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Pourquoi l’homme est mû par un instinct animal intelligent et un libre-arbitre pensant et pensé ? Pré-programmé et finitude de l’existence ?

 

 « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux ! Que Dieu comble de bénédictions Notre Seigneur Mohammed, sa famille, ses compagnons, et qu'il leur accorde le salut ! Tu m'as demandé, frère au cœur pur, (que Dieu t'accorde la vie éternelle et la félicité sans fin !), de te révéler ce que je pourrais des secrets de la Philosophie orientale communiqués par le Cheikh, le Prince [des philosophes], Abou Ali ben Sina (Avicenne). Sache-le bien : « celui qui veut la vérité pure doit chercher ces secrets et travailler à en obtenir [la connaissance] ». Or la demande que tu m'as adressée m'a inspiré une noble ardeur, qui m'a conduit (Dieu en soit loué !), à la perception d'un état dont je n'avais pas eu conscience auparavant, et m'a transporté à un terme si reculé, que la langue ne saurait le décrire, ni les ressources du discours en rendre compte ; car il est d'une autre espèce et appartient à un autre monde. Le seul rapport qu'il a au langage c'est que, par suite de la joie, du contentement, de la volupté qu'inspire cet état, celui qui y est arrivé, qui est parvenu à l'un de ses degrés, ne peut se taire à son sujet et en cacher le secret : il est saisi d'une émotion, d'une allégresse, d'une exubérance et d'une gaieté qui le portent à communiquer le secret de cet état en gros et d'une façon indistincte. Alors, si c'est un homme à qui manque la culture scientifique, il en parle sans discernement. L'un, par exemple, est allé jusqu'à dire, à propos de cet état : « Louange à moi ! Combien ma position est élevée ! » (*) ; tel autre : « Je suis la Vérité ! » ; tel autre enfin : « Celui qui est sous ces vêtements- n'est autre que Dieu ! » Quant au Cheikh Abou Hamid (al-Ghazali), il a fait à cet état, lorsqu'il y fut parvenu, l'application du vers suivant : « Ce qu'il est, je ne saurais le dire. » Penses-en du « bien et ne demande pas d'en rien apprendre. » Mais c'était un esprit affiné par l'éducation littéraire et fortifié par la culture scientifique. Considère aussi les paroles d'Abou Bekr ben es-Saigh (Ibn Badja) qui font suite à ce qu'il dit au sujet de la description de la conjonction (l'intellect humain avec l'intellect divin) : « Lorsque, dit-il, on est arrivé à comprendre le sens « caché » de sa doctrine, alors on voit clairement qu'aucune connaissance des sciences ordinaires « ne peut être au même rang que lui. « L'intelligence de ce sens caché » est donnée dans une condition où « l'on se voit séparé de tout ce qui précède », avec des « convictions nouvelles qui n'ont rien de matériel », trop « nobles » pour être rapportées à la vie physique, états « propres aux bienheureux », affranchis de la composition « inhérente à la vie naturelle, lignes d'être appelés des « états divins accordés par Dieu à qui il lui plait d'entre « ses serviteurs. » Cette condition que désigne Abou Bekr, on y arrive par la voie de la science spéculative et de la méditation. Pour lui, il y est parvenu, sans nul doute, et n'a point manqué ce [but]. » (1)

 Arrêtons-nous dans ce préambule de l’ouvrage qu’Ibn Tofaïl a écrit au XIIe siècle après J.C. ou, dans le calendrier musulman, au VIe siècle hégirien. Ces lignes ne nous interrogent-ils pas sur notre existence ? Qui sommes-nous en fin de compte ? Quel est le sens de notre existence ? A plus forte raison, aujourd’hui ? Le monde s’est accéléré par la nouvelle trajectoire qu’a prise l’existence moderne. Un monde différencié. L’Occident a pris une trajectoire, le reste du monde aussi. L’islamisme, une doctrine qui est en train de bouleverser l’équilibre géostratégique mondial. Et enfin, les croyances et les incroyances tranchent avec ce qui a prévalu avec le passé. Pourquoi cette accélération de l’histoire de l’humanité ?
 

  1. La double rationalité de l’homme dans l’existence

 
 La première réponse qui s’impose est de dire que rien n’est créé au hasard dans un monde qu’on connait, en réalité, si peu. Et que tout ce qui se produit tant en bien qu’en mal est un processus naturel de l’évolution de l’humanité. C’est dans un certain sens ce qu’énonce Ibn Tofaïl quand il cherche à parler ce qu’apporte la philosophie orientale à l’homme. « Tu m'as demandé, frère au cœur pur, (que Dieu t'accorde la vie éternelle et la félicité sans fin !), de te révéler ce que je pourrais des secrets de la Philosophie orientale communiqués par le Cheikh, le Prince [des philosophes], Abou Ali ben Sina (Avicenne). » (1)

 Ibn Tofaïl parle de philosophie pour révéler des secrets cachés. Mais, on peut se poser la question : « Qu’est-ce que la « philosophie » ? A un ami, j’ai donné cette réponse : « la philosophie est avant tout un art d’être, un art de vivre, un art d’être soi. Ce n’est pas tant le mot philosophie qui retient l’attention, ou les philosophes par eux-mêmes qui communiquent avec nous, ou que nous voudrions les lire, c’est surtout nous qui devenons, à notre corps défendant, objet de ce sens philosophique qui n’est finalement que notre quête de soi, dans le sens « Qui sommes-nous ? Et la question du « Qui sommes-nous revient sans cesse ? », et on n’est jamais satisfait de la « Philosophie ». On repose à la philosophie toujours la même question, et une question qui n’est pas audible, parce qu’elle se pose au plus profond de notre être. S’il n’y avait pas cette question qui se poserait souvent dans le cours de nos existences, « qu’est-ce que nous sommes ?, la « philosophie » n’aurait « raison d’être ». »

 Par cet énoncé, la philosophie nous apparaît en fin de compte une recherche de soi, et tout être humain qui médite sur sa destinée use de philosophie. Et ce faisant, notre esprit est occupé à la compréhension à travers sa méditation à sa propre compréhension. Parce que souvent, on ne se sait pas, et on s’arrête un moment quand on sait ou que l’on entrevoit que l’on va savoir. Et surtout savoir c’est plus fort que soi, nous sommes des « êtres-pour-savoir ». Et, sans le savoir, on n’est pas. Et c’est notre esprit ou notre âme, sans que l’on sache ce qu’ils sont exactement, qui nous commande de penser cette pensée.

 Ceci nous dit que tel est notre destinée. Une destinée que les hommes n’ont pas choisie, et qui s’est imposée à eux. Et la philosophie est ce désir de connaître à la fois son origine et l’univers dont fait partie la nature humaine. Dès lors, la philosophie est une donnée pour chaque être pour peu qu’il cherche à se savoir. C’est la raison pour laquelle elle se définit comme un art d’être, d’exister, et de concilier les contraires propres en chaque homme. Dans le sens qu’il est malheureux ou heureux, qu’il apprend à exister dans le bien comme dans le mal, qu’il apprend à transcender les maux de l’existence. Par exemple, le mal, la maladie, la mort, une existence terne ou brillante, pauvre ou riche, l’essentiel est d’être, d’accepter sa destinée. Parce que tout est relatif. Malheur qui s’abat, ou qu’une joie qui arrive, prendre ce qui est comme un processus naturel relève d’une force de l’âme, elle-même tributaire de sa « philosophie d’exister ». C’est-à-dire de prendre avec philosophie sa vie.

