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Pourquoi les Français n’aiment pas l’ENA

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Fin Avril 2019, le président de la république chargeait Frédéric Thiriez, haut-fonctionnaire passé par l’ENA, de rédiger un rapport soulignant les pistes envisageables pour une réforme des écoles de la haute fonction publique. Des écoles aujourd’hui nombreuses : on compte parmi les plus célèbres d’entre elles l’ENA ou l’école de la magistrature (ENM), mais aussi d’autres institutions spécialisées comme l’EHESP (école des hautes études de la santé publique), l’INET (l’institut national des études territoriales) ou encore l’ENSP (l’école des commissaires de police).

Selon Frédéric Thiriez, dans un entretien au Figaro, « le système n’est plus adapté à une fonction publique moderne, répondant aux besoins de nos concitoyens et des gouvernements ». Prenant acte de ses observations, le rapporteur a laissé paraître ses premières pistes de réforme : davantage de discrimination positive à l’entrée, suppression de l’épreuve de culture générale à l’ENA ou encore mise en place d’un année commune à plusieurs de ces écoles constituant une forme de tronc commun pour les futurs agents du service public. 

 

L’ENA, comme d’autres de ses camarades, suscite de vives critiques depuis maintenant plusieurs années et les “énarques” évoquent toujours plus à de sentiments péjoratifs à l’opinion publique.

Des ressentiments qui s’expliquent avant tout par l’apparente impression de déconnexion entre ces élites du système, professionnels de l’administration du pays, et les véritables préoccupations des citoyens, au rang desquelles l’on trouve le besoin de lisibilité des réformes ou de garanties d’un service public oeuvrant pour l’intérêt général. En effet, si la critique envers ces hauts fonctionnaires est tant virulente, et plus particulièrement envers les anciens élèves de l’Ecole nationale d’administration, c’est au fondement de trois principaux éléments. 

 

Tout d’abord, le constat que de nombreux énarques décident, au cours de leur carrière, d’effectuer des allers-retours entre l’entreprise privé et le service public. Cette pratique est difficilement acceptable quand elle est mise face à la véritable vocation du haut-fonctionnaire s’engageant à servir l’état : une dévotion pour l’intérêt général est-elle possible alors que l’on pense à aller -ou que l’on en revient- servir les intérêts privés des actionnaires de grandes entreprises ? Et, si elle est effectivement possible, n’est-on pas pour autant lié par des engagements individuels et un réseau passé ? Une contre-critique juste à cet argument existe cependant : au regard de l’état de la fonction publique actuelle, un indéniable besoin d’importation des méthodes et des connaissances du privé est nécessaire pour la redynamiser. Mais encore une fois, un regard lucide sur l’enjeu est essentiel : d’autres méthodes, moins répréhensibles sur le plan de la morale, peuvent contribuer à renforcer le fonctionnement du service public. 

 

La seconde critique qui pourrait être adressée à l’ENA (tout particulièrement), est de former des hauts fonctionnaires qui entretiendront une grande complicité avec le monde politique. Une complicité certes nécessaire, car le haut-fonctionnaire est le bras armé de l’homme politique, celui qui connaît le détail, la technique, et qui la transforme en savoir pour le politique ; mais dont l’étendue peut-être remise en cause. En effet, l’entente entre ces deux mondes a dépassé la simple relation de travail et la haute fonction publique apparaît, sous toute la cinquième république, comme le vivier des hommes et femmes politiques futurs. Un tel constat pose des problèmes évident de représentativité, là où l’élu est celui qui a mandat du peuple pour agir ; et pose le problème plus profond de la démocratie. Une démocratie ne peut s’apparenter à un système dans lequel d’anciens collaborateurs de travail devenus politiciens se passent le relais, via la structure organisée du parti politique, et forment un embryon de corporatisme animé par d’incessantes circulations entre le monde de l'élection et celui de l’administration. Rien ne justifie a priori qu’il existe, dans le contrat social au sens le plus pur, des dispositions accrues de certaines professions à la représentation. C’est donc implicitement le refus que la technique et le corporatisme soient une tendance de fond du système politique actuel qui justifie l’hostilité tangible envers l’ENA et les énarques qui en sortent. 

 

Enfin, le troisième argument justifiant une critique du fonctionnement de l’ENA réside dans la manière dont elle sélectionne ses élèves, et c’est là le point que F. Thiriez a choisi comme angle d’attaque pour mener une réforme profonde de l’institution. En supprimant l’épreuve de culture générale, le rapporteur souhaite ainsi abattre l’épreuve “reine” des classes supérieures, celles qui possèdent bien souvent le capital culturel le plus important. Il n’est pas ici question de se demander si ce choix est un bon choix ou non, mais il met en évidence la lucidité du gouvernement sur une réalité de la haute fonction-publique : elle ne représente, en terme d’origines, qu’une fraction de la population. Et l’on comprend alors naturellement la critique qui lui est faite, à savoir : peut-on bénéficier d’une vision plurielle et ouverte -exigence pour un service public universel- lorsque l’on travaille et que l’on côtoie uniquement “ses anciens camarades de classe” ? On l’imagine difficilement.

