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Accueil du site > Tribune Libre > Pourquoi tant de haine pour le peuple ?

Pourquoi tant de haine pour le peuple ?

 La crise politique que nous traversons n’est pas qu’une crise de régime un peu plus grave que les autres. Elle exprime une inquiétude sur le sens des mots, sur la nature même de la vie publique, sur les relations sociales. Elle concerne en fait le devenir de l’humanité au sens de la capacité de l’humain à maitriser son propre destin.

La période appelée moderne, celle qui s’est exprimée à partir des Lumières, est fondée sur une confiance en l’humain. Elle perpétuait cette pensée du poète Térence : « Je suis un humain ; je considère que rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». L’individu est à la fois un être libre – le citoyen –, et un membre du corps social – le peuple –.

Si les attaques contre les Lumières ne sont pas neuves [1], toute une école de pensée qu’on appelle postmoderne a remis en cause l’idée d’autonomie du sujet politique au travers d’une critique de la raison et d’une valorisation des identités particulières. Par ailleurs, au nom de la technique, des « lois » économiques, des défis, en particulier écologiques, des nécessités de la mondialisation, les citoyens sont appelés à se soumettre aux experts dans la perspective d’un gouvernement mondial autoproclamé [2].

L’invasion de l’expertocratie [3] dans la vie publique se conjugue avec un attrait pour le tirage au sort dans le choix des représentants du peuple.

Les citoyens ne sont évidemment pas portés à défendre la caricature de démocratie que sont actuellement les institutions françaises et européennes. Mais cela ne justifie en aucune façon la propagande destinée à faire croire que la crise de la démocratie résulte de l’emploi du suffrage universel. Bien au contraire, celui-ci est systématiquement dévoyé par les institutions et les partis politiques.

Le tirage au sort n’est pas un aménagement technique de la démocratie. C’est une délégitimation du suffrage universel comme outil d’expression de la volonté des citoyens. C’est aussi un instrument au service des experts qui y voient le moyen de justifier leur pouvoir en encadrant les tirés au sort. C’est une marche vers l’enterrement pur et simple de la démocratie comme gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, achevant un renversement politique et philosophique majeur.

C’est dans ce contexte qu’il faut analyser la Convention citoyenne pour le climat.

Un nouvel avatar des anti-lumières ?

Les inquiétudes quant aux risques qui pèsent sur la planète sont justifiées et assez largement partagées. Cela ne justifie en aucun cas le refus du débat contradictoire et les attaques contre le suffrage universel.

Il est frappant de voir comment des figures de l’écologie prennent position contre la volonté du peuple. Ainsi Cyril Dion [4] déclare-t-il « Se pose aussi le problème de l’opinion… Les politiques se réfugient toujours derrière cet argument… ils ont besoin de contenter la majorité [5] ». Ainsi, le climatologue François-Marie Bréon clame-t-il que « les mesures qu’il faudrait prendre seront difficilement acceptées. On peut dire que la lutte contre le changement climatique est contraire aux libertés individuelles et donc sans doute avec la démocratie [6] ». Ainsi l’astrophysicien Aurélien Barreau affirme-t-il que, face aux questions climatiques, il faudra prendre des « mesures coercitives, impopulaires, s’opposant à nos libertés individuelles [7] ». Ils sous-entendent donc, sans avancer d’arguments, que la démocratie ne peut pas donner les réponses adaptées aux défis.

La philosophie des Lumières a, certes, conduit certains à des visions scientistes de la société ou même à des justifications du capitalisme. Mais il n’est pas sérieux de la résumer à cela. Comme l’évoquent d’ailleurs Jean-Marie Harribey et Pierre Khalfa répondant à une tribune de l’éthologue Pierre Jouventin et l’économiste Serge Latouche [8], « comment demander à des philosophes dont l’objectif était de secouer la chape de plomb de l’absolutisme et de l’Eglise de prendre en compte les conséquences du développement du capitalisme industriel encore à naître et qui ne se manifesteront que plus d’un siècle plus tard ? [9] »

Considérer aujourd’hui que la souveraineté populaire appuyée par la raison n’est pas à même de préparer l’avenir est un a priori idéologique. L’exemple du référendum de 2005 qui a vu le peuple français se mobiliser pendant de longs mois sur un sujet technique compliqué et refuser le Traité Constitutionnel Européen prouve à l’évidence le contraire.

Le rejet des élus ne doit pas conduire à un rejet du suffrage universel

La vie politique, en France, se résume désormais, plus ou moins, à l’élection, tous les 5 ans, d’un Président de la République qui concentre tous les pouvoirs. La séparation des pouvoirs n’est plus qu’illusion. La justice n’a pas son indépendance théorique. Le Parlement ne sert pratiquement plus à rien, l’Assemblée nationale étant totalement soumise à l’exécutif depuis, en 2000, l’adoption du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral qui transforme les parlementaires en féaux de la Présidence.