 Evidemment, dans ce sentiment d’exister, les concepts philosophiques n’ont pas le même sens que « ceux qu’on enseigne dans les écoles et universités qui sont plutôt méthodiques, cartésiens faits pour être enseignés ». Ces concepts ont un autre sens. Ils se définissent plus dans ce qu’on pourrait appeler la « philosophie rationnelle, existentielle », ou encore ce qui est en elle, la « métaphysique » peut aussi être définie de « rationnelle ». Pourquoi ? Parce que tout est rationnel dans notre existence ! L’irrationnel fait aussi partie du rationnel. Tout est réel dans l’homme, comme la réalité, c’est-à-dire ce qui nous entoure est réel. L’homme est un être de raison, et cette qualité est fondamentale dans la compréhension de notre existence. Elle nous permet de comprendre et se comprendre dans le mouvement de notre pensée qui gouverne notre existence.

 Aussi, partons de ce qu’a dit Ibn Tofaïl sur les secrets de la philosophie du Prince des philosophes, Abou Ali ben Sina. Tout d’abord sur la réalité du monde, et de l’univers. Cette définition du monde est exprimée par la vision que ces grands philosophes ont du monde. Et la pensée insuffle cette réalité du monde à l’homme. C’est par leurs pensées et le long questionnement sur la réalité du monde qu’ils sont arrivés à conclure que le monde est « Un » et dû à « Un » et relève d’une « Cause Première, d’une Intelligence Première, d’un Être Nécessaire ». Et tous les philosophes qui ont précédé Aristote, Platon, Parménide, Protagoras… ou qui ont suivi après, Schopenhauer, Hegel, Nietzsche, Jaspers, Sartre… ont chacun apporté une « vision » de l’homme et du monde. Ils ont donc contribué à l’enrichissement intellectuel de l’humanité qui en avait besoin pour « exister ».

 Mais ce sont surtout les religions révélées qui ont éveillé la conscience de l’humanité. Hébreux d’abord, Chrétiens ensuite et Musulmans se sont succédés dans l’histoire de la conscience humaine. Et si ces religions sont toutes nées dans le « Croissant fertile », c’est qu’il y avait un sens dans la Parole Divine d’autant plus que les trois religions prennent chacune des autres, et des autres de chacune. Le message divin est absolument rationnel. Dans l’Islam, par exemple, on trouve la « Révélation » et les « prophètes » de ceux qui sont venus avant son avènement.

 Il y a quelque chose de miraculeux dans la Création divine du monde et de l’humanité. Tout est rationnel dans le développement historique de l’homme. Tout est fait pour que l’homme, l’être humain, s’oriente dans la Création du monde. On a ce sentiment que les êtres humains crées ne sont pas seuls, qu’il y a une Force Invisible qui fait que leur existence a une base solide, a une rationalité objective, et qui réponde à la finalité de leur existence. Ce sont donc des êtres humains créés « de-raison-et-pour-raison », et surtout ils sont des « êtres-pour-savoir ». Donc il y a une double rationalité dans l’existence humaine.
 

  1. La « Loi fondamentale de l’existence » ?

 
 Cependant, cette approche est-elle suffisante pour se sentir être, pour justifier notre existence ? Nous sommes des êtres crées par une Puissance Divine dont nous ne savons rien sinon que nous relevons du Créateur des Mondes, du Dieu Tout Puissant. Une « Vérité » que l’on croit ou non ne changera rien ni au Principe de la Création ni à la Création du Monde elle-même. En d’autres termes, nous existons, et peu importe comment nous appréhendons notre existence.

 Des hommes peuvent penser que l’existence n’est en fait qu’une illusion, et libre à eux de penser ce qu’ils veulent. Mais le fait est là, nous n’existons que par cette Essence divine qui est en nous. Et le monde entier relève de cette Essence.

 Dès lors que notre existence est décrétée comme telle, nous n’existons et n’agissons que selon la « Loi Fondamentale » que le Créateur des Mondes a mis en nous. C’est-à-dire des « êtres-de-raison-pour-raison et des êtres-pour-savoir » qui signifient que l’humanité a un double but et signifient aussi que nous existons par une « Nécessité » dont nous ne savons rien, que nous sommes et c’est tout. Et nous ne pouvons que supputer le sens de notre destinée en regard d’une vision métaphysique rationnelle de notre histoire.

 Le premier élément que nous pouvons tirer de notre sens d’exister, et pourquoi exister est de définir l’humanité dans son essence. Ce qui est fondamental si on veut comprendre le sens de son existence terrestre dans l’immensité sans fin qui l’entoure. Et que représente cette immensité sans fin pour elle, et l’humanité pour l’immensité sans fin ? Non pas parce que nous appréhendons certaines dimensions de l’immensité que nous conceptualisons « soleil, Voie lactée, étoiles, galaxies, etc. », que nous pensons que nous en avons connaissance. Intrinsèquement, ces termes qui ont certes un sens et un corps dans notre définition ne sont pas suffisants pour nous situer dans cet univers infini du monde. Le monde ici n’est pas pris comme le monde terrestre ou un autre monde, mais les mondes possibles dans le monde. Et donc l’univers infini du monde devient une « immensité » qui ne peut être conceptualisé par les mots. Et le fait est que l’homme, l’être humain, est impuissant à en dire ce que c’est, et à comprendre ce « même pourquoi leur existence ».

 Dès lors, devant cette impuissance de comprendre cet univers, nous sommes alors confrontés à cette double réalité que nous sommes des êtres humains qui n’ont de réalité sur notre existence et sur le monde que ce que la « Loi Fondamentale » a mis en nous.

 Le deuxième élément, est que Nous existons certes, nous activons certes pour notre devenir, nous pensons certes, nous agissons certes pour être, nous sommes dotés d’un libre-arbitre certes, nous pouvons croire comme nous pouvons ne pas croire parce que le Créateur a inscrit ce libre-arbitre dans la Loi Fondamentale, et par conséquent nous sommes libre d’agir dans le bien comme dans le mal, dès lors que toutes ces facultés nous sont octroyés « pour être » signifie aussi que nous ne sommes pas libre dans ce être même si nous sommes dotés de ce libre-être. Et le plus fondamental, doit-on dire, que la réalité intérieure et extérieure à notre être que nous témoignons relève-t-elle de notre vision propre ? Ou n’est-elle que ce que nous sommes en tant que régi par la « Loi Fondamentale » ? C’est-à-dire que nous sommes humains, nous existons et témoignons de cette existence par le fait que nous avons été conçu pour être cet « être-là », cette « présence-là » et aussi « pour cette présence-là », différente par cette conscience de « cet être-là, de cette présence-là », et des autres présences et donc nonobstant l’immensité-là.

 Si l’humain est cette présence-là, qui lui est différente (par son essence) de ce qui l’entoure, par cet être en lui qui pense, dès lors peut-il se suffire de son humanité ? Ou autrement dit, l’humain qu’il est est-il suffisant pour se caractériser dans l’immensité de l’existant ? Et celle-ci, cette immensité-là, est-elle suffisamment caractérisée par cet être-là, l’humain ? Ou plus encore, cette immensité-là est-elle suffisamment caractérisée « pour cet humain-là » ? Donc il y a une relation de cause à effet, et d’effet avec la cause. C’est à ces questions que l’homme tend aujourd’hui à comprendre pour se comprendre. Le monde a beaucoup avancé, la science ne cesse de se développer, et l’humanité aussi. Et l’homme ne fait que balbutier, et sa science n’est encore que commençante… Et le chemin est long, très long, et constitue l’élément le plus long de son existant…
 

  1. Croyance et Incroyance dans l’Existence ? « Connaissons-nous réellement ? » 

 

 Dès lors, cette limitation-là explique tous les tourments que l’humanité ait vécus depuis sa venue sur terre. Et explique aussi les stades historiques successifs qui l’ont progressivement constitué et qui ne sont jamais terminés. Et au sein desquels un progrès humain est manifestement une réalité, et en constant développement. Ce qui constitue l’envers de la médaille des dures épreuves subies par l’homme.

