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Accueil du site > Tribune Libre > Pourquoi la guerre du Haut Karabagh ?

Pourquoi la guerre du Haut Karabagh ?

 Texte mis à jour le 18 décembre 2020

L’intangibilité des frontières héritées de la colonisation est un principe absolu auquel adhère la totalité des pays membres de l’ONU. Les autres arguments comme ceux présentés par les Arméniens pour justifier une éventuelle indépendance du Haut-Karabagh (le Haut-Karabagh est peuplé d’Arméniens pas d’Azéris, nous Arméniens sommes là depuis 2500 ans, nous avons ici nos monuments historiques, nous parlons une autre langue, nous pratiquons une autre religion, même l’écriture est différente) n’ont absolument aucune valeur. Le seul fondement du droit international est le décret de Staline du 4 juillet 1921 rattachant le Haut Karabagh à l’Azerbaïdjan.

 Le cas du Katanga.

Le 11 juillet 1960, le leader séparatiste Moïse Tshombé proclamait l’indépendance du Katanga depuis Elisabethville l’actuelle Lubumbashi. Une sécession qui précipita le Congo tout juste indépendant dans une sanglante guerre civile sur fond de guerre froide. Et aussitôt ce fut haro sur le baudet, La guerre civile prit une dimension internationale, avec l’invention des casques bleus contre les Katangais, une force internationale envoyée par l’ONU pour mettre fin à une sécession inacceptable. Moïse Tshombé s’exila en Espagne quand les Nations unies mirent fin à la sécession en janvier 1963. Troublant la « pax Mobutu », le Katanga refit parler la poudre en 1978, quand des rebelles séparatistes s’emparèrent de la cité minière de Kolwezi où ils tuèrent Congolais et Occidentaux. Ils s’en prenaient surtout aux Français, qu’ils accusaient d’être des mercenaires. Mobutu mobilisa ses soutiens étrangers, et la France envoya ses parachutistes de la Légion étrangère pour mater la rébellion.

La bataille de Kolwezi : Entrée dans la légende de l'armée française, la bataille de Kolwezi fit plus de 1 000 morts. Les derniers nostalgiques de Tshombé reprirent de loin en loin les armes. En mars 2013, près de 250 combattants du mouvement « Kata Katanga » (détacher le Katanga) défièrent une dernière fois les forces de sécurité à Lubumbashi (une trentaine de morts), avant de se rendre... aux Nations unies

 Le cas du Biafra

 Le Nigeria, lui aussi indépendant en 1960, est un pays immense peuplé à l’époque de 40 millions d’habitants (aujourd’hui plus de 100 millions). Les lbos au lgbos au sud-est sont chrétiens, alors que la plupart des Nigérians au nord, Haussas et Yorubas, sont musulmans. Cela commença par des pogroms anti-ibos. 30 000 lbos installés dans le Nord furent massacrés en 1966. Des massacres reprirent la même année contre les quelques lbos encore restés dans le Nord et qui ne s’étaient pas réfugiés dans la province à majorité lbo située dans le Sud-Est. Et comme les pogromes ne suffisaient pas, le pouvoir central modifia la constitution enlevant à la province lbo su Sud-Est ses pouvoirs et ses revenus.

Le 26 mai 1967, le Conseil consultatif de la région de l’Est vota la sécession de la région. Le 30 mai Ojukwu, le gouverneur, proclama l’indépendance de la région, qui prit le nom de République du Biafra, avec Enugu pour capitale. L’armée biafraise comptait alors environ 100 000 hommes. L’état d’urgence décrété au Nigeria le 26 mai 1967 permit au gouvernement central d’instaurer des mesures policières visant à reprendre le contrôle du Biafra. La guerre éclata. Fin 1969 la rébellion biafraise était définitivement écrasée. Elle aura fait un million de morts. Mais qu’est-ce que un million de morts face au respect de la sacro-sainte intangibilité des frontière héritées de la colonisation. ?

