux Français - mais rattrapent ensuite, of course) à cause des difficultés phonétiques de leur langue. Et c'est à cette langue difficile qu'on veut initier nos enfants à un âge où ils débutent en français, et malgré les baisses de niveau constatées, y compris parmi les étudiants du supérieur, voire leurs professeurs !

- Nuisible au français et à toutes les autres langues : le but, récemment avoué en France dans le rapport Blanquer, d'amener chaque citoyen à un niveau proche du natif comme dans les pays nordiques, ne pourra être atteint qu'à un coût très élevé (multiplication des profs au primaire, voire à la maternelle, stages), et au prix du déclin du français, en influence et en substance (les Suédois et les Norvégiens n'actualisent plus leur vocabulaire scientifique et technique, appauvrissant leur langue et la rendant progressivement inapte à la transmission des connaissances.)

- Renforcement de l'UE comme vassal des USA. Leur langue, leur armée, leur chef ! (L'OTAN, seule armée européenne à ce jour, ne peut être mise en œuvre que par les USA)

- Déséquilibre économique au profit de la GB et des USA (cf. le rapport Grin, commandé par l'Éduc. Nat.) : profs natifs, séjours linguistiques pour les profs et les élèves, livres, traductions, bizness de Hollywood privilégié, influence politique, diplomatique puis commerciale des USA (lutte d'influence à l'étranger), une manne immense – et un sujet tabou...

Il y a tant d'inconvénients qu'on se demande comment on peut persister aveuglément dans cette voie !

Soyons honnêtes, listons aussi les avantages : ? Mais aussi ? Et enfin ?! Ah si, un constat d'échec du plurilinguisme tel que jusqu'à présent conçu par l'UE, et la reconnaissance des avantages d'une langue de communication entre citoyens européens ou mondiaux.

Alors, quid du future ? Heu... du futur ! Quelles options ?

On peut certes faire plus compliqué : choisir l'hébreu, par exemple, langue sans voyelle, ou l'arabe littéral, le chinois, des langues non-européennes dans des alphabets que nous ignorons, voire les hiéroglyphes du temps des pharaons ! Blague à part, diverses possibilités bien de chez nous s'offrent toujours à l'UE.

1. Première option : privilégier la traduction ! Et l'interprétariat.

C'était déjà l'idée première de l'UE, qui a malheureusement servi à camoufler la progression de l'anglais, à grand renfort de citations culturelles. « La langue de l'Europe, c'est la traduction » dixit Umberto Eco. L'UE, pragmatique, avait rapidement décidé d'un compromis : trois langues de travail - allemand, français, anglais, soit le couple fondateur plus l'anglais – mais ce fut pour dériver vers le tout-anglais (hors juridique).

Il ne s'agirait pas de quelques langues de travail mais d'une égalité totale des langues nationales de l'Union (pour les langues régionales, chaque pays ferait à sa façon), avec un développement massif de la traduction.

Reprenons l'exemple de partis ou de médias transeuropéens : leurs programmes ou articles seraient traduits dans chaque langue cible.

Les sondages d'Eurobaromètre l'ont montré depuis longtemps : LES GENS PRÉFÈRENT LIRE OU ÉCOUTER DES INFOS DANS LEUR PROPRE LANGUE !

Cette solution, multipliant les traducteurs, n'est pas plus coûteuse que le tout-anglais, IL S'AGIT SIMPLEMENT D'UN TRANSFERT DE CHARGES. L'école primaire cesserait ainsi de spécialiser les enfants en anglais, au profit d'une initiation linguistique non spécialisée au CM2, plus simple et moins coûteuse.

En basculant de l'anglais à la traduction, le flux financier dû aux langues, plutôt que converger vers la GB et les USA, serait réparti dans les divers pays européens, chacun formant ses propres traducteurs et créant des emplois chez lui plutôt que d'importer massivement des « native english » et de payer des stages et séjours en GB.

Cette solution serait progressive et ne bouleverserait personne. Les domaines qui utilisent largement l'anglais pourraient continuer de travailler comme avant : finance, ingénierie et sciences (d'autant que dans ce dernier domaine, la dérive anglophone est relativement récente et manque d'enthousiasme)

2. Choisir une langue européenne

- De préférence, une langue dont la phonétique soit régulière : l'italien (malgré l'accent tonique mobile), ou l'espagnol, le polonais aussi, dit-on.