 Dans cette flèche du temps humain, on ne peut que penser que forcément il y a un sens, non pas comme les êtres-là le pensent, parce qu’ils ne pensent que selon la « Loi Fondamentale  », mais la « Loi Fondamentale, Elle-même » démontre si besoin qu’Elle n’est pas figée, qu’Elle est ouverte à tous les possibles et surtout qu’Elle est à la hauteur de cet Infini-Monde. Elle le démontre par les sauts quantitatifs et qualitatifs que l’homme fait dans les temps de l’histoire. Aussi posons-nous la question : « Connaissons-nous vraiment ? Réellement ?  » Est-il suffisant ce concept d’humanité ? Sommes-nous définis suffisamment dans cette marche ancienne et surtout nouvelle du temps ? Eu égard aux enjeux qui divisent le monde !

 Pour la compréhension de notre humanité, de notre humain, prenons un être de la Création, par exemple un moustique. Tout le monde sait qu’un moustique se nourrit de sang, et la plupart des êtres humains ont été piqués par un moustique, suceur de sang. Vous dormez, par exemple, et vous êtes piqué par un moustique. Vous avez mal, la piqûre vous brûle la peau, et vous savez que c’est un moustique. Vous la cherchez et elle est là, juste au-dessus de vous, accolé au mur. Si vous êtes expérimenté, vous prenez un objet plat, un journal ou plutôt une serviette, et vous vous rapprochez doucement et, brusquement la plaquiez sur elle. Vous l’écrasez, et elle est morte. Vous prenez du papier toilette humide et essuyez votre sang et des restes du moustique du mur, et vous nettoyez votre serviette dans la salle de bain. Et si c’est le seul moustique dans votre chambre, vous allez vous rendormir en paix.

 Prenons le cas où vous ratiez votre coup, et le moustique échappe, et vous lui couriez après de mur en mur, de mur au plafond… ? Un combat commence. Si vous êtes motivé, vous le chercherez, si vous êtes trop fatigué, vous abandonnez et de nouveau vous êtes dans votre lit. Et si, dans le premier cas, vous ne réussissez pas à l’avoir, le moustique est libre de recommencer à vous piquer. Donc, dans les deux cas, vous devez donc supporter les piqûres.

 Analysons le comportement du moustique. Pourquoi il pique ? Il est évident que cet être est conçu ainsi, pour piquer l’homme, et pas seulement l’homme. Pour se nourrir, il a une infime pointe qui est en fait une minuscule trompe grâce à laquelle il aspire du sang. De plus, il est intelligent, il s’échappe quand vous vous rapprochez de lui. Et il revient toujours à la charge parce qu’il a besoin de se nourrir. Et il choisit même les moments où il n’y a pas de danger pour lui. Quand le moustique sent une agression, il se cache et attend le moment propice. Mais une question se pose. Le moustique est-il réellement agressif ? Son agression, n’est-elle pas simplement un instinct pour vivre ? S’il ne piquait pas, et sans sang pour son métabolisme, il ne pourrait pas vivre et donc, il ne pourrait exister. A-t-il une foi, une croyance ? Il n’en a pas ? C’est un être animal qui est de sensibilité et de mobilité purement instinctive. Un être pour ainsi dire « programmée  ». Mais cette sensibilité et cette mobilité instinctive qui est aussi intelligente lui permet le plus souvent d’échapper aux agressions par exemple de l’homme, et donc de se multiplier et d’exister. Et même l’Homme n’est pas agressif vis-à-vis du moustique. Il se défend simplement parce qu’il lui fait mal, de plus, il perturbe son logis, et l’homme cherche l’ordre dans son chez soi.

 Le moustique n’a pas de croyance, il existe par l’instinct de conservation, et lui aussi fait partie de la « Loi Fondamentale » du Créateur. Parlons maintenant de l’homme. A-t-il une foi ? Une croyance ? Comme chaque humain sait, tout homme a une croyance, a une foi en quelque chose, en quelque divinité, et cela depuis la nuit des temps. Si l’homme est réellement humain, c’est qu’il pense, et il pense à ce qu’il le rattache à son milieu, à son existence. Et cette pensée humaine subit un développement historique. Plus le temps et l’Histoire avance, plus l’être humain apprend et plus il se développe et devient de plus en plus fort dans son humanité. Mais l’être humain ne signifie pas qu’il est au-dessus de tout ce qui existe, il peut certes l’être par la pensée et par le mode de vie qu’il se construit. Mais il demeure néanmoins assujetti par son côté animal, lui aussi fait ce que fait le moustique pour se nourrir, pour vivre mais autrement. Par exemple, il a besoin d’abattre des animaux pour se nourrir comme le moustique qui suce le sang. Donc un destin animal commun tant à l’animal qu’à l’humain.

 Dès lors que nous avons ce destin commun, cela signifie que nous sommes dotés d’instincts que l’on ne peut réprimer. Et d’instincts nécessaires pour exister. Nous aussi faisons tout ce qu’il faut pour échapper à une agression, et c’est une défense instinctive. Et si on se défend, on peut aussi offenser, parce que cela fait partir de notre nature humaine. Ce qui signifie que l’homme peut aussi avoir des instincts pas seulement pour se défendre mais aussi pour agresser. Et c’est une différence fondamentale entre l’animal en général et l’être humain. Si l’animal dans son existence est mû par un instinct intelligent, donc une pensée animale instinctive, l’homme est mû à la fois par un instinct animal intelligent dont il ne peut se départir et une autre force que n’a pas l’animal, c’est le « libre-arbitre pensant » qui l’oriente dans son existence.
 

  1. L’homme lui aussi est pré-programmé mais « son pré-programme est ouvert à tous les possibles

 

 Et c’est précisément ce libre-arbitre pensant et pensé – l’homme pense parce qu’il se sent penser et sait aussi, il est conscient, qu’il pense – qui lui donne ce pouvoir, par l’essence qui est en lui et qu’on appelle « pensée », et par laquelle l’homme peut s’interroger sur son existence. Et cette interrogation fatalement le confronte à l’existence du monde, et par conséquent à penser son être dans cet être-monde-là. Heidegger dira cet « Etant ». Car il n’y a pas de différence entre cet être-là et cet être-monde qui se manifeste à lui dans toute son immensité. Et ce point est fondamental.

Cette pensée sur l’animal, on peut dire qu’elle est judicieuse et non judicieuse pour la simple raison qu’il y a pertinence et non pertinence. Il faut se reposer la question : « « Pourquoi ce qui se passe dans la pensée de l’animal non humain serait-il différent par nature de ce qui se passe dans la pensée de l’animal humain ? Alors que nous sommes (au moins pour les mammifères, oiseaux et reptiles) construits sur le même schéma, y compris pour ce qui concerne le « cerveau ». Et le dire en toute honnêteté en raison de la pertinence de la pensée sur cette question.

Au plan de la pensée qu’elle soit humaine ou animale, l’animal humain pense exactement, du moins à ce qu’elle paraît à nous, la même pensée que celle de l’animal non humain, et cela nous est témoigné par les réactions de l’animal envers l’animal humain. Par exemple, vous appelez votre chien et s’il est bien dressé, il vient aussitôt vers vous. Ce qui signifie qu’il pense une pensée animale comparable à la pensée humaine. Sauf que l’on ne sait pas le mécanisme qui se joue en l’animal entre les organes de vision et d’audition, son cerveau et sa réaction. Sa réaction est-elle secrétée ou « ordonnée » par son cerveau ou son cerveau n’est comme le sont les yeux et ses oreilles qu’un organe en lien avec l’Essence qui le fait exister », qui lui donne ce « pouvoir de vivre ». Car en fait la vie, que ce soit pour l’être humain ou l’animal est ce « pouvoir de vivre » qui ne leur appartient pas, il est de l’Essence absolue dont personne ne peut savoir l’essence. Pour paraphraser, les humains qui construisent une voiture, un avion, ceux-ci peuvent-ils témoigner que c’est l’homme qui les a construits ? Il est évident que non. De même, un robot doté d’un logiciel et qui fait une ou des fonctions peut-il savoir qui l’a construit ?