Les dirigeants et les médias qu’ils contrôlent tentent alors de faire croire que les citoyens se désintéressent de la politique. Combien de signes, depuis les bonnets rouges et les grandes manifestations pour les retraites jusqu’aux gilets jaunes, expriment au contraire l’aspiration des citoyens à une véritable démocratie ?

En réalité, les électeurs font avec les moyens du bord : abstention, vote blanc malheureusement considéré comme non exprimé, rejet des uns puis des autres, etc. Dans ce cadre, le rassemblement de tous contre le Front national apparait comme une manière artificielle de résoudre la question de la légitimité d’institutions devenues hors-sol.

Et la légitimité, bon sang !

Sur France info [10], Jean-Michel Apathie, une des plus célèbres vestales de la conformité, a expliqué que les résultats du premier tour des législatives de 2017, pourtant marqués par un taux d’abstention exceptionnellement élevé, ne soulevaient aucun problème de légitimité. Encore un qui ne voit pas l’éléphant au milieu de la cour. Si l’on tient compte des blancs et nuls, plus de 52% des électeurs n’ont voté pour aucun des candidats en présence. Déjà, le Président de la République n’avait obtenu que 18,3% des inscrits au premier tour de la présidentielle en 2017. Quand donc y a-t-il un problème de légitimité ?

La légitimité est sans aucun doute une question sous-jacente, rarement exprimée et pourtant fondamentale. Déjà, le mardi 12 novembre 2012, au lendemain des manifestations qui avaient visé François Hollande la veille à Oyonnax, Jean-Marc Ayrault s’affrontait à Christian Jacob, chef de file UMP à l’Assemblée nationale, en l’accusant de « contester la légitimité » de l’élection de François Hollande. Il allait même plus loin en affirmant : « Vous êtes en train de faire croire qu’il y a une crise institutionnelle. Mais de quoi parlez-vous ? Remettez-vous en cause la légitimité de l’élection présidentielle au suffrage universel ? »

En fait, disons franchement que la présidentielle ne sélectionne pas un candidat en fonction de son programme ; tout au plus élimine-t-elle les autres, après une avalanche des sondages et par un vote plus ou moins forcé en faveur des rares personnes disposant des moyens médiatiques et financiers.

N‘en déplaise à ceux qui jouent le jeu des institutions d’aujourd’hui en espérant tirer les marrons du feu social, nous sommes face à une double illégitimité : celle de la classe politique comme du jeu politique qui la soutient, celle des institutions européennes.

Qui inverse les responsabilités ?

Loin de se remettre en cause devant la contestation qui les touche, les principaux responsables politiques s’interrogent désormais sur la … légitimité des citoyens. Extraordinaire inversion qui conduit les élus – ou les non élus – à incriminer les électeurs.

La méthode est devenue systématique lorsque le résultat n’est pas celui qu’avaient défini les experts ou la presse aux ordres. Ainsi, en 2002, après l’élimination de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle, sa femme déclare-t-elle que la défaite électorale de son mari était imputable... « aux électeurs » qui, « insouciants » qu’ils sont, « ont voté les yeux bandés [11] ». Ainsi le vote des Français contre le TCE, considéré comme déraisonnable, est-il bafoué en 2008 par la ratification du Traité de Lisbonne. Ainsi, au soir des municipales de 2020 et devant le taux d’abstention exceptionnel (60%), la plupart des commentateurs de télévision accusaient les citoyens d’insouciance coupable à l’approche des vacances d’été. Le mot « incivisme » fut même prononcé plusieurs fois. On confond l’effet et la cause pour mieux déverser un mépris éhonté pour le peuple.

Ainsi, le constitutionnaliste Dominique Rousseau explique-t-il qu’il est plutôt hostile au RIC parce qu’il permettrait de « demander le rétablissement de la peine de mort ou l’instauration d’une préférence nationale ou l’enfermement préventif des pervers sexuels [12] ». Comme tous ceux qui balancent cette insulte, il ne prend même pas la peine de l’étayer. Ceux qui ont fait des réunions concernant la souveraineté populaire savent que, systématiquement et particulièrement s’ils défendent le RIC, ils se trouvent confrontés à des personnes critiquant la volonté des citoyens au nom de risques a priori, dont celui de voir rétablir la peine de mort. Je suis l’un des députés qui ont voté l’abolition et je m’en flatte ; j’ai souvenir qu’à l’époque, je n’ai eu ni avant le vote, ni après, de grandes manifestations hostiles, tout au plus des demandes d’explications. En fait je vois, dans ce type de réactions, la volonté de certains de légitimer leur haine de la souveraineté populaire et leur mépris de classe.