- L'espéranto, langue construite d'origine latin-grec-germanique-slave, conçue pour être totalement régulière (un son = une lettre, accent tonique fixe) et grammaticalement simple. Européen par son vocabulaire, international par sa grammaire (dérivation, agglutination).

- Le latin a quelques fervents défenseurs – qui s'opposent à la définition des dictionnaires en faisant une langue morte, au motif qu'il est parlé au Vatican par quelques personnes... Mais il n'existe pas de natifs, pas de production pour enfants, donc langue morte, sinon même les hiéroglyphes ou l'écriture maya seraient des langues vivantes car « parlées » par certains professionnels !

3. Une combinaison de ces solutions, qui ne s'excluent pas mutuellement.

- Traduction + usage d'une langue européenne différente selon les activités. Un exemple au hasard : français dans la police, allemand dans le rail et le commerce, italien dans le portuaire, espagnol dans la douane, grec dans le tourisme ! etc. Pas facile à négocier... mais possible, équitable et original.

- Traduction + espéranto + anglais, cela nous semble la meilleure solution, la plus simple et la plus équitable : traduction pour les textes européens, les médias et les partis transnationaux, espéranto comme langue de communication entre les gens (d'autant qu'il est déjà international), et anglais dans ses domaines de prédilection.

Alia mondo eblas (un autre monde est possible), encore faut-il le vouloir...

La question des langues est politique et non pédagogique. Le mur de Babel existe pour tous et transcende les systèmes politiques. L'Humanité n'a connu que l'hégémonie linguistique de la puissance dominante, c'est-à-dire l'impérialisme linguistique, souvent accompagné de sabirs dans les grands ports commerciaux. Et celui-ci a un coût considérable dans l'UE pour les pays non-anglophones.

À l'heure de la mondialisation, du rétrécissement de notre monde, il ne tient qu'à nous d'essayer un système de communication plus juste et plus rationnel. Il paraît qu'il faut manger local, alors parlons européen ! Que l'UE soit un précurseur plutôt qu'un dominion états-unien !

(Nota : l'illustration « Liberecon por la mondo  » est un graphisme en espéranto, en façade d'un immeuble de Bialystok, par Maciej Szupica, un artiste polonais.)


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38 réactions à cet article    


  • NEMO NEMO 19 novembre 10:03

    Une autre solution : le langage des signes utilisé par les sords-muets et leurs interlocuteurs.

    Les chimpanzés ont adopté cette solution pour les débats avec les humains, et ça marche. Enfin... pour bavarder ça va, mais les humains refusent daller dans les zoos et dans les laboratoires des chimpanzés, alors les chimpanzés ont renoncé à un dialogue stérile.


    • skirlet 19 novembre 10:13

      @NEMO
      Avec tout mon respect et tout ça, la solution que vous proposez n’est pas adaptée à l’écriture et aux conversations par téléphone ou quand il fait nuit...


    • NEMO NEMO 19 novembre 11:31

      @skirlet

      damned !

      en plus, elle n’est pas non plus adaptée à la surdité intellectuelle qui caractérise les autiste parlementaires

      y a quèque chose qui cloche là-d’dans
      j’retourne immédiatement


    • vesjem vesjem 19 novembre 11:45

      l’anglais est plus difficile à apprendre pour les francophones

      1. parce qu’il se situe dans des fréquences (vibrations) moyennes très différentes du français
      2. parce que le français est beaucoup plus riche en mots et expressions que toutes les autres langues, à cause de sa longue tradition et de son histoire littéraire
      3. ne pas oublier que la moitié des mots anglais sont d’origine française

      • JL JL 19 novembre 11:58

        @vesjem
         
        ’’ le français est beaucoup plus riche en mots et expressions que toutes les autres langues

        ’’
         
        C’est faux. Donnez vous seulement la peine de lire ça
         
         Vous y apprendrez entre autres, que l’anglais caracole en tête pour le nombre de mots.
         
        « 200 000 mots recensés dans l’Oxford English Dictionary, dont 171 476 mots en usage et 47 156 mots obsolètes.

        le Larousse recense quelques 59 000 mots, Le Littré, lui, compte 132 000 mots actifs, soit près de trois fois plus »
         
         Désolé, ça ne me réjouit pas plus que vous. Ceci dit, l’anglais a besoin de redondance, puisque beaucoup plus pauvre en nuances dans la construction.