Donc, dans l’absolu, on ne sait rien, puisque la pensée est une faculté métaphysique qui nous est donnée, et nous ne savons rien de son essence. Elle est le pilier de la Loi Fondamentale de l’existence. Sans pensée nous n’existons pas.

D’ailleurs lorsque nous nous rapprochons de notre mort, la pensée commence à faiblir en nous, jusqu’à ce qu’elle nous quitte pour rejeter notre corps dans le néant d’où nous sommes sorti. Et dans la réalité, ce n’est pas la pensée qui faiblit, mais notre cerveau qui vieillit, comme le sont nos organes de vision, d’audition, de locomotion, etc.

Ceci étant, les humains comme les mammifères ou autres animaux (oiseaux, reptiles, poissons, moustiques, etc.) sont construits sur le même schéma, y compris pour ce qui concerne le cerveau. Et pourquoi ce qui se passe dans la pensée de l’animal non humain serait-il différent par nature de ce qui se passe dans la pensée de l’animal humain ? » La différence porte comment les différents êtres vivants sont construits.

Et la réponse de chacun des êtres vivant saute même aux yeux. L’animal (oiseaux, reptiles, etc.) pense instinctivement, il raisonne instinctivement. Il attaque en pensant intelligemment, il fuit du danger en pensant intelligemment, mais toute son existence pensée et intelligente relève d’une existence instinctive, automatique. Dans le sens d’un réflexe inconscient, involontaire, pré-programmé.

L’homme fait à peu près ce que fait l’animal puisqu’il est lui aussi est biologiquement un animal, sauf que son intelligence est ouverte, sa pensée est réfléchie, il est doté d’une raison, il est aussi créateur. Et c’est la raison pour laquelle l’homme domine la Terre, du moins aux limites qui lui sont données par la Loi Fondamentale de l’existence.

D’autre part, nous sommes limités dans le temps de la vie. Nous naissons, nous grandissons, nous faisons ce qu’il nous a été donné de faire dans notre existence, selon la destinée de chaque être. Pour la plupart des êtres humains, compte tenu des progrès de la nutrition, de la médecine, ils arrivent à vivre voire même dépassent 60 ans. Cependant, rares sont ceux qui dépassent 90 ans, et encore moins 100 ans. Et puis, un âge très avancé affecte fortement l’être humain.

Dès lors peut-on se poser la question : « L’être humain est-il pré-programmé ? » Ne serait-ce que par ce laps de temps d’existence qui dure moins de 100 ans, pour 99,999999… % de tous les êtres humains qui ont vécu et vivent aujourd’hui et probablement vivront demain, force de dire qu’il est pré-programmé sauf que « son pré-programme est ouvert à tous les possibles, grâce précisément à cette pensée réfléchie, cette pensée créatrice en lui, mise en lui, avec cependant une limitation dont il n’est pas conscient ».

D'autre part, dans la fougue de la vie, à défaut de prendre conscience, il oublie la finitude de l'existence. A ce propos, Heidegger, dans ses cours et conférences, Heidegger écrit : « Notre chemin part de la vie facticielle à partir de laquelle on conquiert le sens du temps. ... L'« angoisse » renvoie le Dasein à sa nudité et à sa « finitude  », débarrassé de sécurités illusoires qui l'entourent, vers son être le plus propre. » Mais on ne peut s’empêcher de dire que son être le plus propre reste toujours lui-même et que sa facticité qui le pare lui est nécessaire et l’aide à oublier sa finitude. Dans le sens qu’il a une volonté de vivre, condition essentielle pour être sinon il n’est pas, et ne peut être ce qu’il doit être.
 

  1. L’être humain dans le double combat entre sa croyance et son incroyance

 

Il faut aussi dire que l’être humain existe dans une immensité qui n’est immensité que par ce qu’il définit de lui-même, et ce lui-même est sa pensée qui le définit en tant que lui-même et n’est lui-même que ce qu’elle lui témoigne en immensité de son existant. Et c’est le lien intrinsèque, indissociable entre lui et ce qui l’entoure. On peut même dire qu’il est l’Homme par quoi le monde Est. Et c’est voulu ainsi, par l’Essence même de l’Existence, de la Création.

 Dès lors toute croyance et incroyance ne sont que les deux faces de la même médaille qui est d’être, d’exister. Un être humain n’est humain que parce qu’il libre, et s’il est réellement libre, il peut croire comme il peut ne pas croire. Il peut avoir la foi comme il peut ne pas avoir la foi, et quelle que soit la foi qu’il embrasse. Donc la croyance et l’incroyance est un trait caractéristique humain. C’est un peu comme si un homme peut dire que le lait est blanc comme il peut dire que le lait n’est pas blanc, qu’il a une autre couleur. Par contradiction, il peut refuser une réalité réelle. Un Blanc est blanc, peut aussi être un autre blanc, mais cependant n’est pas noir. Car si cela eut été ainsi et qu’il n’y a eu que des blancs et pas des blancs noirs, et qu’il y ait eu qu’une seule foi dans l’humanité, et donc une seule religion, chrétienne juive, islamique ou autre, et tous êtres humains seraient soient chrétiens ou autres, pourra-t-on parler de religion ? Il est évident que non. Ou tous les êtres humains seraient blancs ? Pourrait-on parler de race blanche ? Ou une seule race noire pour toute l’humanité ? Ou tous les êtres humains seraient très intelligents ? Ou tous les êtres humains seraient européens ?

Il est évident que l’existence perdrait son sens. Une telle existence serait impossible, l’être humain aurait alors perdu tous sens de la « réalité de sa réalité ».

 Sur un autre plan, pour comprendre la nature humaine et le libre-arbitre, argumentons par un exemple concret. Un homme peut commettre un vol ou un crime et dire que je ne l’ai pas commis. Et il peut croire dur comme fer qu’il ne l’a pas commis – surtout s’il a une double personnalité. Et il le pense réellement. Ou encore s’il ne le pense pas réellement, et il est conscient qu’il l’a commis, mais devant le tribunal qui le juge, pour ce qu’il a commis (par son libre arbitre), ce refus de reconnaître devient un instinct de défense, dicté par son libre arbitre.

 Un autre exemple. Les Talibans en leur temps, en Afghanistan, ou les islamistes de l’EI en Irak et en en Syrie qui flagellent les femmes qui ne portent pas le niqab ou qui n’envoient pas leurs enfants dans une école religieuse ou les hommes qu’il leur est interdit de se tailler la barbe, par exemple, ou qu’ils leurs interdisent les pots-de-vin, donc pas de favoritisme alors que les postes de commandement de ces islamistes ne sont octroyés qu’à leurs fidèles proches, et c’est donc du favoritisme. Et qu’ils perpètrent des génocides (des centaines d’hommes sont assassinés) au sein des tribus irakiennes ou syriennes qui se révoltent à leur diktat. N’est-ce pas qu’ils le commettent dans la croyance et la foi qu’ils ont ? Qu'ils croient qu’ils sont dans le vrai alors qu’ils sont dans le faux.