Ces attaques contre le citoyen sont, hélas, devenues monnaie courante. Bien pis, aujourd’hui, elles ne portent plus seulement sur le comportement de l’électeur, elles attaquent le principe même de la démocratie, la capacité du citoyen à participer à la décision publique et qu’il faut donc guider. Incivisme des citoyens ? Non, indécence de la classe dominante, d’une presse à la fois inculte et chienne de garde de la pensée officielle !

A bas le suffrage universel

C’est tout à fait logiquement que ces visions surplombantes aboutissent à attaquer le principe même du suffrage universel. Ainsi Thierry Pech, porte-parole de Terra Nova, l’icône du parti socialiste, déclare-t-il que « les populismes reposent sur une absolutisation du suffrage. Ni Bolsonaro, ni Orban, ni Poutine, ne sont le produit d’autre chose que des élections. En dehors des élections, point de légitimité à la presse, à la justice, aux corps intermédiaires [13] ». Un positionnement charmant, à mi-chemin entre la naïveté et le totalitarisme. Notons l’énormité du propos : la légitimité ne vient pas des urnes, elle vient des médias ou des corps intermédiaires, donc d’une caste bien fermée. Intéressantes pirouettes qui permettent d’attaquer le suffrage universel et non plus le système politique qui le détourne avec acharnement.

Grace à ce tour de passe-passe, la critique bien nécessaire des élus peut être inversée. Ils ne sont plus attaqués parce qu’ils ne respectent pas les volontés de leurs mandants, mais parce qu’ils seraient censés les respecter trop ! Cet invraisemblable déni de la réalité étant affirmé, il ne reste plus qu’à proposer de remplacer le suffrage universel par le fameux tirage au sort. Appuyée, depuis des années sur une propagande fort discutable et souvent mensongère – le système démocratique grec n’aurait été appuyé que sur le tirage au sort, la constituante islandaise aurait été tirée au sort, les irlandais n’auraient pu faire connaitre leurs aspirations que par le tirage au sort… [14] –, l’idée du tirage au sort progresse grâce à l’appui d’une fraction de l’extrême gauche. Elle ouvre à une classe dirigeante de plus en plus contestée par les citoyens une perspective pour contrôler l’expression populaire soupçonnée de toutes les bassesses.

C’est ainsi que la « Convention citoyenne pour le climat » a émergé comme une bénédiction pour le pouvoir en place. Elle lui permettait de se présenter comme « démocrate » à un moment où sa légitimité était fortement contestée ; elle faisait plaisir au mouvement écologique, ou du moins à une partie de celui-ci friande de symboles au rabais tels que Greta Thunberg ; elle détournait l’attention loin des résultats électoraux.

Ce qui est en cause, ce sont des institutions dans lesquelles le peuple n’est qu’un lobby parmi les autres. Ce qui est en cause, c’est la démocratie, c’est le dévoiement du suffrage universel, ce sont des élections qui ne permettent plus l’expression de l’intérêt général.

De quoi parlons-nous ?

On connaît l’objection classique : la démocratie n’a jamais été parfaite. C’est vrai, mais une société vit aussi en fonction des valeurs dont elle se dote ; si, dans le passé, l’humanisme, la foi en l’homme, la confiance dans le peuple ont été les référents, force est de constater qu’aujourd’hui notre société s’est fixée comme points de mire des non-valeurs telles que l’argent, la concurrence, l’apparence, la fascination pour toute technique. La démocratie est une recherche permanente, une construction de tous les instants. La nouveauté de notre époque est précisément de renoncer à la démocratie sans l’avouer franchement et de relégitimer subrepticement ainsi des formes aristocratiques de gouvernement.

Au-delà des réformes institutionnelles destinées à encadrer le suffrage, la bourgeoisie en France, en Europe et plus généralement dans l’espace occidental, cherche depuis longtemps des substituts au peuple et à ses représentants. Les citoyens sont sommés de se reconnaître dans une société civile où se mêlent associations progressistes et lobbies de toutes sortes (patronaux, sectaires, etc.). Les institutions européennes représentent la caricature de ces dérives aristocratiques avec une Commission expansionniste, des gouvernements irresponsables et des parlements européen et nationaux réduits à des lieux d’expression plus ou moins contrôlés. Au niveau international, les institutions qui prennent les décisions demeurent complètement hors de portée des citoyens (Fonds monétaire international, Banque mondiale, Organisation mondiale du commerce...). Pourtant, elles sont les pourvoyeuses en chef des inégalités sociales constatées et de la violence d’un ordre économique qui met la planète à sac en exploitant les peuples.

Alors qu’il s’agit de reconstruire le citoyen autour du débat démocratique, le pessimisme vis-à-vis de l’humain sert d’alibi à la remise en cause des fondements de la démocratie. Le peuple et les citoyens ne sauraient être méprisés, manipulés, pris pour des demeurés analphabètes, sans que la démocratie ne soit méprisée elle aussi. Le suffrage universel doit rester l’outil fondamental de détermination dans la vie publique. La rupture avec l’ordre dominant ne peut se faire qu’au nom de la souveraineté populaire.