      • skirlet 19 novembre 12:29

        Cette histoire de fréquences n’a aucun fond scientifique et sert uniquement à faire vendre un appareil sensé soi-disant aider à apprendre les langues.
        Le français n’est point plus riche que les autres langues affirmation totalement gratuite qui nourrit le faux cliché sur les Français « arrogants » (j’admets que certains Français le sont, comme dans n’importe quel peuple). Sinon je ne demande que les preuves de ce que vous avancez.
        En ce qui concerne l’anglais qui a plus de mots que le français c’est également faux, parce que les dictionnaires français et anglais ne sont pas faits sur le même principe. Les dictionnaires anglais sont une espèce de fourre-tout : les mots étrangers (utilisés dans les anciennes colonies), noms propres, vocabulaire technique et spécialisé etc., ce qui n’est pas le cas des dictionnaires français.


      • JL JL 19 novembre 12:32

        @skirlet
         
        merci de cette précision.


      • skirlet 19 novembre 12:35

        @JL
        De rien smiley Cette affirmation sur la soi-disant richesse de l’anglais m’intriguait depuis longtemps, et un jour j’ai fait des recherches sur le sujet.


      • Charles Martel Charles Martel 19 novembre 13:15

        @vesjem
        L’anglais possède plus de mots, le français est plus riche justement parce que les nuances ne sont pas exprimées par le mot mais par la phrase, le ton, le contexte.
        Ce n’est pas our rien que le français était la langue diplomatique.

        L’anglais est la langue business : simple, efficace et itemisée.


      • skirlet 19 novembre 15:30

        @Charles Martel
        En effet, ce n’est pas pour rien que le français était la langue diplomatique

        un concours de circonstances et le fait qu’à l’époque, la France était une grande puissance. Je précise que son statut de la langue diplomatique n’a jamais fait l’objet d’une convention écrite. Cependant, il ne faut point attribuer cet usage aux qualités « supérieures » du français... J’ai l’impression qu’en France, il y a une forte dissonance cognitive au sujet de la langue. D’un côté, l’influence des Dauzat, Frollo et Rivarol qui attribuaient au français les qualités uniques, inégalées et inégalables ; de l’autre l’autoflagellation du genre « le français est nul, ringard, il ne vaut pas une rognure d’ongle de l’anglais qui, lui, est moderne, magnifique etc. etc., sinon le français n’aurait pas perdu sa position d’antan ». Les deux approches sont fausses. Le français, avec toutes ses qualités, n’est pas supérieur aux autres langues, mais il n’est ni nul ni ringard. Comme le dit fort justement la sagesse populaire, il faut raison garder aussi bien dans la fierté que dans l’humilité excessive.


      • Alren Alren 19 novembre 19:00

        @JL

        Quand on parle de la langue française, on parle des mots utilisés de nos jours.
        Quand on parle de la langue anglaise, on recense des mots qui ne sont plus utilisés depuis longtemps.

        Le français moderne contient plus de mots que l’anglais moderne.
        Les anglophones confondent échalote et oignon, baleine et cachalot, pingouin et manchot, entre autres exemples. Pas les francophones.


      • Alren Alren 19 novembre 19:10

        @skirlet

        Le français a été utilisé comme langue diplomatique parce que c’était une langue importante. Mais l’italien et l’espagnol l’étaient aussi autrefois.

        Si elle a été utilisée comme langue de consensus c’est parce qu’elle exprimait plus précisément les accords entre les parties, que l’on ne pouvait interpréter de manière différente les textes.
        Cela était sans doute dû à la fréquence plus grande en France qu’ailleurs et dès le Moyen-âge, des écrits procéduriers où l’expression est figée.

        Il nous en reste ce langage des notaires pas toujours compréhensible du public mais ayant un sens suffisamment précis pour limiter les procès d’interprétation. 


      • vesjem vesjem 19 novembre 22:49

        @skirlet
        sur AV, quelqu’un avait fait un article sur les fréquences relatives des langues ; thèse à l’appui


      • skirlet 20 novembre 01:22

        @Alren
        Oui, on répète tout le temps que le français est plus précis que les autres, mais je veux les preuves que les autres langues par exemple, l’espagnol ou l’italien sont moins précises. Un contre-exemple : l’espagnol est plus précis avec ses « donde » et « adonde », tandis qu’en français il n’y a que « où ».