 Pour ces talibans, ou les islamistes de l’EI, qu’ils tuent, qu’ils décapitent, ils n’en ont pas conscience qu’ils font du mal, qu’ils commettent des monstruosités. Ou même s’ils ont en conscience, cela ne changera rien. Alors que c’est un mal à l’état nu. Ces hommes n’ont plus rien d’humain et pourtant ce sont des humains. Et cette foi dans l’Islam qui est déviée par leur libre-arbitre, parce qu’ils veulent croire qu’ils sont dans le vrai. En réalité, ils savent très bien qu’au fond d’eux-mêmes qu’ils sont dans le faux, mais ils ont pris une trajectoire qui les poussent à ne plus reculer sinon à se renier. Et justement le libre-arbitre, combien même il leur a été octroyé libre par l’Essence, demeure qu’il est punissable d’abord par l’« Essence » avant de l’être par l’homme. Parce que l’Essence est Maîtresse de la Création. Et si on voit qu’il est « punissable d’abord par l’homme », et ce que procède la coalition occidentale et la dernière entrée dans le « théâtre de combat », la Russie, c’est que ce processus confirme bien que l’humanité est rattachée à l’« Essence ». Et qu’au désordre vient progressivement l’ordre. Dans l'Essence, il y a cette idée de justice, et d'ordre. Que l'on n'échappe pas à son destin, à son crime, qui nous rejoindra tôt ou tard. Et même si on échappe à la justice des hommes, on n'échappe pas à la justice de l'Essence.

 Un dernier exemple qui éclaire la complexité du libre-arbitre auquel fait face l’homme. Prenons un responsable, ou un haut responsable d’un Etat, qui occupe une haute fonction de l’Etat à quelque niveau que ce soit. Supposons que ce haut responsable détourne des deniers de l’Etat à son profit, à l’intérieur ou à l’extérieur de son pays, ou les deux. Est-il conscient ce responsable de son acte délictueux envers l’Etat et envers le peuple de son pays ? On peut croire qu’il en est conscient ! En réalité, il peut être conscient comme il peut ne pas l’être pour la simple raison qu’il n’est conscient surtout que de son rang dans l’Etat et qu’il pense que cela suffit pour sa conscience et son rang qui l’autorise à puiser dans les caisses de l’Etat. D’autre part, il est conscient qu’il ne peut être inquiété parce que c’est lui, l’Etat. Là encore, c’est une « croyance qui peut être de l’incroyance », ou de la fausse croyance parce que ce que l’on croit est seulement ce que l’on veut croire parce qu’il sert notre intérêt. Et ce que ne sait pas ce responsable, c’est que si le peuple ne l’observe pas, ou seulement ceux qui sont proches de lui en sont informés, c’est qu’il est aussi observé par l’« Essence » (à son insu). En d’autres termes, la « Conscience du Monde l’observe » et sait tout ce qu’il fait de répréhensible jusqu’au moindre recoin de sa conscience. Ce qui signifie qu’il ne pourrait échapper au « Tribunal du Monde », un « Tribunal bien au-dessus des hommes ». Mais l’homme peut-il craindre ? Ou en est-il conscient de ce « Tribunal du Monde » ? Et c’est parce qu’il est humain, et fort de son libre arbitre, qu’il ne peut craindre. Mais combien même il ne craint pas, il demeure néanmoins assujetti à son « destin ». Et le destin de ce responsable n’est, en vérité, pas à envier. Parce que, si nous poussons loin dans son existence, et combien même il est immunisé de la justice des hommes, il est néanmoins malheureux par sa conscience. Et s’il n’est pas malheureux par sa conscience, il reste toujours malheureux par quelque chose qu’il ne sait pas. Et on n’a point besoin de disserter sur ce quelque chose. Et c’est ce quelque chose qui le différencie de celui qui est intègre. Dans le langage populaire, il est dit « que le bien mal acquis ne profite jamais ». 

 Dès lors, la croyance en ce que nous sommes devient parfois même un instinct qui est irraisonné. Et c’est précisément dans ce « double combat » entre la croyance et l’incroyance, entre le bien en nous et le mal qui est aussi en nous, que nous devons se poser la question : « Connaissons-nous réellement ? » Et la foi divine, la foi que nous avons en en Dieu essaie d’y répondre. Parce que nous sommes reli-gieux par essence, reliés à Dieu, que nous voulions le croire ou non, Nous sommes des êtres faits par Dieu, nous devons nos existences à Dieu, et c’est son Essence qui fait que nous soyons « nous », croyants et incroyants et avec une infinité de degré entre les deux.

 Et surtout parce que l’homme, avant de croire, est d’abord homme qui est mené aussi par ses instincts. Parce que croire en Dieu ne signifie pas qu’on suit les préceptes de Dieu. Et c’est là tout le drame de l’homme dans ce nous pensons être notre « existence », dans ce « connaissons-nous réellement ? ». Et, dans un certain sens, c’est aussi le « sens de l’existence », c’est-à-dire de s’efforcer de se connaître dans cet « inconnaissant ».

 

Medjdoub Hamed
Auteur et Chercheur indépendant en Economie mondiale,
Relations internationales et Prospective

 

Note :

 

1. « HAVY BEN YAQDHÂN, Roman philosophique d’Ibn Thofaïl », texte arabe traduit en français par Léon Gauthier, chargé de cours à la chaire de philosophie de l’École supérieure des Lettres d’Alg


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36 réactions à cet article    


  • samy Levrai samy Levrai 27 novembre 2020 10:18

    Sauf à croire que Dieu nous parle la nuit, toutes les informations que nous avons nous ont été transmises.. par des « sources autorisées », le libre arbitre avec des informations faussées ne conduit pas souvent aux bonnes décisions.

    Comment les humains ont ils bien pu vivre pendant des centaines de milliers d’années sans ce Dieu unique omniscient et omnipotent qui avait tout fait mais se cachait depuis si longtemps attendant son heure pour se révéler ? Comment ont ils pu survivre dans le péché et sans chemin vers le paradis ? oups j’oubliais que la terre n’avait que 5000 et quelques ans et qu’Adam et Eve avaient choisis la liberté à l’esclavage que le gentil Dieu leur avait concocté en temps qu’animal sans conscience...


    • Hamed 27 novembre 2020 11:16

      @samy Levrai

      Merci samy Levrai. Vous êtes et vous n’êtes pas dans le vrai même si vous ouvrez une fenêtre sur le vrai.

      Sachez simplement que Dieu est nous, il ne se cache pas, c’est nous qui essayons de se cacher de lui.

      Sauf qu’il nous laisse « faire », et nous faisons du bien et du mal, c’est d’ailleurs le sens même de l’existence. A vous de vous projetez de ce que vous faites dans votre vie, et bous aurez votre réponse de votre être.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 28 novembre 2020 09:20

      Pour ma part l’enthousiasme n’a jamais été une bonne façon de croyance. L’enthousiasme est égotiste (complaisant à soi, ainsi que ça s’épand dans l’article, à ne remercier finalement le dieu que de nous avoir exaucés, nous complaisamment). De base, un bon chrétien devrait juger (et a régulièrement jugé) cet enthousiasme problématique (voilà pourquoi tant de mystiques finirent mal sous son règne). L’enthousiasme n’est pas l’initiation, pas plus que la révélation en faits. Si elles enthousiasment, c’est qu’elles ont été accordées aux mauvaises personnes, du moins aux mauvais moments. Chercher ensuite à entraîner autrui dans son sillage est une faute spirituelle, en plus d’être une faute de goût.

      Ceci étant je ne suis pas chrétien, non plus, mais polythéiste européen, notamment celtaquitain. Je pratique une religion naturelle, comme disent les déistes, mais aussi socioculturelle, en vue d’une fédération. C’est tout. Au mieux personnellement, les dieux m’encouragent et me font évoluer, quand je dialectise avec eux, en conservant mon sang froid. Pas étonnant que je ressemble aux chrétiens en cela, puisque les chrétiens ont crû et cru sur mon terreau.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 28 novembre 2020 09:28

      La liberté, c’est de réaliser l’absence d’absoluité.