 De Gaulle voulait soutenir le Biafra, espérant diminuer l’influence britannique et le poids d’un géant anglophone en Afrique de l’Ouest. Mais il ne pouvait pas le faire ouvertement, toujours en raison du sacro-saint principe. Cinq pays reconnurent l’indépendance du Biafra : le Gabon, la Côte d’Ivoire, la Tanzanie, la Zambie et Haïti.

D’autres exemples

 On pourrait multiplier les exemples, parler de l’écrasement de la rébellion tamoule à Ceylan dans l’indifférence générale. Et que dire du Tibet ? Les Américains, qui enverront jusqu’à 500 000 hommes au Viet Nam pour lutter contre le communisme, ne bougèrent pas le petit doigt quand Mao Tsé Toung occupa ce qui était censé être une province chinoise. En Europe il ya eu, et il y a toujours, le cas de la Catalogne. Les leaders catalans furent arrêtés et jugés pour avoir organisé un référendum illégal. Et une fois de plus la communauté internationale approuva, en particulier l’UE. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker déclara qu'il ne souhaitait pas que la Catalogne devienne indépendante, craignant un effet domino en Europe. « Si nous laissons la Catalogne se séparer — mais ce n'est pas notre affaire —, d'autres le feront. Je ne souhaite pas cela », avait-il martelé dans un discours devant des étudiants à l'université du Luxembourg. Il s'était dit « très inquiet » face aux menaces séparatistes en Europe. « Je ne veux pas d'une Union européenne qui comprendrait 98 États dans 15 ans. C'est déjà relativement difficile à 28, pas plus facile à 27, mais à 98, ça me semble impossible », avait ajouté Juncker, appelant à « la responsabilité de tous les acteurs ». 98 pays ! Amusant de la part de l’ancien premier ministre du Luxembourg. Si tous les États d’Europe avaient la taille du Grand Duché, il y aurait plus de 98 pays ! (Pourquoi précisément 98 et non pas 97 ou 99 ?).

 

Le cas du Haut-Karabagh

 Venons-en à l’Arménie. L’affaire commença comme au Nigeria, par des pogromes, des pogromes anti-arméniens, en particulier à Soumgaït, une banlieue de Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan. 500 000 Arméniens fuirent le pays. Les Arméniens réclamaient l’indépendance du Haut-Karabagh, peuplé à 95% d’Arméniens. C’est Staline qui avait donné le Haut-Karabagh à l’Azerbaïdjan par son décret du 4 juillet 1921. Dans le même texte il donnait une autre province, arménienne, le Djavakh (ou Javakh), à la Géorgie. Et ce décret du 4 juillet 1921 est désormais le fondement du droit international.

 Mais, à la différence du Katanga, du Biafra, ou de l’Eelam ceylanais, le Haut-Karabagh fut soutenu par son voisin, l’Arménie nouvellement indépendante. En 1994, les Arméniens avaient gagné la guerre, mais l’indépendance de Haut-Karabagh ne fut reconnue par personne. La guerre reprit donc le 27 septembre 2020. Cette fois-ci les Azerbaïdjanais sont vainqueurs, pour nombre de raisons : pays plus peuplé, plus riche, mieux armé, soutenu par la Turquie, etc. Mais une fois de plus le discours quant à l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation fait chorus.