Et les conventions citoyennes ?

C’est au travers de cette ambition qu’il faut juger les fameuses « Conventions citoyennes », telle celle pour le climat.

Tout d’abord, dans la logique de trouver des substituts au peuple et à sa souveraineté, elles se veulent une nation en miniature. Cette idée est absurde car elle remplace une représentation politique par une représentation statistique, nécessairement idéologique [15]. En quoi des citoyens choisis sur la base d’une statistique sociologique représentent-ils la réalité politique du pays ? Engels était-il de droite et Doriot de gauche ? Et s’il est malheureusement vrai que les assemblées actuelles sont sociologiquement homogènes, cela est dû avant tout à l’absence de moyens financiers et de garanties professionnelles donnés aux candidats des couches populaires. Il y aurait beaucoup à faire en la matière, y compris face à la faillite des partis à gérer l’ascenseur social. Réaffirmons surtout que la démocratie, c’est le droit à la participation de tous et non de quelques-uns à la vie publique et qu’aucune sélection politique ne peut être faite avant un débat public et général. On se retrouve confrontés ici au pessimisme sur les capacités du citoyen à construire la volonté générale dans le cadre du suffrage universel. En ce sens, le tirage au sort rappelle le suffrage censitaire, cher à Sieyès.

Par ailleurs, ces conventions sont encadrées par des experts censés éclairer le débat. Qui décide de l’objectivité – concept peu scientifique – des experts informant les heureux tirés au sort ? Ainsi Thierry Pech, déjà évoqué, était, avec Laurence Tubiana, un des deux coprésidents du « comité de gouvernance » de la Convention climat. Pourquoi n’importe qui ne demanderait-il pas à être entendu comme cela se fait lors des réunions publiques ? En quoi une démocratie électorale construite au plus près des citoyens, à partir des communes et des quartiers, ne permet-elle pas une information contradictoire ? On nous répond généralement que les tirés au sort votent à la fin. Ca ne répond pas à la question de leur représentativité politique. Et quel est le sens d’un vote après un tel huis-clos ?

De plus, grâce à ces experts, elles poussent au consensus. Stéphane Foucart, journaliste du Monde, faisant un bilan de la Convention citoyenne pour le climat, fit cette analyse charmante plus marquée par un enthousiasme naïf que par la philosophie des Lumières : « ce qui s’est produit dans ce cénacle est, en miniature, ce qui devrait plus ou moins se produire dans la société si la disputatio y fonctionnait idéalement … La convention le montre : ce qui clive le plus la société devient plutôt consensuel dès qu’on se donne la peine de le discuter sur une base factuelle, et sans a priori [16] ». Un analyste sérieux peut-il sérieusement penser que la société est aujourd’hui consensuelle quant aux solutions face aux questions climatiques ? Face aux défis écologiques les constats communs n’empêchent aucunement la nécessité des débats tant sur les causes que sur les perspectives. Bien au contraire. Stéphane Foucart ignore d’ailleurs, ou feint d’ignorer, que des choix ont été faits qui gomment les divergences, au nom d’une prétendue objectivité, par exemple quant à la « base factuelle » qui a été utilisée au sein de la convention climat.

La démocratie, processus éducatif, n’est pas faite pour nier les conflits, mais pour les résoudre. Elle est la solution pour construire collectivement et contradictoirement le contrat social qui est notre bien collectif.

Certains ont également prétendu que le tirage au sort n’était qu’un complément au Suffrage universel. C’est un peu comme dire que les lois sécuritaires sont là pour aider la liberté.

Encore une fois, on confond l’effet et la cause. Le dévoiement de l’électeur ne justifie pas sa suppression, mais au contraire sa révolte pour reconquérir son droit électoral. Lorsque l’historien républicain Claude Nicolet déclare : « si on regarde aujourd’hui ce qui se passe…le bilan est ruineux et presque effrayant », il affirme une épouvante. Mais aussitôt, il indique son optimisme en ajoutant : « Il faut, par tous les moyens à notre disposition, agir d’abord pour libérer le peuple de ce qui l’empêche de savoir, de comprendre et de vouloir librement. Chacun de nous peut et doit agir, à la mesure de ses forces, sur un plan ou sur un autre [17] ». C’est cette volonté que chacun de nous doit affirmer au sein de notre collectivité politique qu’on appelle le peuple.

Réaffirmer l’humanisme

Il y a quelques années à Paris, je vis, place de la République, des banderoles qui annonçaient : « Quelle place de la République voulez-vous demain ? ». L’envie me prenait de noircir « place de la » car j’eusse préféré qu’on me demande « Quelle république voulez-vous ? ». Au fond, c’est un peu ça la démocratie participative. On déplace les problèmes. On parcellise la volonté des citoyens vers des questions annexes. En fait, on cherche une démocratie sans peuple. La confiance en l’humain et la participation de tous sont la base de la reconstruction démocratique. Lorsque j’entends dire que le peuple est vulgaire, violent, incompétent, je me demande toujours si la personne qui exprime cette idée est consciente que le peuple, c’est aussi elle-même. Trop d’entre nous se voient en guides du peuple, se plaçant ainsi au-dessus de lui au lieu d’accepter d’en faire partie.

