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Accueil du site > Tribune Libre > Pourquoi ont-ils voté pour Macron ?

Pourquoi ont-ils voté pour Macron ?

Dix mois après l’élection présidentielle, toutes passions apaisées, nous pouvons réfléchir sereinement à ce qui s’est passé. Nombreux sont ceux qui ont compris et plus nombreux encore sont ceux qui n’ont toujours pas compris. Que fallait-il donc comprendre ? Pour l’essentiel que le nombre de votes pour un candidat est corrélé au temps total et au « volume » de l’exposition médiatique à laquelle ce candidat a eu droit. Les propriétaires des grands médias en totale connivence avec la politique de l’oligarchie euro-atlantiste ont fait le choix, annoncé par Jacques Attali, de porter Emmanuel Macron à la présidence de la république alors que ce dernier était encore inconnu du public. Ils ont donc simplement fait tout ce qu’il fallait pour qu’il soit élu.

C’est en fin de compte aussi simple que cela. Néanmoins, il nous semble nécessaire d’apporter quelques éléments de réflexion supplémentaires car, nous entendons trop souvent, parmi ceux qui ont compris l’essentiel, des propos méprisant à l’égard des électeurs d’Emmanuel Macron accusés de diverses déficiences mentales sous des vocables souvent injurieux. Nous préférons l’explication de François Asselineau : « L’élection d’Emmanuel Macron est fondée sur l’ignorance et sur une extorsion de volonté par des procédés de marketing. Cette élection ne repose donc pas sur une adhésion profonde et sincère du peuple français ».

Ce n'est pas parce que les électeurs d’Emmanuel Macron se sont laissés berner par la propagande que ce sont des imbéciles. Ils subissent un conditionnement qui ne se limite d’ailleurs pas aux périodes électorales. Il est prétentieux de penser que ceux qui comprennent, partiellement ou entièrement, ce qui se passe sont plus intelligents. Ce sont souvent des privilégiés par leur mode de vie, leur éducation... Mépris et prétention vont de pair. Nous verrons d’ailleurs en évoquant les expériences de psychologie sociale que personne n’est à l'abri d'avoir des comportements inintelligents.

Nous voulons pour commencer montrer que la question qui nous préoccupe n’est pas nouvelle, loin s’en faut. Nous allons en effet reprendre la réflexion entamée il y a bien longtemps par un certain Etienne de La Boétie quand il écrivait son « Discours de la servitude volontaire ». C’était au XVIème siècle, à la sortie du Moyen Age. Il expliquait avec beaucoup de verve que pour qu’un pouvoir plus ou moins totalitaire et tyrannique réussisse à dominer et exploiter durablement tout un peuple il fallait bien qu’il y ait une bonne part de collaboration d’une grande partie de ce peuple. La collaboration, le plus souvent n’est pas active, elle n’est que résignation, acceptation. Car, c’est bien une forme de collaboration que de renoncer à s’opposer. « Qui ne dit mot consent ! ». La passivité face à l’adversité est une démission. La soumission aux tyrans est un abandon de la liberté et une abdication de l’orgueil.

Accordons-nous un petit moment de plaisir en lui laissant la parole avec quelques extraits :

« Enfin, si l'on voit non pas cent, non pas mille hommes, mais cent pays, mille villes, un million d'hommes ne pas assaillir celui qui les traite tous comme autant de serfs et d'esclaves, comment qualifierons-nous cela ? Est-ce lâcheté ? Mais tous les vices ont des bornes qu'ils ne peuvent pas dépasser. Deux hommes, et même dix, peuvent bien en craindre un ; mais que mille, un million, mille villes ne se défendent pas contre un seul homme, cela n'est pas couardise : elle ne va pas jusque-là, de même que la vaillance n'exige pas qu'un seul homme escalade une forteresse, attaque une armée, conquière un royaume. Quel vice monstrueux est donc celui-ci, qui ne mérite pas même le titre de couardise, qui ne trouve pas de nom assez laid, que la nature désavoue et que la langue refuse de nommer ? (…)

Or ce tyran seul, il n'est pas besoin de le combattre, ni de l'abattre. Il est défait de lui-même, pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s'agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner. Pas besoin que le pays se mette en peine de faire rien pour soi, pourvu qu'il ne fasse rien contre soi. Ce sont donc les peuples eux-mêmes qui se laissent, ou plutôt qui se font malmener, puisqu'ils en seraient quittes en cessant de servir. C'est le peuple qui s'asservit et qui se coupe la gorge ; qui, pouvant choisir d'être soumis ou d'être libre, repousse la liberté et prend le joug ; qui consent à son mal, ou plutôt qui le recherche... S'il lui coûtait quelque chose pour recouvrer sa liberté, je ne l'en presserais pas ; même si ce qu'il doit avoir le plus à cœur est de rentrer dans ses droits naturels et, pour ainsi dire, de bête redevenir homme. Mais je n'attends même pas de lui une si grande hardiesse ; j'admets qu'il aime mieux je ne sais quelle assurance de vivre misérablement qu'un espoir douteux de vivre comme il l'entend. Mais quoi ! Si pour avoir la liberté il suffit de la désirer, s'il n'est besoin que d'un simple vouloir, se trouvera-t-il une nation au monde qui croie la payer trop cher en l'acquérant par un simple souhait ? Et qui regretterait sa volonté de recouvrer un bien qu'on devrait racheter au prix du sang, et dont la perte rend à tout homme d'honneur la vie amère et la mort bienfaisante ? Certes, comme le feu d'une petite étincelle grandit et se renforce toujours, et plus il trouve de bois à brûler, plus il en dévore, mais se consume et finit par s'éteindre de lui-même quand on cesse de l'alimenter, de même, plus les tyrans pillent, plus ils exigent ; plus ils ruinent et détruisent, plus on leur fournit, plus on les sert. Ils se fortifient d'autant, deviennent de plus en plus frais et dispos pour tout anéantir et tout détruire. Mais si on ne leur fournit rien, si on ne leur obéit pas, sans les combattre, sans les frapper, ils restent nus et défaits et ne sont plus rien, de même que la branche, n'ayant plus de suc ni d'aliment à sa racine, devient sèche et morte. » (…)

« Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d'hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n'a de puissance que celle qu'ils lui donnent, qui n'a pouvoir de leur nuire qu'autant qu'ils veulent bien l'endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s'ils n'aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. Chose vraiment étonnante, et pourtant si commune qu'il faut plutôt en gémir que s'en ébahir, de voir un million d'hommes misérablement asservis, la tête sous le joug, non qu'ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu'ils sont fascinés et pour ainsi dire ensorcelés par le seul nom d'un, qu'ils ne devraient pas redouter, puisqu'il est seul, ni aimer, puisqu'il est envers eux tous inhumain et cruel. Telle est pourtant la faiblesse des hommes : contraints à l'obéissance, obligés de temporiser, ils ne peuvent pas être toujours les plus forts. (…)