 Ainsi l’Iran. Mardi 3 novembre 2020, dans un discours télévisé, le guide suprême, Ali Khamenei a appelé les deux voisins de l'Iran à cesser les hostilités et à ne pas violer « les frontières internationales ». L'ayatollah a assuré Bakou de son soutien politique : « Bien entendu, les territoires dont s'est emparée l'Arménie doivent être libérés et rendus. Ces terres appartiennent à l'Azerbaïdjan, qui a plein droit dessus. Mais, la sécurité des Arméniens qui y vivent doit être assurée ». Voilà un pays ami et allié de l’Arménie, laquelle Arménie avait refusé d’entrer dans le boycott de l’Iran imposé par Trump, voilà l’ennemi juré d’Israël, allié de l’Azerbaïdjan, qui prend parti pour l’Azerbaïdjan. C’est que sacro-saint principe de l’intangibilité des frontières s’applique particulièrement à l’Iran. L’Iran a une minorité kurde, une minorité arabe (dans le Khouzistan) et une importante minorité azérie (entre 16 et 25 % de la population iranienne selon les estimations soit entre 12,7 et 15 millions d’Azéris en Iran, contre 10 millions d’habitants dans l’Azerbaïdjan indépendant qui ne sont pas tous Azéris). De même la Géorgie, qui a laissé passer les armements turcs sur son territoire, possède une province arménienne que lui a offerte Staline.

 Et l’Azerbaïdjan l’a emporté grâce au soutien militaire turc. Cette Turquie qui envoie des mercenaires en Lybie, intervient à Chypre, entend forer dans les eaux territoriales grecques et transforme Sainte-Sophie en mosquée. On pourrait penser que pour toutes ces raisons la communauté internationale, exaspérée par les rodomontades d’Erdogan, soutiendrait l’Arménie. Pas du tout. Rien ne déroge au principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Erdogan le savait et jouait sur du velours.

 Il n’existe que deux moyens pour une région, une province d’obtenir son indépendance. La première est que l’indépendance est accordée par la puissance coloniale. C’est le cas de la plupart des pays d’Afrique et d’une grande partie des pays d’Asie. La seconde est que les provinces décident ensemble de se séparer. C’est le cas de l’URSS, de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie.

 Parlons de la Yougoslavie. Apparemment c’est simple : six républiques fédérées, la Slovénie, la Croatie, la Serbie, le Monténégro, la Bosnie et la Macédoine se séparent. Pour la Slovénie, le Monténégro et la Macédoine ce fut effectivement très simple. Pour le reste ce fut très compliqué. Pourquoi ? Parce que, si la Croatie et la Serbie sont des États homogènes, une grande partie de la population de Bosnie est serbe ou croate. La logique aurait voulu que la partie croate de la Bosnie (l’Herzégovine) rejoigne la Croatie et la partie serbe rejoigne la Serbie. Mais une fois de plus on ne touche pas aux frontières issues du découpage titiste. À cause de ce principe il y eu une guerre atroce.

 Il n’y a qu’une seule exception : l’indépendance du Kosovo, détaché de la Serbie, proclamée le 17 février 2008. Pourquoi ? Parce que Milosevitch, le président serbe, posait beaucoup plus de soucis qu’Erdogan.

 Finalement, entre le 24 mars 1999 et le 10 juin 1999, l'OTAN procéda à des frappes aériennes sur la Serbie (Opération Force alliée) et contraignit Milosevitch à se retirer du Kosovo. La région passa sous l'administration des Nations unies en vertu de la résolution 1244 du Conseil de sécurité en date du 10 juin 1999. Près d'un million de Kosovars revinrent progressivement sur leurs terres. Le Kosovo était devenu indépendant grâce à un nouveau concept, comme l’explique un groupe d’universitaires dans le texte d’une pétition Il y a une nouvelle approche : la « sécession remède » (remedial secession en anglais), un concept émergent dans le droit international depuis un demi-siècle environ. L’idée est celle-ci : l’intangibilité des frontières prime sauf en cas d’extrême nécessité, lorsque l’intégrité physique de la population qui demande son autodétermination est en danger. Cet argument avait prévalu lors de la déclaration d’indépendance du Kosovo en septembre 2008, suivie de sa reconnaissance par une grande partie de la communauté internationale. Outre le fait que le Kosovo est peuplé à 90 % d’Albanais, sa population avait été victime, au moment du démembrement de la Yougoslavie, de crimes de guerre perpétrés par l’État serbe, rendant inconcevable la coexistence dans le même État des Albanais du Kosovo et des Serbes. Les puissances avaient insisté à ce moment-là sur le fait que le Kosovo ne pourrait servir de précédent. Et effectivement il ne constitue pas un précédent pour le Haut-Karabagh..

