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Accueil du site > Tribune Libre > Pourquoi les immeubles s’effondrent

Pourquoi les immeubles s’effondrent

Bombardement ? Tremblement de terre ? Même pas !

En France, les immeubles tombent tout seuls. La faute à la politique du logement menée depuis des décennies.

Depuis les années 70, le rythme de construction des logements sociaux s'est ralenti. Comme dans d'autres secteurs, on s'en remet au secteur privé. Actuellement, la France compte moins de 5 millions de logements sociaux sur un total de 34.5 millions de logements. Autrement dit, seulement un logement sur 7 est un logement social, ce qui suggère que 6 français du 7 devraient pouvoir se loger grâce au marché privé. Nous savons tous que ce n'est pas le cas.

60% des français sont propriétaires de leur logement, et c'est bien là le problème. En effet, le revenu médian est de 1679€ par mois, ce qui veut dire que 50% de la population gagne moins. Fatalement, au moins 10% de la population gagne moins de 1679€ tout en étant propriétaire de son logement.

Maintenant, posez vous une question : comment peut-on amortir et entretenir un logement en gagnant moins de 1700€ par mois ?

C'est impossible. Il est donc clair qu'une partie des propriétaires n'a pas les moyens d'entretenir son habitat. C'est notamment le cas des retraités pauvres, qui ont pu acquérir un logement modeste pendant leur vie active et qui ne parviennent plus à payer les factures.

Dans les copropriétés, cela se traduit par un entretien insuffisant du bâti. Il devient souvent impossible de trouver une majorité pour voter des travaux.

Certaines initiatives des pouvoirs publics, qui partent pourtant d'un bon sentiment, aggravent encore les choses. Ainsi, dans de nombreux cas, on ne peut plus ravaler une façade sans isoler par l'extérieur, ce qui en augmente considérablement le coût. Il était déjà difficile de faire voter un ravalement de façade, mais maintenant, c'est encore pire. De même, il est devenu illégal de remplacer à l'identique de nombreuses chaudières à gaz, ce qui augmente très fortement leurs coûts. Résultat : on prolongera la vie de chaudières obsolètes, dangereuses et polluantes.

Si une AG de copropriété vote des travaux, il y aura des gens qui ne pourront pas payer. Cela fera donc des contentieux, des actions en justice, qui pourront déboucher sur des saisies immobilières. Des retraités, qui vivotaient tant bien que mal, seront ainsi mis à la porte de chez eux.

Faute de recevoir un entretien suffisant, les copropriétés se dégradent au fil du temps,. Il ne faut donc pas s'étonner que des immeubles commencent à s'écrouler.

L'économie d'un HLM est totalement différente. L'office fait construire le bâtiment grâce à un emprunt sur 30 à 50 ans. Une fois l'emprunt remboursé, le montant des loyers suffira à entretenir et moderniser le bâtiment. Au contraire, dans le privé, les logements changent de main constamment et les copropriétaires sont perpétuellement endettés, ce qui bloque les travaux de maintenance.

C'est pourquoi le parc HLM est généralement assez bien entretenu, bien mieux que les copropriétés pauvres.

Comme il n'y a pas assez de logements sociaux, de nombreux français qui devraient avoir accès aux HLM, deviennent propriétaires de logements... qu'ils n'ont pas les moyens d'entretenir ! La seule façon de sortir de cette impasse est de mettre en chantier de très nombreux logements sociaux. Ce n'est pas utopique. En prenant un coût moyen de 200 000 euros, la construction d'un million de logements sociaux supplémentaires coûterait 200 milliards. En amortissant sur 50 ans, cela représenterait 4 ou 5 milliards d'euros par an, ce qui est une charge tout à fait supportable, d'autant qu'elle est remboursée par les loyers.

On me dira qu'il n'y a pas d'argent, mais faut-il rappeler que chaque année, 8.4 milliards d'euros sont dépensés à verser des APL, lesquelles sont finalement captées par les propriétaires sous forme de hausses de loyers ? Cet argent serait bien mieux utilisé à construire des HLM !