Mais, ô grand Dieu, qu'est donc cela ? Comment appellerons-nous ce malheur ? Quel est ce vice, ce vice horrible, de voir un nombre infini d'hommes, non seulement obéir, mais servir, non pas être gouvernés, mais être tyrannisés, n'ayant ni biens, ni parents, ni enfants, ni leur vie même qui soient à eux ? De les voir souffrir les rapines, les paillardises, les cruautés, non d'une armée, non d'un camp barbare contre lesquels chacun devrait défendre son sang et sa vie, mais d'un seul ! (…)

Mais ce qui arrive, partout et tous les jours : qu'un homme seul en opprime cent mille et les prive de leur liberté, qui pourrait le croire, s'il ne faisait que l'entendre et non le voir ? Et si cela n'arrivait que dans des pays étrangers, des terres lointaines et qu'on vînt nous le raconter, qui ne croirait ce récit purement inventé ?

Pour acquérir le bien qu'il souhaite, l'homme hardi ne redoute aucun danger, l'homme avisé n'est rebuté par aucune peine. Seuls les lâches et les engourdis ne savent ni endurer le mal, ni recouvrer le bien qu'ils se bornent à convoiter. L'énergie d'y prétendre leur est ravie par leur propre lâcheté ; il ne leur reste que le désir naturel de le posséder. Ce désir, cette volonté commune aux sages et aux imprudents, aux courageux et aux couards, leur fait souhaiter toutes les choses dont la possession les rendrait heureux et contents. il en est une seule que les hommes, je ne sais pourquoi, n'ont pas la force de désirer : c'est la liberté, bien si grand et si doux ! Dès qu'elle est perdue, tous les maux s'ensuivent, et sans elle tous les autres biens, corrompus par la servitude, perdent entièrement leur goût et leur saveur. La liberté, les hommes la dédaignent uniquement, semble-t-il, parce que s'ils la désiraient, ils l'auraient ; comme s'ils refusaient de faire cette précieuse acquisition parce qu'elle est trop aisée. (…)

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l'ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre. »

Bien que le discours de La Boétie concerne essentiellement des monarchies, il nous semble d’une actualité brulante alors qu’il est commun de dire que nous sommes dans des régimes démocratiques. Il est vrai que nous sommes conviés assez souvent à voter ce qui, bien évidemment, nous donne l’impression de choisir. Mais, il faut se demander, par exemple, si ceux qui ont adopté une religion l’ont effectivement choisie. Ne leur a-t-elle pas été, la plupart du temps, imposée dès leur petite enfance par leur famille et tout leur environnement ? Pourtant, ils s’en défendent et font comme si c’était un choix personnel. Quand ils votent, ils ont assurément l’impression de choisir, nous montrerons que pourtant, dans bien des cas, ils ne font qu’obéir.

Cela est particulièrement flagrant pour la dernière élection présidentielle où les français ont fini par élire Emmanuel Macron dont ils n’avaient aucunement entendu parler deux ans auparavant. Il n’avait ni programme, ni parti politique. Il n’avait jamais été élu auparavant à quel que poste que ce soit et il n’avait manifestement pas la maturité et l’expérience nécessaire à l’exercice réel de la fonction d’homme d’état. Mais, peu importe, il n’est manifestement qu’une marionnette dans les mains de ceux qui avaient décidé de le faire élire et qui avaient eu l’outrecuidance de l’annoncer, par la voix de Jacques Attali, deux ans auparavant alors que personne ne le connaissait. Quand nous examinons, avec un peu de recul, ce qui vient de se dérouler sous nos yeux, nous avons l’impression de vivre en pleine science-fiction dans un film du type de Fahrenheit 451.

Et pourtant, ce n’est pas un cauchemar. A l’évidence, ceux qui l’ont élu ont obéit. Ils n’ont pas choisi. Remarquons que cette question ne concerne pas que la dernière élection à la présidence de la république. Cela fait en effet des décennies que les français constatent que, quelle que soit la combinaison gouvernementale, quel que soit le Président qu’ils élisent, qu’il soit de « droite » ou de « gauche », qu’il y ait ou non une cohabitation, la politique qu’ils subissent est toujours la même et elle est indépendante du programme annoncé par les uns ou les autres. Le vote des français n’y change rien. Cela est particulièrement clair avec le « non » au référendum de 2005, qui est resté sans effet, ou avec le recours au 49.3 pour faire passer sans vote des lois qui n’avaient été annoncées dans aucun programme. La politique que les français subissent et qu’ils ne veulent pas va toujours dans le même sens : la régression sociale, la remise en question du « modèle social de 1945 » … Dans ces conditions, il n’est plus possible de parler de démocratie car ceux qui exercent le pouvoir ne sont pas des élus.

Alors, qui sont-ils ? Regardons de plus près. La politique qui est effectivement mise en œuvre, si elle est sans rapport avec le vote des français, correspond bien par contre au GOPE (Grandes Orientations de la Politique Economique) élaborées à Bruxelles par des commissaires européens et toute une armada de fonctionnaires qui n’ont jamais été élus. Nous constatons que ces directives sont conformes à la politique de l’OTAN. Nous affirmons que cette politique est celle d’une « oligarchie euro-atlantiste » mais cette notion demande à être précisée. Or, nous constatons par ailleurs qu’en France nous avons une concentration des organes d’information dans les mains de quelques magnats qui font partie des plus grandes fortunes du pays et que c’est là une arme extrêmement puissante pour faire passer cette politique. Cette seconde observation nous permet d’avoir une approche concrète de ce que nous appelons « l’oligarchie euro-atlantiste » car il s’agit des mêmes personnes. Il suffit en effet de passer de l’échelon national à l’échelon international pour comprendre qu’un pouvoir unique se trouve concentré dans les mains de peu de personnes. C’est cet ensemble de personnes que nous appelons « l’oligarchie euro-atlantiste ». Elle recoupe ceux qui exercent le pouvoir de part et d’autre de l’océan atlantique nord. En France, ils s’appellent Bernard Arnault, Serge Dassault, François Pinault, Patrick Drahi, Vincent Bolloré… Bien des articles de journaux ont dépeint le fait que les médias soient concentrés dans les mains de quelques milliardaires comme une dérive inquiétante mais sans rien changer au schéma d’une société supposée « démocratique » : les élus du peuple dirigent. Il faut bien comprendre que les politiciens servent essentiellement à faire croire au peuple qu’il choisit mais la réalité c’est que le pouvoir est entièrement dans les mains de cette oligarchie qui agit comme un seul homme. Force est de constater que nous acceptons la dictature de ce tyran. Il faut à l’image d’Etienne de La Boétie se demander comment cela est possible. Il apporte lui-même quelques réponses qui restent valables de nos jours comme par exemple quand il décrit le système pyramidal des dictatures :