 Mais apparemment les crimes de guerre d’Aliev, le président de l’Azerbaïdjan, ne sont pas assez graves aux yeux de la communauté internationale. On pouvait espérer que les frasques d’Erdogan amèneraient une intervention du même genre que celle de l’OTAN au Kosovo. Mais la Turquie n’est pas la Serbie. 82 millions d’habitants et une des premières armées de l’OTAN.

Et encore, l’indépendance du Kosovo se heurte-t-elle à des résistances. Seuls 111 pays l’ont reconnue. Le Kosovo n’a pu entrer ni à l’ONU (résolution 1244), ni à l’UNESCO (novembre 2015).

 On peut comprendre l’application de cette sacro-sainte règle en Afrique-noire. Ces États ne sont pas des États-nations mais des États artificiels résultant d’un découpage colonial. Le Nigeria se compose de 250 ethnies. Si on accorde l’indépendance aux Ibos du Biafra, pourquoi ne pas l’accorder aux Yorubas, aux Haoussas, etc. ? Mais ce raisonnement est-il valable pour la vieille Europe, Caucase compris, composé de véritable États-nations qui ont leur langue, leur littérature, leur histoire, leurs monuments ?

Derniers événements

 Le 11 décembre les 27 membres de l’UE n’ont décidé que des sanctions symboliques contre la Turquie. Et ceci uniquement à cause de ses forages illégaux en Méditerranée. Les mots Haut-Karabagh, Arménie, Azerbaïdjan n’ont même pas été prononcés. Résultat Aliev et Erdogan se croient tout permis.

Ainsi l’Azerbaïdjan n’hésite-t-il pas à grignoter du terrain non seulement dans la partie du haut Karabagh qui lui échappe encore (villages de Hin Taghlar et Khtsaberd) mais en Arménie même. Dans son discours lors du défilé militaire organisé à Bakou le 10 décembre en présence du président turc Recep Tayyip Erdogan, pour célébrer la victoire, le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, a clairement annoncé la couleur, rapporte le site Panarmenian : “Zanguezour, Gueuïtcha et Irevan [région d’Erevan] sont les terres historiques des Azéris. Depuis dix-sept ans, je répète que si l’Arménie ne nous rend pas nos terres, nous réglerons cette question par la voie militaire.” Rien que cela ! Erévan, à lui seul représente 1.350.000 habitants sur les à peine 3 millions que compte l’Arménie.

À son tour, Erdogan a évoqué dans son discours Enver Pacha, ministre ottoman de la Défense et l’un des trois principaux instigateurs du génocide arménien de 1915 : “Enver Pacha et tous les héros du monde turc ont trouvé la paix [après la victoire dans la deuxième guerre du Karabakh].” Puis il a fait l’éloge de l’Armée islamique du Caucase, une unité militaire de l’Empire ottoman active pendant la Première guerre mondiale en Orient.

Et la communauté internationale ? Aliev et Erdogan s’en moquent complètement. Recevant le samedi 12 décembre les représentants du groupe de Minsk (Etats-Unis, Russie et France) chargé par l’OSCE de trouver une solution au conflit du Haut Karabagh Aliev leur à déclaré : « Je vous écoute, car c’était votre idée de venir ici. Devant les caméras, je veux vous le répéter, je ne vous ai pas invité ici, mais une fois que vous êtes arrivé, parlez devant les caméras. Si vous ne voulez pas parler devant les caméras, vous partirez ». Et il a ajouté parlant des Arméniens : « Ils doivent savoir que si le fascisme arménien relève de nouveau la tête, cette fois, nous les détruirons complètement. Que personne n’en doute ».