      • skirlet 20 novembre 01:29

        @vesjem
        Lien svp. Il y a quelques années, j’ai fait pas mal de recherches au sujet de ces fameuses fréquences, qui n’ont rien à voir avec le terme de la physique. À chaque fois, elles étaient en rapport avec l’appareil « améliorant » l’oreille. De plus, cette camelote se vend dans d’autres pays, et voici un détail intéressant : en français, il y avait des graphiques pseudo-savants qui montraient les fréquences étroites du français et à côté, à titre de comparaison les fréquences de l’anglais (plus larges) et du russe (bien plus larges). En russe, point de graphiques montrant cette prétendue supériorité de ladite langue... Normal, sinon le public russophone se dira : on est déjà doués, pas la peine d’acheter l’appareil miracle smiley Bref, un truc attrape-nigaud.


      • vesjem vesjem 21 novembre 22:59

        @skirlet
        parfois, on se croit sûr de soi ; ton explication est très simplifiée
        j’ai la flegme de chercher le lien ; sache qu’il y en a plusieurs ; sur le net, en 2 clics...


      • JC_Lavau JC_Lavau 21 novembre 23:10

        @vesjem : « j’ai la flegme ». A retenir !


      • skirlet 22 novembre 00:14

        @vesjem
        Je ne me souviens pas qu’on se tutoyait...
        Pour ma part, j’ai déjà écrit à ce sujet, sur Agoravox y compris, et j’ai la « flegme » de chercher et perdre mon temps (j’en ai déjà suffisamment perdu à l’époque) pour parler de cette imposture scientifique. Petite piste de réflexion pour vous-même :
        réviser les notions de physique en ce qui concerne les sons, relire la définition des fréquences ;
        se poser la question : où ce cachent ces fameuses « fréquences » dans une langue phonèmes, intonations, voix des locuteurs ?
        regarder les phonèmes des diverses langues : définition, transcription API
        ne point oublier que les intonations et les voix varient certes un peu mais se ressemblent beaucoup d’une langue à l’autre
        réfléchir sur le bien-fondé des postulats du pr. A.T.
        si vous êtes suffisamment motivé, étudiez en détail l’anatomie et la physiologie du cerveau et de l’oreille interne et relever les différences (s’il y en a) entre les différents peuples.

        Voilà, vous avez de quoi faire, car il ne faut pas oublier : le cerveau, c’est comme un muscle, il faut le faire travailler afin de le fortifier.


      • vesjem vesjem 22 novembre 10:56

        @skirlet
        l’anonymat permet le tutoiement, de même qu’on peut se passer du bonjour ;
        pour le fond, tu as l’air sûr de toi ; et moi, je n’en suis pas sûr ; alors quand je lis plusieurs articles ou commentaires (sur AV) qui m’informent que les fréquences moyennes des langues détermine la difficulté de conversion de l’une à l’autre (avec thèses à l’appui), çà me parle ;
        de même quand eva joly écrit un bouquin en français plutôt qu’en norvégien, parce qu’elle ne trouverait pas les mots précis équivalents dans sa langue maternelle (trop pauvre), je la crois
        maintenant, si tu me dis que ce sont des foutaises (les fréquences), et que tu sembles être féru, il faut que tu répondes à 2 questions :

        1. pourquoi un français a plus de mal à apprendre et s’exprimer en anglais qu’un allemand ?
        2. pourquoi si peu d’anglais parlent français, voire d’autres langues ?


      • skirlet 23 novembre 00:49

        @vesjem
        L’anonymat donne en effet cette possibilité, mais ce n’est pas une obligation. Je ne suis pas contre en général, mais pas avec tout le monde.

        quand je lis plusieurs articles ou commentaires (sur AV) qui m’informent que les fréquences moyennes des langues détermine la difficulté de conversion de l’une à l’autre (avec thèses à l’appui), çà me parle

        Faire travailler le cerveau lui fait du bien, et en plus, ça évite de croire à tout et n’importe quoi. Ce n’est pas parce que plusieurs personnes répètent quelque chose que c’est forcément vrai. Z’avez lu ce que j’ai indiqué ? Z’avez essayé à réfléchir sur les choses dont j’ai parlé ?

        de même quand eva joly écrit un bouquin en français plutôt qu’en norvégien, parce qu’elle ne trouverait pas les mots précis équivalents dans sa langue maternelle (trop pauvre), je la crois

        Où qu’elle a dit ça ? Et n’évoquez pas la « flegme », faites une effort. De toute façon, je ne vois pas le rapport entre les supposées « fréquences » et les mots disponibles ou non, faut pas tout mélanger.