La souveraineté populaire, c’est l’affirmation d’une confiance dans le citoyen comme dans le peuple en tant qu’être politique. La démocratie, c’est l’affirmation que la volonté collective doit en émaner, c’est le retour à cette immanence. C’est donc un combat contre tous ceux qui œuvrent pour le retour de la transcendance en politique et pour un gouvernement mondial dirigé par les experts.

Le suffrage universel est la traduction de ces principes. Qu’il soit dévoyé par des institutions qui lui laissent son apparence en supprimant son efficacité ne justifie pas qu’on le discrédite et qu’on lui cherche des remplaçants. Bien au contraire, le combat pour les principes humanistes est plus que jamais à l’ordre du jour. Élire une Constituante au plus près des citoyens est un moyen pour redynamiser la liberté du citoyen et la souveraineté du peuple.

André Bellon

Cet article a été publié dans la revue en ligne « Les possibles » de L’Association Attac consacré à la « Convention citoyenne sur le climat ».

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[1] Zeev STERNHELL, Les anti-Lumières. Une tradition du XVIIIe siècle à la guerre froide, Gallimard, 2010.

[2] Jacques Attali, par exemple, va jusqu’à proposer de « profiter » des grandes pandémies pour mettre en place un gouvernement mondial, L’Express, 3 mai 2009.

[3] Les experts sont évidemment nécessaires pour éclairer la prise de décision, mais leur compétence ne saurait leur accorder le pouvoir de trancher le débat public.

[4] Un des fondateurs du mouvement Colibris.

[5] We demain le 12 août 2019.

[6] Libération, 29 juillet 2018.

[7] L’Express, 10 octobre 2018.

[8] Pierre JOUVENTIN et Serge LATOUCHE « L’homme peut-il se reconvertir de prédateur en jardinier ? », Le Monde, 30 juillet 2019.

[9] Jean-Marie HARRIBEY et Pierre KHALFA, lemonde.fr, 6 août 2019

[10] Lundi 12 juin 2017.

[11] Sylviane AGACINSKI, Journal interrompu, Paris, Le Seuil, 2002.

[12] Libération, 12 mars 2019.

[13] France Culture, 5 novembre 2018.

[14] Le tirage au sort n’a existé qu’à Athènes, sur un temps assez court, pour des fonctions secondaires et seulement au sein d’une classe dirigeante assez restreinte, excluant les femmes et les esclaves ; la Constituante islandaise n’a pas été tirée au sort ; en Irlande, était-il besoin de citoyens d’un panel tiré au sort pour découvrir que les questions en débat étaient l’avortement et le mariage homosexuel ?

[15] Les CSP (catégories socioprofessionnelles) sont une représentation de la société parmi d’autres, donc discutable. Il y eut par exemple des débats assez longs dans les années 70 sur la définition des ouvriers et des employés, citons celle des conducteurs de train. Sur l’idéologie des nomenclatures, voir par exemple Economie et Statistique N°20, février 1971.

[16] Le Monde, 4 juillet 2020.

[17] André BELLON et Anne-Cécile ROBERT, Le peuple inattendu, Ed. Syllepse, 2003, avec une préface de Claude NICOLET.


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22 réactions à cet article    


  • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 8 octobre 2020 09:04

    L’article n’est pas inintéressant mais manque de profondeur historique (comme la plupart des sujets politiques).

    Je vous laisse méditer sur cette citation d’un chaud partisan de la république dans les années 1870 :

    « En cet état, le nombre ne saura pas prendre et exercer la souveraineté qui lui est offerte par le suffrage universel. Les classes supérieures demeureront maîtresses du gouvernement, directrices de la société » C. Dupont-White

    Ou celle-ci de Léon Trotsky :

    « La bourgeoisie capitaliste se dit :
    Tant que je posséderai les terres, les usines, les fabriques, les banques, tant que je dominerai la presse, les écoles, les universités, tant que je tiendrai entre mes mains - et c’est l’essentiel - l’armée, le mécanisme de la démocratie, de quelque façon qu’on le remanie, demeurera soumis à ma volonté. »


    • Fergus Fergus 8 octobre 2020 09:15

      Bonjour, Opposition contrôlée

      Trotsky avait raison.
      Ce n’est pas le système démocratique représentatif qui est en cause dans nos sociétés, mais la veulerie et la servilité des électorats qui, encore et encore, reconduisent aux postes de pouvoir les mêmes valets politiques au service des financiers et des industriels.