« Ce ne sont pas les armes qui défendent un tyran mais toujours (on aura peine à le croire d’abord, quoique ce soit l’exacte vérité) quatre ou cinq hommes qui le soutiennent et lui soumettent tout le pays. Il en a toujours été ainsi : cinq ou six ont eu l’oreille du tyran et s’en sont approchés d’eux-mêmes, ou bien ont été appelés par lui pour être les complices de ses cruautés, les compagnons de ses plaisirs, les maquereaux de ses voluptés et les bénéficiaires de ses rapines. Ces six dressent si bien leur chef qu’il en devient méchant envers la société, non seulement de sa propre méchanceté mais encore des leurs. Ces six en ont sous eux six cents, qu’ils corrompent autant qu’ils ont corrompu le tyran. Ces six cents en tiennent sous leur dépendance six mille, qu’ils élèvent en dignité. Ils leur font donner le gouvernement des provinces ou le maniement des deniers afin de les tenir par leur avidité ou par leur cruauté, afin qu’ils les exercent à point nommé et fassent d’ailleurs tant de mal qu’ils ne puissent se maintenir que sous leur ombre, qu’ils ne puissent s’exempter des lois et des peines que grâce à leur protection. Grande est la série de ceux qui les suivent. Et qui voudra en dévider le fil verra que, non pas six mille, mais cent mille et des millions tiennent au tyran par cette chaîne ininterrompue qui les soude et les attache à lui (…) En somme par les gains et les faveurs qu’on reçoit des tyrans, on en arrive à ce point qu’ils se trouvent presque aussi nombreux, ceux auxquels la tyrannie profite, que ceux auxquels la liberté plairait. »

Cependant, les explications que donne Etienne de la Boétie, doivent être mises à jour et complétées en y adjoignant l’apport de la psychologie sociale pour expliquer les faiblesses de l’homme qui viennent inhiber la raison pure, le raisonnement intelligent. Nous allons donc évoquer quelques expériences de psychologie sociale.

Ainsi l’expérience de Milgram, qui est sans doute la plus connue, montre comment un individu, dans certaines circonstances, peut être amené à exécuter des ordres complètement déraisonnables. L’expérience de la prison de Stanford montre qu’une situation a plus d’impact sur le comportement individuel que les prédispositions. Ainsi, par exemple, un individu qui n’y était nullement prédisposé peut devenir sadique si on le place dans une situation particulière de gardien de prison ou à l’inverse se soumettre complètement à une autorité arbitraire s’il est placé dans des conditions particulières de prisonnier. L’expérience de Ash montre que chacun de nous a tendance à mettre son raisonnement personnel de côté face à un comportement de groupe. Ainsi, en situation d’élève, un individu aura tendance à donner une réponse fausse si tous les autres élèves donnent cette réponse. C’est ce que nous appelons les « effets de groupe ». Nous en donnerons un premier exemple emprunté à la pratique du parapente. Tous les praticiens de ce sport savent qu’il faut vite aller se poser quand apparaît un nuage orageux qu’on appelle un cumulonimbus car il risque d’aspirer les parapentistes. Il y a eu un cas bien connu où lors d’une compétition chaque parapentiste pris individuellement serait allé se poser s’il avait été seul, mais, en groupe, chacun d’eux s’est dit que si d’autres restaient en vol c’est que cela était possible. Ils ont alors dépassé la limite et cela a abouti à un drame. Autre cas classique. Un tribunal juge un groupe de jeunes gens qui ont fait une « tournante » autrement dit un viol collectif. Un avocat plaide pour son client en expliquant que c’est un gentil garçon qui a d’ailleurs une copine… et que donc il a été entraîné par les autres. Oui ! mais on peut dire la même chose pour les autres. On peut dire que chacun d’eux a été entraîné par les autres. C’est ce que nous appelons les « effets de groupe » qui peuvent dans certaines circonstances amener des individus doués de raison à des actes démentiels. Dans le même style, d’autres expériences montrent qu’il y a une dilution de la responsabilité personnelle dans un groupe. Ainsi un individu seul dans une salle d’attente qui voit de la fumée passer sous la porte va aller donner l’alarme. Il aura tendance à ne rien faire, s’il y a quatre ou cinq personnes avec lui qui restent inactives. Il y a bien d’autres exemples plus ou moins dramatique qui illustrent ce type de comportements. Parmi les séniors actuels bien des hommes ont connu la « guerre d’Algérie » et n’en parlent jamais. Nombre d’entre-eux ont été le témoin, voire même ont participé, à des atrocités : viols, tortures ou massacres. Chacun de nous peut se demander ce qu’il aurait fait dans ces circonstances.

Ainsi un individu a tendance à accepter ce que les autres acceptent, à croire ce que les autres croient, à obéir comme les autres … Pour peu qu’une autorité reconnue lui dise ce qu’il faut croire, ce qu’il faut penser et ce qu’il faut faire bien des personnes acceptent. L’argument d’autorité a d’ailleurs beaucoup de poids. Essayez avec : « J’affirme cela avec certitude puisque Albert Einstein l’a dit ».

Mais en l’occurrence tous les jours, ce n’est pas Albert Einstein qui est le plus écouté mais plutôt la télé et la presse people. Et, même si cela ne permet guère d’expliquer les conflits entre forces sociales et les mécanismes du pouvoir, « Sissi impératrice », « Angélique, marquise des anges » et une quantité de séries américaines comme « Dallas » ont plus de poids que la lecture peu fréquente de « la philosophie de la misère » de Pierre-Joseph Proudhon, des « mémoires du Général de Gaulle » ou « du capital » de Karl Marx. Il faudra sans doute que nous mettions à jour nos connaissances dans ce domaine mais nous ne doutons pas que de nouvelles productions cinématographiques et de nouveaux feuilletons de télévision aient pris le relais de ceux que nous citons. La politique se réduit pour beaucoup à quelques tableaux et romans à l’eau de rose. On retient de François Mitterrand qu’il avait une épouse officielle qui l’accompagnait à l’Elysée. On retient surtout qu’il avait aussi une compagne officieuse qui lui a donné la petite Mazarine. On retient de Nicolas Sarkozy que sa Cecilia s’en est allée quelques temps après son accession sur le trône et qu’ensuite il a vécu un grand amour avec la chanteuse Carla Bruni. On retient que François Hollande a eu une vie sentimentale tumultueuse avec Ségolène Royal, Valérie Trierweiler et Julie Gayet. Enfin le jeune Emmanuel Macron est tombé follement amoureux à 15 ans de sa professeure de français. Pensant peut-être avoir saisi ainsi toute la substance de la vie politique française, le lecteur moyen de la presse people peut faire son choix et aller voter. La tête emplie de tous ces romans à l’eau de rose, il ou elle votera assurément pour celui dont la presse et la télé ont le plus parlé, celui dont on a vu le visage sur les couvertures des revues, celui dont on a lu des reportages avec des belles photos en couleur dans les magazines, celui qu’on a vu à la télé dans des reportages doucereux et mièvres comme par exemple celui qui était intitulé : « Macron, la stratégie du météore ». Ainsi, celle que Georges Brassens appelait « la déesse aux cent bouches » fait son œuvre. L’accumulation de messages qui vont tous dans le même sens confine à un matraquage intellectuel qui force le choix de l’électeur. Il faut bien qu’il y ait une autorité unique qui incite au respect pour que soit diffusée sur tant de support et sur tous les tons la même information qui ne peut être que pure vérité. Il n’est donc pas d’autres choix possibles que de suivre la direction qu’elle nous indique.