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27 réactions à cet article    



    • patrickk 18 décembre 2020 13:07

      @Séraphin Lampion
      Oui j’ai lu un article dans Courrier international qui parlait de cela. Cela m’intéresserait d’en savoir plus.



    • Gégène Gégène 18 décembre 2020 13:40

      depuis une trentaine d’années (annexion du territoire par l’Arménie), la situation était pourrie.

      mais pendant tout ce temps, les arméniens ont fait primer la force sur le droit :

      pas question pour eux de négocier tant qu’ils se sentaient en position de force, alors que c’était justement là le moment d’entamer des pourparlers !


      • patrickk 18 décembre 2020 14:06

        @Gégène
        Mais cela fait 26 ans que cela négocie sous l’égide du groupe de Minsk. Et cela n’a jamais rien donné. Cela n’a jamais rien donné parce que les positions sont incompatibles.


      • sylvain sylvain 18 décembre 2020 13:45

        les états nations donnent une grande importance aux frontières et n’acceptent pas de perdre un bout de leur terrain, ce n’est pas vraiment une nouvelle . Sauf si ils sont trop faibles et insignifiants, c’est plus simple et réaliste qu’un soit disant principe de remedial secession


        Toutes ces discussions sur une prétendue légitimité qui justifierait ou non cette sale guerre, qui donnerait la légitimité à un camp ou un autre sont gerbants . Cette guerre n’est qu’une histoire d’égo et de géopolitique 


        • patrickk 18 décembre 2020 14:08

          @sylvain 
          Qu’est-ce que tu veux dire par :

          « c’est plus simple et réaliste qu’un soit disant principe de remedial secession » ?


        • titi 18 décembre 2020 19:04

          @sylvain

          « Cette guerre n’est qu’une histoire d’égo et de géopolitique »
          C’est surtout un choc de civilisations


        • OMAR 18 décembre 2020 20:01

          Omar9

          .

          Bonjour @Patrickk :« ...l’indépendance de Haut-Karabagh ne fut reconnue par personne ».

          .

          Je ne pense pas maitriser ce problème mieux que vous et mes intentions ne sont nullement de cautionner les actes et décisions azéries.

          .

          Cependant, vous plaidez mal, très mal la cause du Haut-Karabagh, d’abord en la comparant à d’autres guerres et drames vécus et constatés ailleurs, puis en impliquant l’Arménie, ce qui, paradoxalement, justifie les raisons azéries.

          Enfin, en éludant des fait historiques établis, reconnus par toutes les parties concernées : le Groupe de Minsk, une instance créée en 1992 par l’OSCE et coprésidée par la France, la Russie et les États-Unis.

          Et surtout la résolution 1416 qui précise que "Des parties importantes du territoire azerbaïdjanais demeurent occupées par les forces arméniennes et des forces séparatistes conservent le contrôle de la région du Haut-Karabakh."

          https://assembly.coe.int/nw/xml/XRef/Xref-XML2HTML-FR.asp?fileid=17289&lang=FR
          .
          @Patrickk, la dernière victoire sur le terrain des azéris est plutôt dramatique, n’est ni décisive ni constructive, et n’augure d’aucun avenir paisible et prospère pour cette région, car les arméniens ne pardonneront ni n’oublieront jamais.
          .
          Aussi, il est à craindre que d’autres guerres et d’autres conflits aient lieu, car ce sont des approches comme la votre qui contribuent à cette option.


          • patrickk 19 décembre 2020 08:47

            @OMAR
            Attention : l’Arménie a toujours été très claire et a toujours fait le distingo entre le Haut Karabagh est les régions azerbaïdjanaises qu’elle a conquises mais qu’elle n’a jamais prétendu vouloir annexer. C’est simplement une carte dans le marcandage, le but étant l’indépendance du Haut-Karabagh.


          • vraidrapo 18 décembre 2020 23:51

            On peut dire ce qu’on veut. On peut écrire des tartines en se référant à toutes les cartes existantes. On peut citer des chiffres. On peut aligner les déclarations.