    • cettegrenouilleci 8 octobre 2020 10:46

      @Fergus

      Bonjour Fergus

      « ce n’est pas le système démocratique représentatif qui est en cause dans nos sociétés, mais la veulerie et la servilité des électorats qui, encore et encore, reconduisent aux postes de pouvoir les mêmes valets politiques au service des financiers et des industriels. »

      Cela me fait penser à celui qui regarde le doigt quand on lui montre la lune.

      Ce qui me semble poser problème, ce sont les contraintes exercées sur les citoyens électeurs ou non, pour les empêcher de déchiffrer librement le sort qui est le leur, pour les empêcher d’identifier correctement les oppresseurs et les profiteurs, pour les empêcher d’exercer et d’exprimer librement leur choix aussi bien dans la rue et leur entreprise qu’à l’occasion des scrutins auxquels ils sont conviés de temps à autres.

      Ce qui me semble poser problème, c’est la propagande déversée à flots par les médias au ordres du pouvoir, entièrement placés sous le contrôle de l’oligarchie, récitant jour après jour, au mot près, les mêmes leçons, les mêmes mantras, les mêmes éléments de langage dictés par les grandes sociétés capitalistes et les puissances d’argent qui possèdent et contrôlent les médias (tant la presse écrite que la télé ou internet).

      Il ne me semble pas très pertinent ni constructif de mettre l’esclavage sur le dos de l’esclave qui « choisit » de conserver sa chaîne (celle de la télé est tout aussi nocive et pernicieuse, voire plus, que les fers d’autrefois -encore en usage chaque fois que les maîtres le jugent plus prudent-) et d’écouter son maître plutôt que de dénoncer les mécanismes de l’oppression et d’en désigner clairement les responsables et d’éclairer les voies d’une libération possible.

      Combien de temps d’antenne dans les médias pour l’UPR qui explique à nos concitoyens ce qui leur arrive, quand, comment, pourquoi et au bénéfice de qui la France et les Français ont été enfermés dans le piège attrayant, dans la dictature infecte de l’Union Européenne créée pour servir exclusivement les intérêts de l’oligarchie mondialiste, autrement dit des esclavagistes de notre temps ?

      Les comportements électoraux seraient-ils les mêmes si, aussi bien pendant les confrontations électorales qu’au quotidien, on laissait la parole, ne serait-ce que 10% du temps d’antenne, aux forces qui s’attaquent réellement au pouvoir en place comme le fait avec application et abnégation l’UPR créée le 25 mars 2007 à l’initiative de François Asselineau ? https://www.upr.fr/charte-fondatrice-2007/

      Tout ce qu’on propose aux électeurs, c’est d’écouter les chantres de la mondialisation, de l’Union Européenne, de la concurrence libre et non faussée, qu’ils soient au pouvoir ou dans une opposition de façade, piaffant d’impatience d’y participer et de se vautrer, eux aussi, dans les ors de la république.

      S’ils choisissent le côté pile de la médaille, c’est le pouvoir en place, l’oligarchie mondialiste et les européistes qui gagnent, et s’ils choisissent le côté face, ce sont eux, c’est le peuple et la nation qui perdent.

      Pile, c’est le maître qui gagne, face, c’est l’esclave qui perd !

      Bonne journée à tous


    • Fergus Fergus 8 octobre 2020 11:40

      Bonjour, cettegrenouilleci

      Même si les intérêts sont de facto mêlés, il est absurde de confondre les médias  effectivement vecteurs de propagande  et le système politique qui ne doit pas être confondu avec les personnalités au pouvoir.

      « Il ne me semble pas très pertinent ni constructif de mettre l’esclavage sur le dos de l’esclave qui « choisit » de conserver sa chaîne »

      C’est pourtant ce qui se passe. Et parler d’« esclaves » me semble très excessif dans la mesure où une part importante des électeurs est consciente de l’état de la société et des enjeux électoraux mais se satisfait de l’existant pour différentes raisons. 

      Le référendum de 2005 sur le projet de traité constitutionnel de l’Union européenne a d’ailleurs montré que, lorsque les enjeux lui paraissent essentiels, les électeurs peuvent rester sourds aux sirènes médiatiques. Cette année-là, les grands médias ont pourtant matraqué l’opinion durant des mois en faveur du OUI. Preuve que votre discours, et plus largement celui de l’UPR, est marqué par un gros biais d’analyse !