    • Gollum Gollum 27 novembre 2020 10:23

      la perception d’un état dont je n’avais pas eu conscience auparavant, et m’a transporté à un terme si reculé, que la langue ne saurait le décrire, ni les ressources du discours en rendre compte ; car il est d’une autre espèce et appartient à un autre monde. Le seul rapport qu’il a au langage c’est que, par suite de la joie, du contentement, de la volupté qu’inspire cet état, celui qui y est arrivé, qui est parvenu à l’un de ses degrés, ne peut se taire à son sujet et en cacher le secret : il est saisi d’une émotion, d’une allégresse, d’une exubérance et d’une gaieté qui le portent à communiquer le secret de cet état en gros et d’une façon indistincte.

      Je serai curieux de connaitre la réaction de Pascal L sur ce témoignage....


      • Hamed 27 novembre 2020 11:26

        @Gollum

        Merci pour cet écrit.Je le recopie tant il parle à nos esprits, nos pauvres et riches esprits qui aspirent à ce que dicte ce message venant d’un grand esprit.

        "la perception d’un état dont je n’avais pas eu conscience auparavant, et m’a transporté à un terme si reculé, que la langue ne saurait le décrire, ni les ressources du discours en rendre compte ; car il est d’une autre espèce et appartient à un autre monde. Le seul rapport qu’il a au langage c’est que, par suite de la joie, du contentement, de la volupté qu’inspire cet état, celui qui y est arrivé, qui est parvenu à l’un de ses degrés, ne peut se taire à son sujet et en cacher le secret : il est saisi d’une émotion, d’une allégresse, d’une exubérance et d’une gaieté qui le portent à communiquer le secret de cet état en gros et d’une façon indistincte.« 

        Oui, si nous arrivons à cet état qu’il décrit, c’est que l’on se surpasse réellement et l’émotion qui nous empreint nous montre que nous vivons pas une fois mais deux fois, trois fois... jusqu’à l’infini. Un infini par la pensée et seulement par la pensée, un infini réel et plus que mathématique. Il est infini.

        Merci Gollum pour ce passage si »émotionnel", et je présume qu’il vient de B. Pascal.


      • Gollum Gollum 27 novembre 2020 12:14

        @Hamed

        Non il ne s’agit pas de Blaise Pascal mais de Pascal L un catho borné qui est d’ailleurs intervenu juste en dessous...

        Et en plus le passage vient de votre propre texte. Z’êtes pas réveillé non plus hein ? smiley


      • Hamed 27 novembre 2020 13:17

        @Gollum

        Merci Gollum,

        Je suis heureux de lire un autre Blaise Pascal en chair et en os, Il le ressuscite. Catho borné, des mots qui viennent de votre inconscient et dont vous ne maîtrisez pas l’impact essentiel sur votre existence.

        Vous êtes vous Gollum avec les principes qui sont en vous sans même que vous en preniez conscience de leur importance. Ceci étant, vous avez compris en Pascal L, un Blaise Pascal en puissance par ses mots. Et je ne suis qu’une écoute supplémentaire pour lui comme il l’est pour moi.

        Vivement merci à Pascal L pour ses mots et à Gollum qui a établi la connexion entre deux esprits ouverts à la Création.


      • Pascal L 27 novembre 2020 16:52

        @Gollum
        « Ô gens, quand la Vérité s’est emparé d’un cœur, Elle vide tout ce qui n’est pas Elle. Quand Dieu s’attache à l’homme, Il tue en lui tout ce qui n’est pas Lui.
        « Mon cœur a banni tout amour, car un autre que le tien m’est interdit. Tu es pour moi esprit et vin, tu es la rose et le parfum, tu es toute joie et tout souci, guérison et maladie. Et couronnant désir après désir, en toi on trouve une paix. » (Al-Hallaj D 11)

        Il y a en commun entre ces deux citations d’exprimer un sentiment humain sans arriver à en décrire la cause. Un chrétien commence toujours par parler de l’amour reçu de Dieu et ce n’est pas le cas ici. Il semble que le soufisme a une incapacité à nommer les choses. Même le Coran s’épanche largement sur le sentiment d’amour inconditionnel des hommes vers Dieu mais ne parle jamais de la réciproque qui devrait être à la source de l’amour humain. Quand le Coran parle de l’amour de Dieu, c’est toujours conditionnel : »Dieu aime ceux qui..." et cela ressemble plutôt à un code civil.
        Des sources d’émerveillement, il y en a beaucoup dans la vie pour celui qui cherche un peu : la beauté de la nature, la découverte d’un futur conjoint, des enfants... Il est de toutes façons sain de se laisser émerveiller. Alors, que peut être la source de cet émerveillement ?
        Dans le christianisme, l’émerveillement face à l’amour de Dieu ne dure jamais très longtemps. Celui-ci nous montre ce qu’il est puis nous demande très vite de nous assumer dans la vie présente pour retrouver cet émerveillement dans la vie future. Cela peut se reproduire chaque fois que Dieu veut nous dire quelque chose, et c’est une manière d’authentifier le message, parfois complétée par d’autres signes.
        Quand Al-Hallaj dit que Dieu tue en lui tout ce qui n’est pas lui, cela ne correspond pas du tout à l’expérience chrétienne. Nous pouvons laisser Dieu nous façonner en vue du salut, mais Dieu ne veut que nous et pas lui. Nous pouvons affirmer que l’Esprit-Saint est Dieu en nous, mais il reste toujours distinct de nous. S’il tuait tout ce qui n’est pas Dieu, il ne resterait plus que lui et nous n’existerions plus... Ce serait contraire à l’amour inconditionnel que Dieu a pour l’humanité.


      • Hamed 27 novembre 2020 18:17

        @Pascal L

        Merci pour cette démonstration qui vient du cœur et de votre esprit.

        Quand vous dîtes : "Quand Al-Hallaj dit que Dieu tue en lui tout ce qui n’est pas lui, cela ne correspond pas du tout à l’expérience chrétienne. Nous pouvons laisser Dieu nous façonner en vue du salut.« 

        Il faut encore aller plus et dire que »Cela ne correspond ni à l’expérience chrétienne ni à aucune expérience.« 

        Vous dîtes »Dieu ne veut que nous et pas lui. Nous pouvons affirmer que l’Esprit-Saint est Dieu en nous, mais il reste toujours distinct de nous.« Il faut aussi avoir à l’esprit que Dieu nous a créé et qu’il nous suit dans tout ce que nous faisons en bien et en mal.

        De même, »S’il tuait tout ce qui n’est pas Dieu, il ne resterait plus que lui et nous n’existerions plus... Ce serait contraire à l’amour inconditionnel que Dieu a pour l’humanité.« Bien sûr, nous sommes sa création et on doit exister comme Dieu l’a décrété. Et le mal chevauche le bien, sans le mal, le bien aurait-il un sens ?

        C’est là le dilemme humain d’entrevoir son sens d’exister dans cette dualité du bien et du mal imposé ou plutôt inné en l’humain que nous sommes. Sauf que Dieu nous a octroyé la »Raison" pour nous éclairer.

        De la même façon que Gollum qui, doté de sa raison, réfute tout ce qui ne lui plaît dans le raisonnement. Dieu l’a créé libre de penser ce qu’il veut.

        Merci Pascal pour ce complément.


      • Gollum Gollum 27 novembre 2020 18:51

        @Pascal L

        Vous avez vraiment l’esprit tordu pour voir autre chose, dans cette citation de Hallaj, que ce qui s’y trouve...

        Seulement voilà, comme cela ne correspond pas à vos à priori, vous faites des circonvolutions (pour ne pas dire tortillage du croupion) pour descendre en flamme le bonhomme...

        Quand le Coran parle de l’amour de Dieu, c’est toujours conditionnel : »Dieu aime ceux qui..."

        Ben voyons... Encore la paille et la poutre hein Pascal ? 