Il suffit alors à ceux qui tiennent la presse de faire monter les curseurs aussi haut que nécessaire pour garantir le succès de celui qu’ils ont choisi. Au besoin, s’il est nécessaire d’éliminer un concurrent dangereux, les curseurs pourront être également montés mais, dans ce cas, pour mener une campagne de dénigrement. A l’inverse, il faudra mettre le curseur à zéro si quelques intrus avaient l’idée d’expliquer la réalité, de faire ressortir les faits au lieu d’enfermer les français dans des romans à l’eau de rose accompagnés de slogans publicitaires et d’images subliminales. Il faudra réduire le plus possible les possibilités d’expression de ceux qui perçoivent les français comme des êtres intelligents à qui il est possible d’expliquer ce qui se passe vraiment.

Le tableau que nous venons de tracer n’a rien de méprisant à l’égard de ceux qui, en fin de compte, obéissent aux ordres de cette force impalpable mais tellement puissante qu’elle les domine autant qu’un tyran en chair et en os. Comme le disait Alexis de Tocqueville la devise des riches est « Je ne crains pas le suffrage universel. Les gens voteront comme on leur dira ». Le mépris vient de ceux qui manipulent le peuple. Jacques Attali est méprisant quand en 2014 il annonce que son candidat, que personne ne connaît, sera Président. Il sait en effet quels sont les moyens qui seront mis en œuvre pour cela et il sait que ça marchera. Il sait aussi comment, en cas de besoin, il est possible de faire descendre la cote de popularité d’un concurrent. En fouillant dans les poubelles d’un professionnel de la politique on trouvera toujours de quoi faire plus ou moins scandale.

On voit alors parfaitement comment et pourquoi François Asselineau a obtenu 0,92% des suffrages. On voit tout aussi clairement comment François Fillon a été écarté et finalement comment Emmanuel Macron a été élu. Le mépris vient de ceux qui ont soumis les français à un bombardement inouï et sans précédent de propagande. Nous avons vu, en évoquant les expériences de psychologie sociale, qu’il en faut souvent moins pour inhiber des comportements sains et nous avons vu aussi, avec Etienne de la Boétie, que de tout temps les hommes ont pu se laisser aller à la facilité au point d’accepter les pires dictatures. Les français qui ont voté pour Emmanuel Macron ont été abusés.

 


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136 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 30 mars 16:15

    Créé l’obscurité, allume une lampe et toutes les phalènes viendront se jeter dedans...

    Pour la plus grande part, les hommes sont des animaux sociaux, ceux qui ont compris ça, les dominent...


    • Enabomber Enabomber 31 mars 11:56

      @Clocel
      Grégaires pour la plupart. Sociaux, c’est encore un degré au-dessus...


    • Clocel Clocel 31 mars 12:35

      @Enabomber

      Je maintiens sociaux, ils fonctionnent à la phéromone médiatique et non chimique, mais le processus est le même.

      Un campagne bien menée, tu es assuré de les voir alignés derrière toi, comme à la parade !

      Ça en est choquant !


    • gogoRat gogoRat 31 mars 16:00

      @Clocel
       alors ces animaux qui veulent ’dominer’, s’ils devaient être reconnus ’sociaux’ , pourraient-ils aussi être reconnus comme des Hommes ?


    • gogoRat gogoRat 31 mars 16:16

      J’attendais ce passage de La Boétie, et n’ai pas été déçu : il a bien été cité :

      Ces six dressent si bien leur chef [...] .
       Ces six en ont sous eux six cents, qu’ils corrompent autant qu’ils ont corrompu le tyran.
      Ces six cents en tiennent sous leur dépendance six mille, qu’ils élèvent en dignité
      [...]
      . Ces six en ont sous eux six cents, qu’ils corrompent autant qu’ils ont corrompu le tyran
      . Ces six cents en tiennent sous leur dépendance six mille, qu’ils élèvent en dignité.
      [...] Grande est la série de ceux qui les suivent. Et qui voudra en dévider le fil verra que, non pas six mille, mais cent mille et des millions tiennent au tyran par cette chaîne ininterrompue qui les soude et les attache à lui (…)
      En somme par les gains et les faveurs qu’on reçoit des tyrans, on en arrive à ce point qu’ils se trouvent presque aussi nombreux, ceux auxquels la tyrannie profite, que ceux auxquels la liberté plairait. »
      Grande est la série de ceux qui les suivent. Et qui voudra en dévider le fil verra que, non pas six mille, mais cent mille et des millions tiennent au tyran par cette chaîne ininterrompue qui les soude et les attache à lui (…) En somme par les gains et les faveurs qu’on reçoit des tyrans, on en arrive à ce point qu’ils se trouvent presque aussi nombreux, ceux auxquels la tyrannie profit
      e, que ceux auxquels la liberté plairait.
       »

       
       
       Alors comment s’étonner qu’aujourd’hui encore, celles et ceux qui défendent le plus l’actuel stratagème de légitimation des pouvoirs (politique, militaire, finacier), qui sont aussi celles et ceux qui en pâtissent le moins, restent incapables de constater la faute logique perpétrée par un prétendue ’démocratie’ qui prétend vouloir une égalité en dignité donc en droit ... assurée par ce qui est de fait exactement l’inverse de cette égalité en droit : des statuts !!!

      ...


    • Xenozoid Xenozoid 31 mars 16:19

      @gogoRat
      castes


    • gogoRat gogoRat 31 mars 16:37


       D’autre part, vouloir relativiser la responsabilité de celles et ceux qui ont veauté, me parait d’une pertinence toute relative pour qui souhaiterait l’avènement d’un respect constructif durable.
       
       Responsables mais pas coupables ?
       