        En ce qui concerne ces questions : faut tout vous mâcher ? Bon, d’accord.

        pourquoi un français a plus de mal à apprendre et s’exprimer en anglais qu’un allemand ?

        Déjà, ça dépend du Français et de l’Allemand. Ensuite, l’anglais est une langue germanique, tout comme l’allemand, donc c’est plus facile. Ensuite, en Allemagne l’anglais est encore plus obligatoire qu’en France. Ensuite, j’ai vu plein de touristes allemands qui n’arrivaient pas à lier deux mots en anglais.

        pourquoi si peu d’anglais parlent français, voire d’autres langues ?

        Pourtant, en suivant cette fameuse théorie des « fréquences », les Anglais sont censés être plus doués que les Français smiley La réponse est simple : plus le domaine de la langue maternelle est grand, moins on a envie d’étudier d’autres langues. Et en plus, les élèves britanniques ne sont pas obligés de les apprendre... "En 2004, le gouvernement a mis fin aux langues étrangères obligatoires au niveau du GCSE. Une langue reste (en principe) enseignée entre 7 et 14 ans, mais elle est désormais une option pour l’examen de fin de collège.

        ... Le tiers des écoles britanniques affirment que le Brexit a accentué l’opinion négative sur les langues étrangères. une grande partie de la jeune génération britannique est en train de grandir sans aucune notion de langue étrangère." Et puis, il n’apprennent même pas la grammaire de leur propre langue... Aux EUA c’est encore pire.

        Tout ça, ce n’est pas un secret, encore faut-il chercher, se documenter, se tenir au courant...


      • Sergio Sergio 19 novembre 13:41

        Quel paradoxe, l’anglais, langue européenne, dans une Europe de Brexit ...


        • Emohtaryp Emohtaryp 19 novembre 14:08

          @Sergio

          Un paradoxe pour ceux qui ne savent pas encore que l’ue est une co-création de Washington afin d’agglomérer la vieille Europe dans un piège à con pour ainsi « neutraliser et piller » des potentiels opposants à l’impérialisme anglo-saxons....( dont la France et les pays du sud en particulier...)


        • Sergio Sergio 19 novembre 14:16

          @Emohtaryp

          Et quel paradoxe que Macron évoque une armée européenne afin de se protéger des chinois, des russes .... et des américains. Le piège à cons est omnipotent je vous l’accorde, c’est surtout celui de la finance, je suis d’accord.


        • samy Levrai samy Levrai 19 novembre 14:27

          @Sergio
          c’est de l’américain et non de l’anglais, quand tu connais l’origine de l’UE et qui la domine tu n’es pas surpris , ca n’a rien de paradoxale bien au contraire.


        • Sergio Sergio 19 novembre 16:55

          Samy

          Du coup, l’armée européenne serait le prolongement inavoué de l’OTAN ?


        • Emohtaryp Emohtaryp 19 novembre 17:05

          @Sergio

          C’est une Arlésienne, du vent, de la brume, ça fait trente ans qu’on entend la même rengaine.....on est totalement dépendant de Washington donc de l’otan concernant le militaire... En sortir est la seule solution, en même temps que l’ue et l’euro.... ...


        • samy Levrai samy Levrai 19 novembre 23:32

          @Sergio
          on a déjà eu l’euro corp...placé sous l’autorité de l’OTAN... et surtout l’article 42 du TUE qui subordonne la France aux decisions de l’OTAN...
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Corps_de_r%C3%A9action_rapide_europ%C3%A9en


        • Emohtaryp Emohtaryp 19 novembre 14:01

          Non seulement l’Anglais n’est pas une solution mais l’UE/euro n’en sont pas plus une.....plutôt même le VRAI PROBLÈME ! De toute façon, l’ue est déjà morte, comme une sorte de canard sans tête qui continue sur sa lancée....


          • zzz'z zzz’z 19 novembre 15:06

            L’UE n’est pas, non plus, une solution pour l’anglais.