 

Pour ces raisons, l’animosité croissante des français envers leurs énarques -comme l’a par exemple témoignée le mouvement des gilets jaunes- a rendue nécessaire une réforme de la haute fonction publique. 

 

Pourtant, quand Charles de Gaulle et Michel Debré créent, par décision politique, l’ENA en 1945, la volonté est alors de démocratiser l’accès aux plus hautes fonctions de l’administration et de laisser à chacun l’opportunité d’atteindre les plus grandes responsabilités.Il s’agit en quelque sorte d’une révolution, en ce que l’Etat devient un peu plus l’incarnation d’un idéal méritocratique, et revêt ainsi son rôle naturel : celui de montrer l’exemple aux citoyens. 

Cela n’est aujourd’hui plus le cas. N’oublions pas que la france présente une spécificité étonnante par rapport à ses voisins : elle est un des seuls pays où existent des écoles publiques destinées à produire les futurs élites de l’administration. Partout ailleurs, l’état agit comme un recruteur privé en allant chercher ses cadres parmi les meilleurs des grandes écoles ou les doctorants spécialisés, et les ministères présentent chacun leurs propres méthodes de recrutement. 

 

D’aucuns seront fiers de cette spécificité, d’autres mettront en évidence le rôle nouveau de l’université aujourd’hui -bien plus démocratisée et source de diversité- qui pourrait devenir un nouveau moyen normalisé de sélection des hauts fonctionnaires. 

 


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21 réactions à cet article    


  • Gogole Lola 11 janvier 12:01

    L’ENA est surtout devenue le ventre fécond du pantouflage.


    • Ruut Ruut 13 janvier 16:51

      La soucis n’est pas l’ENA, c’est les résultats et les actions de ceux qui en sortent qui posent problème.

      Visiblement il y a une défaillance majeure dans l’instruction issue de cet organisme.


    • Raymond75 11 janvier 12:03

      L’ENA fut crée en 1945, dans le contexte de la reconstruction d’un état qui avait failli pendant l’occupation et qui était dévasté par la guerre. Elle a formé effectivement une élite qui s’est consacrée à l’état, et a permit à la France de reprendre sa place.

      Puis, lentement mais surement, cette élite est devenue une nouvelle noblesse d’état, inamovible et prédatrice.

      Enfin, elle a fini par accaparer les conseils d’administration des entreprises privées, où elle n’a pas fait preuve d’un grand savoir faire : ce qui comptait était ses réseaux et ses liens avec le monde public et le monde des affaires, grâce au pantouflage. A l’américaine en quelque sorte.

      A la fin de l’année universitaire 2018 (peut être 2017) les directeurs de Sciences-Po Paris et de l’ENA avaient déploré publiquement l’absence quasi totale d’idées, de point de vue personnel, d’esprit d’analyse voire de contestation de leurs étudiants : un conformisme total à la ’pensée unique’ considérée comme un dogme. Comme cause principale le recrutement dans un milieu social totalement homogène de cadres de direction et de hauts fonctionnaires, tous économiquement privilégiés, et héritiés. Enfin tous ces étudiants privilégiés avaient bénéficié de toutes les aides possibles pour faire leurs études et leurs prépas, certes difficiles, mais inaccessibles aux classes populaires.

      Science Po a la première pratiqué la discrimination positive, pour devenir accessible aux meilleurs élèves des zones défavorisées, et cela marche : ils se révèlent bons étudiants !

      Succès ? non, car à leur sortie de l’école, confrontés aux réseaux relationnels des ’bonnes familles’, ils se trouvent à nouveau discriminés pour trouver une affectation ...

      Comme pour l’égalité des hommes et des femmes, il ne suffit pas de changer les lois et les règles : c’est la nature même de la société qui doit évoluer, et cela prend en général deux générations.