    • babelouest babelouest 8 octobre 2020 13:13

      @Fergus
      « Preuve que votre discours, et plus largement celui de l’UPR, est marqué par un gros biais d’analyse ! »
      Il faut admettre que depuis, les matraquages se sont largement intensifiés, parallèlement au fait que de nouveaux électeurs sont arrivés,largement moins instruits des enjeux, moins motivés par une dureté de vie qu’ils ont encore mal endurée : c’est ainsi que petit à petit, bascule non l’opinion réelle, mais la motivation pour la faire admettre et l’imposer aux Puissants.
      .
      Les capitalistes sont joyeusement les esclaves d’un $¥$T€M€ qu’ils préconisent et pour lequel ils se battent, mais EN MÊME TEMPS (comme toujours) ils en sont bien plus que les simples citoyens les prisonniers, car c’est de ce système qu’ils tirent bénéfice (financier) au prix de la perte d’une vie simple et aux contraintes tout autres. Pour un peu, on les plaindrait, mais comme ils nous tuent à petit feu on ne le fera pas. Diogène n’avait peut-être pas tort....
      (un détail : je ne suis pas partisan de l’UPR en raison de divergences persistantes, mais sur certains points je suis d’accord avec leurs analyses)


    • Fergus Fergus 8 octobre 2020 13:37

      Bonjour, babelouest

      « Il faut admettre que depuis, les matraquages se sont largement intensifiés »

      Je ne suis pas d’accord sur ce point. Jamais de ma vie, je n’ai assisté à un tel matraquage qu’en 2005 !
      La saturation de l’espace médiatique a été comparable avec ce que l’on avait connu en 1998 autour de la Coupe du Monde de football. Un vrai délire dans les deux cas.

      « (les capitalistes) en sont bien plus que les simples citoyens les prisonniers, car c’est de ce système qu’ils tirent bénéfice (financier) au prix de la perte d’une vie simple et aux contraintes tout autres. »

      A cette énorme différence près qu’ils peuvent à tout moment retirer leurs billes et les convertir en rente pour vivre dans l’opulence. 
      Il n’est d’ailleurs pas incompatible d’avoir une « vie simple » tout en étant un prédateur financier. 


    • babelouest babelouest 8 octobre 2020 15:19

      @Fergus parfaitement d’accord, paradoxalement les Grands Prédateurs peuvent aussi être des personnages aux vies simples hors des prestations médiatiques,c’est même leur intérêt biologique. Le besoin de PUISSANCE est ailleurs.


    • Xenozoid Xenozoid 8 octobre 2020 15:22

      @babelouest

      Le besoin de PUISSANCE est ailleurs.

      il y a une autre réalité


    • Bendidon Bendidon 8 octobre 2020 09:25

      Le PEUPLE C quoi ?

      Les 70% de trouillards en faveur du port de la muselière obligatoire ad vitam eternam ?


      • samy Levrai samy Levrai 8 octobre 2020 09:31

        Je ne voyais pas le tirage au sort comme une négation de la democratie mais je pense que tu as raison.


        • Étirév 8 octobre 2020 09:52

          « Pourquoi tant de haine… ? »

          La haine est le contraire de l’Amour.

          Et aujourd’hui, nous sommes dans une société dans laquelle il y a deux choses que l’homme n’a pas su conserver et qui contiennent tous les éléments du bonheur : la Vérité et l’Amour.


          • babelouest babelouest 8 octobre 2020 10:06

            Comme d’habitude monsieur André Bellon parle d’or. Déjà en 2016 j’avais écrit quelques lignes sur le tirage au sort, qui me paraissait incohérent et ne résolvait rien.

            http://babalouest.eklablog.com/le-tirage-au-sort-est-il-la-panacee-ou-une-fausse-bonne-idee-voire-une-a155670822

            De toute façon, il faut bien se dire que la démocratie repose sur la discussion sur les décisions à prendre. Le meilleur est de réussir à établir un consensus, fruit des apports de chacun. Rien n’est simple, mais tout se complique quand certains n’admettent que leurs propres idées, nées de leurs propres intérêts.

            .

            Vive la politique ! (mais pas du tout vivent les politiciens)


            • Arogavox Arogavox 8 octobre 2020 11:08

              Sujet d’article passionnant, car il permet à mon avatar citoyen anonyme de désigner
              le cœur du malentendu à partir du dilemme suivant, contextuel, pragmatique et parfaitement circonstancié :
                 je ne peux pas ’étoiler’ cet article !
              (... ni d’ailleurs m’abstenir, ni « voter blanc », ni déserter ... d’où cette ’réaction’ !)

               
              Alors que j’applaudirais à une très ’grande partie’ du texte, je ne peux pourtant pas cautionner, en même temps, par exemple, une phrase comme celle-ci :

              « Le suffrage universel doit rester l’outil fondamental de détermination dans la vie publique. »

              Depuis l’antiquité, tous les pères du concept démocratique avaient très tôt compris que pour déléguer des responsabilités politiques, une désignation aléatoire pourrait (*...) avoir des vertus démocratiques que ne saurait remplacer la supercherie de l’élection ...
              et l’on oublie bien trop encore aujourd’hui que le fameux ’du Contrat Social’ n’avait pas du tout la prétention de passer pour un « mode d’emploi » de système démocratique, mais ne se proposait ouvertement que comme un essai  ! ...
              Lorsqu’y était présenté le concept de Volonté générale, hélas, il n’y a pas été souligné que si l’étymologie du mot ’vote’ est bien voeu (ie : volonté), cette Volonté Générale ne saurait être réduite à l’emploi de techniques très particulières de scrutin pour choisir des rois élus ! ... et que le concept d’Intérêt général ne peut logiquement qu’être subordonné à une préalable estimation consensuelle de la fluctuante Volonté Générale ...