            • aimable 19 novembre 17:17

              pour régler le problème de la langue officielle de l’UE , je propose la langue officielle parlée en wallonie , en plus c’est une belle langue , alors pourquoi s’en priver .  smiley


              • Tall Tall 19 novembre 17:20

                Les dirigeants européens ont depuis longtemps une langue commune : la langue de bois.


                • dr.jambon-beurre dr.jambon-beurre 20 novembre 03:12

                  Le monde est en train de devenir multipolaire par l’intermédiaire de grands pays ou de blocs de pays ayant des intérêts communs.

                  L’UE est un échec cuisant et l’on s’est aperçu que des pays voisins peuvent être opposés sur beaucoup de sujets (FR/DE par ex). L’élément géographique est trop peu décisif pour former un tout cohérent.

                  Nous sommes bien plus proches des Italiens, des Espagnols, des Brésiliens, des Argentins, des Québécois que n’importe quel autre peuple car nous avons une langue proche. Et une langue, selon les linguistes, est une vision du monde propre à elle, à ses mots et ses règles. Elle véhicule une pensée, un art de vivre...

                  Si les fadas de la supranationalité ne sont toujours pas calmés après l’UE, ils pourront toujours se rabattre sur une union latine qui elle aurait beaucoup plus de sens que ce gloubi-boulga européen dont les peuples ne veulent plus. Et pourquoi pas inventer un néo-latin facile et régulier, appris aisément par les enfants après une bonne maîtrise de leurs langues maternelles respectives.

                  C’est dingue ! Le français mais surtout l’espagnol sont les 2 langues latines de niveaux mondial, le portugais est un outsider et est lié au développement du brésil, ce pays gigantesque. Et il faudrait que l’on parle anglais entre nous ! Nous avons un potentiel énorme qui ne demande qu’à s’épanouir.

                  Sérieusement, pour le commerce, toujours parler la langue de son client, c’est bien plus respectueux et plus efficace. Mais cela demande de la formation en amont, et il faudrait ouvrir tout un tas de classes différentes. Trop de travail, prenons l’anglais et mettons nous à la remorque. En FR, il me paraîtrait logique que l’on apprenne le néerlandais près des frontières nord, l’allemand au nord-est, l’italien au sud-est, l’espagnol au sud-ouest et l’anglais au nord-ouest. Une fois les rudiments de cette langue maîtrisé, on pourrait se diriger vers une LV2 ou tout un choix de langues plus « exotiques » pourraient être enseignées comme l’hindi, le russe, le mandarin, le japonais... Cela montrerait notre ouverture et notre respect des autres pays.

                  Avec le tout anglais on se tire une balle dans le pied, essayer de le faire comprendre aux bobos qui foutent leurs rejetons dans des classes internationales, qui n’ont d’international que le nom car l’on y apprend exclusivement l’américain !

                  Français avant tout, latin d’histoire et de culture, ouvert sur monde par curiosité.


                  • skirlet 20 novembre 14:34

                    @dr.jambon-beurre
                    Je suis d’accord avec vous presque sur tout smiley Récemment j’ai vu les Espagnols et les Français essayer de se faire comprendre en anglais, c’est assez pénible.

                    J’ai quand même quelques remarques.
                    Oui, parler dans la langue du client est primordial, mais obliger plusieurs personnes à apprendre le néerlandais comme on dit chez nous, pas la peine d’aller voir une voyante extralucide pour prédire l’échec de cette pratique. En Belgique, les gens rechignent à apprendre le néerlandais, bien que c’est une langue officielle du pays ! Et avec les rudiments d’une langue, il n’est pas évident de commercer... Chaque langue représente un gros travail d’apprentissage (j’en sais quelque chose, j’en ai étudié plusieurs), et le nier ne sert à rien. Entre parenthèses, c’est marrant que le russe est classé dans les langues « exotiques » comme le hindi, le chinois (c’est comme ça que les Chinois appellent leur langue nationale) e tutti quanti (comme le disent les Italiens).

                    Alors que faire, pour ne pas (re)tomber dans l’anglais unique ? Je vous recommande la lecture de ces articles du même auteur :

                    Pour une réforme de l’enseignement des langues en faveur d’une vraie diversité linguistique



                    Comment améliorer l’enseignement des langues vivantes ?