      • mmbbb 11 janvier 12:48

        @Raymond75 ecole des cadres creee a Uriage dans un premier temps .
        Quant au decrochage economique de notre pays , il est evident que notre elite peut etre critiquée parce nous sommes déclasses notamment en recherche nous sommes a 7 eme place .
        Comme vous le soulignez ce sont les reseaux en France , vous parler des zones defavorisee , cela a toujours existe auparavant les fils de prolos n avaient guere de chance d acceder Le paradoxe est l ecole , elle se veut egalitaire, mais il y a une selection severe qui ne veut pas dire son nom Le paradoxe est que la gauche ne veut pas entendre ce discours Moi je ne parle plus de cette problématique , les personnes du peuple , semblent accepter ce modele , Les francais ne sont pas des pragmatiques , ils ont du mal a appréhender la realite , la preuve la monte du communautarisme La reaction du peuple est toujours ambivalente In fine nous le payons cher , une societe francaise fragmentée , atomisee ou les revendications categorielles l emportent sur l interet general .Une rupture de l elite et du peuple et la montee du « populisme » . C est une resultante de la defaite de l elite 


      • CLOJAC CLOJAC 11 janvier 19:35

        @Raymond75

        « Enfin, elle a fini par accaparer les conseils d’administration des entreprises privées, où elle n’a pas fait preuve d’un grand savoir faire : ce qui comptait était ses réseaux et ses liens avec le monde public et le monde des affaires, grâce au pantouflage. A l’américaine en quelque sorte. »

        Quand on voit le nombre d’entreprises, instituts, entités, groupements divers dans lesquels l’État a une participation ou de l’influence, et où on les a casés, et qu’ils ont ruinés, et qu’il a fallu remettre à flot avec l’argent des Français pour éviter d’aggraver le chômage... Ça ne peut qu’inspirer de la colère.

        Ceci dit, « à l’américaine » est une comparaison très approximative.
        Là-bas, certes, il y a une grande porosité entre le public et le privé, mais quand un individu s’avère incompétent, on le vire sans autre forme de procès ! 
        Et même si le hiérarque est bon, à chaque changement de président ou de gouverneur, le spoil system le menace d’une mise à pied. 

        L’emploi à vie et les juteux lots de consolation dans le service public pour les plus nuls, makache. Une fois viré, il faut te retrousser les manches et changer de secteur et aller loin, si tu veux avoir une chance de te refaire.
        Où tu redémarreras à zéro. Les reconstitutions de carrières à la française, encore makache.

        Il y a une autre différence : Il suffit de comparer le programme de l’ENA et les cursus de la London School of economics (prisée des wasp de la côte E) ou de la Harvard Business School, pour voir la différence !
        Même les universités de second ordre qui proposent un cycle business simplifié enseignent à agir et réagir a tempo sur des cas concrets, pas à faire des plans de dissertation in abstracto.


      • Raymond75 11 janvier 20:14

        @CLOJAC

        Exact


      • Aimable 11 janvier 12:40

         L’ ENA est tout simplement devenue au fil du temps , une fabrique de robots humanoïdes , alors ceci explique cela .


        • jef88 jef88 11 janvier 13:20

          Il y a presque 45 ans, en tant que plus jeune directeur dans un groupe industriel, j’ai eu le délicat privilège de transporter 2 énarques dans ma DS entre les sites du groupe ....

          L’un d’eux m’a fait une remarque qui m’a frappé :

          «  A l’ENA on n’apprend rien, tout nous a été dit en sciences-po .....

          Mais On doit se faire et on se fait des relations ...

          C’est cela qui est important pour notre avenir ! ! !  »


          • CLOJAC CLOJAC 11 janvier 19:47

            @jef88

            «  A l’ENA on n’apprend rien, tout nous a été dit en sciences-po ..... »

            On leur apprend aussi l’art de mépriser et d’insulter les gens poliment, avec des mots choisis, sans élever le ton de la voix, art dans lequel le freluquet excelle.

            Une parente qui bossait en préfecture me racontait comment, chaque année, ils recevaient 2 stagiaires de l’ENA pendant 4 mois.

            Sitôt débarqués, ces mectons traitaient les chefs de bureau et les directeurs comme de la merde. Imposant leur point de vue théorique à des gens expérimentés, quitte à créer des bisbilles avec les élus locaux et des mouvements de protestation des assoces et des syndicats, ce dont ils n’avaient strictement rien à cirer. 


          • Albert123 11 janvier 18:28

            « D’aucuns seront fiers de cette spécificité, d’autres mettront en évidence le rôle nouveau de l’université aujourd’hui -bien plus démocratisée et source de diversité- qui pourrait devenir un nouveau moyen normalisé de sélection des hauts fonctionnaires. »


            on ne se soumet et on ne respecte que ce qui se trouve être supérieur à soi même.

            vu le niveau désormais déplorable de ce qui ressort de l’ENA et la bouillie de ce qui est produite à l’université, il faudra surtout trouver d’autres solutions.

            entre la fabrique des couillons arrogants de l’ENA aussi peu créatifs que spirituels et l’inculture et la stupidité infinies de ce qui sort de l’université, on observe surtout un nivellement général par le bas totalement incompatible avec les enjeux actuels.

            si les jacqueries dans ce pays se multiplient ce n’est pas tant que le contexte est propice, c’est surtout parce que la pseudo élite qui est en place n’est pas respecté car elle n’est pas respectable.


            • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 11 janvier 22:02

              « suppression de l’épreuve de culture générale »

              Sacrebleu, Ils veulent vraiment enfoncer le clou jusqu’au bout. 


              • CLOJAC CLOJAC 12 janvier 04:28

                @Florian LeBaroudeur

                « suppression de l’épreuve de culture générale »

                « Sacrebleu, Ils veulent vraiment enfoncer le clou jusqu’au bout. »


                Aujourd’hui la culture générale est trop politisée pour être significative.

                Je connais une autres « grande » école où les épreuves de culture dite générale étaient en fait très particulières. Dans le style :

                 L’Union Européenne est-elle l’avenir pour notre continent ?

                — L’immigration est-elle un chance pour la France ?

                 La prison est-elle la solution pour combattre le crime ?

                 Les Britanniques ont-ils raison de vouloir quitter l’U.E ?

                And so on.....


              • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 12 janvier 10:35

                @CLOJAC

                Je suis d’accord avec vous, la culture générale est justement trop générale pour être incorporer dans une institution à cloison fermée.

                Mais quand même, c’est symboliquement fort 

                Personnellement, quand on me parle de culture générale, je pense d’accord à des sujets plus vastes, comme l’histoire, la géographie, la science et les arts plutôt que les questions de société issu de l’actualité à chaud. 


              • popov 12 janvier 12:57

                @Florian LeBaroudeur

                Il faudrait peut-être un test d’inculture générale pour ratisser bien bas.


              • Ruut Ruut 13 janvier 16:55

                @Florian LeBaroudeur
                (Humour) Un énarque ne comprend même pas le sens du mot culture.
                Les résultats des différents Ministres de la culture en sont les plus belles preuves.
                Le Français c’est appauvris et les œuvres futuristes (Science Fiction) Françaises sont rares.
                La Culture n’est pas seulement l’Histoire, c’est aussi pouvoir rêver le Futur.


              • pallas 11 janvier 22:28
                Paul Klotz

                Bonsoir,

                On ne vous apprend vraiment rien dans vos écoles

                Seul le plus fort peut survivre en ce monde, sabre a la main.

                C’est l’art de la guerre

                Salut


                • pallas 11 janvier 23:02
                  Paul Klotz

                  Bonsoir,

                  Si j’ai survécu, c’est simple,

                  Je me suis battu seul, ce précepte je l’ai acquis dans mon existence, mais sans aller dans la lâcheté et le vampirisme des criminels et autres escrocs.

                  Je suis fort par moi meme, pour moi mème, sans bouffer autrui.

                  Il ni a que ma propre existence qui compte, ma survie propre, rien d’autre.

                  A contrario, je n’accepterai personne sur mon chemin

                   : smiley

                  Salut

                  PS : je prend toujours au sérieux quiconque me faisant face


                  • ETTORE ETTORE 11 janvier 23:29

                    J’ai toujours trouvé, que par un curieux hasard, avec l’inversion des trois lettres, on était bien plus proche ..... de la vérité !

                    Et, j’en profite, par la même occasion, pour demander, aux mêmes, à quatre pattes de n’avoir aucune rencoeur envers ces usurpateurs d’identité, qui ne marchent qu’à la carotte du pouvoir.


                    • pallas 12 janvier 00:06

                      @ETTORE

                      Les femelles ne sont pas a dissocié de leurs males

                      Je ne suis pas un dieu, donc pas zoologiste sur la nature humaine

                      Quoi que, mon expérience ....

                      Bref .....

                      Salut


                    • mmbbb 12 janvier 16:44

                      A l auteur , il y a du boulot si vous voulez réconcilier l élite et le citoyen In fine vous avez le résultat escompté une défiance envers cette elite , des partis qui ne representent rien , la montée du populisme des abstentions records lors des élections . Petit rappel , j ai eu un plaisir immense lorsque les enarques Fabuis et Hollande se sont pris une bonne beigne diplomatique en Syrie . Tout enarques qu ils soient, ces cranes d oeuf n ont pas fait un plis devant Poutine . Des petits rigolos juste bon a faire les kakous avec les subalternes dans les prefetures ou autres . Hollande , toujours lui , n a pas moufter lorsque les amerloques ont inflige une amende record a la BNP . Vos enarques sont des couilles molles 

                      TRUMP POUTINE , l elite francaise ne cessent de les critiquer mais ils ont du caractere 


                      • zygzornifle zygzornifle 13 janvier 13:42

                        Parce que les Français n’aiment pas les tiques ni les ténias c’est a dire les parasites .....

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