            Une réalité immuable demeure : les hommes n’ayant pu faire que ce qui est juste soit fort... ils ont fait l’inverse.

            Quand tu as un pays de moins de 3 millions d’habitants qui sort de :

            70 ans de communisme,

            30 ans de corruption, de gabegie et près à recommencer semble-t-il...

            et en face, deux pays antagonistes qui totalisent 100 millions d’habitants avec comme ressources :

            le Gaz,

            les contrats avec Amocco, Exxon Mobil, Unocal, Devon Energy, Pennzoil, Chevron Texaco, Conoco Philips, Amerada Hess

            British petroleum, Total, Agip et Eni, Lukoïl et Transneft, Staoil, Delta, Itochu, Japex, Inpex, Teikoku etc, etc...

            le matériel ultramoderne et les conseils de l’Otan, d’Israël,

            des djihadistes syriens ou pakistanais fanatisés au sacrifice en première ligne,

            les troupes spéciales turques entrainées aux USA...

            des mercenaires américains ou anglais payés par les Cies pétrolières (comme en 1992 !)

            A quoi bon argumenter sur le Droit !

            Si un jour l’Arménie arrive à « voler » 2 ou 3 têtes nucléaires à l’Iran, elle n’aura pas besoin d’argument, ni de Poutine pour faire valoir son bon droit.

            En attendant, il faudra subir les exactions de ces tataro-mongols arriérés ou bien « se casser » en Australie ou en Islande, loin des mosquées... dans des pays confortables et civilisés ou des femmes peuvent être chefs d’État, majoritaires dans un gouvernement...

            Laisser les barbares se démerder en attendant le prochain séisme du Caucase qui fera un peu le ménage parmi eux...

            Ps : il y a une quinzaine d’années, le Gvt Norvégien, pas écœuré, avait demandé très discrètement au gvt turc, l’envoi de 100,000 mâles pour les accoupler avec des Norvégiennes...


            • patrickk 19 décembre 2020 07:50

              @vraidrapo
              Je ne suis pas tout à fait d’accord. Je suis d’accord que les Turco-azeris ont la force de leur côté. Vous donnez des arguments précis pour étayer cela. Mais, et c’est cela le drame, ils ont aussi le droit avec eux puisque le droit c’est l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation. Cela fait que personne ne proteste et personne ne veut reconnaître l’indépendance du Haut Karabagh. Ce droit, qui est à l’opposé du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne favorise pas nécessairement les plus forts. Le minuscule Timor-est (600 000 habitants), ancienne colonie portuguaise, a fini par arracher son indépendance de l’Indonésie (plus de 200 millions d’habitants).


            • vraidrapo 19 décembre 2020 10:13

              @patrickk

              Je me fous du Timor. Je me mets à la place de ces milliers de mères arméniennes qui ont mis au monde et élevé des enfants pour le voir se faire griller à 19 ans comme des canards laqués dans les 250 chars sous les drones juifs achetés par un grand taré avec un long tarin.
              On n’a qu’une vie autant la vivre dans le confort et la sécurité loin des mosquées ces fabriques à fanatiques le nez dans leur bouquin unique, ignorant lard, la musique,les sports individuels, les belles et bonnes créations de l’homme.
              Déjà, en France, ces égorgeurs nous rendent la vie impossible. Tu penses à ces pauvres encerclés de Stepanakert sous les canons de Chouchi... ?

              Sous la menace des musulmans, il n’y a que deux solutions politiquement correctes dans le monde  :
              la fuite ou,
              — le double-blindage des frontières avec contrôle interne strict.
              Pas de pitié pour les affamés qui, repus, deviendront des loups !