       Nous n’aurions affaire qu’à des innocents ? ( Dans toutes les acceptions du terme  smiley)
       
       Et puis, pour ce qui est des pistes de compréhension complémentaires à l’explication donnée par La Boétie, j’avais retenu quant à moi, une piste dont j’ai perdu la référence et le nom des émetteurs,
       et qui me semble bien plus prégnante encore que l’expérience de Milgram :
       des sociologues (ou psy, je ne sais plus) avaient évoqué :
       une peur essentielle d’être relégué aux couches les plus basses (voire à la situation la plus basse) de la société !

       ... Ce qui devrait laisser entendre l’abîme culturel qui oppose l’approche aristocratique (prétention à rejoindre les meilleurs, le mérite, l’excellence) à l’approche démocratique (pari humble d’une possibilité d’union qui fait la force par la diversité complémentaire et globalement enrichissante d’êtres égaux en dignité)


    • Doume65 31 mars 19:05

      @Enabomber
      « Grégaires pour la plupart. »
      Exact ! Et « éduqués » par la télé. Ils ont voté pour Macron pour les mêmes raisons qu’ils choisissent un baril d’Omo. Parce que la pub de tous ces vendeurs qui font de la « pédagogie » leur a matraqué Macron.


    • Jean Roque Jean Roque 30 mars 16:17

       
      Le gogochon est un soumis, un gland remplacé, un pleutre collabo, il le sait, mais sa priorité est de ne surtout pas risquer de ne plus pouvoir se masturber au supermarché des loisirs consumméristes. Sa valeur c’est le caddie, pas la fierté ni l’honneur ; le droitdelhommiste lui sert d’alibi à sa lâcheté de chiure finale de l’Occident.
      Voilà pourquoi le lâche bobo gocho vote Macron de Rothschild. Quand à l’ex-France Soumise, c’est pire, c’est les singes blancs négriers de Soros, les houris des islamistes, mutins de Panurge chéris du Médef, vedettes merdiatiques...
       
      Léon Degrelle


      • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 30 mars 18:10

        @Jean Roque

        Le fascisme se nourrit de la décomposition de notre société qui étouffe l’expansion des forces productives. Toute la responsabilité en revient à la trahison des directions du mouvement ouvrier. Son meilleur terreau a de tout temps été les gouvernements de Front Populaire. En France le Front National n’a jamais tant progressé que sous les gouvernements de Mitterrand et Hollande.
        Les nostalgiques du nazisme guettent. Le danger est présent. Votre contribution le montre.


      • Jean Roque Jean Roque 30 mars 21:19

        @Jean Dugenêt
         
        Le fascisme est né dans les tranchées de 14, pas dans un supermarché de veaux, soyez rassuré. Vous aurez 30% de blancs en UE de l’Ouest en 2100, devenue USbis (en pire avec des islamistes et des souchiens véreux) et TAFTA = US + USbis
         
        Sur Chouard je vous conseille sa discussion avec Cousin, là on comprend que c’est aussi un bobo qui croit emballer la merde du gogochon avec un papier cul institutionnel lotocrassique. Cousin, en marxiste, comprend très bien que c’est de la branlette de ’l’économie politique’.
         
        « C’est en se référant à cet esprit de synthèse dialectique entre le christianisme originel et les modes antiques et médiévaux des communautés paysannes de la VIEILLE EUROPE que Marx pouvait soutenir que là était né spécifiquement l’idée communiste ... car seule l’Europe a pu sortir des récitations mythologiques et religieuses qui consigne l’homme dans une histoire en-fermée et en-fermante [l’hacienda des Séouds barbus ...] Les révolutions n’y furent jamais que des réécritures superficielles de l’immobilise social des imaginaire de la soumission.
        L’Amérique moderne, dès lors qu’elle eut transformé ses émigrants en bons américains n’a jamais connu autre chose que des conflits subordonnées à la réécriture de la langue de l’argent par elle-même.
        On comprend que l’immigration soit pour la marchandise une armée de réserve stratégique clef, ces les populations en question [colons] étant par définition issues de temporalités non-critiques, de par l’essence de leurs histoires immobiles [barbues], il est en quelque sorte relativement commode de les intégrer à la liberté du commerce de l’aliénation généralisée puisque l’archaïsme de leur relation au monde trouve son répondant moderne dans le culte de la passivité marchande [rapper à Ferrari, pute, Rollex en or] et dans l’enfermement consommatoire de l’homme abstrait, unifié dans un nouveau temps arrêté [l’auge du bobo] par l’éternel présent du fétichisme de la possession [Nike et Rolex). »
        Francis Cousin L’Être et l’Avoir


      • izarn izarn 31 mars 00:43

        @Jean Dugenêt
        Ca vient plutot de l’effondrement du capitalisme plutot que de la trahison du mouvement ouvrier, non ?
        Tu serais pas un peu mégalomane ?
        Ton petit doigt te cache la forêt...


      • zygzornifle zygzornifle 31 mars 08:50

        @izarn

        Ton petit doigt te cache la forêt...

        en fait ça dépend ou il trempe ...

      • Fergus Fergus 30 mars 16:45

        Bonjour, Jean

        Vous faites une énorme erreur d’analyse !

        Certes, Macron a bénéficié d’une fort soutien médiatique, personne ne le nie. Pour autant, dès lors qu’il a créé son mouvement En Marche !, il a été crédité de sondages relativement élevés bien qu’il n’ait encore bénéficié que d’une couverture réduite. Et le mouvement s’est amplifié dès son annonce de candidature.

        En réalité, Macron a très intelligemment joué la carte du ’timing" en court-circuitant au moment opportun Hollande et Valls. Et sa candidature s’est inscrite dans un fort désir d’alternance rendue inévitable par l’échec du PS. Ajoutez à cela sa jeunesse, sa modernité et le hara-kiri de LR et vous aurez tous les ingrédients de la réussite de l’actuel président.


        • Fergus Fergus 30 mars 16:53

          Quant à Asselineau, c’est un « bonnet de nuit » ennuyeux - discours par trop technocratique - et monomaniaque - tout est toujours de la faute de l’UE - qui n’avait pas l’ombre d’une chance de réaliser un bon score. Ce qui a d’ailleurs été démontré lors du débat de 1er tour où même le pitre Lassalle s’est montré plus convaincant.

          Observez d’ailleurs qu’Asselineau n’avait pas mieux réussi en région parisienne aux régionales où il s’est situé dans la moyenne des scores de l’UPR (environ 0,90 %) alors que d’autres candidats totalement inconnus ont réussi de meilleurs scores dans d’autres régions !!!


        • amiaplacidus amiaplacidus 30 mars 16:57

          @Fergus
          Bonjour Fergus,

          Je pense que lorsque vous parlez de « ... la réussite de l’actuel président. », vous parlez de sa réussite électorale, parce que, sa réussite présidentielle ...