On pourrait même raisonnablement envisager de construire plusieurs millions de logements sociaux supplémentaires, ce qui aurait les avantages suivants :

  • Des citoyens mieux logés.
  • Un habitat plus économe en énergie. Accélération de la transition énergétique.
  • La baisse des loyers dans le secteur privé, par le jeu de l'offre et de la demande.
  • La fin de l'inflation immobilière.
  • Un habitat plus groupé.
  • Une meilleure mobilité des salariés.
  • Du travail pour les entreprises du BTP.

Ce qui s'effondre aujourd'hui, ce ne sont pas seulement des immeubles, c'est surtout la conception d'une France de petits propriétaires immobiliers. Cette vision archaïque ne répond plus aux problématiques de notre temps.

Source de la photographie :

url de la page : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fotothek_df_ps_0000116_Fassadenst%C3%BCck_einer_Ruine_mit_Gaslaterne.jpg

url du fichier : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7f/Fotothek_df_ps_0000116_Fassadenst%C3%BCck_einer_Ruine_mit_Gaslaterne.jpg

Crédit à l'auteur : Deutsche Fotothek‎ [CC BY-SA 3.0 de (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/de/deed.en)], via Wikimedia Commons


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67 réactions à cet article    


  • Sergio Sergio 10 novembre 2018 14:51

    Les petits propriétaires ne signent plus pour des ravalements de façade, mais plutôt pour des ’ dévalements ’.


    • baldis30 10 novembre 2018 18:49

      @Sergio

      bonsoir, I
      Il y a même des PLU /POS qui imposent de ravaler périodiquement les façades pour que cela paraissent bila ville ait un air accueillant ... 
      Bien entendu aux frais des propriétaires qui répercutent sur les locataires .... 
      Et parce que les portemonnaies des uns et des autres ne sont pas extensibles il y a dégradation des conditions internes d’occupation ... on n’entretient plus les escaliers, on n’entretient plus les installations électriques, on arrête les ascenseurs... 
      Mais il ne s’est jamais produit d’accidents donnant lieu à procès ...( je dois affabuler !) jamais, puisque je vous le dis jamais dans aucune ville, sur aucun boulevard Vincent Auriol ... jamais .. jamais !
      Cela a été CLAIREMENT mis en évidence sur des incendies se produisant dans des immeubles vétustes ... et les prescriptions de façades propres des PLU /POS étaient respectés ... parce que SINON .... cela est sanctionné ... !

       La ville est ainsi propre ... peu importe que ses habitants crèvent ... la ville est propre ...


    • Croa Croa 11 novembre 2018 08:08

      À baldis30 « qui répercutent sur les locataires . »
      FAUX. D’autant que c’est très réglementé, les charges courantes peuvent être refacturées aux locataires mais les gros travaux nécessaires restent à la charge des propriétaires.


    • baldis30 11 novembre 2018 09:10

      @Croa

      Non VRAI .... parce que si ce n’est pas répercuté sur les charges c’est répercuté sur le loyer ... !



    • François Pignon NEMO 10 novembre 2018 15:25

      Vous croyez que les occupants des immeubles incriminés étaient co-propriétaires ou que les propriétaires de ces immeubles n’ont pas les moyens de les entretenir ?Le phénomène est certainement plus subtil et peut s’observer dans toutes les grandes villes du monde. Il s’agit de la « gentrification »

      Encouragée par certaines municipalités sous la forme de politiques urbaines de restructuration, la gentrification a pour objectif de disperser les résidents aux faibles revenus du centre-ville vers la banlieue, de favoriser les mobilités centre-périphérie, et de valoriser les centre-villes en dévalorisant les banlieues (qui sont souvent d’autres communes).