                  • dr.jambon-beurre dr.jambon-beurre 20 novembre 22:59

                    @skirlet
                    j’ai vu les Espagnols et les Français essayer de se faire comprendre en anglais

                    Idem, j’utilise l’anglais pour tous mes tchats avec des correspondants latins, c’est très frustrant car en discutant avec eux on s’aperçoit vite de la proximité culturelle qu’il y a entre eux et nous. Et de toute façon, une fois sur deux, on en revient toujours à l’art de vivre et à la bonne chère. De plus ils subissent comme nous l’ultra libéralisme anglo-saxon qui ne leur correspond pas du tout et sont, du moins en amérique, plutôt anti-yankees, bien plus qu’en Europe.

                    mais obliger plusieurs personnes à apprendre le néerlandais

                    Ce n’est pas une langue très sexy je vous l’accorde mais ne serait-ce pas déjà le cas actuellement ? On m’a obligé à apprendre une LV1 dès le CM2, l’allemand en l’occurrence, je n’avais pas le choix, la proximité de l’Allemagne certainement. Je la maîtrise très mal mais je connais les rudiments pour demander mon chemin dans une ville qui me serait inconnue et commander un repas, c’est un petit plus indéniable.

                    Chaque langue représente un gros travail d’apprentissage

                    Si vous voulez la pratiquer parfaitement, en effet, c’est un long travail pour en saisir toutes les subtilités mais il ne me semble pas nécessaire de rendre toute la population parfaitement bilingue.

                    c’est marrant que le russe est classé dans les langues « exotiques » comme le hindi, le chinois

                    Dans toute ma vie scolaire, je n’ai eu que 3 choix possibles : anglais/allemand au collège et espagnol en plus au lycée. Toutes les autres langues me paraissent donc « exotiques » bien qu’elles ne le devraient pas.

                    Concernant la défense des langues j’apprécie beaucoup le travail de l’AFRAV que vous devez certainement déjà connaître. 


                  • skirlet 21 novembre 16:33

                    @dr.jambon-beurre
                    Idem, j’utilise l’anglais pour tous mes tchats avec des correspondants latins, c’est très frustrant

                    Et pourtant, à une époque (assez récente) on prônait « l’intercompréhension passive » entre les locuteurs des langues du même groupe... Je n’ai jamais étudié l’espagnol dans ma scolarité, et toute seule j’avais commencé plusieurs fois (parce que c’est une chouette langue smiley , mais ça ne suffit pas comme motivation) et j’ai abandonné, et pourtant, avec mon italien (que j’ai étudié jusqu’à pouvoir lire les polars presque sans dictionnaire) et mon français (que j’ai étudié jusqu’à un bon niveau) j’arrive à comprendre pas mal de textes écrits... Donc je pense que c’est accessible.

                    Ce n’est pas une langue très sexy je vous l’accorde mais ne serait-ce pas déjà le cas actuellement ?

                    Ben, je ne suis pas compétente pour savoir si une langue est « sexy » (il me semble que l’anglais ne l’est pas plus), mais pour l’allemand il y a une « raison » économique : pays assez puissant, couple franco-allemand (on revient au sexe smiley ), nombre de locuteurs etc., tandis que ces raisons ne tiennent pas pour le néerlandais, langue de petite diffusion qui n’offre pas beaucoup de débouchées, vu que toute la population est mise à l’anglais dès le bas âge.
                    Et comme toujours, la question du choix se pose... Le « choix » qui est loin d’être libre.

                    Si vous voulez la pratiquer parfaitement, en effet, c’est un long travail pour en saisir toutes les subtilités mais il ne me semble pas nécessaire de rendre toute la population parfaitement bilingue.

                    Cent fois d’accord au sujet de la population bilingue nul besoin de ça. J’évoquais indirectement le slogan de l’UE « chaque citoyen doit parler trois langues ». De toute façon, même la langue maternelle n’est jamais pratiquée parfaitement, et saisir toutes les nuances est tout bonnement impossible... Toutefois, pour arriver à un niveau « opérationnel », il faut beaucoup de temps et de travail : ça ne suffit pas de poser une question dans une langue étrangère, il faut aussi pouvoir comprendre la réponse.
                    Je pense qu’une initiation large à plusieurs langues et alphabets (basique, juste un aperçu) en primaire est bien mieux qu’une spécialisation précoce.