        • Laulau Laulau 30 mars 17:49

          @Fergus
          « Macron a très intelligemment joué la carte du ’timing » « 

          C’est de l’intelligence ou bien un plan soigneusement préparé ? Car avouez que Macron a bénéficié de plusieurs »hasards« qui semblaient au départ très improbables :
          - Une primaire socialiste qui tourne à la farce avec l’élimination de Valls et la désignation d’un candidat beaucoup plus dangereux pour Mélenchon que pour Macron. Je sais de sources sûres (tiens, ça me dit quelque chose) que certains éléments droitiers du PS ont fait voter Hamon.
          - Un candidat de droite, très peu consensuel, préféré au quasi centriste Juppé ... Avec, comme si ça n’était pas suffisant, une affaire lancée par le »Canard« qui a provoqué l’élimination de Fillon.
          - Une campagne d’intoxication effrénée sur le danger FN, permettant à certains beaux esprits de »gauche« d’appeler à voter Macron dès le premier tour, soit disant pour faire barrage mais en réalité pour ouvrir un boulevard à leur candidat. Je pense par exemple à quelqu’un comme »Dany le vert« , toujours dans les bons coups foireux. On avait l’habitude de cette »opération castor« au second tour mais là, ce fut une première.
          Une phrase à méditer :
           »Il y a deux erreurs par rapport à la théorie du complot. La première c’est d’en voir partout et la deuxième c’est de n’en voir nulle part."


        • Odin Odin 30 mars 17:58

          @Fergus

          « Il a été crédité de sondages relativement élevés »

          Connaissez-vous la profession du beau fils de Micron Rothschild ?

          (Celui qui est plus âgé que lui).

           


        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 30 mars 18:36

          @Fergus

          « dès lors qu’il a créé son mouvement En Marche !, il a été crédité de sondages relativement élevés » Les instituts de sondage sont dans les mêmes mains que tous les médias. Les « sondages » ne sont pas davantage faits pour informer que toute cette presse. Ils sont plutôt tout autant faits pour formater l’opinion. Ils permettent de lancer les « prophéties autoréalisatrices » : Macron va gagner !

          « Et le mouvement s’est amplifié dès son annonce de candidature » Dès l’annonce de sa candidature on a entendu tous les jours : Macron, Macron, Macron, Macron est le meilleur, Macron va gagner...

          « En réalité, Macron a très intelligemment joué la carte du ’timing » en court-circuitant au moment opportun Hollande et Valls« . Macron a réussi parce que c’est un léche-bottes qui a toujours cherché et trouvé qui pouvait l’appuyer. C’est un petit arriviste sans grande envergure comme il y en a des centaines. Il s’est seulement trouvé au bon endroit et au bon moment pour être celui que les commis des puissants comme Attali ont choisi pour fabriquer de toutes pièces un Président de la République. Attali a d’ailleurs prévu qu’il sera usé au bout de son mandat et qu’il sera remplacé par une jeune pouliche que personne ne connait mais qui est actuellement dans son écurie comme Macron l’a été auparavant.

           »sa candidature s’est inscrite dans un fort désir d’alternance rendue inévitable par l’échec du PS". Assurément Hollande était complètement coulé. En plus la gauche n’avait aucune chance de passer en présentant deux candidats et le candidat unique de la droite et été sciemment dézingué par les puissants qui tiennent la presse. Les mêmes qui avaient choisis Macron. Le pauvre Fillon n’était pas plus et pas moins pourri que tous les politiciens et les puissants n’ont aucune difficulté à en griller un s’ils le veulent.

          Il faudra que j’écrive un article pour reprendre les péripéties de son élection avec l’affaire Fillon...


        • Fergus Fergus 30 mars 19:45

          Bonsoir, amiaplacidus

          « vous parlez de sa réussite électorale, parce que, sa réussite présidentielle ... »

          Of course !


        • Fergus Fergus 30 mars 19:54

          Bonsoir, Laulau

          Ni Macron ni ses amis ne pouvaient prévoir l’issue des primaires du PS et de LR, et encore moins les péripéties de l’affaire Fillon et l’attitude suicidaire des Républicains.

          Outre un flair remarquable, Macron - qui à mon avis se positionnait pour 2022 - a de facto bénéficié de circonstances inimaginables (au sens propre du mot), les médias n’ayant fait qu’emboîter le pas à un phénomène électoral sur lequel pas un n’aurait misé un euro à l’automne 2016.

          Pour ce qui est de la « campagne d’intoxication effrénée sur le danger FN », je crois en outre que cela n’a joué qu’un rôle très marginal. Je suis même persuadé que Mélenchon qualifié à la place de Le Pen, le résultat du 2e tour n’eût guère été différent, peut-être 60-40, au mieux 58-42 pour Macron.


        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 30 mars 20:29

          @Fergus

          Asselineau avec 1% a eu le meilleur score jamais réalisé par un candidat qui se présentait aux présidentielles pour la première fois en étant complètement blacklisté dans des conditions pires que celles qui existaient les années précédentes avec les nouvelles règles faites dans ce but : fini l’égalité du temps de parole remplacée par « l’équité » inéquitable.

          Quand les journalistes ont enfin été obligés de le recevoir, ils l’ont obligé à ne répondre qu’aux calomnies : vous êtes d’extrême droite, vous êtes un complotiste, vous faites de l’anti-américanisme, vous êtes pro-Poutine... Ils ont tout fait pour lui interdire de présenter son programme.

          « Ce qui a d’ailleurs été démontré lors du débat de 1er tour où même le pitre Lassalle s’est montré plus convaincant. » C’est une affirmation gratuite que rien ne démontre.

          « d’autres candidats totalement inconnus ont réussi de meilleurs scores dans d’autres régions !!! » Des candidats totalement inconnus peuvent réaliser de bons scores s’ils sont médiatisés.

          Ceux qui se plaisent à critiquer Asselineau se sont fait ridiculiser du seul fait qu’il a obtenu les parrainages lui permettant d’être candidat déjouant ainsi tous les pronostics et montrant qu’ils étaient incapables de prévoir quoi que ce soit.

          Le bilan de François Asselineau qui a l’UE sur le dos et, par conséquent tous ceux qui y sont soumis, est excellent. Malgré tout, les français savent maintenant qu’il y a un mouvement qui propose le Frexit et cela au moment où plus personne n’ose répéter toutes les calomnies qu’on a entendu pendant des mois sur le Brexit : c’était la catastrophe annoncée, une énorme inflation va déclencher une crise économique dont ils ne se remettront pas, ils n’arriveront pas à le mettre en œuvre, les anglais sont angoissés par cette perspective, ils ne vont plus en vouloir...


        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 30 mars 20:46

          @Fergus

          Oui bien sûr. Il fait ce pour quoi il a été choisi par les puissants. Il applique les plans de l’UE. Pas de surprise !