      La spéculation rendue possible par l’espoir d’une plus-value conséquente pousse les propriétaires des immeubles destinés à la destruction ou à le « réhabilitation », à les laisser se dégrader pour en chasser les occupants.

      Sauf que ces opérations ne prévoient pas l’alternative de logements pour ceux qui ne peuvent même pas payer un loyer de « logement social » quand il existe.
      Alors, les municipalités en question jouent la montre et ne procèdent à des interventions qu’en période électorale.

      Entre temps, leur « clientèle » s’installe progressivement dans les quartiers déjà réhabilités.

      Et pourquoi ces immeubles ne seraient-il pas la propriété de groupes financiers qui peuvent gérer leur parc sur la durée ?


      • Fergus Fergus 10 novembre 2018 15:52

        Bonjour, NEMO

        « la gentrification a pour objectif de disperser les résidents aux faibles revenus du centre-ville vers la banlieue »

        Vous confondez les causes et les effets ! Je vous invite à lire cet article : Cette « gentrification qui chasse les classes populaires de Paris.

        Comme j’ai eu l’occasion de l’écrire à plusieurs reprises, ce phénomène touche toutes les métropoles d’Europe, qu’elles soient gérées par la droite ou par la gauche, toutes tendances confondues !


      • François Pignon NEMO 10 novembre 2018 16:06

        @Fergus

        ai-je dit autre chose ?


      • Alren Alren 10 novembre 2018 16:17

        @Fergus

        C’est en effet un phénomène général qui touche aussi les maisons de campagnes rachetées par des rurbains : l’amélioration de l’habitat pour plus de confort et de sécurité.
        Ce n’est pas pour rien que les magasins de bricolage vendent à des propriétaires du matériel destiné il y a peu encore à des professionnels.
        Et non seulement un gouvernement de gauche ne s’y oppose(rait) pas, mais il l’encourage(rait).
        Car la qualité du logement participe grandement à la qualité de la vie.


      • Désintox Désintox 10 novembre 2018 17:23

        @NEMO
        Ce que vous dites existe aussi. Néammoins le phénomène de dégradation des copropriétés est massif. Il suffit de se promener dans la rue et de lever la tête pour s’en convaincre.


      • Rincevent Rincevent 10 novembre 2018 17:31

        @NEMO

         les laisser se dégrader pour en chasser les occupants. C’est exactement ce qui s’est passé chez moi. Un quartier du centre ville, réputé ‘’festif’’. Ceux qui ont fait les fêtes de Bayonne connaissent : c’est le Petit Bayonne. Un habitat typique mais très vieux, plus du tout aux normes, des proprios à peine en mesure d’entretenir et le cercle vicieux qui s’est installé : c’est moche donc on loue pas cher à des ‘’pauvres’’ qui ne respecteront pas toujours ce qui n’est pas respectable… Au total : dégradations, peu de loyer (quand il est payé) et vente à bas prix un jour ou l’autre (là, il n’est pas question de spéculation pour le vendeur).

        En plus, des squats, du commerce d’herbe qui fait rire, des bars ‘’politiques’’. Bref, tous ce qui excite le bourgeois à condition que ce ne soit pas dans son quartier. Or, de réhabilitations en programmes immobiliers neufs, c’est en train de devenir leur quartier ! Avec des revendications qui font rire les vieux bayonnais, du genre : fermeture des bars plus tôt, niveau de la musique, etc. Les ‘’historiques’’ vivaient avec mais eux pas ! Et ils commencent à obtenir ce qu’ils veulent de la municipalité.

        Ça me fait penser aussi à ces néo-ruraux qui portent plainte contre le coq du fermier voisin…


      • eric 10 novembre 2018 19:11

        @Fergus
        Bonjour
        Depuis Haussmann, la population française à doublée. De 37 à 64 millions.
        Dans une étude de 1957 !!! Nos statisticiens constataient qu’il y avait 8 millions de personnes en moins habitant les campagnes, contre 15 millions de plus dans les villes....
        Les critères de confort ont évolué. les gens veulent plus de place. Les familles ont explosé ; Il y a de plus en plus de foyers de moins en moins nombreux.
        Ainsi, des chambres de bonnes ou logeaient des familles, sont réunie pour faire un trois pièce pour une famille redécomposée. De grands appartements familiaux son démembrés.