                    Toutes les autres langues me paraissent donc « exotiques » bien qu’elles ne le devraient pas.

                    Pas l’italien, j’espère ? smiley Je plaisante, mais le fait que les Russes sont « exotiques » aux yeux de plusieurs Occidentaux est réel.

                    Concernant la défense des langues j’apprécie beaucoup le travail de l’AFRAV que vous devez certainement déjà connaître. 

                    Oui, en effet, je connais AFRAV et j’apprécie son travail, dommage que la résistance des « élites » et leur action en faveur de l’anglais est si grande...


                  • dr.jambon-beurre dr.jambon-beurre 22 novembre 23:03

                    @skirlet
                    Et pourtant, à une époque (assez récente) on prônait « l’intercompréhension passive » 

                    Pour avoir essayé, ce n’est pas évident du tout. A part pour le catalan écrit qui est vraiment très proche du français et où je m’étais surpris à comprendre en grande partie certains articles wikipedia sans grand effort.

                    je ne suis pas compétente pour savoir si une langue est « sexy » 

                    Je suis resté trop vague, mais j’entendais par là principalement sa sonorité qui avec le suisse allemand sont de vrais repoussoirs pour une oreille latine. Certains Romands ont une expression, assez méchante d’ailleurs, qui dit que le schwyzerdütch n’est pas une langue mais une maladie de la gorge. C’est un peu extrême mais on voit l’idée.

                    couple franco-allemand

                    Qui n’existe qu’en France, demandez à un Allemand ce qu’il en pense, il ne saura même pas ce que c’est. Mais on nous bassine avec ça depuis tellement longtemps que s’en est devenu une vérité.

                    pour le néerlandais, langue de petite diffusion qui n’offre pas beaucoup de débouchées, vu que toute la population est mise à l’anglais dès le bas âge

                    Bien d’accord, passer au tout anglais s’est se tirer une balle dans le pied. Les autres ne croient plus en votre langue si vous même vous n’y croyez pas.

                    même la langue maternelle n’est jamais pratiquée parfaitement

                    On a un peu tendance à l’oublier, et le français de certains pique vraiment les yeux et les oreilles après tant d’années passées sur les bancs d’écoles, à croire qu’il y a une stratégie volontaire pour niveler vers le bas. Quand je regarde le niveaux des élèves à l’époque des hussards noirs je me dit qu’il y a 100 ans nos méthodes étaient bien plus efficace. Et elles pourraient très certainement être adaptée au contexte actuel.



                  • JC_Lavau JC_Lavau 22 novembre 23:29

                    @dr.jambon-beurre : « le schwyzerdütch n’est pas une langue mais une maladie de la gorge ». Un journaliste motard parlait là d’un dialecte antidérapant.


                  • skirlet 23 novembre 01:02

                    @dr.jambon-beurre
                    Pour avoir essayé, ce n’est pas évident du tout.

                    Ben, ça va à peu près, je trouve. Moi, je comprends mieux l’espagnol que le catalan, aussi bien à l’écoute que par écrit...

                    j’entendais par là principalement sa sonorité qui avec le suisse allemand sont de vrais repoussoirs pour une oreille latine

                    Question de goût... Je n’ai pas l’oreille latine, mais je ne raffole pas de ces sonorités. Pourtant, j’ai connu un gars qui adorait le son de l’allemand... Il le trouvait doux et agréable.

                    Qui n’existe qu’en France, demandez à un Allemand ce qu’il en pense, il ne saura même pas ce que c’est. Mais on nous bassine avec ça depuis tellement longtemps que s’en est devenu une vérité.

                    Une chimère de plus... Comme l’illusion de certains que si la France soutient l’anglais, le RU soutiendra le français. Je me demande encore comment une telle idée a pu naître dans le cerveau de certains...

                    Les autres ne croient plus en votre langue si vous même vous n’y croyez pas.

                    C’est vrai, mais on entend souvent qu’il faut propager la culture française en anglais, ça la rendrait plus « accessible » smiley

                    à croire qu’il y a une stratégie volontaire pour niveler vers le bas


                    En tout cas, semi-volontaire, c’est certain. Une fois j’ai consulté le manuel de français pour l’école élémentaire édition 1911 c’est dense et bien fourni. Les manuels actuels sont « ludiques » mais très aérés, beaucoup de dessins et peu d’informations.

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