        • Fergus Fergus 30 mars 20:53

          @ Jean Dugenêt

          « C’est une affirmation gratuite que rien ne démontre. »

          Rien, vraiment ? Malgré les pitreries de Lassalle (avis général) et la brillante prestation d’Asselineau (cf. Fifi et les militants de l’UPR) lors du débat, le premier nommé a obtenu 1,21 % contre 0,92 % au second. Les faits sont là !

          « Des candidats totalement inconnus peuvent réaliser de bons scores s’ils sont médiatisés »

          Certes ! A ce détail près que ces candidats anonymes n’ont évidemment pas été mieux servis qu’Asselineau.

          « plus personne n’ose répéter toutes les calomnies qu’on a entendu pendant des mois sur le Brexit » 

           smiley C’est en 2019, et pas avant, autrement dit lorsque les effets se feront réellement sentir, que vous pourrez le cas échéant vous réjouir de la réussite du Brexit. Pour l’heure, au Royaume-Uni c’est plutôt la grimace qui domine !


        • Jean Roque Jean Roque 30 mars 21:28

          @Jean Dugenêt
           
          Sur la radio fasciste Sputnik, Asselineau explique que Ruquier a fait un montage en coupant ses réponses (à Asselineau) et en les remplaçant par des passages où il écoutait, pour le faire passer pour un nias ne sachant pas quoi répondre...
           
          Sinon sur le fond il a raison, mais sans pathos pas de chgmt de politique.


        • izarn izarn 31 mars 00:49

          @amiaplacidus
          Effectivement c’est un grande réussite au premier tour que 23,5%
          Alors que 5 ans plus tot le perdant Sarkosy avait 27%...
          Et on ne parle même pas de l’hallucinant désastre de non participation aux législatives...
          Il faut remonter à Pompidou (Tiens ? Un autre Rothchild...) juste aprés Mai 68....


        • Laulau Laulau 31 mars 10:09

          @Fergus
          58-42 pour Macron .... quelle précision !
          Je salue votre talent pour lire l’avenir découlant d’éventements hypothétiques dans le passé. C’est vrai que c’est plus facile que de lire l’avenir, pas besoin d’entrailles de poulet ou de marc de café. Et puis surtout ça n’est pas la réalité qui peut contredire vos prévisions, pas vrai ? Je suppose que vous vous fondez, une fois de plus, sur un sondage prévoyant les résultats hypothétiques d’un scrutin dans le cadre d’une hypothèse de résultat .... Je sais, ma phrase est un peu compliquée, mais le moyen de faire autrement ?


        • Fergus Fergus 31 mars 11:26

          Bonjour, Laulau

          Une précision qui n’a rien de rétrospectivement prophétique, je ne suis pas Elisabeth Tessier, mais une estimation qui n’engage évidemment que moi et ne repose sur aucune étude d’opinion.

          Car une chose est sûre : ce n’est pas avec des médias qui n’ont eu de cesse de présenter la France Insoumise comme un parti « extrémiste » que Mélenchon aurait, à mon avis, pu l’emporter dans un pays comme la France dont l’épicentre politique se situe au centre droit. Mission impossible dans ce contexte ! Et pour une raison simple : la grande majorité des votes libéraux, qu’ils soient venus de la droite traditionnelle ou du camp socialiste, se seraient portés sur Macron.


        • Fergus Fergus 31 mars 11:32

          Bonjour, izarn

          Bof ! Vous oubliez que Chirac a été élu avec 19,88 % des voix au 1er tour quand il a battu Jospin en 2002 et qu’il n’avait réuni que 20,8 % des voix en 1995.


        • files_walQer files_walQer 31 mars 15:56

          @Fergus


          Le score de François Asselineau est décevant pour les raisons suivantes :

          Il était inconnu de la majorité des électeurs puisqu’en dehors de la campagne il n’a jamais été invité dans les médias principaux pour la raison qu’il est le plus pertinent dans ses analyses.
          Macron, à lui bénéficié de milliers d’articles dans la presse écrite et de multiples passages télé aux heures de grande écoute.

          M. Asselineau est passionnant, ses explications sont limpides et ceux qui l’écoutent, en faisant preuve d’ouverture d’esprit, comprennent d’ou viennent les graves problèmes de la France. 

          Du coup pendant la campagne je suis convaincu que beaucoup ont été séduit par son discours clair, mais le poids de la propagande depuis toutes ces années les a, cette fois encore, empêchés de voter pour leur convictions.

          Ils se sont dit, tiens ce que dit cette personne m’interpelle, je voterais bien pour ce programme.
          Ah oui, mais les sondages le donne perdant et puis Le FN risquerait de passer, donc je suis obligé de voter pour le mieux placé.

          Avec ce système, depuis des lustres, les décideurs font élire qui ils veulent et beaucoup trop d’électeurs croient encore que c’est eux qui choisissent.

          Ceci dit le score de M. Asselineau avec le traitement qui lui à été réservé n’est pas décevant. 
          Si nous vivions en démocratie je pense qu’il avait d’excellent chances d’être Président de la République aujourd’hui. Quelle bouffée d’oxygène !

          Mais tout n’est pas perdu. Le réveil des gens étant ce qu’il est, M. Asselineau à toutes ses chances pour 2022.

          upr.fr

          Quant à vous et vos commentaires, je crains que s’il y a un pitre dans cette histoire ce soit plutôt vous.

        • Fergus Fergus 1er avril 19:06

          Bonsoir, files_walQer

          « M. Asselineau à toutes ses chances pour 2022 »

          Effectivement, il peut viser 2 %, et si tout va bien dépasser Poutou !!! smiley

          Soyons sérieux, toutes les analyses d’après débat ont montré qu’Asselineau avait été perçu comme trop technique (comprendre ennuyeux) et monomaniaque.

          Il ne faut pas chercher plus loin les raisons de son très médiocre score.

          Certes, tout n’est pas absurde dans les idées soutenues par l’UPR ; il y a même des points intéressants qui pourraient imprimer dans l’esprit des Français. Encore faudrait-il que celui (ou celle) qui défend ces idées et le programme qui va avec soit audible. Ce qui n’est pas le cas d’ Asselineau, dramatiquement dépourvu de charisme.

          J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire à Fifi et consorts : le problème de l’UPR, c’est... Asselineau !

          Faites comme l’on pratique en entreprise lorsqu’un chef de projet brillant est dépourvu du charisme nécessaire pour défendre ledit projet en public : on fait appel à une personne qui dispose, elle, du charisme en question !

          A vous de voir si voulez continuer à aller d’échec en échec...


        • files_walQer files_walQer 1er avril 23:22

          @Fergus


          Vos commentaires et analyses sont de mon point de vue toujours très mauvaises et à côté de la plaque.