        Psaumes 25 :14 (LSG) « L’amitié de l’Eternel est pour ceux qui Le craignent, et Son alliance leur donne instruction. »

        Voilà pour l’AT, maintenant le NT :

        Jean 15 : 14-15 (LSG) « Vous êtes Mes amis si vous faites ce que Je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs. En effet, le serviteur ne sait pas ce que son maître fait. Je vous appelle Mes amis, parce que Je vous ai fait connaître tout ce que J’ai entendu chez Mon Père. »

        Très inconditionnel l’amour de Jésus pour sûr ! smiley


      • Gollum Gollum 27 novembre 2020 19:05

        @Pascal L

        De surcroît l’amour du Père n’est pas plus inconditionnel puisqu’il faut le sacrifice christique pour nous racheter et calmer la colère du vieux...

        Et bien évidemment, le fidèle chrétien est tenu par les couilles puisqu’il se sent culpabilisé d’office par la nécessité de ce sacrifice.

        C’est d’une perversité absolue et il faut être quelque peu déglingué du ciboulot pour adhérer à une telle mythologie...

        M’enfin ce que j’en dis... smiley


      • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 28 novembre 2020 09:22

        Ce qu’il y a de bien chez Blaise Pascal, c’est qu’il aurait aussi bien pu se passer du dieu. En convoquant le dieu concret d’Abraham, de Jacob et d’Israël, il regarde le dieu anthropologique du devenir historique, il regarde le vécu, il regarde l’existence, il regarde l’expérience. Il évite la théologie, et toute son intelligence en découle. Qu’un jour, il est eu un sursaut enthousiaste, ce n’était qu’un vilain défaut, qu’un bouquet de nerfs.


      • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 28 novembre 2020 09:24

        * il ait eu ...


      • Gollum Gollum 27 novembre 2020 10:26

        Pour ce qui est de ce texte  trop long comme souvent avec cet auteur  je n’adhère pas du tout à cet éloge du libre-arbitre, réfuté depuis longtemps par Spinoza...

        Et sans libre-arbitre tout devient infiniment plus clair. Mais bon je ne vais pas en faire la démonstration ici... 


        • Pascal L 27 novembre 2020 11:27

          @Gollum
          Mais non, faites !


        • Gollum Gollum 27 novembre 2020 12:10

          @Pascal L

          Mais je vous en prie. C’est vous qui prétendez avoir eu un contact avec Jésus. Qui dois-je croire ? Vous ? Ou le musulman ci-dessus ?

          Et ils sont des millions à faire ce genre de témoignage hein ! smiley


        • Gollum Gollum 27 novembre 2020 12:12

          @Pascal L

          Oups ! Pas réveillé... J’ai cru que vous aviez répondu à mon interpellation ci-dessus... Mais vous avez préféré intervenir ailleurs..

          Mais bon ça me permets de vous interpeller quand même.. 

          Alors ce témoignage ? 


        • Pascal L 27 novembre 2020 15:46

          @Gollum
          Vous avez des milliers de témoignages équivalents aux miens et vous ne croyez pas. Mon témoignage n’apportera rien de plus pour vous convaincre que ce que j’ai dis jusqu’à présent. Je respecte votre choix et j’évite de perdre mon temps.

          Par contre je suis toujours intéressé par la démonstration de Spinoza sur le libre arbitre ou plutôt son absence. Je pourrais peut-être compléter par la relation entre idéologies et absence de liberté.


        • Gollum Gollum 27 novembre 2020 15:55

          @Pascal L

          Je vous ai demandé votre avis sur les témoignages, nombreux, de musulmans qui déclarent avoir vu Dieu, tout comme vous.

          On peut citer parmi les élites musulmanes : Rumî, Hallaj, Ibn Arabî, ou encore Farid-ud-Din’ Attar...

          je suis toujours intéressé par la démonstration de Spinoza sur le libre arbitre

          Vous n’avez qu’à le lire.


        • Gollum Gollum 27 novembre 2020 16:00

          @Pascal L

          Je pourrais peut-être compléter par la relation entre idéologies et absence de liberté.

          Tiens c’est intéressant comme phrase. Précisément toutes les idéologies sans exception, ont toujours proclamé la vérité du libre-arbitre...

          Curieux non ?

          La raison en est simple. L’homme, proclamé libre, on peut dès lors le moraliser et donc l’ostraciser...

          C’est bien ce qu’a fait votre secte tout au long de son existence.


        • Hamed 27 novembre 2020 18:49

          @Gollum

          Oui, Gollum, je lis Spinoza, et que dit-il ?

          Sur la liberté, si on croit les textes qui rapportent sa pensée, il énonce : "J’appelle libre, quant à moi, une chose qui est et agit par la seule nécessité de sa nature ; contrainte, celle qui est déterminée par une autre à exister et à agir d’une certaine façon déterminée.« 

          Donc, il affirme qu’il y a réellement une liberté et donc un libre-arbitre par le seul fait qu’elle relève de la seule nécessité de sa nature ». Et cette liberté ou libre-arbitre est donc octroyée et même plus « contrainte », déterminée par une autre à exister et donc « pré-déterminée » et à agir d’une certaine façon déterminée, voire « pré-déterminée ». 

          Donc l’homme est libre dans un libre-arbitre octroyé mais limité et déterminé fait sur mesure pour ce qu’est l’humain.

          il écrit encore : "Pour rendre cela clair et intelligible, concevons une chose très simple : une pierre par exemple reçoit d’une cause extérieure qui la pousse, une certaine quantité de mouvements et, l’impulsion de la cause extérieure venant à cesser, elle continuera à se mouvoir nécessairement. Cette persistance de la pierre dans le mouvement est une contrainte, non parce qu’elle est nécessaire, mais parce qu’elle doit être définie par l’impulsion d’une cause extérieure. Et ce qui est vrai de la pierre il faut l’entendre de toute chose singulière, quelle que soit la complexité qu’il vous plaise de lui attribuer, si nombreuses que puissent être ses aptitudes, parce que toute chose singulière est nécessairement déterminée par une cause extérieure à exister et à agir d’une certaine manière déterminée.

          Concevez maintenant, si vous voulez bien, que la pierre, tandis qu’elle continue de se mouvoir, pense et sache qu’elle fait effort, autant qu’elle peut, pour se mouvoir. Cette pierre assurément, puisqu’elle a conscience de son effort seulement et qu’elle n’est en aucune façon indifférente, croira qu’elle est très libre et qu’elle ne persévère dans son mouvement que parce qu’elle le veut."

          Spinoza ne montre ici que l’innéité qui existe dans l’homme. Qu’il soit une pierre pensante, peu importe, l’essentiel est cette conscience d’être la pierre qui pense et se pense. Qu’elle croit qu’elle est libre est superflu puisqu’elle agit. Un homme qui tue son prochain pense-t-il qu’il est libre de tuer son prochain ? il le tue tout simplement. Un gouvernement qui réprime sa population pense-t-il qu’il réprime sa population.

          Gollum qui réfute les propositions des autres sur le libre-arbitre pense-t-il qu’il les refuse ? Non, Il les refuse et c’est ainsi comme le gouvernement qui refuse que... ou accepte telle mouvement. Et cela va dans l’intérêt de la vision de chacun selon qu’il voit le Nord au Nord, et le Sud au Sud, et toujours selon son intérêt que lui secrète sa pensée.

          La différence avec un esprit ouvert c’est que celui-ci cherche à se transcender et donc à sortir d’un quelconque intérêt, et à s’approcher de la vérité.

          Et seulement à l’approcher la vérité. Est-elle accessible ? Voilà, Gollum, pensez mais essayez de bien penser. 



        • Hamed 27 novembre 2020 20:43

          @Gollum

          Bien sûr que j’ai tout faux et vous avez entièrement raison. Je n’en disconviens comme vous êtes.