        La taille de Paris intra-muros, elle, n’a pas augmenté enproportion. L’urbanisme Haussmanniens est celui qui permet la construction du plus de M2 de plancher par m au sol.

        Ainsi, construire des logements sociaux dans Paris, est un politique démagogique, populiste et injuste socialement. Cela coûte extrêmement cher ( prix du foncier, contraintes style parisien), il n’y en aura jamais assez face à la demande. Seul des gens choisis obtiendront de payer deux fois moins cher que les autres.

        La vraie question et celle des transports.

        La revendication de logements sociaux dans Paris centre EST, une revendication de bobos. Les prix de tout nature en intra muros font que même si tu as un logement moins cher, et que tu es pauvre, c’est dur d’y habiter. Pas ou peu d’hyper marché économes, boutiques haut de gamme, etc...

        Les Hidalgo et Delanoe, fondamentalement, ont gaspillé l’argent public pour loger leurs enfants et leurs femmes de ménage pas trop loin de chez eux.


      • Croa Croa 11 novembre 2018 08:23

        À Fergus « qu’elles soient gérées par la droite ou par la gauche, toutes tendances confondues ! »
        FAUX, ce sont tous les mêmes. Ces gens ont des étiquettes différentes, de la vraie droite à la fausse gauche mais ils font tous la même politique qui arrange les riches.


      • Fergus Fergus 11 novembre 2018 09:40

        Bonjour, Croa

        Attention aux mantras déconnectés des réalités pour des raisons idéologiques !

        Dans une société de marché, les municipalités sont de facto très largement dépassées par le phénomène, très largement induit par les appétits des bailleurs privés et la nécessité de réhabiliter, tant dans le parc privé que dans le parc public, les habitats anciens délabrés et vétustes.

        Dans un contexte de hausse constante du foncier et des coûts de rénovation, lesdites municipalités sont quasiment impuissantes à contrer la « gentrification ».

        A cet égard, il suffit de voir ce qui se passe à Montreuil, pourtant gérée par une équipe communiste  : la ville est en train de se boboïfier sans que les édiles ne parviennent à enrayer le phénomène. Et Montreuil n’est pas isolée, loin s’en faut dans la petite ceinture de Paris.


      • Rincevent Rincevent 12 novembre 2018 14:40

        @Fergus

        la ville est en train de se boboïfier sans que les édiles ne parviennent à enrayer le phénomène. En ont-ils vraiment envie ? Parce que, même communiste, c’est quand même plus cool de gérer de la classe moyenne plutôt que des pauvres, surtout au niveau tiroir-caisse…


      • bluerage 10 novembre 2018 15:42

        Tiens, un ami des marchands de sommeil, c’est gentil à vous de pousser les pauvres gens à louer des logements insalubres à prix astronomique à des marchands de sommeil sans âme jusqu’à finir à la rue quand il ne pourront plus le faire vu l’inflation des prix à la location.

        Après cela vous vous étonnez que les gens préfèrent être propriétaires de leur chez soi, vos théories collectivistes vous dévoilent comme un p**** de trotskiste, sans doute souhaitez vous plus d’immigrés pour pouvoir les entasser dans vos infects bâtiments collectifs, la propriété privée c’est du vol, c’est ça hein ? smiley


        • Désintox Désintox 10 novembre 2018 17:28

          @bluerage
          Vous critiquez des articles sans même les avoir lu.

          Votre intervention est absurde. Je préconise la construction de nombreux logements sociaux par les offices HLM, qui sont tout le contraire de marchands de sommeil.