            • vraidrapo 19 décembre 2020 10:25

              @vraidrapo (Rappel d’Histoires Joyeuses avec les Tatares et les Mongols)

              1- According to the description of Azerbaijani communist Odzhakhkuli Musayev, "a ruthless destruction of defenceless women, children, old women and old men began. Armenians were exposed to a mass slaughter .... And what beautiful Armenian girls were raped and then shot. ... At an order of ... Khosrov-bek Sultanov, pogroms proceeded for more than six days, houses in the Armenian part were crushed, plundered and reduced all to ashes, everyone led women away whenever they wished, to musavatist executioners. During these historically « artful » punishments Khosrov-bek Sultanov, keeping speeches, talked to Moslems about holy war (Jihad) and called on to them to finish off the Armenians of city Shusha, not sparing women, children, etc. »

              According to the Great Soviet Encyclopedia (Third Edition, 1970), these events contributed to the death of 2,096 of the city’s population. Subsequently, only a few Armenian families remained.

              Nadezhda Mandelstam wrote about Shushi in the 1920s : " ... in this town, which formerly, of course, was healthy and with every amenity, the picture of catastrophe and massacres was terribly vivid ... They say after the massacres all the wells were full of corpses. ( ... ) We didn’t see anyone in the streets or on the mountain. Only downtown, in the market-square there were a lot of people, but there wasn’t any Armenian among them, they were all Muslims."

              On January 21, 1936, in the Moscow Kremlin, during the reception of the delegation from the Azerbaijan SSR, Sergo Ordzhonikidze remembers his visit to destroyed Shushi : "Even today I remember what I saw in Shusha in 1920, with horror. The most beautiful Armenian town was completely destroyed, and in the wells we saw corpses of women and children


              2- For three days in February 1988, the city of Soumgaït, in the Soviet Socialist Republic of Azerbaijan, experienced a real genocide. The Christian Armenian population was savagely attacked by the Azerbaijanis : dozens of people killed, beaten, tortured and burned alive, women and teenage girls raped, hundreds of apartments looted, ransacked and destroyed.

              The drama of Soumgaït is not only racial, it is also political. It is the one that all the ethnic groups of the various components of the USSR set.

              In condemning the pogroms of Soumgaït, Soviet scholars wrote, "Since the Stalinist ferocities, nothing has happened in our country that has rejected us so far back, from civilization to savagery."

              This is the atrocious picture of this savagery that we present to you from the stories of the Survivors

              Andrei Sakharov said : « For Azerbaijan, the question of Karabakh is a matter of ambition ; for the Armenians it is a matter of life and death ».


              https://www.seuil.com/ouvrage/la-tragedie-de-soumgait-un-pogrom-d-armeniens-en-union-sovietique-anonyme/9782020135795


            • vraidrapo 19 décembre 2020 00:24

              Avec l’arrivée de la Chine dans la Région, ça va puer davantage.

              Il faut vraiment se tirer de ce guêpier. Que les loups se bouffent entre eux...

              https://theconversation.com/le-caucase-chainon-majeur-du-projet-chinois-des-routes-de-la-soie-151783


              • patrickk 19 décembre 2020 07:54

                @vraidrapo
                Il faut voir. C’est le bras de fer sino-russe en Asie centrale mais ce sera moins facile pour la Chine de s’implanter au Caucase.


              • Spirit 19 décembre 2020 10:12

                Le groupe de Minsk était condamné à l’immobilisme et se satisfaisait très bien du statu quo : les coupables de la défaite arménienne sont sa diaspora qui a poussé les membres de ce groupe à l’immobilisme, pensant à tort que le temps était leur allié, au lieu de trouver une solution à ce problème. La france et les US était otages de la diaspora arménienne et l’Azerbaidjan savait qu’il ne pouvait pas compter sur eux pour récupérer ses terres. Il a fait ce qu’il fallait et les arméniens peuvent dire merci au grand frère russe qui leur a négocié une sortie plus qu’honorable. Poutine restera le maître des horloges, il a fait signer la paix entre ces 2 nations en gardant son aura intacte auprès des 2 populations. Aucun ressentiment à son égard, avec un tel homme nos piètres dirigeants ont de quoi s’inspirer. Quant à ERdo, c un très bon surfeur, il sait prendre la vague au bon moment, et pousse ses pions, la partie est loin d’être terminée, la France devrait tenir compte du changement de paradigme dans le monde pour sa politique étrangère et défendre ses propres intérêts au lieu de ceux des US : elle pourrait commencer en renouant avec les russes qui ne sont pas ses ennemis, plutôt des partenaires fiables et respectueux.