          Merci pour l’adresse de Spinoza qui ne dit que ce qui est dit sauf qu’il faut le comprendre et bien le comprendre.

          Par exemple, dans ce qu’il écrit précisément dans ce site :

          "Car personne jusqu’à présent n’a connu la structure du corps si précisément qu’il en pût expliquer toutes les fonctions, pour ne rien dire du fait que, chez les bêtes, on observe plus d’une chose qui dépasse de loin la sagacité humaine, et que les somnambules, dans leur sommeil, font un très grand nombre de choses qu’ils n’oseraient faire dans la veille ; ce qui montre assez que le corps lui-même, par les seules lois de nature, peut bien des choses qui font l’admiration de son esprit.

          Ensuite, personne ne sait de quelle façon, ou par quels moyens, l’esprit meut le corps (...). D’où suit que, quand les hommes disent que telle ou telle action du corps naît de l’esprit, qui a empire sur le corps, ils ne savent ce qu’ils disent.« 

          C’est éloquent. Spinoza, et par ces quelques phrases, il résume en fait tout ce que nous faisons, ce que nous énonçons, vous, comme moi que Pascal L. Sauf que vous, vous prenez à la lettre ce qu’il écrit, sans comprendre que ce n’es pas la lettre que vise Spinoza, mais cette essence dont il ne sait rien et l’amène à chercher, à se transcender pour »offrir« un véritable message de libre-arbitre, en fait »métaphysique" que vous n’arrivez pas à comprendre, ni à admettre parce que chacun est construit comme il l’est.

          Et c’est cela l’intérêt et le sens de l’existence, la diversité dans l’unité de l’ humain.


        • Gollum Gollum 28 novembre 2020 09:20

          @Hamed

          Merci pour l’adresse de Spinoza qui ne dit que ce qui est dit sauf qu’il faut le comprendre et bien le comprendre.

          De la même façon que vous aviez compris le philosophe Pascal quand je m’adressais à Pascal L et que vous n’avez pas été foutu de voir dans la citation de cet éminent philosophe musulman que vous aviez cité vous-même et que vous avez attribué cette citation au philosophe chrétien Pascal... smiley

          Y a pas à dire vous osez tout vous. smiley

          sauf que vous, vous prenez à la lettre ce qu’il écrit, sans comprendre que ce n’es pas la lettre que vise Spinoza, mais cette essence dont il ne sait rien et l’amène à chercher, à se transcender pour »offrir« un véritable message de libre-arbitre, en fait »métaphysique" que vous n’arrivez pas à comprendre, ni à admettre parce que chacun est construit comme il l’est.

          Résumons. La position de Spinoza est de dire que le libre-arbitre individuel n’existe pas et que si libre-arbitre il y a, il est antérieur à l’individu. C’est, au fond, la position métaphysique de l’Inde, avec un seul agissant pour tous les actes, le Brahman sans second. Voilà. J’espère que c’est plus clair pour vous et ce serait mieux que vous descendiez de votre piédestal quelque peu arrogant.

          Sinon vous sous-estimez Spinoza il avait très bien compris ce qu’il écrivait. Mais quand on est arrogant, évidemment... smiley


        • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 28 novembre 2020 09:26

          Comme dirait Nietzsche après Spinoza, il n’y a pas plus de libre que de serf arbitre. Il n’y a que des arbitrages conditionnels ...


        • math math 27 novembre 2020 11:19

          Après lecture, j’ai la gauche qui a mal a la tête et la droite qui se pose des questions existentielles ?

           smiley


          • Hamed 27 novembre 2020 11:28

            @math

            Entièrement vrai. Vous êtes sincère et c’est ce qui compte.


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 novembre 2020 11:33

            @math Cer veau gauche : rationnel. Cerveau DROIT (vertical) : intuition. Comme le nez (ne dit-on pas piquer un phare,...fard.....mazaheri nezhad fard. ou le phare d’Alexandrie...


          • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 novembre 2020 11:21

            Bernard de Clairvaux : « on doit parvenir à aimer Dieu par amour de soi, et non plus de Lui, car la prise de conscience que l’on soit un don de Dieu ouvre à l’amour de tout ce qui est Lui ».... Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. HERMES TRISMEGISTE. HERMEPOLIS. LE DIEU DU VERBE. PTAH, le forgeron céleste....


            • Hamed 27 novembre 2020 12:01

              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

              Bien sûr, Mélusine. Bernard de Claivaux voit juste.

              Il est clair que si vous aimez Dieu, cela passe d’abord à ce que vous vous aimiez. Pensez-vous que Dieu a besoin que vous l’aimiez ?

              Pour que me fasse comprendre, vous cuisinez un bon plat. Est-ce que ce plat vous demandera que vous l’aimez ? Non, il ne vous le demandera pas, il restera silencieux. En revanche, vous, vous allez aimer ce plat, parce qu’il a été fait pour vous, surtout si vous allez le déguster.

              De la même façon, Dieu vous créé et a créé votre corps et vous a donné l’esprit pour exister. A-t-il besoin que vous l’aimiez, non puisque si on puisse dire de la Création, ce plat vous a été donné à vous et non au plat. Le plat n’est qu’un véhicule, votre véhicule dans l’existence.

              Si vous remerciez Dieu, ce n’est pas pour lui que vous le faîtes, c’est d’abord pour ce plat que Dieu vous a donné et donc pour vous, puissiez « déguster » votre existence, En même temps, dans le bonheur de votre être, vous remerciez Dieu de tout.

              Et les êtres humains qui prient dans les Églises, les Synagogues, les Mosquées, ... ils prient Dieu pour eux. Surtout s’ils sont dans la souffrance.

              Quant à celui qui ne prie pas ou ne croit pas, il peut se sentir autosuffisant. Il n’a pas besoin de Dieu, mais Dieu a besoin de lui, de sa Création, parce que sa Création a un sens. Et les hommes ne connaissent pas la destinée de l’univers, ni la leur.


            • binary 27 novembre 2020 11:26

              Connaissez vous le rasoir d Ockham ?

              Mettez en un coup sur votre texte, et regardez ce qui reste.


              • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 28 novembre 2020 09:27

                Ça peut tuer, un rasoir. Tout doux, tout doux.


              • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 novembre 2020 11:28

                Le libre-arbitre, c’est quand l’inconscient devient conscient. Dit autrement : que la caverne de PLATON s’éclaire. Dieu est lumière. Nous nous laissons guider par nous-même... Mieux alors voir clair ; BERNARD de CLAIR vaut. Bernard ou l(art de Berner,... CLAIR vaut (parce qu’il n’est pas un veaux...).


                • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 novembre 2020 11:44

                  l’intuition est toujours liée au nez. L’ami de freud Fliess avait fait le lien tre le sexe et le nez. Thèse qui fut rejetée. Bien que la psychanalyse commença par une histoire de nez (injection faite à IRMA). https://www.cairn.info/revue-le-coq-heron-2007-4-page-65.htm. IRMA, la voyante... ou cartomancienne. Beau clin d’oeil de la psychanalyse. Etymologie d’IRMA : énorme, majestueux. Bon, a part un PHAL....UT et russe.


                  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 27 novembre 2020 11:55

                    Mais alors se pose l’inévitable question : doit-on donner la vie a celui qui n’aura jamais son libre arbitre ? Ne s’agit-il justement pas une question de libre-arbitre ??? Si comme le dit einstein le hasard, c’est dieu qui passe incognito. Rien ne dit que ce hasard, il faille le confier au hasard. Ma réponse est claire : nous ne devons pas être aimé de Dieu mais de nous-même. Ne dit-on pas que les enfants fruit de l’AMOUR CHARNEL même adultère :( Delphine de Belgique) sont les mieux réussis.... BASHUNG.

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