          Et bien sûr, on a droit à un couplet sur les immigrés, sources de tous les maux pour les racistes...


        • Sparker Sparker 12 novembre 2018 16:53

          @bluerage

          "la propriété privée c’est du vol, c’est ça hein ?

          "

          Oui oui c’est ça toutafé..


        • foufouille foufouille 10 novembre 2018 16:04

          « Maintenant, posez vous une question : comment peut-on amortir et entretenir un logement en gagnant moins de 1700€ par mois ? »

          tu as fini de payer le crédit sinon tu n’auras pas de crédit donc c’est possible. suffit de se serrer la ceinture et d’économiser.

          il existe des aides également.


          • Désintox Désintox 10 novembre 2018 17:29

            @foufouille
            « tu as fini de payer le crédit sinon tu n’auras pas de crédit donc c’est possible »

            Désolé, je ne comprends rien à cette phrase.


          • foufouille foufouille 10 novembre 2018 17:34

            @Désintox
            aucune banque ne te feras un crédit avec un revenu de 1700 sauf pour une vieille baraque en campagne. en ville, tu seras locataire vu les prix.
            donc tu n’as plus de crédit et peux entretenir ton logement.


          • Désintox Désintox 10 novembre 2018 18:38

            @foufouille
            Et pourtant, 60% des français sont propriétaires et 50% gagnent moins de 1700€.

            Il y en a donc donc forcément au moins 10% qui sont les deux à la fois.

            Si vous empruntez sur une longue durée, il est parfaitement possible que vos revenus baissent alors que l’emprunt n’est pas encore amorti.


          • eric 10 novembre 2018 19:17

            @foufouille
            Ça, faut demander à Besancenot, propriétaire à Paris à une époque ou il déclarait moins de 1000 euros nets par mois


          • Croa Croa 11 novembre 2018 08:27

            À foufouille,
            Oui, c’est l’achat à crédit qui mets les gens dans la merde. Il est bien évident que lorsque tu dois payer des traites t’as plus aucune marge pour pallier aux imprévus !
            Le crédit ça devrait être INTERDIT !


          • foufouille foufouille 11 novembre 2018 09:37

            @Désintox
            le smic de 1250€ net, donc les smicards ont tous des taudis ou des logements hors de prix selon toi.


          • foufouille foufouille 11 novembre 2018 09:38

            @Croa
            il faut toujours prévoir et prendre un crédit avec une mensualité la plus petite possible, 20-25%.


          • flourens flourens 10 novembre 2018 16:20

            tout ce qui devait être dit à ce sujet l’a déjà été par Proudhon et il n’y a pas une lettre à changer « la propriété c’est le vol » passez outre vos réflexes conditionnés de petits bourgeois devant cette affirmation, cherchez comment on en est venu à la propriété et on en reparle


            • Fergus Fergus 10 novembre 2018 18:50

              Bonjour, flourens

              Attention à la pensée de Proud’hon : elle est complexe et subtile, le théoricien reconnaissant à chacun le droit de « posséder » ce qu’il a acquis. Propriété vs possession, tel est le fond de la réflexion de « Qu’est-ce que la propriété ? » Pas évident de se rallier sans débat ni nuances à la formule « la propriété c’est le vol ».


            • Croa Croa 11 novembre 2018 08:34

              À Fergus,
              Oui la possession c’est mieux car ça se limite au nécessaire pour sois ou sa famille. Ainsi à Cuba le logement t’es attribué et tu ne peux pas le revendre mais seulement l’échanger.


            • Rincevent Rincevent 10 novembre 2018 16:25

              Le problème des HLM c’est aussi le blocage des situations. Dans l’ambiance des trente glorieuses, c’était quasiment du provisoire, le bon fonctionnement de l’ascenseur social devant permettre, à terme, d’en sortir pour aller vers mieux, voire même devenir propriétaire ailleurs. Au bout de ces trente ans, l’ascenseur commençant à se bloquer de plus en plus, les bénéficiaires sont restés là alors que d’autres attendaient à la porte. On en est arrivé à des années d’attente sur des listes d’inscription qui ne servent plus qu’à obtenir certaines aides sociales.