                • vraidrapo 19 décembre 2020 10:19

                  @Spirit

                  Il est à prévoir du changement dans le personnel politique à Erevan... tu devrais proposer tes services éclairés....ou à distance dans une Représentation diplomatique ?

                  PS : paradigme ? ça se mange comment ???


                • patrickk 19 décembre 2020 12:23

                  @Spirit
                  Il est vrai que la france a mal joué, mais que pouvait-elle faire ? Ce n’est pas du tout sa zone d’influence. Quand un minuscule pays de 3 millions d’habitants est pris en étau entre 10 millions d’Azeris, 140 millions de Russes et 80 millions de Turcs, que peut faire un pays tiers qui est à 3000 km de là ?


                • vraidrapo 19 décembre 2020 17:30

                  @patrickk

                  que peut faire un pays tiers qui est à 3000 km de là ?

                  Transplanter les anciens missiles intercontinentaux du plateau d’Albion par exemple ? Qui peut le plus peut le moins... et « un missile » pour Ankara ! Un !
                  Pour Israël, la CIA ne se serait pas gênée...
                   smiley


                • Ophélie 19 décembre 2020 17:19

                  Article intéressant très complet et plutôt objectif.

                  Ce qui m’inquiète c’est que les pourris qui ont dirigé l’Arménie pendant 30 ans et qui sont les vrais responsables de la défaitede l’Arménie reviennent au pouvoir. Dans ce cas l’Arménie aura perdu deux fois, une fois contre l’Azerbaïdjan et une fois contre la corruption. Et la révolution de velours passera à la trappe.


                  • patrickk 19 décembre 2020 17:27

                    @Ophélie
                    Effectivement les corrompus qui étaient à la tête de l’Arménie jusqu’à la révolution de velours qui a mis Pachinian au pouvoir en 2018 relèvent la tête et ont réussi à convaincre une partie de la population que c’est Pachinian qui est responsable de la défaite alors que c’est eux qui sont responsables. S’ils reviennent au pouvoir ce sera pour l’Arménie une catastrophe bien plus grave que la défaite contre l’Azerbaïdjan.


                  • titi 19 décembre 2020 18:00

                    @L’auteur

                    Ce conflit concernait 150 000 habitants sur un espace plus petit que l’Ile de France.

                    Pas étonnant que personne ne veuille se fâcher avec personne.


                    • patrickk 19 décembre 2020 20:14

                      @titi C’est vrai ! C’est bien cela le drame.


                    • patrickk 20 décembre 2020 09:15

                      @titi Quand on pense que plusieurs millions de Katangais, de biafrais, de Catalans, etc. n’arrivent pas à avoir leur indépendance, 150 000 Karabartsis ont bien peu de chance.


                    • OMAR 20 décembre 2020 09:34

                      Omar9
                      .
                      Bonjour @patrickk
                      .
                      Il faut encore être franc et honnête : l’indépendance du Haut-Karabagh n’est qu’une étape vers le rattachement de cette région, à l’Arménie.
                      .
                      Ce que n’importe quel politologue, arménien ou azéri vous le dira.
                      .
                      C’est donc une annexion en douce de cet oblast.
                      Comme les grecs rêvent de faire avec Chypre, l’Enosis


                    • patrickk 20 décembre 2020 15:55

                      @OMAR
                      Pourquoi pas ? Ils sont Arméniens des deux côtés. Et l’Arménie a déjà du mal à survivre. un micro-Karabagh ce serait encore pire.

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