          M. Asselineau a beaucoup de charisme. 
          Son seul problème est d’être blacklisté des médias.

          Si tout d’un coup la démocratie, la vraie, revenait en France, si les journaleux refaisait plus ou moins leur boulot comme avant, bref, si tous les candidats d’une élection avait un traitement bien plus équitable et bien sur si on arrivait à extirper du cerveau des électeurs ce réflexe conditionné par la propagande, qui les poussent à consulter les sondages et à voter utile pour empêcher le FN de passer, FN que l’on fait monter uniquement pour cela, alors M. Asselineau aurait toutes ses chances d’être élu et de rendre sa souveraineté à la France car il réussirait à ouvrir les yeux du plus grand nombre.

          Vous vous pensez comme quelqu’un de très perspicace, mais vous êtes un idiot utile.

          Les conditions listées plus haut n’arriveront pas, les obstacles continueront à être mis en travers de la route de l’UPR. Mais Internet est là, les gens se réveillent et ouvrent les yeux.
          Tout espoir n’est donc pas perdu de montrer au plus grand nombre qui travaille pour l’intérêt des français.

          upr.fr

        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 1er avril 23:56

          @Fergus

          « A vous de voir si voulez continuer à aller d’échec en échec... »
          Je n’appelle pas le bilan de François Asselineau et de l’UPR un échec bien au contraire.
          Déjouant tous les pronostics, il a obtenu les parrainages nécessaires pour être candidat au présidentielles.
          Il a pu présenter des candidats dans toutes les circonscriptions aux législatives.
          Le score de un peu moins de 1% aux présidentielles n’a jamais été obtenu par aucun autre candidat auparavant inconnu qui se présentait pour la première fois et ceci malgré un blacklistage complet suivi d’une campagne de calomnie orchestrée par tous les médias : vous êtes d’extrême droite, complotiste, vous faites de l’antiaméricanisme...
          Regardez où en sont ceux qui étaient à égalité avec lui il y a dix ans, comme le Pardem. Ils sont complètement largués. Comparez aussi avec ceux qui ont présenté Gluckstein puis Shivardi : ils sont dans les choux...

          C’est un magnifique bilan qui en dérange beaucoup notamment ceux qui voudraient le voir coulé mais qui prennent leur désir pour des réalités.


        • Fergus Fergus 2 avril 09:30

          Bonjour, files_walQer

          Je ne sais pas si je suis un « idiot utile », mais une chose est sûre : vos œillères vous empêchent de voir à quel point Asselineau est dénué du charisme sans lequel il est quasiment impossible d’exister en politique.

          Revoyez donc le débat du 1er tour de la présidentielle et relisez les analyses - tous médias confondus - qui sont suivi cette confrontation, et vous serez édifié, si toutefois vos certitudes vous permettent un peu d’objectivité. 

          Je vous rappelle en outre que les militants de l’UPR - qui souffrent du même aveuglement que vous, manifestement - étaient persuadés avant le débat qu’Asselineau allait la baraque. Le flop n’en a été que plus spectaculaire ! Et force est de reconnaître qu’un Poutou - lui aussi absent des médias ! - s’est montré bien meilleur durant le débat.

          Je vous rappelle en outre que les affichettes les plus visibles en France durant la campagne ont été celles d’Asselineau, omniprésent sur les murs, dans les carrefours et sur le mobilier urbain de France. Tout cela pour un 0.92 % qui, loin d’augurer des lendemains qui chantent pour l’UPR, montrent que ce parti - qui pourtant prône un Brexit approuvé par de nombreux Français - a un problème, ce problème étant évidemment moins le corpus idéologique que ce messager ennuyeux au look dépassé de conseiller général de la IVe République !!!


        • Fergus Fergus 2 avril 11:27

          Erratum : ... prône un Frexit approuvé ... 


        • #Shawford #Shawford42 2 avril 11:27

          @Fergus

          Chalut ! La pêche ?



        • files_walQer files_walQer 2 avril 21:22

          @Fergus

          Cela fait un bail que j’ai enlevé mes oeillères.

          Je ne m’était jamais intéressé plus que cela à la politique. Ce sont les autres que je trouvais rasoir.

          Non seulement je trouve M. Asselineau intéressant, plein de charisme, j’apprends plein de trucs, mais en plus pour la première fois de ma vie, j’ai adhéré à un parti politique et j’en suis fier.

          Je trouve vos analyses toujours mauvaises quelque soit le domaine abordé.
          C’est assez logique finalement, Asselineau vous rase, moi il me passionne, donc vos commentaires me saoule.

          upr.fr 30 794 adhérent prouvés.


        • files_walQer files_walQer 2 avril 21:45

          @Fergus

          « Revoyez donc le débat du 1er tour de la présidentielle et relisez les analyses - tous médias confondus - qui sont suivi cette confrontation, et vous serez édifié »


          Pourquoi voulez-vous que je lise les analyses de médias ayant perdus toute crédibilité depuis longtemps et qui n’ont de toute façon pas le droit d’être objectif sur M. Asselineau et l’UPR. S’ils le faisaient, ils sont à la porte demain matin.

        • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 2 avril 21:49

          @Fergus

          "Je vous rappelle en outre que les affichettes les plus visibles en France durant la campagne ont été celles d’Asselineau, omniprésent sur les murs, dans les carrefours et sur le mobilier urbain de France« Très bonne remarque ! A votre avis comment elles ont fait les petites affiches pour venir sur les murs ? Quel bon vent les a poussé ?

           »à quel point Asselineau est dénué du charisme sans lequel il est quasiment impossible d’exister en politique.« , »ce messager ennuyeux au look dépassé de conseiller général de la IVe République« Des jugements de la sorte qui ne sont que des affirmations gratuites sans aucune justification renseignent davantage sur celui qui les porte que sur celui qui est visé. Nous voyons quel est votre niveau.

           »Revoyez donc le débat du 1er tour de la présidentielle et relisez les analyses - tous médias confondus - qui ont suivi cette confrontation, et vous serez édifié, si toutefois vos certitudes vous permettent un peu d’objectivité.« Il est intéressant ici de voir que pour donner des leçons d’objectivité vous invitez à relire les analyses des médias : »relisez les analyses - tous médias confondus« . Il vous a peut être échappé que les médias ont procédé en trois étapes à l’égard de l’UPR :
          1. Blacklistage complet ,
          2. Quand ils ont été obligés de recevoir F. Asselineau ils ont orchestré une campagne de calomnies : vous êtes d’extrême droite, complotiste, vous faites de l’antiaméricanisme...
          3. Ils ont évalué ses capacités comme étant à l’opposé de celles de Macron. Celui-ci était présenté comme une divinité surdouée, grand vainqueur de tous les débats... Bien évidemment, ils ont présenté F. Asselineau comme le plus nul de tous.

          Nous vous remercions pour votre modèle d’objectivité.

           »un Poutou - lui aussi absent des médias !" Poutou est connu depuis plusieurs années et il est beaucoup plus médiatisé que F. Asselineau.

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