              D’autre part, il y a eu (il y a encore) des problèmes d’équilibres financiers, une fraction (variable selon les endroits) de locataires accumulant des loyers impayés. Chez moi, ça a été réglé d’une façon un peu tordue : on a gardé un pourcentage de locataires ’’riches’’ (tout est relatif), en leur appliquant un surloyer, ce qui arrange bien la trésorerie de l’Office. J’ai ainsi vu une amie se prendre 30 % d’augmentation d’un coup ! Ça a l’air moral bien sûr mais, d’abord c’est contraire à la destination de ces logements et ensuite ça participe aussi au blocage.

              Comme il n’y a pas assez de logements sociaux, de nombreux français qui devraient avoir accès aux HLM, deviennent propriétaires de logements. C’est une version très optimiste de la situation…


              • Désintox Désintox 10 novembre 2018 17:30

                @Rincevent
                Le surloyer est un expédient qui sert à pallier la pénurie de logements sociaux.


              • Rincevent Rincevent 10 novembre 2018 17:34

                @Désintox

                Non, ça ne pallie rien du tout : ça maintient en HLM des gens qui pourraient se loger dans le privé, donc ça ajoute au blocage.


              • Désintox Désintox 10 novembre 2018 18:42

                @Rincevent
                On peut être au dessus des plafonds HLM et avoir du mal à se loger dans le privé.

                Si les gens restent en HLM, malgré le surloyer, cela veut dire que le privé coûterait encore + cher.

                Et puis ils se disent que s’ils quittent le système HLM et si, plus tard, leurs revenu baissent, ils ne pourront pas revenir.

                Le problème, c’est la pénurie de HLM.


              • Rincevent Rincevent 10 novembre 2018 21:33

                @Désintox

                Et puis ils se disent que s’ils quittent le système HLM et si, plus tard, leurs revenu baissent, ils ne pourront pas revenir. Pas faux. C’était le genre de préoccupation qui existait peu ‘’avant’’. Mais maintenant c’est une menace supplémentaire…


              • Loatse Loatse 10 novembre 2018 16:56

                Pourquoi ? c’est la question que je me suis posée en constatant que d’autres immeubles mal ou pas entretenus ne s’effondraient pas...ou du moins pas tout d’une pièce comme ceux ci...

                Alors j’ai fais mes recherches, et celles ci m’ont mené à des pistes qu’il serait utile de prendre en compte si l’on veut à l’avenir que des bâtiments moins dégradés également ne se cassent la figure faisant des victimes... 

                L’une des causes probables est l’affaissement des sols argileux, la composition des sols est importante dans la construction de l’habitat, mais une catégorie particulière subit d’importantes modifications lors de périodes de sécheresse puis de fortes pluies...

                Or ces effondrements se sont produits lors d’une période de fortes pluies... Inquiétant quand cela touche également du bâti récent :

                Quand un centre commercial marseillais s’enfonce..... :

                https://www.liberation.fr/societe/1999/08/06/le-grand-plongeon-de-grand-littoralle-centre-commercial-de-marseille-construit-sur-un-sol-instable_281668

                les sols argileux et la sécheresse...

                https://www.lemoniteur.fr/article/secheresse-attention-aux-constructions-sur-sol-argileux.502599

                plus de précisions techniques :

                http://www.marseille-provence.fr/index.php/documents/docplu/mrs/opposable-mrs-1/annexes-mrs-1/risq-mrs-1/ppra-mrs-1/3449-rapport-de-presentation-1/file


                • Désintox Désintox 10 novembre 2018 17:32

                  @Loatse
                  Si les immeubles s’effondrent quand il pleut ou bien quand il y a de l’argile dans le sol, nous ferions mieux d’aller tous vivre sous une tente !