                

                Alors, pour faire court, disons que, pour ma part, j’arrive à étoiler des options bien circonstanciées, des paragraphes plutôt courts ou bien définis,
              mais que je ne crois pas pertinent de vouloir cautionner en bloc toutes les visions d’un auteur, ou tout un ’programme électoral’ !
              Surtout lorsque je veux bien à la rigueur m’en remettre à un ’arbitre’ tel que le laisse envisager notre Constitution française,
              mais surtout pas déléguer le bouton nucléaire à un gourou omniscient-omnipotent !


              • Arogavox Arogavox 8 octobre 2020 11:32

                précision de :

                une désignation aléatoire pourrait (*...) avoir des vertus démocratiques

                 Un certain Roger De Sizif avait publier à la fin du dernier millénaire : La Stochocratie ...

                 Mais comment ne pas remarquer la difficulté de faire coller à la réalité l’idée a priori séduisante d’un moyennage statistique théorique des opinions des tirés-au-sort ?!



              • eddofr eddofr 8 octobre 2020 15:19

                Le vote du peuple est la seule autorité légitime à s’imposer au peuple.

                Ceci étant, le peuple ne peut voter que s’il est correctement et sincèrement informé.

                Si on me place un bandeau sur les yeux et un casque sur les oreilles et que je n’entend qu’une seule voix qui me dit d’aller à droite, j’irais probablement à droite, même si s’y trouve un précipice et que la foule autour me hurle maints avertissements.

                Il ne faut pas réformer la démocratie, il faut réformer l’information (au sens le plus large, par seulement « les nouvelles »).

                Ni l’information, ni sa diffusion ne peuvent être restreints ou « exclusifs ».

                Je suis, par exemple, atterré et effaré par le concept même de « secret des affaires », par le concept de « Société anonyme », par la « privatisation » d’un organe d’information, ...

                La première condition de la démocratie, tout comme d’un VRAI marché libre, c’est l’égalité d’accès à l’information et la transparence (la seule limite étant la « vie privée » comprise au sens le plus strict et le plus restrictif).


                • babelouest babelouest 8 octobre 2020 15:26

                  @eddofr un très primordail s’impose. Le VOTE n’a rien à voir avec l’élection, qui est confier à un autre les décisions. En somme, détruire volontairement ses propres droits.


                • eddofr eddofr 8 octobre 2020 17:23

                  @babelouest

                  Je ne parle pas de vote, pas dans le sens « actuel » d’élire un représentant, sinon j’aurais parlé d’élection.
                  Je parle du vote qui est l’expression de la décision du citoyen (le vote d’une loi, par exemple).


                • Soizic 9 octobre 2020 03:29

                  Grâce à cet article, je découvre en son auteur un homme d’une grande richesse humaine et intellectuelle, dont, depuis, je ne me lasse pas de lire les passionnants articles disséminés dans une multitudes de sites et blogs. Merci monsieur Bellon.


                  • babelouest babelouest 9 octobre 2020 03:32

                    @Soizic c’est vraiment quelqu’un de bien : pour lui avoir parlé, je m’en suis bien rendu compte.


                  • OrganigrammeNationInternational 9 octobre 2020 08:34

                    09/10/2020 - https://wp.me/p4Im0Q-46x

                    •  A quelle secte se baigne le macron de notre petite histoire ? Est-ce sa solution finale ? Et si effectivement il en était l’ultra quintessence ? Va-t-on continuer, encore longtemps, à supporter cela, lui, sa clique qui méritent des claques de fin…. Il a réussi, plus aucun gilet jaune à l’horizon, ils se sont aplanis (comme les et leurs difficultés). Pour l’avenir, à chaque contestation, sa pandémie sera la réponse du patron depuis son haut limpe

                    • SDM 94 SDM 94 11 octobre 2020 18:49

                      Pourquoi tant de haine pour le tirage au sort ?

                      L’élection et le vote tranchent pour savoir qui ou quoi décider, le RIC prélève les sujets occultés par les élus, le tirage au sort goute l’opinion éclairée de la population par la délibération.

                      Pour le diner de la démocratie je veux pouvoir utiliser le couteau de l’élection et du vote, la fourchette du RIC et la cuillère du tirage au sort !

                      Cela fait 2 siècles que les thuriféraires de l’élection veulent nous faire croire qu’ils peuvent boire la soupe avec un couteau. Ils sont aussi ridicules que ceux qui veulent nous faire croire que l’on peut couper un steak à la cuillère.

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