                • Rincevent Rincevent 10 novembre 2018 17:50

                  @Loatse

                  Chez moi aussi, un grand centre commercial a connu des soucis (dégagements de gaz inquiétants). C’est inévitable quand on construit sur d’anciennes barthes (terres inondables) avec un minimum d’assises, au lieu de construire sur radeau (beaucoup plus cher). Là encore, question de fric...


                • baldis30 10 novembre 2018 18:36

                  @Loatse

                  bonjour, Lorsque je lis
                  « plus de précisions techniques :

                  http://www.marseille-provence.fr/index.php/documents/docplu/mrs/opposable-mrs-1/annexes-mrs-1/risq-mrs-1/ppra-mrs-1/3449-rapport-de-presentation-1/file

                   »
                   cela me donne envie de vomir ! Quelle spécialisation possède le BRGM en matière de risques naturels en milieu urbain ... ? Il y a longtemps qu’en bien des circonstances je me suis frotté aux PPR avec ce que je pense en privé ! texte passe-partout ... j’ai vainement cherché un zonage .... ou son évocation ... catalogue, catalogue ...

                  Lorsqu’on connait le problème risques naturels et les conditions d’établissement de certains PPR, on sait que les spécialistes ne sont pas au BRGM mais dans les RTM ... On part de la carte géologique .... bien ... OK normal ! 
                  LA TOPOGRAPHIE où est-elle ?
                  Où sont les circulations hydrauliques souterraines naturelles ou artificielles ?
                  Et le terrain où est-il ? Parce que le risque il est sur le terrain  ! pas sur une carte ! ni au fond d’un bureau sans fenêtre éclairé par un écran d’ordinateur  ! et dans une autre réponse d’hier sur un autre sujet dans AVX j’ai expliqué pourquoi ... de façon succincte hélas ! 
                   Facile de parler des argiles dans le cas marseillais, ... ce n’est pas pour rien qu’une des tuiles mécaniques porte le nom de tuile marseillaise, avec ce qu’il faut de toponymie .... mais pas dans ce coin .... et avec la mémoire des anciennes tuileries ! Allez donc voir à quelques encablures l’ancien port grec, derrière la Bourse et vous pourriez commencer à comprendre la géologie du coin !
                   N’oubliez pas que les constructions en cause ont plus de cent cinquante ans ! dans une zone à occupation historique ..

                  Dans le cas de la rue d’Aubagne, il est certain que l’aléa naturel n’est pas le seul en cause mais que l’aléa anthropique est essentiel sur le plan entretien/maintenance, qu’il y ait PPR ou pas ..... Et que ces entretiens / maintenances fussent faits dans des conditions qu’une réponse de Covadonga a mises en clair ...
                   Maintenant si vous voulez une bonne initiation aux risques naturels vous pouvez essayer de trouver, s’il en reste, l’une des deux éditions de l’ouvrage de Madame Liliane BESSON « LES RISQUES NATURELS EN MONTAGNE » cela concerne aussi les parties urbaines par exemple dès qu’il y a de la pente , de l’eau ... une lithologie douteuse !


                • Loatse Loatse 10 novembre 2018 19:40

                  @Désintox

                   c’est bien aussi la tente, évitez tout de même les bords de rivières en automne, les zones densément boisées en été surtout de pins, les pyrénées (souvenirs d’innondations à Hendaye en aout suite à de forts orages, enfin tout le camping sauf ma pomme car votre clone : mon oncle avait planté notre tente sur le seul endroit surélevé et creusé une tranchée tout autour) ;)


                • baldis30 11 novembre 2018 07:58

                  e recherche documenta@baldis30

                  le moinsseur habituel a encore frappé ... un jour peut-être qu’il sera pris dans un problème semblable pour ses proches il réagira autrement que par sa HAINE  ! 
                   
                  Quand on n’est pas capable de faire une recherche documentaire on se tait !

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